
Par Antoine de Crémiers
Dans un de ses derniers livres, Le règne de l’homme, genèse et échec du projet moderne, paru en 2015, Rémi Brague nous entraîne dans un voyage où chaque étape est une marche vers l’abîme. L’ivresse de la création d’un monde nouveau, d’un commencement radical, d’une autonomie enfin acquise et l’idéologie du progrès s’achèvent avec les hécatombes du siècle dernier sur un désenchantement total et un nihilisme qui est désormais notre condition. Le projet moderne a couru librement à son autodestruction, il ne pouvait en être autrement. Rémi Brague nous en livre la genèse et l’échec. De la préparation (modernité) au déploiement (post-modernité) de la souveraineté de l’homme par rapport à tout ce qui n’est pas lui – Dieu ou la nature –, l’homme s’est affirmé peu à peu comme la seule origine de l’homme, l’immanence triomphante a fait oublier la transcendance, la terre a éclipsé le ciel.
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