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actualité - Page 5632

  • L'euro, c'est le vol !

     

    En cas de crise, les banques pourront prélever les dépôts des épargnants

    Les représentants de l’Union européenne ont décidé de mettre à contribution les épargnants à partir de 2016.

     

    Après la ponction des épargnants chypriotes cette année et l’idée émise par le FMI d’une supertaxe de 10% sur le patrimoine, l’Europe vient d’entériner la participation des déposants au renflouement des banques en cas de crise grave. L’accord, scellé mercredi 11 décembre, est passé relativement inaperçu, alors qu’il pourrait être d’une importance capitale pour les épargnants.

    Banksters européens en réunion

    Les Européens se sont mis d’accord sur une loi prévoyant des règles de renflouement interne des banques, ou "bail-in", afin d’éviter de faire participer les Etats au sauvetage des établissements financiers.

    "Grand pas franchi ce soir : accord #BRRD pour 28", a écrit sur son compte twitter le commissaire européen chargé des Services financiers, Michel Barnier, en référence à la directive sur le sauvetage des banques. "Contribuables ne seront plus premiers à payer pour erreurs des banques", a-t-il ajouté.

    "C’est un pas fondamental vers la réalisation de l’union bancaire", a assuré Michel Barnier dans un communiqué. [...]

    La suite sur Challenges

    http://www.actionfrancaise.net/craf/?L-euro-c-est-le-vol

  • Quand on a que la peur...

    Alors que rien ne fonctionne dans la boîte à outils hollandaise, le pouvoir tente d'unir les Français qui veulent jouer à se faire peur. Kit antiraciste, mode d'emploi.
    Les avantages du discours antiraciste sont depuis longtemps connus. Il permet à n'importe qui de se mettre du côté des « dominés » contre les « dominants », des « opprimés » contre les « oppresseurs ». Cette dialectique est séduisante en diable : une fois construite l'opposition entre deux groupes, être du bon côté permet de critiquer l'intégralité de la position adverse sans même prendre la peine de répondre aux arguments. Car le dominant qui se défend ne fait que reproduire sa domination, et refuser d'entendre sa défense n'est que la légitime conquête de la liberté.
    Il est bien sûr piquant d'admirer en quoi la posture antiraciste ainsi comprise est surtout a. une magnifique machine à fabriquer de la terreur intellectuelle et b. le support idéal des idiots utiles de tous bords. L'invention du concept d'islamophobie par l'Organisation de la Conférence Islamique dans les années 1970 est exemplaire. Quarante ans plus tard, la moindre critique concernant l'attitude la plus scandaleuse (mariages forcés et consommés des fillettes pré-pubères, au hasard), l'événement le plus sordide ou les déclarations les plus inquiétantes, est immédiatement qualifiée d'islamophobe par les musulmans et par les idiots utiles.
    Du côté des bourreaux
    Cette nazification du discours de l'autre est parfaite pour interdire tout débat, délégitimer toute parole, empêcher tout discours historique, récuser tout comparatisme culturel. Son effet le plus pervers est d'encourager un rapport au temps schizophrène et hystérique, qui veut que tous les péchés passés du prétendu oppresseur, selon les règles actuelles d'appréciation édictées par les antiracistes, soient éternellement actualisés, lui soient éternellement opposables et vaillent éternellement absolution de tous les péchés présents du soi-disant opprimé. Au nom des croisades occidentales (dont on se garde bien de connaître l'histoire exacte), il est légitime que les chrétiens soient aujourd'hui massacrés. C'est là que l'antiracisme révèle tout son génie : il autorise l'apôtre de la paix à être du côté des bourreaux. C'est un chef-d'œuvre de double-pensée orwellienne. On ne peut même pas parler de contradiction, puisque tout ce qui vise à annihiler l'oppression (et quoi de plus simple que de supprimer l'oppresseur ?) est par nature pertinent.
    Exclusion maximale
    L'antiracisme se double aujourd'hui d'une dénonciation clinique de l'autre : judéophobe, homophobe, islamophobe, il s'agit d'abord et avant tout de dénoncer la maladie, de désigner le malade, d'établir un périmètre sanitaire, d'éliminer le risque de contagion. Car toutes ces maladies sont devenues mortelles : là où les militants voyaient des adversaires à convaincre, l'antiraciste ne voit plus que de dangereux morts-vivants. C'est la paranoïa qui le guette désormais. Il n'hésite plus, dans un processus révolutionnaire classique, à dénoncer quiconque n'est pas absolument d'accord avec lui. Cette reductio ad absurdum du « vivre ensemble républicain » aboutit en fait à exclure de plus en plus, d'une part (c'est ainsi que tous les opposants à François Hollande, sages-femmes ou paysans, camionneurs ou urgentistes, sont forcément d'extrême-droite), et créer des communautés séparées, d'autre part, chaque opprimé se trouvant plusieurs oppresseurs - outre le Français chrétien adepte du bien commun.
    Le musulman a le droit de détester le juif (les discours musulmans antisionistes sont d'une brutalité ahurissante), l'homosexuel a le droit de craindre le musulman (la gauche horrifiée dénonce l'inquiétante dérive nationaliste des homosexuels), la lesbienne peut dénoncer l'oppression mâle des militants gays, le Breton, Paris, etc.
    Le pays légal n'est plus qu'un vaste tourbillon de communautés haineuses, aux alliances de circonstances mais aux antagonismes fondamentaux, qui luttent pour exercer un pouvoir totalitaire sur les esprits.
    Quant à ceux qui détestent être pris en otages, et pensent que la politique ne consiste pas à choisir entre antisémites et islamophobes, tant pis pour eux.
    Hubert Champrun monde & vie 3 décembre 2013

  • Euthanasie : les paranos de Dieu font le ménage !

    Tout médecin rencontre au moins une fois dans sa carrière confrères ou infirmières qui se prennent « pour Dieu le père »...

    Ludivine Chambet, aide-soignante d’une maison de retraite de Chambéry, est mise en examen et écrouée pour avoir empoisonné neuf pensionnaires. Trois seulement en ont réchappé. Six autres, non !

    Tout médecin rencontre au moins une fois dans sa carrière confrères ou infirmières – plus rarement aide-soignantes – qui se prennent ainsi « pour Dieu le père » et décident souverainement qui est « au bout du rouleau » ou qui doit continuer encore son existence, recevoir des soins palliatifs… ou non !

    Le plus troublant est que ceux-ci estiment « en leur âme et conscience » que « les autres » font de l’acharnement thérapeutique et qu’ils s’arrogent le droit de s’élever contre. En quelque sorte, ils s’estiment investis du devoir d’exécuter une mission, persuadés qu’elle est d’ordre divin, ou fondée en éthique, même ceux et celles qui ne croient pas plus que cela en dieu ou en diable. « Il s’agit, en fait, d’un conflit de conscience éthique où un individu paranoïaque s’estime meilleur juge que le médecin ou le confrère qui, jusqu’à présent, a dirigé les soins du malade », témoigne le Dr Bernard Plouvier, ancien chef de service hospitalier, spécialisé en médecine interne. « Ces individus de structure mentale paranoïaque s’estiment investis de la mission de “faire le ménage” : c’est-à-dire de mettre fin, par une décision unilatérale, à des soins qu’ils jugent inutiles et donc d’interrompre une vie qu’ils estiment “invivable”. Parmi eux, beaucoup d’hospitaliers qui estiment que les médecins généralistes ont trop fait durer la survie du patient. »

    Depuis l’arrestation de l’aide-soignante de Chambéry, les médias cherchent pourtant à comprendre ce qui a motivé cette jeune femme de trente ans à commettre ses actes irréparables. Est-ce la longue agonie de sa mère leucémique ? Sa fille en aurait été traumatisée. Ceci expliquerait cela.

    Seul hic, le vice-procureur chargé de l’affaire décrit Ludivine Chambet comme une jeune femme « sereine », aux propos cohérents. De son côté, son oncle explique que « c’était pas quelqu’un de méchant. Je ne pense pas qu’elle aurait fait ça pour leur faire du mal. »

    Du mal ? À l’exception de quelques rares et autoproclamés « possédés », est-ce qu’un seul dictateur, un seul tortionnaire, un seul serial killer a jamais reconnu avoir agi pour « faire le mal » ? Tous affirment toujours avoir fait œuvre de salubrité publique parce que tel était leur devoir…

    Si le débat sur l’euthanasie reste d’actualité et déclenche toujours les passions, il n’en est pas de même de ceux qui décident seuls de la vie et de la mort de leur semblable et passent à l’acte au nom d’une morale qui n’appartient qu’à eux.
    Une morale qui n’est ni celle des partisans ni celle des opposants de l’euthanasie : elle est celle de tout criminel, conscient de ses actes, mais faisant fi des repères communs à ses semblables.

    Et ils deviennent, de fait, les pires ennemis des partisans d’une « fin de vie dans la dignité » qui, eux, ne conçoivent celle-ci qu’entourée de toutes les garanties possibles, non seulement familiales, mais plus encore médicales et judiciaires. Voire religieuses.

  • Soirée nationale du Grenelle le 11 janvier 2014 à la Mutualité

    Compte-rendu du Grenelle de la famille avant-hier à Montreuil :

    DSCN5360Formidable soirée au Palais des Congrès Paris-Est-Montreuil pour conclure les 4 réunions départementales du Grenelle de la Famille de La Manif Pour Tous sur la paupérisation des familles.

    Comme d'habitude avec La Manif Pour Tous, l'ambiance était conviviale et détendue malgré la présence dans le quartier de 2 camionnettes d'antifa en maraude ! Elles ont juste servis à "stimuler" un peu plus les organisateurs de ce Grenelle !
    Plus de 150 personnes ont écouté Atanase Périfan, Jean-Marie Andrès, Franck Meyer et Camel Bechikh approfondir le sujet. Merci à eux. Malgré la mobilisation plutôt faible, la richesse des interventions et propositions en a fait une soirée exceptionnelle ! Les présents ont été ravis de cette qualité !
    DSCN5362Marie-Gabrielle, des Mères Veilleuses, est passée nous rapporter leurs déboires avec les CRS lundi dernier... tout simplement pour déposer une lettre à Mme Bertinotti !
    Pour clore la réunion, Ludovine de la Rochère a présenté la situation actuelle d'attaques continues et systématiques du gouvernement contre les familles. Elle a appelé aux différentes manifestations de ce WE (pour nous Versailles, dimanche à 14h30, Place du Château) et annoncé la soirée nationale du Grenelle le 11 janvier à la Mutualité !
     ON NE LÂCHE RIEN, JAMAIS, JAMAIS !!!
  • Prix 2013 de la Carpette anglaise

    Communiqué 2013 de la  Carpette anglaise
    Des transports en Carpettes… anglaises
    Guillaume PÉPY, président de la SNCF, distingué pour ses éminents mérites en dévotion anglophone par le jury de l’académie de la Carpette anglaise (1), présidé par Philippe de Saint Robert, réuni à la brasserie Lipp à Paris, a reçu le prix 2013 de la Carpette anglaise. Après les Smiles, les TGV Family, et autres médiocrités linguistiques, voici que la SNCF tente de nous faire ingurgiter de l’anglais, en proposant des cours de langue anglaise uniquement, dans ses trains champenois par l’intermédiaire de l’organisme SpeakWrite ; après le trop fameux sandwich SNCF voici la bouillie anglaise !
    Seconde cerise amère sur le pudding indigeste de l’anglofolie, pour Tom ENDERS, président exécutif d’EADS et grand organisateur de la politique linguistique du tout en anglais dans son groupe, qui a trouvé (dis)grâce aux yeux du jury.
    L’Académie a tenu à lui décerner son prix spécial à titre étranger (2) pour avoir annoncé, en anglais seulement, à tous les salariés allemands, espagnols et français de la branche « défense et espace », un vaste plan de licenciements par une vidéo… elle-même sous-titrée en anglais. Major Tom, a été retenu après un vote serré (8 voix contre 4) l’opposant à son concurrent en abandon linguistique Joachim GAUCK, président de la République fédérale d’Allemagne qui a appelé les peuples d’Europe à adopter l’anglais comme langue de communication !
    Que déshonneur leur soit rendu !

    Vendredi 13 décembre 2013
    1 La Carpette anglaise, prix d’indignité civique, est attribué à un membre des « élites françaises » qui s’est particulièrement distingué par son acharnement à promouvoir la domination de l’anglo-américain en France au détriment de la langue française.
    Le jury est composé de représentants du monde littéraire, syndical et associatif [Association pour la sauvegarde et l’expansion de la langue française (Asselaf), Avenir de la langue française (ALF), Cercle des écrivains cheminots (CLEC), Défense de la langue française (DLF) , association (COURRIEL) et Le Droit de comprendre (DDC)]. En juin 2013, Geneviève Fioraso, ministre de l’Enseignement supérieur, a reçu une Carpette anglaise, à titre exceptionnel, pour son obstination à faire de l’anglais une langue de l’enseignement supérieur en… France.
    2 Le prix spécial à titre étranger est attribué à un membre de la nomenklatura européenne ou internationale, pour sa contribution servile à la propagation de la langue anglaise.
    Anne Cublier, Marie Treps, Hervé Bourges, Paul-Marie Coûteaux,  Benoît Duteurtre, Yves Frémion et Dominique Noguez, sont membres de cette académie.
    Contact : Marc Favre d’Échallens, secrétaire de l’académie de la Carpette anglaise.
    Courriel : parlerfranc@aol.com
    Académie de la Carpette anglaise, chez Le Droit de Comprendre, 34 bis, rue de Picpus, 75012 Paris
    Académie de la Carpette anglaise, 12/12/2013
    http://www.polemia.com/prix-2013-de-la-carpette-anglaise/

  • "Le gros argent nous appelle à son secours, ne tardons pas !"

    Que d'études et d'analyses sur nos adversaires et nos ennemis "extra-occidentaux" ! Qui ne sont pourtant pas toujours très intéressants, sans vouloir être offenser personne. 
    Comme s'il était question de former des spécialistes en ethnologie de nos adversaires et de nos ennemis "extra-occidentaux". Bizarre, tout de même.
    Comme s'il était question surtout d'éluder d'autres interrogations plus gênantes et, à mon humble avis, beaucoup plus importantes et beaucoup plus essentielles et que je résumerai en une seule question : que sommes nous donc devenus ?
    Sommes nous à ce point convertis à la morale de la grande fraternité humaine que nous n'osons pas dire quelque chose de cohérent sur nous même ? Peut être, mais il y a un blocage autrement sérieux : analyser précisément notre histoire en cours, cela imposerait surtout de rompre avec bien des "mythes", des idéologies qui, en apparence nous protègent et nous servent, mais qui, j'en suis persuadé, bloquent en réalité nos pensées et nos actions. Exemple.
    La France pays de vieille tradition catholique ? C'est ça mon coco. 
    En quarante ans, une bourgeoisie odieuse a transformé le catholicisme en une religion pour hypocrites rassis et consommés et chassé les derniers paroissiens normaux et humains des églises. Cette bourgeoisie a inventé un truc terrible : l'amour des embryons et des cellules embryonnaires : ça permet de se pâmer en permanence sur ce qui n'existe pas et de ne pas regarder ce qui existe, hommes et bêtes, et qui, souvent, souffre. Abasourdis par une telle hypocrisie, incapables de s'opposer à cette emprise de l'argent pur, les braves gens ont fuit les églises. Le catholicisme conciliaire en France, c'est la religion réservée d'une caste d'argent, tordue et vraiment méchante.
    Et c'est cette même bourgeoisie d'argent qui, périodiquement, vient chougnotter lorsque ses intérêts matériels sont en jeu. Tant qu'il est question de millions de pauvres dans les rues, elle reste évidemment barricadée dans ses forteresses, mais si l'on touche à ce qu'elle appelle la famille, c'est à dire le mode d'accumulation clanique de l'argent qui lui est spécifique, elle réunit ses troupes et sonne la charge. Pire : elle tente de mobiliser au delà de la caste et de faire pleurer sur son sort ! Cela crée hélas bien des confusions dans l'esprit de certains défenseurs de la civilisation, qui peuvent devenir passagèrement les défenseurs de leurs pires bourreaux ! Car c'est bien cette même bourgeoisie qui a tué la France rurale, généralisé les mouvements de populations et ainsi de suite, toujours pour la même raison : son fric.
    Il y a longtemps que l'argent fou a rendu haineuses et quasi-folles des fractions entières de la population occidentale.
    Cela il faut le saisir et le comprendre pour tracer et nuancer le schéma des conflits très complexes et très bizarres à l'intérieur desquelles nous sommes pris. Mais ce n'est qu'un petit exemple de ce que nous persistons à vouloir ignorer. Ignorance qui rend tout combat efficient presque impossible.
    Jacques-Yves Rossignol

  • Vive l'Ukraine libre

    Chaque jour qui passe, dans la crise ukrainienne, doit nous confirmer et nous renforcer dans plusieurs certitudes.

    Ce 13 décembre, au moment de boucler cette chronique, rédigée sur plusieurs jours, la situation recèle plusieurs possibilités d'évolution, hélas très contrastées entre le pire et le meilleur.

    Une chose au moins ne doit pas nous tromper. Ce pays tout entier se trouve devant un choix parfaitement clair. Celui-ci oppose d'une part un accord de libre-échange avec l'Union européenne et d'autre part la réintégration, que Moscou voudrait imposer, dans son bloc protectionniste d'un autre âge. Le pouvoir post-soviétique le qualifie d'Union douanière. Les Ukrainiens s'y retrouveraient prisonniers en compagnie de la Biélorussie et du Kazakhstan.

    On doit avant tout, à cet égard, se méfier de l'assertion des faux-lettrés parisiens. À les entendre, il existerait deux zones d'influence, l'une "polonaise", l'autre "russe". Cette division nous est présentée en quelque sorte comme naturelle, culturelle ou historique. En mélangeant de la sorte les genres vagues, on se dispense de réfléchir et on se prépare donc à demeurer inerte et à tout accepter. Cette façon de voir, ou plutôt de refuser d'ouvrir les yeux était encore scandaleusement proposée ce 13 décembre par un Luc Ferry. Soulignons que l'ancien ministre chiraquien intervient officiellement à l'antenne "en tant qu’expert politique"(1)⇓

    Réfléchissons au fait que ce schéma de dissection des pays pourrait s'appliquer aux 192 États qui composent les Nations-Unies.

    Commençons par celui dans lequel nous vivons. Qui pourrait nier par exemple que Lille, capitale de la Flandre française entretient des relations avec la Belgique, que le duché de Normandie figure encore dans la titulature de la reine d'Angleterre, que Strasbourg appartient à la culture historique germanique, que Perpignan semble un faubourg de Barcelone, que l'architecture de Nice annonce celle de la Ligurie italienne etc.

    On ne rassemblera pas les peuples européens si l'on s'essaye à rectifier les frontières. Nous devons estomper progressivement et patiemment les cicatrices territoriales de nos séparations résultant des accidents de l'Histoire au sein de l'ancienne Respublica christiana que nous appelons l'Europe, mais nous ne les redessinerons plus. On s'est combattu entre Européens lors des catastrophiques, héroïques mais monstrueuses guerres du XXe siècle. Cette sinistre époque post-jacobine est close depuis le discours de Robert Schuman du 9 mai 1950.

    Folie que de chercher à revenir en arrière.

    Folie, deuxième constatation, qui ne semble pas exempte des arrières-pensées archaïques des dirigeants moscovites.

    Contrairement aux autres Européens ceux-ci théorisent un prétendu droit de regard sur ce qu'ils appellent "l'étranger proche".

    S'agissant de l'Ukraine, dont les limites actuelles ont été dessinées par le Kremlin, cette attitude semble d'autant plus insupportable et même obscène que ce malheureux pays a été particulièrement éprouvé par l'Histoire criminelle et misérable du régime soviétique, depuis la tentative de son anéantissement par la famine de 1929 à 1933 (2)⇓, par l'aveuglement et l'incurie entre 1939 et 1941 de Staline allié de Hitler (3)⇓ et même jusqu'au terrible drame de Tchernobyl horrible témoignage de l'arrogante incompétence communiste. L'allégeance des Cosaques aux empereurs russes du XVIIe siècle ne crée évidemment aucune obligation de servitude pour l'avenir et ne confère aucun droit pour les héritiers du pouvoir soviétique.

    Une réalité devrait sauter aux yeux de tout Français épris de Liberté : le régime mafieux dominé par les oligarques de Donetsk entourant Ianoukovitch se préparait clairement à trahir son peuple. Adossé au très cynique voisin moscovite il piétine de toute évidence l'aspiration de cette nation, laquelle fait partie de la famille européenne et le proclame.

    Ce désir va bien au-delà des institutions de l'Union européenne, bien au-delà de l'économie. Il est salué en Europe, à l'unique exception des sous-bureaucrates de Paris, et de leurs valets médiatiques, qui semblent s'appliquer à répercuter des consignes de molle indifférence.

    Par l'effet d'un contraste saisissant, les gens qu'on entend tous les jours vilipender, méritent ici qu'on leur rende un hommage d'autant plus sincère que nous n'y avions guère été habitués.

    Un José Manuel Barroso président de la Commission européenne, si souvent accusé d'insignifiance, a ainsi osé proclamer de façon très nette que "le temps de la souveraineté limitée est fini.(4)⇓

    Une Viviane Reding vice-présidente luxembourgeoise de la Commission annonce clairement qu'elle refuse d'avaliser la situation et qu'elle annule sa présence annoncée aux jeux d'hiver de Sotchi.

    Un Guido Westerwelle ministre allemand des Affaires étrangères s'est rendu à Kiev saluer les manifestants de la place Maïdan, à la grande irritation de ses homologues moscovites.

    Mais alors pourquoi notre glorieux Fabius, conseillé, documenté, surinformé par l'armada de nos diplomates technocrates du Quai d'Orsay, a-t-il adopté son actuelle et louvoyante ligne de conduite ? Pourquoi appelle-t-il "les parties" "à la retenue et au dialogue" ? Se souvient-il de son propre jugement à l'époque de la visite de Jaruzelski à Paris en 1985 ? Pourquoi ce report de la visite à Paris de l'opposant Vitaly Klitchko ? Faut-il y voir la trace d'un fil à la patte, – trace si visible dans le cas, malheureusement trop clair, des enfants perdus d'une certaine droite, à plat ventre devant le nouvel objet de leur servitude volontaire ?

    La "Fédération" de Russie ne détient en effet aucun droit d'État en tant qu'ancienne puissance impériale sur le destin de ses voisins.

    Certes il existera toujours des liens entre les deux peuples : et la nation russe pourrait, et donc devrait commencer par reconnaître tout ce qu'elle doit elle-même culturellement aux influences venues de Kiev.

    Elle pourrait ainsi savoir d'où vient sa propre religion. Certains propagandistes ignares et cyniques s'époumonent à l'instrumentaliser aujourd'hui. Il la caricaturent et en déforment la relation à l'État, si mal comprise en occident. Car, malheureusement au cours de l'Histoire, le pouvoir moscovite a, de nombreuses fois, opprimé l'orthodoxie, quand il ne l'a pas dénaturée comme au XVIe siècle sous le règne d'Ivan le Terrible. Après l'époque de l'empire chrétien, sous les premiers Romanoff, ceux du XVIIe siècle, la réforme moderniste de Pierre le Grand en 1723 inaugure pour le XVIIIe siècle, l'époque du "despotisme éclairé" qui la soumet à son administration, en l'assujettissant au contrôle étatique d'un procureur du saint-synode (5)⇓ avant de chercher à la détruire sous Lénine, Staline et Khrouchtchev.

    Que les communistes aient piteusement échoué à déraciner la foi chrétienne orthodoxe de l'âme russe n'autorise certainement pas, aujourd'hui, leur successeur, l'ancien fonctionnaire du KGB Vladimir Vladimirovitch Poutine, à poser en protecteur sinon en porte-parole de la religion. Rappelons en effet que la liturgie de saint Jean Chrysostome commence notamment par les prières initiales où il est dit : "ne mettez pas votre foi dans les princes, dans des fils d'hommes impuissants à sauver".

    Ce n'est pas, non plus sous-estimer la culture russe d'autrefois que de considérer, après Pouchkine (1799-1837) et avant Dostoïevski (1821-1881), le pur géant de la littérature de langue russe Nicolas Gogol (1809-1852) : lorsque ce fils de l'Ukraine réaffirma, dans la correspondance qu'il adresse à ses amis, la foi de ses ancêtres ce sont bien les conformistes de la capitale qui, après avoir tant ri au "Revizor" et au "Nez", sans peut-être en comprendre le sel annonciateur, s'empressèrent de le tenir pour fou.

    Ceci préfigure le traitement que leurs descendants matérialistes infligèrent un siècle plus tard à tous ceux qui récusaient encore le paradis bureaucratique désormais décadent de la stagnation brejnevienne à partir des années 1970. Dans les années 1930 ils les avaient envoyés aux îles Solovki, haut lieu religieux dont ils avaient fait un bagne homicide.

    Ce n'est pas nier tout ce que le souffle de liberté chrétienne doit à des spirituels, à des théologiens ou à des pasteurs russes, que de les savoir bafoués aujourd'hui encore. Citons l'exemple du père Alexandre Men. Il fut assassiné en 1990 par le KGB. Ce crime d'État fut commis exactement un an après que le gouvernement gorbatchevien se soit prêté en 1989 à la célébration du "millénaire de la Russie".

    À ce sujet, rappelons au besoin que ce grand pays n'existait tout simplement pas mille ans plus tôt en 989. Lorsqu'au XIe siècle la reine de France s'appelait Anne de Kiev, nos chroniques ne parlent pas encore de "Russie" encore moins de "Rus'" comme on veut nous le faire croire aujourd'hui. Les grands-ducs de Moscovie n'ont en fait créé la Russie qu'à partir du XVe siècle, une fois libérés du joug mongol, et après le mariage de l'un d'entre eux le prince Ivan III (1462–1505), Ivan le Grand, avec une princesse byzantine Sophie Paléologue. En 1472, elle lui apporte en dot le blason de l'Empire, l'Aigle à deux têtes. Leur fils Ivan IV, le premier, prendra le titre d'empereur (tsar) et au XVIe siècle le métropolite de Moscou recevra de son Église-mère de Constantinople le statut que l'orthodoxie nomme "autocéphalie" et que d'ailleurs, espérons-le, les métropolites de Kiev recevront un jour ou l'autre. (6)⇓

    Ce n'est pas oublier l'Église orthodoxe russe, la vraie, l'Église des moines, celle des simples prêtres de paroisses et celle des croyants, celle des peintres d'icônes et des églises de bois, celles des discrètes, émouvantes et fidèles babouchkas qui transmirent en secret le baptême à leurs petits enfants, pendant la longue nuit de la persécution, que de déplorer que sa direction bureaucratique actuelle se détourne toujours aujourd'hui de la lettre et plus encore de l'esprit des statuts adoptés à l'issue du Concile de Moscou de 1917-1918. (7)⇓

    Depuis "l'invention" du métropolite Serge [Ivan Nikolaïevitch Stragorodsky] par Staline en 1943, l'administration ecclésiastique factice du patriarcat de Moscou n'est jamais sortie de cette ambiguïté, et elle ne l'a jamais récusée.

    Soljenitsyne en dénonçait la réalité dans sa "Lettre au patriarche Pimène" de 1972. (8)⇓  Les faits ont à peine évolué. Cette bureaucratie plaquée sur le peuple croyant s'est toujours tenue, et elle se compromet aujourd'hui encore à la botte du pouvoir d'État. Les preuves en abondent. Chacun de ses actes "diplomatiques" vont hélas dans ce sens : Kirill de Moscou n'est-il pas allé, le 29 octobre, jusqu'à saluer les conceptions politiques et sociales de l'ami du défunt Chavez et du grand chrétien Fidel Castro, Rafael Correa, président de l'Équateur, pays où l'implantation orthodoxe est malheureusement moins significative que celle des bases arrières des FARC terroristes colombiennes. Signalons que, sur le sol français, les mêmes réseaux se prêtent surtout à une misérable stratégie immobilière avec la complaisance écœurante des mafias politico-judiciaires de la Côte d'Azur et de quelques larbins parisiens déshonorés et parfaitement connus.

    Ne mêlons donc pas cette réalité sordide à la beauté des chants slavons, les uns monastiques venus du tréfonds de l'Histoire, les autres issus de la grande et belle époque, celle où Rimsky-Korsakov compose sa "Grande Pâque russe"(9)⇓

    Ce n'est pas ignorer ce que fut l'amitié franco-russe, amitié des élites intellectuelles, des artistes et des aristocraties d'autrefois, beaucoup plus que des gouvernants, – que de dire aujourd'hui combien la politique suivie par Poutine constitue une vraie menace pour la sécurité et la stabilité de notre continent et de nos pays.

    Qu'un Obama ne le comprenne pas, ou feigne de ne pas en tenir compte, ne contredit pas notre constat.

    Après tout, ce fut dès mars 1946 que Churchill, dans son discours de Fulton, met en garde contre le Rideau de fer ; ce fut dès avril 1946 que George Kennan avait envoyé son fameux long télégramme préconisant le "communism containment". Cet impératif allait servir de doctrine aux États-Unis pendant toute la guerre froide, – [jusqu'à ce que Ronald Reagan comprenne la nécessité et la possibilité d'aller plus loin et de lutter pour libérer l'Europe de l'est de l'empire du Mal.]

    Mais c'est seulement un an plus tard, le 12 mars 1947, après la victoire des républicains aux élections intermédiaires de novembre 1946, que Truman franchira le pas dans son discours de Waco en annonçant l'aide à la partie encore libre du Sud-Est européen.

    Regardez bien les photos de Poutine : il ne s'agit pas d'un génie mais d'un tout petit bonhomme, un apparatchik probablement inconscient du mal qu'il fait à son pays. Avec sa doctrine "eurasiatique", il ouvre la porte de la Sibérie aux ambitions chinoises et celles de l'Asie centrale et du Caucase à la pénétrante islamique chiite symétrique de la complaisance occidentale pour les wahhabites saoudiens.

    Écoutons le journaliste polonais Artur Dmochowski de "Gazeta Polska". S'étonnant de la complaisance d'une certaine droite française, mal informée ou bien désinformée, voila ce qu'il déclare :

    "... si ce que vous dites à propos d’une partie de la droite française est vrai, alors c’est qu’ils ont, eux, une vision très idéalisée de la Russie. La Russie est gouvernée de manière bien plus despotique et bien moins démocratique que l’Ukraine. C’est un pays où sont violés de manière notoire tous les droits humains fondamentaux et toutes les libertés fondamentales. C’est aussi le pays avec le plus grand nombre d’avortements au monde par rapport au nombre d’habitants. Par conséquent, prétendre qu’il s’agirait d’un pays orthodoxe où sont respectées les valeurs chrétiennes, c’est se faire des illusions. Ces illusions sont d’ailleurs en partie le fruit de la propagande de Moscou, dont nous faisons aussi l’expérience en Pologne. (...)

    La vision idéalisée de la Russie chez certains Français, cette vision que vous décrivez dans votre dernière question, est encore plus naïve que la vision de l’Union européenne chez les manifestants ukrainiens de la place de l’Indépendance à Kiev." (10)⇓

    Applaudissons enfin à une bonne nouvelle : la mise à bas de la statue de Lénine dans la capitale ukrainienne. Voilà au moins un acquis positif et irréversible des immenses manifestations de l'opposition. Regrettons seulement qu'il ait fallu attendre plus de 22 ans, dans ce pays qui a tant souffert dès le décret de collectivisation des terres.  Espérons enfin que les circonstances permettront d'en faire autant du mausolée du chef des criminels bolcheviks sur la place Rouge à Moscou, et pourquoi pas de celui de son disciple et non moins sanglant Mao Tsé-toung sur la place Tien An-men à Pékin.

    JG Malliarakis http://www.insolent.fr/

    Apostilles

    1. C'est à ce titre qu'il est annoncé au micro de Guillaume Durand, chaque vendredi à 8 h 40 sur Radio Classique
    2. 131214a On croyait tout savoir depuis fort longtemps en occident sur le "Holodomor" des années 1930 : une famine systématique, imposée par les communistes à la paysannerie en tant que classe et à l'Ukraine en tant que nationalité. Un éclairage décisif est apporté par le livre-document que viennent de publier les éditions Noir sur Blanc sous le titre "Les Lettres de Kharkov". Celles-ci avaient été écrites à l'époque par les diplomates italiens, quand les régimes fasciste italien et communiste russe entretenaient des relations étayées sur leur commune hostilité au "capitalisme libéral anglo-saxon", dénoncé par les propagandes étatistes en ce temps-là [mais tout a changé, n'est-ce pas] comme responsable de la crise. Retrouvées dans les archives du Ministère des Affaires étrangères à Rome, elles viennent d'être traduites en français. On peut considérer que la tentative d'anéantissement qu'elles décrivent, sobrement mais avec une évidente horreur, a définitivement forgé la conscience nationale de tous les Ukrainiens. Le 18 novembre le métropolite Vladimir de Kiev commémorait ainsi dans des termes particulièrement éloquents le 80e anniversaire du "Holodomor", flétrissant la prétention du bolchévisme au "paradis socialiste".
    3. cf. On se reportera à mon livre L'Alliance Staline Hitler
    4. en réponse aux pressions de Moscou au sommet de Vilnius
    5. tel le "sympathique" personnage de Constantin Petrovitch Pobiedonostsev (1827-1907) lequel entravera l'édit de tolérance de Nicolas II en 1905 et que Tolstoï avait immortalisé en 1877 dans "Anna Karénine" sous les traits de son charmant mari.
    6. On lira ainsi de lui son magnifique "le Christianisme ne fait que commencer"
    7. cf. à ce sujet "Le Concile de Moscou 1917-1918" par Hyacinthe Destivelle ed. du Cerf 512 pages, 2006, aux éditions du Cerf.
    8. cf. André Martin "Soljenitsyne le croyant" Albatros, 1973, pp. 25-32.
    9. "Que Dieu se lève et ses ennemis seront dispersés"
    10. cf. Nouvelles de France le 7 décembre
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