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culture et histoire - Page 1773

  • L'HABITUDE

    L'habitude a été le thème pour certains philosophes comme Aristote, Descartes, Leibniz, Malebranche jusqu'à Ravaisson dont le sujet a été sa thèse de philosophie. Cette réflexion n'est plus au programme de philosophie. Ce qui était pourtant le cas pendant la deuxième guerre mondiale et même après.
    « Est dû à l'habitude ce qu'on fait parce qu'on l'a fait souvent » (Aristote, Rhétorique). Pour Paul Valéry c'est « la transformation de l'événement en propriété ». L'habitude a aussi un effet psychologique de tranquilliser les âmes, de rassurer, de tuer l'angoisse quand elle devient liturgie. Au niveau d'une société, l'habitude s'appelle coutume et elle fait force de loi comme l'avait vu Montaigne.
    « C'est à la vérité une violente et traîtresse maitresse d'école que la coutume. Elle établit en nous, peu à peu, à la dérobée le pied de son autorité... Mais avec l'aide du temps elle nous découvre tantôt un furieux et tyrannique visage » (Montaigne, Essais).
    La fonction de l'habitude
    L'acquisition de l'habitude vient toujours d'un événement premier : l'habitude d'aller à l'école vient pour l'enfant de sa premier rentrée scolaire. Pour un adulte aller à son travail tous les jours est la continuité de la première journée de travail dans une société. L'habitude est « un art d'agir sans y penser et même mieux qu'en y pensant » (Alain).
    Les sportifs répètent des milliers de fois le même exercice pour arriver à l'excellence. L'habitude permet une progression
    « c'est parce qu'on ne se borne pas à reproduire qu'on apprend, qu'on progresse, qu'on s'adapte. Les gestes efficaces de la fin de l'apprentissage, avec leur économie d'effort et de mouvements inutiles, ne répètent pas les tâtonnements gauches et maladroits du début » (P. Guillaume).
    Pour Leibniz, l'habitude commence dès le premier acte à la différence d'Aristote pour qui elle naissait dans la répétition.
    Comme effet, l'habitude peut faire diminuer certaines de nos facultés comme la sensibilité, par exemple pour un médecin ou une infirmière à la vue du sang ou de la souffrance des autres. Ceci permettra d'ailleurs au médecin ou à l'infirmière de pouvoir mieux faire leur travail.
    En revanche, elle peut faire augmenter d'autres facultés comme la sensibilité musicale pour un musicien. L'habitude adapte donc un individu à son milieu ou son activité comme elle peut rendre l'homme automate. « Une âme morte est une âme complètement habituée » (Péguy).
    Curieusement, Kant dont la journée était réglée comme une horloge a écrit : « Plus l'homme a d'habitudes, moins il est libre et indépendant ».
    Une des propriétés de l'habitude est d'économiser la volonté, l'énergie, l'effort comme par exemple se lever tous les matins pour aller au travail. Elle permet un prodigieux pouvoir d'adaptation.
    L'habitude peut aussi être celle d'actes intellectuels comme la lecture, la programmation pour un informaticien, le calcul, la pensée. On peut aussi avoir des habitudes intellectuelles comme lire le journal tous les matins dont Hegel disait qu'elle était une prière du matin réaliste. L'habitude n'empêche donc pas fatalement la pensée. Elle permet même de se débarrasser de contraintes d'attention inutiles. L'habitude peut aussi devenir plaisir, ce dernier venant de la répétition comme de prendre certaines liqueurs à des moments de la journée.
    L'essence de l'habitude
    « Dans l'habitude, le corps se trouve pénétré par l'âme, il devient son instrument... se laissant pénétrer à la façon d'un fluide » (Hegel, Philosophie de l'esprit).
    Lorsque l'habitude est là, le corps n'est plus un obstacle, comme pour une danseuse à force de répétitions
    L'habitude selon Descartes est inertie à la différence d'Aristote pour qui elle est activité. Elle est un phénomène d'adaptation face à la nouveauté s'imposant.
    L'habitude est une illustration de cette citation de Leibniz « Le présent est chargé du passé et gros de l'avenir ». La principale critique de l'habitude est qu'elle peut être porteuse d'aliénation.
    « Là où il y a médiation, l'aliénation guette » (Mounier). Elle peut créer chez l'homme une certaine torpeur. L'habitude peut nous faire plus rien découvrir ce qu'a décrit Sully-Prudhomme dans un poème, le rôle de la poésie étant d'illuminer ce que nous ne voyons plus par habitude.


    « L'habitude est une étrangère
    Qui supplante en nous la raison :
    C'est une ancienne ménagère
    Qui s'installe dans la maison.
    Elle est discrète, humble, fidèle,
    Familière avec tous les coins ;
    On ne s'occupe jamais d'elle,
    Car elle a d'invisibles soins :
    Elle conduit les pieds de l'homme,
    Sait le chemin qu'il eût choisi,
    Connaît son but sans qu'il le nomme,
    Et lui dit tout bas : "Par ici."
    Travaillant pour nous en silence,
    D'un geste sûr, toujours pareil,
    Elle a l'œil de la vigilance,
    Les lèvres douces du sommeil.
    Mais imprudent qui s'abandonne
    A son joug une fois porté !
    Cette vieille au pas monotone
    Endort la jeune liberté ;
    Et tous ceux que sa force obscure
    A gagnés insensiblement
    Sont des hommes par la figure,
    Des choses par le mouvement. »


    PATRICE GROS-SUAUDEAU

  • Le retour du paganisme en Europe

    « Le Paganisme est une Vue du monde basée sur un sens du sacré, qui rejette le fatalisme. Il est fondé sur le sens de l’honneur et de la responsabilité de l’Homme, face aux évènements de la vie. »
    Entretien avec Gilbert Sincyr, auteur du livre Le Paganisme. Recours spirituel et identitaire de l’Europe (préface d’Alain de Benoist) par Fabrice Dutilleul.
    Votre livre Le Paganisme. Recours spirituel et identitaire de l’Europe est un succès. Pourtant ce thème peut paraître quelque peu « décalé » à notre époque.
    Bien au contraire : si les églises se vident, ce n’est pas parce que l’homme a perdu le sens du sacré, c’est parce que l’Européen se sent mal à l’aise vis-à-vis d’une religion qui ne répond pas à sa sensibilité. L’Européen est un être qui aspire à la liberté et à la responsabilité. Or, lui répéter que son destin dépend du bon vouloir d’un Dieu étranger, que dès sa naissance il est marqué par le péché, et qu’il devra passer sa vie à demander le pardon de ses soi-disant fautes, n’est pas ce que l’on peut appeler être un adulte maître de son destin. Plus les populations sont évoluées, plus on constate leur rejet de l’approche monothéiste avec un Dieu responsable de tout ce qui est bon, mais jamais du mal ou de la souffrance, et devant qui il convient de se prosterner. Maintenant que l’Église n’a plus son pouvoir dominateur sur le peuple, on constate une évolution vers une aspiration à la liberté de l’esprit. C’est un chemin à rebours de la condamnation évangélique, originelle et perpétuelle.
    Alors, qu’est-ce que le Paganisme ?
    C’est d’abord un qualificatif choisi par l’Église pour désigner d’un mot l’ensemble des religions européennes, puisqu’à l’évidence elles reposaient sur des valeurs communes. C’est donc le terme qui englobe l’héritage spirituel et culturel des Indo-européens. Le Paganisme est une Vue du monde basée sur un sens du sacré, qui rejette le fatalisme. Il est fondé sur le sens de l’honneur et de la responsabilité de l’Homme, face aux évènements de la vie. Ce mental de combat s’est élaboré depuis le néolithique au fil de milliers d’années nous donnant une façon de penser, une attitude face au monde. Il est à l’opposé de l’assujettissement traditionnel moyen-oriental devant une force extérieure, la volonté divine, qui contrôle le destin de chacun. Ainsi donc, le Paganisme contient et exprime l’identité que se sont forgés les Européens, du néolithique à la révolution chrétienne.
    Vous voulez donc remplacer un Dieu par plusieurs ?
    Pas du tout. Les temps ne sont plus à l’adoration. Les Hommes ont acquit des connaissances qui les éloignent des peurs ancestrales. Personne n’a encore apporté la preuve incontestable qu’il existe, ou qu’il n’existe pas, une force « spirituelle » universelle. Des hommes à l’intelligence exceptionnelle, continuent à s’affronter sur ce sujet, et je crois que personne ne mettrait sa tête à couper, pour l’un ou l’autre de ces choix. Ce n’est donc pas ainsi que nous posons le problème.
    Le Paganisme, qui est l’expression européenne d’une vue unitaire du monde, à l’opposé de la conception dualiste des monothéismes, est la réponse spécifique d’autres peuples aux mêmes questionnements. D’où les différences entre civilisations.
    Quand il y a invasion et submersion d’une civilisation par une autre, on appelle cela une colonisation. C’est ce qui s’est passé en Europe, contrainte souvent par la terreur, à changer de religion (souvenons-nous de la chasse aux idoles et aux sorcières, des destructions des temples anciens, des tortures et bûchers, tout cela bien sûr au nom de l’amour). Quand il y a rejet de cette colonisation, dans un but de recherche identitaire, on appelle cela une libération, ou une « Reconquista », comme on l’a dit de l’Espagne lors du reflux des Arabes. Et nous en sommes là, sauf qu’il ne s’agit pas de reflux, mais d’abandon de valeurs étrangères au profit d’un retour de notre identité spirituelle.
    Convertis par la force, les Européens se libèrent. « Chassez le naturel et il revient au galop », dit-on, et voilà que notre identité refoulée nous revient à nouveau. Non pas par un retour des anciens Dieux, forme d’expression d’une époque lointaine, mais comme un recours aux valeurs de liberté et de responsabilité qui étaient les nôtres, et que le Paganisme contient et exprime.
    Débarrassés des miasmes du monothéisme totalitaire, les Européens retrouvent leur contact privilégié avec la nature. On reparle d’altérité plutôt que d’égalité, d’honneur plutôt que d’humilité, de responsabilité, de volonté, de défi, de diversité, d’identité, enfin de ce qui constitue notre héritage culturel, pourchassé, rejeté et condamné depuis deux mille ans.
    S’agit-il alors d’une nouvelle guerre de religion ?
    Pas du tout, évidemment. Les Européens doivent dépasser ce qui leur a été imposé et qui leur est étranger. Nous devons réunifier sacré et profane, c’est-à-dire réaffirmer que l’homme est un tout, que, de ce fait, il est le maître de son destin car il n’y a pas dichotomie entre corps et esprit. Les Européens ne doivent plus s’agenouiller pour implorer le pardon de fautes définies par une idéologie dictatoriale moyen-orientale. Ce n’est pas vers un retour du passé qu’il nous faut nous tourner, gardons-nous surtout d’une attitude passéiste, elle ne serait que folklore et compromission. Au contraire des religions monothéistes, sclérosées dans leurs livres intouchables, le Paganisme, comme une source jaillissante, doit se trouver de nouveaux chemins, de nouvelles expressions. À l’inverse des religions du livre, bloquées, incapables d’évoluer, dépassées et vieillissantes, le Paganisme est l’expression de la liberté de l’homme européen, dans son environnement naturel qu’il respecte. C’est une source de vie qui jaillit de nouveau en Europe, affirmant notre identité, et notre sens du sacré, pour un avenir de fierté, de liberté et de volonté, dans la modernité.
    Le Paganisme. Recours spirituel et identitaire de l’Europe de Gilbert Sincyr, préface d'Alain de Benoist, éditions de L’Æncre, collection « Patrimoine des Religions », dirigée par Philippe Randa, 232 pages, 25 euros.
    BON DE COMMANDE
    Je souhaite commander :
    … ex de Le paganisme (25 euros)
    Autres livres sur le même sujet :
    … ex de Légendes païennes du Poitou de Philippe Randa (12 euros)
    … ex de Le renouveau païen dans la pensée française de Jacques Marlaud (27 euros)
    … ex de Comment peut-on être païen ? d’Alain de Benoist (32 euros)
    … ex de Les idées à l’endroit d’Alain de Benoist (36 euros)
    … ex de  L’étang au lotus de Savitri Devi Mukherji (24 euros)
    http://www.francepresseinfos.com/2013/09/le-retour-du-paganisme-en-europe.html#more

  • Soutenons Jérémy, combattant contre le mémoricide ! Signez la pétition de soutien !

    Le parquet a réclamé deux mois de prison avec sursis et 1000 euros d’amende et la mairie 5000 euros de préjudice... moral ! Verdict le 21 octobre - SIGNEZ LA PÉTITION DE SOUTIEN !

    FAJ ABAT L’ARBRE DU BICENTENAIRE DE LA RÉVOLUTION À BERTHENONVILLE : Le procès de Jérémy Thebault a lieu devant le tribunal correctionnel d’EVREUX, AUJOURD’HUI lundi 23 septembre 2013 à 13h30 (30 rue Joséphine à Evreux 27000). Venez le soutenir nombreux ! Reynald Sécher y sera entendu comme témoin pour expliquer au tribunal ce qu’est un mémoricide et un génocide.

    Arbre du paganisme républicain

    Sur son site :

    Le 29 mars 2013, à l’occasion de l’anniversaire du Généralissime François-Athanase de Charette et du 220 em anniversaire des guerres de Vendée,j’ai abattu à Berthenonville à la frontière entre le Val d’Oise et l’Eure, le chêne du bicentenaire de la révolution française planté le 25 novembre 1989.

    Si j’ai commis cet acte, c’est parce que je considère qu’un peuple qui n’a pas de mémoire n’a pas d’avenir.

    "Être d’accord dans le passé, le présent et l’avenir, voilà ce qui ferait de nous de très bons matériaux pour la construction de la maison française" disait Barrès.

    Or, une partie de l’histoire de France est complètement occultée par le régime en place. Et pour cause, puisqu’il s’agit d’un génocide dont la république française est elle-même responsable. Grâce à un travail remarquable d’hommes comme Reynald Secher, nous avons toutes les preuves que ce génocide a eu lieu. Pourtant la république refuse de le reconnaître. Pire encore, depuis le génocide un véritable mémoricide a été instauré, c’est à dire "une politique de déni généralisé, globalisé et systématisé, ayant pour conséquence l’incapacité pour les victimes de se définir par rapport à ce génocide et pour corollaire l’impossibilité pour la justice de faire son oeuvre et donc de voir émerger une mémoire collective conforme aux faits".

    Mon acte est donc un acte anti-mémoricide afin de faire reconnaitre le génocide des Vendéens.

    Plus que jamais nous devons pouvoir faire le deuil de nos morts, mais surtout, nous devons faire reconnaître la cruauté excercée à leur encontre, le caractère spécifique de cette cruauté, et j’ajouterai même les valeurs prônées pour justifier de cette cruauté.

    Nous ne pouvons laisser plus longtemps des arbres, des monuments, des rues et des noms de lycée insulter cette mémoire en portant les noms d’acteurs d’un génocide franco-français au nom de la liberté, de l’égalité et de la fraternité. Lorsque nous aurons réussi cela, la république sera démasquée. Elle sera discréditée. Elle n’aura plus de raison d’exister. Jérémy Thebault

    Président de France Action Jeunesse "

    http://www.actionfrancaise.net

  • VINCENT PEILLON : Gesticulation laïque à l’Éducation nationale

    par Stéphane Blanchonnet *

    L’affichage dans les écoles d’une "charte de la laïcité" ne change rien à la donne. C’est une mauvaise réponse à la visibilité croissante de l’islam.

    LA DÉCISION de Vincent Peillon de faire afficher, en cette rentrée 2013, dans tous les établissements scolaires publics, une « charte de la laïcité » en quinze points est ce que l’on peut appeler un non-événement.

    Il n’est jamais trop tôt pour endoctriner les enfants...

    Non-événement d’abord parce que ce texte, plutôt modéré, ne reflète pas les convictions profondes du ministre, que manifestait plus clairement son projet de cours de morale civique, repoussé en 2015 (aux calendes grecques ?), ou plus clairement encore ses déclarations violemment anticléricales de 2008 sur l’incompatibilité entre le catholicisme et la liberté et sur la nécessité d’une « religion républicaine ». Un non-événement

    Non-événement encore parce que les raisons réelles qui rendent nécessaire ce genre de gesticulations autour du thème de la laïcité restent honteusement dans l’ombre : jamais un ministre PS ou UMP n’admettra en effet ce que chacun sait et ce que chaque article de la charte avoue implicitement (le 12, par exemple, sur la contestation du contenu des programmes ou le 14, sur le port de tenues manifestant ostensiblement une appartenance religieuse), à savoir que c’est la présence de plus en plus massive et visible de l’islam, fruit d’une politique d’immigration calamiteuse et d’une instrumentalisation des immigrés par la droite du capital et la gauche compassionnelle, qui oblige aujourd’hui l’oligarchie à tenter de jeter quelques verres d’eau sur l’incendie qu’elle a allumé et entretenu pendant quarante ans.

    La troisième raison, enfin, qui fait de l’affichage de cette charte un non-événement est l’unanimisme de la classe politique à l’approuver. Le PS et ses alliés s’en félicitent, l’UDI et l’UMP, par la bouche d’un Borloo, d’une NKM ou d’un Chatel, la soutiennent... Seuls le Front de gauche et le FN font entendre une note un peu discordante, mais c’est pour considérer que Peillon ne va pas assez loin ! Encore un effort Monsieur le ministre !

    Arme de guerre... La laïcité, tranchante arme de guerre inventée par la République pour arracher les esprits à l’influence de l’Église et instaurer une nouvelle légitimité entre 1879 et 1905, accidentellement émoussée après l’union sacrée de 1914 et surtout quand le combat cessa faute de combattants, avec l’aggiornamento catholique post Vatican II et l’effondrement de la pratique religieuse des Français de souche à partir des années soixante, est aujourd’hui remise en service pour résister à un islam perçu comme de plus en en plus envahissant.

    Et si cette arme n’était pas la bonne ? Si la condition d’une cohabitation entre Français de souche et néo-Français était dans l’affirmation fière et sans complexe des racines catholiques de la civilisation française, racines que proclament tout notre art, toute notre architecture, toute notre littérature, ainsi que nos moeurs et notre sensibilité ? Il y a hélas fort à parier que ce retour au "logiciel" profond de la France sera impossible tant que prévaudront l’hypocrisie et le déni sur le phénomène de l’immigration, la culture du masochisme national, de la repentance systématique, et les fausses solutions comme cette « charte de la laïcité ».

    L’AF 2870

    *Stéphane Blanchonnet est président du Comité directeur de l’AF, rédacteur à L’AF spécialiste des questions de société et d’éducation et animateur du blogue A Rebours

    http://www.actionfrancaise.net/craf/?VINCENT-PEILLON-Gesticulation

  • Du nouveau sur Maurras

    La dernière biographie de Maurras fut celle, fort estimable et utile, d’’Yves Chiron. L’’ouvrage magistral de Pierre Boutang, Maurras, la destinée et l’œ’œuvre, enfermait nombre d’’éléments biographiques (la “destinée”), mais relevait somme toute d’avantage d’’un dialogue, pour l’’essentiel philosophique, et d’’une grande profondeur, avec Boutang, lequel n’’était pas moins le sujet du livre, donc, que d'’un livre sur le seul Maurras. Il existait nombre de travaux très précieux mais ils pouvaient dater (comme ceux de Henri Massis, de Léon S. Roudiez, de Jacques Paugam, de Jean Madiran, de Victor Nguyen, etc.) ou n’'être plus disponibles ; le plus récent – celui de Bruno Goyet – se fondait sur une thèse qui se voulait ingénieuse alors qu’’elle n’’était que sotte et gratuite.
    Manquait donc l’’ouvrage fondamental, qui fût de référence. Il nous semble qu’’avec celui de Stéphane Giocanti, nous le tenons enfin. Deux raisons l’’expliquent : d’’une part les qualités naturelles de l’’auteur : intelligence, perspicacité, sensibilité de cœœur, honnêteté – le tout servi par un style sobre et sans préciosité ; de l’’autre, celles que cette bonne nature lui ont permis d’’acquérir : une grande culture, l’’exactitude de l’’information, l’’art d’’introduire les textes les plus significatifs (et qui, le plus souvent inédits ou inconnus, rendent le livre particulièrement précieux). Ajoutons, pour ce qui est des passages portant sur l’’Histoire, l’’existence d’’une rare maîtrise et intelligence –- encore ! –- des époques qu’’il sait fort bien mettre en perspective, comme il faut absolument quand on veut apprécier l’œ’œuvre politique de Maurras. Il n’’en demeura pas moins vrai, ainsi qu'’il est inévitable sur un tel sujet, que certaines assertions de l’’auteur se seront pas reçues de tous (cf. infra) et sont discutables en effet : mais ses jugements sont toujours bien argumentés, prudents, modérés et finalement iréniques ; surtout, par un scrupule très caractéristique de sa démarche, ils s’’accompagnent de tous les attendus qui peuvent fonder des sentiments différents ou même contraires aux siens.
    Une belle âme
    Si je devais résumer d’’un mot l’’impression globale que suscite cet ouvrage, c’’est celle d’’une admiration profonde pour son “héros”, Charles Maurras : pour sa droiture, son désintéressement et son intelligence politique, pour son génie d’’écrivain et de journaliste, pour ses qualités humaines au premier rang desquelles se trouve son sens de l’’amitié, pour sa belle âme enfin –- si peu tiède, au sens de l’’Évangile. Je ne crois pas qu’il sera possible à un lecteur trempé au préjugé commun, lequel avilit sa mémoire depuis tant d’’années, d’’y demeurer, le livre achevé (et notamment après avoir lu le si beau sous-chapitre sur “Maurras intime”, pp. 334 et suiv.). Et tel sera sans doute la fonction providentielle de ce livre qui, découvrant un homme vrai, se trouvera aussi disponible pour entendre ses bonnes raisons quant à la pertinence du rétablissement de la monarchie pour la France. Quant aux disciples et amis -– petite troupe fidèle –- ils y trouveront de nouvelles raisons de reconnaissance, accompagnées, il est vrai, de quelques interrogations auxquelles ils auront à cœœur de répondre après analyse.
    L’’Introduction met bien en exergue les problèmes particuliers qui se posent au biographe de Maurras, confronté à un « festival de contresens chez des commentateurs qui ne prennent pas le temps de le lire » (p. 15). Un des problèmes majeurs est celui de la « complexité » (autre nom de la richesse) d’’un homme surdoué dans tant de domaines : « Existe-t-il plusieurs Maurras ? » (p. 13) : le poète, le journaliste, l'’homme politique, etc. Au final, Giocanti montre bien l’’évidente unité de son héros. Il souligne encore la volonté héroïque de Maurras de faire triompher la beauté de l’'« ordre » salutaire et tutélaire sur le « chaos » qui, incessamment menace ou brûle le capital miraculeux de la Civilisation (cf. le sous-titre). Son « drame », s'’interroge-t-il, n’’aura-t-il pas été dès lors d’’avoir été parfois un agent du désordre : « Le chantre de l’’ordre a participé à des désordres théoriques (allusion de l’’auteur à l’’antisémitisme) et pratiques (le soutien au statut des Juifs et l’’absence de « lucidité » -– qu’’explique largement un cruel défaut d’’information - –sur la réalité géopolitique et même la situation réelle de Vichy à partir de 1942) : à côté des réussites, on lit des catastrophes. Non loin des cadences qui plaisent, on découvre des polémiques bornées. Il est arrivé à cet amant de la lumière de chuter dans des obscurités et de nourrir le chaos auquel il voulait échapper » (ibid). Que le lecteur se rassure : se trouve ici exprimée la limite d’’un soupçon cruel mais aussi nécessaire (pour soi-même comme pour la “propagande”) ; « Il est arrivé…. » écrit Giocanti : c’’est donc que l’’essentiel est sauf, ô combien, et salvateur !
    Le “philosophe”
    Il ne nous est pas loisible de rendre compte de l’’ouvrage en détail. Notons-en quelques aspects à notre avis essentiels. La première partie, « Les secrets du soleil », évoque l’’enfance et l’’adolescence de Maurras à commencer par la trace laissée par la défaite de 1870, la perte dramatique du sens de l’ouïe que suit, en conséquence directe, celui de la foi –- sensus fidei –- ; il se conclut très intelligemment par une réflexion sur la qualité de “philosophe” de Maurras : on peut en effet s’’interroger si, le roi régnant, la philosophie n’’aurait pas été sa vocation profonde, tant son influence sur lui fut grande.
    La seconde partie, « Une année d’’arcs de triomphe », relate et analyse les débuts littéraires de Maurras, vite reconnu et admiré pour son génie éclatant. Elle est l’’occasion pour Giocanti d’’introduire ce sujet qu’’il connaît si bien, auquel il a d’’ailleurs déjà consacré thèse et livre : « Maurras félibre ». Cet aspect est d’autant plus important que, dans une très large mesure, le royalisme de Maurras en procède à travers l’idée fédéraliste ; or ce royalisme n’’est pas (contrairement à la légende) un étatisme à tout crin. Comme l’’écrira Louis-Xavier de Ricard, socialiste félibre « inspiré de Proudhon et d’’Edgar Quinet » dans La Dépêche de Toulouse du 4 juillet 1892 : « Maurras abhorre la conception d’’un État universel, absolu, inquisitorial, maître de tous et de tout » (p. 109).
    La troisième partie, « Le temps des définitions » débute ainsi : « Les années 1894-95 correspondent à un tournant majeur dans la destinée de Maurras. Poursuivant son activité de félibre, il constate peu à peu l’’insuffisance du fédéralisme au sein du Félibrige, et traite de plus en plus ce thème sur le plan national » (p. 127). S’’opère ici le passage vers la grande politique maurrassienne, laquelle s’’imposera d’’autant plus nécessaire que le pays se trouvera confronté à la « fracture » calamiteuse occasionnée par l’’Affaire Dreyfus.
    La quatrième partie aborde notamment l’’Enquête sur la monarchie et Anthinéa dont le retentissement fut, dans les deux cas, immense. L’’un des grands mérites du livre de Giocanti est de mesurer l'’écho remarquable de l’œ’œuvre et, bientôt, de l’’action politique de Maurras (c'’est-à-dire de l’’Action française). Ce dernier était véritablement une des plus grandes figures de son époque : reconnu tant pour sa pensée que pour son œœuvre proprement littéraire. Connaissant tout ce qui se faisait ou se publiait, en relation avec ceux qui pouvaient compter, on pourrait dire, à la moderne, que Maurras était en “dialogue” (et saine confrontation) avec son temps et, par là même, un extraordinaire témoin de ce dernier.
    Quelques problèmes lancinants
    Les quatre dernières parties recouvrent la partie de la vie de Maurras la mieux connue. Aussi ne les considérerons-nous pas. Selon l’opinion de Giocanti, ce n’’est pas la plus féconde sur le plan de la pensée (théorie), ni la plus heureuse politiquement parfois (mais que de services rendus à la France à commencer par ses mises en garde contre le danger hitlérien !). Nous les laisserons donc de côté pour conclure sur deux problèmes qui, de façon lancinante, font difficulté et où les analyses de Giocanti seront les plus discutées.
    La première concerne la condamnation ecclésiastique de 1926. Giocanti dit l’’essentiel, et montre bien la crise morale insupportable que l’’« Église de l’’ordre » – qui provoqua en l’’occurrence un beau et bien triste désordre – fit cruellement subir à nombre de catholiques français : ceux « qui liront L’’Action française seront en effet privés d’’eucharistie, d’’absolution et d’’extrême-onction » (p. 327). Giocanti juge « catastrophique » et une « formidable erreur tactique » (ibid) le Non possumus, des catholiques de l’’Action française, quoique Maurras ne l’’ait pas signé lui-même. On pourrait penser tout au contraire qu’’il était tout à l’’honneur de ces derniers, et nécessaire !
    La seconde porte sur l’’antisémitisme sur lequel Giocanti revient souvent, bien obligé. C’’est lui qui fut assurément une « catastrophe » ; car si Rome est revenue sur sa condamnation, il y a guère de chance que l’’antisémitisme « d’’État » de Maurras, même non raciste, soit jamais accepté. Giocanti ne croit guère aux raisons de la théorie, qui se justifie notamment dans la lecture attentive (mais non critique et trop exclusive) de Bernard Lazare. Il décèle dans une « xénophobie » son vrai principe. Pour y avoir travaillé, je pense que cette hypothèse est en effet sérieuse : trop de textes l’’attestent. Maurras n’’aimait pas les Juifs avant de s’en méfier pour leur influence réputée mauvaise. C’’est ainsi. Hélas, ce ne fut pas sans conséquence -– pour eux comme pour nous……Il est fort regrettable que ce grand livre qui, encore une fois, fait tant aimer Maurras et ressortir son immense importance pour que la France ait un avenir, s’’achève sur une phrase hostile à l’’Action française : « À l’’orée du XXIe siècle, ce n’’est pas par l’’Action française que Maurras manifeste sa présence, rangée qu’’elle est parmi les objets de l’’Histoire : c’’est son œœuvre, littéraire et politique, qui constitue son legs positif, offert à la liberté des lecteurs » (p. 506). Mais qui diffuse la pensée de Maurras et la fait connaître ? Qui forme des jeunes –- en toute “liberté”, y compris celle de la quitter –- à son intelligence, si ce n’’est l’’Action française d’’aujourd’hui, avec son journal et ses cercles d’’études ? Giocanti même ne lui devrait-il pas quelque chose ? Il est douteux que son seul livre, aussi remarquable et utile soit-il pour renouveler la connaissance de Maurras suffise à le rendre “présent”. Il est improbable en tout cas que ce dernier eût goûté qu’’on attaquât inutilement ses amis fidèles et loyaux.
    Francis Venant L’’Action Française 2000 du 5 au 18 octobre 2006
    * Stéphane Giocanti : Maurras. Le chaos et l’ordre, Éd Flammarion, 2006, 27 euros.

  • "Il n’y a jamais eu de printemps arabe"

    Le dernier ouvrage de Bernard Lugan, Printemps arabe, histoire d’une tragique illusion, vient de paraître. Un petit peu de publicité pour quelqu'un qui subit depuis des années l'omerta des médias, malgré, ou à cause, de la qualité de ses réflexions fondées sur la réalité et la vérité et non l'idéologie et le mensonge.

    “Il n’y a jamais eu de printemps arabe. Cette notion de printemps arabe est totalement artificielle : le terme fait allusion à des événements qui se sont déroulés au XIXème siècle en Europe et qui étaient liés aux questions de nationalités. Or, ni au Machrek ni au Maghreb, ce qui s’est passé entre 2010 et 2013 n’a eu un lien avec le nationalisme, puisqu’il s’agissait de questions qui étaient d’ordre social. Le printemps arabe est une notion qui ne veut rien dire, parce que les journalistes et les hommes politiques ont confondu monde arabe et monde musulman (...)"

    http://www.lesalonbeige.blogs.com/

  • Groupe d'Action Royaliste

    Soutenu par Maître Antoine Murat malheureusement disparu. Créé en octobre 2008 et considéré aux yeux du doyen des Camelots du Roi, Guy Steinbach, (qui est également le président d'honneur) comme étant parfaitement dans la lignée des Camelots du Roi, le GAR s'est donné comme objectif de moderniser le combat royaliste en ce début du XXIème siècle. Fonctionnant plus comme un réseau de militants autonomes et déterminés, le GAR élabore sa base de recrutement sur des critères biens précis : Pas d'esprit consommateur, tous les militants du GAR sont là pour donner de leur personne et si possible aussi doivent être membre du réseau Lescure. Les militants doivent agir :

    Avec l'intérêt général et non avec leurs caprices de sentiments.
    Avec l'intérêt général et non avec leurs goûts ou leurs dégoût, leurs penchants ou leurs répugnances.
    Avec l'intérêt général et non avec leur paresse d'esprit ou leurs calculs privés ou leurs intérêts personnels