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France et politique française - Page 4054

  • Théorie du genre : pour la Noël offensive des sénateurs UDI sur les enfants

    20/12/2014 – PARIS (NOVOpress via Bulletin de réinformation)
    Avant-hier, la délégation aux droits des femmes présidée par Chantal Jouanno, sénatrice UDI, a rendu public un rapport d’information consacré aux jouets

    Ce rapport, plus qu’un simple document informatif, est un réel outil de promotion de la théorie du genre. Ce rapport propose notamment la création d’un label pour les jouets, intitulé « Première initiation à l’égalité». Selon le rapport, ce label permettrait«  d’en finir avec les stéréotypes sexués véhiculés par l’industrie du jeu ». Cette labellisation pourrait également être associée à un système de dénonciation  avec l’attribution d’un « carton rouge » ou d’un « prix citron » pour distinguer les mauvais des bons fabricants.

    Il est prévu par ailleurs la suppression des signalétiques « garçons » et « filles » des magazines et des magasins de jouets…

    Un site officiel sera mis en place sur lequel les internautes pourront dénoncerpubliquement les fabricants et vendeurs qui ne respecteraient pas ces « bonnes »  pratiques.

    Les auteurs du rapport prétendent que ces mesures contribueront à la « construction de l’identité de l’enfant ».

    Pour Chantal Jouanno : « Le problème est que les jeux et jouets exercent une grande influence sur la construction de l’identité de l’enfant et sur ses apprentissages ».
    Comment, par des jouets indifférenciés, les enfants peuvent-ils se construire et se définir en tant qu’homme ou femme. Nos « élites » essaient d’imposer la théorie du genre aux enfants, par la sanction, la dénonciation et le chantage commercial. Le Sénat devra très bientôt se prononcer sur ce rapport.

    http://fr.novopress.info/page/2/

  • Bernard Cazeneuve ouvre la porte aux imâms algériens

    L'Algérie, pays où l'islam officiel est liberticide. L'Observatoire de l'islamisation :

    "Lu dans Le Figaro du 18 décembre : 

    "Bernard Cazeneuve, ministre de l'Intérieur, chargé des cultes, s'est rendu le 18 décembre en Algérie pour signer une convention avec le ministre algérien des Affaires religieuses, Mohamed Aïssa, visant notamment à renforcer la formation à la laïcité des imams algériens. Cette mesure touche des promotions annuelles de 120 imams algériens qui traversent la Méditerranée pour exercer pendant quatre ans en France, avant de s'en retourner. On les appelle les imams «détachés»."

    Eclairage de l'Observatoire :

    L'islam officiel en Algérie est le malékisme, une école juridique sunnite radicale dont les livres de bases, disponibles dans toutes les librairies musulmanes, enseignent de tuer les homosexuels et de faire le djihâd contre les mécréants qui refusent de se convertir. Le rite malékite fondé par Malik Ibn Anas (710-795) et vulgarisé par Zayd al-Qayrawani (922 - 996) dit « Le petit Malik »  enseigné dans toutes les écoles coraniques et universités islamiques d'Algérie inclut :

    • Le jihâd offensif (cf  Zayd al-Qayrawani , La Risâla, chapitre 30)
    • L’exécution des apostats (cf , Malik Ibn Anas Al-Muwatta’’ point 1444 )
    • L’exécution des chanoines faisant de l’apostolat (cf , Al-Muwatta’,point 982)
    • La légalité de l’esclavage (cf , Al-Muwatta’ , livre 21)
    • L’inclusion des femmes dans la composition du butin de guerre, alors licitement violées  (cf , Al-Muwatta’, point 1265 )
    • Durant le ramadan, les Algériens ont interdiction formelle de manger, il y a eu des arrestations.
    • Sur une chaîne nationale publique les imâms-fonctionnaires légitiment la pédophilie.
    • Les missionnaires chrétiens sont fréquemment expulsés du pays en vertu de la loi de mars 2006 qui punit de prison et de lourdes amendes ceux qui osent parler du Christ aux Algériens. 

    Ce partenariat avec l'Etat FLN est une trahison nationale de plus."

    Marie Bethanie

  • Connaissez-vous le "çavapétisme" ?

    C'est un nouveau mot hybride (venu de "ça va péter") de l'un de nos meilleurs observateurs économiques, Éric Le Boucher. Un mot qui fait mal !

    D'habitude, il est plutôt avare de mots, ce qui ne l'empêche pas d'en inventer. Chroniqueur aux Échos, à L'Opinion et à Europe 1, Éric Le Boucher a écrit un premier livre solo en 2005, Économiquement incorrect (éd. Grasset). Le second, Les Saboteurs, est paru en septembre dernier (éd. Plon). C'est dire que le bonhomme pèse ses mots dans un métier de journaliste économique où l'on a tendance à encombrer les linéaires spécialisés des librairies. Ce que nous dit Éric Le Boucher dans ce dernier opus, c'est que, après des décades de non-sens économique, la France est devenue la victime d'une classe politique qui a saboté le pays "en l'enfermant dans le passé et en attisant nos peurs". Qu'il est "temps de trouver des dirigeants qui osent tourner la France radicalement et positivement vers le XXIe siècle", et que "les saboteurs [doivent être] renvoyés".

    Il n'est pas le seul à tenir ce discours, mais, dans sa chronique du 19 décembre dans Les Échos, il va encore plus loin, estimant que le pays est maintenant à la veille d'une explosion : "Encore deux ans et demi à tenir, comme ça, avant 2017 ? Est-ce possible ?" écrit-il, ajoutant : "Dans les rangs des déprimés, aux déclinistes s'ajoute aujourd'hui une nouvelle catégorie : les çavapétistes [qui] pensent que ça ne peut plus durer [et que] ça va péter." L'auteur constate que le pays glisse irrémédiablement vers le bas et que "ses corps constitués sont arthrosés et paralysés" et sa classe politique "prisonnière du déclin, voire incompétente et couarde".

    5 scénarios pour une catastrophe

    Arrivé à ce stade de sa réflexion et prenant en quelque sorte à son compte les arguments des "çavapétistes", Éric Le Boucher nous annonce cinq scénarios possibles pour l'explosion de la grande colère qui monte.

    1. La rue : une "coagulation" des exaspérations est toujours possible.

    2. Les jeunes : en 1968, tout était parti d'un feu de broussailles de jeunes étudiants de la fac de Nanterre manifestant parce qu'on leur interdisait l'accès au dortoir des filles.

    3. La surprise : les Bonnets rouges ou les "zadistes" écolos qui veulent "bloquer toute atteinte aux grenouilles des marais"... L'étincelle peut venir de partout.

    4. Les marchés financiers : "La France joue avec un autre feu : celui des taux d'intérêt [...]. Regardez en Russie, tout se passe très vite [...], la crédibilité de la France peut aller au tapis en quelques jours et le gouvernement avec."

    5. Dernier scénario : une victoire de Marine Le Pen, scénario catastrophe s'il en est. Elle mettrait le pays à genoux en quelques mois avec ses dévaluations massives et ses nationalisations forcées. Les vrais réformistes de gauche et de droite pourraient alors se réunir autour d'un projet commun, et du "chaos" pourrait "renaître une France redevenue normale".

    Évidemment, tout cela fait peur, et particulièrement ce dernier scénario. Éric Le Boucher conclut ainsi sa chronique sur le "çavapétisme" : "Il est bien triste d'en arriver à souhaiter la crise. Le pays n'a-t-il plus assez de forces, d'atouts, de responsables courageux pour s'éviter une catharsis ?" Et là, on dirait qu'il n'y croit plus...

    Jean Nouailhac

    source : Le Point 

    http://www.voxnr.com/cc/dh_autres/EuEAkypZFVktLgtWVC.shtml

    (l'auteur du blogue n'est pas d'accord avec l'article, il est osté à titre d'info...)

  • Pascal Bruckner : «L’affaire Zemmour révèle que le débat est devenu impossible en France»

    L’essayiste Pascal Bruckner a souhaité réagir à l’affaire Zemmour ainsi qu’à l’attaque qui a frappé le commissariat de Joué-lès-Tours samedi dernier.

    Que vous inspire l’«affaire Zemmour»?

    Cet incident dérisoire est révélateur de l’état du débat en France qui est pratiquement devenu impossible. On ne discute plus, on scrute les moindres propos des personnes publiques. On traque le dérapage et la sphère politico-médiatique se transforme en club de sémanticiens fous. Le moindre mot qui porte à contestation est immédiatement soumis au tribunal de la correction politique. Tout ça se fait au détriment de la liberté d’expression. Je suis pour ma part un libéral à l’anglo-saxonne, opposé à toute restriction de l’expression publique et de la parole. Même les plus bêtes et les plus odieuses. D’autant que la censure aboutit inévitablement au résultat inverse de ce qu’elle recherche.

    Que vous inspire l’attentat de Joué-lès-Tours?

    C’était malheureusement prévisible. Dans une interview au Figaro, au lendemain de la mort d’Hervé Gourdelle, j’avais annoncé de telles tragédies. L’État islamique a commandé explicitement à tous les croyants de tuer à n’importe quel prix. De Sydney à Joué-lès-Tours et de Peshawar à Londres, la planète entière est devenue une zone à risque. Le nihilisme djihadiste menace partout et tout le temps et d’abord les musulmans eux-mêmes. L’année 2014 restera celle où nous avons pris la mesure de cette menace concrète et mondiale

    http://fr.novopress.info/180242/pascal-bruckner-laffaire-zemmour-revele-debat-devenu-impossible-en-france/

  • Alain Juppé, le candidat des journalistes de gauche

    Lu dans Figaro Vox :

    "la «Juppémania» en dit long surtout sur les milieux journalistiques de gauche qui décident de mettre cette idée paradoxale en avant. J'ai d'ailleurs vu passer sur twitter des appels à témoignage en ce sens. Cela traduit le fait que, pour ceux qui réfléchissent un minimum à l'avenir électoral de la gauche, l'horizon est totalement bouché. Logiquement, les défaites électorales du PS et de ses alliés de 2012 vont se poursuivre avec une belle constance: départementales et régionales en 2015, pour finir par la présidentielle de 2017 avec élimination probable de la gauche du second tour. Dans ce cadre-là, certains bons samaritains cherchent un moyen de «réduction des risques» en rêvant d'un homme de droite élu en 2017 qui ne ferait pas une politique trop à droite."

    Louise Tudy  http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/web.html

  • Mort de Maurice Duverger, le « pape » de la science politique française

    Pour toute une génération de lecteurs du Monde et d’étudiants en droit ou à Sciences Po, Maurice Duverger fut une référence, une « signature » qui les poussait à la réflexion et les éveilla à la politique. Maurice Duverger est mort le dans la nuit du mardi 16 au mercredi 17 décembre, à l’âge de 97 ans. Chroniqueur durant un demi-siècle au journal fondé par Hubert Beuve-Méry, il fut surtout le « pape » de la science politique française à laquelle il donna, dans les années 1950, ses lettres de noblesse.

    Il devait ce magistère à une grande clarté d’esprit, alliée à une curiosité intellectuelle qui le poussait à aborder tous les sujets ou presque. Son influence était grande et suscitait une légitime curiosité.

    Périodiquement, Maurice Duverger était sommé de s’expliquer sur ses engagements politiques d’avant-guerre et ses écrits de jeunesse sous l’Occupation. L’article qui lui a été le plus reproché figure dans les numéros de juin et décembre 1941 de la Revue de droit public et de la science politique. Intitulée « La situation des fonctionnaires depuis la révolution de 1940 », cette étude en deux parties porte sur les lois de Vichy qui excluent les juifs et les femmes mariées de la fonction publique. Cet article, répétait Maurice Duverger lorsqu’on lui en faisait grief, se voulait purement scientifique, c’est-à-dire descriptif et neutre. Selon l’usage, l’auteur n’avait pas à juger du bien-fondé de ces mesures.

    Il était né le 5 juin 1917 à Angoulême dans une famille bourgeoise par sa mère, modeste par son père, qui fut représentant en papeterie. Les Duverger vivent à Bordeaux. Maurice est élève au collège catholique Grand-Lebrun, où l’a précédé François Mauriac. La politique l’attire déjà. Fin 1933, il adhère à l’Union populaire républicaine, dont la figure de proue est un jeune professeur de l’enseignement libre en Gironde, Philippe Henriot, le futur ministre de la propagande de Vichy.

    En décembre 1936, Maurice Duverger rompt avec Henriot dont l’art oratoire, dira-t-il plus tard, le fascinait, pour rejoindre le Parti populaire français de Jacques Doriot. Le Parti populaire français (PPF) n’est pas encore le mouvement fasciste qu’il deviendra. Mais c’est déjà une formation populiste, antiparlementaire, où les antisémites donnent de la voix. Maurice Duverger est promu secrétaire de la Fédération du Sud-Ouest des jeunes doriotistes, l’Union populaire de la jeunesse française. « Tout cela, écrira-t-il dans un livre de souvenirs, était idéaliste et irréaliste. J’avais vingt ans » (L’Autre côté des choses, Albin Michel, 1977).

    A partir de 1938, ayant quitté le PPF parce « qu’il a dévié vers la droite », Maurice Duverger se consacre à sa formation de juriste. Il a choisi cette voie un peu par hasard : « Quand on ne sait pas [où aller] en sortant du bac, on finit à la faculté de droit. » En 1942, il est reçu à l’agrégation de droit public après avoir soutenu sa thèse sur L’Affectation des immeubles domaniaux aux services publics. Professeur de droit à Poitiers (1942-1943), puis à Bordeaux (1943-1955), il est nommé dans la capitale en 1955 où il enseignera jusqu’à l’âge de la retraite, en 1985, à la faculté de droit puis à l’université Paris-I, en même temps qu’à l’Institut d’études politiques (IEP) de la rue Saint-Guillaume.

    Aux côtés de Beuve-Méry

    En 1946, alors qu’il vient de créer l’IEP de Bordeaux, il publie ses premiers « papiers » dans Le Monde. Il a été recommandé à Hubert Beuve-Méry par un proche de celui-ci, le Père dominicain Jean Maydieu. Le fondateur du Monde et Maurice Duverger nouent des relations étroites. Elles conduisent le second à s’engager fermement aux côtés du premier lors de la crise que traverse le journal en 1951.

    Hubert Beuve-Méry a donné sa démission de patron du Monde le 27 juillet de cette année-là, fatigué qu’il est des pressions exercées sur la ligne éditoriale du journal par les deux autres membres du comité de direction, René Courtin et Christian Funck-Brentano. Ceux-ci reprochent au directeur et gérant du Monde l’orientation « neutraliste et démoralisante » du quotidien. En un mot de n’être ni assez atlantiste – on est en pleine guerre froide – ni suffisamment souple à l’égard du pouvoir et de l’argent.

    Maurice Duverger organise la contre-offensive juridique et sollicite la médiation de Jean Monnet, l’un des « pères » de l’Europe. Finalement, fort du soutien des journalistes et des lecteurs du Monde, « Beuve » est rétabli dans ses fonctions, son autorité renforcée. Une nouvelle entité voit le jour, la Société des rédacteurs, qui détient 28 % de la SARL Le Monde.

    Maurice Duverger, même s’il collabore aussi à Sud-Ouest, à L’Express et au Nouvel Observateur, est l’une des grandes signatures du Monde. Huit cents articles entre 1946 et 1994, souvent publiés à la « une » du quotidien, sur les sujets les plus variés : les institutions de la Ve République, l’évolution des régimes communistes, les relations transatlantiques, l’avenir de l’enseignement supérieur… Il n’y a guère que l’univers de l’entreprise pour échapper à la sagacité du « professeur au journal Le Monde », le titre qui résume le mieux le ton et la portée de ses « papiers ».

    Au centre gauche

    Ses prises de position marquées au centre gauche, d’un socialisme critique, suscitent les répliques d’innombrables contradicteurs, surtout parmi les gaullistes et les communistes. Il ne dédaigne pas non plus croiser le fer avec ses collègues de l’université, tel Georges Vedel, l’autre grand constitutionnaliste du moment. Ou avec le philosophe Raymond Aron. Celui-ci lui reproche la cécité dont il fait preuve, à l’occasion, à l’égard de l’URSS. Maurice Duverger : « Le parti unique russe apparaît comme un organisme vivant, dont les cellules se renouvellent perpétuellement. La crainte de purges maintient les militants en haleine, réveille constamment leur zèle. »

    Le « professeur au journal Le Monde » est un journaliste écouté. C’est d’abord un universitaire éminent qui a promu la science politique au rang de discipline à part entière en lui donnant son autonomie par rapport à sa matrice, le droit public.

    Dès le début de sa carrière universitaire, Maurice Duverger s’est intéressé aux partis politiques et aux systèmes électoraux sous un angle comparatif, une démarche originale pour l’époque. En 1951, il publie chez Armand Colin son œuvre majeure, Les Partis politiques, qui sera rééditée neuf fois et traduite en neuf langues.

    Tirées de cet ouvrage, les «Lois de Duverger» deviennent fameuses. Aucun étudiant en science politique, en France et à l’étranger, n’est censé les ignorer : « Le scrutin majoritaire à un seul tour tend au dualisme des partis. » Ainsi en Grande-Bretagne. « Le scrutin majoritaire à deux tours ou la représentation proportionnelle tendent au multipartisme. » Ainsi en France et en Italie. Facilement mémorisables, d’où leur popularité, ces thèses ont été réfutées depuis. Les réalités sociales auraient davantage d’influence sur l’éventail des partis politiques que le mode de scrutin, disent aujourd’hui les politologues.

    On doit aussi à Maurice Duverger le concept de « régime semi-présidentiel », celui de la Ve République, autre pont aux ânes de la science politique contemporaine. Il donnait corps à ces lois et concepts dans d’innombrables manuels (il en a signé une dizaine), publiés dans la collection «Thémis» qu’il avait fondée et longtemps dirigée aux Presses universitaires de France. Destinée aux étudiants en droit et en science politique, «Thémis» compte parmi ses best-sellers l’ouvrage probablement le plus lu de Maurice Duverger, Institutions politiques et droit constitutionnel.

    Un mandarin atypique

    Pédagogue aux PUF, Maurice Duverger se voulait aussi essayiste. Il est l’auteur de nombreux livres de réflexion parmi lesquels : Introduction à la politique (Gallimard, 1964), La Démocratie sans le peuple (Le Seuil, 1967), Janus : les deux faces de l’Occident (Fayard, 1972), La Monarchie républicaine (Fayard, 1974), Les Orangers du lac Balaton (Seuil, 1980), Le Lièvre libéral et la tortue européenne (Albin Michel, 1990)…

    La polyvalence de Maurice Duverger, plutôt rare à son époque – universitaire, journaliste, éditeur –, en faisait un mandarin atypique. En juin 1989, à la veille de la chute du mur de Berlin, il avait ajouté une nouvelle corde à son arc : l’action politique. Il s’était fait élire député européen sur une liste du Parti communiste italien et s’en était justifié en ces termes : «Parce que l’orientation [de ce parti] conduit à son intégration pleine et entière dans la démocratie, les cyprès dont il entoure les tombeaux de la place Rouge pourraient devenir aussi vivaces que ceux de la voie Appienne auprès des mausolées qui la bordent. »

    Bertrand Le Gendre

    source : Le Monde :: lien

    http://www.voxnr.com/cc/d_france/EuEAkyZZlVnbEIulUr.shtml

  • Michel Onfray : « Eric Zemmour est un bouc émissaire idéal pour la gauche »

    Michel Onfray réagit à l’éviction d’Eric Zemmour d’I-télé. Le philosophe considère qu’en France, la controverse a été remplacée par un discours uniforme et snob qui étouffe le mouvement des idées.

    Après l’éviction d’Eric Zemmour d’I-télé vous avez tweeté. « Désormais on licencie, on pétitionne, on vitupère au plus haut niveau de l’Etat pour raisons idéologiques. Permanence du bûcher ! ». Pensez-vous vraiment que la « tête » d’Eric Zemmour ait été exigée au plus haut niveau de l’Etat ?

    Michel ONFRAY : Je ne sais pas, car si c’est le cas, seules quelques personnes le savent vraiment… Mais je me souviens que le porte-parole de l’Elysée a affirmé de quoi nourrir cette idée. Je ne sais ce qui a motivé cette chaîne à agir ainsi, mais elle est en phase avec ce que le gouvernement a souhaité.

    En diabolisant Eric Zemmour, le gouvernement cherche-t-il à faire oublier son bilan ?

    La gauche qui est au pouvoir depuis 1983 n’est plus de gauche parce qu’elle s’est convertie au libéralisme et que, dans le libéralisme, ce sont les marchés qui font la loi, pas les politiques - qui se contentent de l’accompagner et de le favoriser plus ou moins… Le bilan, c’est celui du libéralisme, donc celui de Mitterrand après 83, de Chirac pendant deux mandats, de Sarkozy pendant un quinquennat, de Hollande depuis son accès au pouvoir. Si ces gens-là veulent se distinguer, il faut qu’ils le fassent sur d’autres sujets que l’économie libérale, les fameux sujets de société bien clivants : mariage homosexuel, procréation médicalement assistée, vote des immigrés, théorie du genre sous prétexte de féminisme, euthanasie ou soins palliatifs, dépénalisation du cannabis, vote des étrangers, etc.

    Zemmour est une excellente aubaine pour la gauche : il suffit d’en faire l’homme de droite par excellence, le représentant du « bloc réactionnaire » comme le martèle Cambadélis, (ancien trotskyste, condamné par la justice, mais néanmoins patron du PS…) le spécimen du penseur d’extrême-droite, pour se trouver un bouc émissaire qu’on égorge en famille, en chantant ses propres louanges pour une si belle occasion. « Nous sommes donc bien de gauche, nous, puisqu’il est de droite, lui ! » vocifèrent-ils en aiguisant le couteau.

    Ce que la gauche veut faire oublier c’est moins son bilan que son appartenance, avec la droite libérale, au club de ceux qui font le monde comme il est. Autrement dit : au club de ceux qui nourrissent le Front National qui ne vit que des souffrances générées par le marché. Il y a donc intérêt pour eux tous, droite libérale et gauche libérale, à se retrouver comme un seul homme pour égorger la victime émissaire qui dit que le FN progresse avec un quart de siècle de la politique de ces gens-là. [....]

    La suite sur Le Figarovox

    http://www.actionfrancaise.net/craf/?Michel-Onfray-Eric-Zemmour-est-un

  • L’utopie islamolâtre confrontée à la triste réalité

    Décidément, la réalité déborde de partout la chape de plomb dont les médias officiels veulent la couvrir. La semaine où Eric Zemmour est chassé d’une chaîne de télévision, parce qu’il dit tout haut ce que personne n’a le droit de dire, on apprend entre autres :

    - qu’un musulman a poignardé 3 policiers à Joué-les-Tours,

    - que trois autres musulmans ont percuté 11 piétons avec leur voiture à Dijon, en criant « Allahu Akbar ».

    Nous avons déjà eu l’occasion de parler de l’islamolâtrie obséquieuse de Manuels Valls. Mais Bernard Cazeneuve, son ectoplasmique remplaçant au Ministère de l’Intérieur, également en charge des cultes, ne vaut guère mieux.

    On se rappelle sa déclaration sur les racines chrétiennes de la France : « Evoquer les racines chrétiennes de la France, c’est faire une relecture historique frelatée qui a rendu la France peu à peu nauséeuse. » Un concentré de vomi, avec tous les éléments de langage du politiquement correct anti-français.

    Lire la suite

  • Un jour, un texte ! La Patrie selon le RP Henri-Dominique Lacordaire (3/5)

    R.P. HENRI-DOMINIQUE LACORDAIRE

    DISCOURS SUR LA VOCATION DE LA NATION FRANÇAISE

    PRONONCÉ À NOTRE-DAME DE PARIS, LE 14 FÉVRIER 1841,

    POUR L'INAUGURATION DE L'ORDRE DES FRÈRES PRÊCHEURS EN FRANCE.

    Non loin des bords du Rhin, un chef barbare livrait bataille à d'autres barbares : ses troupes plient ; il se souvient dans le péril que sa femme adore un Dieu dont elle lui a vanté la puissance. Il invoque ce Dieu, et, la victoire ayant suivi sa prière, il court se prosterner devant le ministre du Dieu de Clotilde : «Doux Sicambre, lui dit saint Remy, adore ce que tu as brûlé, et brûle ce que tu as adoré». Ce Dieu, Messieurs, c'était le Christ ; ce roi, cette reine, cet évêque, cette victoire, c'était la nation franque, et la nation franque était la première nation catholique donnée par Dieu à Son Église. Ce n'est pas moi qui décerne cette louange magnifique à ma patrie ; c'est la papauté, à qui il a plu, par justice, d'appeler nos rois les fils aînés de l'Église. De même que Dieu a dit à Son Fils de toute éternité : Tu es Mon premier né, la papauté a dit à la France : Tu es ma fille aînée. Elle a fait plus, s'il est possible ; afin d'exprimer plus énergiquement ce qu'elle pensait de nous, elle a créé un barbarisme sublime : elle a nommé la France le Royaume christianissime, - Christianissimum regnum. Ainsi, primogéniture dans la foi, excellence dans la foi, tels sont nos titres, telle était notre vocation.

    Y avons-nous répondu ? Car il ne suffit pas d'être appelé, il faut répondre à sa vocation. Avons-nous répondu à la nôtre ? C'est demander ce que notre patrie a fait pour Jésus-Christ et Son Église.

    L'Église a couru trois périls suprêmes : l'arianisme, le mahométisme, le protestantisme ; Arius, Mahomet, Luther, les trois grands hommes de l'erreur, si toutefois un homme peut être appelé grand lorsqu'il se trompe contre Dieu.

    L'arianisme mit en question le fond même du christianisme, car il niait la divinité de Jésus-Christ, et la divinité de Jésus-Christ, c'est tout le christianisme. Si en effet l'arianisme dit vrai, Jésus-Christ n'est plus qu'un grand homme qui a eu des idées, et qui est mort pour ses idées. Or, cela s'est vu, et pour l'honneur de l'humanité, cela se verra encore ; c'est l'histoire de Socrate. Mais, mourir quand on est Dieu, quand on peut ne pas mourir, quand on a la toute-puissance pour faire régner ses idées ; mourir afin de susciter l'amour dans les cœurs, voilà ce que les hommes ne font pas, ce qu'a fait Jésus-Christ, et ce qui constitue le mystère du christianisme, mystère né de l'amour pour produire l'amour.

    Arius fut soutenu dans son hérésie par le rationalisme et l'esprit de cour ; le rationalisme, qui s'accommodait naturellement d'un philosophe substitué à un Dieu ; l'esprit de cour, qui était effrayé de la croix, et qui, en la transportant d'un Dieu à un homme, croyait en éloigner de ses viles épaules le rude fardeau. Le rationalisme prêta aux ariens l'appui d'une dialectique subtile ; l'esprit de cour, la double force de l'intrigue et de la violence. Cette combinaison mit l'Église à deux doigts de sa perte, si toutefois il est permis d'user de pareilles expressions, de ne juger que d'après la superficie des choses, d'oublier que le christianisme a en soi une puissance infinie de dilatation, et qu'il la conserve toujours, alors même que les yeux infirmes de l'homme le croient anéanti, comme si dans l'invisible unité d'un point mathématique ne pouvaient pas tenir des mondes. Mais, sans aller jusqu'à des expressions qui sembleraient douter de l'immortalité de l'Église, toujours est-il que le succès de l'arianisme fut immense, et qu'après avoir corrompu une partie de l'Orient, il menaçait l'Occident par les Barbares, qui, en y portant leurs armes, y portaient son esprit. Ce fut alors que notre aïeul Clovis reçut le baptême des mains de saint Remy, et que, chassant devant lui les peuplades ariennes, il assura en Occident le triomphe de la vraie foi.

    L'arianisme penchant vers son déclin, Mahomet parut. Mahomet releva l'idée d'Arius à la pointe du cimeterre. Il voulut bien reconnaître que Jésus-Christ était un grand prophète ; mais, comme son prédécesseur, il en nia la divinité.

    Il lui sembla qu'Arius n'avait pas assez donné à la corruption, il lui donna davantage ; et ce moyen ne devant pas suffire à la conversion de l'univers, il déchaîna les armes. Bientôt le mahométisme attaquait par tous les points à la fois la chrétienté. Qui l'arrêta dans les champs de Poitiers ? Encore un de vos aïeux, Charles-Martel. Et plus tard, le péril ne faisant que s'accroître avec les siècles, qui songea à réunir l'Europe autour de la croix, pour la précipiter sur cet indomptable ennemi ? Qui eut le premier l'idée des croisades ? Un pape français, Sylvestre II. Où furent- elles d'abord inaugurées ? Dans un concile national, à Clermont ; dans une assemblée nationale, à Vézelay. Vous savez le reste, ces deux siècles de chevalerie, où nous eûmes la plus grande part dans le sang et dans la gloire, et que couronne glorieusement saint Louis mourant sur la côte africaine.

    Après ces deux honteuses défaites, le démon comprit qu'il n'atteindrait jamais son but en s'attaquant directement à Jésus-Christ. Car Jésus-Christ et l'Évangile, c'est la même chose, et l'Évangile va trop droit au cœur des hommes pour espérer de l'y détrôner. Mais l'Église, ce n'est plus Jésus-Christ qu'indirectement ; elle est composée d'hommes sujets aux faiblesses et aux passions de l'humanité : on pouvait peut-être, dans ce côté humain, ruiner l'œuvre divine. Luther vint au monde ; à sa voix l'Allemagne et l'Angleterre se séparèrent de l'Église, et si une grande nation de plus, si la France eût suivi leur terrible invitation, qui peut dire, le miracle à part, ce que fût devenue la chrétienté ? La France n'eut pas seulement la gloire de se tenir ferme dans la foi ; elle eut à combattre dans son propre sein l'expansion de l'erreur représentée par Calvin, et la révolte d'une partie de sa noblesse, un moment appuyée de la royauté. L'élan national la sauva ; on la vit, confédérée dans une sainte ligue, mettre sa foi plus haut que tout, plus haut même que la fidélité à ses souverains, et ne consentir à en reconnaître l'héritier légitime qu'après que lui-même eut prêté serment au Dieu de Clovis, de Charlemagne et de saint Louis.

    Lois Spalwer  http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/web.html