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France et politique française - Page 5147

  • À quoi bon la "nouvelle droite" ? (arch 2010)

    Quelques réponses à des contradicteurs

    Quelques pistes pour une évaluation
            Lorsqu'on parle de la "nouvelle droite" (ND), il est de bon ton dans la vaste nébuleuse d'une "gauche" qui va des sociaux démocrates aux groupuscules marginaux de la frange "extrémiste", de dire qu'elle est un mouvement d'idées dangereuses, inacceptables dans la mesure où elles remettent en cause l'égalitarisme républicain et l'antiracisme officiel qui s'est greffé dessus depuis quelques décennies. La même position a été adoptée par la droite libérale qui ne diffère plus guère aujourd'hui de ses adversaires politiques hormis sur des nuances de priorités et de style (et encore, si l'on pense à la passerelle dorée qui réunit désormais un Dominique Strauss-Kahn à un Nicolas Sarkozy…).
        Donc, d'un côté comme de l'autre, on écarte sommairement ce laboratoire de pensée en disant qu'il n'est que l'habit neuf d'une très vieille tentation fasciste (ou nazie) dont il faut se défier à tout prix au nom des "valeurs" (républicaines, judéo-chrétiennes, humanistes, laïques… selon le biais que l'on souhaite donner à l'idéologie hégémonique).
        Le problème avec un tel procès d'intention est que l'on se prive d'une réflexion critique qui permettrait, au moment où l'idéologie dominante s'estompe et sombre dans le nihilisme abyssal de notre "ère du vide" (G. Lipovetsky), qu'on s'interdit d'ouvrir d'autres perspectives incitant à une refonte radicale des dogmes décrépits de la modernité sur la conception de l'homme, des communautés, de la famille, de la culture, de la transcendance, du mythe, du politique, de la nature, de l'art, du travail, etc. Mais ce problème n'est pas celui de la ND qui, au contraire, semble se sortir renforcée, grandie de cette condamnation à la dissidence.
        L'impensée médiatique théâtralisée qui occupe les plateaux de télévision et les chroniques en vue de quelques médias-dinosaures en train de péricliter doucement, finira tôt ou tard par être prise pour ce qu'elle est : un entassement de discours creux et de querelles stériles totalement déconnecté avec la réalité. Les illusionnistes feront sans doute recette encore quelques temps puisque l'esprit du temps les y encourage, mais déjà on voit poindre un autre style, plus percutant, efficace lorsque, par exemple,  Frédéric Taddei invite de vrais penseurs, de vrais critiques sur le plateau de "Ce soir où jamais" où, occasionnellement, la ND trouve aussi sa place. On entrevoit l'ouverture encourageante, quoique encore très étroite et menacée par la censure conformiste, de débats authentiques sur les enjeux réels de nos sociétés recomposées et désorientées. Toutefois, la ND n'a pas attendu qu'on lui fasse une place sur ce genre de tribune pour se mettre à l'œuvre. Sa spécialité étant la réflexion de fond, elle se passe volontiers, et même volontairement, d'une trop grande exposition aux feux de la rampe qui la pousserait à galvauder sa pensée, à en faire une marchandise intellectuelle comme une autre.
         C'est à travers la force de réflexion des grands dossiers abordés par ses revues (Éléments, Krisis, Nouvelle École et leurs consœurs européennes), à travers les nombreux livres qu'elle écrit ou inspire, les conférences-débats abordés par les associations qui la représentent qu'elle apparaît comme un défi sérieux à l'impensée active, voire activiste, qui nous tient lieu d'idéologie. Et l'on peut constater, au bout d'une quarantaine d'année d'activités, que sa puissance de réflexion n'a pas sensiblement diminuée, que la demande intellectuelle de ses thématiques reste forte et que des convergences fécondes se sont établies avec des penseurs venus d'autres horizons (comme le philosophe italien Costanzo Preve, ou en France l'universitaire Claude Karnoouh, pour citer deux compagnons de route venus de la gauche).
        L'une des plus virulentes critiques de la nouvelle droite provient de ladite "extrême droite", dont certains partisans sont eux-mêmes issus de ses rangs ou l'ont côtoyée pendant quelques années.
        On entend fréquemment dire par certains déçus, aigris, que la stratégie "métapolitique" avait pour objectif la conquête du pouvoir politique au moyen de la maîtrise préalable du pouvoir culturel. Ce à quoi la ND aurait renoncé, se complaisant dans un intellectualisme de tour d'ivoire, sans prise sur la réalité, sans rapport avec les enjeux d'aujourd'hui.
        Outre, la mauvaise foi foncière qui consiste à rabaisser Alain de Benoist et ses amis — pour qui les connaît vraiment — au rang des intellectuels qui ne cherchent qu'à se faire plaisir en empilant les élucubrations logomachiques d'une raison raisonnante les unes sur les autres, à l'instar d'une certaine intelligentsia déréalisante fustigée naguère par notre ami Jean Cau, cette critique ignore la solution de continuité (reconnue par Gramsci) qui sépare l'agitation culturelle de l'activisme politique. S'il existe de nombreux recoupements et passerelles entre les deux champs d'activités accréditant l'importance d'une guerre culturelle au sens gramscien, on ne saurait les confondre ni attendre de résultats homéotéliques dans l'un lorsqu'on pratique l'autre. Il suffit d'avoir en tête l'aboutissement "hypercapitaliste" de la révolution culturelle maoïste pour comprendre la vanité des critiques adressées en l'occurrence à la ND. D'entrée de jeu celle-ci s'est voulue société de pensée et d'influence, ni plus  ni moins, n'en déplaise à certains de ses adhérents ou proches au tempérament activiste et à nombre de ses adversaires qui se sont longtemps fait des illusions sur son pouvoir de transformation politique.
        Où sont aujourd'hui les déçus de la ND qui prétendaient que celle-ci avait renoncé, trahi ses objectifs originels par ambition personnelle ou par recherche de la facilité ? Où en sont les grandes ambitions de ceux qui prétendaient fonder un "GRECE bis" ? Qui ici se fait plaisir : ceux qui continuent le combat ingrat de la production et de la diffusion d'idées susceptibles d'influer sur l'esprit du temps  ou ceux qui n'ont d'autres ressources que les tribunes — de papier et de planches — où sont scandés d'année en année les mêmes slogans contre les ennemis désignés (souvent d'ailleurs les premières victimes, les exploités, les boucs-émissaires du système hégémonique) que ces cris de rage n'atteindront même pas ?
        Suivant ce filon passablement épuisé, l'économiste Marc Rousset, qui a récemment animé une soirée-débat du GRECE pour présenter son livre (La nouvelle Europe Paris-Berlin-Moscou) critique la position exprimée dans un récent n° d'Éléments selon laquelle, ce qui menace l'identité des Européens, beaucoup plus que les actuels flots migratoires et l'installation massive d'immigrés allogènes dans nos contrées, c'est la transformation des peuples européens en marchandises du système à broyer les peuples. Selon lui, "Le véritable et plus grave  danger  pour les Français qui se définissent avant tout comme des Européens de langue française, c’est bien l’inacceptable phénomène migratoire extra-européen car il porte atteinte, au-delà des risques évidents de guerre civile et à une difficile politique du retour, d’une façon irréversible, à l’identité européenne, à la substance ethnique du peuple français. Le système économique, lui, pourrait  être adapté et changé sans trop d’encombres du jour au lendemain ! (fin du libre échange, mise en place de la préférence communautaire, mise en place d’un capitalisme volontariste industriel). L’immigration au contraire, engage la patrie charnelle du peuple français" (*1)
        Certes, les pressions migratoires actuelles contre un continent dont la population vieillit vite et qui peine à atteindre le seuil de reproduction nécessaire à la survie de ses peuples sont l'un des phénomènes les plus graves affectant notre vieille Europe en déclin. La ND en général, L'Esprit Européen en particulier, en sont tout à fait conscients. Mais à partir de cette conscience partagée Nous divergeons sur ce qu'il faudrait faire pour combattre ce phénomène et toutes les autres redoutables tendances au déclin de nos peuples européens. Lui pense que nous devrions renoncer à l'action métapolitique que nous animons — et qui nous anime — depuis une quarantaine d'années, qui nous a donné une image de marque parmi les dissidences de qualité dans la durée, pour rejoindre les partis, les tribuns qui ont vainement tenté pendant toute cette période de combattre une dérive  propre au système et à l'esprit (partagé par une  vaste majorité de nos concitoyens, que cela nous plaise ou non) d'une société de consommation sans feu ni lieu. Système aussi fort que les murs d'une prison, contre lesquels on ne blesse que soi-même en se contentant de hurler et en se cognant aux murs. Système plus fort encore que la prison puisqu'il bénéficie de l'esprit de servitude volontaire d'une majorité des croyants, des adeptes enthousiastes, passifs ou réticents, du libéralisme conquérant. La ND précisément, ne partage pas cette servitude. Elle n'accepte pas de se mouvoir dans le champ politique parce qu'elle a compris qu'il est verrouillé dans une large mesure, et que c'est sur le plan des idées que se mènent aujourd'hui les batailles décisives. La véritable trahison serait de revenir en arrière, à l'époque où le "nationalisme", quoique déjà rudement battu en brèche, faisait encore sens face à l'universalisme des grands blocs. Cette époque est révolue et les enjeux ont radicalement changé.
        Ceci dit, on ne peut que recommander à M. Rousset et à ceux qui l'approuvent de faire ce qui correspond à leurs priorités et à leurs compétences. Qu'ils entrent en politique. Mais avant de donner des leçons d'intelligence et de courage à la nouvelle droite, ils devraient apprendre à discerner les effets des causes. Car s'il y a mise en branle de vastes flux migratoires sur toute la planète depuis fort longtemps, si les frontières sont devenues poreuses, si de puissants réseaux de passeurs épaulés par des lobbies économiques et politiques organisent facilement ce trafic humain, si les immigrés trouvent gîte et couvert, emploi et assistance avec l'approbation tacite des populations indigènes, c'est bien parce que le pourrissement a commencé par la tête…             C'est par un changement d'état d'esprit que la situation pourra, éventuellement, se renverser, certainement pas par le changement de priorités économiques et politiques qui paraît si facile à M. Rousset et qui nous est promis sans résultats notables à la veille de chaque élections.
        Passons vite sur ces critiques superficielles et répétitives venant de ceux qui n'ont jamais tenté de comprendre de l'intérieur, les motivations d'une école de pensée. Il y en a d'autres, comme celles de M. Bruno Wieseneck dans Le choc du mois (juillet 2010, qui, soit dit en passant est l'une des meilleures livraisons de ce magazine depuis longtemps). L'auteur, tout en reconnaissant que la ND n'est pas morte ("que lirait-on ?" interroge-t-il en recommandant aux ouailles de la droite catholique d'en prendre de la graine), affirme qu'elle a échoué parce qu'en développant sa thématique de recours au paganisme, elle s'est coupée de la droite catholique, nuisant à la consolidation d'une vaste "droite nationale", etc. Là encore on attribue à la ND une vocation (de fédérateur des droites radicales) qui n'est pas la sienne, et on insinue qu'elle aurait pu renoncer aux recherches païennes qui lui ont conféré une bonne part de son originalité sans y perdre son âme… Encore un qui ne voit la ND que de son clocher, rejoignant ce qu'un dissident de la ND, décidé à se lancer en politique voici une vingtaine d'années aux côtés de l'archi-catholique Bernard Antony, appelait le "compromis nationaliste". On chercherait en vain le résultat d'un tel compromis aujourd'hui : chacun a repris ses billes pour jouer dans son coin et personne n'a rencontré la gloire, semble-t-il… Toujours est-il que la ND ne souscris plus à aucune version du nationalisme depuis fort longtemps (*2) et qu'elle n'a jamais été encline au compromis —autre que rhétorique—, outil utile en politique, mais corrupteur  de toute pensée audacieuse qui ne ne doit jamais reculer devant les conséquences de ses conquêtes aventureuses.
        Justement, la recherche sérieuse de ce que peuvent signifier aujourd'hui lesdites valeurs et les symboles païens, l'étude, avec le grand Georges Dumézil et ses héritiers, parmi lesquels nos amis du GRECE Jean Varenne et Jean Haudry, de la structure idéologique commune aux traditions indo-européenennes et la diffusion de ces travaux extraordinaires dans des cercles plus vastes et moins abscons que les cénacles scientifiques où ils mijotaient, leur commentaire et leur analyse  récurrents, constituent une image de marque de la ND, allant jusqu'à dresser contre elle une coterie d'inquisiteurs qui l'ont accusé sans preuve de faire de la récupération.         Fallait-il y renoncer, tout comme au défrichement de l'immense champ d'étude du paganisme philosophique et littéraire, pour quelques dérisoires compromis politiques comme le suggèrent B. Wieseneck et quelques autres ? La question, autant que je sache, ne nous a jamais effleuré.
        Autre thème de prédilection : l'ethno-différencialisme (voir Wikipedia) ou ethno-pluralisme, perspective qui permet de prévoir l'éclatement et la recomposition hiérarchisée des sociétés multi-ethniques qui nous sont encore présentées aujourd'hui sous le jour des utopies humanistes comme une évolution naturelle vers le métissage universel et heureux. Claude Lévi-Strauss adhérait lui aussi à ce pessimisme culturel raisonnable, parce que raisonné (*3).     Des chercheurs comme l'ethno-psychiatre Tobie Nathan et le sociologue Hugues Lagrange, dont le récent ouvrage, Le déni des cultures "s'arrache en librairie" en ce moment même (*4) s'inscrivent dans cette féconde vision du monde appelée à s'étendre et à mettre à mal les dernières illusions universalistes. Notons en passant que nous avons-là en puissance la plus formidable critique de la dérégulation migratoire et du déracinement catastrophique encouragé par les sociétés libérales. Les gesticulations politiques pour la défense de la "race blanche" contre les "envahisseurs", la pseudo guerre des mondes ou des civilisation avec lesquelles l'Occident démoralisé tente de rameuter ses troupes font bien piètre figure là-contre.
        Nous pourrions continuer longtemps à faire le tour des thèmes, de l'audace conceptuelle, de la vulgarisation intelligente apportée par la nouvelle droite au cœur de la pensée faible (molle, disait Jean Cau) qui caractérise notre époque. Mais cela est déjà fait par ailleurs (notamment dans le récent n° d'Éléments consacré au sujet, mais aussi dans le Liber Amicorum dédié à Alain de Benoist, etc.) et cet article, qui se voulait un modeste plaidoyer en défense contre quelques assaillants peu scrupuleux, est déjà trop long.
        Resterait à faire le bilan concret et sans complaisance des (faibles) forces, des fragiles piliers humains sur laquelle cette grande aventure repose. Il faudrait souligner l'impérieuse nécessité de renouvellement des figures de proue, appelées à succomber comme nous tous sous les coups de la faucheuse entropie; encourager l'arrivée de jeunes générations de penseurs et sonder les moyens à mobiliser pour ce faire; révaluer les médias de la ND, toujours remarquables mais qui ne perdraient rien à se renouveler… Mais c'est un autre chapitre. Et puisque l'intendance à toujours suivi, tant que le cœur y est, on devine qu'elle ne nous laissera pas tomber dans ce si grand moment historique.
        Je termine avec cette réflexion lumineuse d'Alain de Benoist, si nécessaire dans l'obscurité de nos tristes empoignades démagogiques, à propos de l'''ennemi principal". Elle est citée comme paradigmatique par Costanzo Preve qui estime, en guise de compliment, qu'elle pourrait émaner "d'un héritier extrémiste du gauchisme le plus radical du xxe siècle" !
    " L'ennemi principal est à la fois le plus nuisible,et, surtout, le plus puissant. C'est aujourd'hui le capitalisme et la société de marché sur le plan économique, le libéralisme sur le plan politique, l'individualisme sur le plan philosophique, la bourgeoisie sur le plan social, et les États-Unis sur le plan géopolitique. L'ennemi principal occupe le centre du dispositif. Tous ceux qui, dans la périphérie, combattent le pouvoir du centre devraient être solidaires. Mais ils ne le sont pas." (*5)
        N'y a-t-il pas là un appel au combat et à l'unité sans précédent pour les jeunes générations confrontées au chaos généré par cet ennemi protéiforme, autrement plus dangereux que les pauvres hères qu'il met en mouvement vers l'exil et jette les uns contre les autres, autrement plus forts que les théocrates de tout poil qui vocifèrent contre lui partir de cette périphérie où nous végétons nous aussi, et dont une grande politique ne peut qu'espérer, quelque jour, un sursaut, un élan unitaire pour crever, extirper la tumeur centrale qui nous ronge ?
    Jacques Marlaud http://www.esprit-europeen.fr
    *1 Marc Rousset, "Immigration extra-européenne et identité : Les erreurs de la Nouvelle droite et de l’Eglise catholique romaine" (publication ?)
    *2 nous publierons prochainement une vigoureuse critique du nationalisme datant d'une bonne quinzaine d'années
    *3 cf. notre article Claude Lévi-Srauss méconnu : http://esprit-europeen.fr/portraits_levistrauss.html
    *4 Le Figaro, 27 septembre 2010
    *5 Citation de Costanzo Preve, "Point de vue d'une autre rive", Éléments n° 136, juillet-septembre 2010

  • [Paris] cercle d’étude : l’initiation à la pensée d’Action Française vendredi 7 decembre

    L’école de pensée qu’est l’Action Française ouvre ses portes trois vendredis par mois pour la tenue du cercle des étudiants animé par Pierre de Meuse pour les parties initiation et application de la pensée d’AF.. C’est l’occasion d’apprendre les bases ou de se refamiliariser avec la pensée nationaliste maurrassienne !

    RDV 18h

    10 rue Croix des Petits Champs Paris 1er (2ème étage)

    Métro : Palais Royal - Musée du Louvre.

    Renseignements : etudiants.paris@actionfrancaise.net


    http://www.actionfrancaise.net

     
  • Le scénario socialo-centriste attend depuis un demi-siècle

    Rédigeant notre chronique du 29 novembre (1)⇓ nous ne pouvions prévoir jusqu'où irait la cacophonie ministérielle, pire encore peut-être que le vaudeville mortifère au sein de l'UMP. La contradiction évidente entre les deux (ou trois) lignes cohabitant, plutôt mal que bien, depuis mai au sein du gouvernement Ayrault s'est amplifiée. Le dossier démagogique des 600 emplois de Florange l'a fait éclater au grand jour au lendemain même de la mise en ligne de notre texte. Les faits ont ainsi confirmé notre certitude : raisonnablement cela ne peut plus durer longtemps comme cela.

    Nous écrivons plus haut : "dossier démagogique" car 600 emplois à Florange, 500 emplois à Petroplus, cela ne représente au total que le quart du millième du problème que constitue le sous-emploi en France.

    Celui-ci touche 3,1 millions de chômeurs de catégorie A, plus 1,7 million de salariés en temps partiel subi, sans compter les travailleurs précaires dont le nombre a littéralement explosé depuis 20 ans.

    Pour répondre aux attentes, aux besoins, aux détresses humaines que ces statistiques reflètent rappelons qu’aucune mesure du catalogue socialiste ou du programme Hollande ne peut être considérée comme répondant de manière satisfaisante. Quand on envisage de "nationaliser", c'est-à-dire de faire racheter par l'État, fût-ce à titre punitif, et même plus encore en agitant cette menace, non seulement on ne crée aucun poste de travail nouveau mais on dissuade gravement les opérateurs, qu'ils soient étrangers ou nationaux à en développer aucun.

    Seule en effet la création d'entreprises, dont le gisement principal se situe dans les petites unités de production, ce que Mme Parisot fait trop souvent mine d'ignorer, permet de tendre à rééquilibrer l'offre et la demande de travail. Il est également très clair, et on doit le rappeler aux ministres psychorigides tels Michel Sapin et Marisol Touraine que le "modèle social français", en voie de putréfaction, forme le terreau du chômage.

    Ainsi le socialisme, le fiscalisme et l'intervention étatique, même lorsqu'ils créent une illusion de petits résultats ponctuels, dissuadent globalement l'initiative individuelle, les offreurs de travail n'ont donc rien à en espérer.

    Nous disons aussi qu'il semble s'ajouter aux deux clans du parti socialiste, l'un "social démocrate" plus ou moins assumé, l'autre "socialiste étatique" inguérissable, une troisième ligne de fracture, aggravatrice de chaos : celle que représente la fofolle Duflot. Elle aussi incarne une nuisance : on ne peut pas l'ignorer à l'Élysée. Mais comme sa rivalité avec Mélenchon, lequel fait aujourd'hui profession "d'éco-socialisme" et revendique une "planification écologique" semble convenir aux affaires politiciennes du président, celui-ci la maintient encore dans son dispositif alors que ses outrances et aberrations contribuent à déstabiliser les perspectives d'investissement.

    L'urgence tendrait donc à imposer un remaniement ministériel profond significatif d'un changement de cap. Cela explique les risettes aux centristes, voire même les approbations à contretemps de l'hypothèse de la nationalisation de Florange soutenue par un opposant d'opérette à la Borloo.

    La course au ralliement est à nouveau ouverte. On se place en vue d'une combinaison "socialo-centriste" à laquelle un François Bayrou semble avoir accepté depuis 2007 de sacrifier sa carrière. Souvenons-nous quand même que dès les années 1960, avec la candidature imaginée en 1964 par "l'Express" de "Monsieur X" alias Gaston Defferre, puis dans les années 1980 avec le ralliement À Mitterrand de "Valeurs Actuelles", tout ceci a été suggéré, susurré, mais jamais concrétisé.

    Monsieur Normal parviendra-t-il à imposer ce que son mentor Mitterrand a constamment promis mais toujours éludé ? Son caractère ne l'y prédispose pas. Les marchés financiers pourraient l'y contraindre. Les palinodies de l'opposition pourraient lui faciliter grandement la manœuvre.

    JG Malliarakis http://www.insolent.fr/

    notes :
    1 cf. "Deux craquements au sein de la pseudo-majorité"

  • La grève des médecins expliquée

    IMPORTANT : La France Mutualiste, citée en exemple dans la vidéo, ne propose aucun contrat Santé. Son patrimoine immobilier est donc cité à tord dans le cadre de l'argumentaire. Une vidéo rectificative sera postée dans quelques jours.

    Sources :

    http://www.ameli.fr/accueil-de-la-ccam/outils/actes-frequents/index.php

    http://www.covea.eu/index.php/fr/communiques-presse/164-maaf-mma-et-gmf-regro...

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Affaire_de_la_MNEF

  • Elisabeth Guigou « Une famille ce n'est pas simplement deux individus qui contractent pour organiser leur vie commune »

    Extrait d’un discours prononcé par Elisabeth Guigou, alors ministre du gouvernement Jospin, lors du débat sur le PACS le 3 novembre 1998. Ce discours mérite encore aujourd'hui toute notre attention. Il met notamment en avant la distinction essentielle qui existe entre famille et contrat. Des arguments à méditer à l'heure du projet de loi socialiste pour le mariage et l'adoption pour les couples homosexuels. - Antoine Besso

    « Or c’est une chose de maintenir un lien de parenté déjà constitué entre parents et enfants, c’en est une toute autre de permettre, en vertu de la loi, l’établissement d’un lien ex nihilo entre un enfant et deux adultes homosexuels. Dans le premier cas, il s’agit d’une solution conforme à l’intérêt de l’enfant qui a le droit de conserver son père et sa mère lorsque ses parents se séparent. Dans le second, il s’agirait de créer de toutes pièces, par le droit, une mauvaise solution.

    Pourquoi l’adoption par un couple homosexuel serait-elle une mauvaise solution ? Parce que le droit, lorsqu’il crée des filiations artificielles, ne peut ni ignorer, ni abolir, la différence entre les sexes.

    Cette différence est constitutive de l’identité de l’enfant. Je soutiens comme de nombreux psychanalystes et psychiatres qu’un enfant a besoin d’avoir face à lui, pendant sa croissance, un modèle de l’altérité sexuelle. Un enfant adopté, déjà privé de sa famille d’origine, a d’autant plus besoin de stabilité sans que l’on crée pour lui, en vertu de la loi, une difficulté supplémentaire liée à son milieu d’adoption.

    Mon refus de l’adoption pour des couples homosexuels est fondé sur l’intérêt de l’enfant et sur ses droits à avoir un milieu familial où il puisse épanouir sa personnalité. C’est ce point de vue que je prends en considération, et non le point de vue des couples, qu’ils soient hétérosexuels ou homosexuels. »

    Elisabeth Guigou,
    ex-Garde des sceaux, ministre de la justice
    Liberté politique.com (Antoine Besson)
    http://www.libertepolitique.com/L-information/Decryptage/Elisabeth-Guigou-Une-famille-ce-n-est-pas-simplement-deux-individus-qui-contractent-pour-organiser-leur-vie-commune

    http://www.polemia.com

  • Arnaque à Florange, antenne du Louvre à Lens : un avenir Français ?

    Le moment est bien choisi : Marine présentait hier à l’Assemblée nationale la charte du Rassemblement Bleu Marine (RBM).  Une structure qui  ne vise pas  à remplacer le Front National  mais  à  accueillir  les déçus de l’UMP et  plus largement, notamment dans la perspectives des municipales de 2014,  ceux qui se reconnaissent dans les grandes lignes du  programme  défendu par  le FN. Peu ou prou la démarche initiée par Jean-Marie Le Pen en 1986 avec  la création du Rassemblement National (RN) lors des législatives qui virent alors 35 députés FN-RN élus à l’Assemblée.    «Le RBM accueille les chauds, les tièdes, les bouillants, tous sauf les givrés !» a précisé avec humour  la présidente du FN.

     Le même jour, une  nouvelle rencontre entre  François Fillon et Jean-François Copé n’a pas permis de sortir l’UMP de la crise. Le RUMP,  groupe dissident de 72 députés  créé par M. Fillon, s’est vu officiellement doté mardi d’un temps de parole lors des débats à l’Assemblée. Les deux hommes doivent se revoir aujourd’hui, pour répondre à l’ultimatum de Nicolas Sarkozy qui  menace de les désavouer publiquement  s’ils ne parviennent pas à trouver un terrain d’entente.

     Désaveu  et humiliation qui frappent également les socialistes au pouvoir qui eux,  ont baissé culotte devant un président de multinationale ; le symbole est révélateur de la dégringolade de l’Etat français.

     Le  document révélé par Le Monde sur l’accord - que Matignon a  refusé de publier -.  signé entre Arcelor-Mittal et le gouvernement au sujet de  l’avenir du site de  Florange (Moselle)  en apporte une navrante confirmation. La réunion prévue aujourd’hui à 18h  entre les syndicalistes  et le Premier ministre Jean-Marc Ayrault, s’annonce houleuse.

    Dans ce document «  il est ainsi indiqué que les 180 millions d’euros d’investissements sur cinq ans promis par Arcelor-Mittal seront certes réalisés de manière inconditionnelle », « mais les investissements stratégiques ne représenteront que 53 millions d’euros de l’ensemble. »

     « Tout le reste, ce sera le flux d’investissements courants, les investissements de pérennité, santé, sécurité et progrès continu, et la maintenance exceptionnelle,  c’est-à-dire un vaste fourre-tout où à peu près tout et n’importe quoi peut être comptabilisé, et notamment les frais de maintenance. Exactement ce que craignaient les syndicats, qui accusent Lakshmi Mittal de vouloir faire passer pour une concession de sa part des dépenses qu’il était de toutes façons obligé d’effectuer. »

     Dans le quotidien berlinois  Die Tageszeitung  rapporte Courrier international,  le journaliste Rudolf Balmer explique cruellement que « les sidérurgistes de Lorraine ne peuvent s’en prendre qu’à eux-mêmes s’ils ont pris les promesses de campagne du socialiste François Hollande au pied de la lettre ».

     « N’y avait-il vraiment rien d’autre à obtenir qu’un compromis boiteux ? Il est à coup sûr décevant pour les électeurs de gauche et les syndicats de voir leur gouvernement reculer, la queue basse (…). Paris s’est payé de mots alors qu’il ne pouvait pas suivre, ni politiquement, ni financièrement. Du fait de son endettement massif, l’Etat français est vulnérable aux pressions et n’a pas les moyens d’investir dans l’industrie sidérurgique. »

     «  Du reste, poursuit-il,  un plan de sauvetage public de Florange risquait de créer un précédent qu’invoqueraient – à bon droit – tous les autres secteurs touchés par la crise. »  Aides que Bruxelles de toute façon interdit généralement  aux Etats membres  au nom de « la  concurrence libre et  non faussée »…

     Le ministre de la Culture, Aurélie Filippetti, qui est aussi une élue de Moselle, a déclaré  mardi qu’elle n’a « pas de confiance » dans la parole de l’industriel Lakshmi Mittal. Une  déclaration totalement vaine puisqu’il s’agit ici d’un constat d’impuissance et qui intervient le jour  ou,  par une habile ( ?) manœuvre de diversion, était inaugurée, comme à Dubaï avant elle, une antenne du Musée du Louvre à Lens (Pas-de-Calais). Un beau  cache-misère pour une région laminée par des décennies  de politique euro mondialiste, d’ultra libre échangisme,  de refus de tout  protectionnisme  et  de barrières douanières.

     Nous en voyons aujourd’hui le résultat. Le site Les Quatre vérités  relevait   hier que  « les chiffres du chômage au mois d’octobre sont tombés cette semaine. Au cours de ce mois, 71 500 personnes se sont trouvées sans emploi. Et, depuis 18 mois, le nombre des demandeurs d’emploi français a augmenté tous les mois. Il atteint, fin octobre, 4,87 millions. Rap­pelons que le nombre de Fran­çais âgés de 20 à 64 ans est de 37 millions d’habitants. » Un  « chômage qui  touche particulièrement deux catégories de la population : les  vieux  de plus de 50 ans, et les jeunes. »

     Dans son livre d’entretien « Une volonté, un idéal, » Bruno Gollnisch soulignait  qu’ « au cours des trente dernières années, la France a vu disparaître  complètement, ou peu s’en faut,  son industrie minière, presque toute sa sidérurgie, ses constructions navales, les trois quarts  de son industrie métallurgique de base, de sa fabrication de machine-outils, de son industrie textile. Elle est totalement absente de l’optique et de l’électronique grand public, elle ne fabrique  pas un seul téléviseur, lecteur DVD, pas un seul appareil photo, ordinateur, alors que des millions  de ces objets sont vendus sur son territoire. »

     « Bien pire, les partis de gauche et de droite qui se sont succédés au pouvoir  ont consenti à une telle situation, parce qu’ils croyaient, peu ou prou, aux vertus indéfinies de la division internationale du travail. Mais la division internationale du travail comporte des risques considérables pour l’indépendance et même pour l’identité d’une nation, sa culture, son équilibre social. »

     « Acceptons-nous un monde  dans lequel certaines nations, par exemple en Extrême-Orient, seront  spécialisées dans la fabrication des composants électroniques, d’autres, comme la Mauritanie, dans l’extraction de phosphates ou du minerai de fer, d’autres encore comme le Guatemala dans la culture de la banane ? Et en quoi d’ailleurs la France se spécialisera-t-elle ? Dans le tourisme ? »

     A cette aune Mme Filipetti et ses amis du gouvernement  pourront certes  toujours proposer de multiplier les antennes du Louvre pour attirer les  touristes dans une France sans industrie,   dans nos  régions transformées  définitivement en musées et dans lesquelles  existeront encore des réserves de souchiens…pour faire de belles photos. Est-ce l’avenir que nous voulons pour nos enfants, cette chute sans fin de notre pays ?

    http://www.gollnisch.com

  • Enquête sur la droite en France : Bruno Larebière : « Nous nous trouvons à une charnière historique de renversement des perspectives »

    Après avoir été journaliste durant près de trente ans, Bruno Larebière a créé une société de conseil en communication. Il conçoit des stratégies de communication, élabore des « éléments de langage » et pilote des campagnes - dont certaines ont fait grand bruit - pour des collectivités territoriales, entreprises, institutions et politiques.

    Monde et Vie : Bruno Larebière, on constate un net déficit de communication à droite. À quels obstacles se heurte l'homme de droite dans sa manière de communiquer ?
    Bruno Larebière : Le principal obstacle que rencontre l'« homme de droite » - quelle que soit « sa » droite -, c'est lui-même. A savoir, c'est selon, une difficulté à mettre à jour son logiciel, c'est-à-dire à prendre en compte les évolutions sociologiques et politiques, la certitude - légitime -qu'étant porteur du « bon sens », les choses doivent s'imposer par elles-mêmes et n' ont pas besoin d'être expliquées par une campagne de communication, la méfiance, voire le rejet d'un « monde médiatique » conçu comme univoque et par définition hostile, etc.
    Je pourrais citer aussi une hémiplégie qui lui fait tenir tout ce qui est émis par des gens de gauche comme a priori détestable selon un sectarisme qui, trop souvent, n'a rien à envier à celui de la fraction la plus bruyante de la gauche, la difficulté intellectuelle qu' il éprouve à concilier les exigences de la modernité en matière de communication et les exigences de son combat politique antimodemiste, et un refus de s'adapter techniquement au terrain.

    Votre réquisitoire est violent...
    Il l'est, et, si je l'exagère volontairement, c'est afin de bien faire comprendre que la communication est d'abord affaire de méthode avant d'être une affaire d'imagination. Il est impératif de faire d'abord sauter les verrous psychologiques de Y« émetteur » si l'on veut qu'il ait une chance de se faire entendre du « récepteur ». Sinon, il ne va parler qu'à lui-même et à ceux qui sont d'accord avec lui, ce qui n'a aucun intérêt.

    N'existe-t-il pas à droite un complexe face aux médias, un défaut d'identité, voire une honte de se réclamer de la droite et de ses idées ?
    C'est ce que je vous disais: quand j'entends parler de la « caste médiatique », cela me fait hurler. On confond par cette formule les quelques grands éditorialistes avec l'ensemble d'une profession composée de personnes qui cherchent avant tout à faire leur métier. On peut les ostraciser globalement, si ça fait plaisir, mais qu'on ne cherche pas ensuite à leur expliquer qu'on n'est pas de mauvais bougres. L'erreur inverse, tout aussi idiote, est de chercher à les convaincre qu'on a raison.
    Ce qu'on est légitimement en droit d'attendre d'un journaliste, c'est qu'il rapporte ce qu'on lui dit et ce qu'on fait, et commente mots et actes sur la base de la réalité de ce qu'on est.
    Pour ce qui est de la honte de se réclamer de la droite, cela relève de la difficulté à mettre à jour son logiciel. Pour beaucoup d' « hommes de droite », la société est la même en 2012 que ce qu'elle était dans les années Mitterrand et Chirac, que j'associe dans la chape de plomb du « politiquement correct » qui a pesé sur la France. Or c'est faux. Les années Sarkozy, quoi que l'on pense de son action, ont libéré la parole, ouvert des espaces, fissuré tout l'édifice de la « bien-pensance » de sorte qu'il faut être sourd et aveugle pour croire qu'il est encore tabou de se dire de droite.

    La droite ne souffre-t-elle pas aussi d'avoir perdu la bataille de la sémantique ?
    Certes, mais les seuls combats qu'on est sûr de perdre sont ceux que l'on n'a pas menés...
    Presque toutes les tendances de la droite ou des droites ont maintenant leurs « think tank » (leurs laboratoires d'idées) qui commencent à trouver une certaine résonance. Mais c'est là un travail de longue haleine qu'il eût été judicieux de mettre en place dès 1981. Il paraît que l'UMP, el veut structurer un laboratoire d'idées. À la bonne heure ! Que n'y a-t-elle pensé plus tôt...

    Peut-il exister une communication de droite et quelles pourraient en les principales caractéristiques ?
    Paradoxalement, la droite, qui se veut en phase avec le réel, doit d'abord apprendre à voir la réalité sociopolitique de la France telle qu'elle est et non selon l'idée qu'elle s'en fait. À cet égard, le travail mené par Patrick Buisson pour Nicolas Sarkozy a été exemplaire.
    Ensuite, cette « communication de droite » qui n'est que l'application à la droite des techniques de communication, doit prendre en compte à la fois le temps court, caractéristique époque, et le temps long, qui est a priori consubstantiel à la droite. De façon concrète, la droite doit apprendre à la fois à « travailler en mode projet » c'est-à-dire sur un temps court avec des immédiats (ce que font très bien les Identitaires), et accepter de s'investir dans des travaux de fond qui ne porteront leurs fruits que dans dix, vingt ou trente ans (ce que font très bien les réseaux catholiques).
    Pour ce qui relève purement, ou concrètement, de la communication, la droite dispose d’atouts considérables. Je suis profondément persuadé que nous nous trouvons à une charnière historique de  renversement des perspectives - là aussi, que la droite arrête de cultiver un défaitisme paralysant - et que beaucoup de choses qui n’étaient plus audibles le redeviennent.
    En raison de la crise économique et lourdes incertitudes pesant sur l'avenir, les Français retrouvent ces « valeurs refuges » que sont ancrage dans un terroir, le renforcement des liens familiaux, le besoin d'inscription dans lignée via la recherche généalogique, etc. Ce terreau est extrêmement favorable à ce que la droite exerce, selon la formule d'un historien célèbre, « son droit de piratage sur ce monde ».
    À condition de faire preuve de curiosité à 360° et de réactivité, de bienveillance vis-à-vis les Français, et, sur le plan des messages, de simplicité, d'inventivité et de qualité graphique à la hauteur des valeurs dont elle est porteuse. Notamment dans les domaines de la communication d’influence et de la mobilisation de l’opinion.
    propos recueillis par Hervé Bizien monde&vie novembre 2012
    Pour contacter Bruno Larebière: contact@les-messagers.fr

  • 2012 : LA DEMOCRATIE BAFOUEE

    Les gouvernements de maint pays dépensent de l'argent pour explorer la planète Mars, dans le vain espoir d'y trouver les traces d'une vie ancienne aujourd'hui disparue. Si le martien de la légende observait l'élection présidentielle de 2012, il constaterait que la cérémonie est sans importance réelle pour l'avenir de la France et, ceci, malgré des affirmations contraires.
    Les vœux publics inutiles et ruineux servent aux concurrents principaux à prendre des postures électoralistes et, parfois, à s'injurier publiquement. La perte du triple A en offre le spectacle, alors que la classe politique tout entière en est solidairement responsable.
    Le facteur brouillant les cartes est la monarchie républicaine qui s'est installée en France ainsi que dans la plupart des pays, donnant à l'élection présidentielle une sorte de sacre laïque. C'est un événement nouveau de l'histoire des hommes. Les rois d'Israël étaient sacrés par l'onction divine. Jeanne d'Arc avait fait sacrer le Dauphin à Reims, comme simple « Lieutenant du Roi des cieux ».
    Les urnes, désormais, tiennent lieu de Sainte Ampoule sous couleur de démocratie. Dans le monde entier le bourrage de ces urnes se pratique avec entrain, ce qui est la première façon de bafouer la démocratie. Les USA sont tellement prétentieux concernant la démocratie qu'ils envoient des bombes sur les peuples récalcitrants à leur idée sur le sujet ; pourtant, ils sont loin d'être innocents dans le bourrage des urnes. En France, si le phénomène est moins fréquent, il est aussi plus discret. La république « sondagère » a pour effet que les élections se jouent souvent à la marge : il faut alors avouer, que la tentation est terrible.

    LA SIMILITUDE DES PROGRAMMES
    La future élection est faussée au départ par la similitude des programmes. Afin d'attirer le chaland, chaque candidat s'efforce de se démarquer des autres, ce qui est particulièrement visible pour les deux candidats principaux. Dès que l'un lance un projet, l'autre lance un contre projet. Une giclée de chiffres nous est lancée, sans que personne ne puisse les vérifier.
    Une triple ruine nous est annoncée. La première viendra de la persistance plus que probable des déficits publics ; aucune mesure crédible n'étant prévue pour les éviter vraiment et les remplacer par un excédent budgétaire. La deuxième ruine proviendra de la poursuite de la folie taxative, car aucune des équipes n’envisage la forte et possible décrue fiscale, moyen connu de laisser se créer de la richesse pour tous. La troisième résultera de la poursuite du déluge de lois qui démantibulent la France depuis bien longtemps. Pour créer de la richesse, il faut, en plus de la décrue fiscale, supprimer des lois et non en créer de nouvelles. A cet égard aucun des candidats n'indique qu'il va réduire d'une façon marquante le nombre des 38 ministres ou quasi ministres et certains promettent des ministères nouveaux ; or, il existe probablement une quinzaine de ministres inutiles qui nous assassinent par leur activité législative.
    Une autre offense grave à la démocratie est le barrage opposé soit aux nouveaux candidats, soit aux petits candidats, soit encore à ceux qui sont soupçonnés de ne pas être « républicains » : ce qualificatif meurtrier leur est asséné par les détenteurs provisoires du pouvoir et selon leur propre « bon plaisir » inspiré de leur intérêt électoral. Les instruments utilisés pour ce barrage sont nombreux. Le financement public des partis est le premier ; la force fiscale vole de l'argent aux citoyens pour le distribuer largement aux anciens partis. Citons, aussi, la condition abusive des 500 signatures, véritable digue contre les nouveaux ou les petits.

    DES COÛTS FABULEUX
    Une autre caractéristique de cette comédie électorale, avant même son ouverture officielle, est son coût fabuleux. Ce coût repose sur une chaîne de détournements que voici.
    En premier le détournement de fonds. Les personnages présentés abusivement comme des « candidats de gouvernement », utilisent pour faire leur campagne des sommes immenses arrachées aux contribuables. Le président, lui-même circule dans son magnifique tapis volant. Les moindres seigneurs en font autant avec moins de moyens.
    S'ajoute le détournement du temps. Le candidat socialiste confie détester les riches ; il doit se détester lui-même compte tenu des avantages formels et informels offerts par ses diverses fonctions. Or, si l'on a la générosité de penser que, malgré leur action souvent négative, il arrive que ces gens rendent de temps en temps des services véritables, comment s'expliquer qu'ils consacrent plusieurs mois de leur vie et depuis déjà longtemps à la campagne électorale ? La moindre honnêteté voudrait qu'ils renoncent pendant cette période à leurs émoluments.
    Enfin, intervient aussi le détournement de l'information .Toute la presse et les médias sont vent debout pour informer des faits et gestes des candidats. Bien entendu, les « petits » candidats et ceux qui n'ont pas été adoubés par le pouvoir sont relégués à la portion congrue. Le Conseil Supérieur de l'Audiovisuel (CSA), certes, est censé améliorer l'équilibre. Mais il n'intervient vraiment qu'à partir de l'ouverture officielle de la campagne et pour les candidats alors déclarés. Il n'est, lui-même, qu'une coûteuse bureaucratie pour une tâche humainement impossible, à savoir découper artificiellement des temps de parole dans des médias classiques ; quand le collaborateur d'un candidat est dépêché à grands frais sur le lieu d'une catastrophe, il n'est pas décompté, alors que c'est de la compassion électoraliste pure ! En outre, les réseaux sociaux lui échappent par nature.
    Le résultat de tout le micmac électoral est que le vote final ne peut pas avoir de signification intelligible. Les candidats visent successivement tous les problèmes et l'on arrive forcément à des moyennes de moyennes.
    Où est l'explication ultime de cette déroute de la démocratie ? L'on trouve inévitablement le « Tout-État » ou le socialisme ce qui revient au même. Dans « La  République Fromagère », je montre que le socialisme offre aux politiques et à leurs courtisans un butin immense. La campagne déjà ouverte n'est qu'une course éperdue et collective pour saisir le butin. Parallèlement et sans attendre les futures législatives, les parachutages dans tous les camps illustrent cette course au butin.
    Le peuple, à qui l'on fait croire qu'il est souverain, jugera-t-il sur la couleur d'une cravate ? A lire les commentateurs de la presse, ce n'est pas loin de la vérité.
    Michel de PONCINS http://libeco.net

  • Abolition de la peine de mort : Coûts et conséquences (arch 2008)

    ENVIRON 1 000 meurtres sont commis chaque année en France, chiffre flou qui englobe aussi bien la vengeance entre époux après un divorce houleux et le règlement de comptes mafieux ou entre Jeunes que les crimes sadiques commis par de répugnants tueurs en série tels le binôme Olivier/Fourniret et, avant lui, le manouche sédentarisé Pierre Bodein, criminel multirécidiviste cinq fois condamné depuis 1969 pour viols avec violence (30 ans de réclusion en 1994, mais libération anticipée en 2004 pour bonne conduite) et, à peine élargi, kidnappeur et bourreau abject de la jeune Hedwige Vallée et des petites Jeanne-Marie Kegelin et Julie Scharsch, ce qui lui a valu la réclusion à vie avec peine de sûreté de 30 ans. Une condamnation dont il a osé faire appel au désespoir des parties civiles contraintes de revivre leur cauchemar - le procès s'éternisera jusqu'à début octobre.
    Ces abominables assassins dont le destin est dorénavant financé par le contribuable ad vitam aeternam, ont replacé au premier plan la question des récidivistes de viols et sévices sur mineurs, crime de loin le plus inacceptable. La peine capitale ayant été abolie par Robert Badinter sous Mitterrand, que faire de ces monstres ? Le Politiquement Correct est formel : ne touchons pas à ces meurtriers, ce serait une régression de la Civilisation ...

    L'EXPÉRIENCE AMÉRICAINE
    Vingt-sept ans après son abolition, la peine de mort ne fait d'ailleurs plus guère débat en France si elle est plébiscitée dans les sondages : pour beaucoup de gens, qui ne disposent pas de chiffres, la peine capitale (ou son abolition) n'a au fond pas d'incidence sur la criminalité. Or, c'est totalement inexact, bien que cela contredise les approximations de ses pourfendeurs.
    Pour la période décennale qui a précédé l'abolition de la peine de mort, soit de 1971 à 1980, le nombre de crimes sur mineurs s'est élevé dans notre pays à 39, dont 13 crimes dits "sexuels". Dans la décennie qui a suivi l'abolition de la peine capitale, de 1982 à 1991, le nombre de crimes sur mineurs s'est élevé à 124, dont 53 à caractère sexuel. Autrement dit, après l'abolition, le nombre de crimes sur mineurs en France a augmenté de 218 %, et le nombre de crimes sexuels a, lui, crû de 307 % par rapport aux dix ans ayant précédé 1982.
    Admettons, répondront certains, mais est-ce qu'ailleurs dans le monde la suppression de la peine de mort aurait eu un effet comparable ? Oui. La puissance dissuasive de la peine capitale a été démontrée dans le seul pays qui l'a supprimée puis rétablie, les États-Unis. La peine capitale avait en effet été suspendue à titre expérimental sur l'ensemble des Etats-Unis entre 1967 et 1973, puis réintroduite par les trois-quarts des Etats fédérés après 1973. Le taux de meurtre est tombé de 11,6 pour mille habitants eu 1970 à 5,5 pour mille eu 2004. Il a donc été divisé par deux après le rétablissement. C'est du reste l'augmentation vertigineuse des crimes qui justifia celui-ci, et la stabilisation des courbes sur six pour mille en moyenne qui en explique le maintien.

    37 5OO EUROS PAR DÉTENU ET PAR AN
    D'accord, rétorqueront à nouveau les esprits éclairés, mais les criminels endurcis ne méritent-ils pas, au fond, de connaître une seconde chance grâce aux formidables progrès de la psychiatrie ? Répondons ceci, maintenant que les statistiques sur le crime sont fiables : sur les 400 malades sexuels tueurs relâchés depuis 1900 de par le monde, tous (100 %) ont tué à nouveau au moins une fois, ce qui a précisément permis de découvrir et mettre au point le concept moderne de « tueur en série ».
    La peine de mort ne peut donc être considérée sur le seul plan de la morale personnelle : elle a un effet dissuasif prouvé sur le crime, soit par la crainte de son application, qui suspend le geste fatal, soit parce que le futur récidiviste ne sera, et pour cause, jamais relâché à la suite du diagnostic imbécile d'un expert. À cela s'ajoute la perspective des coûts ; certes subalterne, la dimension économique du maintien en vie d'un monstre incurable, existe. Bien entendu, on ignore le coût exact d'un prisonnier français : comme d'autres statistiques gênantes, il est impossible d'obtenir ce chiffre du ministère concerné, qu'on recoupe seulement par bribes. On découvre par exemple qu'un Jeune mis en centre éducatif fermé pour mineurs (CEF) - il existe en France une quarantaine d'établissements de ce type, créés en 2002 coûte environ 600 euros par jour à la collectivité. Mais pour avoir une idée, même imparfaite. de ce coût, un simple calcul suffit : le budget annuel de l'administration pénitentiaire est d'environ 2, 4 milliards d'euros, qu'il suffit de diviser par le nombre de détenus. Soit 64 000, répartis dans environ 250 établissements sur le territoire, avec 31 000 gardiens, directeurs et personnels techniques en charge de les surveiller, nourrir, etc. (données 2007). Un détenu hexagonal "coûte" donc dans les 37 500 euros par an en France.
    Postulons à présent qu'un criminel sur mineur soit condamné à la perpétuité sans remise de peine et effectue ses trente années en prison. Il "coûtera" donc 34 000 euros multiplié par trente, ce qui fait la somme rondelette de 1,125 million d'euros. Voilà donc le prix du pardon.
    Certes, nous avons, avec ce pactole acheté une bonne conscience. Mais les parents de la petite victime torturée par le quidam risquent à bon droit de trouver l'addition salée. Et, par-delà les incidences morales posées par la peine de mort superbement ignorées par celui qui l'a infligée au départ - même si on nie contre toute évidence son efficacité sur les statistiques du crime, il est des sommes qu'il est infâme de débourser.
    Grégoire DUHAMEL. National Hebdo 19 septembre 2008

  • Quelle majorité pour une droite plurielle ?

    Résumé de la communication de Jean-Yves Le Gallou, président de Polémia, à la XXVIIIe Université annuelle du Club de l’Horloge, dimanche 21 octobre 2012

    2012 : La victoire étriquée de la gauche

    François Hollande est le plus mal élu des présidents de la Ve République : il n’a rassemblé que 39% des inscrits et 48,6% des votants ; 1.139.000 voix seulement le séparent de Nicolas Sarkozy alors que 2.146.000 électeurs ont choisi de voter blanc ou nul. Et seule la mobilisation massive de l’électorat musulman (86% pour Hollande, selon l’IFOP) lui a assuré la victoire. Au premier tour des élections législatives, le Parti socialiste, qui détient à lui seul la majorité de l’Assemblée nationale, a recueilli 16,1% des inscrits : moins d’un électeur sur six !

    Ce n’est pas la gauche bobo qui a gagné, c’est la « droite lâche » des médiagogues qui a perdu

    Il est clair que la victoire étriquée de François Hollande et des socialistes est une victoire par défaut. C’est d’abord la défaite de la droite. Une droite qui n’est ni « forte », ni « décomplexée », ni « populaire », ni « libre » mais « lâche ». Selon Lionnel Luca, député UMP des Alpes-Maritimes : « A droite, nous sommes des lâches. Si on veut faire carrière dans cette société moralisatrice, il faut être bien vu de ceux qui écrivent, ces curés laïcs qui donnent l’absolution au nom de ce qu’il faut penser » (Libération du 13 août 2012).

    A droite les citoyens n’ont pas affaire à des hommes d’Etat mais à des médiagogues qui ne cherchent pas à représenter leurs électeurs mais qui les trahissent pour plaire aux médias.

    Il faut un changement radical de stratégie pour construire une majorité sociologique, une majorité idéologique, une majorité stratégique et une majorité numérique.

    Majorité sociologique : France autochtone et France des périphéries

    La majorité sociologique est d’abord à rechercher dans la majorité ethnique de la France : les Français de souche ou, de manière plus large, les Français de souche européenne, car les Français d’origine italienne, espagnole ou portugaise votent comme les Franco-Français. C’est donc, à cette France autochtone, à ces Franco-Européens qu’il faut s’adresser et manifester une claire préférence pour leurs traditions, leurs coutumes, leurs goûts, leur culture, leur religion. Ce discours, d’ailleurs, ne rebutera pas ceux qui viennent du sud de la Méditerranée lorsqu’ils sont pleinement assimilés.

    La majorité sociologique est aussi à rechercher dans la France des périphéries, dans la France qui souffre. Dans la France des classes populaires et moyennes. Dans la France qui travaille, qui a travaillé ou qui cherche du travail dans les bassins d’emplois en crise. Dans la France ostracisée par l’incessante propagande des médias de l’oligarchie.

    Il y a là un formidable réservoir électoral, en particulier chez les abstentionnistes : 47,60% des électeurs au deuxième tour des élections législatives du 17 juin 2012, plus de 50% chez les moins de quarante-quatre ans, plus de 50% chez les employés et les ouvriers.

    Majorité idéologique : identité et traditions

    Les Français ne croient plus les mensonges qui leur sont assenés : ils ne croient plus que « la mondialisation est heureuse », ni que « l’immigration est une chance pour la France », pas davantage que « les révolutions arabes vont déboucher sur la démocratie », encore moins qu’il faille « faire une place à l’islam en France ».

    Le monde qui vient n’est pas attiré par les dogmes du politiquement correct. La marche du monde obéit à des valeurs contraires : identité, famille, foi, nation, protection, culture, civilisation.

    Malgré l’ahurissement médiatique, l’opinion des Français telle qu’elle ressort des sondages est, aux deux tiers des personnes interrogées, à l’opposé de l’idéologiquement correct.

    Sur l'identité et l’immigration :

    – Pour 65% des Français l'identité de la France s'affaiblit (sondage TNS Sofres, Les Echos du 8 février 2010) ;

    – 59% des personnes interrogées sont d'accord avec l'affirmation « Il y a trop d'immigrés en France » (sondage Opinion Way/CEVIPOF, Le Monde du 1er février 2011).

    Sur l'insécurité et la justice :

    – La sévérité des peines n'est pas suffisante en matière de récidive pour 85% des personnes interrogées ; en matière de crimes sexuels pour 84% ; en matière de trafic de drogue pour 76% ; en matière de délinquance des mineurs pour 71% (sondage IFOP/Le Figaro, Lefigaro.fr du 15 février 2011) ;

    – 63% des personnes interrogées se déclarent opposées à la dépénalisation du cannabis (sondage IFOP Sud-Ouest Dimanche : LeMonde.fr du 18 juin 2011).

    Sur l’économie et les impôts :

    – 59% des Français estiment que les prélèvements obligatoires sont « très élevés » (IPSOS, Les Echos du 18 mars 2010).

    Sur le protectionnisme :

    – 61% des personnes interrogées travaillant dans le secteur privé préconisent de prendre des mesures protectionnistes face à la mondialisation ; 2/3 des personnes interrogées et 73% des ouvriers estiment que la mondialisation est une menace sur l’emploi et 78% une menace sur les salaires (sondage TNS SOFRES du 21 avril au 4 mai : Les Echos du 20 juin 2011).

    Sur l’école et l’université :

    – 67% des personnes interrogées veulent remettre en cause le principe du collège unique et 81% estiment qu’il faut des parcours plus individualisés pour les élèves (sondage CSA La Croix/APPEL : LeMonde.fr du 5 avril 2011).

    (Voir les six analyses de Michel Geoffroy sur Polémia : Et si l'on donnait la parole aux Français (VI))

    Il est assez simple de savoir ce que veut le peuple, c’est l’inverse du politiquement correct : moins d’immigration, plus de répression des délinquants, un retour au protectionnisme et moins d’impôts, une école et une université plus sélectives. Tout cela est cohérent : car plus de protectionnisme, moins d’immigration et une école plus sélective, c’est moins de dépenses et donc moins d’impôts.

    La majorité stratégique

    Le handicap principal de la droite – des droites – c’est la crédibilité, tant a été grand par le passé l’écart entre les paroles prononcées et les politiques conduites. C’est cet écart qui explique les deux millions de voix qui ont manqué à Sarkozy en mai 2012.

    Pour tenter de reconquérir la confiance des électeurs, il faudra renouer avec de vraies valeurs :

    Le courage : si des réformes socialistes, sociétales notamment, sont jugées mauvaises, elles doivent être abrogées. Il ne doit pas y avoir d’ « acquis » ou d’ « avancées » socialistes irréversibles, ni sur le pseudo-mariage homosexualiste, ni sur les droits des étrangers.

    La réciprocité : c’est l’un des fondements des relations humaines, constamment bafoué à droite depuis vingt-cinq ans ; concrètement, l’UMP ne peut pas demander aux électeurs FN de se reporter sur ses candidats si elle continue d’appeler à ne pas voter pour les candidats FN. Un désistement ne peut être que réciproque.

    La confiance dans le peuple : c’est le point essentiel. Pour reconquérir la confiance du peuple, il faut montrer qu’on a confiance en lui et qu’on en fera un vrai législateur. La première mesure à proposer c’est le référendum d’initiative populaire. Il faut rendre le référendum d’initiative populaire largement possible à partir du moment où il est sollicité par au moins 500.000 électeurs inscrits.

    La majorité numérique

    Il ne faut évidemment pas imaginer pouvoir faire connaître positivement un tel projet à travers les médias de l’oligarchie dont il faut dénoncer les partis pris. Les médias de l’oligarchie, voilà l’ennemi. Heureusement il est possible de les contourner, sinon de s’en passer, grâce aux médias alternatifs.

    La volonté de s’émanciper de la doxa médiatique est apparue à la fin de l’élection présidentielle française du printemps 2012. A l’étranger, certains hommes politiques aussi s’affranchissent de la tyrannie médiatique : en Hongrie, Victor Orban gouverne depuis 2010, malgré l’opposition des principaux médias acquis à la superclasse mondiale ; en Belgique, Bart De Wever, patron du parti nationaliste NVA, vient de gagner les élections municipales du 14 octobre 2012 et d’emporter la mairie d’Anvers après avoir refusé de participer à plusieurs débats dans les télévisions flamandes qu’il a dénoncées comme partiales.

    Il est donc temps pour la droite de changer de direction et de comportement. De prendre le cap du peuple et non pas celui des médias. Les nouvelles technologies le permettent. Il suffit d’en avoir le courage. Vaste programme !

    Jean-Yves Le Gallou 21/10/2012 Polémia

    Texte intégral de la communication de Jean-Yves Le Gallou : cliquer ici
    http://www.polemia.com/pdf_v2/PDFinterventionCDHJYLG.pdf