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France et politique française - Page 5146

  • Marine Le Pen invitée du « Grand Journal » sur Canal+

    Mercredi 5 décembre, Marine Le Pen, Présidente du Front National, était l’invitée politique de Michel Denisot dans le « Grand Journal » sur Canal+.

    1re partie : le Rassemblement Bleu Marine (RBM)

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    2e partie : l’accord avec Mittal

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    3e partie : la météo de Doria

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    http://www.nationspresse.info/

  • Ce que prouve la guerre Copé /Fillon

    En début de semaine, Dupont- Aignan, interrogé sur les ondes, déclarait que la classe politique ces derniers temps, que ce soit à l’UMP ou au PS , se délégitimait aux yeux des Français, ajoutant que le régime était en crise. Belle analyse politique en vérité, de la part du patron de « Debout la République », cette même république qui ne tient plus debout malgré ses béquilles.

    Crise de régime, crise de système aussi. Car enfin, à moins d’être aveugle, on voit bien que c’est la gamelle qui mobilise ces tristes pantins. On voit bien qu’un système qui repose sur la concurrence individuelle pour la désignation aux plus hautes fonctions d’un Etat, provoque et attise tous les instincts les plus bas que la perspective du pouvoir libère aujourd’hui en pleine lumière médiatique.

    Nous savons que ces luttes fratricides sont permanentes au sein des appareils, car il y a toujours des places à prendre et des « tacles » à donner. C’est pourquoi le spectacle que donne l’UMP a le mérite de faire émerger à ciel ouvert toute la pestilentielle ambiance qui suinte des salons feutrés de la rue de Vaugirard depuis de nombreuses années.

    Cette guerre des chefs est pour nous l’illustration de ce qui préside à l’engagement d’une grande partie du personnel politique et qui n’a rien à voir avec le service du pays. Voilà que peu à peu se dessine aux yeux des Français un paysage politique fait de ruines et de désolation. C’est à cela que nous aura amené la République, dont l’un des symboles à la Bastille, le génie, cet ange luciférien qui regarde le ciel en brisant ses chaînes, se tient sur un pied et basculant dans le vide jette un dernier coup de menton avant de sombrer dans l’abîme.

    Nous y sommes, chers amis, la femme sans tête, sobriquet donné à la république par Maurras, perdant chaque jour un peu de sa légitimité, offre ce spectacle dérisoire d’une présidence « désacralisée », normale quoi, comme si la fonction ne devait pas primer sur l’homme, et de partis de la majorité et de l’opposition devenus le champ clos de médiocres affrontements à des fins de carrière personnelle.

    Il est normal que dans ce contexte anarchique, destructeur et nihiliste, les mots d’ordre les plus farfelus portés par des lobbies ultra-minoritaires trouvent un certain échos, aussi bien au niveau de l’Etat qu’a celui d’une grande partie de la population saturée de télévision, de relativisme et de bons sentiments. C’est le « sauve qui peut » général, la république s’effondre par pans entiers, un peu comme les glaces du pôle en plein réchauffement climatique.

    L’Action Française doit être prête, car s’il y a lieu de se réjouir de l’agonie de la « Gueuse », nous devons éviter qu’elle n’emporte la France tout entière. Pendant que les vautours s’assembleront autour du cadavre, nous devrons réveiller le pays réel. Nous sentons du reste une réelle mobilisation, les nouvelles cotisations affluent ces derniers mois et nous trouvons un accueil plus chaleureux dans toute la France pour notre combat.

    Ce n’est qu’un début, le combat continue.

    Olivier Perceval, secrétaire général de l’Action française.

    http://www.actionfrancaise.net

  • L’immigration, une chance pour la France ? (France 3 CSOJ)

    France 3 Ce soir ou jamais
    avec Jean Paul Gourévitch, Essayiste, Vincent Cespedes, Philosophe, Anne-Marie Le Pourhiet, Constitutionaliste, Eric Naulleau, Editeur et écrivain, Peggy Sastre, Philosophe, Catherine Corsini, Cinéaste,Benjamin Coriat, Economiste, Philippe Manière, Economiste

    Jean Paul Gourevitch est consultant international sur l’Afrique et les migrations. Il est l’auteur de nombreux ouvrages sur les aspects sociaux et économiques de l’immigration en France, parmi lesquels « L’immigration, ca coûte ou ca rapporte (Larousse, 2009), ou encore « Combien nous coûte l’immigration irrégulière » (Contribuables associés, 2011).
    Il vient de publier chez Contribuables Associés une monographie intitulée « L’immigration en France : Dépenses, recettes, investissements, rentabilité », qui actualise sa première étude sur le sujet publiée en 2008. Il estime que chaque année l’immigration coûte 17,412 milliards d’euros à la France, soit 0.9 point de PIB, et que ce déficit n’est pas tenable longtemps en temps de crise.
    CSOJ  http://www.fdesouche.com/

  • « Le vrai génie du christianisme / Laïcité Liberté Développement » de Jean-Louis Harouel.

    Les religions séculières qui, surtout depuis la seconde moitié du XXe siècle, ont prospéré sur le déclin tant du catholicisme que du protestantisme, permettront-elles de préserver ce qui, selon Jean-Louis Harouel, fut Le vrai génie du christianisme en assurant pendant plus d’un millénaire la suprématie morale, intellectuelle, scientifique et technique de l’Europe ? Rien n’est moins sûr. CL  

    La France, « fille aînée de l’Eglise », a vécu. S’il fallait une preuve de l’effacement des valeurs chrétiennes – alors même que celles-ci s’inspirent de la Loi naturelle –devant les droits de l’homme devenus sacro-saints, on la trouverait dans le refus gouvernemental de tout débat préalable à l’instauration du « mariage pour tous » appelé pourtant à bouleverser irrémédiablement code civil, famille et société. Comment en est-on arrivé là ?

     

    Le « miracle chrétien », né de la disjonction du politique et du religieux

     

    Dans la première partie de son dernier livre, Le vrai génie du christianisme, bourré de citations dûment référencées mais qui auraient gagné à être élaguées, le grand juriste Jean-Louis Harouel démontre qu’en dissociant d’emblée le spirituel du temporel, les deux axiomes christiques, « Mon Royaume n’est pas de ce monde » et « Tu rendras à César ce qui appartient à César », ont fait de l’Europe la maîtresse du monde. Grâce à cette « disjonction » qui fut, il est vrai, une longue marche souvent entravée par l’augustinisme et un « césaro-papisme » récurrent s’étant perpétué dans l’orthodoxie, le monde chrétien, bientôt réduit à l’Europe par les invasions musulmanes, échappait au monisme et constituait, « avant même la Renaissance » et donc la Réforme, un terreau favorable à l’émergence de sciences et de techniques toujours plus innovantes. Ces dernières, bientôt mises en pratique, provoquèrent « un progrès fulgurant » dont les résultats ne furent pas seulement économiques : la machine se substituant à l’homme, l’esclavage qui, malgré l’ONU, sévit toujours en Afrique et dans la péninsule Arabique, fut ainsi très tôt aboli sur notre continent.

     

    On y connut un rayonnement inouï alors que l’islam, religion normative, ne développait guère le « prodigieux patrimoine matériel et intellectuel » qu’il avait raflé des Echelles du Levant au détroit de Gibraltar et que la Chine, qui avait pourtant, elle aussi, multiplié les inventions telles celles du papier, de la poudre, de la boussole ou de l’imprimerie (que, soit dit en passant, lui dispute la Corée), était empêchée de les exploiter par son conservatisme superstitieux et un « animisme magique » qui lui interdisait « d’indisposer les esprits ». L’auteur cite ainsi le cas de hauts-fourneaux privés alimentés dans le nord de Cathay par « des gisements de minerai et de charbon d’exploitation aisée » dont la production, qui « semble avoir atteint quelque 100.000 tonnes vers 1080 », fut arrêtée net sur l’ordre de l’empereur et des mandarins ; ceux-ci y voyaient « un grave désordre social » et une « menace pour les valeurs confucéennes ».

     

    Des valeurs évangéliques subverties à la religion d’Etat

     

    Revers de la médaille : si, en dissociant le religieux du politique, le christianisme libère l’esprit, naturellement créatif et entreprenant, de l’homo europaeus, il constitue par là même une « religion de la sortie de la religion » au profit de croyances millénaristes ou de religions séculières, en particulier celle des droits de l’homme. C’est ce qui se passe depuis les Lumières, le mouvement s’étant accentué à partir de la IIIe République dont l’un des fleurons, Ferdinand Buisson, aujourd’hui référence de l’actuel ministre de l’Education nationale Vincent Peillon (1), professait : « La morale laïque reste la plus religieuse des morales en même temps que la plus morale des religions », cependant que le député Edgard Quinet voulait forger dans tous les élèves de la Laïque des « Christs républicains ».

     

    Toutefois, estime Jean-Louis Harouel dans la dernière partie de son livre, « ce n’est que dans le courant du second XXe siècle que la religion de l’humanité va devenir la religion d’Etat que nous connaissons ; un système politico-réglementariste, coercitif et répressif » et donc renouant avec un monisme totalitaire… avec la bénédiction de tant de clercs et même de pontifes. Feignant de s’appuyer sur des valeurs évangéliques subverties, ces « idées chrétiennes devenues folles », ce système implique en réalité la disparition du libre-arbitre et du droit au doute chez l’homme européen, ainsi que la disparition de nos nations et de nos civilisations elles-mêmes sacrifiées sur l’autel de l’antiracisme et de « l’ouverture à l’Autre » : ouverture des frontières mais aussi des institutions et même de la législation puisque, avant le « mariage pour tous », la polygamie avait été légitimée par le Conseil d’Etat.

     

    Une irréversible régression du droit ?

     

    Me Eric Delcroix, si longtemps inlassable avocat des mal-pensants poursuivis en vertu des lois scélérates Pleven et Gayssot, l’avait montré de manière lumineuse dans deux livres prémonitoires, Le Théâtre de Satan (2) et Manifeste libertin (3), flétrissant l’inféodation des pouvoirs exécutif et législatif mais aussi judiciaire à l’ « ordre moral antiraciste ». Agrégé de l’histoire du droit, J.-L. Harouel le déplore à son tour : « Sous l’effet de l’augustinisme politique de la religion des nouveaux droits de l’homme, l’Etat se définit et se légitime par sa mission religieuse ». Anxieux d’imposer son nouvel ordre moral, cet Etat tout à la fois criminel et suicidaire a donc rétabli « la punition judiciaire du blasphème et du sacrilège » (exclusivement extra-chrétien). Cette « immense régression par rapport au droit pénal du XIXe et du premier XXe siècle » a pour objectif et conséquence la « sacralisation » des groupes positivement discriminés par le nouveau Code pénal, soit « les Juifs, les étrangers, les “minorités visibles”, les Noirs, les immigrés, les homosexuels, les handicapés, les femmes ». Il faut y ajouter, bien sûr, les musulmans qui considèrent à juste titre, tel le très répandu Tariq Ramadan, que si « la liberté de religion n’est pas un bien en soi », elle « est un bien parce qu’elle permet la pratique et la consolidation de l’islam ». Et Youssef al-Quaradewi, membre du Conseil européen de la recherche et de la fatwa, de renchérir (en 2002 à Rome) : « Avec vos lois démocratiques, nous vous coloniserons ; avec nos lois coraniques, nous vous dominerons. »

     

    La déesse démocratie au service du fanatisme islamique

     

    Pour J.-L. Harouel, ce basculement des valeurs ne fait donc aucun doute : loin d’œuvrer au progrès de l’Humanité, « la religion d’Etat des droits de l’homme est au service de l’islamisation de l’Europe ».

     

    Ainsi réduite en dhimmitude par la volonté messianique de dirigeants aux ordres, l’Europe pourra dire adieu au « miracle chrétien » porteur d’une extraordinaire efflorescence scientifique et technique et donc d’une prospérité et d’un dynamisme économiques tels que l’humanité n’en avait jamais connu. La fuite des cerveaux et la montée implacable du chômage sont-ils les signes précurseurs de notre sortie de l’histoire ? Il reste peu de temps pour conjurer l’issue fatale. Espérons que, comme le livre de Thierry Bouclier, La France au risque de l'islam (4) ou celui de Christopher Caldwell, Une révolution sous nos yeux / Comment l'islam va transformer la France et l'Europe (5), le cri d’alarme de Jean-Louis Harouel fera prendre conscience de l’urgence de l’indispensable réaction.

     

    Claude Lorne  4/12/2012 http://www.polemia.com

     

    J.-L. Harouel : Le vrai génie du christianisme, éditions Jean-Cyrille Godefroy 2012. 269 pages.

     

    Notes :

     

    (1) Voir : « L'Education nationale met nos enfants en péril »
    (2) Le Théâtre de Satan, L’Æncre 2002, réédité en 2010. 432 pages
    Diffusion
    http://www.francephi.com
    (3) Manifeste libertin, essai révolutionnaire contre l’ordre moral antiraciste, L’Æncre 2004 puis 2005, 120 pages,
    diffusion www.akribeia.fr/.
    De Me Delcroix, voir également l’étude « Mariage et homosexualité »
    (4) Thierry Bouclier, La France au risque de l’islam, Ed. Via Romana, 2012, 184 pages
    (5) Aux éditions du Toucan, 2011, voir :
    http://www.polemia.com/article.php?id=4368
    http://www.polemia.com/article.php?id=4366

  • UNION EUROPÉENNE Fatalisme immigrationniste

    Un rapport du Comité économique et social européen vient de le confirmer : en réponse au vieillissement de la population, les élites en sont réduites à promouvoir une immigration accrue.
    C'est un rapport assez hallucinant qui a été adopté par le Comité économique et social européen (CESE) les 15 et 16 septembre 2010 et publié au Journal officiel de l'Union européenne du 15 février 2011, sur le thème du « rôle de l'immigration légale dans un contexte de défi démographique ». Le seul titre du document est édifiant !
    Jargon technocratique
    Cet « avis exploratoire » est révélateur de l'état d'esprit des élites européennes ainsi que de la coupure entre elles et les peuples d'Europe. On peut notamment y lire « qu'il est nécessaire d'adopter une approche holistique pour faire face au défi démographique, en agissant sur de nombreux aspects économiques, sociaux et politiques ». On appréciera l'emploi du terme « holistique », à rattacher au procédé technocratique de tournures jargonneuses qui rend la compréhension par le profane plus complexe. « Approche globale » eût été sans doute plus approprié si ce rapport avait été adressé aux principaux intéressés (les peuples d'Europe.)
    Et de continuer : « L'immigration légale fait partie de la réponse de l'UE à cette situation démographique. [...] En dépit de quelques différences nationales, l'UE et les États membres doivent disposer d'une législation ouverte qui permette une immigration pour raisons de travail au travers de canaux légaux et transparents, tant pour les travailleurs hautement qualifiés que pour les activités moins qualifiées. Compte tenu du défi démographique, le CESE est d'avis qu'il faut modifier les directives en vigueur et élaborer de nouveaux instruments législatifs. » On en revient au raisonnement assez calamiteux et faux selon lequel face au vieillissement de la population européenne, la seule solution serait l'augmentation de l'immigration.
    Approche partielle
    Peu importe, donc, que les immigrés, qui arrivent déjà en nombre sur notre continent, ne constituent pas une « force d'appoint » ayant pour finalité de « rajeunir » la population, mais, au contraire, en forment une nouvelle qui s'y substituera. Les Européens ne sauraient se définir uniquement en termes de retraités ou d'actifs : l'Europe est une civilisation, une mosaïque de cultures, une identité, une spiritualité... Les immigrés y arrivent en masses telles que, loin de s'y intégrer, ils importent avec eux leur modèle de vie et leur culture, bien éloignés du modèle européen. Or, concevoir les Européens en simple force de travail dont on peut palier le vieillissement par une simple substitution d'individus venus d'autres continents, c'est bien là une approche purement matérialiste et économique des choses, une conception abjecte de l'homme réduit au simple état de "ressource humaine".
    Il existe d'autres solutions face au déficit démocratique : politique nataliste, mécanisation de l'industrie, recul équitable de l'âge de la retraite, rationalisation et amélioration des formations professionnelles... À croire que, pour les auteurs de ce rapport, l'immigration en Europe n'est pas source de déracinement, de crise identitaire profonde, d'insécurité, de frictions communautaires... Deux récents sondages, plaçant le candidat d'extrême droite, Marine Le Pen, en tête du premier tour de l'élection présidentielle de 2012, auraient peut-être dû alerter les technocrates européens. Il n'en est rien puisque ce rapport, prenant les devants, évacue la question d'un simple revers : « L'intolérance, le racisme et la xénophobie contre les immigrants et les minorités prennent de l'ampleur en Europe. Il faut que les responsables politiques, les dirigeants sociaux et les médias fassent preuve d'un sens élevé des responsabilités et d'une grande pédagogie politique et sociale pour prévenir ces attitudes. Il faut aussi que les institutions de l'UE agissent de manière décidée et que les organisations de la société civile soient très actives dans la lutte contre ces idéologies et ces comportements. » Tout un programme dont la nature authentiquement orwellienne peut faire frémir ! Non seulement les inquiétudes, bien légitimes, des citoyens européens face à l'immigration sont réduites à de simples manifestations « d'intolérance » et de « racisme », mais ce rapport appelle les politiques et les institutions à un travail de « pédagogie », doux euphémisme signifiant "propagande", quand il ne s'agit pas d'un arsenal législatif répressif et liberticide.
    Populisme
    Un tel rapport ne peut que susciter l'indignation. Pas de surprise ainsi à constater jour après jour ce que Éric Zemmour appelait « la montée tranquille des droites populistes en Europe » dont l'Histoire nous a pourtant si souvent montré qu'elles n'apportaient aucun remède aux maux qu'elles prétendaient combattre. Elles s'incarnent aujourd'hui dans l'imaginaire de nombre de gens, comme le dernier bastion. Un bastion plein de promesses vengeresses des damnés du rêve européen qui aura tout raté. Un gâchis dont l'oligarchie républicaine est pleinement complice... mais dont le contrecoup – insécurité, terrorisme, repli communautaire, destruction du tissu social, islamisation – sera intégralement subi par les jeunes générations d'Européens et par leurs enfants.
    Stéphane Piolenc L’ACTION FRANÇAISE 2000  Du 17 mars au 6 avril 2011

  • « Une révolution sous nos yeux - Comment l'islam va transformer la France et l'Europe » de Christopher Caldwell (2/2)

    Polémia poursuit la publication de la présentation du livre de Christopher Caldwell, avec les troisième et quatrième partie où l’on découvrira d’une part les « écueils et incompatibilités » opposant les deux grandes entités que sont l’Occident et l’Islam et, d’autre part, en forme de conclusion, une hypothétique ouverture vers l’avenir.
    A la fin de ce texte, un commentaire reçu d’un essayiste anglo-saxon, résidant en Europe, qu’il connaît tout autant que les Etats-Unis, fournit un éclairage presqu’inattendu sur les véritables motivations de l’auteur.

    III - Ecueils et incompatibilités

    Avec sa franchise de marbre, Caldwell introduit la deuxième partie de son livre, titrée L’Islam, par ces mots : « Si les Européens avaient compris, quand l’immigration en provenance de Turquie, du Maroc, d’Algérie et d’ailleurs débuta dans les années 1950 et 1960, que des milliers de mosquées seraient disséminées d’un bout à l’autre de l’Europe un demi-siècle plus tard, jamais ils ne l’auraient autorisée. »

    Ici, l’auteur égrène écueils et incompatibilités de culture et de comportement qui ne peuvent, le pense-t-il, que faire obstacle à une intégration. Nous nous limiterons à n’en citer que quelques-uns sans omettre les deux les plus fondamentaux : la religion et le sexe.

    – La protection sociale. Comme souvent, Caldwell procède par aphorisme : « Les économies complexes des Etats Providence comme celles qui se sont développées en Europe ces soixante dernières années ne naissent généralement pas dans les sociétés multiethniques. »
    – La mobilité. « Les migrations déclenchent des migrations secondaires, ce que le sociologue Rogers Brubaker appelait les “migrations sans mélange ethnique”. »
    – La diversité et le mépris de soi. « La diversité décrit à la fois une réalité sociologique (…) et une idéologie. Cette idéologie était en parfait accord avec la neutralité entre cultures adoptées par les bâtisseurs de l’idéal européen. Et pourtant, la diversité n’a jamais réellement pu devenir un idéal stable ou neutre, car les Européens n’en savaient pas assez sur les autres cultures pour la faire advenir. »
    – Antagonisme entre Occident et Islam. Cet antagonisme est très ancien. Citant l’historien Henri Pirenne : « Les deux puissances – l’Europe en tant qu’Occident et l’Islam en tant que civilisation – sont apparues dans l’histoire ensemble et ont représenté un défi l’une pour l’autre. »
    – Les populations musulmanes. « La nouvelle immigration, essentiellement musulmane, était moins gérable et moins soluble que les précédentes. »
    – Régénération de quartiers en déshérence. Le résultat escompté s’est produit un peu partout en Europe. Mais cette vision de l’immigration, celle des élites qui habitent les beaux quartiers, était trompeuse. Il y a plus de ghettos que des Kreuzberg [à Berlin].
    – Les zones de non-droit. Caldwell connaît bien le cas de Chanteloup-les-Vignes. Il est typique et le lecteur comprendra bien comment on passe, « d’un pas de somnambule », de la tentative d’intégration à la ségrégation pure et simple.
    – Violence, délinquance et émeutes. « La violence relative des quartiers musulmans est un obstacle de taille à la mixité sociale et à l’intégration. »
    – Les espaces de la Charia. « Dès qu’il devint évident que certains émigrés proposaient d’instaurer des cultures étrangères dans des pays européens, l’immigration (…) apparut sous un jour différent. » Par ailleurs, la propension au développement des lieux de culte répond à une certaine résurgence religieuse. Caldwell donne, par exemple sur l’appartenance des jeunes immigrés, étudiants et autres, à la religion islamique, des chiffres surprenants. Un long chapitre est consacré à La crise de la foi en Europe, et tente de placer les deux cultes, chrétien et musulman, l’un par rapport à l’autre. Jusqu’à aujourd’hui le dialogue interreligieux tiendrait du vœu pieux. Une chose est certaine : les musulmans restent fidèles à leur religion, les chrétiens s’en écartent. Le jour où le rapport de forces sera inversé, que se passera-t-il ?
    – Le sexe. « Les musulmans d’Europe viennent de cultures où les femmes sont strictement subordonnées à leur mari et aux hommes en général. (…) C’est un fait sociologique universel. » (…) « Adopter le style européen de sexualité et de relations entre sexes est la seule exigence non négociable que l’Europe impose. »

    IV - Quel avenir se réserve l’Europe ?

    Pour Caldwell, qui ne croit pas à l’intégration en Europe, l’immigration, c’est l’américanisation. Les Etats-Unis seraient le modèle du genre. Donc devant « les problèmes abyssaux » que l’Europe va rencontrer, la solution serait qu’elle devienne davantage comme l’Amérique. Mais on a vu que Caldwell rejetait la comparaison entre Europe et Amérique. Le melting-pot américain fonctionnerait-il avec des musulmans ? On ne connaît aucune expérience en la matière.

    Un second modèle d’immigration serait peut-être plus adapté : le système du millet de l’Empire ottoman qui a fonctionné pendant plusieurs siècles avec des populations de différentes religions, mais qui a disparu au début du XXe siècle du fait de l’appétit expansionniste de ses voisins européens.

    Comme nous l’avons déjà dit, Caldwell ne croit pas à l’intégration de masse. Néanmoins, il termine son puissant ouvrage par une légère pointe d’optimisme : « Les Européens ne peuvent qu’espérer que les nouveaux venus, surtout musulmans, s’assimileront pacifiquement », phrase rapidement compensée par un retour à la réalité crue : « Quand une culture peu sûre d’elle, malléable et relativiste rencontre une culture ancrée, confiante et renforcée par des doctrines communes, c’est généralement la première qui change pour s’adapter à la seconde. »

    « Il est sûr que l’Europe sortira changée de sa confrontation avec l’Islam. » Quel verdict !

    Un livre à lire, qui force à la réflexion.

    René Schleiter 6/12/2011  Polémia

    Titre original : Reflections on the Revolution in Europe, Doubleday, 2009.

    Le commentaire d’un Anglo-Saxon :

    Polémia a confié le livre de Christopher Caldwell, en sa version originale, à un ami anglo-saxon qui connaît bien la politique américaine. Nous voulions savoir ce qu’il en pensait et surtout comment il interprétait la démarche de ce journaliste américain néo-conservateur bien en cour. Il faut lire cette note avec détachement, en se rappelant que l’auteur du livre est américain, proche des néo-conservateurs et en oubliant tout préjugé français et européen.
    Le 28 octobre dernier, Polémia avait publié une interview que Christopher Caldwell avait recueillie auprès de Marine Le Pen. (6)
    Voici la note que notre ami nous a fait parvenir (il a demandé à conserver l’anonymat).

    Je suis en train de le relire – et je suis surpris, et troublé, par le nombre de noms d’amis, d’auteurs et de publications NEO-CONS qu’il mentionne comme étant des gens qui ont lu et vérifié le manuscrit et visiblement l’ont approuvé. La question est POURQUOI ?

    Celui qui domine entre tous est le « Tsar » des néo-cons, Leon William Kristol, qui pendant des années a écrit dans l’organe des néo-cons, The Weekly Standard. Il a aussi écrit pour le New York Time Magazine, The Financial Times, etc. !!! Toutes ces publications étant des publications grand public.

    Lisez la liste des noms de la page 365 [533, version française] sous le titre de « Remerciements ». C’était le 18 février 2009, tout à fait à la fin de l’ère Bush/néo-cons !!!

    A mon avis, ce livre essaie, d’une manière très sophistiquée, d’adopter un parti pris antimusulman acceptable au sein de l’élite europeo-américaine. Une politique néo-con.

    Je continue de penser que c’est l’un des livres les plus remarquables et le plus documenté et rempli de statistiques utiles que je connaisse. Je ne connais pas d’autre livre comme celui-là sur le marché.

    Les statistiques sont révélatrices – et choquantes – et utiles pour les auteurs et penseurs dits de droite – pour nous aider à clarifier et étayer nos arguments à propos de cette « crise de la culture européenne » !

    Mais il nous faut prendre conscience que Caldwell a bénéficié d’un accès privilégié à des banques de données auprès de ces grands médias que sont The Financial Times, The New York Times, The Weekly Standard – appartenant tous à l’Etablissement.

    Par conséquent, il faut être PRUDENT mais, comme toujours, il faut s’appuyer sur les informations réunies et distribuées par l’Etablissement quand on ne dispose pas de réseaux propres. Donc il faut évaluer avec soin les arguments de Caldwell – ainsi que leur portée – qui sont là pour étayer un parti pris essentiellement antimusulman ; non pas de manière brutale, « raciste » ou « sectaire », mais simplement en jouant de manière subliminale sur les cerveaux intoxiqués par le système d’éducation « maçonnique » en vigueur en Europe en général et dans les cercles de l’élite franco-anglaise en particulier : l’endoctrinement fondé sur le concept « Liberté, Egalité, Fraternité » a poussé les néoconservateurs à cette immigration désordonnée et aujourd’hui ils s’inquiètent de ce monstre qu’ils ont laissé échapper !

    Ce livre est très utile mais ce n’est qu’un outil, un outil non pas pour la libération de l’Europe, mais pour les propres objectifs des disciples de William Kristol…

    (En Europe, décembre 2011)

    (Traduction de l’anglais pour Polémia – RS)

    Note :

    (6) Madame Le Pen expliquée par un conservateur américain

  • « Une révolution sous nos yeux - Comment l'islam va transformer la France et l'Europe » de Christopher Caldwell (1/2)

    Au lendemain de la parution aux Etats-Unis, en 2009, du livre de Christopher Caldwell, Reflections on the Revolution in Europe dans sa version originale, le professeur Alain Besançon, membre de l’Institut, présentait l’ouvrage dans un commentaire ayant pour titre : « Un livre qui devrait faire scandale ! ». Il concluait en émettant le vœu qu’il « soit traduit, lu et discuté. Il en vaut la peine » (1). Hélas, il n’en fut rien jusqu’à ce qu’un éditeur français, les éditions du Toucan, plus courageux que ses confrères qui s’y étaient refusés, entreprenne en octobre 2011 la traduction et la publication de cet opus, avec une préface de la démographe Michèle Tribalat (2).
    La présentation de Une révolution sous nos yeux se fera en deux parties, en voici la première.

    La sortie du livre en librairie fut discrète. Contrairement à la grande presse anglo-saxonne de 2009, les médias français d’aujourd’hui, à quelques rares exceptions, se gardent bien d’en parler. Et pourtant, l’éditeur américain l’avait présenté en son temps comme « une sorte d’explosion qui s’apprête à frapper la scène politique britannique, un ouvrage aux idées si renversantes qu’il en changera le débat sur la question la plus importante de la politique européenne ».

    Que pouvait donc avoir écrit Christopher Caldwell, chroniqueur au Financial Times et rédacteur au Weekly Standard pour provoquer un engouement dans la grande presse britannique et un ostracisme quasi total dans les médias français ?

    La thèse de Caldwell est simple mais précise et peut se résumer en quelques mots : Caldwell, fort d’un séjour prolongé en Europe et armé d’une documentation importante – le nombre des notes du livre en fait foi – décrit la progression fulgurante de l’immigration en Europe et s’interroge sur la question de savoir si les Européens peuvent conserver la même Europe avec des gens différents. A notre connaissance, Caldwell est le premier à poser la question dans toute son étendue et sa complexité. La réponse est tout aussi simple et précise, c’est NON.

    Le livre s’articule en trois grandes parties et douze chapitres. La construction est claire, les titres et sous-titres très explicites, et la lecture facile et passionnante. Il est toujours intéressant de se faire ausculter par un étranger qui, inévitablement, sort des concepts habituels et des contraintes du politiquement correct, nécessité absolue pour traiter un tel sujet en toute liberté.

    I - Rivers of Blood (Rivières de sang)

    La première partie, sous le titre Immigration, est un constat froid, parfois glacial, exempt de tout pathos. Le décor est dressé, tout est dit sur l’immigration extra-européenne. D’entrée de jeu, on voit le cheminement se tracer : « L’Europe occidentale s’est changée en société multiethnique. »

    Au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale, les pays occidentaux, et notamment la France avec ses colonies, ont fait appel à une main-d’œuvre extérieure à la métropole pour satisfaire leur économie en plein développement. Le besoin était réel et s’inscrivait dans l’euphorie des fameuses Trente Glorieuses, de l’explosion de la croissance, du plein emploi… Mais la prévision de l’avenir a été négligée : aucun programme sur le long terme, aucune disposition prévoyant dans la durée le devenir de cet apport de population n’ont été envisagés. Considérés comme une main-d’œuvre d’appoint, on n’imaginait pas que ces immigrés se fixeraient en Europe et « personne ne supposait qu’ils seraient un jour éligibles aux dispositifs de protection sociale ». « L’idée selon laquelle ils conserveraient les habitudes et les cultures de leur village, de leur clan, des mosquées et des bourgs marchands du Sud était bien trop exotique pour que l’on s’y attarde. »

    Au cours des années, l’Europe est devenue pour la première fois de son histoire un continent de migrants. Le bien–être, revenu après les épreuves de la dernière guerre encore récente, a laissé les sociétés européennes dans l’inconscience totale.

    Et pourtant, il y eut quelques alertes, sinon des mises en garde. La plus spectaculaire fut le célèbre et très controversé discours d’Enoch Powell, Rivers of Blood (prononcé à une réunion de l'Association des conservateurs à Birmingham le 20 avril 1968) (3) où il « parla de l’arrivée encore modeste de sujets de “couleur” des anciennes colonies » et « laissa entendre qu’à long terme, l’Angleterre connaîtrait des ghettos similaires à ceux de l’Amérique, ceux-là mêmes qui se consumaient à l’heure où il s’exprimait ».

    Ce discours n’est pas passé inaperçu et il a provoqué un débat démocratique sur l’immigration, débat qui s’est déroulé sous forme d’affrontements politiques, sans, comme toujours, tenir compte de l’opinion populaire qui se trouve aux premières loges face à l’adversité. Il n’y a donc eu aucune prise de conscience politique sérieuse. Or Powell ne s’était pas trompé puisque « la population non blanche de Grande-Bretagne, à peine plus de 1 million d’individus à l’époque, atteindra 4,5 millions en 2002 » tandis que la France, en 2004, comptait près de 5 millions d’immigrés dont 36% étaient français, essentiellement des Algériens issus des anciens départements de l’Algérie ou nés en France.

    Le député tory Powell, qui sera exclu de la société politique (4), se morfondait à la vue du spectacle qui s’offrait aux yeux des Britanniques : comme il l’avait prévu, les Anglais supportaient de moins en moins cette immigration inflationniste et cela s’est rapidement traduit par des réactions sanglantes de part et d’autre pouvant aller jusqu’à l’attentat terroriste comme celui du 7 juillet 2005 dans les transports en commun à Londres.

    La honte

    Selon Caldwell, Powell n’a pas perçu la honte qui imprègne les peuples occidentaux : « Après deux méfaits de dimension historique, le colonialisme et le nazisme, le climat moral dominant l’Europe depuis la fin de la dernière guerre est celui de la repentance ». Cette repentance, intégrée comme règle d’or dans la nouvelle morale occidentale qui inhibe les élites, sous influences diverses, et par voie de conséquence les peuples, est rapidement devenue la cause principale de l’immigration de masse. Les peuples sont culpabilisés. Ils doivent « éprouver du repentir pour avoir perpétré, encouragé, ou passivement observé les atrocités du fascisme, vingt ou trente ans plus tôt ». (…) « Quand ils s’adressaient aux Africains, aux Asiatiques et à d’autres immigrants en puissance, les Européens de l’après-guerre éprouvaient un sentiment d’illégitimité qui n’a cessé de s’approfondir avec le temps. » Ce sentiment de honte, malgré quelques réticences, est néanmoins admis par l’ensemble comme un phénomène de puissance. Cette immigration de masse est bien là et elle n’est pas l’affaire d’individus isolés. Elle est organisée pour exiger une vie meilleure.

    Avec la sécheresse du statisticien Caldwell dresse un état des lieux : sur 375 millions d’habitants en Europe, 40 millions vivent en dehors de leur pays de naissance, dont une minorité presque négligeable d’Européens se déplaçant vers un autre pays d’Europe.

    L’auteur fait bien la distinction entre immigration intra-européenne et immigration musulmane. Il ne traite que la seconde, c’est-à-dire celle « en provenance de pays et de cultures non européens », celle qui est créatrice de « sociétés multiethniques et multiculturelles ». Il ne tombe pas dans le poncif connu : « La France, terre d’accueil, a toujours accueilli au cours des siècles des étrangers venus s’y installer… » Il se démarque également de l’immigration aux Etats-Unis à laquelle on est tenté de comparer celle qui envahit l’Europe. Pour lui, cette comparaison n’a pas lieu d’être : les nombreux immigrants en provenance de l’Amérique du Sud – les latinos – de religion catholique et de culture post-occidentale « correspondent généralement à une version archaïque de leurs congénères américains ». Ils s’intègrent facilement, au pire dès la deuxième génération.

    Déséquilibre démographique

    Les Européens n’ont pas suffisamment d’enfants, leur fécondité décline d’année en année. Le nombre des non européens va croissant et deviendra prédominant. La population autochtone chute dans pratiquement tous les Etats de l’Union et, en règle générale, cet état de fait ne préoccupe pas les Européens qui pour beaucoup ne s’en rendent même pas compte.

    « Marie-toi, car par toi je surpasserai les peuples. » (Verset du hadith, Ibn, 1 : 599). La culture musulmane, rappelle-t-il, est semée de messages vantant les avantages pratiques de la procréation pendant que les Européens votent des lois malthusiennes.

    L’européanisation des immigrants

    Selon Caldwell, qui a une vue pessimiste de la situation européenne, « le débat européen sur l’immigration trahit le sentiment de peur panique refoulée qu’inspire l’état de la civilisation européenne » et « l’adaptation des minorités non européennes [pour combien de temps ?] découlera de la perception qu’auront de l’Europe [la France] les autochtones et les nouveaux arrivants : civilisation florissante ou civilisation décadente ? »

    Voici quelques axiomes relevés dans le texte de Caldwell :

    • « Les cultures “avancées” ont toujours sous-estimé leurs vulnérabilités vis-à-vis des cultures primitives » ;
    • « L’immigration n’améliore pas, ne valorise pas la culture européenne [française]. L’Europe [la France] ne fait pas bon accueil à ses tout nouveaux habitants, elle leur cède la place » ;
    • « L’immigration renforce les pays solides et les cultures fortes, mais elle peut submerger les plus faibles » ;
    • « L’immigration, en Europe, n’est pas diversifiée, même si les individus concernés le sont » ;
    • « Accueillir davantage de groupes ethniques ne revient pas à ajouter à l’Europe ce qu’elle possède déjà, mais à la transformer » ;
    • « La médiocrité spirituelle que les immigrés islamiques perçoivent dans l’Occident moderne n’est pas imaginaire et pourrait être la plus grande entrave à la préservation de la culture européenne. »

    Caldwell se veut être un observateur éclairé, mais à la vue de ce qu’il a observé au cours de son périple européen, il se transforme parfois en procureur au réquisitoire implacable. Il en a conscience : « Sans un certain laconisme et une certaine brusquerie, rien de sérieux ne peut s’énoncer. Border chaque raisonnement de précautions oratoires de certes et de nonobstant aurait rendu le livre pénible à écrire et sa lecture assommante ». Au risque d’être choqué, le lecteur est prévenu et peut en conséquence poursuivre sa lecture.

    II - Immigration de réfugiés

    Au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale, l’immigration, pour des raisons déjà évoquées, était donc nécessaire et ce jusqu’en 1970.

    C’est alors que la saturation économique s’est fait sentir et que « l’immigration de main-d’œuvre » donna vite la place à une « immigration de réfugiés ». Si, à cette époque, la Grande-Bretagne, la France et l’Allemagne ont officiellement fermé leurs portes aux travailleurs étrangers, de nouveaux prétextes ont été avancés pour expliquer en quoi et pourquoi l’immigration était toujours une nécessité : le principal de ces prétextes relève de l’humanitaire. En s’étendant sur les formes de pénétration sur le continent européen, Caldwell se livre à un historique assez conforme à la réalité.

    Selon lui, Britanniques, Allemands et Français devaient offrir un asile à ceux qui étaient menacés, dans leur pays, de violences, de pauvreté ou de persécutions politiques. Des milliers d’étrangers arrivèrent par voie terrestre, maritime ou aérienne en provenance de tous les pays déshérités du monde. Le programme économique de l’après-guerre se transformait en devoir moral et Caldwell s’étonne : « Si l’immigration était rendue économiquement nécessaire pour une pénurie de main-d’œuvre dans les années 1960, pourquoi était-elle aussi nécessaire dans une période prolongée de chômage à deux chiffres comme celle que l’Europe a connue après les années 1980 ? ».

    Caldwell porte un jugement sévère sur les Européens qui « étaient incapables de savoir si ces immigrants étaient de pauvres hères, des travailleurs dévoués ou d’impitoyables envahisseurs » (…) Et il poursuit : « En de telles circonstances, ce qu’il fallait à l’Europe, c’était le code moral qui l’éclairerait sur les devoirs envers ces populations. Mais elle n’en a aucun. » Enfin, pour lui, « Se mettre en quatre pour tous ces gens ne serait que pure folie, mais les éconduire ne serait que pure racisme. » On retrouve ici la culpabilité et la honte, que n’a pas vues Powell, enfouies au plus profond de l’Européen réputé ex-colonialiste. Qui plus est, il est à craindre que, par les mots qui vont suivre, il décèle un peu de lâcheté chez ces mêmes « Européens [qui] espèrent que le monde prendra leur paralysie pour de l’hospitalité », cette hospitalité, reconnaît-il en citant Hans Magnus Enzensberger, qui soulève un paradoxe : « L’hôte est sacré, mais il n’a pas le droit de rester. »

    Cette première partie du livre consacrée à l’Immigration est véritablement l’assise de l’ouvrage de Caldwell. On y découvre tout sur les fondements de l’immigration de la deuxième moitié du XXe siècle, son histoire, ses méthodes et son évolution. Le chapitre 3, A qui profite l’immigration ? avec ses trois sous-chapitres, Le devoir d’hospitalité, Asile et droits de l’homme et Asile et démocratie montre bien les difficultés et l’ambiguïté des gouvernements et des peuples vis-à-vis de ces populations qu’ils considèrent comme des « réfugiés ». Clôture cette première partie un 4e chapitre dont le titre, La peur déguisée en tolérance, dans sa concision de cinq mots, résume tout et annonce les écueils et les incompatibilités qui rendent la coexistence pacifique entre autochtones et immigrés difficile.

    Une forme de conflit ethnique est sous-jacente mais, au sortir de la guerre, on ne peut pas s’engager dans une « nouvelle conflagration européenne ». Alors… Il a fallu purger l’Europe de son nationalisme (5) et de tout ce que ce mot honni représentait. Caldwell montre ainsi la naissance du « politiquement correct » avec la tolérance élue comme valeur première. Tout naturellement, on est arrivé à la « criminalisation de l’opinion » avec l’idéologie de la tolérance qui se durcit par une codification par la loi. Ce fut en France la loi Pleven de 1972 et la loi Gayssot de 1990, suivie par l’Allemagne et la Suisse qui lui emboîtèrent le pas avant que le virus ne gagne presque toute l’Europe.

    A suivre…

    « Une révolution sous nos yeux – Comment l’islam va transformer la France et l’Europe » de Christopher Caldwell (2/2)

    René Schleiter  6/12/2011 Polémia

  • La gauche au service du capitalisme :

    "L'homme qui va voter pour obtenir de bonnes lois est semblable à l'enfant qui va au bois cueillir de bonnes verges pour se faire fouetter. Les votards demandent la lune au candidat qui s'empresse de la leur promettre. Quand il est élu, il ne peut tenir sa promesse qu'en leur montrant son cul."
    (Garnier - de la bande à Bonnot).

    Pourquoi s'attaquer à nos idées ??? alors que nous devons penser avant de chercher les divisions, à ce qui pourrait plutôt nous unir... Arracher nos affiches contre les délocalisations, seriez-vous les ardents défenseurs du libéralisme qui dévore notre économie ? Seriez-vous, comme le furent d'autres, les derniers défenseurs serviles de ce qui cause notre malheur en France ??? Dans le cas contraire, on remplace juste la signature si l'on est d'accord avec l'esprit de révolte, ce qui je pense doit être votre pensée... Nous nous battons pour sauver notre économie, par déduction le travail en France et par extension, contre les drames que vivent les familles dépourvues de travail et qui ne peuvent offrir des vacances à leurs enfants...
    En révolte contre ce nouvel esclavage à pas feutré d'un certain capitalisme, vainqueur en 1789 et de l'organisation sociale d'alors (massacres d'ouvriers, vol des biens corporatifs, persécution, tanneries de peaux humaines...). Ce capitalisme qui réprima toutes les révoltes ouvrières et dont les lois sociales qui garantissent nos libertés aujourd'hui furent demandées par des royalistes au XIXe siècle (de Mun, A. de Melun, Berruyer..) et imposées par la gauche en 36...Mais cela vous n'êtes pas encore prêt à l'entendre et peut être jamais d'ailleurs. Nous combattons ce nouvel ordre mondial qui transforme l'être humain en robot et je pense que vous nous suivez dans ce combat ???
    Nous défendons le monde agricole, nos marins-pêcheurs, les femmes et les enfants seuls, aidons aux soupes populaires, ne suivez vous pas ?? Effectivement nous irons jusqu'au bout pour redonner aux citoyens toute l'étendue de son pouvoir qu'il a perdu au fil du temps et que la république par calcul électoral préfère soustraire aux hommes...Rien n'est plus opposé à toute forme de système que nos idées et c'est pour cela qu'un jeu de langage disait que le roi n'était en fait que l'anarchie plus un. Cela pour indiquer que l'autonomie totale des régions, métiers, familles n'acceptent qu'un minimum d'Etat et que celui-ci ne pouvait être que le roi...
    N'oubliez jamais les leçons de vos prédécesseurs : "Pour les prolétaires qui se laissent amuser par des promenades ridicules dans les rues, par les plantations d'arbres de la liberté, par des phrases sonores d'avocats, il y aura de l'eau bénite d'abord, des injures ensuite, enfin de la mitraille, de la misère toujours !" (Auguste Blanqui) - Cadeau de Paul Genestie FREDERIC WINKLER

    http://www.actionroyaliste.com

  • Étienne Chouard - L'arnaque de l'impôt sur le revenu

  • À quoi bon la "nouvelle droite" ? (arch 2010)

    Quelques réponses à des contradicteurs

    Quelques pistes pour une évaluation
            Lorsqu'on parle de la "nouvelle droite" (ND), il est de bon ton dans la vaste nébuleuse d'une "gauche" qui va des sociaux démocrates aux groupuscules marginaux de la frange "extrémiste", de dire qu'elle est un mouvement d'idées dangereuses, inacceptables dans la mesure où elles remettent en cause l'égalitarisme républicain et l'antiracisme officiel qui s'est greffé dessus depuis quelques décennies. La même position a été adoptée par la droite libérale qui ne diffère plus guère aujourd'hui de ses adversaires politiques hormis sur des nuances de priorités et de style (et encore, si l'on pense à la passerelle dorée qui réunit désormais un Dominique Strauss-Kahn à un Nicolas Sarkozy…).
        Donc, d'un côté comme de l'autre, on écarte sommairement ce laboratoire de pensée en disant qu'il n'est que l'habit neuf d'une très vieille tentation fasciste (ou nazie) dont il faut se défier à tout prix au nom des "valeurs" (républicaines, judéo-chrétiennes, humanistes, laïques… selon le biais que l'on souhaite donner à l'idéologie hégémonique).
        Le problème avec un tel procès d'intention est que l'on se prive d'une réflexion critique qui permettrait, au moment où l'idéologie dominante s'estompe et sombre dans le nihilisme abyssal de notre "ère du vide" (G. Lipovetsky), qu'on s'interdit d'ouvrir d'autres perspectives incitant à une refonte radicale des dogmes décrépits de la modernité sur la conception de l'homme, des communautés, de la famille, de la culture, de la transcendance, du mythe, du politique, de la nature, de l'art, du travail, etc. Mais ce problème n'est pas celui de la ND qui, au contraire, semble se sortir renforcée, grandie de cette condamnation à la dissidence.
        L'impensée médiatique théâtralisée qui occupe les plateaux de télévision et les chroniques en vue de quelques médias-dinosaures en train de péricliter doucement, finira tôt ou tard par être prise pour ce qu'elle est : un entassement de discours creux et de querelles stériles totalement déconnecté avec la réalité. Les illusionnistes feront sans doute recette encore quelques temps puisque l'esprit du temps les y encourage, mais déjà on voit poindre un autre style, plus percutant, efficace lorsque, par exemple,  Frédéric Taddei invite de vrais penseurs, de vrais critiques sur le plateau de "Ce soir où jamais" où, occasionnellement, la ND trouve aussi sa place. On entrevoit l'ouverture encourageante, quoique encore très étroite et menacée par la censure conformiste, de débats authentiques sur les enjeux réels de nos sociétés recomposées et désorientées. Toutefois, la ND n'a pas attendu qu'on lui fasse une place sur ce genre de tribune pour se mettre à l'œuvre. Sa spécialité étant la réflexion de fond, elle se passe volontiers, et même volontairement, d'une trop grande exposition aux feux de la rampe qui la pousserait à galvauder sa pensée, à en faire une marchandise intellectuelle comme une autre.
         C'est à travers la force de réflexion des grands dossiers abordés par ses revues (Éléments, Krisis, Nouvelle École et leurs consœurs européennes), à travers les nombreux livres qu'elle écrit ou inspire, les conférences-débats abordés par les associations qui la représentent qu'elle apparaît comme un défi sérieux à l'impensée active, voire activiste, qui nous tient lieu d'idéologie. Et l'on peut constater, au bout d'une quarantaine d'année d'activités, que sa puissance de réflexion n'a pas sensiblement diminuée, que la demande intellectuelle de ses thématiques reste forte et que des convergences fécondes se sont établies avec des penseurs venus d'autres horizons (comme le philosophe italien Costanzo Preve, ou en France l'universitaire Claude Karnoouh, pour citer deux compagnons de route venus de la gauche).
        L'une des plus virulentes critiques de la nouvelle droite provient de ladite "extrême droite", dont certains partisans sont eux-mêmes issus de ses rangs ou l'ont côtoyée pendant quelques années.
        On entend fréquemment dire par certains déçus, aigris, que la stratégie "métapolitique" avait pour objectif la conquête du pouvoir politique au moyen de la maîtrise préalable du pouvoir culturel. Ce à quoi la ND aurait renoncé, se complaisant dans un intellectualisme de tour d'ivoire, sans prise sur la réalité, sans rapport avec les enjeux d'aujourd'hui.
        Outre, la mauvaise foi foncière qui consiste à rabaisser Alain de Benoist et ses amis — pour qui les connaît vraiment — au rang des intellectuels qui ne cherchent qu'à se faire plaisir en empilant les élucubrations logomachiques d'une raison raisonnante les unes sur les autres, à l'instar d'une certaine intelligentsia déréalisante fustigée naguère par notre ami Jean Cau, cette critique ignore la solution de continuité (reconnue par Gramsci) qui sépare l'agitation culturelle de l'activisme politique. S'il existe de nombreux recoupements et passerelles entre les deux champs d'activités accréditant l'importance d'une guerre culturelle au sens gramscien, on ne saurait les confondre ni attendre de résultats homéotéliques dans l'un lorsqu'on pratique l'autre. Il suffit d'avoir en tête l'aboutissement "hypercapitaliste" de la révolution culturelle maoïste pour comprendre la vanité des critiques adressées en l'occurrence à la ND. D'entrée de jeu celle-ci s'est voulue société de pensée et d'influence, ni plus  ni moins, n'en déplaise à certains de ses adhérents ou proches au tempérament activiste et à nombre de ses adversaires qui se sont longtemps fait des illusions sur son pouvoir de transformation politique.
        Où sont aujourd'hui les déçus de la ND qui prétendaient que celle-ci avait renoncé, trahi ses objectifs originels par ambition personnelle ou par recherche de la facilité ? Où en sont les grandes ambitions de ceux qui prétendaient fonder un "GRECE bis" ? Qui ici se fait plaisir : ceux qui continuent le combat ingrat de la production et de la diffusion d'idées susceptibles d'influer sur l'esprit du temps  ou ceux qui n'ont d'autres ressources que les tribunes — de papier et de planches — où sont scandés d'année en année les mêmes slogans contre les ennemis désignés (souvent d'ailleurs les premières victimes, les exploités, les boucs-émissaires du système hégémonique) que ces cris de rage n'atteindront même pas ?
        Suivant ce filon passablement épuisé, l'économiste Marc Rousset, qui a récemment animé une soirée-débat du GRECE pour présenter son livre (La nouvelle Europe Paris-Berlin-Moscou) critique la position exprimée dans un récent n° d'Éléments selon laquelle, ce qui menace l'identité des Européens, beaucoup plus que les actuels flots migratoires et l'installation massive d'immigrés allogènes dans nos contrées, c'est la transformation des peuples européens en marchandises du système à broyer les peuples. Selon lui, "Le véritable et plus grave  danger  pour les Français qui se définissent avant tout comme des Européens de langue française, c’est bien l’inacceptable phénomène migratoire extra-européen car il porte atteinte, au-delà des risques évidents de guerre civile et à une difficile politique du retour, d’une façon irréversible, à l’identité européenne, à la substance ethnique du peuple français. Le système économique, lui, pourrait  être adapté et changé sans trop d’encombres du jour au lendemain ! (fin du libre échange, mise en place de la préférence communautaire, mise en place d’un capitalisme volontariste industriel). L’immigration au contraire, engage la patrie charnelle du peuple français" (*1)
        Certes, les pressions migratoires actuelles contre un continent dont la population vieillit vite et qui peine à atteindre le seuil de reproduction nécessaire à la survie de ses peuples sont l'un des phénomènes les plus graves affectant notre vieille Europe en déclin. La ND en général, L'Esprit Européen en particulier, en sont tout à fait conscients. Mais à partir de cette conscience partagée Nous divergeons sur ce qu'il faudrait faire pour combattre ce phénomène et toutes les autres redoutables tendances au déclin de nos peuples européens. Lui pense que nous devrions renoncer à l'action métapolitique que nous animons — et qui nous anime — depuis une quarantaine d'années, qui nous a donné une image de marque parmi les dissidences de qualité dans la durée, pour rejoindre les partis, les tribuns qui ont vainement tenté pendant toute cette période de combattre une dérive  propre au système et à l'esprit (partagé par une  vaste majorité de nos concitoyens, que cela nous plaise ou non) d'une société de consommation sans feu ni lieu. Système aussi fort que les murs d'une prison, contre lesquels on ne blesse que soi-même en se contentant de hurler et en se cognant aux murs. Système plus fort encore que la prison puisqu'il bénéficie de l'esprit de servitude volontaire d'une majorité des croyants, des adeptes enthousiastes, passifs ou réticents, du libéralisme conquérant. La ND précisément, ne partage pas cette servitude. Elle n'accepte pas de se mouvoir dans le champ politique parce qu'elle a compris qu'il est verrouillé dans une large mesure, et que c'est sur le plan des idées que se mènent aujourd'hui les batailles décisives. La véritable trahison serait de revenir en arrière, à l'époque où le "nationalisme", quoique déjà rudement battu en brèche, faisait encore sens face à l'universalisme des grands blocs. Cette époque est révolue et les enjeux ont radicalement changé.
        Ceci dit, on ne peut que recommander à M. Rousset et à ceux qui l'approuvent de faire ce qui correspond à leurs priorités et à leurs compétences. Qu'ils entrent en politique. Mais avant de donner des leçons d'intelligence et de courage à la nouvelle droite, ils devraient apprendre à discerner les effets des causes. Car s'il y a mise en branle de vastes flux migratoires sur toute la planète depuis fort longtemps, si les frontières sont devenues poreuses, si de puissants réseaux de passeurs épaulés par des lobbies économiques et politiques organisent facilement ce trafic humain, si les immigrés trouvent gîte et couvert, emploi et assistance avec l'approbation tacite des populations indigènes, c'est bien parce que le pourrissement a commencé par la tête…             C'est par un changement d'état d'esprit que la situation pourra, éventuellement, se renverser, certainement pas par le changement de priorités économiques et politiques qui paraît si facile à M. Rousset et qui nous est promis sans résultats notables à la veille de chaque élections.
        Passons vite sur ces critiques superficielles et répétitives venant de ceux qui n'ont jamais tenté de comprendre de l'intérieur, les motivations d'une école de pensée. Il y en a d'autres, comme celles de M. Bruno Wieseneck dans Le choc du mois (juillet 2010, qui, soit dit en passant est l'une des meilleures livraisons de ce magazine depuis longtemps). L'auteur, tout en reconnaissant que la ND n'est pas morte ("que lirait-on ?" interroge-t-il en recommandant aux ouailles de la droite catholique d'en prendre de la graine), affirme qu'elle a échoué parce qu'en développant sa thématique de recours au paganisme, elle s'est coupée de la droite catholique, nuisant à la consolidation d'une vaste "droite nationale", etc. Là encore on attribue à la ND une vocation (de fédérateur des droites radicales) qui n'est pas la sienne, et on insinue qu'elle aurait pu renoncer aux recherches païennes qui lui ont conféré une bonne part de son originalité sans y perdre son âme… Encore un qui ne voit la ND que de son clocher, rejoignant ce qu'un dissident de la ND, décidé à se lancer en politique voici une vingtaine d'années aux côtés de l'archi-catholique Bernard Antony, appelait le "compromis nationaliste". On chercherait en vain le résultat d'un tel compromis aujourd'hui : chacun a repris ses billes pour jouer dans son coin et personne n'a rencontré la gloire, semble-t-il… Toujours est-il que la ND ne souscris plus à aucune version du nationalisme depuis fort longtemps (*2) et qu'elle n'a jamais été encline au compromis —autre que rhétorique—, outil utile en politique, mais corrupteur  de toute pensée audacieuse qui ne ne doit jamais reculer devant les conséquences de ses conquêtes aventureuses.
        Justement, la recherche sérieuse de ce que peuvent signifier aujourd'hui lesdites valeurs et les symboles païens, l'étude, avec le grand Georges Dumézil et ses héritiers, parmi lesquels nos amis du GRECE Jean Varenne et Jean Haudry, de la structure idéologique commune aux traditions indo-européenennes et la diffusion de ces travaux extraordinaires dans des cercles plus vastes et moins abscons que les cénacles scientifiques où ils mijotaient, leur commentaire et leur analyse  récurrents, constituent une image de marque de la ND, allant jusqu'à dresser contre elle une coterie d'inquisiteurs qui l'ont accusé sans preuve de faire de la récupération.         Fallait-il y renoncer, tout comme au défrichement de l'immense champ d'étude du paganisme philosophique et littéraire, pour quelques dérisoires compromis politiques comme le suggèrent B. Wieseneck et quelques autres ? La question, autant que je sache, ne nous a jamais effleuré.
        Autre thème de prédilection : l'ethno-différencialisme (voir Wikipedia) ou ethno-pluralisme, perspective qui permet de prévoir l'éclatement et la recomposition hiérarchisée des sociétés multi-ethniques qui nous sont encore présentées aujourd'hui sous le jour des utopies humanistes comme une évolution naturelle vers le métissage universel et heureux. Claude Lévi-Strauss adhérait lui aussi à ce pessimisme culturel raisonnable, parce que raisonné (*3).     Des chercheurs comme l'ethno-psychiatre Tobie Nathan et le sociologue Hugues Lagrange, dont le récent ouvrage, Le déni des cultures "s'arrache en librairie" en ce moment même (*4) s'inscrivent dans cette féconde vision du monde appelée à s'étendre et à mettre à mal les dernières illusions universalistes. Notons en passant que nous avons-là en puissance la plus formidable critique de la dérégulation migratoire et du déracinement catastrophique encouragé par les sociétés libérales. Les gesticulations politiques pour la défense de la "race blanche" contre les "envahisseurs", la pseudo guerre des mondes ou des civilisation avec lesquelles l'Occident démoralisé tente de rameuter ses troupes font bien piètre figure là-contre.
        Nous pourrions continuer longtemps à faire le tour des thèmes, de l'audace conceptuelle, de la vulgarisation intelligente apportée par la nouvelle droite au cœur de la pensée faible (molle, disait Jean Cau) qui caractérise notre époque. Mais cela est déjà fait par ailleurs (notamment dans le récent n° d'Éléments consacré au sujet, mais aussi dans le Liber Amicorum dédié à Alain de Benoist, etc.) et cet article, qui se voulait un modeste plaidoyer en défense contre quelques assaillants peu scrupuleux, est déjà trop long.
        Resterait à faire le bilan concret et sans complaisance des (faibles) forces, des fragiles piliers humains sur laquelle cette grande aventure repose. Il faudrait souligner l'impérieuse nécessité de renouvellement des figures de proue, appelées à succomber comme nous tous sous les coups de la faucheuse entropie; encourager l'arrivée de jeunes générations de penseurs et sonder les moyens à mobiliser pour ce faire; révaluer les médias de la ND, toujours remarquables mais qui ne perdraient rien à se renouveler… Mais c'est un autre chapitre. Et puisque l'intendance à toujours suivi, tant que le cœur y est, on devine qu'elle ne nous laissera pas tomber dans ce si grand moment historique.
        Je termine avec cette réflexion lumineuse d'Alain de Benoist, si nécessaire dans l'obscurité de nos tristes empoignades démagogiques, à propos de l'''ennemi principal". Elle est citée comme paradigmatique par Costanzo Preve qui estime, en guise de compliment, qu'elle pourrait émaner "d'un héritier extrémiste du gauchisme le plus radical du xxe siècle" !
    " L'ennemi principal est à la fois le plus nuisible,et, surtout, le plus puissant. C'est aujourd'hui le capitalisme et la société de marché sur le plan économique, le libéralisme sur le plan politique, l'individualisme sur le plan philosophique, la bourgeoisie sur le plan social, et les États-Unis sur le plan géopolitique. L'ennemi principal occupe le centre du dispositif. Tous ceux qui, dans la périphérie, combattent le pouvoir du centre devraient être solidaires. Mais ils ne le sont pas." (*5)
        N'y a-t-il pas là un appel au combat et à l'unité sans précédent pour les jeunes générations confrontées au chaos généré par cet ennemi protéiforme, autrement plus dangereux que les pauvres hères qu'il met en mouvement vers l'exil et jette les uns contre les autres, autrement plus forts que les théocrates de tout poil qui vocifèrent contre lui partir de cette périphérie où nous végétons nous aussi, et dont une grande politique ne peut qu'espérer, quelque jour, un sursaut, un élan unitaire pour crever, extirper la tumeur centrale qui nous ronge ?
    Jacques Marlaud http://www.esprit-europeen.fr
    *1 Marc Rousset, "Immigration extra-européenne et identité : Les erreurs de la Nouvelle droite et de l’Eglise catholique romaine" (publication ?)
    *2 nous publierons prochainement une vigoureuse critique du nationalisme datant d'une bonne quinzaine d'années
    *3 cf. notre article Claude Lévi-Srauss méconnu : http://esprit-europeen.fr/portraits_levistrauss.html
    *4 Le Figaro, 27 septembre 2010
    *5 Citation de Costanzo Preve, "Point de vue d'une autre rive", Éléments n° 136, juillet-septembre 2010