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France et politique française - Page 4455

  • Communiqué : Le Grand Journal de Canal + : l’amalgame et le mensonge comme modes d’information.

    A-t-on voulu nous faire payer la décision de ne pas laisser entrer l’équipe du Grand Journal de Canal + à notre réunion publique du 18 janvier ? C’est mesquin, mais possible. Comment Karim Rissouli peut-il affirmer « avoir été là » puisque les journalistes n’ont pu entrer ? L’extrait du discours d’Elie Hatem que le « journaliste » a présenté, ce 3 février 2014, aux téléspectateurs, a donc tout simplement été emprunté aux réseaux sociaux.

    Non content de traiter notre ami, candidat du Rassemblement Bleu Marine dans le IVe arrondissement de Paris, de « royaliste sulfureux », sans étayer le moins du monde ce propos injurieux, Karim Rissouli nous livre un « scoop », en vue de piéger Florian Philippot, vice-président du Front National, présent sur le plateau, en présentant Elie Hatem comme appartenant à l’Action française, « un mouvement d’extrême droite, royaliste certes, mais aussi pétainiste, antisémite, qui se revendique encore aujourd’hui de l’idéologie de Charles Maurras ».

    Un amalgame aussi grossier déshonore ceux qui le pratiquent et laisse perplexe sur leur professionnalisme.

    Tout d’abord, en qualifiant l’Action française d’extrême droite, M. Karim Rissouli tente sans originalité de la discréditer en recourant à une qualification républicaine que l’AF a toujours récusée. Méthode classique de diabolisation.

    Ensuite, en réduisant la doctrine maurrassienne à un aspect jadis incontestable mais présenté de manière tronquée (comme l’est la citation de Maurras présentée aux téléspectateurs), le Grand Journal ment sur une école de pensée qu’aucun historien des idées, même hostile, n’a jamais réduit à un antisémitisme historiquement daté et qui fut loin d’être partagé par l’ensemble des cadres de l’Action française (ainsi Jacques Bainville, qui déclarait « devoir tout à Maurras fors la vie », ne fut jamais antisémite).

    Surtout, en déclarant que l’Action française est « antisémite », le Grand Journal diffame ouvertement notre mouvement. Le journaliste serait du reste bien en peine de trouver une seule trace d’antisémitisme dans les publications actuelles : Journaux, brochures, livres. Ce mouvement a, depuis longtemps en effet, appliqué à la tradition maurrassienne elle-même, sous l’influence notamment de Pierre Boutang, cette démarche critique que Maurras revendiquait pour toute tradition.

    Enfin, après avoir rappelé la présence de militants d’Action française au Jour de Colère le 26 janvier, le journaliste pratique l’insinuation calomnieuse en affirmant qu’il est « impossible de dire si ce sont ces militants-là qui ont proféré les slogans qu’on a entendus, comme “Juif, casse-toi, la France n’est pas à toi” ou “Juifs, hors de France”. Ils étaient bien là ». (On sait que quelques groupes en fin de cortège se sont distingués par des cris antisémites alors que l’AF était bien plus loin). Il n’hésite pas alors à conclure son propos par un mensonge explicite : « Et d’ailleurs selon leur propre communiqué de presse, quinze d’entre eux ont été interpellés pour des violences sur des policiers. » Que M. Rissouli nous montre le communiqué de presse où nous affirmons que certains de nos militants auraient été arrêtés, le 26 janvier dernier, « pour violences sur policiers » et qu’il nous explique alors pourquoi aucun n’est passé devant les tribunaux. Les juges seraient-ils d’Action française, eux aussi ?

    Toutes ces affirmations délibérément malveillantes ou mensongères déshonorent à la fois le « journaliste » qui les a proférées et la rédaction d’un Grand Journal dont le parti-pris a viré, hier au soir, à la diffamation.

    Nous tenons à remercier M. Florian Philippot d’avoir lui-même employé ce mot pour désavouer la démarche du « journaliste » . Chacun sait que M. Philippot est issu d’une autre tradition que la nôtre et que nous avons à plusieurs reprises critiqué publiquement certaines de ses prises de position : son attitude sur le plateau n’en illustre que mieux son honnêteté intellectuelle et son indépendance d’esprit.

    L’Action française se réserve le droit d’engager toutes poursuites judiciaires qu’elle jugera fondées contre M. Karim Rissouli et la rédaction du Grand Journal.

    Le Secrétariat général de l’Action française

    http://www.actionfrancaise.net/craf/?Communique-Le-Grand-Journal-de

  • La gauche nauséabonde

    La dernière querelle sur la théorie du genre montre l’utilisation perverse des mots de la part des socialistes.
    Vincent Peillon a passé son temps de façon hypocrite à dire que la théorie du genre n’était pas enseignée à l’école mais était enseignée l’égalité.
    il a bien sûr ajouté (on ne peut pas y échapper) que c’étaient les valeurs de la république, pour la gauche, il ne reste plus qu’à s’agenouiller les mains jointes.
    Mais dans la nouvelle idéologie socialiste, égalité et théorie du genre sont plus que proches, l’égalité pouvant se comprendre - par exemple comme le fait que l’on dise aux petits garçons d s’assoir aux toilettes comme les petites filles (comme cela a été élaboré en Suède) !
    L’égalité n’est en fin de compte qu’un fourre-tout dans lequel peut tout mettre (y compris la théorie du genre). Vincent Peillon n’a pas rassuré grand monde.
    Toute cette affaire s’ajoute à toutes les propositions de Terra-Nova qui ne sont que l’ADN de la gauche française. Il ne s’agit plus de détruire la France, mais de remplacer son peuple, son histoire.
    C’est certes la conception d’intellectuels tordus, adeptes de la haine de soi, mais ce sont eux qui élaborent le programme socialiste en sous-main, qui doit s’appliquer de façon plus ou moins sournoise.
    Les électeurs socialistes qui votent PS croient encore que la gauche défend les pauvres comme au temps de Jaurès.
    Le feuilleton sentimental sur Hollande et sa dernière maîtresse a voulu être récupéré par la gauche qui nous présente maintenant Julie Gayet comme un sainte du cinéma, milieu pourtant où il n’y en existe pas beaucoup.
    Avoir été choisie comme favorite par le président nous est raconté comme la récompense d’une femme de gauche n’ayant fait que le bien autour d’elle. C’est sans doute la nouvelle conception de la méritocratie socialiste.
    En tout cas, Julie Gayet a décidé d’être la discrète maîtresse de « notre » président comme le fut Éva Braun.
    Patrice Gros-Suaudeau

  • Une défaite des loges extrémistes, une victoire des Français

    406x398xle-peuple-pays-reel.jpg.pagespeed.ic.JsOK7NlNmN.jpgAvouons-le, Jean-Luc Mélenchon nous a bien fait rire dans son numéro habituel de fort en gueule sur le plateau de On n’est pas couché  sur France 2 samedi soir. Le patron ( ?) du Front de Gauche, en bon comédien –il a tout de même  émargé trente ans au PS avant de s’apercevoir paraît-il qu’il a été trompé sur la marchandise !- s’est indigné violemment des critiques du chroniqueur d’Aymeric Caron…Jean-Luc Mélenchon l’a traité à plusieurs reprises de «branleur» au motif que celui-ci lui faisait remarquer ses absences au Parlement européen. Indigné, le grand oriental Mélenchon l’est aussi face à la reculade du gouvernement sur la GPA (Gestation pour autrui) et la  PMA (Procréation médicalement assistée). Une victoire réelle, tangible, de la mobilisation des familles qui étaient encore dans la rue ce dimanche. Manuel Valls en a pris acte le premier en grillant la politesse à ses petits camarades. Il annonçait hier matin l’opposition du gouvernement à des amendements dans le cadre de  la loi sur la famille portant notamment sur la PMA.

     Habituée à avaler des couleuvres, prix à payer pour  rester dans les beaux  palais de la république, Cécile Duflot est restée très discrète dans son indignation sur cette capitulation, tout comme l’autre ministre  écolo du gouvernement, Pascal Canfin. La secrétaire nationale d’Europe Ecologie-Les Verts (EELV), Emmanuelle Cosse , a utilisé, elle, un langage un peu daté pour manifester son courroux: «Au lendemain de la mobilisation du camp réactionnaire, ce renoncement est  consternant (…) Nous espérons que le gouvernement reviendra sur cette  décision. »

     L’humaniste extrémiste Jean-Pierre Michel, sénateur PS, membre du Syndicat de la magistrature,  militant de longue date en faveur de la GPA, ancien rapporteur du projet de loi sur le mariage et l’adoption pour les couples homosexuels, a déversé sa rancœur sur l’antenne de Public sénat. Pour la petite histoire c’est l’attaché parlementaire de ce dernier, Jean Bourdeau, qui a traité récemment Marion Maréchal-Le Pen dans un tweet  de «conne» et de «salope»…Avec la bénédiction de Jean-Pierre Michel qui évoquait  en guise de justification « l’humour » d’un Guy Bedos

     Humour dont, pour le coup, le frustré sénateur Michel était bien dépourvu sur Public sénat mais qui, d’un comique involontaire et la moustache triste,  nous a aussi bien amusé  lorsqu’il a fustigé dans le style socialo-pompier qu’il affectionne le duo Hollande-Ayrault. «Si le gouvernement est effrayé par quelques dizaines de milliers de manifestants qui battent le pavé, il ne faut plus gouverner a-t-il éructé. (…) C’est une victoire pour la réaction et pas pour le progrès (…) Enfin merde, la gauche est là pour transformer la société ! S’il n’y avait pas la gauche, il n’y aurait pas eu l’abolition de la peine de mort, le mariage pour les personnes de même sexe.»

     La gauche transforme en effet, en mal,  la société, la saccage même souvent, mais pas assez vite estiment certains. Jean-Luc Mélenchon, parlant lui  aussi au nom de ses amis des loges progressistes, a affirmé que la gauche a été «trompée» et « répudiée » par cette reculade devant la fronde du pays réel. « Avec le PS, la droite est cajolée, le Medef admiré, l’église choyée» (sic).

     Au nom de l’humour ( ?) des idéaux progressistes ( ?) , nos Torquemada de l’humanisme se réjouissent cependant  certainement  que l’exécutif de gauche du Conseil régional de Haute-Normandie finance grassement avec les impôts des normands, le FRAC (Fonds régional d’art contemporain).  Or, comme l’a noté le président du groupe FN,  Nicolas Bay, parmi les « œuvres » du FRAC exposés actuellement dans les salons de l’Hôtel de Région, figure un tableau intitulé La marée noire. « Il représente  une affiche électorale de Marine Le Pen déchirée avec les yeux perforés et affublée d’une moustache hitlérienne. On notera au passage, indépendamment du mauvais goût, l’indigence de la création artistique… Il s’agit là de minables opérations de basse propagande qui portent très gravement atteinte au principe élémentaire de neutralité politique des institutions de la République ».

     Basse propagande dont le FN est souvent victime et à laquelle le magazine et site de  « l’escroc intellectuel » Bernard-Henry Lévy, La règle du jeu, souhaite prendre toute sa part en annonçant  « à J-49 du premier tour des élections municipales 2014  un dossier où, chaque jour, vous ferez la connaissance d’un candidat FN ».

     Sur ce site, le dénommé Paul Tommasi expliquait il y a quelques mois qu’il ne faut pas oublier de « parler du FN en tant que tel, (…) de discuter de ses idées mortifères, de ses programmes vides de sens, de ses personnages nauséabonds, de son histoire odieuse, (…) de rappeler qu’on ne le combat pas par habitude, mais par indignation, par protestation, par colère contre ses remugles – et par amour de l’homme…».

     L’amour des hommes qui anime M. Tommasi l’a poussé à écrire un nouvel article, compilation d’autres parus ici où là,  épinglant les « personnages nauséabonds » qui sont  candidats et/ou militants, responsables du FN.

     Bruno Gollnisch figure dans la liste  de Tommasi et les preuves de ses « idées mortifères » sont énoncées ici : « Bruno Gollnisch, un des trois députés européens du FN, a ainsi déclaré en 2013 qu’il n’approuv(ait) pas personnellement l’homosexualité  et que Marseille reste quand même une ville française. Il faut qu’elle ne soit pas seulement une ville africaine…  C’est sympathique les villes africaines mais il y a le Club Med pour ça. »

     Mazette ! Bruno serait donc un hétérosexuel attaché aux valeurs traditionnelles et partisan d’un arrêt de l’immigration ! Nous comprenons alors le trouble douloureux,  le   questionnement existentiel des belles âmes chargées de nous arracher à l’obscurité pour nous conduire  vers la lumière. Celle de l’immigration planétaire, de simili nations hors-sol  transformées en hôtels  selon le vœu de Jacques  Attali, de  la confusion des genres, des sexes, des identités…Comment est-il alors encore possible en 2014 que des Français puissent envisager de voter pour un Bruno Gollnisch,  pour le FN ? Répondez-nous Paul !

    http://gollnisch.com/2014/02/04/defaite-des-loges-extremistes-victoire-des-francais/

  • À propos de Jour de colère

    Réponse à Jacques de Guillebon

    Mon cher Jacques,
    J’ai lu avec attention ton petit billet prenant à partie les organisateurs de Jour de Colère.
    Je ne me porterai pas de jugement sur la ligne géopolitique atlantiste de Causeur en rupture avec la longue tradition française d’indépendance du Général de Gaulle. Depuis quelques jours, ce magazine qui se veut non-conformiste hurle avec les loups dans des termes qui n’ont rien à envier à la gauche boboïsante, mondialiste et cocaïnomane ni au «Petit Journal »de Canal +.
    Je n’ai pas le sentiment que nous parlions de la même manifestation. Tu t’es peut être fondé sur les déclarations de Frédéric Haziza – dont on ne pas dire que la tempérance et la prudence soit les vertus premières – ou sur celles de Rioufol dans le quotidien bourgeois des exilés fiscaux.
    Qu’il y ait eu des slogans et des dérapages – que par ailleurs je condamne- en fin de cortège notamment chez certains groupes de quenelliers quelque peu bigarrés ou quelques groupuscules dissous qui se complaisent dans le rôle de méchant du film vu par le petit journal, je ne le nie pas. Mais certains désinformateurs ont prétendu  entendre des “juifs hors de France ” en lieu et place de “Crif hors de France”.On peut légitimement critiquer un communautarisme sans critiquer les communautés.
    J’ajoute que, dès le départ, les organisateurs avaient pris soin par avance de condamner par avance tout appel à la haine quel qu’il soit.
    Mais il serait parfaitement malhonnête de réduire à ces incidents marginaux et ultra-minoritaires, cet immense rassemblement populaire coagulant des gens de tous horizons dans une expérience totalement inédite et qui est très certainement le succès de cette journée : catholiques versaillais côtoyant des jeunes des cités, bonnets rouges, chefs d’entreprises, artisans, chômeurs et même cégétistes.
    Et c’est derrière le drapeau tricolore que cette foule bigarrée et diverse a marché pendant 6 km sous la pluie, unie contre un gouvernement qui se livre à une entreprise systématique de destruction de tous les fondamentaux de l’anthropologie humaine, de la famille, du lien social  et de la patrie.
    Oui, j’ai vu des chômeurs et artisans bonnets rouges de Quimper payer leur billet de train 114 euros côtoyer des Jennifer et des Salima (non voilées) brandissant des drapeaux tricolores à côté des Charles-Henri, Louis-Gonzague ou Marie-Sixtine.
    Non nous n’étions pas des supplétifs du Medef ni d’un certain patronat qui se veut chrétien qui n’a pas donné un sou pour cette manif que nous avons payée de notre poche et d’une misérable cagnotte qui a récolté à ce jour 8 000 euros. Ce même patronat qui nous bassine avec des conférences sur l’éthique et la finance et dans le même temps cautionne la mondialisation libérale, le travail le dimanche ou encore les délocalisations.
    Je ne parlerai pas des gardes à vue ni des méthodes honteuses de la police française – la même qui déportait les juifs au Vel’ d’hiv – embarquant, parquant, traitant de “sales cathos” des jeunes filles de 18 ans qui n’avaient pas pu quitter la place parce que les CRS de M. Valls, incapables de ramener la paix sociale dans des banlieues gangrenées par les dealers et les salafistes (les amis de BHL qui soutient l’opposition syrienne), sont utilisés à réprimer la plus belle jeunesse de France.
    J’aimerai, Jacques, que tes amis de Causeur aient quelques mots de compassion plutôt que de s’écouter parler comme des esthètes nombrilistes dans les soirées enfumées et décadentes du cercle cosaque.
    Quant à l’antisémitisme, tu sais que ceux qui me connaissent ne trouveront pas la moindre once de suspicion en ce sens ni à l’encontre du moindre des organisateurs.
    Lorsque Dieudonné, que nous n’avons pas sollicité, a appelé à venir à cette manifestation, bien qu’embarrassés nous avons finalement décidé de ne pas céder aux injonctions hystérico-laïcisantes de certains qui veulent parquer des musulmans dans des camps (j’en connais un paquet chez Causeur et j’aimerai que tu les condamnes de la même manière) et des cerbères de la pensée unique.
    Et nous l’avons fait parce que nous sommes attachés à la liberté d’expression.
    Et puisqu’il faut parler de la question Dieudonné, oui je crois intimement que l’instrumentalisation du CRIF et de la LICRA par M. Valls ces dernières semaines dessert infiniment plus la communauté juive que quelques vociférations stériles. Je crois que l’arrogance de certaines personnes qui prétendent parler au nom des juifs de France est le plus fervent moyen de propagation de l’antisémitisme que je condamne évidemment par ailleurs.
    Pour ma part, je refuse de choisir entre le camp de ceux qui, à l’instar  de BHL, veulent nous embarquer dans une guerre pour les multinationales, les pétrodollars et les émirs du Qatar ou de ceux qui, par haine du système,  s’allieraient avec le diable.
    Mon seul combat politique est celui de mon pays, la France fille aînée de l’Eglise. C’est celui du bien commun qui vise à rassembler et non à diviser les personnes de tous horizons dès lors qu’ils s’inscrivent dans cette magnifique lignée.
    Le combat actuel est difficile, passionnant, il y a des lignes qui bougent. Cela ne se fera pas sans heurts ni ajustements. Et parfois même des erreurs. Les divergences de vue stratégiques ont leur place ainsi que les critiques. Mais en entendant ceux qui – au nom du Christ – donnent des leçons de catholicisme parce qu’ils seraient au-dessus de la mêlée, je ne peux m’empêcher de penser à ces kantiens dénoncés par Péguy : « Le kantisme a les mains pures mais il n’a pas de mains. »
    *Photo : MEUNIER AURELIEN/SIPA. 00674233_000002.

     

  • Le malaise idéologique de l'UMP

    Guillaume Bernard, sur Atlantico, montre le décalage entre l'UMP et LMPT :

    "Il y avait effectivement peu de ténors de l’UMP ; il y en avait quelques uns : il est également possible de citer, par exemple, Henri Guaino. Cependant, il est vrai que l’UMP n’a pas officiellement appelé à manifester ; elle a comme déserté le terrain. Plusieurs raisons à cela. La première, c’est sans doute que ce parti n’avait pas anticipé la grande réussite de cette manifestation. Il est, tactiquement, resté à l’écart dans la crainte qu’il y ait une faible mobilisation (par essoufflement du mouvement de premier semestre 2013) et que cela ne ternisse son image. La seconde raison, plus importante, c’est que l’UMP est profondément divisée sur les questions « éthiques » et « sociétales » et ne voulait pas prendre le risque d’un déchirement à la veille d’élections.

    Cela vient du processus historique par lequel la droite s’est constituée. Depuis la Révolution, la vie politique française a été marquée par le mouvement sinistrogyre (Albert Thibaudet) : les nouveaux courants sont venus par la gauche de l’échiquier politique et ont repoussé sur la droite ceux qui étaient nés antérieurement. Pendant deux siècles, la gauche a donc, petit à petit, intellectuellement colonisé presque toute la droite ; elle lui a imposé ses références et l’essentiel de ses valeurs. Puisque la droite s’est constituée par sédimentation, il existe inévitablement en son sein des incompatibilités entre les idées initialement de droite (disons, pour simplifier, conservatrices du point de vue des enjeux « moraux ») et celles classées à droite mais antérieurement de gauche (pour l’essentiel inspirées par le libéralisme). [...]

    Il y a donc bien un malaise idéologique qui traverse tous les partis de droite. Le personnel politique n’a sans doute pas encore pris pleinement conscience des mouvements doctrinaux de fond. Qu’on l’approuve ou le déplore, la Manif pour tous, ce n’est pas le village gaulois assiégé qui résiste, c’est une illustration, parmi d’autres (en particulier le populisme), du nouveau mouvement des idées. Elle s’inscrit dans ce que j’ai proposé d’appeler le « mouvement dextrogyre ». Pour résumer, l’expansion des idées de gauche (même si elles restent encore très présentes dans le milieu politico-médiatique) a connu un arrêt brutal avec la chute du régime soviétique. Les idées de droite, qui avaient été comprimées par le sinistrisme, se redéploient, regagnent du terrain. Les concepts venus de la gauche sont en train d’y retourner, dégageant ainsi de l’espace politique pour les idées originairement de droite. Précisons que le mouvement dextrogyre vient par la droite de l’échiquier politique mais qu’il n’est pas le monopole de la droite radicale : il l’englobe et la dépasse. Qu’ils en approuvent ou non les conséquences, le mouvement dextrogyre met les hommes politiques devant une alternative : adapter leurs programmes pour maintenir leur créneau électoral (ligne Buisson) sur l’échiquier politique ou accepter de glisser sur leur gauche s’ils entendent maintenir leur discours (stratégie Fillon)."

    "À la division doctrinale interne de l’actuel principal parti de droite, s’ajoute effectivement une distorsion entre une grande partie de ses électeurs et ses cadres. La « base » est, globalement, idéologiquement plus à droite que ceux qu’elle élit (sans vraiment les connaître mais parce qu’ils ont l’étiquette requise, celle dont elle se sent la plus proche). La prohibition du mandat impératif n’arrange, de ce point de vue, pas les choses. Sur les questions « sociétales », et à l’occasion de la question du mariage homosexuel, le peuple de droite a fait l’amère découverte que ceux qui le représentaient ne partageaient pas instinctivement ses valeurs…

    De manière plus générale, les mouvements comme la Manif pour tous ou les Bonnets rouges illustrent la rupture de confiance entre le peuple et les politiques. Une défiance s’installe entre les citoyens et les élites. Pour preuve, il suffit de se rappeler, dans les tous derniers mois, le décalage entre le discours sinon « officiel » du moins « autorisé » et les réactions de l’opinion publique : la condamnation médiatique du bijoutier de Nice qui a tué la personne venue l’agresser et le voler n’a nullement empêché l’affirmation d’un immense soutien sur les réseaux sociaux ; la surenchère « sans-frontiériste » à l’occasion de l’affaire Léonarda a connu un échec total."

    http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/2014/02/le-malaise-id%C3%A9ologique-de-lump.html

  • Manif pour tous : le mauvais tour de Valls

    Pour avoir perdu toute mesure, M. Valls a dû manger sa casquette et a achevé de sombrer dans le ridicule.

    Il avait cru voir un bon coup à faire. C’était tentant. Il l’a tenté. Il l’a raté. Une semaine après que l’hétéroclite et inquiétant Jour de colère lui avait permis de ressusciter et d’exorciser le spectre du fascisme qui ne passera pas, Manuel Valls avait évoqué la menace d’un autre Dies Irae. Les incidents publiquement annoncés (et secrètement souhaités) par M. le ministre de l’Intérieur (et des Cultes) n’ont pas eu lieu. Le 2 février 2014 ne laissera pas dans l’histoire la même trace sanglante que le 6 février 1934.

    Si redoutable que soit la mobilisation des beaux quartiers, de la province profonde, de la France éternelle, si inquiétants que puissent être les messieurs en loden, les mamies plus familières de la messe que des barricades, les pères et les mères tranquilles, les mamans poussant leur poussette, les familles traditionnelles (un homme, une femme et leurs enfants), les drapeaux tricolores et les ribambelles de petites silhouettes bleues et roses, il était impossible, même à un reporter de France Inter, du Monde ou de Libération, de prétendre que cette foule pacifique qui défilait sous le ciel ensoleillé de l’Île-de-France mettait notre « fragile » République en danger.

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  • Le gender à l’école, ou l’imbécilisation nationale, tribune de Flavien Blanchon

    PARIS (NOVOpress) - Après ministres, ministricules et gros médias, le Système fait donner les universitaires. Ils se sont mis à cent, en Alsace, pour dénoncer dans le journal les « associations extrémistes » et leurs manœuvres « révoltantes » contre le « genre » à l’école. Leur zèle a plu en haut lieu et ils ont eu depuis les honneurs du Monde, oui du Monde soi-même.

    Le principal intérêt de cette tribune est sans nul doute lexicographique puisque, à côté de la « professeure » – monstruosité linguistique aujourd’hui banale –, elle marque l’apparition de la « maîtresse de conférences ». Uniquement, il est vrai, dans la version alsacienne : Le Monde a dû trouver qu’il y avait des limites au ridicule. Sur le fond, nos universitaires alsaciens ont deux arguments. Les études de genre, d’abord, sont payées par nos impôts. « L’ensemble de ces recherches reçoit le soutien académique et financier du ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche et du CNRS, et ces travaux sont également favorisés par l’Union Européenne ». Après ça, évidemment, qui osera mettre en doute leur légitimité, y compris en maternelle ? Et les études de genre ne sont pas seulement subventionnées comme tout le monde, elles sont même utiles, puisqu’elles « montrent que, selon les lieux et les époques, les rôles des hommes et des femmes ont varié et que l’amour a des formes multiples ». Immense découverte que personne ne soupçonnait et que les études de genre et leurs chercheurs stipendiés révèlent aujourd’hui aux enfants des écoles, pour leur émancipation intellectuelle !

    Est-ce que la littérature, pourtant, ne le montrait pas déjà et beaucoup mieux, sans dogmatisme et sans jargon ? Ne parlons pas des classiques grecs et latins, mais seulement de notre littérature française, telle qu’on l’enseignait, en des temps qui ne sont quand même pas antédiluviens, dans tous les lycées de France. L’École des femmes ou Les Femmes savantes, Le Père Goriot (avec la Maison Vauquer, « pension bourgeoise des deux sexes et autres », et Vautrin dont on dit en secret qu’« il n’aime pas les femmes »), Madame Bovary, La Princesse de Clèves tant honnie par l’ancien président de la République, la Recherche du temps perdu si méprisée par l’actuel ministre de l’enseignement supérieur, autant de livres qui font voir à la fois l’éternel du désir et de l’amour, et la variété de leurs expressions historiques et culturelles. Bien commenté, tel clin d’œil malicieux du bon La Fontaine (« Femmes, moine, vieillards, tout était descendu ») apprenait beaucoup sur la société au temps de Louis XIV, tout en illustrant ce qu’on appelait autrefois l’esprit gaulois.

    La dualité de l’homme et de la femme est une structure essentielle de la société et de l’imaginaire, qui a pris, selon les époques, des formes différentes. Les gender studies, telles qu’elles sévissent dans les départements universitaires américains depuis des décennies, tiennent l’exact opposé. Elles concluent de la diversité des expressions que la différence entre l’homme et la femme est une pure construction sociale, tout en clamant que les femmes et les « personnes LGBT » ont invariablement été dominées et persécutées depuis la nuit des temps.

    Edmund White, un des plus grands écrivains homosexuels contemporains, a superbement mis en scène ce discours dans son roman The Married Man [il existe une édition en Français, L'homme marié]. Le personnage principal, enseignant dans une université américaine, tente d’expliquer le rôle des femmes, dans la France du XVIIIe siècle, comme directrices du goût et commanditaires des artistes. Des étudiantes l’interrompent : « Est-ce que vous niez l’oppression masculine à cette époque ? À toutes les époques ! » Le malheureux professeur est convoqué par le « doyen au harcèlement sexuel et à la violation des questions de genre », et un collègue compatissant l’exhorte à écrire immédiatement une lettre d’excuses et de repentir : « Imagine que tu es en Chine pendant la Révolution culturelle et que tu viens d’être accusé de pseudo-objectivité bourgeoise. C’est une bataille que tu ne peux pas gagner. » Les tenants des gender studies détestent évidemment la littérature, qui dérange trop leurs slogans. Les étudiants – pardon, étudiant-e-s, comme il faut écrire aujourd’hui – ne lisent jamais un livre et « ne s’intéressent qu’à ce qu’ils appellent “la théorie” ». The Married Man toujours : « Bien sûr, toutes ces théories sont un tel n’importe quoi que même leurs professeurs ne pourraient pas dire ce qu’elles signifient. Quand c’est vraiment mortel, c’est quand ça touche au féminisme ou à la théorie queer ». Dans le roman, qui se passe à la fin des années 1980, le personnage arrive de France, où « il avait à peine entendu parler du politiquement correct » : il découvre avec consternation the dumbing-down of America, « l’imbécilisation de l’Amérique ». Voilà ce que l’on a importé en France, dans nos universités moralement et financièrement en faillite, grâce aux subsides des ministères et de l’Union européenne.

    Ce mélange de galimatias pompeux et de terreur inquisitoriale avait tout pour séduire la bureaucratie pédagogique de l’Éducation nationale. Les pédagogistes ont chassé la littérature de l’enseignement secondaire, au nom de l’égalité. Ils veulent à présent, toujours au nom de l’égalité, rééduquer les enfants du primaire à coups de Zizou a deux papas, J’ai perdu mon zizi et tout un lot d’ordures dont les auteurs relèvent de la psychiatrie, si ce n’est de la correctionnelle. Les enfants, sans doute, sont de plus en plus nombreux à ne pas savoir lire, mais on a pris soin d’illustrer tout cela en abondance, pour que le précieux message n’en soit pas perdu. On pourra ensuite, dans les cours de français du collège et du lycée, faire étudier des autobiographies de footballeurs et des chansons de rappeurs, dont on sait la conception infiniment subtile et élégante des rapports entre les sexes. Autre chose que des vieilleries poussiéreuses comme La Princesse de Clèves et À la Recherche du temps perdu. De l’université à la maternelle, l’imbécilisation du pays est décidément en de bonnes mains.

    Flavien Blanchon pour Novopress

    http://fr.novopress.info/155081/gender-lecole-limbecilisation-nationale-flavien-blanchon/#more-155081

  • École : Vincent Peillon avoue être un menteur !

    Dans une récente interview donnée à une télévision israélienne, Vincent Peillon, ministre de l’Éducation nationale, avoue faire de la désinformation.
    Interrogé sur les deux lycéens partis faire le djihad en Syrie, il répond : « J’en ai aussi deux qui ont fait une quenelle » (de l’art de comparer l’incomparable pour s’en sortir), avant d’avouer : « Sur douze millions d’élèves, j’en ai tous les jours, des faits divers. Heureusement, on essaie de le cacher aux médias. »
    Dès lors, comment le croire lorsqu’il affirme dans la même interview qu’une polémique a été déclenchée « à cause d’un petit enseignement de respect entre les filles et les garçons ».
    Le « petit enseignement » en question, c’est celui de l’ABCD de l’égalité.
    Programme tellement transparent que le ministère de l’Éducation nationale refuse de transmettre la liste des 600 écoles dans lesquelles il est expérimenté et exclut les parents de ses évaluations.
    Un « petit enseignement » mis en place alors que le ministre écrivait il y a à peine un an dans son livre-programme, Refondons l’ecole : « Les stéréotypes de genre doivent être remis en question dès l’école primaire. »
    Un « petit enseignement » qui intervient quelques mois après qu’il a appelé les recteurs à « relayer avec la plus grande énergie la campagne de communication relative à la Ligne Azur », association qui travaille avec le ministère.
    La Ligne Azur écrivait sur son site : « L’identité de genre, c’est le sentiment d’être un homme ou une femme. Pour certains, le sexe biologique coïncide avec ce ressenti. »
    Mais le site a changé depuis hier, on peut désormais y lire : « Très souvent, le sexe biologique coïncide avec ce ressenti. »
    Et pendant qu’ils tentent de faire disparaître les traces de leur idéologie, laManif pour tous apprend que la présence d’huissiers pour contrôler les actions policières lors de la manifestation est contestée par la préfecture de police. Tous les signes d’un gouvernement auquel on a vraiment envie de faire confiance…
    C’est vrai, la « théorie du genre » n’est pas enseignée. La réalité est bien pire : ce sont ses conclusions qui sont directement expérimentées sur les enfants.
    Rappelons donc encore une fois la première expérimentation des conclusions des « études sur le genre » par le professeur John Money, qui avait assuré à des parents que leur fils pouvait être élevé comme une fille à la suite d’une circoncision ratée. L’expérience s’est conclue par le suicide de l’enfant concerné, et la mort par overdose de son frère jumeau.
    Le calvaire de l’enfant était évident pour son entourage, mais personne n’osait s’opposer au professeur qui présentait l’expérience comme un succès, « de peur des représailles »…
    Les parents, quant à eux, refusaient l’évidence, sommés par le professeur de ne pas écouter les « rumeurs » selon lesquelles un garçon ne pouvait pas devenir une fille… Avant de mourir, David Reimer, l’enfant traumatisé, avait accepté de parler avec un journaliste qui en a fait un livre terrifiant : As Nature Made Him: The Boy Who Was Raised as a Girl, permettant à d’autres enfants suivis par le professeur – jamais inquiété – de raconter leur calvaire.
    Les parents continueront donc à refuser de soumettre leurs enfants à ces expérimentations, et ils auront raison.

  • Myret Zaki épingle les rois de l’évasion fiscale

    Entretien diffusé le 30/01/2014 avec Myret Zaki, rédactrice en chef adjointe de Bilan, bimensuel économique suisse et Noël Pons, ancien inspecteur des impôts, spécialiste de la fraude fiscale.

    Depuis 2008, l’Union des Banques Suisses est accusée d’avoir joué un rôle non négligeable dans la crise financière. Et les nuages continuent de s’accumuler. Myret Zaki précise que les attaques sur les banques suisses sont très nombreuses, alors qu’on estime à 400 milliards d’euros les avoirs offshore des banques françaises. Mais pas un mot de la part des autorités françaises à ce sujet…

    Myret Zaki indique également que les structures anglo-saxonnes sont aujourd’hui beaucoup plus efficaces que le secret bancaire suisse pour s’évader fiscalement, via des trusts anglo-saxons, des sociétés offshore, des paradis fiscaux de droit anglo-saxon, etc.

    Aujourd’hui 15 000 milliards de dollars de fortune sont cachés dans des trusts et des structures offshore.“ Si des banques se retrouvent devant la justice, “le montant des amendes est insignifiant” si on le compare avec les bénéfices d’une banque comme UBS, qui peuvent avoisiner les 20 milliards de dollars…

    Le Lichtenstein, la Suisse et le Luxembourg seraient “un petit peu sortis du marché de l’évasion fiscale suite à ces scandales et ces attaques qu’ils ont subis“. Mais pour faire de l’évasion fiscale, “eh bien il reste les États-Unis, les Caraïbes, Londres et ces dépendances de la couronne qui capturent aujourd’hui tout le marché de l’évasion fiscale, quasiment, grâce à ces structures, que seuls les richissimes peuvent s’offrir, puisqu’un trust vraiment opaque et hermétique au fisc des États, cela coûte très cher…

    Noël Pons rappelle l’importance du rôle des prestataires dans le circuit de l’évasion fiscale: conseils, avocats, notaires, services comptables, intermédiaires bancaires… Sont également évoqués : Antoine Peillon, Hervé Falciani, l’Affaire Wildenstein, etc.

    http://fortune.fdesouche.com/327646-myret-zaki-epingle-les-rois-de-levasion-fiscale#more-327646

  • Hollande, un Président pour quelques-uns

    De mémoire de sondeur, de journaliste, d’historien, de tout ce qu’on veut, on avait rarement vu chef d’État aussi vilipendé en France. Avec des lambeaux de popularité se promenant quelque part entre 15 et 20 % (le plancher des aveugles), François Hollande est devenu en quelques mois le Président des quelques-uns. Pas étonnant, puisqu’il sert depuis son élection les intérêts de lobbies microscopiques, auxquels il vend des lois sur commande.

    N’ayant rien à offrir pour sortir la France de l’ornière, le Président a ouvert en grand la boîte de Pandore des lois sociétales, et jette tous les jours des morceaux d’IVG, d’euthanasie, de PMA, de déconstruction de la complémentarité des sexes aux coteries qui lui mordent les mollets. LGBT, Act Up, le Planning familial ou même les Femen, qui ont donné leur portrait à la Marianne des timbres-poste, sont devenus les principales sources d’inspiration du pouvoir. Tandis que l’affaire Dieudonné montrait l’influence de la LICRA et du CRIF sur le ministre de l’Intérieur.

    Selon une récente enquête autocensurée par le Centre de recherches politiques de Sciences Po, mais déterrée par Valeurs actuelles, 50 % des Français souhaitent à leur tête « un homme fort qui n’a pas à se préoccuper du Parlement ni des élections ». La traduction est limpide : un homme à poigne, qui ne soit pas à la merci des intérêts partisans et communautaristes. L’exact opposé de François Hollande.

    Évidemment, tout cela fait une écrasante majorité de mécontents. Divisant pour mieux régner, le régime désigne donc à la vindicte médiatique les ennemis à abattre les uns après les autres : La Manif pour tous ? Tous des homophobes ! Les bonnets rouges ? Tous des factieux ! Les fans de Dieudonné ? Tous des antisémites ! Naguère érigée, par une gauche caviar draguant ses votes, en victime d’une société discriminante, la gauche kebab s’est soudain réveillée bourreau.

    Tous ces Français, à leur façon, ont été confrontés au même ennemi : le mensonge d’État. Mensonge de lois niant la filiation humaine, niant la complémentarité des sexes, niant la détresse de la femme avortant, niant la dignité humaine. Mensonge d’un discours niant la réalité du chômage, de la surfiscalité ou de la croissance. Mensonge d’une justice politique niant la liberté d’expression.

    Et puis, par un Jour de colère, toutes les composantes du peuple ont décidé d’unir leurs forces. Las d’être battus en détails, ceux que la gauche avait toujours montés les uns contre les autres se sont rassemblés spontanément contre ce pouvoir oppresseur, et on a vu des Français de tous horizons se serrer sous le même drapeau, gueuler d’une seule voix la Marseillaise, comme au temps où le pays réunissait dans un même creuset tous ses enfants pour œuvrer à sa libération.

    Banlieues et bourgeois, Français de la première et de la onzième heure, ouvriers, artisans, paysans, croyants et athées, républicains et monarchistes, petits patrons à deux pas d’un drapeau de la CGT… Tous se sont retrouvés autour d’un vœu commun : Hollande démission. Il faut remonter à des temps immémoriaux pour trouver trace d’une manifestation demandant expressément le départ du chef de l’État. Au plus fort de Mai 68, la jeunesse bourgeoise et désœuvrée n’aspirait qu’à jouir sans entrave.

    Opposants au libéralisme sociétal ou au libéralisme économique, ils ont commencé à prendre conscience qu’ils combattent les deux faces d’un même mal. Que c’est précisément ce libéralisme sociétal, fondé sur l’individualisme, qui offre au marché des proies isolées, des consommateurs égocentrés manipulables à loisir. Et que la mère de toutes les crises est celle des valeurs. Si l’échec économique de François Hollande est patent, l’Histoire retiendra qu’il a incarné l’absence de morale au sommet de l’État.

    Nombreux sont ceux qui veulent en finir avec ce président qui a fraudé l’ISF en refusant de déclarer ses revenus avec sa concubine notoire. Avec ce président qui camoufle ses frasques sexuelles derrière le paravent fallacieux de la vie privée, financée à grand renfort d’argent public. Avec ce président qui a jugé bon de préciser, dans un communiqué digne d’un adolescent prépubère, que c’était lui qui avait largué sa copine, et non l’inverse. Avec ce président qui fait tomber des blagounettes de sa bouche incontinente comme autant de marques de mépris pour ceux qui souffrent.

    On compare souvent Hollande à Louis XVI réparant ses serrures pendant que le peuple gronde ; écrivant dans son carnet, à la date du 14 juillet 1789 : “aujourd’hui, rien” [1] ; confondant révolte et révolution. Tout les sépare pourtant : placé sur le trône par naissance, Louis XVI a notamment payé une trop grande compassion pour ses sujets. Hissé par sa vanité à l’Élysée, Hollande n’est au contraire qu’absence d’affect pour le peuple. Il le pourfend et, étonné de le voir se défendre, le traite avec tout l’autoritarisme de ceux qui sont sans autorité. C’est à Ceauşescu qu’il faut le comparer.

    [1] Légende de propagande républicaine. En réalité, c’est sur son journal de chasse que Louis XVI écrivit, à la date du 14 juillet 1789, « rien », comme il le faisait à chaque fois en absence de gibier ou simplement de chasse. Ce journal de chasse fut vendu par Marcel Jeanson en 1987. Il est aujourd’hui aux Archives Nationales.

    Eli Veugnol,

    http://francelibre.tumblr.com/page/2#.UvCSYfYsRXY