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France et politique française - Page 4452

  • Loi famille : Jean-François Copé prend le train en marche

    Volant au secours de la victoire, le patron de l'UMP, absent et muet dimanche dernier, s'est fendu d'un communiqué triomphant, montrant surtout que le succès de la mobilisation de LMPT  oblige l'UMP à se positionner :

    "Notre -votre- mobilisation a porté ses fruits ! Matignon a fait volte-face lundi en annonçant que le Gouvernement ne présenterait finalement pas de projet de loi sur la famille en 2014. Le Gouvernement invoque des « travaux préparatoires » à peaufiner, un « calendrier parlementaire déjà dense », mais ne vous y trompez pas : c'est bien la mobilisation massive et opiniâtre des Français et des élus de notre Mouvement qui a contraint François Hollande à arrêter les frais.

    Annoncées il y a quelques mois comme prioritaires, les questions de gestation pour autrui (GPA) et de procréation médicalement assistée (PMA) pour les couples de même sexe auxquelles nous nous opposons fermement semblent aujourd'hui repoussées sine die. Que dire de cette curieuse coïncidence en terme de calendrier, quelques semaines avant les prochaines échéances électorales ? Avec votre aide, nous voulons continuer à faire reculer la majorité socialiste, veiller à la suppression définitive de ce projet mais également dénoncer l'opportunisme éhonté du Gouvernement. Ne lâchons rien ! [sic] Je compte sur vous. Très sincèrement."

    Michel Janva

    http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/2014/02/loi-famille-jean-fran%C3%A7ois-cop%C3%A9-prend-le-train-en-marche.html

  • Olivier Dard à L'AF 2000 : " Il me paraît nécessaire et légitime de se souvenir, 80 ans après, des morts du 6 février. "

    Olivier Dard, spécialiste internationalement reconnu des droites françaises et organisateur de plusieurs colloques consacrés à l’Action française, a bien voulu accorder un entretien à L’AF 2000 pour le 80e anniversaire du 6 février 1934. Il vient de faire paraître aux éditions Armand Colin un "Maurras" qui a été unanimement salué.

    L’AF 2879 - Quatre vingt ans après, peut-on affirmer que le 6 février 34 fut un coup de force fasciste qui a échoué, comme le pensent encore certains à gauche ?

    Olivier Dard - Les forces de gauche interprètent sur le moment (et durablement) le 6 février comme une tentative de coup d’Etat fasciste. Elles organisent d’ailleurs à cette fin, les 9 et 12 février, des manifestations importantes en province et à Paris. Cette vision des contemporains est démentie par l’historiographie, en particulier depuis l’ouvrage bien connu de Serge Berstein intitulé Le 6 février 1934 et paru en 1975. On rappellera aussi que les ligues nationalistes n’étaient pas seules à manifester le soir du 6 février. Les communistes de l’Association Républicaine des Anciens Combattants (ARAC) ont également mobilisé et l’Humanité dénonçait dans son édition du 6 février « le régime du profit et du scandale », appelant à mettre « à bas le gouvernement voleur des mutilés de guerre et complice des escrocs ».

    L’AF 2879 : Quel fut le rôle exact de L’Action Française dans les semaines précédentes et dans la nuit du 6 ?

    Olivier Dard - L’Action Française s’est fait une spécialité de la dénonciation des scandales financiers et de la République radicale. Le quotidien a un incontestable savoir-faire en matière de campagne de presse. A l’origine, le traitement de l’affaire Stavisky peut se lire à cette aune. Bien renseignée, L’Action Française publie des documents et des révélations fracassantes. Le discours contre les « voleurs » s’infléchit brutalement au lendemain de la mort de Stavisky le 8 janvier 1934. Comme l’essentiel de la presse, L’Action Française refuse d’avaliser la thèse du suicide (reprise aujourd’hui par les historiens) et y voit un assassinat déguisé. A partir du 9 janvier, l’AF pousse les feux et joue sur le double tableau de sa presse et de ses organisations militantes (ligue, Camelots du Roi, étudiants). Se développent sur Paris et sous l’impulsion de l’AF des manifestations quasi quotidiennes qui débouchent rapidement sur un mouvement d’opinion agrégeant les autres ligues nationalistes (Jeunesses Patriotes, Solidarité Française) à l’exception notable des Croix-de-Feu. [. ?..]

    Propos recueillis par François Marcilhac - La suite dans L’AF 2879

    http://www.actionfrancaise.net/craf/?Olivier-Dard-a-L-AF-2000-Il-me

  • Les forces de police ont l’ordre de ne fouiller ni interpeller les extrêmistes de gauche

    Lu ici :

    "Depuis que Manuel Valls est ministre de l’Intérieur, les réseaux d’extrême gauche  bénéficieraient-ils de passe-droit lorsqu’il s’agit d’agresser tous ceux qu’il désigne comme des « ennemis de la République »? Une vidéo publiée samedi par l’agence Info Libre  semble  le démontrer .

    Cette vidéo montre en effet un journaliste venu couvrir une manifestation pro avortement à Paris le 1er février dernier. On le voit se faire menacer et  voler son vélo par un groupe de militants. Ils appartiennent à l’extrême gauche radicale parisienne. On y aperçoit surtout un policier en civil « extraire » le journaliste de la manifestation. Il lui explique qu’il ne peut pas rester là, car il risquerait d’y perdre son intégrité physique, voire sa vie, tant les personnes qui l’ont molesté sont dangereuses. (voir la vidéo). [...] Mais le plus stupéfiant de cette vidéo, filmée en caméra cachée, ce sont les consignes énoncées par le policier, qui ignorait qu’il était enregistré. Il affirme en effet que les forces de police reçoivent l’ordre de leur hiérarchie – donc du ministère de l’Intérieur - de ne  fouiller ni interpeller ces militants d’extrême gauche, y compris si ces derniers sont « outillés» (armés). Expliquant être en « sous-effectif » – ce qui n’était manifestement pas le cas le lendemain pour la LMPT – le policier demande donc au journaliste de quitter les lieux « car sa sécurité ne peut pas être assurée ». [...]"

    Michel Janva

  • Béatrice Bourges a-t-elle réussi à faire trembler l’Élysée ?

    Elle n’a pas accepté que le président fasse de son quinquennat une révolution dont le but est de détruire la millénaire structure familiale.

    Huit jours après avoir entamé son jeûne, Béatrice Bourges a emporté une première victoire. Elle a, lundi après-midi, au lendemain de la Manif pour tous, arrêté de jeûner et l’a annoncé sur la place Édouard-Herriot, devant l’Assemblée nationale qui l’avait vue assise sur un banc, souvent entourée de nombreux policiers et de très peu de journalistes. 

Le cas de cette pasionaria n’a pas attiré l’intérêt de la presse française.

    Quelques courageux députés (Jacques Bompard, Thierry Mariani, Marion Maréchal-Le Pen, etc.) sont venus la saluer, et nombreux furent les internautes à l’avoir rejointe sur son banc pour l’encourager, la féliciter, la remercier tout au long de la semaine, malgré les barrières mises en place tout autour d’elle et une présence policière totalement disproportionnée : jusqu’à 35 policiers, jeudi dernier, et le bus des gardes à vue, comme si le préfet de police voulait l’intimider, la dissuader, la déstabiliser.

    Lire la suite

  • Pour ceux qui trouvent qu'on exagère un peu...

    Florilège de citations 
    "Ce qui est cause, c'est l'hétérosexualité en tant que norme. Il nous faut essayer de penser un monde où l'hétérosexualité ne serait pas normale." 
    Eric Fassin, sociologue, promoteur de la théorie du genre en France, professeur à l'Ecole Normale Supérieure.
    "Les enfants n'appartiennent pas à leurs parents." 
    Laurence Rossignol, sénatrice PS, 5 avril 2013, en direct sur France 2, émission Ce soir ou jamais.
    "Le but de la morale laïque est de permettre à chaque élève de s'émanciper... Il faut être capable d'arracher l'élève à tous les déterminismes : familial, ethnique, social, intellectuel"
    (Vincent Peillon, Le Figaro, 2/9/2012)
    "Toute l'opération consiste bien, avec la foi laïque, à changer la nature même de la religion, de Dieu, du Christ, et à terrasser définitivement l'Eglise"
    (Vincent Peillon, Une religion pour la République, p. 277, édition du Seuil, 2010)
    "Il faut donc à la fois déraciner l'empreinte catholique qui ne s'accomode pas de la République et trouver, en dehors des formes religieuses traditionnelles, une religion de substitution qui arrive à inscrire jusque dans les moeurs, les coeurs, la chair, les valeurs et l'esprit républicain sans lesquels les institutions républicaines sont des corps sans âme qui se préparent à tous les dévoiements"
    (Vincent Peillon, ibid, p. 34)
    "La laïcité française, son ancrage premier dans l'école, est l'effet d'un mouvement entamé en 1789, celui de la recherche permanente, incessante, obstinée de la religion qui pourra réaliser la Révolution comme promesse politique, morale, sociale, spirituelle. Il faut pour cela une religion universelle : ce sera la laïcité. Il lui faut aussi son temple ou son église : ce sera l'école. Enfin, il lui faut son nouveau clergé : ce seront les hussards noirs de la république".
    (Vincent Peillon, ibid, p. 48)
    "Il faut toucher un maximum de gens avec des messages subversifs et politiques."
    La réalisatrice du film Tomboy a propos de son film projeté en classes de primaire. 
    "Je suis pour la GPA accessible à tous les couples."
    Jean Pierre Michel, sénateur PS, rapporteur du texte de loi sur le mariage pour tous au sénat. 
    "Des parents, un géniteur, une gestatrice peuvent permettre ensemble la venue au monde d'un enfant."
    Najat Vallaud Belkacem, porte parole du gouvernement.
    "Il faut en finir avec la filiation biologique."
    Erwan Binet, député PS et rapporteur de la loi Taubira
    "Une femme doit pouvoir avoir accès à la PMA parce qu'elle ne souhaite pas avoir de relations avec un homme."
    Francois Hollande
    "Il s'agit de substituer a des concepts  tels que "le sexe" ou "la différence sexuelle" le concept de "genre" qui montre que les différences entre le différences entre les hommes et les femmes ne sont pas fondées sur la nature mais socialement construites. [...] [La théorie du genre] se borne à dire que les hommes et les femmes ne se retrouvent pas dans leur état biologique et se construisent autrement."
    Julie Sommaruga, député PS
    « Je ne vois aucun inconvénient ni pour les unions à plusieurs, ni pour les unions polygames, ni pour l’inceste. » 
    idem
    "Moi je suis pour toutes les libertés. Louer son ventre pour faire un enfant ou louer ses bras pour travailler à l'usine, quelle différence? C'est faire un distinguo qui est choquant"
    Pierre Bergé au Figaro
    « Admettre la différence des sexes c’est admettre la complémentarité des sexes, donc la domination patriarcale, donc l’oppression et l’aliénation de la femme » 
    Judith Butler, philosophe féministe du genre
    « Le droit à l’adoption pour les couples homosexuels repose sur une filiation fondée sur la volonté individuelle, et la volonté n’a pas de sexe… » 
    Daniel Borillo, Sénat
    « La famille est une construction sociale créée par les hommes pour dominer les femmes. » 
    Roselyne Bachelot, janv 2013
    « Revendiquer l’égalité de tous les individus quels que soient leur sexe et leur orientation sexuelle c’est déconstruire la complémentarité des sexes et donc reconstruire de nouveaux fondements républicains »
    « Il s’agit donc de déconstruire la complémentarité des sexes pour transformer en profondeur la société. » 
    Réjane Sénac, chercheure au CNRS affectée au Centre de Recherches Politiques de Sciences Po (CEVIPOF), enseignante à Sciences-Po Paris et à l’université Sorbonne Nouvelle –Paris 3, source rapport du SNUipp, page 24-25
    « Je pense qu’en matière du lien de filiation, le mariage est devenu tout à fait secondaire. [...] Il me paraît évident que le groupe que je préside préconisera d’ouvrir la possibilité d’adoption aux couples non mariés, parce que, tout simplement, ça va de soi. »
    Irène Théry, sociologue, directrice d’étude à l’EHESS et nommée présidente d’un groupe de travail par Dominique Bertinotti dans le cadre de la Loi Famille
    « Pour pouvoir abolir le mariage, il faut d’abord que tout le monde puisse en bénéficier. Ce que vous évoquez est tout à fait envisageable [l’abolition du mariage] […] c’est l’étape suivante ».
    Caroline Mécary, Avocate au barreau de Paris, festival « Mode d’emploi » à Lyon, nov 2013
    « Une proposition que je vous soumets, ce serait de disjoindre la parentalité et la conjugalité – pourquoi ne pas proposer dès la naissance des enfants, disons juste après le sevrage, une disjonction des maisons, c’est-à-dire une résidence alternée dès la naissance. Au moins, les femmes anticiperaient une carrière maternelle comme les hommes anticiperaient une carrière paternelle [...]. Les hommes pourraient envisager des métiers où ils seraient bien obligés une semaine sur deux de s’occuper des enfants. Ce qui veut dire qu’au moment de la séparation, les choses seraient beaucoup plus simples : il n’y aurait plus de séparation puisqu’on serait déjà séparés.» 
    Caroline Mécary, avocate au barreau de Paris, spécialiste des droits des homosexuels, Festival mode d’emploi à Lyon, novembre 2013
    source

  • Peillon ou la tentation totalitaire

    Une chronique d'Ivan Rioufol :

     

    "Au delà de la théorie du genre, qui trouve son application en primaire avec les ABCD de l’égalité, c’est aussi la prétention de l’Etat (et de l’Europe) à intervenir jusque dans la sphère privée qui est refusée par les opposants au gouvernement. Car il existe une volonté politique de soustraire l’enfant à ses parents, afin de l’élever dans l’idéologie "républicaine" du moment. Ce mercredi, Le Canard Enchaîné dénonce la "citation travestie" prêtée à la sénatrice socialiste, Laurence Rossignol : "Les enfants n’appartiennent pas à leurs parents. Ils appartiennent à l’Etat". L’hebdomadaire démontre, de manière convaincante d’ailleurs, que la deuxième phrase n’est pas d’elle. Mais cela ne change rien au désir de déposséder les familles de leurs responsabilités éducatives, selon le vieux procédé totalitaire destiné à construire "l’homme nouveau". Il suffit de lire Vincent Peillon. Voici ce que le ministre de l’Education écrit, dans "La Révolution française n’est pas terminée" (Seuil) (pages 17-18) : "C’est à elle (l’école) qu’il revient (…) d’être la matrice qui engendre en permanence des républicains (…). L’école doit opérer ce miracle de l’engendrement par lequel l’enfant, dépouillé de toutes ses attaches pré-républicaines, va s’élever jusqu’à devenir le citoyen, sujet autonome. C’est bien une nouvelle naissance, une transsubstantiation qui opère dans l’école et par l’école, cette nouvelle Eglise avec son nouveau clergé, sa nouvelle liturgie, ses nouvelles tables de la Loi", etc.
    Danton expliquait : "Il est temps de rétablir ce grand principe qu’on semble méconnaître : que les enfants appartiennent à la République avant d’appartenir à leurs parents". Un même robespierrisme est reproduit par l’actuel ministre de la Rééducation quand il dit aussi, avec l’aval des socialistes, vouloir "arracher l’élève à tous les déterminismes". Peillon vient d’être appuyé, dans sa promotion expérimentale de l’identité du genre en primaire,  par le parlement européen qui a approuvé hier le rapport Lunacek, qui reprend à son compte les exigences des minorités Lgtb (lesbiennes, gays, bi et trans). Ce mercredi, dans Le Figaro, l’américaine Shéhérazade Semsar décrit les absurdités produites par les revendications sur le genre aux Etats-Unis. Cette inscription sur une porte, par exemple, dans une école de Californie : "Si tu te considères comme un garçon, ce sont tes toilettes". Comme le remarque Chantal Delsol (Le Monde du 1 er février) : "On dirait bien que deux totalitarismes ne nous ont pas encore déniaisés, ni découragés de vouloir prendre la place du créateur". La colère de la société civile ne va pas s’apaiser de si tôt, contre cet Etat qui ne respecte plus la sphère familiale et qui transmet aux enfants une idéologie déstructurante, à défaut d’un savoir."

    Louise Tudy  http://www.lesalonbeige.blogs.com/

  • Coup de force marxiste au Figaro !

    Les collectivistes de tout poil sont affolés par l’effondrement de la Sécurité sociale et par les cohortes chaque jour plus nombreuses de Français qui la quittent.

    Le front le plus chaud est celui du Régime social des indépendants (RSI), dont l’hémorragie est devenue telle qu’il a tenté une manœuvre désespérée pour essayer de la ralentir. Et ce sont les marxistes de la rédaction du Figaro qui ont prêté main forte à l’opération.

    Un journaliste de ce quotidien enquêtait sur l’action du MLPS, qui conduit depuis plus de vingt ans le mouvement de combat contre la pieuvre sociale, et sur ceux qui y participent. C’est ainsi qu’il m’a longuement interviewé et que je lui ai fourni toute la documentation qui lui était nécessaire pour étayer son article. Plusieurs « libérés » ont également été interrogés et ont raconté leur expérience.

    C’en était trop pour les collectivistes, qui savent très bien que seul le silence médiatique préserve encore la Sécurité sociale de l’issue fatale. Ils ont donc monté, en s’appuyant sur leurs complices infiltrés depuis longtemps à la rédaction du Figaro, une opération consistant à reprendre à leur compte les critiques unanimes des affiliés de force au RSI pour les rendre réceptifs au message qu’ils voulaient leur transmettre, à savoir que, si critiquable et odieux que puisse être le RSI, il est illégal de le quitter. De la pure technique marxiste, digne de la Pravda !

    Le message a été répété dans chacun des trois articles consacrés à ce sujet. Dans l’article de tête, il est indiqué que « la désaffiliation « sauvage » prônée par le groupuscule les « libérés » est totalement illégale ». Dans l’interview du directeur général du RSI, celui-ci déclare que «  les personnes qui se radient en continuant d’exercer en indépendant ou qui refusent de s’acquitter de leurs cotisations sociales s’exposent à de lourdes amendes, voire à des sanctions pénales ». Enfin, dans l’article comportant les témoignages d’affiliés au RSI, la journaliste fait dire à l’une d’entre elles qu’ « elle regarde avec envie ces quelques indépendants qui se désaffilient du RSI pour prendre une caisse d’assurance privée. Mais ne franchit pas le pas, car c’est totalement illégal ».

    Du marxisme au petit point, on vous le dit. Tout y est, de l’ennemi forcément « groupusculaire » à la menace pénale envers les dissidents qui fuient ce qu’on n’ose plus appeler le « paradis socialiste » et qui ne survit plus que par ses barbelés.

    Les questions qu’on se pose sont forcément les suivantes. Comment le premier quotidien de droite français en est-il arrivé à se faire la voix du communisme ? Comment ce journal peut-il tromper à ce point ses lecteurs en ne leur révélant pas que le monopole de la sécurité sociale a été définitivement supprimé par un arrêt du 3 octobre 2013 de la Cour de justice de l’Union européenne, et que les sanctions pénales, ce sont les directeurs des caisses de sécurité sociale qui les encourent ? Comment Alexis Brézet, directeur des rédactions du Figaro, peut-il négliger ses fonctions au point de laisser son journal militer pour le collectivisme ? Et comment Serge Dassault, propriétaire du Figaro, peut-il laisser ce titre glorieux se vautrer dans la pire des propagandes marxistes ?

    Le Figaro n’est que Le Figaro, et aujourd’hui l’histoire se fait sans lui. Les Français veulent en finir avec le collectivisme, ils le disent tous les jours et le manifestent dans la rue. Et ils se moquent éperdument de la désinformation pratiquée par la presse officielle. Mais pour le démocrate que je suis, il n’était pas possible de laisser passer sans réagir la grave dérive d’un quotidien que je lis depuis des décennies et qui, aujourd’hui, trahit son histoire et, comme on dit maintenant, ses valeurs.

    Dr Claude Reichman

    http://francelibre.tumblr.com/post/75639384966/coup-de-force-marxiste-au-figaro#.UvJv1fYsRXY

  • Rumeur persistante : 2000 études qui n'existent pas

    Le CNRS a répertorié 2000 études sur ce qui n’existe pas. Les actes sonores du colloque du 8 mars 2012 au siège du CNRS à Paris « Recherches Genre, un défi au-delà de la parité. Recensement, bilan et perspectives », sont disponibles en libre écoute sur le site de la Mission pour la place des femmes au CNRS, dans la rubrique Recherches et approches genre.

    "Un défi au-delà de la parité": il s'agit donc bien de l'idéologie du genre, et non de l'égalité des sexes.

    Tout ça pour un truc qui n'existe pas : le gouvernement doit dissoudre le CNRS.

    Michel Janva

  • Il y a 80 ans : le 6 février 1934 fin

    De l’autre côté du pont, précisément sur le quai d’Orsay, l’Assemblée nationale a concentré sur elle toute la rancœur populaire : en face du barrage du pont un vieil homme la pointe de sa canne, lançant à la volée « Nous allons les virer en fanfare ! », ce à quoi un jeune royaliste lui réplique « Alors commençons la musique ! » Et à dix-neuf heures et demie, tandis que des coups de feu espacés retentissent du côté des Champs-Élysées, des milliers de manifestants, en majeure partie des Camelots du Roi, se lancent à l’assaut du pont de la Concorde et se ruent en plusieurs vagues sur le Palais-Bourbon. À dater de cet instant, le député de la Gironde Philippe Henriot décrit à sa manière le bal de mort qui s’ensuit : « La nuit était maintenant tout à fait venue. Collant leurs fronts aux vitres, ils [les députés] la contemplaient, sinistre et froide, comme un ennemi de plus. Incapables de mater leurs nerfs, avides de se rendre compte par eux-mêmes du spectacle qu’offrait vraiment la rue, certains faisaient vingt fois le trajet qui les menait à la terrasse du quai. Un murmure confus, assourdi et fondu par l’éloignement, venait battre les murs comme une mer. Les silhouettes silencieuses des gardes se détachaient à peine de l’ombre. Des sentinelles veillaient partout. Mais pourquoi ce spectacle ne rassurait-il pas ? Et pourquoi croyait-on deviner jusque dans leur attitude figée, on ne savait quelle réprobation pour les hommes qu’ils étaient chargés de défendre ? Parfois, dans ce grondement de conque, des bruits plus précis émergeaient soudain : un faisceau de cris s’élevait vers le ciel comme une gerbe de fusées ; le bruit net et précipité d’une charge de cavalerie semblait une chute de grêle sur l’immense parvis sonore. Puis tout s’apaisait… Les reins rompus et les épaules lourdes, les observateurs s’en revenaient d’un pas plus las vers la lumière crue de l’hémicycle. À la tribune, des orateurs parlaient dans le vacarme. »
    On s’invective, on se menace, et la tempête sur le Palais-Bourbon, dont l’évolution est rapportée à chaque instant par les huissiers, fait pâlir les visages des ministres qui, à leur banc, souhaitent quitter les lieux : ce spectacle réveille les spectateurs qui du haut des tribunes, observent avec une attention palpable le tragicomique de la scène. Parmi les observateurs : un jeune homme brun de même pas vingt-trois ans, Georges Pompidou. Mais à l’extérieur de l’édifice se trouve aussi l’avocat de droite Jean-Louis Tixier-Vignancour qui souhaite, comme ses camarades, expulser du Palais-Bourbon les parlementaires présents. Deux ans plus tard Tixier-Vignancour entrera certes à l’Assemblée… mais comme député. Henriot là encore nous fait part de sa plume : « ‘Passeront-ils ?’ se demandaient avec une angoisse visible -seule note comique de ces heures émouvantes- des députés qui se voyaient déjà saisis, déshabillés, fouettés, jetés à la Seine… On les rassurait : l’armée renforçait la police. Vingt-deux régiments avaient été alertés par le Gouvernement : Reims, Angers, Compiègne, Montauban… […] D’autre part, des avions de bombardement avaient été rassemblés à Orly. À Satory, le 503e régiment de chars d’assaut devait se diriger sur Paris avec ses tanks. Le 21e colonial, stationné à la porte de Clignancourt, avait reçu l’ordre de se tenir prêt à partir avec dix-huit cartouches par homme et des paquets de pansements. Les unités qui venaient de province devaient emporter leurs armes automatiques. Tout cela dépassait singulièrement les mesures préventives prises habituellement devant une manifestation. L’odeur de la guerre civile chargeait cette atmosphère et jusque dans l’enceinte de l’Assemblée, les plus sceptiques, ceux même qui ne voulaient pas l’avouer, la percevaient nettement. La hâte du Gouvernement était grande d’en finir. »
    La manifestation est violente dans la rue Royale (quai des Tuileries), dont une extrémité débouche sur la place de la Madeleine et l’autre sur la place de la Concorde. Le café Weber a été transformé pour l’occasion en hôpital de fortune où les blessés affluent, qu’ils soient gardiens de l’ordre ou manifestants. De simples curieux se font rouer de coups par la police. Daladier donne l’ordre par téléphone d’aller s’enquérir des blessés mais il interdit aux médecins dépêchés sur place de donner le nom des armes utilisés ainsi que le calibre des balles extraites. Durant ce laps de temps, au sein de la Société de Géographie, à Paris, se tient une conférence réunissant des gens du Grand Orient : plusieurs Camelots du Roi y sont entrés auparavant et chacun d’eux occupe une place de garde, tous les quatre sièges. Selon Guy Steinbach, aujourd’hui doyen des Camelots du Roi, « ils essayaient de se sauver : n’importe quoi pourvu qu’ils puissent partir. Les voir se cavaler comme ça, je ne l’ai jamais vu. Et pourtant on n’était pas méchant ». Les ligues de contribuables, du moins celles autoproclamées comme tel, défilent sur les Champs-Élysées, l’artère traditionnel de la manifestation de droite, mais ne tournent pas au pont de la Concorde où chargent indistinctement les monarchistes et bonapartistes, les communistes (l’ARAC) et les fascistes (Solidarité Française, Parti franciste) : elles tournent à gauche pour prendre le métro à la Madeleine et retourner sur les grands boulevards.
    À la Concorde un autobus est assailli par les émeutiers qui en sortent le conducteur. Un homme élégant tente d’y mettre le feu avec des journaux, sans succès ; un second arrache le réservoir d’essence et y jette une allumette. Quelques minutes après, le car n’est plus qu’un gigantesque brasier dont les puissantes flammes s’en vont lécher l’obélisque où dansent des reflets de feu. Une bagarre éclate sur la rive gauche, entre Croix de Feu et policiers, pour déboucher sur la prise complète de la rue de Bourgogne située juste à l’arrière de la Chambre des Députés, par les ex-combattants : ils y sont deux mille. Un barrage insuffisant, cinquante gardes mobiles, les empêchent de passer dans la rue Saint-Dominique qui, une fois prise, permettrait à La Rocque de transférer ses Croix de Feu sur la place Édouard Herriot où se trouve une mince porte d’entrée pour pénétrer dans l’enceinte arrière du Palais-Bourbon. Les actions des Croix de Feu sont ordonnées par leur chef qui a établi on-ne-sait-où son QG : de là, il recommande par téléphone tel mouvement et envoie également des estafettes porter des messages. François de la Rocque prend quelquefois des nouvelles du déroulement de la manifestation sur la Concorde.
    À vingt heures, quatre conseillers municipaux proches des Jeunesses Patriotes et bardés de leur écharpe tricolore parviennent, après avoir tant bien que mal franchi les barrages, à entrer à la Chambre, à y rencontrer Édouard Daladier pour lui demander de cesser le tir contre la foule ainsi que de démissionner. Refus net de l’intéressé. Déjà s’était-il murmuré au cours de la journée que si le Gouvernement refusait de partir, les conseillers municipaux de Paris opteraient alors pour la constitution d’un Comité de Salut Public à l’Hôtel de Ville.
    À vingt heures trente, les gardes à cheval se retirent du combat, harassés et ensanglantés, la plupart de leurs chevaux mutilés : les charges de ces derniers sont l’occasion pour certains manifestants d’user de leurs cannes armées de rasoirs afin de couper les jarrets des chevaux ; d’autres encore se jettent à la bride pour stopper net le galop des bêtes, tandis que d’autres encore versent à proximité des cavaliers de petites billes d’acier dont le but est de faire glisser leurs montures. À la même heure la consigne du Gouvernement est on ne peut plus claire : si le barrage du pont de la Concorde est forcé, si le Palais-Bourbon est livré à la colère des manifestants, la garde républicaine, dernier rempart, doit impérativement ouvrir le feu. Il est vingt-et-une heure quand un député pris de panique suggère d’éteindre les lumières de l’Assemblée afin que les émeutiers croient les constituants partis : la séance est terminée, Daladier a obtenu son investiture avec une avance de cent voix.
    Bien loin de la place de la Concorde, depuis leur lieu éloigné d’où néanmoins la rumeur populaire se fait plus grondante, les troupes de La Rocque, qui sont incontestablement les plus organisées et les plus nombreuses, attendent les ordres du chef. Or ce chef scrupuleux de la légalité donne l’ordre de se disperser dans le calme et la nuit : c’est à cette conduite disciplinée qu’il attribuera le mérite du faible nombre de blessés, exactement cent-vingt, parmi les Croix de Feu.
    Reste donc les ligues dures s’escrimant vainement à briser la résistance policière afin de se rendre à l’hémicycle. Au moment même où les ligues s’apprêtent à effectuer une dernière charge qu’elles espèrent décisive, un homme, le colonel Simon, décide de prendre en main les opérations : « Ne vous inquiétez pas messieurs, ce sera votre dernière charge » lance-t-il à l’adresse des gardes à cheval, auxquels il demande de charger jusqu’à l’entrée de la rue Royale. Prenant la tête d’un détachement de policiers, Simon va sortir son revolver et autoriser ses compagnons à tirer à vue (du moins c’est ce que disent les membres de son escouade qui seront ensuite interrogés par la commission parlementaire chargée d’enquêter sur le 6 février). Le colonel Simon va, en vérité, pousser bien plus loin que prévu, et sur toute la longueur de la rue Royale l’escouade policière et les manifestants vont sans cesse échanger des balles. Certains civils, blessés, se font ensuite copieusement rouer de coups, y compris un touriste américain venu assister à l’émeute : « Fous-le dans la Seine, ça fera un salaud de moins ! » crie le service d’ordre. Tout manifestant en vue se voit infligé un tir. Bien vite la place de la Concorde se trouve déblayée de toute velléité populaire : la Chambre des députés est définitivement sauvée.
    IV. La fin
    Le lendemain du 6 février, les journaux se déchirent quant à la signification à donner aux émeutes ayant ensanglanté Paris alors qu’à proximité du Palais-Bourbon, plusieurs régiments de militaires affluent sur les ordres du Gouvernement Daladier. Le peuple de Paris constate les dégâts. Les forces de l’ordre, encore présentes, se font injurier par les badauds.
    Les enquêtes menées à la va-vite à cette occasion par les Renseignements Généraux, indiquent que tout est à craindre pour la stabilité nationale : un armurier parisien, interrogé par la police, déclare qu’il n’a « jamais vendu autant d’armes que ce matin ». Le spectre de la guerre civile réapparaît pour la première fois depuis la Commune de 1871. Il se murmure même que les Croix de Feu ont condamné le ministre Frot à la peine capitale. Le journal l’Humanité, quotidien affilié au Parti Communiste Français, titre que « Le coup de force fasciste a échoué », la revue Candide lui objectant qu’ « On a tiré sur d’honnêtes citoyens qui réclamaient justice » et l’Action Française déclarant « Après les voleurs, les assassins ». Léon Daudet se déclare « prêt à verser [s]on sang pour l’anéantissement du régime de mort appelé république et pour le Roi qui seul peut nous délivrer ! » Le journal Paris Soir réclame un changement de Gouvernement afin de sauver la République alors qu’un écrivain déjà célèbre, Joseph Kessel, livre le récit de cette sanglante journée : « À la Concorde, je vis un spectacle qui jamais ne s’effacera de ma mémoire. Les agents étaient massés au milieu de la place ; contre cette cuirasse humaine battait le flot d’une foule hurlant ‘Assassins !’ Tous enragés, ils ont rompu les barrages, bousculé les agents, coupé les jarrets des chevaux et forcé l’entrée du pont menant à l’Assemblée. Alors, les gardes mobiles ont perdu la tête : ils ont tiré. » Le Populaire, organe de presse de la SFIO, relate un moment critique de la manifestation en disant qu’il s’agissait d’ « une vague hurlante de manifestants part[ant] à l’assaut du pont de la Concorde. […] Les gardes à cheval qui, seuls maintenant, [devaient] assurer la défense du pont, [furent] débordés et contraints de se replier vers le Palais Bourbon. »
    S’agissant de la droite nationaliste, La Rocque est désormais perçu comme un traître qui, s’il s’était décidé à lancer ses anciens combattants sur le Palais-Bourbon, aurait aisément pu l’envahir puisque protégé par un service d’ordre très insuffisant : devant la commission d’enquête parlementaire, Léon Blum avoue que si la colonne des Croix de Feu, sur la rive gauche, s’était décidé à pénétrer dans l’enceinte de l’Assemblée, les barrages de police n’auraient pu tenir le choc.
    Daladier, désœuvré, reçoit Léon Blum qui lui conseille de rester et de faire face, alors que son propre ministre de l’Intérieur Eugène Frot opte pour la démission. Le président du Conseil, déclarant qu’il se refuse à faire davantage couler le sang, remet finalement sa lettre de démission au président de la République Albert Lebrun.
    Le 9 février, le Parti Communiste appelle à son tour à descendre dans la rue. En dépit d’une résistance forcenée des manifestants qui dressent en plusieurs points des barricades y compris devant l’église Saint-Ambroise (à proximité du boulevard Voltaire), malgré le soutien apporté par certains locataires ouvriers n’hésitant pas à jeter sur les gardiens de la paix des pots de chambre et des pots de fleurs, l’émeute est matée elle aussi. Néanmoins les revolvers ont été dégainés des deux côtés des barricades et un policier a le crâne ouvert. Le 12 février, quatre cortèges de la SFIO, de la CGTU, du PCF et de la CGT (alors très proche de l’Internationale Ouvrière) finissent par se réunir, regroupant cent mille à cent-cinquante mille personnes : c’est la première esquisse du Front Populaire surnommé à l’époque Front Commun, qui remportera les élections générales de 1936 propulsant Léon Blum à la présidence du Conseil.
    http://histoire.fdesouche.com/3441-il-y-a-80-ans-le-6-fevrier-1934#more-3441

  • Il y a 80 ans : le 6 février 1934 première partie

    Courant est-il d’attribuer aux forces politiques de gauche une culture particulière de la rue et de ses représentations : manifestations et émeutes se bousculent ainsi dans l’imaginaire national comme symboles d’un activisme entré dans les mœurs de la gauche.
    La Commune de 1871, les cortèges syndicaux du 12 février 1934, les éclatements populaires de 1936 et les événements de mai 1968 martèlent ainsi nos mémoires et contribuent à faire oublier que si la gauche acquis certaines de ses gloires sur le pavé, ce fut bien pourtant la droite qui usa copieusement de ce moyen de pression à l’encontre du pouvoir politique : au centre de cette affirmation réside l’efflorescence des ligues de l’entre-deux-guerres, les imposants cortèges du boulangisme (1885-1889), la défense de l’école libre en 1984 ainsi que les récents mobilisations de la Manif’ Pour Tous. Mais s’il est encore trop tôt pour clairement percevoir les conséquences des récentes manifestations sociales, l’Histoire célèbre néanmoins les 80 ans d’un événement associé aux droites françaises et qui, au soir du 6 février, faillit bien emporter la IIIe République.
    I. Un climat politique en ébullition
    Depuis la fin de la Grande Guerre le climat international se manifeste par une montée des régimes autoritaires : alors que le coup d’État marxiste d’octobre 1917 soude les droites parlementaires dans la crainte de l’extension du bolchevisme, les fascistes accèdent au pouvoir italien en 1922 (marche sur Rome) tandis que l’amiral Horthy établit la dictature en Hongrie dès août 1919. En 1923, le général Miguel Primo de Rivera exécute un pronunciamiento débouchant sur un Directoire militaire alors qu’en 1928 António Salazar obtient les pouvoirs extraordinaires au Portugal. Un an plus tard, le roi Alexandre Ier érige son autocratie sur la Grèce. En 1930 la République dominicaine est dominée par le pouvoir sans partage de Rafael Trujillo. L’Allemagne suit ce chemin en 1933, la Bulgarie en 1934, à la fois la Roumanie (dictature carliste) et l’Autriche (Anschluss) en 1938, et l’Espagne en avril 1939. Alors les démocraties n’apparaissent-elles plus que comme des îlots de liberté.
    De nombreuses ligues et formations politiques françaises se créent afin de faire barrage à la montée du communisme et de critiquer un régime parlementaire qu’elles jugent trop faible face au péril rouge : à cet égard signalons-nous le départ de Marcel Déat de la SFIO et le réformisme engageant par lequel se signale André Tardieu. En ce climat de tension idéologique où les frontières politiques semblent poreuses (voir le Cercle Proudhon et le parcours de Georges Valois) s’établissent plusieurs acteurs aux fins politiques différentes : au premier rang d’entre-eux Charles Maurras, royaliste ayant juré la perte de la République. Son organisation, l’Action Française, tient un journal tiré à cent mille exemplaires et qui, à l’aide d’une rare violence verbale, entretient un climat d’hostilité à l’égard du régime. Mais, loin de là, l’Action n’est pas l’unique formation à prospérer sur le terreau de l’époque, d’autant que sa condamnation par le pape intervenue en 1926 lui porte un coup dur. Toutefois les royalistes disposent-ils encore en 1934 d’une grande force de frappe.
    Viennent ensuite les Jeunesses Patriotes fondées en 1924 par Pierre Taittinger, un des derniers députés bonapartistes de la IIIe république et élu en 1919 en Charente-Inférieure. Dotés d’une vague doctrine et revêtues d’un uniforme (une chemise bleue par opposition à la chemise rouge des sections socialistes de la jeunesse), les membres de cette ligue désirent un État fort et efficace couplé à un recours régulier à la souveraineté populaire par le biais du référendum-plébiscite. Mais si cette organisation bonapartiste s’inspire du fascisme italien, cette imitation ne se borne qu’à de pures formes : la ligue assure notamment le service d’ordre durant les défilés et les réunions des autres partis de droite. Taittinger temporise l’activisme de sa structure politique quand intervient en 1926 la victoire des droites traditionnelles ce qui lui permet de survivre jusqu’en 1932, date de la victoire électorale du Cartel des Gauches. En 1934 Pierre Taittinger recueille un maximum de cent mille membres.
    Il convient également de présenter la Solidarité Française, un groupement de citoyens unis par le parfumeur milliardaire François Coty et fondé en 1933. Celui-ci tient un journal populiste vendu dix centimes et nommé L’ami du peuple. Coty finance d’autres ligues, comme « Le Faisceau » de Georges Valois et les « Croix de Feu ».
    Organisation anticommuniste de masse regroupant près d’un million d’adhérents et préfigurant le Parti Social Français, les Croix de Feu, ouverts initialement aux seuls décorés du conflit, ont fini par s’élargir à tous les combattants tout en érigeant un certain nombre de filiales comme les Volontaires nationaux (dont sera membre, pendant trois ans, François Mitterrand). Le lieutenant-colonel de la Rocque, ancien combattant catholique de la Première Guerre mondiale élevé au rang de Commandeur de l’ordre de la Légion d’Honneur, et dont le culte de la personnalité prévaut au sein des Croix de Feu, n’est pas a contrario de ses voisins nationalistes un ennemi du système républicain : ni fasciste ni monarchiste, La Rocque souhaite établir en France un régime républicain inédit qui soit à la fois autoritaire, social-chrétien et paternaliste. « Nous n’appartenons à personne. Les imitations fascistes ou national-socialistes, en imposant à la France un régime contraire à ses aspirations, à son génie, contraire au respect de la personnalité, la jetteraient immanquablement dans les horreurs de la révolution rouge » dit-il.
    II. Le scandale Stavisky et ses répercussions
    L’affaire Stavisky s’amorce en décembre 1933. Serge-Alexandre Stavisky, escroc originaire de Russie, s’attaque aux financiers et aux hommes politiques de haut rang. Sa magouille la plus brillante demeure celle du crédit municipal de Bayonne : l’on découvre ainsi que l’escroc en question était parvenu à dépouiller une partie de l’argent communal en ouvrant un crédit municipal alors que, pour ce faire, cela suppose une autorisation du maire. Cela signifie-t-il que le premier magistrat de Bayonne est mouillé dans une affaire de détournement ? Pour la presse la réponse est incontestable, aussi lorsque la nouvelle du décès de Stavisky, réputé suicidé dans un châlet de Chamonix, s’épanche dans le pays, les journaux tournent-ils en dérision le corps politique : « Un trépas opportun » titre le Figaro, tandis que le Canard enchaîné ajoute « Stavisky s’est suicidé d’une balle de revolver qui lui a été tiré à bout portant ». Les radicaux sont particulièrement visés. Aussi tout le mois de janvier les troupes de choc de l’Action Française (Camelots du Roi) sont dans la rue : souvent y sont-elles rejointes par des manifestations du colonel de La Rocque. Camille Chautemps, chef du Gouvernement, donne sa démission ; Lebrun se décide à le remplacer par le seul chef radical encore non-compromis, Édouard Daladier.
    Le nouveau président du Conseil décide d’éloigner de la capitale le préfet de police de Paris Jean Chiappe, et pour cela le promeut préfet de la province du Maroc le 3 février. Mais Daladier se heurte au refus de son préfet de police, qui proteste par une lettre dont les journaux relatent quelques extraits : « Je ne puis, pour faciliter une opération politique, car il n’est pas d’autres mobiles à votre décision, vous sacrifier ma réputation personnelle et le prestige que j’étais parvenu à donner à mon poste et à mon titre. L’inexplicable promotion qui m’est trop généreusement offerte n’est, à mes yeux, qu’une mesure de défiance. C’est pourquoi je vous oppose mon refus… ».
    Qu’à cela ne tienne : Daladier se décide à le révoquer purement et simplement dès le lendemain. L’argument officiel du nouveau Gouvernement est que Jean Chiappe a démontré des négligences (qui d’ailleurs sont claires) dans le traitement de l’affaire Stavisky. Mais le réel motif consiste à sanctionner un préfet qui, par populisme ou par réseau, s’était rapproché des ligues. Quittant la préfecture de police sous quelques acclamations, Chiappe déclare au Gouvernement : « On me retrouvera dans la rue ».
    Le 4 février, La Rocque est à Dunkerque : là-bas le chef des Croix de Feu prend connaissance de l’acte administratif concernant Jean Chiappe. Renonçant à se rendre à Marseille le 5, il retourne à Paris le même jour et place ses anciens combattants en état d’alerte. Le colonel de la Rocque écrit ensuite au président de la République Albert Lebrun : « Conscient de mes lourdes responsabilité, j’ai décidé de faire aujourd’hui descendre dans la rue, pour une manifestation visible, les irréprochables combattants de première ligne que sont les Croix de Feu ». Le jour dit, l’organisation para-militaire de La Rocque s’en va, indépendamment des autres ligues, signifier son mécontentement à partir de vingt heures, place de la Madeleine. Plusieurs centaines de poitrines décorées arpentent ensuite la capitale jusqu’à la place de l’Étoile avant de gagner l’avenue Matignon où retentissent des « Vive La Rocque ! » et des « Daladier, démission ! »
    Mais bientôt les gardes républicains à cheval repoussent les premiers rangs. Certains manifestants jettent alors du sable dans les yeux des montures qui, se cabrant, renversent leurs cavaliers. L’un d’eux lacère malencontreusement de son sabre le drapeau républicain : « Sacrilège ! » s’écrie-t-on à la vue de ce spectacle. Et le garde, dont s’emparent menu-militari les Croix de Feu, est déculotté et forcé à s’agenouiller devant le drapeau. Cet incident clos, les troupes de La Rocque se dispersent dans la nuit et le calme. Le même jour apprend-t-on que l’UNC, association d’anciens combattants, manifestera le lendemain. Le royaliste Léon Daudet, le fils du célèbre Alphonse, écrit dans son éditorial de l’Action Française : « Je peux dire qu’à cette heure-ci nous tenons Paris, nous, royalistes ; demain, nous tiendrons le pays tout entier ». Près de 99 ligues, majeures, mineures, appellent leurs membres à manifester dans toute la France.
    III. L’émeute du 6 février
    Les journaux du matin annoncent que le Gouvernement essayera d’obtenir son investiture et ce, sous la protection de la force armée. Les Croix de Feu de La Rocque prennent position sur la rive gauche où s’élève l’édifice de la Chambre des Députés. La Rocque, en homme méfiant, a fait répondre la veille par son secrétaire particulier qu’il s’est octroyé quelques vacances. Il sait que sa ligne téléphonique est sur écoute. Vers quinze heures de l’après-midi, la foule de manifestants déferle en désordre sur la place de la Concorde depuis la rue Royale.
    Dès dix-huit heures certaines blessures, sévères pour la plupart d’entre-elles, sont infligées aux forces de police tandis que l’on raconte, en ville, que la Chambre est cernée. Aux ligues se joignent également de nombreux badauds qui, convergeant des quatre coins de Paris, souhaitent montrer leur écœurement vis-à-vis des dérives du régime. Certains ministres se lèvent de leur banc pour s’enquérir du déroulement de la manifestation des ligues. Une barricade tout à fait sommaire, constituée de chaises et de kiosques à journaux, est élevée du côté des Tuileries : depuis ce point, des émeutiers lancent des morceaux de bois et de fonte sur le service d’ordre. Les policiers blessés sont transférés d’urgence dans le sous-sol de l’Assemblée nationale transformé en infirmerie tandis qu’on les remplace. Devant les yeux des parlementaires défilent, un à un, les blessés en uniforme.
    L’Union Nationale des Combattants (UNC) souhaite stationner devant le palais-présidentiel en vue de transmettre au président Lebrun une liste de revendications et un appel de la France combattante à la propreté du pays. Malgré les deux barrages de gardes mobiles, la colonne de l’UNC arpente toujours les rues. Le troisième barrage est en vue : à travers le choc de la rencontre, des manifestants parviennent à passer et la colonne perce enfin le barrage. L’avance persiste, et des gardiens de la paix sont appelés en renfort. Déboulant de chaque côté des rues, s’infiltrant au beau milieu de la manifestation, les forces de l’ordre frappent aveuglément avec leurs matraques. Que faire avec des poings nus, face à des bâtons et des sabres ? Battant en retraite, l’UNC reflue vers la place de la Concorde, entraînant avec elle des dizaines d’autres mécontents : des « Marseillaise » s’élèvent de la multitude. Bientôt, l’obélisque de la Concorde est en vue et l’UNC, à son tour, s’engouffre dans les mouvements de foule que les policiers, débordés et en nombre visiblement insuffisant, s’escriment tant bien que mal à contenir.

    À suivre