Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

France et politique française - Page 3998

  • Gouvernement d'union nationale ou coup d'Etat ?

    Guillaume de Thieulloy, dans les 4 Vérités, s'inquiète des appels fréquents à la constitution d'un "gouvernement d'union nationale" :

    "(...) À première vue, l’idée est bonne. Si toutes les bonnes volontés s’accordaient pour mener ensemble les réformes nécessaires pour sortir la France de l’ornière, nous devrions y applaudir chaleureusement.

    Le problème, c’est que je doute fort que ce gouvernement d’union nationale soit un gouvernement au service de la France et des Français. Il y a, au contraire, tout lieu de croire que ce soit un gouvernement au service de l’oligarchie pour parachever la spoliation des contribuables et la suspension des libertés publiques pour les citoyens.

    Rappelons que le FMI a « conseillé » aux États endettés de confisquer une part substantielle du patrimoine privé. Et, en matière de libertés publiques, il suffit de regarder ce qui se passe en ce moment au nom de la lutte contre le terrorisme…

    Il me semble, par ailleurs, assez probable que notre confrère Emmanuel Ratier ait raison et que la manifestation du 11 janvier soit une sorte de « répétition générale » de ce qui pourrait se passer si Marine Le Pen se trouvait au 2e tour de l’élection présidentielle en 2017.

    Ces grandes manifestations « républicaines » se reproduiraient pendant 15 jours pour déjouer le « péril fasciste » – le qualificatif « républicain » ne servant plus à désigner un mode de gouvernement, mais à dire qui est fréquentable et qui ne l’est pas.

    Vous aurez, à ce sujet, noté avec quelle facilité – et quelle complicité médiatique – le FN a été prié de ne pas participer à la manifestation du 11 janvier. Puisqu’il est entendu que ce n’est pas un parti républicain (beaucoup moins, naturellement, que les autorités saoudiennes ou turques présentes !), il était « logique » qu’il ne soit pas présent dans une marche « républicaine » ? De même qu’il était « logique » d’interdire, au nom de la « laïcité » et de la « république », la manifestation des associations « Ri poste laïque » et « Résistance républicaine », puisque l’oligarchie avait décidé que ces dernières n’étaient ni laïques, ni républicaines !

    Jusqu’à présent, il était possible à ceux qui ne voulaient pas entendre ces inquiétudes sur les missions d’un éventuel « gouvernement d’union nationale » de crier au populisme. Mais,tout récemment, est arrivé un événement décisif : un véritable coup d’État organisé par le « système » en Suède.

    « Le Monde » commente ainsi : « Une fois de plus, la Suède donne l’exemple. Confrontés à la perspective d’une crise politique prolongée, les partis politiques traditionnels […] ont décidé de s’unir pour permettre au gouvernement de fonctionner en neutralisant la capacité de nuisance parlementaire du parti populiste d’extrême droite. »

    Vous avez bien lu : « nuisance parlementaire » ! C’est au nom de la république et de ses valeurs que l’on bride, non plus seulement le peuple, mais même les parlementaires qui auraient le mauvais goût de ne pas applaudir à toutes les décisions de l’oligarchie !

    L’excellent site « Contrepoints » a, quant à lui, commenté : « Le dernier masque de la démocratie représentative, dans sa version postmoderne et corrompue, vient de tomber. »

    Concrètement, que s’est-il passé ? Un parti dit « populiste », fort de 12 % des suffrages, est parvenu, en s’alliant avec un autre parti, à mettre le gouvernement en minorité sur son budget.

    C’est le jeu classique de la vie parlementaire et on ne voit pas bien où est le mal. Cependant, cette « nuisance parlementaire » du parti « populiste » a entraîné une réaction, dont il y a effectivement tout lieu de craindre que, comme le dit « Le Monde » (vous savez ce journal « neutre » et « objectif » qui avait applaudi à la prise de Phnom Penh par les Khmers rouges !), elle ne soit prise en exemple ailleurs, et notamment en France.

    Droite et gauche se sont alliées, dans un accord valable jusqu’en 2022, en se répartissant les postes ministériels, indépendamment des résultats électoraux à venir.

    Il est impossible de dire plus crûment que les élections ne servent à rien. Il est impossible de dire plus crûment que nous ne sommes plus en démocratie – si tant est que nous l’ayons jamais été…

    Voilà ce qu’est un « gouvernement d’union nationale », dont tant de voix « autorisées », des « grands » médias à François Bayrou, en passant par Manuel Valls ou Alain Juppé, réclament la mise en œuvre en France – là aussi pour contrer le « populisme ».

    Franchement, à part l’hypocrisie, on voit mal ce qui distingue un tel régime d’une dictature !"

    Et si le "parti populiste", qui incarne plus que jamais l'opposition, devenait majoritaire ?

    Louise Tudy

  • Pour déniaiser les libéraux-conservateurs

    "Libéralisme conservateur" est un oxymore, voici pourquoi : 

    La presse parisienne adore étiqueter, c'est moins fatigant que de réfléchir et ça va plus vite : ainsi le néo-bourgeois est catalogué « libéral-libertaire » (voir la note précédente). Par opposition, le bourgeois à l'ancienne se dit volontiers « libéral-conservateur ». 

     

    Mais « libéralisme conservateur » est un oxymore : comme « obscure clarté », « nain géant » ou « impitoyable tendresse ». 

    Au sens estimable du terme, le « conservateur » est celui qui veut maintenir un patrimoine de civilisation. (Une « civilisation » est l'état dans lequel l'individu, en naissant, trouve incomparablement plus qu'il n'apporte). 

    Le terme « libéralisme » véhicule une idée tout autre. Son seul vrai critère de valeur est le marché. Mme Thatcher disait : « Je ne connais rien qui s'appellerait “société” ; il n'existe que l'individu et le marché. » La logique du libéralisme est de réduire la vie sociale au marché et de tout transformer en marchandise. Donc de dissoudre tout ce qui «freinerait » la société, c'est-à-dire l'empêcherait de se soumettre entièrement au marché... Résultat : la perte de ce que les vrais « conservateurs » (au bon sens du terme) savent être des fondamentaux de la condition humaine sous toutes les latitudes. 

     

    Si la société de marché va jusqu'à s'en prendre à ces fondamentaux de l'humain, c'est que le marché est devenu la seule force terrestre depuis la démission du politique. Il s'empare donc de tout : ressources naturelles, ressources humaines, domaines les plus intimes de l'existence. Son stade suprême est maintenant de rendre artificiel et payant ce qui était (depuis toujours) naturel et gratuit : « Dans un monde où la croissance risque d'être ralentie par l'épuisement des énergies fossiles, le vivant est une nouvelle source de profit. La possibilité de le transformer et de le manipuler permettra de poursuivre la croissance. Dans ce cadre, les processus biologiques dans leur ensemble doivent être exploités. Les organismes vivants sont considérés comme une ressource renouvelable et non polluante grâce à laquelle la croissance infinie peut continuer... »

     

    L'extension illimitée du domaine marchand touche la bioéthique (Londres : notre note du 3/02), la culture (songez à Fleur Pellerin), la politique (voyez ce que sont devenus nos dirigeants de droite et de gauche). 

     

    C'est un engrenage : 

    ouvrir sans cesse de nouveaux marchés, parce que sans cela le productivisme tomberait en panne ; 

    donc pouvoir commercialiser tout et n'importe quoi ; 

    ce qui implique la suppression du bien et du mal, suppression prônée dès 1708 par le précurseur londonien de la pensée libérale : l'idéologue Bernard Mandeville... Ce qui implique aussi – par dérivation – l'hostilité (qui se répand en Occident depuis trente ans) envers un catholicisme vu comme frein à la marchandisation des « biens humains trop précieux et fragiles pour être livrés à l'arbitraire du marché », comme disait Jean-Paul II. 

     

    On constate ainsi le lien étroit entre le libéralisme économique et le libéralisme sociétal ; lien évidemment nié par les libéraux-conservateurs, qui déplorent les effets de causes qu'ils chérissent. 

     

    Ce lien étroit se vérifie en tous domaines. Par exemple à propos de l'emploi ! Alors que la rhétorique libérale prétend que tous les problèmes – dont celui du chômage – seront résolus par la « nouvelle économie » (« créativité » + « technologie » = abracadabra), la réalité de cette « nouvelle économie » est toute différente : son mot d'ordre interne – peu divulgué sur la scène publique – est « la croissance sans emplois », dont l'outil d'hier fut la délocalisation, et dont l'outil de demain est la robotisation (voir ici). La robotisation menace désormais 47 % des emplois aux Etats-Unis et 140 millions de « travailleurs du savoir » dans le monde, selon les chercheurs Frey et Osborne de l'université d'Oxford... 

     

    Par ailleurs, « l'économie numérique », cette fameuse « économie de la Silicon Valley » qui fait l'extase de nos radios, ne représente que 4 % des emplois aux États-Unis et 3 % en Europe ; et ses perspectives ne dépassent guère ce pourcentage. Le rêve hors-sol de la « nouvelle économie » se déploie donc dans un espace extérieur à l'humanité. D'où la suggestion d'une chroniqueuse économique de France Culture, il y a quelques jours : « Les gens sont trop nombreux sur cette Terre pour profiter de la nouvelle économie ! » C'est le retour à Malthus, c'est-à-dire aux origines mêmes de l'idéologie libérale. En 1995 on nous expliquait que les gens sont au service de l'économie ; en 2015 on nous explique que l'économie aura de moins en moins besoin des gens. 

     

    Deux observations à ce propos : 

    1. Le capitalisme tardif est donc miné par une contradiction croissante entre son productivisme et sa destruction des emplois. Comment vendre toujours plus d'objets à des gens toujours plus chômeurs ? Pris dans le vertige du casino financier global, les stars de la « nouvelle économie » ne semblent pas avoir aperçu cet aspect de la réalité. 

    2. Par rapport à ces réalités nouvelles, la rhétorique des libéraux-conservateurs est totalement ringarde. Comment peuvent-ils rabâcher qu'en 2015 la problématique est toujours l'opposition madelinesque (1985) entre « l'entrepreneur qui prend des risques » et « l'étatisme-assistanat » ? Ce discours paléo-bourgeois n'a plus rien à voir avec le nouveau trend. 

     

    Peut-on déniaiser les libéraux-conservateurs ? La chose paraît aussi difficile que de déniaiser les libéraux-libertaires : les uns et les autres sont enfermés dans une posture. Les lib-lib ne peuvent pas imaginer que leur posture (un hyper-individu libéré du réel par les technologies) est dictée par la Machine du big business. Les lib-con, si j'ose cet américanisme, ne peuvent pas imaginer que leur posture (maintenir en 2015 un discours déjà faux en 1985) fait d'eux les idiots utiles d'un big business qui n'a plus besoin d'eux. 

     

    En fait, il ne s'agit pas de déniaiser les lib-lib et les lib-con : il s'agirait plutôt de les réveiller. Ce sont des somnambules.

     

    Source

    http://www.oragesdacier.info/

  • [Entretien exclusif Novopress] Alain de Benoist : “Se rebeller contre le système exige d’adopter des modes de vie ou des styles de vie différents” 2/2]

    Figure de ce qu’il est convenu d’appeler la « Nouvelle Droite », Alain de Benoist (photo) a – par ses très nombreux travaux – profondément renouvelé notre famille de pensée, dans une optique transversale et métapolitique. Il vient de publier« Quatre figures de la Révolution Conservatrice allemande », ouvrage qui nous fait pénétrer dans l’immense richesse de ce mouvement d’idées, apte à nous donner des pistes pour les défis actuels.

    Propos recueillis par Pierre Saint-Servant

    La Révolution Conservatrice semble trouver des échos inattendus dans la nouvelle critique anti-libérale qui émerge actuellement avec des auteurs tels que Jean-Claude Michéa, Dany Robert-Dufour mais aussi Hervé Juvin, ou encore le jeune Charles Robin que vous avez édité récemment. Que manque-t-il à ce renouveau pour qu’il puisse « faire école » ?

    Disons que certaines thématiques propres à la Révolution Conservatrice resurgissent incontestablement aujourd’hui. Mais on pourrait en dire autant des idées des « non-conformistes des années trente », qu’il s’agisse de Thierry Maulnier, Bertrand de Jouvenel, Alexandre Marc, Robert Aron, Bernard Charbonneau et tant d’autres. Ce qu’il faut, c’est que cette tendance s’amplifie. Au-delà des évolutions individuelles, de plus en plus nombreuses, ce qui me paraît le plus de nature à y contribuer, c’est le fait que l’on voit aujourd’hui s’imposer de nouveaux clivages qui rendent chaque jour plus obsolète le vieux clivage droite-gauche. Le clivage essentiel est désormais celui qui oppose partisans et adversaires de la mondialisation, ou encore le peuple et la classe dominante. La critique du libéralisme peut dans cette optique jouer un rôle fédérateur

    « Droite libérale et gauche sociétale semblent communier dans un même aveuglement », résume Christopher Gérard pour évoquer le récent ouvrage de Paul-François Paoli, Malaise de l’Occident. Vers une révolution conservatrice ? C’est la collusion de ces deux camps que vous démontrez implacablement depuis des décennies. Avez-vous le sentiment que cette compréhension avance ?

    J’ai en effet ce sentiment. Jean-Claude Michéa a joué à cet égard un rôle très important, en montrant (ou en rappelant) l’identité de nature existant entre le libéralisme économique, surtout défendu par la droite, et le libéralisme culturel ou sociétal, surtout défendu par la gauche. La révolution permanente des mœurs ne peut qu’aller de pair avec la libération totale du marché, l’une et l’autre relevant d’une même conception anthropologique, fondée sur l’axiomatique de l’intérêt et sur ce que Heidegger appelle la « métaphysique de la subjectivité ». Un gouvernement associant à la fois Emmanuel Macron et Najat Vallaud-Belkacem en est une illustration frappante. Le fait nouveau est la réapparition « à droite » d’une critique radicale du capitalisme libéral, que je crois aujourd’hui plus nécessaire que jamais. Elle a l’avantage de faire apparaître l’inconséquence tragique de ces « nationaux-libéraux » qui veulent à la fois défendre le système du marché et des « valeurs traditionnelles » que ce système ne cesse d’éliminer.

    Disons que certaines thématiques propres à la Révolution Conservatrice resurgissent incontestablement aujourd’hui. Mais on pourrait en dire autant des idées des « non-conformistes des années trente », qu’il s’agisse de Thierry Maulnier, Bertrand de Jouvenel, Alexandre Marc, Robert Aron, Bernard Charbonneau et tant d’autres. Ce qu’il faut, c’est que cette tendance s’amplifie.

    Paoli évoque « la précarité intellectuelle de nos enfants, des adolescents qui n’ont aucun repère et dont la culture historique est très pauvre. » et poursuit : « Le mode de vie consumériste fondé sur la consommation de masse a appauvri ce pays. Il l’a appauvri culturellement et symboliquement ». Pour conclure, ne peut-on pas envisager que si une révolution conservatrice est en germe, elle s’incarne plus dans des modes de vie dissidents (citadelle ou grain de sable) que dans une énième structure politique ?

    Vous avez sans doute raison. Face à un système de l’argent en passe de se détruire lui-même du fait de ses contradictions internes, l’action politique, si utile qu’elle puisse être, trouve très vite ses limites. Se rebeller contre ce système exige d’adopter des modes de vie ou des styles de vie différents, ce qui implique un patient dessaisissement par rapport à l’idéologie dominante, à commencer par le primat des valeurs marchandes. Serge Latouche parle à ce propos de« décolonisation » de l’imaginaire symbolique, formule qui me paraît bien trouvée. C’est à cette condition que l’on pourra voir réapparaître à l’échelon local des « espaces libérés » où la réanimation du lien social permettra l’émergence d’une nouvelle citoyenneté sur la base de valeurs partagées.

    http://fr.novopress.info/182033/entretien-exclusif-novopress-alain-de-benoist-se-rebeller-contre-le-systeme-exige-dadopter-des-modes-de-vie-ou-des-styles-de-vie-differents-22/

  • La CGT machine à dire non

    Finalement ce 3 février, c'est bien le camarade Martinez, si souriant sur les photos, que le Comité confédéral national de la CGT a élu au poste de secrétaire général. Le nouvel homme fort du syndicat communiste a obtenu 93,4 % des voix. Ce score à peine inférieur aux records de l'époque stalinienne, et, disons-le aussi, légèrement en retrait par rapport à la tradition cégétiste depuis 1945, mérite qu'on revienne sur les épisodes précédents. Mais même avec cette nuance on reconnaîtra que Martinez Philippe a la gueule de l'emploi.

    Tous le décrivent comme particulièrement dictatorial. "Sa gouvernance à la métallurgie, raconte ainsi le responsable d’une autre fédération, est très autoritaire. Ce qui court à la confédération, c’est qu’il ferait régner la terreur. Et qu’ils font profil bas dans sa fédé." (1)⇓

    Or, secrétaire général de la fédération de la métallurgie, Martinez avait déjà été proposé le 13 janvier comme nouveau secrétaire général par son prédécesseur démissionnaire Lepaon.

    La veille de cette réunion, qui s'était soldée par un premier refus, 12 janvier, la commission exécutive de la centrale, composée de 56 membres, avait accepté cette candidature mais seulement par 28 voix contre 18 et 6 abstentions.

    Dans une organisation passée en 1942 sous le contrôle des staliniens, cela fait désordre. On a aussi accusé le secrétaire général déchu d'avoir voulu piloter sa propre succession. Le personnage ayant été politiquement liquidé pour cause de scandales relatifs à son train de vie, malencontreusement révélés par des lettres anonymes adressées au Canard enchaîné, les vertueux camarades ne voulaient pas de cette apparence ridicule.

    Le Monde analyse ainsi ce que Martinez incarne. On baptise à la CGT ce concept de "ligne Boulogne-Billancourt" :

    "Martinez, est intervenu à cinq ou six reprises pour affirmer qu’après avoir été choisi comme futur numéro un de la CGT, il avait composé sa nouvelle équipe. Il a ensuite refusé toutes les propositions pour modifier cette éventuelle direction." 'C’est un bureau de purge stalinien', commenta un responsable de fédération. 'À aucun moment, ajoutait un autre dirigeant, Martinez n’a parlé de sa vision du syndicalisme. Il est incapable de rassembler la CGT.' Ancien de Renault, patrons des métallos depuis 2008, M. Martinez n’a pas un profil de « réformiste ».

    Cette ligne est jugée à la fois très revendicative et proche du Parti communiste dont il est très proche (d'après Libé) membre (dixit Le Monde).

    Il y  a trois semaines, lors du vote de janvier, son refus d’ouverture aurait été très mal perçu au sein de la commission exécutive et il explique l’approbation à l’arraché.

    Notons qu'alors sa compagne, Nathalie Gamiochipi, responsable de la fédération de la santé, "qui ne tient pas sa fédé" était allée jusqu’à voter en faveur de Martinez, en contradiction avec le mandat qui lui avait été confié, ladite fédération ayant décidé, à une majorité de 75 %, de voter contre cette proposition.

    Mais Pierre Laurent avait affirmé le 7 janvier sur France Info souhaiter "au plus vite une CGT en état de marche".

    Il lui a donc fallu patienter quelques semaines, mais tout est rentré dans l'ordre.

    Machine à dire "non", bien rodée, bien relayée auprès des rédactions  sympathisantes des radios, toujours à la recherche de "grognes" la CGT s'enfermera sans doute dans son isolement sectaire, refusant de signer tout accord professionnel.

    Les médias, toujours avides d'un nouveau cliché, ont adopté le contresens flatteur désignant le comité confédéral national (CCN) de la vieille centrale comme s'il s'agissait d'un "parlement". Ce glissement sémantique ne doit pas être tenu pour innocent : c'est exactement le contraire, puisque les représentants des fédérations ne sont pas élus pour siéger à la CCN. Celle-ci ne fait que rassembler les dirigeants des structures corporatives et régionales. et cela s'apparente plutôt à ces assemblées de notables que les organisations islamiques appellent la "choura"… Pourquoi ne pas utiliser ce mot ? À moins qu'à la CGT, on lui préfère celui de présidium, ou de soviet ?

    JG Malliarakis

    Apostilles

    1.  cf. Libération du 3 février, qui juge bon de souligner que l'intéressé est"d'origine espagnole". À quoi sert ce "scoop" inutile ? S'agirait-il d'une pierre dans le jardin du premier ministre ?

    → Pour être tenu au courant de nos chroniques, il suffit de s'inscrire à la liste de diffusion de L'Insolent en adressant un message à : <courrier.insolent-subscribe@europelibre.com>

    http://www.insolent.fr/2015/02/la-cgt-machine-a-dire-non.html

  • Pourquoi pointer les chrétiens du doigt pour les exactions des terroristes islamistes?

    Quelques extraits d'un très beau plaidoyer pour la liberté d'expression et de conscience, dans le Figarovox. (Le texte vaut la peine d'être lu en entier).

    [...]"Vous avez dit «pas d'amalgames», ne demandons pas aux musulmans de se désolidariser du terrorisme. «Pas d'amalgames», et vous demandez aux chrétiens de se désolidariser de leurs bourreaux.[...] Les chrétiens n'ont pas attendu les pétitions parisiennes pour verser le sang et donner des martyrs de la liberté de conscience.[...]

    Il a fallu que les tenants d'une idéologie bien identifiée commettent un carnage comme la France n'en a pas connu depuis des dizaines d'années pour que des laïcistes empressés tiennent l'occasion d'accuser «les religions». A la pointe, Elisabeth Badinter explique dans Le1 que «la religion doit se limiter à l'espace familial et aux lieux de culte. La religion, c'est une affaire personnelle». RSF, Elisabeth Badinter en tête, somme les religions de s'engager pour la liberté de les offenser. Et dans Marianne, elle rappelle son combat contre la polygamie et l'excision avant d'enchaîner sur le fait qu'elle ne «pardonne pas à la gauche d'accorder un tel pouvoir aux curés, aux imams et aux rabbins: c'est religieux, c'est sacré!», passant sans sourciller de la polygamie et l'excision au pouvoir des curés. Par un même mystérieux saut dans le raisonnement, les chrétiens se retrouvent ainsi pointés du doigt pour les exactions des terroristes islamistes.[...]

    Mais à ceux-là, ceux qui soumettent à l'Église une pétition pour le blasphème, ceux qui veulent confiner la foi à l'intime et au culte, je veux dire simplement: cela n'arrivera pas.[...] Nous ne serons pas réduits au silence, nous ne nous tairons pas, nous ne cantonnerons pas notre foi à l'intime parce que vous voulez nous y contraindre. Des régimes s'y sont essayés par la voie autoritaire: la foi a toujours retrouvé l'air libre. L'Homme est spirituel, il faut vous y faire. [...]

    Plus encore, le chrétien qui cantonnerait sa foi à l'intime serait un piètre chrétien. Nous croyons en un Dieu incarné, par Son Fils. Pas éthéré, pas confiné, pas cantonné: incarné. Il a pris chair. Il est venu dans la chair des Hommes, venu dans le malheur du monde, venu prendre sa part du fardeau et soulager leur épreuve.[...] Nous ne cesserons pas, avec l'Église de toujours et avec le pape d'aujourd'hui, d'en appeler sans cesse publiquement au respect de la sacralité de la personne humaine et de sa dignité, en tous temps et en tous lieux, depuis la conception jusqu'à la fin de la vie, depuis les trottoirs de Manille jusqu'aux barques en Méditerranée.

    Ce n'est pas sans raisons d'ailleurs que l'on n'a guère entendu les tenants de la laïcité sommer le Père Riffard, qui héberge des demandeurs d'asile dans son église, de confiner sa foi à l'intime. Ce n'est pas sans raisons que l'on n'a jamais entendu quiconque intimer à Mère Teresa, à Sœur Emmanuelle, au Père Pedro et à tous les religieux anonymes publiquement engagés chaque jour de par le monde auprès des plus fragiles, de «limiter la religion à l'espace familial et aux lieux de culte». Ce sont exclusivement les positions de l'Église sur le respect de l'enfant à naître et de la personne en fin de vie, ou sur les mœurs, qui posent problème et incitent à vouloir la faire taire. Ce n'est donc pas l'expression publique des religions qui pose problème, c'est la contradiction. Et rejeter la contradiction au nom de la République, de la démocratie et de la liberté d'expression, voilà qui a de quoi interpeller.

    Au bout du compte, la laïcité est ainsi réduite à un artifice, et même à une lâcheté, lorsque l'on prétend incriminer les religions dans leur ensemble plutôt que les comportements précis que l'on dénonce, et que l'on ne sait pas, collectivement, affirmer nettement les valeurs que l'on porte et qui s'y opposent.

    Je veux dire aussi, avec respect, à Elisabeth Badinter quel'universalisme qu'elle revendique n'est pas une génération spontanée, hors sol. Si la France porte une tradition universelle, ce n'est pas tout à fait étranger à la contribution du christianisme, et singulièrement du catholicisme (étymologiquement universel) à l'édification de ce pays. Un christianisme qui, même lorsqu'il n'est pas identifié ainsi, est aussi dans l'ADN de ce pays, dans sa chair et son esprit et ce, notamment depuis que des moines copistes, dotés d'une forte inclination à ne pas cantonner la religion à la sphère intime, ont diffusé la culture, que d'autres ont ouvert des hospices ou créé l'Université.[...]

    Aussi bien, plus encore aujourd'hui qu'hier, vous ne me ferez pas taire, au nom de la liberté d'expression."

    Marie Bethanie

  • La dette maudite...

    La dette est un piège pour les États et elle démontre à l’envi que les situations apparemment les mieux assurées au regard du PIB ou du Développement peuvent cacher bien des déconvenues et des ennuis, voire des drames : le cas de la Grèce est, à cet égard, tristement éloquent...

    Un État qui croyait être à l’abri du besoin, étant entré dans le cycle du Développement et dans une Union européenne qui promettait la prospérité et la solidarité, se retrouve menacé par ses propres partenaires d’une exclusion et d’une véritable mise au ban des nations européennes, ou, à l’inverse, d’une véritable dictature économique de la fameuse troïka (Banque Centrale européenne, Commission européenne, Fonds monétaire international) pour le simple fait de ne pouvoir rembourser des dettes que la génération précédente (entre autres) a faites : en somme, c’est « l’esclavage pour dettes », celui-là même que, en 594 avant Jésus Christ, Solon avait interdit !

    Je ne vais pas revenir sur les fautes de la Grèce, de ses politiciens et de ses consommateurs : elles existent, indéniablement, et l’ignorer serait de mauvais aloi. Mais, cela ne change rien à l’affaire : aujourd’hui, les Grecs souffrent, y compris sanitairement, d’une situation qui, au fond, est avant tout financière ! Or, n’y a-t-il pas quelque malaise à constater qu’en 2008, et d’après un titre du quotidien Le Monde, 2.500 milliards de dollars avaient purement et simplement disparu en quelques semaines, effacés des compteurs et des comptes de l’économie mondiale ? Je ne connais pas grand-chose à l’économie, si ce n’est son histoire plurielle, mais le fait même de cette disparition me laisse éminemment perplexe, tout comme quand on m’explique, il y a quelques semaines, que la société propriétaire d’Airbus a vu partir en fumée plus de 4 milliards d’euros en quelques jours, simplement parce que son cours en bourse a baissé... N’y a-t-il pas là une véritable disjonction entre cette économie légale et virtuelle, et les réalités économiques vécues par le commun des mortels en Europe, et cela en Grèce comme en France, où nombre de familles bataillent pour, simplement, se nourrir à moindre frais, et pour lesquelles le moindre euro est important, voire vital ? Il suffit de se rendre sur un marché de ville après 13 heures quand des jeunes et des moins jeunes, voire des très vieux, fouillent dans les cagettes éventrées pour y trouver quelques fruits et légumes qu’ils ne peuvent se payer ordinairement, pour se rendre compte de l’absurdité de la situation ! Tous les arguments comptables possibles et imaginables ne pèseront jamais, à mes yeux, aussi lourds que les peines et les misères de ceux que je croise parfois au détour des rues de Rennes ou de Versailles.

    D’ailleurs, le souci grec n’est-il pas une préfiguration de ce qui pourrait bien, un jour ou l’autre, survenir à (et dans) notre pays ? Après tout, notre dette publique représente désormais une année de PIB de la France, au-delà de 2.000 milliards d’euros, somme considérable qu’il semble bien illusoire de pouvoir acquitter aux créanciers ces prochaines décennies, surtout si le chômage se maintient à un niveau aussi élevé que celui d’aujourd’hui. [....]

    Alors, que faire ? Faudrait-il abolir les dettes des pays européens mais aussi celles de leurs débiteurs, et remettre, d'une certaine manière, les compteurs à zéro ? Ce que pouvait faire Solon dans l'Antiquité pour Athènes semble difficile à refaire aujourd'hui, au moins à une telle échelle et dans de brefs délais : en effet, la Seisachtheia appliquée à toute l'Union européenne risquerait de faire capoter le système mondial de la Finance et la mondialisation elle-même (ce qui ne serait peut-être pas si mal que cela...), mais surtout d'entraîner nos sociétés droguées à la croissance et à l'addiction à la consommation (« l'addictature », diraient certains...) dans une zone inconnue, sans doute turbulente et compliquée. En fait, cela ne servirait à rien si l'on ne changeait pas, dans le même temps, les fondations de la société et, même, du monde dans lequel nous vivons, et principalement son esprit : vaste programme, sans aucun doute !

    Utopie, rétorqueront certains à ces quelques phrases apparemment « révolutionnaires » : espérance, pourrais-je répondre, tout en rappelant que je me méfie des utopies qui, dans l'histoire, nous ont fait tant de mal... Mais le « Que faire ? » n'est pas encore vraiment écrit, si ce n'est de manière éparse dans des brochures confidentielles ou sur des sites connus de quelques initiés. Néanmoins, il me semble que la France pourrait utilement jouer son rôle dans une nouvelle « disposition du monde », et c'est aussi pour cela que je privilégie la stratégie politique, appliqué à pratiquer le « Politique d'abord ! » ici et maintenant, en France pour aujourd'hui et pour demain... D' ailleurs, à bien y regarder, n'est-ce pas la stratégie que la coalition de la gauche radicale et de la droite nationaliste en Grèce, alliance apparemment improbable et dénoncée comme une « alliance rouge-brune » par les libéraux de tout acabit (de Cohn-Bendit à Le Boucher, l'inénarrable chroniqueur de L'Opinion, quotidien libéral assumé), tente d'appliquer en haussant le ton tout en préservant l'avenir, et en voulant réhabiliter la parole et l'action politiques face à des institutions européennes qui ne raisonnent qu'en termes économiques et budgétaires ?

    Une mise au point s'impose, pour éviter tout malentendu sur mes propos et intentions : d'abord, même si cela peut être souhaitable, je ne pense pas que l'on puisse si facilement s'émanciper d'un système financier qui, aujourd'hui, structure la société de consommation dont nous sommes (certains moins que d'autres, et je pense être de ceux-là) dépendants ; ensuite, il me semble que, si étalement ou annulation partielle ou complète de la dette il y avait, cela devrait s'accompagner d'une véritable révolution structurelle et spirituelle (encore plus que seulement économique) pour éviter de refaire de la dette et de retomber dans la même spirale infernale qu'auparavant ; dernier point (pour l'instant), je ne me rallie pas à cette gauche radicale grecque qui est devenue la dernière coqueluche d'une gauche française qui n'a guère brillé par sa clairvoyance en France et qui se fait surtout remarquer par une tolérance à géométrie variable : cela n'empêche pas, certes, le compromis avec des mouvements et des partisans de gauche comme de droite sur des points précis et conjoncturels, mais celui-ci ne doit pas être la compromission sur le fond des idées...

    Si la victoire de Syriza entraîne un changement (dans un sens plus raisonnable et plus humain, plus social) dans les politiques de l'Union européenne et participe à rendre l'espoir et du souffle aux peuples et aux Hellènes en premier lieu, j'en suis ravi, et je rappelle que cette nouvelle situation ne me fait pas peur : ce propos, pour autant, s'inscrit dans une logique politique et sociale qui plonge ses racines dans un royalisme français qui a toujours accordé, au fil de l'histoire et au présent, une grande importance au soulagement des pays et des populations sans négliger la pérennisation de celui-ci dans des institutions adaptées à notre propre présence au monde...

    http://nouvelle-chouannerie.com/index.php?option=com_content&view=article&id=1197:la-dette-maudite&catid=49:2015&Itemid=60

  • Nouvelle fatwa contre Charlie Hebdo : encore la faute à Zemmour ?

    L’ancien ministre pakistanais Ghulam Ahmad Bilour vient de mettre à prix – pour 175.000 € — la tête du propriétaire de Charlie Hebdo.

    Le Pakistan est un charmant pays issu de l’empire des Indes britanniques. Il est né en 1947 dans un bain de sang, sous l’impulsion du leader indien musulman Muhammad Ali Jinnah, dont l’intransigeance a eu raison des efforts désespérés du dernier vice-roi des Indes pour maintenir l’unité du sous-continent. Pays allié des États-Unis qui en ont fait une pièce maîtresse de leur dispositif au Moyen-Orient, cette république islamique – et accessoirement puissance nucléaire — instable et fanatique est une véritable poudrière musulmane dans une zone hautement stratégique du globe.

    On connaissait un peu ce pays pour diverses raisons : le nombre d’immigrés pakistanais qu’on croise à Londres, sa situation de base arrière des talibans pendant la guerre d’Afghanistan, ses grottes hospitalières qui abritent généreusement trafiquants et terroristes de tout poil.

    Lire la suite