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actualité - Page 4465

  • « La Russie, un ours malade selon Le Point. » de Alexandre Latsa

    Alexandre Latsa, journaliste, analyste, écrivain et consultant français vivant à Moscou.

    Il est de bon ton, dans la bien-pensance européenne et particulièrement française, de dénigrer la Russie. Il est vrai que ce pays, dans sa politique intérieure en infraction totale avec le politiquement correct des 28 européens, se démarque complètement de celles menées par ces derniers.

    On le voit tous les jours avec les commentaires accompagnant l’arrivée, pas toujours désirée du grand public, des « migrants » appelés par les journalistes en cour sur un ton très protecteur« réfugiés ». Le Point, sous la plume de Michel Colomès, vient de se signaler en développant l’antienne de la « pitoyable » démographie russe (1).

    Alexandre Latsa, contributeur régulier de Polémia et grand connaisseur de la Russie et de son peuple, pour vivre à Moscou depuis de nombreuses années, répond à l’hebdomadaire. On trouvera en notes toutes les références nécessaires à son argumentation.

    Polémia

    La question de la démographie russe a durant la dernière décennie été l’une des thématiques les plus fréquemment associées à l’effondrement inévitable de la Russie, un effondrement prophétiquement annoncé en 2001 par un Américain vivant et travaillant en Russie (2).

    Par inertie et sans doute surtout par manque de recherches sérieuses et documentées, la thèse de l’effondrement démographique du pays s’est répandue au sein du mainstream médiatique et au sein des différents instituts d’analyse stratégiques, hormis l’IRIS qui a publié en 2011 une note d’analyse prévisionnelle à contre-courant mais qui avec le temps s’avère totalement juste (3).

    Le catastrophisme accompagnant l’évolution démographique russe a pourtant de façon incompréhensible continué alors même que dès l’année 2000, le nombre de naissances ré-augmentait et que dès 2005 le nombre de décès diminuait.

    Le lancement en 2005 d’une grande politique composée d’un volet financier (versements d’allocations importantes) et moral (promotion de la famille traditionnelle et incitation forte à faire des enfants) achevait le renversement de la situation démographique du pays au-delà de toutes les prévisions les plus optimistes.

    En conséquence la baisse continue des avortements et du nombre de décès pour causes extérieures (alcools, suicides, accidents de la circulation…) ainsi que la diminution de la mortalité infantile traduisaient l’amélioration des infrastructures médicales et par conséquent la rapide normalisation de la situation sanitaire et démographique du pays. Une normalisation qui n’a visiblement échappé qu’aux « experts » et autres « spécialistes ».

    Dans ce contexte, l’article publié dans Le Point ce 27/08/2015 et intitulé : « La Russie un ours dangereux mais malade » semble être extrait de la presse française de 2003 ou 2004 et traduit surtout la forte méconnaissance par l’auteur du sujet qu’il aborde. Celui-ci nous indique en effet que :

    • la population de la Russie se monte à 143,5 millions d’habitants mais diminue à une allure record (…) Et devrait diminuer de moitié au cours de la prochaine génération (!) (…) Mais atteindre 80 millions vers 2050 ;
    • la hausse constante de la mortalité due à l’alcoolisme et la diminution dramatique des naissances sont provoquées par le manque de confiance des Russes dans l’avenir ;
    • l’espérance de vie en Russie est tombée à 63 ans.

    La réalité est en fait toute autre et les lecteurs intéressés peuvent trouver de nombreuses analyses documentées à ce sujet ici (4).

    Concrètement :

    • la population de la fédération de Russie ne se monte pas à 143,5 millions d’habitants, ce qui était sa population en 2013, mais à 146,3 millions d’habitants au 1er janvier 2015 ;
    • la population totale de la Russie ne diminue plus depuis 2009 où elle avait atteint 141,9 millions d’habitants. Au contraire elle augmente depuis 2009 et depuis 2012 la population augmente même naturellement et sans l’immigration, le nombre de naissances étant désormais supérieur à celui des décès ;
    • la mortalité n’est pas en hausse mais en baisse puisque le nombre de décès annuel est passé de 2,37 millions en 2004 à 1,91 millions en 2014 ;
    • la Russie ne connait pas un effondrement des naissances mais au contraire une incroyable hausse puisque le nombre de naissances est passé de 1,2 millions en 1999 à 1,94 millions en 2014. Dans le même temps le taux de fécondité est lui passé de 1,1 à 1,75 enfant par femme soit un taux supérieur à celui de l’Union européenne ;
    • la hausse des naissances est précisément survenue durant les années Poutine, traduisant tant l’amélioration du niveau de vie mais aussi des infrastructures que le retour de la morale et de la confiance des Russes dans l’avenir ;
    • l’espérance de vie n’est pas de 63 ans mais de 71 ans pour 2015 ;
    • l’auteur de l’article semble être le seul à imaginer que la population puisse diminuer de 50% sur une génération pour malgré tout se maintenir à 80 millions en 2050, c’est totalement incohérent.

    En réalité les prévisions démographiques les plus sérieuses et qui sont consultables envisagent à ce jour une population allant de 147 à 152 millions d’habitants en 2031 (5).

    Quant à l’alcoolisme, problème historique grave en Russie, les indicateurs sont cependant plutôt positifs sur la longue durée. La mortalité par empoisonnement lié à l’alcool est passé de 37,8/ 100.000 en 1994 à 6,5/ 100.000 en 2014 tandis que suicides et homicides connaissaient la même tendance, comme on peut le constater ici (6). Malgré tout la consommation d’alcool joue un rôle direct dans de nombreuses autres causes de décès que sont les homicides, les suicides, les accidents de circulation ou encore les décès pour causes de maladies cardio-vasculaires.

    En résumé la situation démographique de la Russie, si elle pouvait laisser imaginer le pire à la fin des années 90, s’est très rapidement normalisée et stabilisée au cours de la dernière décennie comme les lecteurs de Stratpol ont pu s’en rendre compte dans cet article (7) publié en octobre 2014 et qui retrace l’évolution démographique incroyable du pays de la sortie de l’URSS à nos jours.

    Une évolution démographique dont contrairement à ce que Le Point prétend, le président Vladimir Poutine se vante régulièrement en confirmant que la bataille démographique est la principale des batailles et le principal succès des autorités russes.

    Alexandre Latsa, 28/08/2015

    Notes de la rédaction :

    (1) « La Russie, un ours dangereux, mais malade » Michel Colomès, Le Point.fr, 27/08/2015
    (2) « Russia is finished »
    (3) « Déclin démographique russe : la solution sera dans la croissance » Alexandre Latsa – septembre 2011.
    (4) « Où en est la démographie russe à la mi-2015 ? »
    (5) « Statistiques »
    (6) « Evolution des facteurs de mortalité en Russie de 1990 à 2014 »
    (7) « Regard sur la démographie de la fédération de Russie » par Alexandre Latsa

    http://www.polemia.com/la-russie-un-ours-malade-selon-le-point-de-alexandre-latsa/

  • L’île grecque de Lesbos face à l’invasion : le Camp des Saints en direct. Films des scènes de violences et interviews d’habitants.

    À Lesbos, les migrants lancent des pierres contre la police et se battent entre eux. Ils rentrent dans les maisons. La situation sur l’île est explosive. Les habitants sont à bout !

    Deux interviews diffusées par la chaîne d’information en continue polonaise TVN24, dans le cadre d’un reportage sur l’île de Lesbos hier vendredi après que 200 migrants environ avaient eu des échauffourées avec la police grecque qui ne les avait pas laissé monter sur un navire en partance pour le continent. Le maire de la ville de Mitylène à Lesbos demande au gouvernement de déclarer l’état d’urgence sur son île.

    Le premier film montre les migrants qui se jettent des pierres entre eux. Les deux autres sont des interviews d’habitants qui s’expriment en anglais. Ci-dessous la traduction en français de ce que disent ces habitants de Lesbos. C’est le Camp de Saints en direct !

    Cliquer ici pour afficher la page avec les trois films : http://www.tvn24.pl/wiadomosci-ze-swiata,2/imigranci-starli-sie-z-policja-na-wyspie-lesbos,574356.html

    Lire la suite

  • A Marseille, Marine Le Pen a exclu toute réconciliation avec son père

    Lors de l'Université d'été du Front national à Marseille, la direction du FN a essayé de mettre le co-fondateur du parti sous l'éteignoir.

    Marine Le Pen a exclu samedi toute réconciliation avec son père Jean-Marie, qui a annoncé la création d'un "Rassemblement bleu blanc rouge" aux contours peu clairs, qu'il souhaite tout à la fois distinct du FN mais associé à lui. "Chacun est libre à l'extérieur du FN de monter toutes les associations qu'il souhaite. Il fait ce qu'il veut, il est un homme libre, mais au sein du FN, il n'y a pas d'associations politiques constituées, ce qui s'apparenterait à un courant politique", a tranché sa fille lors l'Université d'été du Front national à Marseille.

    A quelques kilomètres, dans un restaurant d'un quartier cossu de Marseille, M. Le Pen a réuni une large partie de la journée quelques 300 fidèles et nombre de médias autour d'un déjeuner-débat. L'occasion de renouveler un appel à "marcher vers l'unité" et à intégrer ses proches dans les listes du FN pour les régionales, une exigence jusqu'ici insatisfaite. Mais M. Le Pen a surtout lancé un Rassemblement bleu blanc rouge, qui vise à réunir des militants qui n'ont pas ou plus leur carte du parti, mais également des membres du Front national souhaitant rester fidèles à M. Le Pen. Parmi ces amis du FN "canal historique" comme ils l'appellent, plusieurs élus frontistes de Paca en rupture de ban, des membres de petites formations d'extrême droite comme le Parti de la France, et pour assurer la sécurité, des anciens du DPS, les gardes du corps maison du FN.

    Cette formation sera selon lui "le pendant" du Rassemblement Bleu Marine, créé pour élargir la base du parti d'extrême droite, selon M. Le Pen qui semble faire peu de cas du fait que le FN interdit dans ses statuts la double appartenance "à un autre parti ou mouvement politique, quel qu'il soit". Qu'importe : son discours a été copieusement applaudi, même si à la sortie, beaucoup se montraient sceptiques. Laurence Trichet, Niçoise, a quitté très récemment le FN pour suivre le "patriarche" : "Moi, Jean-Marie, je le suivrai jusqu'au bout. Mais si c'est pour travailler avec Marine, j'irai pas." Des proches de Jean-Marie Le Pen peinaient à faire l'exégèse de cette annonce, d'autant que le "Rassemblement Bleu Blanc Rouge" est déjà une marque déposée par... Nicolas Dupont-Aignan. Interrogé par l'AFP, Carl Lang, patron de la formation d'extrême droite le Parti de la France et un temps numéro deux du FN, n'a ni avalisé ni exclu une collaboration.

    "Coup de balai" pour les régionales

    Alors que M. Le Pen faisait au sein des rangs frontistes présents à l'Université d'été figure de Godot ("Va-t-il venir?" ; "Si oui, quand?"), la direction du FN s'employait à mettre l'encombrant co-fondateur du parti sous l'éteignoir, vantant à longueur de journée l'unité d'un parti "tourné vers les Français", avec les régionales en ligne de mire. Mise en pratique tout au long de la journée, avec plusieurs tables rondes consacrées au "mondialisme" ou au "rayonnement international" ou au "communautarisme" et des discours de nombreux ténors, dont les vice-présidents Florian Philippot et Louis Aliot et la députée Marion Maréchal-Le Pen.

    M. Aliot, lui-même candidat aux régionales en Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées, a ainsi appelé à "un coup de balai" général en décembre pour écarter les élites "corrompues". Mais c'est surtout la présidente du FN Marine Le Pen elle-même qui a oeuvré en ce sens, mettant l'accent sur les régionales en réaffirmant ses espérances, ou parlé de la crise des migrants. Malgré l'ombre de M. Le Pen qui planait sur cette première journée "un peu parasitée", de l'aveu d'un parlementaire frontiste, le FN a pu phosphorer sans irruption du "Vieux", qui pourrait toutefois toujours s'inviter dimanche, par exemple pour le discours de sa fille, prévu en milieu d'après-midi devant plus de 2.000 personnes. "Le seul directeur de conscience, directeur de la communication, directeur de cabinet de Jean-Marie Le Pen, c'est Jean-Marie Le Pen", s'amusait un de ses proches, résumant le sentiment général : lui seul sait ce qu'il fera dimanche. "Qu'(il) ne mésestime pas la réaction des gens qui sont là pour parler politique et qui n'apprécient pas le carnaval", a mis en garde un dirigeant historique du FN.

    source : Afp via le Point ::lien

    http://www.voxnr.com/cc/politique/EuuEVplZEAxrIyfYfj.shtml

  • Faire de l'Allemagne le premier pays musulman d'Europe

    Lu sur le blog d'Yves Daoudal :

    "— La famille de l’enfant trouvé mort sur une plage turque était en Turquie depuis trois ans.

    — Le père voulait profiter de l’exode actuel pour aller en Europe se faire refaire les dents.

    — Il est le seul survivant parce qu’il était le seul à avoir un gilet de sauvetage : dans l’islam, les femmes et les enfants sont quantité négligeable.

    L’enterrement de la femme et des enfants a eu lieu dans la ville d’origine de la famille, Kobane, en… Syrie.

    D’autre part, on constate que quasiment tous les actuels « migrants »  (tous ceux qui passent par les Balkans, en tout cas) veulent aller en Allemagne.

    Comme si un message leur avait été adressé par l’Allemagne.

    Le 2 juin je faisais état de statistiques (allemandes) montrant que l’Allemagne venait de dépasser le Japon dans le classement des pays à faible natalité. « A ce rythme-là, chaque nouvelle génération d’Allemands est inférieure d’un tiers à la génération précédente, et il y aurait donc en 2060 20 millions d’Allemands de moins. »

    Sauf si on fait allemands les Syriens, Irakiens, Afghans, Pakistanais, Tchétchènes, etc.

    Et c’est pourquoi l’Allemagne, le patronat allemand, donc les politiciens allemands, évidemment soutenus par les évêques et les pasteurs, font venir chez eux les « migrants ».

    Unknown-4Et de l’autre côté, il va de soi que l’islam (nommément l’Arabie saoudite, le Qatar et les divers émirats, et… la Turquie) ne peut que se féliciter de voir que le pays le plus puissant d’Europe deviendra bientôt le premier pays musulman d’Europe.

    A tous ceux qui veulent à toute force accueillir l’invasion islamique, à ces évêques criminels qui programment le martyre des derniers chrétiens européens de demain, il faudrait au moins faire lire ce que dit le cardinal Burke, dans l’excellent portrait qu’en dresse L’Homme Nouveau :

    Il faut que l’Eglise, et les membres qui la composent, comprennent bien ce qu’est l’islam et ce que le Coran enseigne. L’islam n’est pas seulement une pratique religieuse de plus, qui voudrait vivre en harmonie avec les autres religions. L’islam est une religion qui, selon sa propre interprétation, doit également devenir l’Etat. Le Coran, et les interprétations authentiques qu’en donnent divers experts du droit coranique, est destiné à gouverner le monde. En réalité, il n’y a nulle place pour d’autres religions, même si elles peuvent être tolérées, tant que l’islam n’a pas réussi à établir sa souveraineté sur les nations et sur le monde. Il est important que les chrétiens tiennent compte des différences radicales entre l’islam et le christianisme, dans ce qui touche à l’enseignement sur Dieu, sur la conscience, etc. Si on comprend vraiment l’islam, on comprend que l’Eglise doit vraiment en avoir peur."

    Michel Janva

    http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/web.html

  • De la Monarchie de Louis XIV à la République de M. Hollande...

    Un jour, le soleil s’est couché et il ne s’est pas relevé… C’était le 1er septembre d’il y a trois siècles : et pourtant, comme il l’avait promis, sa mort physique marque aussi sa « sur-vie » politique, au-delà de son temps et pour la mémoire des siècles, par la reconnaissance que l’Etat est maître du pays, par son administration et son autorité, mais aussi à travers ses monuments, autant Versailles que ce que Napoléon qualifiera des « masses de granit », c’est-à-dire les grands principes qui fondent l’Etat moderne et son fonctionnement. Louis XIV, d’une phrase célèbre prononcée sur son lit de souffrance et de mort, déclare : « Messieurs, je m’en vais, mais l’Etat demeurera toujours », sorte d’explication de texte à la formule rituelle de la Monarchie française « Le roi est mort, vive le roi », qui, après le dernier soupir du monarque, fut prononcée comme une évidence « absolue » au balcon du palais royal.

    Dans La Croix (samedi 29-dimanche 30 août 2015), Frédéric Mounier écrit joliment que « Louis XIV fait naître la France » pour expliquer qu’il met en place les structures d’un Etat qui, d’une manière ou d’une autre, sera renforcé au fil des règnes et des circonvolutions de l’histoire, sans doute bien au-delà et pas forcément dans le même esprit (au contraire de ce qu’affirme Tocqueville) que celui de son incarnation la plus emblématique, celle-là même qui fit déclarer au roi-soleil, post-mortem et « faussement », « l’Etat c’est moi » ! Mais il est des faux, et celui-ci est de Voltaire dans son « siècle de Louis XIV », qui révèlent mieux la vérité que cette dernière elle-même quand elle n’ose se mirer dans les glaces de son palais ou se parer de grands mots, atours parfois vains du prestige : humilité royale, sans doute, peu compréhensible en nos temps d’egolâtrie républicaine… Evidemment que c’était lui, l’Etat, et il a passé son temps et usé ses énergies à le faire comprendre à tous ceux, féodaux du service d’eux-mêmes, qui oubliaient qu’ils devaient plus à la France qu’elle ne leur devait. Mais Louis XIV n’était « que » l’Etat et son Etat n’était pas encore ce Moloch ou ce Minotaure qu’il devint avec la Révolution et l’Empire, et que Bertrand de Jouvenel a si bien décrit et compris dans son ouvrage « Du pouvoir » publié dans les années 1940.

    Si l’Etat royal devint plus fort sous et par Louis XIV que jamais il ne l’avait été auparavant, il restait fondateur et non uniformisateur, ce que, à travers sa formule sur la France considérée comme « un agrégat inconstitué de peuples désunis », le Mirabeau de 1789 reconnaissait pour mieux s’en plaindre, tout comme le fameux abbé Grégoire qui ne trouvait pas de mots assez durs pour fustiger cette diversité qui, pourtant, fait aussi la réalité de la France. Avec Louis XIV, la Monarchie devenait fédératrice, elle ordonnait autant qu’elle unifiait symboliquement autour du roi, et de la pluralité foisonnante de la France, elle gardait le côté pluriel mais aiguisait l’épée politique : l’Etat se musclait, il ne s’engraissait pas vainement…

    Trois siècles après la mort du monarque-Apollon, qu’est devenu cet Etat qui fut sien avant que d’être officiellement « nôtre » par la grâce de la démocratie ? Si le fondateur de la Cinquième République fut, avec quelque raison sans doute, souvent comparé à Louis XIV (en particulier par ses opposants) et caricaturé comme tel par le dessinateur Moisan dans Le Canard enchaîné (qui en fit quelques recueils à succès avec André Ribaud), ses successeurs récents n’en ont guère la stature et font penser à cette phrase terrible du général de Gaulle rapportant sa rencontre cordiale mais vaine avec l’ancien président de la République Albert Lebrun, celui de 1940 : « Au fond, comme chef de l’Etat, deux choses lui avaient manqué : qu’il fût un chef ; qu’il y eût un Etat ». Effectivement, entre les mains des perpétuels présidents-candidats, l’Etat semble laisser filer ses fonctions et ses responsabilités régaliennes pour ne plus être qu’un « Semble-Etat » selon la formule si expressive de Pierre Boutang…

    C’est quand elle est la plus monarchique que la République a la possibilité d’être grande et efficace, comme une sorte d’hommage du vice à la vertu. Mais la Cinquième République, même en ses plus belles heures gaulliennes, n’est pas la Monarchie et elle vire plutôt à la monocratie quand le président en poste ne pense qu’à sa réélection ou à sa postérité personnelle quand c’est à celle de l’Etat et de la France qu’il faudrait penser et pour laquelle il faudrait agir… La comparaison entre le roi-soleil et l’actuel président fait sourire bien de nos contemporains, et ce n’est pas aux dépens du monarque versaillais…

    http://nouvelle-chouannerie.com/

  • Islamisme : les naïfs sont encore légion

    Lundi soir, dans la voiture, sous l’orage que m’avait promis l’alerte orange, cette dépêche, après le village de tentes de Calais et les trains de Budapest : “L’État islamique progresse vers Damas, et on se bat dans les faubourgs de la capitale syrienne.”

    Daech dans Damas ? Vraiment ? N’y aurait-il pas de quoi lancer une alerte rouge ? Mais M. Hollande est occupé à calibrer sa baisse d’impôts. Et d’ailleurs, la dernière fois que notre président parla de la Syrie, il y a quelques jours, ce fut pour dire, devant nos ambassadeurs : “Il faut neutraliser Bachar-El Assad.” Mais Daech dans Damas, on ne neutralise pas ?

    Quant à Mme Merkel, elle expliquait aux Allemands, en bonne fille de pasteur, que “l’islam fait bien sûr partie de l’Allemagne”. On eût aimé l’entendre dire que “le christianisme faisait bien partie de la Syrie”. Et là, c’est de l’histoire vraie, très ancienne, et tragiquement menacée !

    Autrefois, jusqu’à Jacques Chirac, la politique étrangère de la France, en Europe et dans le monde, permettait à nos présidents d’engranger des résultats qui leur faisaient défaut sur la scène intérieure. Et, bon an mal an, cela redorait leur prestige et leur permettait même, parfois, de se faire réélire. Mais nos deux derniers présidents, secondés par leurs brillants ministres des Affaires étrangères, MM. Juppé et Fabius, ayant voulu apparaître en hérauts de la liberté en faisant tomber deux dictateurs, n’ont réussi qu’à installer le totalitarisme islamiste en Libye et en Syrie.

    Quelle naïveté…

    Cette naïveté face au danger islamiste, on la retrouve à plusieurs niveaux. Chez nos dirigeants donc, et notamment chez M. Hollande, elle est franchement irresponsable, surtout quand elle s’obstine.

    Face à l’islamisme, je croyais que les naïfs avaient été dégrisés depuis le 11 janvier. Mais je fus vite détrompé quand j’entendis Régis Debray, intellectuel que l’on a connu plus lucide, certes à retardement, se réjouir de la réaction du 15 janvier (n’était-ce pas passer d’une naïveté à une autre ?) et affirmer : “Daech, ce n’est quand même pas le IIIe Reich !”

    Et puis cette remarque, dans mon entourage : “Du terrorisme, il y en a toujours eu : les Basques, les anarchistes au début du siècle, la bande à Baader, etc.” Comme pour relativiser, pour sous-estimer. Comme pour installer l’islamisme dans le tranquille paysage de notre histoire. On aimerait que ce ne soit que cela…

    Mais quand une idéologie terroriste peut s’appuyer sur plusieurs États en Afrique, au Moyen-Orient et en Asie, sur une idéologie conquérante au sein du monde musulman lui-même en pleine expansion, y compris en Europe, sur des milliers de tueurs potentiels de nos listes S, est-ce encore comparable avec les terroristes basques ?

    Daech, ce n’est peut-être pas le IIIe Reich, M. Debray, mais cela n’a rien de rassurant et vous savez mieux que moi que si le nazisme et le stalinisme ont pu prospérer, c’est, en partie, grâce à la naïveté de certains dirigeants et de certaines élites.

    Pascal Célérier

    source : Boulevard Voltaire :: lien

    http://www.voxnr.com/cc/tribune_libre/EuuEuVVuVVKYkfAllI.shtml

  • Le paysage politique éclaté à 18 mois de la présidentielle

    La gauche de Hollande est au plus bas dans les sondages à 18 mois de la présidentielle. Mais à droite, l'unité est fragile. 

    Une gauche au pouvoir déchirée par son échec économique, une opposition de droite à l'unité fragile, une extrême droite montante secouée par une guerre dynastique: à un an et demi de la présidentielle de 2017, le paysage politique en France est plus éclaté que jamais.

    Hollande toujours au plus bas

    Le président socialiste François Hollande, qui tient lundi une conférence de presse semestrielle, aborde la rentrée avec une cote de popularité toujours extrêmement basse. Seuls 20% des Français souhaitent sa réélection, selon un sondage publié mercredi. «Sa marge de manoeuvre est très limitée sur tous les fronts (...) Il va jouer la carte de l'international mais ça n'aura pas de retombées», prédit le politologue Philippe Braud.

    Crédité par l'opinion d'une bonne action à l'international, le chef de l'Etat espère tirer profit d'un éventuel accord sur le climat à la conférence mondiale (COP 21) de l'Onu à Paris en décembre.

    Dans la perspective de 2017, il devrait s'engager lundi sur des baisses d'impôts de l'ordre de deux milliards d'euros l'an prochain. Objectif: faire oublier les 11 milliards ponctionnés sur les ménages après son élection en 2012 pour réduire le déficit du pays.

    Mais il reste lesté par son incapacité à «inverser la courbe» du chômage, toujours campé à 10%. Depuis des mois, le président a fait d'un tel recul la condition sine qua non de sa candidature à un second mandat. «Il ne peut pas s'appuyer sur grand-chose. Il n'y a pas beaucoup de choses dont les Français lui donnent crédit», estime Jean-Daniel Lévy, de l'institut de sondages Harris-Interactiv.

    Même le PS critique

    L'opinion n'est pas seule à douter de François Hollande. Sa politique économique continue d'être jugée trop libérale par l'aile gauche du Parti socialiste (PS). Battu à tous les scrutins depuis trois ans, le PS est menacé d'une nouvelle déroute en décembre lors d'élections régionales qui seront l'ultime test dans les urnes avant 2017.

    La majorité sur laquelle s'appuie le président est de surcroît fragilisée par l'étiolement du parti Europe-Ecologie-Les Verts, lui aussi divisé et tenté de faire cavalier seul ou de se rapprocher de la gauche radicale.

    Faux calme de la droite

    Face à cette «gauche en miettes», selon les éditorialistes, le tableau plus apaisé offert par l'opposition de droite, qui vise une large victoire aux régionales, tient beaucoup du trompe-l'oeil.

    Réunis samedi, les dirigeants du parti Les Républicains de l'ancien président Nicolas Sarkozy jurent vouloir parler d'une seule voix. Mais leurs rivalités sont aiguisées à un an de la primaire appelée à désigner leur «champion» pour 2017.

    Homme politique le plus populaire du pays, l'ancien Premier ministre Alain Juppé, au profil modéré, continue de creuser son sillon face à M. Sarkozy, au discours plus à droite. «La paix armée risque de durer un certain temps. Le premier qui dégaine maintenant va affaiblir sa position. Après les régionales, ça va bouger», avance Philippe Braud.

    Contrer le FN

    Un enjeu crucial pour Les Républicains est de contrer le Front national (FN), le parti d'extrême droite europhobe et anti-immigrés qui surfe sur les crispations de la société française, majoritairement rétive à l'accueil des migrants tentant de rejoindre l'Europe. «La crise migratoire va peser. Elle fait monter le sentiment de compassion à l'égard des migrants mais en même temps, l'afflux effraie», relève M. Braud.

    «Il est intéressant de voir dans quelle mesure elle va avoir une incidence et structurer le débat dans les prochains mois», abonde Jean-Daniel Lévy. «Les Français sont tiraillés entre le regard qu'ils peuvent porter sur les migrants et l'idée que la France ne peut pas s'exonérer de ses responsabilités de +terre d'accueil+», explique-t-il.

    Le FN lorgne en décembre sur «quatre à cinq régions». Candidate dans le Nord, sa présidente Marine Le Pen, à qui tous les sondages prédisent une qualification au second tour de la présidentielle, joue gros.

    Attachée à «dédiaboliser» son parti, Marine Le Pen doit aussi s'extirper de la guerre familiale avec son père Jean-Marie, chef de file historique du FN exclu en août et qui refuse de rendre les armes.

    source : tdg.ch ::lien

    http://www.voxnr.com/cc/politique/EuuEuVkEAEAuktpCLe.shtml

  • Migrant : "Une fracture Est-Ouest à mur renversé", décrypte Éric Zemmour