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l'information nationaliste - Page 5897

  • Immigration: thèse, antithèse, foutaise

    Le plan immigration présenté par Edouard Philippe confirme l’un des principaux aspects de la méthode Macron : sur la forme, on dit tout et son contraire, sur le fond, on se place dans la lignée de son prédécesseur.

    Cela donne un plan « ferme et solidaire » en clair, les vannes restent grandes ouvertes, mais avec fermeté. Tel un Valls expliquant que « les jeunes Français doivent s'habituer à vivre durablement avec la menace d'attentats », Edouard Philippe a ouvert la présentation de son plan immigration par un renoncement. « Compte tenu des causes qui l'explique [...] cette situation est amenée à durer ».

    Une résignation qui n'est pas le seul point commun entre l'action de Philippe et celle de son prédécesseur. Ce qui frappe pourtant d'emblée, c'est que le Premier ministre est bien la voix de son maître, Macron. Dans son discours, le même souci de ménager la chèvre et en même temps le chou. Il a ainsi multiplié l'utilisation du mot « solidarité », à destination de sa gauche, et en même temps les mesures de « fermeté » pour rassurer le Français moyen, du moins celui qui écoute d'une oreille distraite.

    Car au-delà du verbe, c'est le grand flou macronien. Le gouvernement affirme ainsi que « les personnes déboutées feront systématiquement l'objet d'une mesure d'éloignement dès le rejet de leur demande d'asile ». Comment ? Mystère. Pourtant, il admet l'ampleur du problème, reconnaissant que sur 91000 étrangers en situation irrégulière interpellés, moins de 25 000 ont quitté le territoire. Il n'a tout de même pas cité la Cour des comptes, qui a relevé que 96 % des personnes déboutées du droit d'asile restaient en France. Cela aurait été admettre que l'État organise une filière d'immigration clandestine.

    Fermeté verbale...

    En revanche, Edouard Philippe a. aussi insisté sur sa « volonté d'éviter la mise en place de nouveaux campements ».. Sans donner la moindre précision sur la manière d'y parvenir. À ce propos, celui de la porte de la Chapelle, évacué pour la... 34e fois à la veille de son annonce, se remplissait déjà au moment même où il donnait de la voix. Le gouvernement aurait voulu illustrer qu'il entendait vider la mer à la petite cuiller qu'il ne s'y serait pas pris autrement.

    Autre point non détaillé dans ce plan gouvernemental, la préservation des moyens liés à l'hébergement et à l'accompagnement d'urgence. Est-ce parce que la pilule des économies passe mal, notamment auprès des armées (cf. pp. 24-23) - que le Premier ministre n'a pas souhaité en chiffrer le coût ?

    Il a pourtant été plus précis sur d'autres éléments du volet « solidarité », quand il a annoncé la création de 12 500 places d'hébergement pour les clandestins d'ici à 2019 7 500 places pour les demandeurs d'asile et 5 000 autres pour aider les « réfugiés » à accéder au logement. Naturellement, penser que de telles mesures puissent créer un appel d'air, comme l'a démontré la même politique menée par Hollande, serait inconvenant.

    Laxisme factuel

    Inconvenant aussi de se dire que les mesures en faveur de « l'intégration », puis de cours de français, de dispositifs de formation, ne semblent pas à la hauteur des enjeux. L'intégration ne consiste-t-elle pas pour l'immigré à adopter les valeurs du pays d'accueil, et pas seulement sa langue et ses emplois ?

    Inconvenant enfin de constater que le « passeport-talent », repris mot pour mot d'une mesure annoncée par Hollande, ressemble à un gadget rive droite et que les mesures d'accélération des procédures d'octroi du droit d'asile s'enliseront dans le flot sans cesse croissant des clandestins, à l'instar de celles de son prédécesseur.

    Car le contrôle de l'immigration est largement resté au niveau des vœux pieux. Si le premier a affirmé vouloir « mieux maîtriser les flux migratoires en Europe et en France », cette maîtrise repose pour lui sur le contrôle aux frontières françaises jusqu'en novembre. Les niçois, qui voient passer chaque jour des dizaines de clandestins en provenance d'Italie, apprécieront l'ironie de la chose. Au-delà, ce sera la finalisation de la transformation de Frontex en agence européenne des garde-frontières qui devra permettre un meilleur contrôle des limes de l'UE. Quand on sait que cette dernière favorise l'immigration et que les navires de Frontex acheminent les clandestins sur nos rives, on mesure l'hypocrisie toute macronienne du propos d'Edouard Philippe.
    Richard Dalleau monde&vie  26 juillet 2017

  • Pologne : des manifestations manipulées depuis l'étranger

    Décryptage d'Olivier Bault sur Réinformation.tv :

    "Les manifestations « populaires » contre la réforme de la justice en Pologne au mois de juillet ne l’étaient peut-être pas autant qu’il a été dit. En Pologne, on accuse George Soros, l’Allemagne et la France d’avoir fomenté ces rassemblements d’opposition en définitive peu représentatifs de l’opinion polonaise.

    On sait ainsi qu’Akcja Demokracja (Action Démocratie), principale organisation derrière les manifestations de juillet contre la réforme de la justice en Pologne (partiellement bloquée par le président Andrzej Duda), est financée depuis deux ans par la Fondation européenne pour le climat dirigée par Laurence TubianaLaurence Tubiana, qui a donc indirectement contribué à défendre une institution judiciaire encore jamais décommunisée en Pologne, avait commencé sa carrière politique en France à la Ligue communiste révolutionnaire (LCR). Elle a plus tard été, entre autres fonctions politiques, conseillère pour l’environnement du premier ministre Lionel Jospin puis ambassadrice chargée des négociations sur le changement climatique et représentante spéciale du gouvernement français pour la COP 21.

    On évooque également un autre dirigeant de la Fondation européenne pour le climat (European Climate Foundation, ECF) : il s’agit de son directeur exécutif pour les politiques mondiales Emmanuel Guérinancien conseiller spécial de Laurence Tubiana au ministère des Affaires étrangères.

    La Fondation européenne pour le climat, sous influence de la France, de l’Allemagne et de George Soros, finance les manifestations contre le PiS

    Mais il n’y a pas que les intérêts français qui soient représentés au sein des instances du principal bailleur de fonds d’Akcja Demokracja, puisque le président du Conseil de surveillance de l’EFC est un Allemand. Il s’agit de Caio Koch-Weser, qui était secrétaire d’Etat au ministère des Finances du gouvernement fédéral en Allemagne de 1999 à 2005, après avoir été vice-président de la Banque mondiale. D’après l’hebdomadaire polonais Gazeta Polska (proche du PiS) qui a dévoilé le premier les financements d’Akcja Demokracja, c’est justement Koch-Weser qui a signé, en tant que secrétaire d’Etat et homme de confiance du chancelier Gerard Schröder, la garantie de l’Etat allemand pour le crédit de la Deutsche Bank en faveur de Gazprom, aux fins de la construction du gazoduc Nord Stream qui relie la Russie à l’Allemagne par la mer Baltique. Koch-Weser est d’ailleurs au conseil d’administration de la Deutsche Bank depuis 2006.

    Quant au fondateur et premier président de l’EFC, George Polk, c’est un ami et collaborateur de l’omniprésent milliardaire américain George Soros.

    Autre « parrain » étranger d’Akcja Demokracja, c’est l’ONG allemande Campact !. Campact ! est membre du réseau international OPEN dirigé par l’organisation américaine MoveOn, qui est financée par George Soros et qui était derrière les manifestations violentes contre Donald Trump après sa victoire aux élections présidentielles. Ce n’est pas un hasard si les méthodes et les slogans de la gauche libertaire et immigrationniste se ressemblent tant en Pologne (depuis les élections législatives gagnées par le PiS en novembre 2015) et aux Etats-Unis (depuis l’élection de Trump en novembre 2016). [...]"

    Michel Janva

    http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/web.html

  • Une Journée d’Amitié Française en Avignon le 9 septembre 2017

    L’association Amitié et Action Française organise une grande Journée d’Amitié Française le samedi 9 septembre 2017 proche d’Avignon.

    Ont d’ores et déjà répondu présents :

    • S.A.R le Prince Sixte Henri de Bourbon-Parme, descendant direct de Louis XIV, chef de file de la Communion Traditionaliste Carliste, fin connaisseur de la géopolitique mondiale,

    • Alain Escada, président de Civitas,

    • Marion Sigaut, historienne, spécialiste de la Révolution Française et du XVIIIe siècle, auteur de nombreux ouvrages,

    • Elie Hatem, avocat international, conseiller politique, membre du Comité directeur del’Action Française.

    La Journée commencera par la célébration d’une messe pour la France à 10 heures,

    Suivra à 12 heures un banquet d’Amitié Française

    (menu : Papeton de courgette et salade, Gardianne de taureau & boulgour aux légumes, Nougat glacé et son coulis de fruits rouges, Café, Vin).

    Prises de paroles par les intervenants à partir de 14 heures :

    Marion Sigaut : « la France, la Révolution et l’Histoire !»

    Alain Escada : « Jehanne d’Arc, un modèle pour notre temps ! »

    Roger Holeindre : « L’imposture du Gaullisme »

    Elie Hatem : « Point de Salut national sans combattre l’anti-France !»

    Le prince Sixte-Henri de Bourbon-Parme conclura la journée.

    D’autres personnalités se joindront peut-être à cette journée, vous en serez informés directement sur le site www.journeedamitiefrancaise.com

    Tout au long de la journée, grands choix de livres à la vente, rencontre avec les auteurs et dédicaces.

    Un espace bar et collations sera également aménagé sur place.

    Le lieu exact de la conférence (proche Avignon) vous sera communiqué le 7 septembre au soir.

    Réservez vite ! Le nombre de places est limité : www.journeedamitiefrancaise.com

    http://www.medias-presse.info/une-journee-damitie-francaise-en-avignon-le-9-septembre-2017/78646/

  • Attaque des militaires de Sentinelle : mais où était le chef des armées qui a réagi... 9h après ?

    Plus prompt à utiliser les médias aux ordres pour faire sa crise d'autoritarisme et orchestrer l’éviction d'un général que de soutenir les militaires blessés :

    Soutien aux militaires attaqués dans le cadre de leur mission de protection. Les blessés sont entre les meilleures mains.

     

    http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/web.html

  • Vers la fin de l’agriculture industrielle ?

    La nouvelle agriculture « agro-écologique » signe-t-elle la fin de l’agriculture industrielle ?

    En tout cas, c’est ce qu’avance Madame Hillal Elver, juriste de nationalité turque, rapporteur(e) spécial(e) sur le droit à l’alimentation de l’ONU. Elle s’insurge contre les conséquences catastrophiques des pesticides sur les animaux, la nature et l’être humain.

    Et pourtant ce débat est déjà vieux de 30 ans lorsque Madame Brundtland donnait la définition du développement durable dans son rapport. C’est ainsi que Madame Elver dira : « Être tributaire de pesticides dangereux est une solution à court terme qui porte atteinte au droit à une alimentation suffisante et au droit à la santé des générations actuelles et des générations futures. »

    Donc, n’hypothéquons pas la santé des générations futures au profit d’une économie productiviste qui ne fait qu’appauvrir les sols !

    La santé humaine et l’environnement sont en danger. 200 000 personnes meurent chaque année d’intoxication dans nos pays de grande consommation. Les maladies se développent : parkinson, alzheimer ou encore les troubles hormonaux. Et les États ne bougent pas…

    Le principe de précaution s’appliquerait-il dès maintenant ? Il semblerait que oui car la Déclaration universelle des droits de l’homme subodore le droit de chacun à vivre dans un environnement sain (principe d’ailleurs réaffirmé dans notre charte constitutionnelle pour l’environnement). Ce principe de précaution considère que le droit à une nourriture saine s’applique dès aujourd’hui… pour demain, dixit l’ONU.

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  • Christian Millau : le dernier galop d’un hussard

    Philippe Pichon

    EuroLibertés cliquez ici

    1967516572.jpgBrillant, aventureux, taquin, assez solide à la riposte, excellent à l’escarmouche, Christian Millau appartenait à quelque chose comme l’école de Roger Nimier. Rien n’était beau comme cet écrivain parmi les uniformes littéraires. C’était la ligne elle-même. C’était la race de ces gamins de vingt ou trente ans qui, en 1950, étaient vraiment les enfants de la République des Lettres.

    À tout juste quatre-vingt-huit ans, Christian Millau était un « jeune homme ». Il n’était pas né de la dernière pluie, et même mieux, il était né un Jour de l’An, ce qui lui évitait d’être un ravi de la crèche. Millau était venu au monde littéraire entre les hussards de droite à la Roger Nimier et les chevau-légers progressistes à la Claude Roy. Il semblait avoir tout abordé avec une fantaisie égale – surtout le pain quotidien d’une interminable après-guerre.

    Mais la vie et l’œuvre de cet écrivain tardivement reconnu, capable de romans de mal du siècle, portaient pour blessures profondes des épreuves privées et l’impossible paix. À son succès Au galop des hussards (Grand prix de l’Académie française de la biographie 1999, prix Joseph Kessel 1999) succédaient bien d’autres dont un Dictionnaire amoureux de la gastronomie, neuvième opus d’une œuvre déjà bien fournie. Désormais, le besoin de tendresse et de fraternité animait le romancier en quête de sens et de poésie dans un monde qui lui paraissait en manquer singulièrement.

    Le journaliste buissonnier écrivain gastronome

    Après avoir raconté avec malice, dans son Guide des restaurants fantômes (Plon, 2007), les ridicules de la société française, il récidivait avec un copieux volume comportant des entrées d’une grande drôlerie : un pavé « bleu hussard » bien servi de huit cents pages d’un journaliste buissonnier écrivain gastronome.

    Par sa plume et par le passé, Millau a rempli plusieurs milliers de restaurants aussi vite et aussi sûrement que Josyane Savigneau a vidé Le Monde des livres de toute saveur littéraire. « La gastronomie n’est pas un dogme, mais, comme l’amour, un plaisir, dont il est normal de discuter », écrivait-il.

    Bref, un élément de la culture. Millau, qui avait le gosier littéraire en pente douce, ne démystifiait pas la cuisine, il désacralisait les restaurants. Si François Villon, notre grand poète, n’avait été (de peu) son aîné, Millau l’eût invité dans une des « tavernes de vin » qui fleurissaient à Paris, au temps de l’amour courtois et eût apporté de friands morceaux. Certes, c’était le petit bout de la fourchette, mais il plantait juste.

    Une seule oreille de cochon lui manque et tout est dépeuplé

    Car, depuis ses débuts à Opéra, l’hebdomadaire culturel dont un certain Roger Nimier vient de prendre la direction en 1951, Millau trouve sa voie dans la chronique caustique et amusée de la littérature et de l’actualité : des périodiques célèbres ou confidentiels des années cinquante à Service littéraire aujourd’hui, la feuille de chou d’écrivains faite par des écrivains (et cuisinée par notre ami François Cérésa).

    Christian Millau appartient, par les meilleurs de ses livres, à la tradition des écrivains « charnels », voués à une observation dépourvue de prédication. Il compose de brefs chapitres où, avec humour et gravité, il rêve sur un moment où le destin prend figure. Dans Paris m’a dit (de Fallois, 2000), la crise de l’homme mûr éclate au seuil de la mort et l’introspection se colore de tragique en même temps que d’épicurisme. Et quand Millau abandonne de sa légèreté toute française, c’est pour gagner en tendresse et en majesté. En effet, il appartient à cette version d’écrivains dont l’idéologie (pardon Christian !) ne rive pas l’art aux contingences de l’époque.

    Malgré ses vingt ans en 1950, on trouverait difficilement en Christian Millau les aspects attendus, et en quelque sorte négatifs, de ce qu’il est convenu d’appeler « la génération de la défaite ». Nulle trace, semble-t-il, de cette prostration qui fut le lot de la plus grande partie de la jeunesse au temps des effondrements. Son romantisme et sa désinvolture aigüe ne sont pourtant pas sans rapport avec ce qui caractérise tout un secteur du roman français d’après-guerre.

    Des années Solex aux années Mac Do’

    Né à Paris d’un père français et d’une mère originaire de Moscou (Bons baisers du Goulag, Plon, 2004), le jeune Millau, tout en poursuivant ses études à Sciences-Po et à la Faculté de droit, entre en 1949 au Monde de Beuve-Méry, au service politique, dirigé par Jacques Fauvet. Après la disparition d’Opéra en 1952, il reste aux côtés de Nimier et de Jacques Laurent lors d’un parcours de journalisme littéraire qui le conduit simultanément à noircir avec talent les colonnes de Carrefour, Arts, duBulletin de Paris, duNouveau Fémina, de La Parisienne, de Candide pour devenir, après la mort tragique de Nimier en septembre 1962, rédacteur en chef adjoint au quotidien Paris-Presse où il couvre, notamment, les événements d’Algérie, les grands procès de l’OAS et, à Dallas, les suites de l’assassinat de Kennedy, avec le procès de Jack Ruby.

    Il collabore à Paris-Match, Elle, L’Express, aux magazines américains Holiday et Esquire, avant de devenir l’assistant-réalisateur d’Orson Wells à Hong-Kong pour un documentaire que Pierre Lazareff fait projeter à « 5 Colonnes à la une ». Millau est un touche-à-tout.

    De retour en France, il lance avec son partenaire, Henri Gault, les guides et le magazine Gault-Millau, sorte de Lagarde-et-Michard de la gastronomie et du bien vivre, entreprise (presque) philanthropique dont il quitte la présidence pour prendre sa retraite en 1995. Il a même le privilège rare d’être, entre-temps, le 42e Français à décrocher la « couv’» du Time depuis la création, au début des années 1920, du célébrissime hebdomadaire américain.

    En 1995, commence une troisième vie : celle d’écrivain à temps plein. Dès son premier livre, Les Fous du palais(Robert Laffont, 1994) pour lequel il obtient le prix Rabelais, sa fidélité aux « hussards » le met à part. Le reste est connu, de Commissaire Corcoran (Plon, 2005) à Dieu est-il gascon ? (Le Rocher, 2006)

    Un simple regard et la journée vide s’embrase

    Une lumière d’or vient mourir sur la table d’un lieu où Millau n’est que de passage. Il y a là des gens, des gens en bout de zinc. Tout leur corps en témoigne. C’est un endroit où ils viennent parler, s’entendre, s’écouter depuis des lustres. C’est un petit bistrot de nulle part, ni de campagne ni de banlieue, un café de bord de route où il aime tant aller se perdre au gré des errances, des promenades et des hasards. En bruit de fond, une radio. Des ouvriers qui entrent et sortent.

    De médiocres reproductions sur les murs, la sciure qui traîne sur le plancher, quelques verres vides sur une table et l’arrière-salle que l’on devine derrière l’étoffe d’un rideau, avec des bruits de pas, des mains de servantes que l’on aperçoit de temps à autre, le cartable de l’enfant posé au sol et le chat qui dort près du radiateur où trônait autrefois un vieux poêle. C’est un jour insensé dans une vie insensée, un temps où il ne se passe rien, où rien ne survient jamais et c’est pourtant la plus haute vie qui soit, la vie en bordure, en lisière du monde, la vie que remet en lumière le moindre rayon de soleil, le moindre regard qui se pose sur elle.

    En effet, il suffit d’un regard, d’un simple regard et la journée s’embrase, les choses sont revivifiées. Ainsi ce marronnier dans la cour déserte d’une modeste auberge de province où Millau a fait halte. Une table, un vin frais, les pages blanches d’un tout petit carnet de rondes gustatives et il demeure des heures à contempler cet arbre, la bicyclette que l’on pose contre son tronc puis les mains qui l’emportent plus loin, de l’autre côté invisible de la rue. Il entend, sans le vouloir, les musiques d’une conversation, le choc des casseroles de cuivre dans une cuisine proche et seul le vent se dépose sur les pages, seul le vent, l’air frais, feuillettent les pages qu’un soleil adoucit mais il n’écrit pas, surtout pas.

    L’écriture, ce sera pour plus tard ou ce sera pour jamais mais il est tout à cet arbre qui lui survivra sans doute et, en un tel moment, l’écriture est sans importance, d’aucun secours, car un livre s’écrit, justement, sous les phrases qui bruissent et lui échappent. On peut le dire ainsi : chez Christian Millau, le plaisir écrit un livre à sa place.

    Saint-Tropez : Une campagne au soleil (De Fallois, 2002)

    Bien sûr, je ne vous dirais pas comment j’ai rencontré Millau dans les couloirs du commissariat de police de Saint-Tropez où j’officiais, et où sévissait un chef de service aux allures de garenne déjà faisandé. Ce n’est pas rien de rencontrer l’un des derniers hussards. Nous devînmes amis, enfin, je crois, à en croire l’affection réciproque qui s’accumulait autour de verres de blanc pris sous la tonnelle de sa villa, La Vigne Saint-Anne. Je l’écoutais me raconter les hontes de la vie humaine qui sont aussi les génies de la littérature française, parmi lesquels un certain Louis-Ferdinand Destouches dit Céline se taillait la part délicieuse du lion maudit.

    Christian écrivait ainsi chaque jour, dans le lit de cette errance, dans ce passage qui est mouvement et l’entraînait dans les endroits les plus délaissés où le battement même de la vie devient souvent imperceptible, à l’image de la mort glissant sous sa peau, lui interdisant de faire autre chose que d’aimer car la vie est trop brève pour entamer un autre chant que le chant de la célébration, de la vénération pour la beauté du monde établie n’importe où, en des lieux innombrables et, peut-être, innommables. Millau accueillait et il servait. Puis, aussitôt, il oubliait qu’il fut serviteur, mais il n’oubliait jamais d’accueillir. Vous m’entendez : jamais.

    Adieu Christian, ou plutôt, à ce soir.

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  • DEUX ANS DE PRISON FERME POUR S’ÊTRE DÉFENDU : À BEAUVAIS, LA JUSTICE EST ENCORE PASSÉE

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    Ce qui s’est passé à Beauvais, le 25 juillet dernier, dépasse l’entendement. Sauf, peut-être, pour des magistrats nourris au lait de la repentance.

    La Justice est encore passée, et là où il se trouve actuellement, le buraliste de Lavaur doit se dire que, finalement, il n’est pas seul. Parce que ce qui s’est passé à Beauvais, le 25 juillet dernier, dépasse l’entendement. Sauf, peut-être, pour des magistrats nourris au lait de la repentance et de l’excuse.

    Un homme de cinquante ans se promène dans son quartier lorsqu’il est abordé par une bande de « jeunes » qui lui ont proposé de la drogue. Ayant décliné l’offre, il reçoit la bordée d’injures habituelle. L’altercation tourne mal et, agressé physiquement, l’homme sort un couteau dont il semble savoir se servir, puisqu’il poignarde l’un des assaillants à la gorge. Puis il prend la fuite, poursuivi par la horde à laquelle quelques congénères se joignent alors, jusqu’au hall de son immeuble où il est passé à tabac. Le procureur évoquera à l’audience une « chasse à courre ». Les images de la vidéosurveillance confirmeront ces propos. L’homme s’en tire avec 45 jours d’incapacité de travail, ce qui n’est pas rien.

    Jusque-là, il s’agit d’une scène banale dans certains quartiers. La suite l’est moins. Tout ce petit monde est cité à comparaître devant le tribunal correctionnel de Beauvais. Et, si les jeunes délinquants sont condamnés à des peines de 10 à 18 mois de prison ferme, l’agressé, lui, écope de deux ans de prison. Deux ans pour avoir osé se défendre face à une meute décidée à en découdre !

    Juridiquement, cette décision s’explique sans doute. Peut-être la victime, de même origine que ses agresseurs, était-elle connue pour des faits de violences, avait-elle un casier judiciaire ou provoquait-elle régulièrement les « jeunes ». Peut-être s’agissait-il d’une forme de règlement de comptes entre individus rivaux. En l’absence de tout communiqué du parquet, il est impossible de le savoir. À moins que le tribunal n’ait décidé, comme il l’a fait dans d’autres cas, de rappeler que la légitime défense n’est admissible que dans des conditions strictes, et doit être parfaitement proportionnée à l’agression. Dans ce cas, le fait de sortir un couteau aurait été considéré comme prématuré et excessif. En fait, l’homme aurait dû se laisser passer à tabac et, en l’absence d’arme dans les mains de ses adversaires, laisser son couteau dans sa poche…

    Quels que soient les motifs de ce jugement, son effet est déplorable. Une fois encore, la Justice donne l’image d’une institution qui ne comprend strictement rien à ce qui se passe dans de nombreux quartiers. Elle continue à raisonner comme s’il suffisait de demander poliment à une bande de jeunes de passer son chemin, de faire appel à son sens de l’honneur en quelque sorte : on ne frappe pas un homme sans défense, plus âgé et solitaire… Elle semble penser que la police est partout, prête à intervenir, un peu comme dans les bandes dessinées de notre enfance, où un îlotier était toujours à proximité avec sa pèlerine et son sifflet.

    Mais en rendant de telles décisions, nos juges minent chaque jour le sol de notre pays. Ils sèment des explosifs à retardement et seront les premiers à s’étonner le jour où ils péteront. Ils donnent aux bandes, aux cambrioleurs, aux agresseurs et aux criminels de tout poil un sentiment d’impunité. Confrontés à des individus pour qui l’autorité de la Justice ne signifie déjà pas grand-chose, ils leur délivrent un message clair : celui qui se défend contre vos entreprises sera condamné plus durement que vous. À Albi, à Beauvais, et partout en France.

    Ils veulent soumettre les victimes à leur propre idéologie. Ils ne réussiront qu’à les faire se révolter. En oubliant les leçons d’une Histoire qu’ils ne connaissent plus : les premières victimes de la Terreur ont été les magistrats qui avaient consciencieusement préparé la Révolution, des décennies durant. En France, l’injustice ne passe pas, jamais. Ils devraient s’en souvenir.

    http://www.bvoltaire.fr/deux-ans-de-prison-ferme-setre-defendu-a-beauvais-justice-passee/