Fortes d'une notoriété croissante, les activistes du mouvement Femen prétendent incarner un féminisme d'un nouveau genre. Mais en dépit du bruit médiatique, des constantes demeurent.
À l'approche de la journée de la femme, qui sera célébrée vendredi prochain (le 8 mars), les activistes féministes du mouvement Femen bénéficient d'une exposition médiatique inédite. France 2 vient de diffuser un film qui leur était consacré, la veille du jour où devait paraître le livre signé de leurs fondatrices ukrainiennes. D'aucuns jugeront leur notoriété inespérée : dans l'Hexagone, elles ne compteraient qu'une quinzaine de militantes, si l'on en croit Menly.
Complaisances
Civitas n'a pas manqué de dénoncer la « collusion » que nos confrères entretiendraient avec cette « milice antichrétienne ». Il la dénonce sans relâche, depuis le jour où ses militants s'y sont heurtés. C'était le 18 novembre dernier, à l'occasion d'une manifestation organisée contre le "mariage homo". Très complaisante à l'époque, la classe politique s'est montrée plus réservée après que les "sextrémistes" se furent données en spectacle le 12 février dans la cathédrale Notre-Dame de Paris. « Les Femen ont probablement perdu leur aura dans cette provocation de trop », a commenté l'abbé Guillaume de Tanoüarn. Seuls 14 % des Français déclareraient approuver leur initiative, « tant sur te mode d'action choisi que sur les idées qu'elles y ont défendues », selon une étude Harris Interactive pour VSD. À l'inverse, 44 % s'y montreraient hostiles à tous points de vue. Confrontées à ce relatif désaveu, les Femen pointent les réactions schizophrènes de nos compatriotes : « Quand les Pussy Riot font un happening dans une église moscovite ou quand Inna coupe une croix orthodoxe à la tronçonneuse à Kiev, ça passe parce que c'est à l'étranger », a déclaré Éloïse Bouton, l'une de leurs militantes, citée par le quotidien Métro. « Ça choque parce qu'on touche à quelque chose qui pose problème », a-t-elle expliqué. Et d'affirmer que « la France n'est pas aussi laïque qu'elle le croit ». « Nous ne nous attaquons pas particulièrement à l'Église », nuance Elvire Duvelle-Charles, dans un entretien accordé à Menly. « Mais on a forcément une réticence envers l'Église parce qu'elle est sexiste, rétrograde, misogyne, en retard sur beaucoup de sujets comme le Pacs ou l'avortement. » De son point de vue, c'est la survivance d'un certain patriarcat qu'il s'agirait d'abattre. « En enlevant nos tee-shirts, nous dénonçons le système machiste de manière bien plus efficace que si nous prononcions de beaux discours », soutient sa camarade Anna Hutsol, citée par Le Journal du dimanche. Vraiment ? Peut-être devrait-elle méditer les résultats des enquêtes d'opinion. Toujours selon le même sondage, « les hommes semblent porter un regard plus positif sur le choix des Femen de manifester seins nus dans Notre-Dame de Paris : 21 % approuvent à la fois le fond et la forme de l'intervention, contre 9 % chez les femmes ». Ces messieurs seraient-ils émoustillés ? Cela n'est pas sans rappeler l'histoire de Phryné, cette hétaïre grecque qui obtint la clémence de ses juges après que son avocat l'eut dénudée devant eux... Par ailleurs, au risque de verser dans la psychologie de comptoir, nous attribuerons à quelque refoulement l'inclination des plus critiques à dénigrer le physique de ces demoiselles...
Un vieux fantasme
« On veut donner une autre image de la nudité, laquelle n'est pas destinée qu'à la séduction », poursuit Elvire Duvelle-Charles. Ce serait « le symbole de la femme forte, combattante, vindicative ». Mais cette force propre aux femmes ne procède-t-elle pas précisément, dans une certaine mesure, du désir qu'elles suscitent chez les hommes ? « La nudité est notre armure », explique-t-elle encore. Ce faisant, s'érigeant en guerrière, elle arbore le costume d'une amazone - laquelle hante les fantasmes masculins depuis la nuit des temps, jusqu'aux jeux vidéo les plus récents, où les héroïnes à forte poitrine sont légion. La démarche des Femen s'inscrit d'ailleurs dans une tradition historique. On ne compte plus les causes pour lesquelles des volontaires sont prêts à se déshabiller - de la protection des animaux à la récolte de fonds pour Emmaüs, en passant par le financement d'une association de parents d'élèves... Dans un registre plus militant, on se remémorera les "journées sans soutif", ou l'initiative des Tumultueuses s'exhibant topless dans les piscines de Paris il y a quatre ou cinq ans. Dans les années quatre-vingt, llona Staller, la "Cicciolina", avait même été élue au parlement italien après avoir fait campagne en tenue légère.
De fait, « l'intimité féminine, dans ce qu'elle a de plus visible, a toujours été l'enjeu de luttes politiques qui mobilisent tout le corps social », comme l'observent Caroline Pochon et Allan Rothschild dans leur ouvrage consacré au « culte des seins ». Les Femen n'ont rien inventé ! « Nous savons que nous ne pouvons changer le monde toutes seules », confesse Elvire Duvelle-Charles. Avec ses congénères, peut-être nous en rappelle-t-elle, paradoxalement la vraie nature, dont les activistes féministes sont prisonnières comme tout un chacun.
Grégoire Dubost Action Française 2000 du 7 au 20 mars 2013
France et politique française - Page 4988
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Pour en finir avec la Femen
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Surconsommation médicale et chirurgicale : la loi de l’argent
Surconsommation médicale : des responsabilités partagées.
Tel est le titre d’une communication du Docteur Nicole Delepine, responsable de l’unité d’oncologie pédiatrique de l’hôpital universitaire Raymond Poincaré à Garches.
Pour les doctrinaires libéraux la maîtrise des dépenses de santé passe par la privatisation puisque le même acte coûterait moins cher dans le secteur public que dans le secteur privé. Pour les gestionnaires publics des Agences régionales de santé (ARS), le salut financier suppose la rationalisation et la performance des structures. Au final on trouve la loi de l’argent qui débouche sur la surconsommation médicale dénoncée par les professeurs Debré et Even dans le Guide des 4000 médicaments utiles, inutiles ou dangereux ; ou par la pédiatre et oncologue Nicole Delepine dans Le Cancer, un fléau qui rapporte.
La chirurgie a bonne réputation : à juste titre, en raison de ses succès, dans le domaine cardiaque notamment ; mais aussi à tort, car le souci de rentabiliser les équipements, l’appât du gain, la crainte des procédures pénales, l’excès du principe de précaution et la soumission naïve à la publicité et à la propagande expliquent la multiplication des interventions inutiles : césariennes (dans 20% des naissances), ablation trop systématique de thyroïdes ou de prostates, prothèses du genou superfétatoires.
De telles interventions sont économiquement rentables pour le secteur hospitalier (public ou privé) mais coûteuses pour la Sécurité sociale et nuisibles à des patients dont ils aggravent le taux de morbidité sans améliorer l’espérance de vie.
Polémia donne ici en lecture un article du docteur Delepine paru dans economiematin.fr sur « La surconsommation médicale : des responsabilités partagées ». L’auteur y pointe la responsabilité partagée des chirurgiens, des gestionnaires, des normes et des quotas, du ministère et des médias mais aussi des patients.
Polémia.La surconsommation médicale n’est pas que médicamenteuse. Les responsabilités sont partagées entre gestionnaires, agences sanitaires, médecins, patients et médias.
La santé n’est pas un bien de consommation comme les autres. La soumettre aux lois du marché induit des comportements nuisibles.
La multiplication des indications de césariennes passées de 10% à 20 % des accouchements en France entre 1980 et 2010 est officielle. Les appendicectomies sans appendicite, les coloscopies rapprochées et gastroscopies , les arthroscopies, sont d’autres exemples connus de tous.
Les chirurgiens sont payés à l’acte. Plus ils opèrent, plus ils reçoivent d’honoraires. Le chirurgien ne peut refuser d’opérer un malade adressé avec une lettre du médecin traitant affirmant l’opération nécessaire ; le médecin n’apprécierait pas de perdre la face et parfois le pourcentage des suppléments d’honoraires (dichotomie formellement interdite par le code de déontologie mais tenace). On affirme aux malades consultant pour des douleurs du genou dans de célèbres cliniques qu’une prothèse est nécessaire alors que leur articulation ne le justifie pas et que des infiltrations les auraient soulagés.
Les gestionnaires
Un chirurgien ne peut opérer sans plateau technique lourd et l’autorisation des gestionnaires, formalisée par son contrat d’activité. Certains groupes insèrent une clause d’activité exigeant un chiffre d’affaire minimum. Clause parfaitement illégale, refusée par le conseil de l’ordre lorsqu’il en a connaissance. Clause révélatrice de la pression qu’exercent les directions qui peuvent rompre un contrat de leur chirurgien pas assez « rentable », considéré uniquement en fonction de ce qu’il rapporte.
Ainsi voit-on s’afficher chaque mois dans certains blocs un tableau d’honneur des praticiens classés en fonction de leur chiffre d’affaires! (comme chez Mac Do ou en ex URSS …)
Responsabilité des normes
Responsabilité des normes et des QUOTA imposées par les agences régionales de santé (ARS) et l’institut national du cancer (INCa). Il a été fixé des seuils minimums d’activité annuelle par établissement. L’une des plus « pousse au crime » concerne les cancers de la prostate: un établissement doit réaliser par an au moins 20 prostatectomies. Lorsqu’en novembre, on a opéré que 12 prostates, le directeur organise une « réunion de crise » et rappelle aux chirurgiens qu’ils doivent opérer encore 8 prostates avant la fin de l’année pour garder l’accréditation. Moralité: ne consultez pas en fin d’année.
Le ministère de la santé et les médias complices
Le « palmarès des meilleurs établissements » est basé essentiellement sur le nombre d’interventions réalisées. Pour figurer en première place (dans les hebdomadaires), l’établissement doit faire opérer ses chirurgiens plus que ses concurrents. Le palmarès ne tient pas compte de l’utilité des opérations ni de leurs résultats. Peut-on rêver d’un mécanisme plus inflationniste ?
Les patients
Le mythe de la chirurgie plus efficace que la médecine est ancré et trop de patients jugent la qualité en fonction du niveau des suppléments. Une simple tendinite du genou peut conduire le médecin traitant après un premier avis chirurgical négatif à adresser son « malade » chez son correspondant, « meilleur chirurgien du secteur », qui décide le patient à se faire opérer en urgence, en payant pour une intervention banale un supplément de 700% du tarif de la sécurité sociale (annoncé à la sortie). Rappelons qu’un devis préalable est légal et qu’en son absence le malade peut refuser de payer le supplément.
Un haut niveau de ressources financières ne met pas à l’abri des actes inutiles. Mettez vous à la place de ce chirurgien américain du milieu sportif. Le pilier de l’équipe professionnelle (plusieurs millions de dollars de revenus annuels) vient consulter pour un gros genou douloureux après choc sur le terrain. Le chirurgien diagnostique une entorse bénigne. L’alternative est simple: simple infiltration ou « par prudence » arthroscopie avec traitement chirurgical « réparateur ».
Dans le première option, (médicalement la meilleure), il recevra 1000 dollars et paraîtra peu actif. Dans la seconde, il pourra demander 20.000 dollars, il s’attirera la considération de son directeur, obtiendra une publicité gratuite qui augmentera sa notoriété (et donc le niveau de ses honoraires ultérieurs) et la gratitude du malade qu’il aura « sauvé ». Quelle proposition l’emportera ?
Conclusion
Le surtraitement chirurgical touche de nombreux patients, parfois source de complications graves. Pour prévenir ces interventions inutiles, il faudrait supprimer la folie des normes, les palmarès trompeurs, chasser la dichotomie (suspicion légitime) et cesser de croire que le prix est critère de qualité.
Nicole Delepine Economie matin .fr 2/04/2013 http://www.polemia.com
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Harlem Désir: plus honnête que moi tu meurs
Vendredi dernier, lors d’une réunion avec des militants socialistes, le Secrétaire du PS Harlem Désir s’est déclaré « favorable à un référendum sur la moralisation de la vie politique », parlant de « sursaut démocratique ».« Moralisation de la vie politique », parlons-en !... De novembre 1986 à octobre 1987, Harlem Désir occupe la présidence de SOS Racisme tout en étant salarié par l'« Association régionale pour la formation et l'éducation des migrants », basée à Lille, en tant que « formateur permanent ». Pour cet emploi fictif, il perçoit un salaire mensuel net de 8 900 francs. Cela lui vaut d'être condamné, le 17 décembre 1998, à 18 mois de prison avec sursis et 30 000 francs d'amende pour recel d'abus de biens sociaux.De plus, ce « grand moralisateur » de la vie politique a également bénéficié d’une amnistie de François Mitterrand concernant une dette de 80 000 francs au Trésor Public, relative à des amendes de stationnement (décision de justice du 9 mai 1992) alors qu'il était président de SOS Racisme.Alors, souvenons-nous : en 2010, Cahuzac donnait lui aussi des leçons de morale politique (voir l’article du 06 avril 2012)… Voir aussi « Ces élus PS trainés en justice ».
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Crise politique
Par Jacques Sapir
La crise politique, que l’on avait annoncé dans une note publiée il y a un mois [1], est désormais une réalité. Elle n’attendait qu’un détonateur pour exploser, et ce dernier a été fourni par la funeste « affaire Cahuzac ».
Notons qu’entre temps les nouvelles, mauvaises pour ce gouvernement, se sont accumulées. Le rejet par la cour constitutionnelle portugaise d’une partie du plan d’austérité [2], mais aussi l’annonce officielle de la chute de la consommation en France pour le mois de février [3] , sont venues apporter de l’eau à notre moulin. La politique suivie par le gouvernement français est aujourd’hui dans une dramatique impasse. Plus il persistera à la poursuivre et plus grave sera la situation. Il est d’ailleurs exemplaire, et très symbolique, qu’elle soit survenue au moment même où était discuté à l’assemblée le projet de loi sur l’Accord National Interprofessionnel, dit ANI, accord signé à la sauvette par trois syndicats et le MEDEF. Ce scandale, car c’en est un pour un gouvernement qui se prétend « de gauche » que de faire passer dans la loi un train de mesures dont certaines sont en réalité contraires au droit européen et international du travail, pour moins spectaculaire qu’il soit, valait bien en réalité l’affaire Cahuzac.
L’affaire Cahuzac et ses conséquences
Cette affaire est en réalité fort simple. Elle démarre par des accusations portées sur le site de Médiapart le 4 décembre 2012. Elle combine une fraude fiscale sur des montants visiblement bien plus grands que ce que Jérôme Cahuzac a reconnu, car l’on parle désormais de 15 millions et non plus de 650 000 euros4 et un mensonge politique. Le ministre Cahuzac ayant publiquement, et en séance de l’Assemblée Nationale, affirmé qu’il ne détenait pas de compte en Suisse. Le second aspect de cette affaire est, bien entendu, le plus révoltant. On notera cependant, à propos du premier aspect de cette affaire, que la banque Julius Baer avait exigé de Cahuzac une déclaration fiscale, redoutant un problème, et que ce dernier avait fourni un faux. Il pourrait dès lors être passible de poursuites en Suisse. Ajoutons que la Julius Baer, qui est une banque de gestion de patrimoine, n’a pas dans ses habitudes d’accepter des clients pour moins de 2 à 5 millions d’Euros suivant les opérations. Ceci réduit à néant l’affirmation de Cahuzac de n’avoir « que » 650 000 euros sur ce compte. [...]
La suite sur RussEurope
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Le jouet et le Titanic
Ne pas se faire d’illusion. C’est inutile, douloureux, et vile.
De la part des « politiques » du mouvement « patriote », l’argument du réalisme est plaisant. On croit que le monde bouge parce qu’on marche.
Illusion d’optique !
Marche-t-on vraiment, du reste ? On confond parfois le tapis de course avec le chemin de randonnée. Et le déroulé du paysage n’est parfois, du reste, qu’une projection onirique et pathétique.
Qu’est-ce que la réalité ?
Qu’est-ce que la réalité française ?
La réalité de ceux qui se disent encore « français » ?
Comment juger de la réalité, sinon d’un point qui lui soit extérieur ?
Comment juger de choses, sinon à partir d’un point d’optique ?
Comment appréhender, s’emparer de la réalité, la soulever, sans un levier conceptuel suffisant ?
La réalité ne se réduit pas à un empirisme que l’on ajuste, tant bien que mal, à un souci programmatique.
Si l’on demandait à la plupart des Français, en leur détaillant de façon concrète la vérité historique d’un certain état d’existence, sans fioriture ni romantisme - ce qu’a été, un moment, le fait d’être « français » - je parie le rejet dégoûté. Des habitudes anciennes deviendraient vite des tourments.
Non qu’il faille nécessairement évoquer, pour étayer leur prise de conscience, la relative insuffisance, dans les temps pas si lointains, de ces gadgets qui divertissent notre existence et paraissent donner entièrement raison à Pascal. Le sentiment d’appartenance, a priori, ne prend pas sa source dans la plus ou moins grande quantité d’objets possédés.
Encore qu’il soit nécessaire de corriger cette assertion. En effet, la quantité, comme le savaient les sages anciens, n’est pas sans déterminer la nature de la qualité, et, éventuellement, son degré d’excellence. Il en aurait été autrement si stoïciens, platoniciens, épicuriens même, et quasi tous les Pères de l’Eglise – à la suite de Jésus – n’avaient prôné une certaine pauvreté de mœurs, un dépouillement matériel, du moins un détachement sincère par rapport aux superfluités de la vie. Le gain, pour celui qui était capable de perdre cette dernière, était une sorte d’éternité, quelle qu’ait pu être la définition qu’on en donnât.
Toutefois, c’étaient les occupations d’une élite, pourrait-on rétorquer.
Ce l’est sans doute moins pour le christianisme, qui ambitionne de réformer le peuple, ce que ne prétendaient pas faire les Philosophes grecs et latins.
A cela, il est aisé de répondre que, pour ce qui concerne le commun des mortels, la nécessité fait souvent vertu. Le dénuement pérenne, qui faisait partie de l’ordre immémorial des choses, et qui a perduré jusqu’à l’avènement de la société de consommation, contraignait, sans qu’on eût à y prendre garde – bien qu’existât une sagesse des nations, pour laquelle l’argent ne faisait pas le bonheur, etc. – au minimum requis pour ce que George Orwell nomme « une vie décente ». Cette existence, bien qu’entachée nécessairement par les défauts inhérents à la nature humaine, se déroulait malgré tout avec un minimum de relations authentiques, de solidarité et de souci des autres, voire de sens politique, civique, d’une conscience qu’il y a des choses qu’il ne faut pas faire, même dans les détails apparemment anodins de la quotidienneté.
Si cet état de la société, finalement si tranquille, si équilibré par rapport au capharnaüm mondial actuel – et toute personne d’un certain âge est encore capable d’en avoir le souvenir et de mesurer les changements irrémédiables qui se sont produits depuis quarante ans – n’avait pas existé, l’autorité de structures d’ampleur comme l’Eglise ou le parti communiste – sans évoquer celle de l’Etat – n’aurait pas été possible.
Il fut une époque où ce qui a volé en éclat – la famille, l’Etat, la patrie, la politesse, la pudeur, la sociabilité, la réserve, la fidélité etc. – allait tellement de soi – et même les transgressions en garantissaient la légitimité, tandis que maintenant, les outrages, les profanations, les violations, les provocations sont d’un conformisme bourgeois ! – que l’on en respectait l’esprit, sinon la lettre, sans qu’on eût à se poser trop de questions, comme monsieur Jourdain usait de la prose depuis toujours, sans qu’il en sût rien.
Il ne s’agit pas de tomber dans le travers, propre aux gens d’un certain âge, de louer le passé et de condamner le présent. Une fois qu’on prend conscience de ce défaut trop humain, on se garde bien d’y tomber. Cependant, les jeunes générations, qui ont suivi les bouleversements sociétaux profonds, parfois comme des cadavres portés par le courant, par la mode, chambardement sans aucune mesure avec ce que l’Histoire nous enseigne – le passage par exemple de l’Antiquité tardive au « moyen âge » fut moins profond que ce qui s’est produit sous nos yeux et dans nos têtes – sont de plus incapables de comprendre ce qu’a pu être le monde d’autrefois. Et cet « autrefois », à l’échelle humaine, n’est que de l’ordre d’un demi-siècle. Mais si l’on porte le regard encore plus loin, vers ce que fut par exemple l’Europe avant la grande boucherie de 14-18, ou bien même encore plus en arrière, avant la révolution industrielle, qui trancha dans la chair de la civilisation occidentale, on ne manquera pas de saisir l’abîme qui séparent des espèces d’humains aussi différentes que le sont celles des animaux.
Vouloir ressusciter ce monde disparu est propre au phénomène de l’illusion historique. La révolution française a désiré reconstituer l’Antiquité républicaine, dans les faits, elle a achevé le processus civilisationnel qui y mettait fin, par un malentendu épique.
Laissons les morts enterrer les morts.
Toute finalité d'une civilisation est de garantir, ou de rendre possible, une "présence", c'est-à-dire une ouverture à l'authenticité de l'existence. L'enjeu actuel, sa gageure, est de déterminer où se situe cette parousia.
Il faut convenir que la seule réalité qui compte pour tous, c’est la chose tangible qui nous environne, le « Français » tel qu’il est, ou plutôt le consommateur mondialisé, déraciné, américanisé, complètement amnésique.
L’erreur de ceux qui se rattachent au souvenir d’une patrie désormais désagrégée, c’est de penser qu’un tel désastre est le fruit d’un complot, et comme tel susceptible d’une solution, à condition d’inverser l’orientation de la volonté politique. Or, ils ne prennent pas garde que le discours traditionnel, nationaliste, identitaire, n’est plus qu’une composante d’un patchwork postmoderniste, au même titre que son contraire. Le sentiment d’appartenance est un tout, c’est un fait social organique et holiste, qui ne s’appréhende que rarement – seulement à l’occasion de grands événements historiques, graves et profonds – comme un choix. Et à condition qu'il en existe encore le sol qui le motive. Or, du fait que c’est désormais une option, une « préférence », du même coup, on en saisit toute la vanité, la vacuité.
Tout, du reste, sans qu’on en explicite la vérité, se présente, réellement, comme si la lutte nationale consistait à préserver, contre l’agression mondialiste et les destructions qu’elle entraîne, une société qui n’a nullement abdiqué les réflexes qui sont justement à l’origine de cette logique mondialiste et libérale. L’argument concret, pour le Français lambda, c’est de défendre la possession et l’usage de ses gadgets préférés, qu’une société injuste, minée par le chômage et la précarité, tente de lui enlever.
Poser le problème en ces termes est répondre à la question sur les virtualités d’un combat authentiquement révolutionnaire.
Le plus plausible est que les voix iront à ceux qui assureront – sans peut-être y parvenir, car nous sommes dorénavant dans le règne fatal de la destruction universelle – préserver encore quelques lustres la jouissance de gadgets aussi inutiles qu’un jouet sur le Titanic.Claude Bourrinet http://www.voxnr.com -
Le Printemps français décore l’hébergement des associations inter-LGBT
L’action s’est déroulée dimanche matin, à l’aube, dans le cinquième arrondissement de Paris, au coeur du quartier du Marais. Un groupe d’une trentaine de personnes du Printemps français a recouvert d’affiches « anti mariage pour tous » la façade de l’Espace Les Blancs Manteaux, un qui bâtiment héberge chaque année « Le Printemps des Assoces inter-LGBT » (Lesbiennes, gays, bi et Trans).
La résistance ne semble donc pas céder un pouce de terrain ; elle l’occupe au contraire et manifeste une opposition croissante à laquelle elle donne une visibilité toujours plus nette. On ne lâche rien !
Des anti mariage gay attaquent le local d'une... par leparisien -
Les Alsaciens rejettent le projet européiste de fusion
Le référendum sur un projet de fusion inédite des collectivités départementales et régionale d'Alsace s'est soldé dimanche par un cuisant échec, du fait de son rejet massif par les électeurs du Haut-Rhin et d'une très forte abstention dans toute l'Alsace, selon des résultats définitifs.Pour être validé, le projet de collectivité unique d'Alsace (CTA) aurait dû non seulement recueillir 50% des suffrages exprimés, mais aussi au moins 25% des inscrits, et ce dans chacun des deux départements.Or 55,74% des votants ont rejeté le projet dans le Haut-Rhin, selon des résultats définitifs. Et si, dans le Bas-Rhin, le oui a recueilli 67,53% des voix, l'abstention a été si forte qu'il n'a rassemblé que 22,90% des inscrits, selon des résultats définitifs.L'abstention a été forte dans les deux départements: seuls 37,18% des électeurs se sont déplacés dans le Haut-Rhin, et 35,11% dans le Bas-Rhin.
Censé, selon ses partisans, renforcer le poids de l'Alsace, le "oui" partait pourtant favori. Un sondage publié début mars donnait près de trois-quarts de "oui" pour un quart de "non", même si le camp des opposants était déjà plus fort dans le sud de l'Alsace.E"En Alsace, le peuple s'est levé face à la caste qui voulait lui vendre à la-va-vite un projet conçu dans les couloirs de Bruxelles au bénéfice de l'Europe anti-nationale des régions", s'est réjouie la présidente du Front national Marine Le Pen.E"C'est une immense gifle pour les partisans d'une France à plusieurs vitesses, fascinés par le prétendu modèle allemand", a commenté le Parti de Gauche, qui agitait avec des syndicats comme FO et la CGT le risque d'une possible remise en cause du droit du travail national.
Avec AFP http://www.francepresseinfos.com/ -
Pierre Jovanovic "Nous avons pris le chemin de la Grèce" - Avenir de la crise en France
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Adoption, PMA, GPA : l’hypocrisie d’Etat Trois questions à la juriste Aude Mirkovic
Aude Mirkovic est maître de conférences en droit privé, auteur de l’essai Mariage des personnes de même sexe. La controverse juridique (Téqui, 2013).
Théophane Le Méné : Le projet de loi instaurant le « mariage pour tous » a été adopté par l’Assemblée nationale.
Il est examiné depuis hier au Sénat, où il a toutes les chances d’être voté. N’est-ce pas antidémocratique de s’opposer au jugement des parlementaires ?
Aude Mirkovic : Antidémocratique ? Au contraire, les parlementaires ne font que représenter le peuple. Il est donc tout à fait démocratique que le peuple se fasse entendre de ses représentants, et tout à fait anormal que les représentants l’ignorent et refusent de l’écouter. Et puis, de toute façon, les parlementaires votent finalement ce qu’ils veulent. Ce qui est bel et bien anti-démocratique, en revanche, c’est la consigne de vote que subissent les députés et sénateurs socialistes, qui met sur eux une pression de nature à les priver de leur liberté, et à les empêcher de représenter le peuple pour obéir à des consignes partisanes. Quelques uns, courageux, ont annoncé qu’ils voteraient contre ce texte, ce qui est parfaitement logique car la gauche authentique ne devrait pas cautionner une vision libertaire de la famille qui sacrifie les intérêts des plus faibles, les enfants, aux désirs d’adultes qui se paient à l’étranger des enfants privés de père ou de mère, selon les cas, avant d’exiger leur fabrication ici, en France. La parenté de même sexe instrumentalise les enfants pour réaliser les désirs dont ils sont l’objet, elle est anti-écolo, c’est incompréhensible qu’elle soit promue par la gauche, et les parlementaires soucieux de protéger l’humain contre la loi du marché devraient se réveiller. [...]
La suite sur Causeur
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Fabrice Robert aux Etats-Unis à l’invitation d’American Renaissance
WASHINGTON (NOVOpress) - Fabrice Robert, le président du Bloc identitaire, effectue, depuis vendredi 5 avril et jusqu’au mercredi 10 avril 2013, une tournée de conférences et de rencontres aux États-Unis.
Les deux parties importantes du voyage sont la participation de Fabrice Robert au congrès du think tank de défense des Euro-Américains American Renaissance à Nashville (Tennessee), qui a eu lieu de vendredi jusqu’à aujourd’hui – Fabrice Robert est intervenu sur le thème du réveil européen – et une conférence de presse organisée au sein de la capitale fédérale des États-Unis, Washington.

