
Le progressisme n’a pas fini d’être contrarié par les faits. La Révolution du réel, qui oblige à admettre des évidences, contredit les idéologues aux yeux grands fermés. Les deux mille invités du Festival de Cannes, sensibles à l’air du temps, ont applaudi debout, le 13 mai, le film de Vincent Garenq (L’abandon) sur les derniers jours du professeur Samuel Paty. Les spectateurs ont exprimé une solidarité venant rompre avec le conformisme politique du public à nœuds pap. Mais cette empathie pour la victime, décapitée par un terroriste islamiste, reste suspecte pour la gauche halal : le film, dans sa description factuelle de la machination djihadiste et de l’isolement de l’enseignant menacé, ne cache rien en effet des intimidations salafistes auprès des esprits faibles.






