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l'information nationaliste - Page 7206

  • Frontistes ? Crypto-frontistes ? Anti-frontistes ?

    Malgré ses reniements, ses démissions, sa trahison du résultat du référendum grec, son refus de se libérer de l’euro qui asphyxie inexorablement son pays, Alexis Tsipras a réussi son pari et son parti Syriza a  remporté hier assez largement les élections législatives  avec 35,47% des voix devant le parti de droite Nouvelle Démocratie (ND) crédité de 28,09% . La formation d’extrême droite Aube Dorée recueille environ 7% des suffrages. Philippe Gélie, souligne dans Le Figaro que la «capitulation estivale (de Tsipras) devant les prêteurs ne l’a pas empêché de s’imposer comme un dirigeant charismatique, capable de susciter une quasi-unité nationale autour d’un plan de sauvetage négocié sans marge de manœuvre ». Alexis Corbière, secrétaire national du Parti de Gauche de Jean-Luc Mélenchon, a dit l’évidence en relevant que «les élections grecques ne règlent rien. Plus que jamais, il faut un plan B ». Pareillement, le maire de Béziers, Robert Ménard, a estimé de son côté que ce résultat prouve que « les grecs ont préféré l’euro à l’indépendance »…monnaie unique que la gauche mélenchoniste ne remet d’ailleurs pas en cause. Comme l’a commenté  également le vice-président du FN Florian Philippot, «piégé par des partis clones tous pro-euro – ND campe sur une ligne de plus grande acceptation encore des diktats européistes que Syriza, NDLR-, le peuple grec ne pouvait que perdre. Il a perdu ».

    Si la victoire de Syriza n’enrayera en effet en rien la mise sous tutelle de la Grèce par la nouvelle « troïka des purs », BCE, FMI et Commission européenne, des espoirs autrement plus sérieux de recouvrement de notre indépendance, de nos libertés et souveraineté  nationales reposent sur la montée en puissance en France du FN.

    Les élections régionales de décembre seront un tremplin pour les échéances électorales à venir, une  étape importante sur la route de la présidentielle. Dans cette perspective, un nouveau sondage, Odoxa/Le Parisien-Aujourd’hui en France/BFMTV, publié à l’occasion du lancement officiel ce dimanche de la campagne Marine Le Pen,  est très encourageant. Elle virerait nettement en tête du premier tour des élections le 6 décembre, avec un minimum de 10 points d’avance sur ses rivaux, et l’emporterait largement au second.

    A cette adhésion croissante du peuple français au « plan B » que constitue le programme du FN, répond aussi le bruit de fond d’un certain nombre d’intellectuels, d’économistes. Des (anciens ?) membres du sérail,  qui ne naviguent pas dans la mouvance de l’opposition nationale mais qui, sans soutenir formellement le FN, voire en contestant quelques unes de ses analyses et de ses vœux, légitiment certains de ceux-ci.

    C’est le cas de l’économiste Jacques Sapir plutôt catalogué jusqu’alors comme un compagnon de route du Front de Gauche. Il s’en est d’ailleurs éloigné, lui reprochant sur son blogue  (juillet 2014)   de « (minauder) sur (les) questions (monétaires) qui impliquent pourtant des solutions claires et précises, comme sur celle d’une sortie de l’euro ». Ce qui expliquerait  que l’extrême gauche  «accumule  du retard face au Front National».

    Dans un entretien au Figaro le 21 août,  l’économiste en appelait à un « front de libération national » contre l’euro, incluant le FN. «Voilà maintenant quelques années qu’aucune déclaration à caractère raciste ou xénophobe n’est venue de la direction du FN. On ne peut plus nier (…) que ce parti est en train de changer. D’ailleurs, je ne dis pas qu’il faut faire alliance avec lui tout de suite, je dis qu’il faut y penser à terme, si cette mue se poursuit. Oui, je préfère que les électeurs du FN lisent (Emmanuel) Todd et Sapir plutôt que les classiques antisémites du XIXe siècle (…). «S’il y a une chose que j’ai apprise, c’est à ne pas insulter l’avenir.»

    M. Sapir, par commodité certainement, feint d’ignorer que « racisme » et  « xénophobie » n’ont jamais eu cours dans le programme du FN, qu’il ne s’est jamais attaqué aux immigrés,  pas plus hier qu’aujourd’hui , mais à la politique d’immigration massive.

    Les nationaux défendent plus prosaïquement la préférence nationale et une identité française menacée par une idéologie sans-frontiériste, ultra libre échangiste, dont M. Sapir combat pourtant les effets sur le plan économique. La cohérence inviterait à articuler une réponse globale à l’agression mondialiste. Et beaucoup plus que ses atermoiements sur l’euro, c ’est  le refus de la gauche de la gauche de prendre en compte l’identité physique, culturelle, spirituelle de la France qui explique surtout son « retard face au FN » et son absence de soutien dans les catégories populaires…

    Autre intellectuel attaqué ces dernières semaines par la caste politico-médiatique, Michel Onfray est accusé, notamment  par Laurent Joffrin dans un récent éditorial  Libération,  de faire le jeu du FN du fait de sa dénonciation des trahisons de la gauche.

    Une offensive déclenchée à la suite de son entretien dans Le Figaro le 10 septembre dans lequel il disait «  en (vouloir) moins à (Marine) qu’à ceux qui la rendent possible ». «(Le peuple français) se voit marginalisé alors que les marges deviennent le souci français prioritaire, avec grandes messes cathodiques de fraternités avec les populations étrangères accueillies devant les caméras du 20 heures. Si ce peuple pense mal, c’est parce que nombreux sont ceux qui l’aident à mal penser. Qu’un paysan en faillite, un chômeur de longue durée, un jeune surdiplômé sans emploi, une mère seule au foyer, une caissière smicarde, un ancien avec une retraite de misère, un artisan au bord du dépôt de bilan disent : Et qu’est-ce qu’on fait pour moi pendant ce temps-là ? Je n’y vois rien d’obscène. Ni de xénophobe. Juste une souffrance. La République n’a pas à faire la sourde oreille à la souffrance des siens.»

    M. Onfray  a cependant rappelé de nouveau samedi soir dans l’émission de Laurent Ruquier sur France 2, face à Yann Moix et Léa Salamé, son opposition au FN. Pour autant il avait été moins affirmatif ( ?) sur France culture  en  évoquant les propos de  Jacques Sapir cités plus haut : « l’idée est bonne de fédérer les souverainistes des deux bords. Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon partagent nombre de positions. Mais il faut s’adresser à un individu au-dessus des partis qui serait capable de fédérer. »

    Pour réaffirmer son ancrage au sein de la gauche antilibérale, Michel Onfray a annoncé que « le 20 octobre, (le magazine) Marianne loue(ra) la Mutualité pour (le) soutenir », en présence de Régis Debray, Alain Finkielkraut, Pascal Bruckner, Jean-François Kahn, Jean-Pierre Le Goff, Jean-Pierre Chevènement … « Nous allons dire que nous ne sommes pas avec Marine Le Pen et que nous existons à gauche, que nous ne sommes pas instrumentalisables, prévient le philosophe. Nous sommes de gauche. Ceux qui nous traitent de fascistes ne veulent pas penser » a-t-il expliqué.

    Certes, il n’est pas nécessaire de soutenir le FN pour énoncer, comme le font parfois M. Onfray, ses amis  et ses soutiens, un certain nombre de vérités et remettre en cause le politiquement correct, la pensée unique euro-libérale. Mais il n’est pas non plus nécessaire de se dédouaner de ses audaces ou de justifier son positionnement à gauche en parlant comme un vieux tract communiste des années 60…ou comme un BHL.

    Nous n’oublions pas ainsi  la tribune délirante publiée par M. Onfray dans Le Monde le 10 décembre 2013 dans laquelle il affirmait que si « un électeur du Rassemblement Bleu Marine se réjouira d’imaginer le retour du général De Gaulle, fût-ce en jupe et talons aiguilles », les électeurs du FN serait « dans le camp des petits-fils de Drumont, des amis du Maréchal, des défenseurs du régime de Vichy, des nostalgiques des fascismes européens, des poseurs de bombes de l’OAS ; un électeur du FN historique trouve son compte au discours raciste et racial des tenants de l’apartheid.»

    « Que pense vraiment Marine Le Pen ? » s’interrogeait-il, «  tient-elle le discours rusé et séducteur du serpent qui joue la carte gaulliste pour arriver au pouvoir, avant de tomber le masque une fois parvenue au sommet de l’Etat pour nommer Gollnisch Premier ministre et confier les ministères aux amoureux transis des dictateurs ? ». « Si Marine Le Pen ne se désolidarise pas clairement des propos (…) de Bruno Gollnisch (M. Onfray faisait allusion à la tribune, pourtant très mesurée, publiée sur ce blogue à l’occasion de la mort de Nelson Mandela, qu’à l’évidence il n’avait  pas lu NDLR), on pourra croire légitimement qu’elle taille la route pour eux et qu’elle avance masquée pour installer la vermine au pouvoir. »

    Nous pourrions rappeler à M. Onfray que l’utilisation de ce type de qualificatif animalisant l’adversaire (« vermine ») , visant à lui ôter toute humanité, pour désigner ici implicitement Bruno Gollnisch, est le propre des régimes totalitaires. Elisabeth Lévy le rappelait très justement dan son livre « Les maitres censeurs » (2002) décrivant le processus de démonisation du FN et de Jean-Marie Le Pen notamment lors du second tour de la présidentielle de 2002. Jamais Bruno Gollnisch n’a utilisé,  lui,  ce vocabulaire « fascisant ».

    Le plus important restant certes, que M. Onfray et d’autres adversaires affichés du FN,   plus ou moins virulents,  contribuent par leurs critiques de la politique actuelle à ébranler les bases de ce Système inique.

    http://gollnisch.com/2015/09/21/frontistes-crypto-frontistes-anti-frontistes/

  • PEGIDA : « Merkel en Sibérie, Poutine à Berlin » !

    « Merkel nach Sibirien, Putin nach Berlin! » « Merkel en Sibérie, Poutine à Berlin », chantent les patriotes Allemands pendant un défilé anti immigration à Dresde.

    Loin de l’image de bonheur affiché par les médias officiels, les Allemands ses sentent de plus en plus trahis par leurs dirigeants qui leur imposent cette invasion brutale d’immigrants musulmans.
    Lundi le mouvement PEGIDA a défilé à Dresde en critiquant directement la politique d’Angela Merkel.

    http://fr.novopress.info/

  • Marine Le Pen devant le tribunal correctionnel : qui en sortira perdant ?

    Le spectacle de la rue Myrrha dans le 18e arrondissement de Paris suffit à comprendre ce que veut dire Marine Le Pen. Une rue totalement bloquée chaque vendredi par des musulmans en prière, la présence de la police pour éviter les affrontements ou les conséquences tragiques d’une automobile conduite par un « déséquilibré ».

    Pour la seconde fois de sa carrière politique, Marine Le Pen est citée à comparaître devant le tribunal correctionnel. Sauf erreur, elle n’y a comparu qu’une fois, pour diffamation à l’encontre d’un ancien membre du FN, en 2011. De quoi faire pâlir son père, qui a multiplié les comparutions. Le prétexte du procès est connu : ses déclarations à propos des prières de rue, courant 2010, qui lui ont valu les applaudissements silencieux de bien des Français, et l’habituelle complainte du chœur des vierges effarouchées.

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  • Manifestation contre la déferlante migratoire

    A l'appel du SIEL (Souveraineté, indépendance et libertés), proche du FN, près de 500 personnes (selon l'AFP) se sont rassemblées hier soir à proximité du consulat d'Allemagne à Paris pour dénoncer "la déferlante migratoire sur l'Europe". Le SIEL avait déployé deux grandes banderoles :

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    Plusieurs intervenants se sont succédé, devant des drapeaux français, allemand, ou hongrois, en hommage aux positions du Premier ministre hongrois radical Viktor Orban. Parmi eux, Jean-Yves Le Gallou, Renaud Camus, une porte-parole du mouvement allemand Pegida (Patriotes européens contre l'islamisation de l'Occident), Melanie Dittmer, qui a brûlé un drapeau européen. 

    Voici le discours de Karim Ouchikh, président du SIEL, ancien militant socialisteet ex-musulman converti (mention du Salon Beige vers 6mn25) :

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    Michel Janva

  • « Deux individus contre l'histoire. Pierre Drieu la Rochelle, Ernst Jünger » de Julien Hervier

    L’auteur et le livre

    Ce livre est la réédition revue, corrigée et augmentée d’une postface, d’un texte publié pour la première fois en 1978 et qui était lui-même la version allégée d’une thèse d’État soutenue en Sorbonne. Professeur honoraire de l’université de Poitiers, Julien Hervier est le principal traducteur de Jünger et a dirigé l’édition des Journaux de guerre dans la Pléiade, il a également traduit des ouvrages de Nietzsche, Heidegger et Hermann Hesse, et a édité de nombreux textes de Drieu, notamment son Journal 1939-1945.

    Comme le souligne lui-même l’auteur dans sa postface, le contenu de son livre serait bien différent s’il devait l’écrire aujourd’hui, notamment en ce qui concerne Jünger dont l’œuvre a pris une autre ampleur, en particulier avec les cinq volumes du journal de vieillesse Soixante-dix s’efface, jusqu’à sa mort en 1998. Quant à Drieu, il faudrait « insister sur la dimension religieuse de [son] univers » plutôt que de « le réduire à son image de grand séducteur et d’essayiste politique ». Durant les quelque trente ans qui se sont écoulés entre l’édition princeps de cet ouvrage et la présente réédition, le contexte idéologico-politique a profondément changé et ce texte doit donc être lu sans jamais perdre de vue le moment où il fut écrit.

    Deux écrivains individualistes et aristocratique : quatre grands thèmes

    En 1978 donc, J. Hervier (JH) se propose d’étudier deux écrivains « d’esprit individualiste et aristocratique » qui ont accordé dans leur œuvre « une large place aux problèmes de la philosophie de l’histoire » qu’ils ont « transcrits en termes romanesques ». Son livre se décline selon quatre grands thèmes (la Guerre, la Politique, l’Individu et l’Histoire, la Religion), abordés sous différents aspects pour chacun des deux auteurs. 

      • La Guerre - Pour Jünger comme pour Drieu, la guerre est perçue comme une « loi naturelle », et la Première Guerre mondiale est « l’expérience fondamentale de leur jeunesse ». Rappelons seulement quelques titres. Pour le premier : Orages d’acier (1920), La guerre notre mère (1922), Le boqueteau 125 (1925), les journaux de guerre de 1939 à 1948… et cette sentence : « Le combat est toujours quelque chose de saint, un jugement divin entre deux idées ». Pour le second, les poèmesInterrogation (1917) et Fond de cantine (1920), et surtout le roman La comédie de Charleroi (1934). Pour Drieu, les hommes « ne sont nés que pour la guerre » 
    Jünger considère également la guerre comme « technique » et écrit à cet égard : « La machine représente l’intelligence d’un peuple coulée en acier », tandis que Drieu juge que « la guerre moderne est une révolte maléfique de la matière asservie par l’homme ». 
    Le livre de Jünger La guerre notre mère illustre parfaitement l’idéologie nationaliste qui régnait alors dans l’Allemagne meurtrie par la défaite, avec son exaltation du sacrifice suprême : mourir pour la patrie. Si, à cette époque, Drieu est sensible à cette idée de sacrifice patriotique, avec la Seconde Guerre mondiale il évoluera du nationalisme au pacifisme.

      • La politique - En matière de politique, les nationalistes que sont initialement Jünger et Drieu estimeront rapidement que le nationalisme est dépassé et qu’il doit évoluer, pour l’un vers l’État universel et pour l’autre vers une Europe unie. Tous deux cependant appellent à une révolution, « conservatrice » pour Jünger et « fasciste » pour Drieu. On connaît les engagements de ces deux intellectuels, mot que Drieu définit ainsi : « Un véritable intellectuel est toujours un partisan, mais toujours un partisan exilé : toujours un homme de foi, mais toujours un hérétique ». Pour l’auteur de Gilles, l’engagement est nécessaire, mais « difficile » et « ambigu ». Pour Jünger, l’engagement est paradoxal : « Ma façon de participer à l’histoire contemporaine, telle que je l’observe en moi, observe-t-il, est celle d’un homme qui se sait engagé malgré lui, moins dans une guerre mondiale que dans une guerre civile à l’échelle mondiale. Je suis par conséquent lié à des conflits tout autres que ceux des États nationaux en lutte ». Une chose est sûre, ces deux intellectuels sont des « spectateurs engagés », mais Jünger « préfère finalement refuser l’engagement – même si un remords latent lui suggère que, malgré tout, en s’établissant dans le supratemporel, il peut réagir sur son environnement politique » (JH), tandis que l’engagement de Drieu « est placé sous le signe du déchirement et de la mauvaise conscience ».

      • L’individu et l’histoire - L’individualisme est une caractéristique essentielle de la personnalité de Drieu (« Je ne peux concevoir la vie que sous une forme individuelle » avoue-t-il en 1921), comme de celle de Jünger pour qui c’est dans l’individu « que siège le véritable tribunal de ce monde ». Mais leur individualisme est à la fois semblable et différent. Le premier, « individualiste forcené » par tempérament et formation, « condamne historiquement l’individualisme comme une survivance du passé, tout en étant incapable d’y échapper dans ses réactions psychologiques personnelles » (JH), le second, individualiste exacerbé également, prononce la même condamnation historique, mais dépasse la contradiction en affirmant, par-delà le constat de la décadence de l’individualisme bourgeois, « la nécessité d’une affirmation individuelle qui fait de chacun le dernier témoin de la liberté » (id.). Devant l’Histoire, Jünger et Drieu ont des attitudes parfois proches et parfois opposées. Jünger la conçoit, à l’instar de Spengler, comme essentiellement cyclique : les civilisations naissent, se développent, déclinent et disparaissent. De fait, il s’oppose aux conceptions de l’Histoire héritées des Lumières comme à celles issues du marxisme. Il envisage cependant « une disparition probable de l’homme historique ». (JH). 
    Drieu est fortement marqué par l’idée de décadence, son « pessimisme hyperbolique et métaphysique » dépasse le « déclinisme » de Spengler, mais, pour lui, il existe un « courant rapide » qui entraîne tout le monde « dans le même sens » et que « rien ne peut arrêter ». Il se rapproche donc, d’une certaine manière de la conception marxiste du « sens de l’histoire », mais va jusqu’à dire que l’Histoire, c’est ce « qu’on appelle aujourd’hui la Providence ou Dieu ». 
    Dans leurs « utopies romanesques », Jünger (Sur les falaises de marbre, Heliopolis) et Drieu (Beloukia, L’homme à cheval) procèdent de manière radicalement différente : le premier « part de l’histoire présente pour aboutir à l’univers intemporel de l’utopie », tandis que le second « part de l’histoire passée pour aboutir à l’histoire présente » (JH). Tous deux sont déçus par le présent, mais alors que Jünger « lui substitue un monde mythique », Drieu « l’invente dans le passé ». 
    Face au « problème de la technique », Jünger et Drieu estiment tous deux que celle-ci a détruit l’ancienne civilisation sans lui avoir jamais trouvé de substitut. La solution, selon eux, ne réside pas dans un simple retour en arrière, mais dans la création de quelque chose qu’on n’appellera plus « civilisation » et qui relèvera de « la philosophie, de l’exercice de la connaissance, du culte de la sagesse » (Drieu)

      • La religion - Après la Guerre, la Politique, l’Individu et l’Histoire, la dernière partie du livre est consacrée au rapport à la religion de Jünger et de Drieu, et c’est sans doute, pour le lecteur qui ne connaît pas l’ensemble de l’œuvre de ces deux auteurs, la plus surprenante. Un long chapitre traite de « la pensée religieuse de Drieu ». Celui-ci, vieillissant, délaissant les femmes, rejetant l’action politique, se tourne de plus en plus vers la religion. Il passe de « l’ordre guerrier » de sa jeunesse à « l’ordre sacerdotal », et écrit, aux abords de la cinquantaine, des « romans théologiques ». Il admire dans le catholicisme « un système de pensée complexe » et une religion qui « représente pour la civilisation d’Europe son arche d’alliance, le coffre de voyage à travers le temps où se serre tout le trésor de son expérience etde sa sagesse ». Toutefois, s’il vénère le christianisme sub specie æternitatis, il déteste ce qu’il est devenu, c'est-à-dire une religion « vidée de sa substance », muséifiée, et qui ne représente plus qu’« une secte alanguie », à l’image du déclin général de l’Occident. L’Église n’est plus qu’une institution bourgeoise liée au grand capitalisme. À ce « catholicisme dégénéré » (JH), Drieu oppose le christianisme « viril » du Moyen Âge, celui du « Christ des cathédrales, le grand dieu blanc et viril ». Ce dieu « n’a rien à céder en virilité et en santé aux dieux de l’Olympe et du Walhalla, tout en étant plus riche qu’eux en secrets subtils, qui lui viennent des dieux de l’Asie ». Pour Drieu, il n’y a pas de véritable antagonisme entre le christianisme et le paganisme, mais seulement une façon différente d’interpréter la Nature. À ses yeux, c’est le catholicisme orthodoxe qui a le mieux conservé l’héritage païen.. Mais, au-delà des différentes religions, païennes ou chrétiennes, Drieu croit profondément en une sorte de syncrétisme universel, celui d’« une religion secrète et profonde qui lie toutes les religions entre elles et qui n’en fait qu’une seule expression de l’Homme unique et partout le même ». 
    Pour Jünger comme pour Drieu, la dimension religieuse est fondamentale et « transcende toutes les autres » (JH). Mais, contrairement à Drieu, le mot même de « Dieu » est peu fréquent dans son œuvre, caractérisée pourtant par une vision spiritualiste du monde. De fait, il semble qu’il ait envisagé une « nouvelle théologie », sans lien véritable avec l’idée d’un Dieu personnel, relevant plus sûrement d’une « religion universelle », au sens où il parle d’« État universel ». L’ennemi commun des nouveaux théologiens comme des Églises traditionnelles demeure, en tout état de cause, le « nihilisme athée ». La sympathie générale qu’il éprouve pour toutes les religions relève davantage de sa philosophie de l’histoire que d’un véritable sentiment religieux, mais ne l’empêchera pas, tout au long de la Seconde Guerre mondiale, d’exprimer des préoccupations chrétiennes. Son journal de guerre comprend d’innombrables références à la Bible, dont il loue le « prodigieux pouvoir symbolique », tandis que Sur les falaises de marbre et Heliopolis mettent en scène deux importantes figures de prêtres. « Au temps de la plus forte douleur, écrit-il, le christianisme « peut seul donner vie au temple de l’invisible que tentent de reconstruire les sages et les poètes ». Pour lui, le christianisme est avant tout ce qui, dans notre civilisation, « incarne les valeurs religieuses permanentes de l’humanité » (JH). À ses yeux, le christianisme constitue un humanisme qui prône une haute conception de l’homme. Il n’en accepte pas moins le « Dieu est mort » nietzschéen qui, souligne-t-il, est « la donnée fondamentale de la catastrophe universelle, mais aussi la condition préalable au prodigieux déploiement de puissance de l’homme qui commence ». La mort de Dieu n’est pour lui que la mort des dieux personnels, elle n’est donc pas un obstacle à la dimension religieuse de l’homme. Au mot de Nietzsche, il préfère celui de Léon Bloy, « Dieu se retire », ce qui annonce l’avènement du Troisième Règne, celui de l’Esprit qui succèdera à ceux du Père et du Fils. 
    En matière de religion, Drieu et Jünger sont « étrangement proches et profondément différents » (JH). Tous deux défendent les religions contre le rationalisme tout-puissant, sont convaincus de l’évidence de la mort du Dieu personnel et donc de la nécessité de « reconstruire à partir d’elle une nouvelle forme d’appréhension du divin » (JH).

    Un mélange détonnant

    Ce qui ressort de cette étude comparative de Jünger et Drieu, « c’est le mélange détonnant qui se produit en eux entre un esprit réactionnaire incontestable et une volonté révolutionnaire ». Toutefois si Jünger est plutôt un national-bolchevique et Drieu un révolutionnaire fasciste, face au « bourgeoisisme » tous deux sont des révolutionnaires.

    Julie Hervier a intitulé son travail : « Deux individus contre l’histoire ». Le mot « individu » prend ici tout son sens lorsqu’on comprend, après avoir refermé le livre, que Jünger et Drieu sont fascinés par la singularité de l’individu. Jünger incarne un individualisme métaphysique qui est le contraire de l’individualisme bourgeois que Drieu, dans sa mauvaise conscience, croit représenter. Tous deux aspirent à l’avènement d’une nouvelle aristocratie, mais pour Drieu il s’agit d’une aspiration essentiellement politique, alors que pour Jünger le but c’est la constitution d’une « petite élite spirituelle ». Dans sa postface, l’auteur de cette magistrale et admirable étude justifie a posteriori son titre de 1978 en rappelant et en se réclamant de la formule de Kafka : « Il n’y a de décisif que l’individu qui se bat à contre-courant ».

    Didier Marc , 11/06/2010

    Julien Hervier, Deux individus contre l’Histoire. Pierre Drieu la Rochelle, Ernst Jünger. Eurédit, 2010, 550 p.

    http://archives.polemia.com/article.php?id=2967

  • « Front de libération national », oui et dans tous les domaines

    Le psittacisme haineux de certains adversaires de l’opposition patriotique ne  se dément pas quand on voit Le Monde ouvrir  hier ses colonnes à la prose délirante de  Serge Klarsfeld, élevé au grade de  Grand-officier de La légion d’honneur par François Hollande l’année dernière. «Battre le FN aux régionales est une priorité absolue » assène-t-il de nouveau, convoquant à l’appui de ses obsessions la seconde guerre mondiale et le régime nazi,  répétant toujours la même rengaine: «Un parti antisémite ne change pas de nature, même s’il camoufle opportunément son programme de haine, comme l’a fait Hitler lors des Jeux olympiques de 1936 et comme le fait le FN», «un danger pour la démocratie», «en tentant de faire oublier la présidence de Jean-Marie Le Pen pendant plus de quarante ans ». Infantiliser les Français, leur mentir,  tenter de leur  faire peur en  leur racontant des histoires de grand méchant loup ? La technique  Klarsfeld  ne fonctionne plus trop. Le député-maire de Bègles  et homme de gauche Noël Mamère était,  lui ,plus lucide, invité  hier de l’émission Questions d’info sur LCP. Il a notamment dit tout le mal qu’il pensait de la proposition de consultation citoyenne avant les élections régionales de décembre,  évoquée par le premier secrétaire du PS Jean-Christophe Cambadélis,  pour tenter de rassembler  la gauche face à l’opposition nationale, éviter la déroute électorale prédite par beaucoup.

    «C’est du bidon, ça ne changera rien du tout a affirmé  Noël Mamère. Cambadélis me fait penser au mécano de la Générale. Il invente une petite combine politicienne pour montrer du doigt les écologistes et dire : Les vilains, c’est à cause d’eux que Mme Le Pen risque de devenir présidente de la région Nord-Pas-de-Calais-Picardie. Mais vous avez vu ce qu’ont donné cinquante ans de socialisme de notables, de petits barons, et de grands barons ? »

    Et d’ajouter que « le clivage politique aujourd’hui »  porte  « sur l’euro, sur l’Europe », s’inquiétant du  « comportement de gens qui, comme Jacques Sapir, osent proposer un front de libération (national) qui irait de l’extrême gauche jusqu’à l’extrême droite. »

    Bref, affirme encore M. Mamère, «tout est à reconstruire pour retrouver l’adhésion des citoyens et ça ne se fera pas par le haut, par les appareils mais par le bas», alors que «petit à petit, la droite extrême a contaminé la droite républicaine (sic) et aujourd’hui, il y a une sorte d’hégémonie culturelle que symbolise Mme Le Pen.»

    Cette hégémonie culturelle,  du moins si le mot parait un peu fort, cette permanence des  thématiques  frontistes  au  centre du débat  politique, qui oblige  les  partis du  Système à réagir  par rapport à elles, s’explique aussi par le ras-le-bol devant le  double langage des donneurs de leçons de  l’Etablissement.

    Exemple récent, nous avons entendu hier à Bruxelles la déclaration  François Hollande  demandant  que l’Arabie saoudite renonce à la décapitation puis à la crucifixion du  saoudien chiite Ali al-Nimr, 21 ans,  condamné à mort le 27 mai 2014 pour avoir participé à des manifestations du Printemps arabe en 2012. La justice saoudienne accuse le jeune homme, mineur au moment de faits,  d’avoir « porté des armes » et « lancé des cocktails Molotov » sur les forces de l’ordre et d’appartenir à une « organisation criminelle »

    Ce qui est en tout cas certain c’est que Ali al-Nimr est le  neveu d’un autre condamné qui attend son exécution, Nimr al-Nimr. Ce religieux chiite de  premier plan  fut une des figures du mouvement qui avait éclaté  en 2011, dans  la province orientale du Royaume,  pour contester les discriminations  dont les  chiites se disent victimes.  

    « Je demande à l’Arabie Saoudite de renoncer à cette exécution (au nombre  de 134 depuis le début de l’année, NDLR)  au nom de ce principe essentiel que la peine de mort doit être abolie et les exécutions empêchées » a affirmé M. Hollande

    Mais là où le bât blesse  c’est le silence du président de la République et de ce gouvernement, un mutisme similaire a été constaté en Europe et aux  Etats-Unis,   qui ne se sont pas opposés à la nomination de l’Arabie saoudite  à la tête d’une des commissions consultatives du «  Conseil des droits de l’homme  de l’ONU ! Celle-ci  sera   présidée  par  l’ambassadeur de Riyad auprès des Nations unies, Faisal Trad.

    Une monarchie saoudienne, un des régimes les plus répressifs et les plus obscurantistes du monde,   qui est aussi un des soutiens financiers des milices djihadistes qui déstabilisent le Proche-Orient et l’Afrique. Elle porte ainsi  une responsabilité directe, certes  elle n’est pas la seule, dans l’invasion migratoire  que  connaît aujourd’hui l’UE.

    Vladimir Poutine, qui vient de déployer des avions de chasses en Syrie pour combattre l’Etat islamique  – des frappes aériennes unilatérales sont prévues en  en cas de refus  par les Etats-Unis de sa proposition d’allier leurs forces, selon l’agence Bloomberg-  l’a évoqué   clairement ces derniers jours.

    « Les gens fuient avant tout les affrontements militaires, qui sont dans une large mesure provoqués depuis l’extérieur  (…). Si la Russie n’avait pas soutenu la Syrie, la situation y serait aujourd’hui encore plus catastrophique qu’en Libye, et l’afflux de réfugiés, encore plus important. »

     « Ce n’est pas nous qui y avons détruit et continuons d’y détruire les institutions étatiques du pouvoir, en créant un vide que remplissent immédiatement les terroristes », « donc personne ne réussira à nous faire porter le chapeau dans cette affaire »

    « Il faut mettre de côté ses ambitions géopolitiques et renoncer aux doubles standards et à la politique d’utilisation directe ou indirecte de certains groupuscules terroristes pour atteindre ses objectifs propres, notamment le remplacement de gouvernements qui ne conviennent pas à tel ou tel », a affirmé  le président russe. « Le bon sens élémentaire et la responsabilité en matière de sécurité régionale et globale exigent que la communauté internationale unisse ses forces contre la menace terroriste. »

    Ce qui nécessite aussi que la France retrouve une diplomatie réellement  indépendante, dégagée d’une tutelle atlantiste qui est contraire aux intérêts bien compris de notre pays, comme le souligne Bruno Gollnisch. Le Front de libération national que de nombreux Français  appellent  de leurs  vœux  doit exercer ses effets  dans tous les domaines.

    http://gollnisch.com/2015/09/24/front-de-liberation-national-oui-et-dans-tous-domaines/