France et politique française - Page 4531
-
Conférence de Jean-Marie Le Méné
-
Propagande officielle pour l'avortement dans les écoles
Encore une bonne raison de venir demain à la Marche pour la vie (14h30 à Denfert-Rochereau) :
"Par arrêté du ministre de l'éducation nationale, en date du 30 décembre 2013, l'association Mouvement français pour le planning familial, qui apporte son concours à l'enseignement public, est agréée pour une durée de cinq ans. L'agrément est étendu à ses associations départementales."
-
Le déficit budgétaire 2013 de l’Etat encore plus élevé qu’attendu : 75 milliards
PARIS (NOVOpress/Kiosque courtois) – Finalement le déficit budgétaire pour 2013 s’élèvera à 75 milliards d’euros. Trois milliards de plus que prévu.
La raison est simple : l’impôt ne rentre plus. Près de 3 milliards et demi de recettes en moins sur l’impôt sur les sociétés et l’impôt sur le revenu.
Quand l’impôt ne rentre plus malgré une augmentation du taux d’imposition, c’est que l’économie est exsangue. Parfaite illustration du principe de Laffer : trop d’impôt tue l’impôt. Entre 2011 et 2013, Nicolas Sarkozy et François Hollande ont créé à eux deux 84 impôts nouveaux. Mais à trop tirer sur une corde, elle se casse !
http://fr.novopress.info/153045/deficit-budgetaire-2013-letat-encore-eleve-quattendu-75-milliards/
-
Raymond Aron, penseur machiavélien (2/2)
Après le rappel du fameux dialogue entre Jean Hyppolite et Julien Freund, que l’on a découvert dans la première partie et qui se conclut par cette phrase de Raymond Aron : « Votre position est dramatique et typique de nombreux professeurs. Vous préférez vous anéantir plutôt que de reconnaître que la politique réelle obéit à des règles qui ne correspondent pas à vos normes idéales. », l’auteur de cet article, Arnaud Imatz, dresse « le catalogue des points qui relient Aron à la tradition machiavélienne. » et ce sera la deuxième partie.
Polémia
Deuxième partie
Aron et les principales idées de la tradition machiavélienne
Sept repères peuvent être indiqués :
1. L’idée de l’existence d’une nature humaine. L’étude de la politique ne peut pas faire l’économie d’une vision de l’homme. « L’homme est dans l’histoire. L’homme est historique. L’homme est histoire », nous dit Aron. La nature humaine demeure inaltérable dans le temps. Les pulsions humaines expliquent en partie le caractère instable des institutions politiques et le caractère conflictuel de la politique. Il peut y avoir des phases exceptionnelles d’équilibre relativement satisfaisant de l’ordre politique, mais la stabilité définitive, la fin de l’Histoire, relève du rêve, de l’utopie, de la mystification ou de la manipulation idéologique.
2. L’affirmation de l’autonomie du politique voire de la relative suprématie de la politique sur les autres sphères de l’activité humaine (économie, culture, morale, religion). Aron ne prétend pas substituer un déterminisme par un autre, mais reconnaître que la politique est plus importante que les autres activités parce qu’elle affecte directement le sens de l’existence. Elle est la caractéristique fondamentale d’une collectivité, la condition essentielle de la coopération entre les hommes. Aron proclame, en outre, la primauté de la politique extérieure sur la politique intérieure. Il ne s’agit pas chez lui de préférer le bien commun à la puissance ou la gloire, mais de comprendre que la puissance est la condition du bien commun.
3. Le caractère inévitable de la classe politique, de l’oligarchie et de la division gouvernants-gouvernés. Aron, comme toute une pléiade d’auteurs aux sensibilités très différentes, tels Carlyle, Ostrogorsky, Spengler, Schmitt, Weber, Madariaga, Vegas Latapie, Evola, Duguit, De Man ou Laski, sait les limites et le caractère nettement oligarchique de la démocratie parlementaire. Pareto, Mosca, Michels ont souligné l’existence d’une véritable loi d’airain de l’oligarchie. De manière tout aussi explicite, le philosophe politique Gonzalo Fernández de la Mora parle de « démocratie résiduelle », se résumant, selon lui, à l’opportunité que les oligarchies partitocratiques offrent aux gouvernés de se prononcer sur une option, généralement limitée, après avoir procédé à une opération d’ « information » de l’opinion publique (5).
5. La reconnaissance de la nature intrinsèquement conflictuelle de la politique. La vie sera toujours le théâtre de conflits et de différences. Les passions, la multiplicité des fins, le choix des moyens disponibles, etc., sont le fondement d’une perpétuelle dialectique universelle. Imaginer un monde politique sans adversaires, sans tensions, sans conflits, c’est comme se représenter une morale sans la présence du mal ou une esthétique sans laideur. La politique au sens traditionnel est la grande « neutralisatrice » des conflits. Voilà pourquoi la résistance systématique à toute forme de pouvoir peut constituer une excellente méthode pour accélérer la corruption du pouvoir et entraîner sa substitution par d’autres formes de pouvoir beaucoup plus problématiques et despotiques. Enfin, ce n’est pas parce qu’un peuple perd la force ou la volonté de survivre ou de s’affirmer dans la sphère politique que la politique va disparaître du monde. Qui peut croire qu’à défaut de la persistance des anciennes nations de nouveaux groupes de peuples ne se formeront pas et ne tendront pas à s’exclure réciproquement ? Le mondialisme, débilité intellectuelle, est le propre des ignorants du passé de l’humanité. L’histoire n’est pas tendre… malheur au fort qui devient faible !
6. Le rejet de toute interprétation mono-causale de la politique comme partiale et arbitraire. Les explications mono-causales « en dernière instance » par l’économie, par la politique, par la culture, par la morale, etc., n’ont aucun sens. Aron refuse sans la moindre ambiguïté de subordonner la politique à l’économie. Selon lui, la politique n’est jamais réductible à l’économie, bien que la lutte pour la possession du pouvoir soit liée de multiples manières au mode de production et à la répartition des richesses. La surestimation de l’économie est l’erreur radicale, la mystification majeure d’Auguste Comte, de Karl Marx et de tant de philosophes et économistes modernes. Aron nie que les régimes d’économie dirigée soient la cause des tyrannies politiques. La planification et la tyrannie ont souvent une origine commune, mais la semi-planification ou la planification indicative ne conduisent pas nécessairement à la planification totale et à la tyrannie comme le prétendent Hayek et les ultralibéraux de l’Ecole autrichienne. L’expérience de l’histoire (Espagne de Franco, Chili de Pinochet, République populaire de Chine actuelle, etc.) montre qu’il n’existe pas de lien causal nécessaire entre un type d’économie et un régime politique déterminé.
7. Le scepticisme en matière de formes de gouvernement. Aron s’affirme libéral politique, mais il reconnaît la pluralité des régimes politiques, chacun conçu comme une solution contingente et singulière, comme une réponse transitoire à l’éternel problème du politique. Tous les régimes sont par ailleurs également soumis à l’usure du temps et à la corruption. Aron est enfin plutôt indifférent, sinon hostile, au clivage gauche-droite. Dans la Préface à L’Opium des intellectuels, il écrit : « On n’apportera quelque clarté dans la confusion des querelles françaises qu’en rejetant ces concepts équivoques [de droite et de gauche] ». On sait d’ailleurs qu’Aron appréciait La Révolte des masses, de José Ortega y Gasset, et faisait grand cas de son célèbre aphorisme : « Être de gauche ou être de droite c’est choisir une des innombrables manières qui s’offrent à l’homme d’être un imbécile ; toutes deux, en effet, sont des formes d’hémiplégie morale ».
Arrivé à ce point de la démonstration, il n’est peut être pas inutile d’esquisser une seconde comparaison, un second rapprochement, plus inattendu, mais tout aussi valable, celui du libéral politique Aron et du national-libéral, conservateur résolu, que fut Jules Monnerot. Monnerot, le grand censuré, honni et exclus de l’Université française, l’auteur génial de Sociologie du communisme (1949) et de Sociologie de la Révolution (1969), le résistant, l’activiste de la deuxième guerre mondiale, le premier franc-tireur intellectuel important contre la politique eschatologique, contre les religions totalitaires du salut collectif, Monnerot, l’esprit libre et indépendant, qui fut du petit nombre de ceux qui représentèrent dignement la philosophie et la sociologie politique de langue française dans les années 1945-1960, Monnerot, la bête noire « fasciste » des marxistes, crypto-marxistes et gauchistes, parce qu’il dénonça trop tôt l’essence religieuse du communisme et fut ensuite un précurseur de la dissidence contre « la pensée unique » et le multiculturalisme de la fin du XXe siècle. Comparer Aron et Monnerot, alors que le premier, professeur à la Sorbonne et au Collège de France, s’est toujours gardé de citer le second, conscient qu’il était de n’avoir pas la force de briser le terrible cordon sanitaire dressé autour de son collègue (?), comparer deux figures aussi inégales en réputation académique et médiatique ( ?), voilà de quoi offusquer les mandarins et autres gardiens du temple. Et pourtant, Monnerot, victime de la censure mais bon prince et surtout bien plus tolérant que ses censeurs, ne déclarait-il pas encore quelques années avant de mourir : « La pensée occidentale n’admet pas ce qui doit entraîner la suppression intellectuelle, voire physique, du réfractaire à la vérité… la pensée occidentale admet une sorte de pluralisme et de perspectivisme – c’est d’ailleurs la lignée intellectuelle à laquelle on peut me rattacher (6) » ?
Les atteintes à la liberté d’expression, la censure, sont à l’évidence de tous les lieux et de toutes les époques. Au sein de l’Université française, la fréquentation affichée de certains auteurs a toujours attiré les foudres, le reproche moraliste et finalement l’ostracisme actif du coupable. Mais les universitaires qui avaient vingt ans en 1968 et qui n’étaient pas aveuglés par l’idéologie savent combien les intellectuels non conformistes, ouvertement opposés à la doxa freudo-marxiste, devaient alors savoir faire preuve de détermination et de courage (7).
On comprend d’autant mieux la bienveillance et le respect que professent les esprits indépendants de ma génération pour les maîtres d’hygiène intellectuelle que sont les réalistes politiques (machiavéliens, antimachiavéliques) Raymond Aron, Julien Freund et Jules Monnerot. Aron, pour ne citer ici que lui, nous donna deux dernières leçons de rigueur et de probité à la veille de sa disparition. A l’occasion de la publication de L’Idéologie française, de Bernard-Henri Lévy, il n’hésita pas à écrire que l’auteur « viole toutes les règles de l’interprétation honnête et de la méthode historique » (Express, février 1981). Deux ans plus tard, le 17 octobre 1983, il témoigna en faveur de son ami Bertrand de Jouvenel contre l’historien israélien Zeev Sternhell qui prétendait que l’auteur de Du Pouvoir avait manifesté des sympathies pro-nazies en tant que théoricien majeur du fascisme français. A la barre, il dénonça de sa voix ferme « l’amalgame au nom de la vérité historique ». Puis, sortant du Palais de justice de Paris, il prononça ces derniers mots : « Je crois que je suis arrivé à dire l’essentiel », avant de s’éteindre terrassé par une crise cardiaque. Ces déclarations ne sauraient s’oublier !
Pour Jerónimo Molina Cano, spécialiste du machiavélisme aronien, le réalisme politique du fondateur de la revue Commentaire constitue la voie de connaissance la plus adéquate pour explorer la « verita effetuale della cosa ». Ajoutons, pour notre part, que Raymond Aron, ex-président de l’Académie des sciences morales et politiques de France, n’était pas seulement un brillant intellectuel, mais d’abord et avant tout un homme, tout un Homme, « todo un caballero », comme disent les Espagnols.
Arnaud Imatz’ 13/01/2014
Notes :
5) Gonzalo Fernández de la Mora, La partitocracia (La particratie), Madrid, Instituto de Estudios Politicos, 1977.
6) Entretien de Jules Monnerot avec Jean-José Marchand pour Les archives du XXe siècle de la Télévision française, 1988.
7) Par curiosité, j’ai exhumé les vieilles éditions des manuels d’Histoire des idées politiques de Touchard et de Prélot, que j’utilisais à la veille de ma soutenance de thèse de doctorat d’Etat, en 1975. Il n’y est fait mention ni de Monnerot, ni de Freund !
http://www.polemia.com/raymond-aron-penseur-machiavelien-22/ -
Raymond Aron, penseur machiavélien (1/2)
A l’occasion du trentième anniversaire de la disparition de Raymond Aron (1905-1983) les éloges pompeux, grandiloquents, voire dithyrambiques, n’ont pas manqué. « Modèle d’intégrité intellectuelle », « héros d’intelligence », « immense talent », « figure majeure de la pensée française du XXe siècle», tels sont les qualificatifs flatteurs qu’on a pu lire sous les plumes des nombreux « spécialistes » et disciples patentés du célèbre philosophe, sociologue et journaliste. Cette emphase, digne des intellectuels des régimes totalitaires (et donc fort peu aronienne), prête à sourire lorsqu’on sait que l’auteur de « L’Opium des intellectuels » se voyait affublé, il n’y a pas si longtemps, des épithètes les plus insultantes. On se souvient de ces légions d’intellectuels dogmatiques (parfois les mêmes), qui imposaient avec fruition l’adage : « Il vaut mieux avoir tort avec Sartre que raison avec Aron ». Mais oublions la désagréable compagnie de ces courtisans et opportunistes et félicitons-nous de ces éloges somme toute sans barguigner. Raymond Aron mérite d’être honoré à double titre : d’une part, parce qu’il nous a offert une interprétation magistrale de son époque et cela en pleine période de terrorisme intellectuel et d’intoxication freudo-marxiste et, d’autre part, parce qu’il nous a légué une méthode de recherche et d’analyse de la réalité historique particulièrement utile pour comprendre notre époque.
On déplorera cependant qu’une grande partie de la bibliographie aronienne soit aujourd’hui tombée dans une vision consensuelle, adaptative, neutraliste et finalement déformatrice de sa pensée. L’objectif de la manœuvre est évidemment clair : présenter un Raymond Aron parfaitement lisse, « politiquement correct », une image acceptable par tous, ou presque, du héraut de la communauté spirituelle internationale de la pensée libérale et sociale-démocrate. (AI)
Première partie
Réalisme machiavélien versus machiavélisme
Anticommuniste « sans remords », atlantiste « résolu », Aron est à l’évidence un continuateur de la tradition libérale, minoritaire en France, qui va de Montesquieu à Elie Halévy en passant par Tocqueville. Il se disait même social-démocrate, ou plus exactement keynésien en matière économique. Il acceptait l’économie mixte et une certaine dose d’interventionnisme de l’Etat. Mais son libéralisme politique ne doit pas pour autant se confondre, comme le prétendent certains, avec le réductionnisme économique de l’Ecole autrichienne (von Mises, Hayek), ni avec l’anarcho-capitalisme des libertariens (Rothbard, Hoppe), ni avec le social-libéralisme de Bouglé, ni avec le néo-social démocratisme d’Habermas. Aron se sépare de tous ces auteurs et de leurs écoles de pensée en raison de leur incapacité à comprendre l’autonomie et la légitimité du politique dans l’histoire.
Le réalisme politique de Raymond Aron, aspect le moins célébré et le moins étudié de ses écrits (trente-cinq livres, plus de deux cents articles scientifiques et d’innombrables articles de journaux), est capital pour ceux qui veulent vraiment comprendre et apprécier l’originalité et la portée de son œuvre. La dimension tragique et pessimiste, clairement assumée, n’est pas chez lui accidentelle ou contingente ; elle est fondamentale voire essentielle. Aron s’est intéressé à Machiavel et au machiavélisme, très tôt, dès le printemps 1937 (1). Avec Montesquieu, Clausewitz, Tocqueville, Pareto, Marx et Weber, Machiavel fut l’un de ses principaux interlocuteurs. Les affinités pour la pensée du Florentin furent chez lui d’abord répulsives en raison de sa formation socialiste, mais bien vite elles se transformèrent en affinités électives. La conversion au machiavélisme politique, face à l’idéalisme ingénu de ses adversaires, date très exactement de la « drôle de guerre ». C’est alors qu’Aron comprend que pour survivre les régimes démocratiques doivent être capables des mêmes vertus politiques que les régimes totalitaires (notamment en matière de politiques sociales et démographiques et de lutte contre le chômage). La nécessité d’un minimum de foi et de volonté commune relève pour lui de l’évidence. Il préconise dès lors de remédier aux défaillances de la démocratie libérale en lui insufflant une dose de décisionnisme. Les valeurs d’une saine religion civile doivent animer impérativement les démocraties libérales. Elles seules sont capables, selon lui, de galvaniser l’esprit public dans une situation de survie nationale.
L’Espagnol Jerónimo Molina Cano (2), un des plus grands connaisseurs du réalisme politique, souligne que le libéral Aron figure en bonne place dans toutes les généalogies des penseurs machiavéliens. Il écrit justement à ce propos : « On peut extraire des pages des livres que sont Polémiques, L’Homme contre les tyrans, Les guerres en chaîne, Démocratie et totalitarisme ou encore Machiavel et les tyrannies modernes, des affirmations convaincantes sur la primauté du politique, l’impossibilité du choix inconditionnel des moyens de l’action politique, la condition oligarchique de tout régime, l’accidentalité des formes de gouvernement, la corruption inéluctable de tout pouvoir politique, etc. »
Mais qu’entend-on exactement par réalisme politique ou tradition de pensée machiavélienne (non-machiavélique) de la politique ? Il ne s’agit pas d’une école homogène, ni d’une famille intellectuelle unitaire. C’est seulement un habitus mental, une disposition intellectuelle et un point de vue d’étude ou de recherche qui vise à éclairer les règles que suit la politique. Il suffit de jeter un rapide coup œil sur l’imposante liste des auteurs étudiés par les divers participants au Congrès international, Il realismo politico: temi, figura e prospettive di ricerca (octobre 2013), organisé par Alessandro Campi et la revue de La Società Italiana di Scienza Politica, pour se convaincre de la diversité et de l’importance de cette tradition de pensée (3).
Le réalisme politique ne se réduit pas à la défense du statu quo ou à la défense de l’ordre établi comme le prétendent ses adversaires. Il n’est pas la doctrine qui justifie la situation des hommes au pouvoir. Il est une méthode d’analyse et de critique de tout pouvoir constitué. Le machiavélisme vulgaire et caricatural n’est au fond que le cynisme des amoureux de la justice abstraite. Le véritable réalisme politique part de l’évidence des faits, mais ne se rend pas devant eux. Il ne se désintéresse pas des fins dernières et se distingue en cela du pseudo-réalisme de type cynique. Le réaliste politique peut être un idéaliste ou tout au moins un homme avec des principes, une morale, une profonde conscience des devoirs et des responsabilités de l’action politique. L’œuvre de Baltazar Gracian, pour ne citer qu’elle, montre que la prudence, la sagesse, l’équilibre, le sens de la responsabilité et la fermeté de caractère sont les clefs du réalisme.
Raymond Aron s’est toujours démarqué de l’image du machiavéliste cynique, qui réduit la politique à la seule volonté de puissance, au règne et au culte de la force à l’état pur. Il refuse ce machiavélisme vulgaire et caricatural : la conception darwinienne de l’homme, la simple technique de conquête du pouvoir, l’instrument de manipulation du peuple, la manière totalement amorale ou immorale de comprendre la lutte politique.
Julien Freund, autre penseur machiavélien majeur de langue française de l’après deuxième guerre mondiale, auteur du magistral L’Essence du politique (1965), souligne lui aussi, tout à la fois, l’importance de la finalité propre à la politique, le bien commun (la politique au service de l’homme, la politique dont la mission n’est pas de changer l’homme ou de le rendre meilleur, mais d’organiser les conditions de la coexistence humaine, de mettre en forme la collectivité, d’assurer la concorde intérieure et la sécurité extérieure) et la nécessité vitale des finalités non politiques (le bonheur, la justice).
A dire vrai, le juif-agnostique et libéral classique, Raymond Aron, rédacteur de La France libre à Londres et le catholique, conservateur-libéral, ancien résistant, Julien Freund, se retrouvent sur un bon nombre de points. Il en est ainsi de l’attachement aux libertés individuelles et au partage du pouvoir, de l’affirmation de la nécessité de l’autorité de l’Etat, de la confiance dans la politique pour maintenir l’ordre social, du refus du dépérissement utopique du politique et du rejet du « Tout est politique » ou du « Tout est idéologie », chemin inévitable du totalitarisme. Pour les deux politologues, l’ordre politique, avec ses nécessités et ses valeurs, ne constitue pas la totalité de l’existence humaine. Scientifiquement, il est impossible de prononcer un jugement catégorique sur la convenance de l’un ou l’autre des régimes en place. Il n’y a pas de régime optimal ou parfait. A leurs yeux la société libérale est une société de conflits, et ces conflits doivent être canalisés, réglementés, institutionnalisés. Ils doivent être résolus autant que possible sans violence. Le conservateur-libéral, Freund, ne se sépare vraiment du libéral politique, Aron, que dans sa critique plus musclée de l’altération du libéralisme : son évolution vers la défiance à l’égard de la politique comme de l’Etat, sa transformation du principe de tolérance en principe de permissivité, son scepticisme à l’égard de l’idée du progrès (alors qu’Aron, sensible aux désillusions du progrès, veut néanmoins encore y croire), sa méfiance des excès de l’individualisme, son incapacité à penser suffisamment l’existence des relations extérieures communautaires et la diversité et l’identité des collectivités humaines. Le manque de vertu civique, d’indépendance et de responsabilité personnelle et la trahison ou la dépolitisation des élites constituent, selon Freund, le problème majeur des démocraties parlementaires modernes.
Il convient de rappeler ici le fameux dialogue entre le philosophe hégélien, socialiste et pacifiste Jean Hyppolite et Julien Freund. C’était le jour de la soutenance de thèse de Freund (le 26 juin 1965) (4), et le futur professeur de sociologie à l’Université de Strasbourg articulait sa réflexion autour de trois principes qu’il jugeait constitutifs de la politique : souveraineté/obéissance, public/privé et ami/ennemi. Raymond Aron, directeur de thèse, présidait le jury composé de cinq membres.
Hyppolite, heurté au plus profond de sa sensibilité et de ses convictions, dit à Freund : « Sur la question de la catégorie de l’ami-ennemi [catégorie que l’on sait tirée des travaux de Carl Schmitt, qui insiste sur le fait que l’essence de la politique n’est pas l’inimitié mais la distinction entre ami et ennemi et qui exclue l’élimination absolue de l’ennemi (nda)] si vous avez vraiment raison, il ne me reste plus qu’à aller cultiver mon jardin. »
Freund réplique : « Ecoutez, Monsieur Hyppolite, vous avez dit […] que vous aviez commis une erreur à propos de Kelsen. Je crois que vous êtes en train de commettre une autre erreur, car vous pensez que c’est vous qui désignez l’ennemi, comme tous les pacifistes. Du moment que nous ne voulons pas d’ennemis, nous n’en aurons pas, raisonnez-vous. Or c’est l’ennemi qui vous désigne. Et s’il veut que vous soyez son ennemi, vous pouvez lui faire les plus belles protestations d’amitiés. Du moment qu’il veut que vous soyez son ennemi, vous l’êtes. Et il vous empêchera même de cultiver votre jardin. »
Hyppolite, agacé, répond alors de façon pathétique : « Dans ce cas, il ne me reste plus qu’à me suicider. »
Et Raymond Aron de conclure: « Votre position est dramatique et typique de nombreux professeurs. Vous préférez vous anéantir plutôt que de reconnaître que la politique réelle obéit à des règles qui ne correspondent pas à vos normes idéales. »
Ces mots résument assez bien le thème de cet article. Mais pour être mieux compris, encore faut-il tenter de dresser le catalogue des points qui relient Aron à la tradition machiavélienne.
Arnaud Imatz, 13/01/2014
Notes :
1) Par une curieuse coïncidence, l’année 2013 a été marquée à la fois par la célébration du 500e anniversaire du Prince de Nicolas Machiavel (avec une exposition Il Principe di Machiavello e il suo tempo 1513-2013 (Rome, avril-juin 2013) et par le 30e anniversaire de la mort de l’un de ses lecteurs et commentateurs majeurs, Raymond Aron (célébré le 17 octobre 2013).
2) Jerónimo Molina Cano, Raymond Aron, realista político. Del maquiavelismo a la crítica de las religiones seculares, Madrid, Ediciones Sequitur, 2013. Professeur de sociologie et de politique sociale à l’Université de Murcie, directeur de la revue Empresas Políticas, Molina Cano est un disciple du politologue Dalmacio Negro Pavón, professeur à l’Université Complutense et à l’Université CEU San Pablo de Madrid.
3) Les précurseurs de cette école de pensée sont Han Fei Zi, Thucydide, Aristote, Kautilya (Chânakya), Ibn Khaldoun, Nicolas Machiavel, Gabriel Naudé, Hobbes, Tocqueville. Parmi ses figures contemporaines ou modernes les plus représentatives on peut citer : Raymond Aron, Gaston Bouthoul, Jacob Burckhardt, James Burnham, Filippo Burzio, Federico Chabod, Benedetto Croce, Gonzalo Fernández de la Mora, Julien Freund, Paul Gottfried, Bertrand de Jouvenel, Günter Maschke, H. J. Mackinder, John Mearsheimer, Robert Michels, Gianfranco Miglio, Jules Monnerot, Gaetano Mosca, Dalmacio Negro Pavón, Reinhold Niebuhr, Michael Oakeshott, Vilfredo Pareto, Paul Piccone, Giuseppe Rensi, Giovanni Sartori, Carl Schmitt, Nicholas J. Spykman, Leo Strauss, Piet Tommissen, Gioacchino Volpe, Eric Voegelin, Max Weber et Simone Weil.
4) Ce dialogue est cité dans les livres de Jerónimo Molina, Julien Freund, lo político y la política, Madrid, Sequitur, 2000, Sébastien de la Touanne, Julien Freund, penseur « machiavélien » de la politique, Paris, L’Harmattan, 2005 et P.-A. Taguieff, Julien Freund. Au cœur du politique, Paris, La Table Ronde, 2008.
http://www.polemia.com/raymond-aron-penseur-machiavelien-12/ -
Paris-Diversité fait moins rêver…
Je me souviens d'un groupe qui chantait « Que Paris est beau quand chantent les oiseaux / Que Paris est laid quand il se croit français ».
Ça y est, ce serait arrivé. On redoutait un peu l’événement, mais on savait tous que c’était inéluctable. Paris ne serait plus la ville la plus visitée du monde. Oui, les rosbifs nous seraient passés devant ! Franchement, ça vous étonne ?
À Londres, on n’étouffe pas, le métro est tellement plus propre, les grands et fabuleux musées sont gratuits, on peut se boire une pinte tranquille au Ten Bells, savourer un fish and ships au bord de la Tamise, sans trop de crainte d’être agressé au prochain coin de rue. Oui, bien sûr, des quartiers sont « sensibles », comme on dit chez nous, mais on n’y ressent pas du tout la même tension qu’à Paris.
Joris Karl - la suite
-
Le racisme sans race
Intéressante analyse de l'abbé de Tanouarn, sur son blog. Extrait.
"François Hollande y fait allusion assez clairement en ces termes (pris au vol tout à l'heure pendant la Conférence de presse) : "Il y a des actes antichrétiens, avec des personnes qui pensent que l'on doit aller s'exhiber dans les églises. Aucun de ces actes ne doit être accepté". Bravo François. Tu parles d'or. Reste à faire...Caroline Fourest ne s'y est pas trompée. L'antichrétienne de choc a twitté tout à l'heure : "Le lobby catho tient sa victoire. Hollande ne sait plus faire la différence entre racisme et blasphème. Grave" C'est que Caroline est restée archéo. Elle ne voit pas que, comme l'explique Pierre André Taguieff dans son Dictionnaire du racisme, le racisme évolue dans notre société. Nous en sommes aujourd'hui, dans le multiculturalisme de fait qui caractérise la société française, à "un racisme sans race", qui passe par le mépris systématique de la culture de l'autre, c'est-à-dire de ce qui pour l'autre est sacré. Si l'on veut éviter la concurrence mémorielle, avec des conséquences qui pourraient être dramatiques pour la paix sociale, il s'agit de respecter et de faire respecter ce qui est sacré pour l'autre.D'après Caroline Fourest, le racisme est grave et le blasphème n'est pas grave. Mais justement le blasphème est une forme de ce racisme sans race qu'est le mépris systématique de la culture de l'autre. Et si l'on accepte de faire objectivement un peu d'histoire de l'Eglise, on est bien obligé de considérer que les juifs n'ont pas eu le monopole de la culture du mépris à leur encontre. Il y a une culture du mépris contre le christianisme (qui est parfois le fait des mêmes personnes tant l'antijudaïsme et l'antichristianisme peuvent paraître liés chez certains). Elle est mortifère, non qu'elle ait provoqué un génocide en Occident, c'est vrai, mais elle contribue à désocialiser les chrétiens en général, les prêtres en particulier, souvent montrés du doigt à cause de cette légende noire." -
Décodeur n°36 – Amendements IVG dans le projet de loi Egalité Femmes-Hommes
L’EVENEMENT
A partir du lundi 20 janvier 2014, l’Assemblée nationale va examiner en première lecture le projet de loi pour l’égalité entre les femmes et les hommes, dans lequel plusieurs amendements concernant l’IVG ont été introduits par des parlementaires.
L’objectif principal est de transformer l’IVG, liée jusqu’à présent à une situation de détresse, en un « acte médical comme un autre ». Mais la suppression de l’état de détresse est une façon de nier la réalité de ce que vivent les femmes lors des grossesses difficiles : elles se retrouvent trop souvent confrontées à un choix à sens unique, faute de vraie politique de prévention pour celles, nombreuses, qui souhaitent pouvoir poursuivre leur grossesse et être soutenues dans ce sens (voir sondage IFOP, février 2010).
LE CHIFFRE
Avec 222 500 avortements par an, la France compte 15,1 IVG pour 1 000 femmes en âge de procréer, soit le double du taux observé en Allemagne (taux de 7,2).
Ce chiffre s’explique par le « paradoxe contraceptif français » : près des 3/4 des femmes (72%) qui recourent à l’IVG étaient sous contraception quand elles ont découvert leur grossesse.
-
Le coup d'Etat de Manuel Valls
De Stéphane Blanchonnet dans L'Action Française 2000 :
"Ce qu'a fait Manuel Valls jeudi soir dernier, en arrachant au Conseil d'État, dans des délais littéralement inouïs, une décision qui assassine les "libertés publiques", alors même que nous, acteurs de la "dissidence", étions déjà en train de fêter (en parfaits naïfs !) la décision du tribunal administratif de Nantes et "l'indépendance des juges", cela porte un nom : c'est un coup d'État ! Pas un coup d'État militaire comme le rêvent ceux qui méconnaissent le légalisme foncier de l'armée d'aujourd'hui, pas une "marche sur Paris" comme il y eut une "marche sur Rome" et comme le rêvent ceux qui confondent manifestation et révolution (la vraie marche de Mussolini ne fut qu'une parade, le pouvoir étant déjà "tombé"), mais un vrai coup d'État, fait depuis le coeur du pouvoir, depuis le coeur des institutions, le type même du coup d'État auquel Maurras accordait le plus de crédit et dont un parfait exemple nous est donné par l'opération Rubicon du 2 décembre 1851. Manuel Valls nous rend au moins ce service de nous rappeler la leçon du "Politique d'abord !" de Maurras. Non, nos adversaires ne sont pas seulement des imbéciles, ce sont des imbéciles qui ont le pouvoir ! Ne passons donc pas tout notre temps et notre énergie à le déplorer (comme le fit Hugo dans ses Châtiments), sur les réseaux sociaux ou ailleurs, et à signer des pétitions pour demander l'autorisation de ceci ou (comble de l'inconséquence) l'interdiction de cela. Ne nous faisons pas non plus trop d'illusions sur la possibilité de "renverser" le régime à l'occasion d'une mobilisation, aussi forte soit-elle, des différents mécontents. Notre "conspiration à ciel ouvert" est une oeuvre de salut public mais elle doit être lucide pour être efficace. L'effervescence actuelle peut être un moyen puissant d'atteindre des objectifs intermédiaires mais à condition de ne pas la prendre pour une fin !"
-
Christine Tasin, la cyprine et le Tapin.
Christine. Christine, Christine … Ma p’tite Christinou. Arrête. Arrête, tu va te faire du mal. Tu sais, faut se calmer un peu, faut pas être hystérique comme ça. L’ulcère te guette.
Non puis arrête parce que tu nous fais pitié aussi. La pitié c’est pas naturel pour des nationalistes. On n’aime pas ça. Y’a comme un arrière-goût de pisse dans la pitié. La pitié, c’est ce sentiment semi-triste de compassion gluante que l’on ressent face à un clodo dormant dans son vomi ou face à un vieux qui chie dans sa couche. C’est ce qu’on ressent face à tes vidéos sur Youtube, celles où tu fixe l’objectif de tes yeux de chien triste, la truffe luisante, avec ta voix de crécelle que t’envierait même Ségolène Royal. C’est la même pitié que l’on ressent face aux sophismes désolants de la « Blonde de Youtube ».
Bon, la Blonde cela dit, on lui pardonne un peu. Elle est jolie, elle a des airbags, puis elle a l’air sincère, on dirait un petit oiseau effrayé. On y peut rien, on lui en veut moins, on sent qu’elle fait des efforts pour comprendre ce qui se passe autour la Blonde, même si elle comprend pas tout, mais c’est émouvant, elle y arrive presque des fois. Elle a une excuse la Blonde, en plus d’être jolie, elle est jeune, elle a un grand cœur. Bon, elle progresse, on se dit que ça va aller, puis paf, d’un coup, elle retombe dans l’obsession. L’Islam. L’Islam. Partout l’Islam. Tout le temps, toujours l’Islam.
Alors on a quand même pitié, les propos de la Blonde, même s’ils sont pas malins, ils nous font penser à tous ces français qui ont peur, nos frères, nos concitoyens, nos paysans, nos travailleurs, tous ces gens que les crevures de bobos parisiens à la télé désignent sous le vocable méprisant de « Beaufs ».
On peut les comprendre ces gens-là, on vit la même chose qu’eux. Leur gouvernement, le patronnât et plein d’autres messieurs en costard-cravate ont déclenché le cauchemar en ouvrant le robinet du tiers-monde, il y a 50 ans, sans leur demander leur avis. Ils ont vu leur France se transformer en un croisement improbable entre le Brésil, les Etats-Unis et l’Afrique du Sud. Des bougalous partout, à tous les coins de rue, des importations direct-de-là-bas, qu’il y manque plus que des machettes à la main et un os dans le nez, qu’on les croirait sortis des infos sur le Rwanda… Puis quand c’est pas les bougalous, c’est les descendants de fellagas, avec leurs joggings Décathlon, qui crachent, agressent, dealent et jurent « sur le Coran ». Alors notre frère français, ça l’emmerde déjà, vu qu’il s’est cassé de sa cité pour plus les voir après 30 ans d’économies et de travail ingrat, et voilà-t-y-pas qu’ils débarquent même dans nos villages. Puis à la télé, on leur parle du 11 Septembre, de Ben Laden et du Satan Iranien et tous ces barbus qui font rien qu’à gueuler Alawakbar et faire des attentats kamikazes. Alors pour notre concitoyen, l’équation devient évidente, rien ne ressemble plus à un bougnoule qu’un autre bougnoule. On lit le dernier Minute, on fait un petit tour sur Fdesouche, mais bon sang mais c’est bien sûr, il y a un empire Islamiste, là bas dans les pays étranges et plein de sable, quelque part entre Téhéran et Ryad. Et les mecs ils veulent conquérir l’Europe, et même que les racailles sont leurs soldats, ils sont financés par le pétrole et le shit et les mosquées c’est leur caserne (c’est pas si faux que ça en plus). Un jour on sera tous forcés de porter des burkhas et de bouffer des kebabs sauce Samouraï. Merde !
Et le pire, c’est qu’on peut pas leur reprocher de penser ça. Parcequ’on est pas des insupportables moralistes, pour commencer, le côté chevalier-blanc de la lumineuse bien-pensance, on laisse ça aux pets bouffis du genre Bernard Henry Le Vit ou Racoline Fourrée.
Et puis parcequ’on ressent exactement ce qu’ils ressentent, et que nous aussi on est énervés, énervés au point de passer des milliers d’heures à militer et parfois de se mettre dans des situations dangereuses pour défendre nos idées. Alors on ne les jugera pas plus que ça, ils sont déjà assez lynchés par les médias. Tout ça pour dire que la Blonde, au final, elle dit rien de plus que Gérard dans son bistrot. Simplement, la Blonde elle le dit pas dans un Bistro mais sur Youtube, et elle a pas le gros bide à Gérard, alors ça aide. Donc agacement, mais aussi pitié et sympathie.
Par contre, toi Christine, tu nous agace déjà passablement plus. Du coup on ressent un peu moins de pitié et de sympathie, mathématiquement.
Tu n’as pas l’excuse de la Blonde. Déjà t’es moins jolie, tu ressemble à une sorte d’institutrice hystérique, donneuse de leçon, avec sa voix stridente, son ton maternalo-moralisateur dégoulinant. Et puis tu n’as pas l’excuse d’être une beauf de base, Christine. Tu es prof de lettres classiques. Tu as donc faite des études. Tu as 48 ans, c’est ce qu’on appelle « l’âge mûr », pas l’âge-des-vapeurs-de-petite-fille non ? Donc tu es éduquée, tu devrais par conséquent produire un raisonnement un peu moins obsessionnel que le tiens. Tu devrais, tu en as même l’obligation, car ton site est lu, tes vidéos sont regardés, et tes idées influencent dans une certaine mesure l’évolution idéologique du milieu « patriote ». C'est-à-dire qu’à partir du moment où tu as une audience et une influence, tu as le devoir moral de produire autre chose que de la merde en boîte, Christine.
Une merde en boîte distillée par ta clique, qui contamine lentement et surement le patriotisme français. Quand c’est une gentille bimbo sans cervelle comme la Blonde qui s’en fait le relais, quand c’est un propos de comptoir prononcé après 3 ou 4 ricards, on peut fermer les yeux, on peut comprendre. Mais quand cette diarrhée mentale est distillée par une clique de gens qui savent ce qu’ils font et qui ont un écho politique, c’est bien plus grave. J’ai nommé Riposte Naïve.
Depuis environ une dizaine d’année, certains hystériques et obsédés de ton gabarit s’acharnent à nous faire croire que le problème, ce n’est pas le mondialisme, ce n’est pas la l’américanisation de la France, ce n’est pas la société de consommation capitaliste, les lois mémorielles, l’alignement sur l’Occident, ce n’est pas l’immigration massive et ses 300 000 entrées par an, mais …. C’est l’Islam, uniquement l’Islam, rien d’autre que l’Islam.
Après le péril brun, après le péril rouge, après le péril jaune, voilà le péril vert. Ben voyons ! Ils vont nous la refaire longtemps ? Faut croire.
Ton pote Jean Robin l’a dit : « Moi, ce n’est pas l’immigration qui me dérange, c’est l’Islam ».
Ton acolyte et amant, le gluant trotskyste Pierre Cassen, s’active à faire votre promotion tous les ans au salon du B’naï Brith, une mafia tribale et communautaire qui a été de tous les combats de l’Anti-France depuis des décennies.
Tu as même été jusqu’à vilipender la Manif Pour Tous et à soutenir le mariage gay. Tu reprochais aux manifestants de ne pas se mobiliser contre le seul danger qui le vaille : l’Islam.
Ton site moche, avec son horrible drapeau national au bleu électrique et ses photomontages laids digne d’un gamin de 5 ans associant des cochons et autres clichés parisiens, est régulièrement tribune pour tout ce que la France peut compter de néoconservateurs refoulés. Pour un peu, on ne serait pas surpris d’y voir un jour une tribune de BHL ou de Jean-François Copé. Du moment qu’il tape sur l’Islam, bien sûr.
Et toi-même, tu déclare en gros dans un article, à propos de Dieudonné, que « si le sionisme est l’ennemi de l’Islam, alors je suis donc sioniste et j’en suis fière».
Pour les incrédules,c’est dans le titre, vous pouvez vérifier.
Je lis : « Sa haine d’Israël est maladive et préoccupante ». Et alors ? Je croyais que t’étais française, Christine. Puis se dire choquée et apeurée par les petites quenelles marrantes de Dieudo alors que toi-même tu déverse un torrent d’hystérie quasi-religieuse contre l’Islam, c’est un peu hypocrite, non ? Tu dis que Dieudo prépare « ses troupes » à une insurrection en France à coups de boules puantes et de menaces téléphoniques… Mais ma pauvre Christine, Dieudo parlait justement de ce qu’on lui fait subir. T’es bigleuse à ce point ?
Et c’est quoi « les troupes » de Dieudonné ? Quelques centaines de racailles amorphes qui n’ont d’autres intérêts que leur petit deal local et qui ne pigent même pas 10% de ses spectacles ? Quelques milliers de geeks boutonneux pour qui le comble de la bravoure c’est d’esquisser un geste mimant le fist-fucking ? Sérieux, faut arrêter Christine. Tu vois des islamistes partout, on dirait une copie de Drumond dans ses mauvais jours, quand il avait des ballonnements.
Bon, sachant que le reste est de la même farine, on ne va pas s’emmerder à le réfuter point par point. Que chacun le fasse de lui-même, s’il se sent des affinités coprophiles.
Bref, Tasin, tu nous fais honte. Tu nous fais honte à nous nationalistes, qui ne sommes points des geeks Dieudolâtres ni des apôtres inconditionnels de Soral, et encore moins des islamophiles compulsifs ou des partisans de la société multiculturelle. Tu fais honte aux nationalistes qui depuis les années 60 ont dénoncé et combattus l’immigration massive, aux nationalistes qui qu’on a persécuté, tabassé, emprisonné, assassiné, vitriolé, simplement parcequ’ils déclaraient aimer leur pays ou remettre en cause le bien-fondé des lois mémorielles. Et ceux qui les ont persécuté, tabassé, emprisonné, assassiné, vitriolé, sont les mêmes que tu défends aujourd’hui, que tu déguise en braves patriotes, en amis de la France. Ce sont les mêmes sionistes qui en 1998 ont attaqué à coup de barres de fer un bus de retraités qui à un défilé du Front National et en ont blessé plusieurs. Ce sont les mêmes trotskystes, (Pierre Cassen !) qui traquaient les nationalistes et les patriotes dans les universités, brulaient le drapeau français constituent aujourd’hui l’ossature des groupes Antifas. Ce sont les mêmes trotskystes qui ont, aux Etats-Unis, engendré le mouvement néo-conservateur, celui qui cherche à imposer au monde la démocratie à coups de bombe, les spécialistes de l’assassinat d’enfants depuis des avions robotisés. Et qui lui aussi agite compulsivement le « péril vert » à tout va.
Et le plus marrant, c’est que ce sont ces mêmes néo-conservateurs, trotskystes, sionistes, démocrates hystériques et occidentalistes pourris qui ont, en 1999, applaudi le bombardement de la Serbie, pays chrétien, pour défendre les terroristes musulmans de l’UCK. Ce sont tes amis, Christine, qui financent les coupeurs de tête en Syrie, et c’est le Hezbollah que tu dénonce qui risque ses hommes pour défendre les églises et les chrétiens. Quelle ironie, n’est-ce pas ?
Et puis tu nous fais honte, tout simplement, par ta posture victimaire, tes pleurnicherie, ton invocation de la démocratie, des droits-de-l’homme, de la laïcité, de la liberté, que tu invoque pour justifier des demandes aussi absurdes que l’interdiction du Coran sur le sol français. Nous, nous sommes des nationalistes, pas des victimes.
Les islamistes, nous les connaissons. Les salafistes, nous les croisons lorsque nous rentrons chez nous tous les soirs, dans nos quartiers pourris. Nous connaissons leur logique, leur vision du monde. Elle est celle des prédateurs, des loups, des conquérants.
Et les prédateurs ne respectent pas les victimes. Ils ne respectent pas les chouineries hypocrites des gens qui n’ont, face au fanatisme et au djihad, que des cochons comme totem, des ricanements de petits gamins qui tirent la langue quand le prof à le dos tourné. Car c’est ce que vous faîtes. Vous osez en réclamer à la loi républicaine, en appeler à sa législation. « Papa, papa, achète-moi un bonbon ! »
Vous nous faîtes honte, et nous ne voulons pas être associés, nous, nationalistes, patriotes, révolutionnaires, travailleurs français en colère, dissidents de tous courants, à ta bande de vieux gluants monomaniaques, à vos discours schizophrènes, à la « droite dure » pour laquelle tu tapine et à cette odeur de victime qui vous colle à la peau.
Christine, tu as été prof, mais tu n’as pas fait tes devoirs, contrairement à nous. Nous nous sommes donnés du mal à connaître notre ennemi, à le comprendre, en sachant qu’un jour il faudrait le combattre et le vaincre. Et nous savons donc que l’Islam n’est pas un bloc monolithique, que la première ligne de défense contre l’Islamisme se situe à l’intérieur de l’Islam, dans le chiisme, le soufisme ou encore le nationalisme arabe qui défend nos frères chrétiens en se moment même du côté de Maal’oula. Nous savons que l’Islamisme n’est qu’une conséquence d’un fait essentiel qui est notre propre cancer civilisationnel et moral. Nous savons que l’islamiste ne se vainc pas avec de pleurs et des petits cochons (même si moi-même, faute de mieux, j’assistais il y a 4 ans à ton apéro foiré sur la place de l’étoile).
Pour vaincre l’islamisme, il faut avant tout que la France redevienne la France. Que nous amputons le cancer mondialiste, le cancer capitaliste, le cancer sioniste qui nous ronge. Il faut que les français fassent eux-mêmes ce que tu redoute tant : « plonger le pays dans une situation insurrectionnelle ».
Ce qui veut dire, Christine, qu’il va nous falloir devenir un peu islamistes nous-mêmes, un peu coupeurs de têtes, un peu fondamentalistes, un peu famille-nombreuses-et-prières-le-soir, un peu virils… Et un peu moins chouinards, un peu moins « indignés », un peu moins « honnêtes gens qui en appellent à môssieur le gendarme ». Un salafiste, au final, ça ne fait pas peur, ça ne se hait pas, ça se méprise et en attendant le jour où l’on pourra les descendre comme le font nos amis du Hezbollah en Syrie et au Liban, ça s’ignore, comme un étron canin frais émoulu sur le trottoir. Car le salafiste, par lui-même, n’a aucune pensée propre, aucune initiative, aucune ressource.
Il n’existe que par notre faiblesse. Il n’existe que par notre Tasinisme. Et le salafiste, il ne se combat pas par des apéros saucisson-pinard-mistouflette.
Alors, Christine, cesse de nous casser les oreilles avec ta déblatération victimaire, scandalisée, et hypocrite. Va potasser ton sujet, et ponds nous quelque chose d’intéressant, de pertinent, de frais, d’original, d’objectif.
On a pas envie de te ressembler, mais on a pas envie non plus d’être associé à ta connerie et à tes effets néfastes sur les cerveaux patriotes. Vois-tu, nous ne sommes pas des puritains ni des excités de la législation compulsive. Nous ne pensons pas qu’interdire le Coran changera quoi que ce soit dans ce pays. Qu’il explose, que nous puissions balayer la vermine au pouvoir depuis Giscard, et tous ses apôtres dont la plupart de tes amis, voilà la seule chose qui mettra un terme à la présence de barbapoux dans nos rues.
Bisou quand même, Christine, puisque par charité chrétienne, j’ose espérer que tu guériras. Ne t’en fais pas, après la révolution, on te réservera une place capitonnée à Sainte-Anne, avec Elisabeth Lévy.
Article de V. Y. transmis par Guillaume Lenormand
http://www.voxnr.com/cc/politique/EFlAZuVApENpwwXrAW.shtml