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France et politique française - Page 4560

  • France, terre d’exilés ?

    Fin 2012, 1.611.054 Français avaient quitté le pays pour tenter leur chance ailleurs. Un chiffre en croissance forte...

    Dans les toutes premières heures de cette année 2014, six navires militaires et autant d’hélicoptères – déployés au large des côtes italiennes dans le cadre de l’opération « Mare Nostrum » – ont permis le sauvetage d’un bon millier de migrants au large de Lampedusa. 1.056 personnes exactement en à peine 24 heures.

    Combien l’année passée ? Et combien à venir ?

    Dans le même temps, le gouvernement communique sur les mouvements de la population française. Migrations internes vers la région Ouest et la PACA. Et migrations externes.

    Fin 2012, 1.611.054 Français avaient quitté le pays pour tenter leur chance ailleurs. Un chiffre en croissance forte, et encore ne s’agit-il que des gens officiellement inscrits au « registre mondial des Français établis hors de France ». L’augmentation des émigrants est en moyenne de 4 % sur ces cinq dernières années, avec un pic à 6 % en 2011 :

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  • Adieu-vat Villers-Cotterêts ?

    Pour glaner quelques voix, Ayrault s’engage à ratifier la charte des langues régionales

    Il y a quelques semaines, la signature du Pacte d’avenir pour la Bretagne par Jean-Marc Ayrault fut entourée de nombreux errements.

    Son engagement en faveur de la charte européenne des langues régionales et minoritaires n’en est pas le moindre, en ce qu’il porte atteinte au statut de la langue française, ciment de notre République une et indivisible.

    En amont de son déplacement à Rennes le 13 décembre, il n’avait pas échappé au Premier ministre que les cohortes de manifestants bretons réunis à Carhaix ou à Quimper contre la politique fiscale du gouvernement comptaient leur lot de manifestants autonomistes voire indépendantistes bretons dont les revendications en faveur de l’autonomie de la Bretagne, et du breton comme lingua franca locale, dissonaient du reste. Ayrault a donc décidé de faire d’une pierre deux coups : signer le « Pacte d’avenir » pour répondre aux revendications majoritaires en matière d’économie locale, et annoncer la remise à l’ordre du jour de la ratification de la charte européenne des langues régionales et minoritaires, pour flatter les réclamations minoritaires en matière d’autonomisme régional. Ce texte, signé par M. Jospin au nom du gouvernement français en 1999, n’a en effet jamais été ratifié, du fait de son incompatibilité avec plusieurs points fondamentaux de la Constitution. [...]

    Alexis Jouhannet - La suite sur Causeur

     

  • Valls : la publicité détournée lui pique les yeux

    L'article du Progrès :

    VLa publicité :

    E

    Michel Janva

  • Dieudonné, ange déchu du système

    Le moins qu’on puisse dire, c’est que l’emballement médiatique et politique autour de Dieudonné ne peut pas passer inaperçu. Pas un jour sans une déclaration tonitruante, une menace ou un reportage, mais comment en est-on arrivé là ?

    Dieudonné, icône de l’anti-racisme

    Jadis Dieudonné, comme tout le monde le sait, était l’acolyte d’Elie Semoun. Il pourfendait le racisme et œuvrait pour la reconnaissance de l’esclavage comme crime contre l’humanité. Dieudonné, c’est celui qui est en première ligne à Dreux, lorsque le FN commence à faire des scores qui inquiètent la nomenklatura, Dieudonné s’oppose à Haider, Dieudonné est favorable aux sans-papiers. Dieudonné est alors plus proche des positions de Christiane Taubira que de celles de Jean-Marie Le Pen. Dieudonné est à l’époque à mettre dans le même panier qu’un Jamel Debbouze, avec lequel il joue d’ailleurs dans Astérix.

    Mais comment une telle icône de l’anti-racisme peut se voir accusée aujourd’hui de faire le jeu de la "bête immonde" ? C’est délirant n’est-ce pas ? Oui mais voila, Dieudonné va mettre le doigt là où ça fait mal.

    Dieudonné et le sionisme, une rencontre électrique

    Il est impossible de comprendre le parcours de Dieudonné, sans comprendre ce qu’on peut nommer en France la compétition victimaire, que se mènent autour des années 2000 les associations noires et les associations juives. Dieudonné estime alors que la question de l’esclavage est largement sous traitée, comparativement à celle de la Shoah. Aussi, Dieudonné fait parti de cette gauche pro-palestinienne, très hostile à la politique de l'Etat d'Israël. Il se fera désavouer par l’Inquisiteur officiel de la République, BHL, après un sketch sur un colon israélien. Il commence alors à critiquer l’omniprésence des « sionistes », c'est-à-dire les nationalistes juifs, dans les rouages de la culture française, mais aussi des médias et de la politique. Nous sommes en 2004, Dieudonné se regroupe alors autour de ses fidèles dans son théâtre et prépare un certains nombres de salves dévastatrices, dont la première sera le spectacle « Mes excuses ».

    Dieudonné, la quenelle et le combat par l’humour

    Très rapidement, Dieudonné va prolonger son combat par l’humour, il invente (ou pas ?) le geste de la quenelle, qui est une sorte de « fist fucking », de bras d’honneur assez scato. Il fait une chanson, « shoananas », qui cherche à dénoncer un « chantage mémoriel ». Enfin, une expression perce : « au dessus c’est le soleil » (avec le doigt en l'air) pour signifier qu’une personnalité est très importante. Il raconte dans ses sketchs ses déboires mais dépeint aussi un certains nombres de situations inventées ou non, et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il est drôle et parvient à réunir autour de lui un public nombreux et diversifié. Il crée une véritable communauté qui attend avec impatience ses vidéos et envoie des photos où chacun fait « la quenelle ». Ses propos corrosifs sur le sionisme, les négriers juifs, les hommes politiques (qu’il appelle clairement à faire dégager), ses rencontres avec Ahmadinejad, Le Pen (qui devient le parrain de sa fille), Faurrisson (à qui il décerne le prix de l’infréquentabilité) et son association avec Alain Soral poursuivent de le marginaliser.

    Dieudonné, un cas d’école

    L’histoire de Dieudonné, c’est donc au fond l’histoire de tous les résistants à l’Empire. C'est à dire de tous ceux qui à un moment donné se posent des questions sur certaines orientations géopolitiques, sur la version officielle de certains événements ou cherchent à briser des tabous médiatiques. D’abord on condamne moralement, de façon à rappeler la ligne à ne pas franchir aux braves gens, ensuite on diabolise, de façon à rendre le personnage infréquentable, à l’isoler, à le couper de tout soutien, à rendre sa promotion en public impossible et enfin on condamne judiciairement pour endetter le trublion, le mauvais farceur et le tuer par le porte-feuille. En périphérie, on menace, on agresse, de façon à diminuer et à désarçonner les troupes. C’est exactement la stratégie employée jadis contre Le Pen et le FN, stratégie à laquelle se joignait Dieudonné. Son histoire prouve, comme celle de Soral d’ailleurs, que même une personne bien introduite dans les rouages médiatiques et le système peut se faire excommunier en place publique. Dieudonné, c’est celui qui aurait pu finir saint de la religion mondialiste mais en devient un hérétique. Dieudonné est un ange déchu.

    Dieudonné, "montée aux extrêmes" et "stratégie du choc" ?

    Ce qui est évident, c’est une montée aux extrêmes (au sens Clausewitzien du terme) de la part de la dieudosphère comme de ses ennemis. D’un côté certains font la quenelle devant des synagogues, la rue des juifs ou tout ce qui concerne les juifs (on est plus simplement dans l’anti-sionisme, à moins de considérer que tous les juifs sont sionistes, ce qui est faux), et de l’autre, on parle de salut nazi inversé, d’interdire la quenelle, on agresse des « quenelliers », bref, du gros délire. Cette montée aux extrêmes pourrait tout aussi bien être une stratégie du choc et doit être analysée avec distance. Par « stratégie du choc » on peut entendre ce qui est écrit dans Gouverner par le chaos, c'est à dire un conditionnement de l'esprit des masses par des chocs successifs, tout comme on peut entendre par « choc » l’idée du « choc des civilisations ». Ce sont ici deux concepts différents mais qui dans les deux cas permettent au système de prospérer.

    Dieudonné, Robin des bois de la banlieue ?

    Je ne gloserai pas sur la « stratégie du choc », laissant cela à ceux qui maîtrisent mieux que moi les stratégies de conditionnement du système, en revanche, si on fait exception des quelques « nationalistes » qui se rendent à ses spectacles, le public de Dieudonné est un public plutôt issu des banlieues. Ce qui rend aujourd’hui Dieudonné « dangereux », c’est qu’il est en train, par internet et par ses relais associatifs, de détourner peu à peu la rébellion d’une partie des populations des banlieues vers le « Système » et non plus vers le Français moyen, l’électeur du FN. Il porte une voix totalement différente de celle que nous avons l'habitude d'entendre. C’est une véritable « révolution », car si des gens comme BHL ont récupéré la Marche des Beurs, c’était pour fédérer les « minorités opprimés » (juifs, noirs, arabes), qui n'avaient en commun que d'être des minorités, contre ce Français moyen fantasmé en gros beauf raciste votant FN. Une question pourrait dès lors se poser, cela ne fait-il pas qu'illustrer une fois de plus qu'une société multi-ethnique devient une société « multi-raciste »? Les différentes communautés, quand elles prennent conscience d'être autre chose que de simples "minorités" manifestent des intérêts et des aspirations qui peuvent devenir antagonistes. Au fond les tensions actuelles entre dieudonistes et sionistes ne sont que l'importation du conflit israélo-palestinien en France et les préoccupations d'une partie de l'opinion publique autour de cette question. Et puis comment être à la fois anti-raciste « ici », tout en fermant les yeux sur l’apartheid « là-bas » ? Un gamin de Trappes aura vite compris qu’il n’a pas grand-chose à partager avec l’UEJF, la LICRA et le CRIF… n'en déplaise aux chantres de l’anti-racisme institutionnel comme BHL. Ainsi, peut-on voir dans l'agitation du gouvernement la volonté de recadrer le champs d'action de l'anti-racisme autorisé et subventionné. Cela explique aussi l'offensive de la quatrième chaîne, celle du foot, du porno et de l'anti-racisme bobo.

    Dieudonné et la division de « l’extrême-droite »

    De fait, contrairement à une idée reçue, l’extrême-droite (définie par le Système) n’est pas unanime sur la personnalité de Dieudonné. Les anti-sionistes auront tendance à le soutenir, les suprématistes blancs ne voient qu’un « nègre », et les diverses formes de « néo-patriotes » ne l’apprécient pas vraiment, d’autant qu’il reçoit le soutien de quelqu’un comme Anelka, qui n’a pas vraiment bonne presse chez les patriotes (antillais banlieusard converti à l’islam, qui insulte son entraîneur et provoque la France) et de nombreux banlieusards et autres femmes voilées. La quenelle devant le panneau de la bataille de Poitiers par 3 musulmans en djellaba n’arrangeant pas les choses. Du coup, encore une fois, cette histoire contribue à fragiliser un prétendu « camp national », à radicaliser les discours dans un sens (patriote anti-sioniste) ou dans l’autre (patriote pro-sioniste anti-islam). Ici encore, l’absence d’une doctrine claire, la monomanie des uns et des autres, la position d’éternels spectateurs, empêche le « camp national » d’avoir une quelconque prise sur les événements. Même Alain Soral est un peu l’ami malheureux, ses videos sont moins regardées que celles de Dieudonné, son analyse sociologique est résumée à la question juive et à la quenelle alors que sa pensée est nettement plus complexe, fine et en un mot : politique.

    Dieudonné et nous

    Pour notre part, nous convenons que c’est un humoriste doté d’un grand talent et de nombreux sketchs nous font rire. Nous sommes assez consternés, pour ne pas dire scandalisés, par la cabbale médiatique qu’il subit, mais au fond, cela ne nous étonne pas, il y a des sujets avec lesquels on ne plaisante pas, et beaucoup sont en train de le découvrir.

    Nous ne partageons pas le fond idéologique de Dieudonné, la cause noire n’étant pas directement la nôtre, nous n’avons pas vraiment comme référence Mandela ou Farrakhan… et n'approuvons pas le métissage. En revanche, nous ne pouvons qu’approuver sa dénonciation de la LICRA. Dieudonné à clairement levé le lièvre. En effet, à aucun moment de son parcours, Dieudonné n’a été condamné ou inquiété pour ses positions sur la France ou les blancs, mais il l'est désormais pour ses positions sur Israël. Ainsi la justice française se montre tendre avec tous ceux qui sont hostiles à la France mais se révèle impitoyable avec les positions anti-sioniste de Dieudonné, comme de Soral d'ailleurs.

    Il nous faudra surtout être attentif à la tournure des événements, à la façon dont cette hystérie collective va tenter d’augmenter d’un cran le contrôle de l’opinion. Ne perdons pas non plus de vue que derrière la quenelle, il n'y a aucun projet politique.

    Conclusion :

    Quelles sont les hypothèses sur le sens de cette affaire ?

    - permettre à Manuel Valls d’affirmer l’autorité de l’Etat, particulièrement malmenée, on est dans la continuation de « l’affaire Méric », de l’arrestation de Varg Vikernes et des dissolutions.

    - faire éclater des troubles civils entre les banlieusards et le reste de la population, faire monter la tension, autour des salles de spectacle, dans la rue, en banlieue.

    - obliger la droite à se positionner pour accentuer la fracture entre l’UMP (hostile) et le FN (neutre)

    - mettre l’extrême-gauche pro-palestinienne face à ses responsabilités en matière d’anti-racisme et d’anti-sionisme.

    - faire disparaître le duo Dieudonné-Soral avant qu'il y ait véritablement un enjeu populaire induit par les effets de la crise et que les deux hommes deviennent les porte-voix d’un grand mouvement populaire anti-système.

    - ostraciser l’anti-sionisme pour empêcher que toute critique du système liée à la crise conduise à une critique des intérêts sionistes.

    Jean

    http://cerclenonconforme.hautetfort.com/archive/2014/01/02/dieudonne-ange-dechu-du-systeme-5260471.html

  • Robert Steukers : Identité(s) Européenne(s) et actualité internationale

  • Les colères grondent et s’agrègent…

    jour-de-colere

    Les patriotes se retrouveront tous dans la manifestation de colère du 26 janvier, et uniquement dans celle-ci.

    On jauge un arbre à ses fruits. La Manif Pour Tous, si joyeuse et motivante fut-elle, – et elle le fut ! – engendra de belles branches (Veilleurs, Mères Veilleuses, Printemps français), mais pas le fruit pour lequel on la choyait : le rejet du projet de loi Taubira dénaturant le mariage.

    Les accointances mortifères avec l’UMP ne font que confirmer ce que chacun ressentait depuis une certaine manif : La Manif Pour Tous, aussi belle l’aventure fut-elle, c’est aujourd’hui l’échec-en-chantant.

    Il faut donc passer à une autre type d’action(s), comme nous le confirment tous les cadres de la Police qu’il nous arrive de croiser encore aujourd’hui. Du genre mais enfin, vous êtes naifs ou quoi ? Il n’y a qu’à voir ce qu’ont obtenu les Bonnets Rouges avec quelques actions bien senties et bien placées…

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  • Charles Beigbeder veut "libérer Paris"

    Lu ici :

    "Annemie Turtelboom abandonne son avant-projet de loi concernant la filiation pour les couples homosexuels. La ministre de la justice souhaitait permettre aux couples de personnes du même sexe de bénéficier de la filiation automatique. Voilà plus d'un an que cet avant projet de loi est discuté. Mais à présent le texte est enterré. En cause: le blocage persistant au sein du gouvernement fédéral à son sujet."

    Louise Tudy

  • Jacques Bichot : Il existe un clivage important entre une droite dirigiste et une droite libérale

    « Enquête sur la droite en France : Jacques Bichot : Il existe un clivage important entre une droite dirigiste et une droite libérale »

    Professeur émérite à l'Université Lyon III, économiste libéral, spécialiste de la protection sociale, Jacques Bichot a présidé l'association Familles de France. Il est membre honoraire du Conseil Economique et Social.
    Monde et Vie : Jacques Bichot, pensez-vous qu'il existe encore une gauche et une droite ? Si c'est le cas, qu'est-ce qui les différencie, au-delà de l'aspect partisan ?
    Jacques Bichot : Cet aspect partisan, celui de la conquête du pouvoir, reste malgré tout déterminant. Les idéologies ne sont pas complètement négligeables, mais l'essentiel tourne quand même autour de la volonté de parvenir aux postes de commandement.
    C'est ce qui explique que l'on puisse parler de FUMPS et que, quand la droite revient au pouvoir après la gauche, elle n'agisse pas vraiment autrement qu'elle. Il existe cependant des personnes qui possèdent des convictions : de ce point de vue, il existe un clivage important entre une droite dirigiste et une droite libérale, ainsi qu'entre,une droite conservatrice en matière sociale, sur les conceptions de l'existence, et une droite « libertaire » - je distingue bien libéral et libertaire. La tendance de l'UMP est essentiellement dirigiste, comme l'a montré la manière dont le parti de Madelin a été phagocyté et réduit à néant lorsqu'il s'est en quelque sorte fondu dans l'UMP. Et cette évolution dirigiste de la droite marque aussi bien le Front national que l'UMP : quand Jean-Marie Le Pen le présidait, le Front national avait des positions économiques plutôt libérales, alors que sous la présidence de sa fille le pouvoir a été pris au sein de ce parti par des chevènementistes, partisans d'un nationalisme inscrit dans un cadre extrêmement dirigiste. Naguère, des penseurs comme Maurice Allais ou Maurice Lauré, qui avaient des positions prudentes par rapport aux excès de la mondialisation, n'en étaient pas moins libéraux. Aujourd'hui, se trouvent d'un côté des libéraux favorables à une mondialisation échevelée et de l'autre, des nationalistes dirigistes.
    En va-t-il de même en matière politique et sociale ?
    En matière de mœurs, le dirigisme est libertaire. De ce point de vue, l'évolution a été largement conduite par la gauche.
    Malgré quelques penseurs de droite qui tentent de résister, les positions de la droite politique sont seulement décalées de quelques kilomètres par rapport à celles de la gauche, mais l'une et l'autre sont engagées sur la même route. Sur les sujets de famille, de patriotisme, de morale, on ne voit pas de différence, la droite suivant le mouvement. Voyez, par exemple, la manière dont sont mis en cause le quotient familial et le quotient conjugal, par lesquels l’État reconnaît que la famille est un corps intermédiaire, la cellule de base de la société, et qu'il n' a pas seulement affaire à des individus, mais à des individus constitués en communautés, dont la famille est la plus petite mais la plus importante. Les adversaires du quotient familial disent qu'il introduit une réduction d'impôt, sans que la droite ne réagisse.
    Ce qui est le plus près des personnes, c'est d'abord la famille, puis l'association ou l'entreprise, voire la commune
    Or, raisonner en termes de réduction d'impôt à propos du quotient familial signifie que le contribuable n'est plus le foyer fiscal, mais le couple parental, ou le parent isolé - ce qui revient déjà à détruire l'idée de foyer fiscal et de famille. Un rapport récemment publié, qui met le quotient conjugal sur la sellette, prône aussi l'individualisation de l'impôt L'on évacue ainsi l'idée que la société est constituée de familles autant qu'elle est constituée d'individus, et l'on entre ainsi dans le système, bien décrit par Tocqueville, d'une société complètement atomisée face à l’État qui en assure le bien-être. Le même rapport qui menace le quotient familial, veut étendre la logique d'individualisation aux mécanismes de secours comme le RSA, ou à l'assistance aux personnes en situation difficile. Il y est dit nettement qu'il n'existe pas de devoir de soutien des époux entre eux, ni des parents vis-à-vis des enfants, ou vice-versa : c'est à l’État qu'il appartient de régler tout ça !
    Mais l'idéologie libérale fait-elle place aux corps intermédiaires ?
    Je vous citerai le passage de Tocqueville, dans lequel il s'occupe du problème de l'alcoolisme : en France, dit-il, on pétitionne pour que l’État s'occupe de l'alcoolisme, aux États-Unis on crée une association qui s'occupera de la désintoxication... Qu'est-ce qu'une association, sinon un corps intermédiaire, capable de résoudre un certain nombre de problèmes sans que l’État vienne tout régenter ? La pensée libérale - en tout cas celle qui me plait - cherche à régler un certain nombre de problèmes conformément au principe de subsidiarité, c'est-à-dire au plus près des personnes ; or, ce qui est le plus près des personnes, c'est d'abord la famille, puis l'association ou l'entreprise, voire la commune, avant d'en venir à des macrostructures. L'une des raisons qui explique l'exaspération des gens à rencontre de l'Europe, par exemple, vient de ce qu'elle n'applique absolument pas le principe de subsidiarité. Comme le disait un syndicaliste de la CFDT, les problèmes sont plus facilement résolus par les gens qui les connaissent de près que par ceux qui les voient de loin : c'est cela, la subsidiarité.
    Propos recueillis par Eric Letty Monde&Vie Décembre 2013