
Les élus se protègent avant même de se soucier du peuple. Toujours prêts à imposer l’exemplarité, ils s’en exonèrent dès qu’ils le peuvent. Il y a d’abord les augmentations indécentes qu’ils s’octroient, arguant que l’indépendance de leur fonction le réclame. En quoi l’exigerait-elle plus chez un politicien que chez un artisan, une profession libérale, un fonctionnaire ? Là où le don de sa personne commanderait un ascétisme pour servir et non se servir, où la rigueur et la probité devraient se dresser comme une vertu obligatoire, c’est au contraire tout l’inverse qui est cultivé. Sénateurs et députés, main dans la main, viennent d’approuver une modification de la loi sur les conflits d’intérêts et la prise illégale d’intérêts. Ainsi dans les ajustements demandés nous y trouvons l’annulation du délit s’il s’agit de deux intérêts publics. En quoi la position de favoritisme qui précéderait la forfaiture serait dispensée de cette qualification dès lors que les deux intérêts sont de nature publique ? L’enrichissement serait donc possible dans ce cas ? Quel est le message que nos chers parlementaires veulent envoyer ? Que la loi vise d’abord à protéger l’élite et à punir la plèbe ?







