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culture et histoire - Page 1827

  • Frédéric Schiffter contre la bien-pensance par Pierre LE VIGAN

     

    Frédéric Schiffter, professeur de philosophie, est plus un penseur qu’un philosophe si on retient le mot de Cioran comme quoi « les philosophes écrivent pour des professeurs, les penseurs pour des écrivains ». Frédéric Schiffter n’est pas un homme de concept, c’est un homme dont le propos est de renouveler l’étonnement d’être au monde, et l’étonnement devant le monde. Si Frédéric Schiffter a une thèse à défendre, c’est l’absence de toute illusion sur l’homme. D’où sa polémique avec Guy Debord (quelque chose d’aussi sacrilège dans la dictature médiatique que les objections de la chanteuse Lio à l’excès de compréhension empathique du microcosme parisien vis-à-vis du violent Bertrand Cantat).

     

    Selon Frédéric Schiffter, ce n’est pas le capitalisme c’est l’homme lui-même qui s’invente sans cesse de nouveaux besoins. « En cela le capitalisme, mieux que l’esclavage antique ou le servage féodal, accomplit la vérité de l’humain » (p. 93).  Après les catégories du chichi et du blabla développées dans un ouvrage précédent (Sur le blabla et le chichi des philosophes, P.U.F., 2002), Frédéric Schiffter introduit la catégories du « gnangnan ». Ce dernier est pétri d’ « éthique », de « tolérance », et, mieux, de l’« éthique de la tolérance ». La pensée gnangnan est attentive au « respect » de l’« autre », à « l’enrichissement des différences » et elle prône l’« engagement citoyen » contre toutes les « stigmatisations » de « minorités visibles ». L’homme de la pensée gnangnan, courageusement engagé contre l’extrême droite et l’intolérance (c’est d’ailleurs généralement la même chose), est pour le « développement durable », le « commerce équitable », le tri sélectif des ordures, la création en ville d’« espaces civilisés ».

     

    Le parlé gnangnan est ainsi un blabla politiquement correct. Ces catégories s’appliquent-elles à la philosophie ? Vu l’instrumentalisation de celle-ci, on ne peut éluder la question. Est-ce dans ce registre du blabla que se situe Emmanuel Lévinas, ou dans le registre du chichi ? Toutes choses égales par ailleurs, c’est la question que Frédéric Schiffter ose poser. Blabla plutôt que chichi ? J’incline à penser blabla pour Lévinas, à la différence de Schiffter. Voici pourquoi. Partons de l’autre coté des choses, donc du chichi. Le chichi relève des fausses questions, d’une remontée vaine aux causes ultimes, ou d’une marotte telle un projet de synthèse impossible. Paul Ricoeur, ainsi, relève du chichiteux, du moins quant à ses travaux après sa Philosophie de la volonté des années cinquante. Chichiteux par sa recherche de synthèse entre Freud et la phénoménologie, qui aboutit au mieux à une négation réciproque des fécondités intellectuelles de chaque domaine. Emmanuel Lévinas, de son côté, est à mon sens plutôt blablateux. Son obsession de l’Autre, du Visage de l’Autre, relève d’une hystérie triste, bénigne assurément, qui en a fait le porte-drapeau d’une monomanie stérile certes, mais inoffensive (et l’inverse).

     

    La pensée sans double, et questionneuse de Frédéric Schiffter le rapproche bien sûr de Clément Rosset. Et Schiffter souligne avec une grande justesse combien le récit autobiographique de Rosset (Route de nuit) a mis en lumière la fragilité et en même temps l’évidence de la force majeure qu’est l’élan de vivre. Une  pensée ne se réduit pas à la griserie de l’enthusiasmos (être inspiré des dieux). Frédéric Schiffter critique une conception purement négative de la mélancolie qui fait d’elle une « langueur d’esthète ». Il écrit : « La mélancolie modère sans doute l’enthousiasme d’exister, mais, au contraire de la joie, elle ne paralyse pas le désir d’écrire, de peindre, de composer et autres exercices de lucidité. Tout entier dans la durée, l’homme joyeux ignore le passage du temps. Le voit-on s’abîmer dans l’écriture de l’Odyssée, de l’Éthique, ou du Zarathoustra ? La jubilation interdit la conscience de soi sous peine de se volatiliser aussitôt. Le rêveur qui s’avise qu’il rêve comprend qu’il ne dort plus. Captif de sa vigilance insomniaque, ne perdant jamais une goutte du flux du devenir, le mélancolique, quant à lui, contemple l’inconsistance des choses de sa vie, et, mieux que l’homme joyeux, il sait que l’éternité de chaque instant est menacée – savoir ombré de tristesse, peut-être, mais inséparable d’une volupté dont il refuse de guérir » (pp. 129 – 130). On objectera à Frédéric Schiffter qu’à l’inverse, il n’y a certainement pas d’écriture sans une certaine allégresse.

     

    Pierre Le Vigan http://www.europemaxima.com

     

    • Frédéric Schiffter, Le philosophe sans qualités, Flammarion, 2006, 142 p., 13 €.

  • L'Europe en phase finale d'américanisation

     

    Ex: http://zentropaville.tumblr.com

    Les évènements se précipitent. Peu d’européens en sont encore conscients. D’autant plus que pour s’en apercevoir il faut un minimum de culture stratégique, afin de déchiffrer des évènements qui autrement paraissent anodins.
    Appelons américanisation de l’Europe le fait pour celle-ci d’acquérir le statut non d’un nième Etat de l’Union – ce qui peut conférer quelques droits constitutionnels et civiques - mais d’un Etat complètement subordonné, colonisé pour reprendre un ancien terme, sur le modèle des ex-colonies africaines de la France.
    Cette américanisation est en cours depuis la seconde guerre mondiale, sinon la première. Ces guerres ont vu l’Europe, emportée par ses divisions internes, perdre une grande partie des éléments faisant son ancienne puissance. Ceci au profit des Américains. Face à l’URSS d’abord, face aux puissances émergentes d’Asie, principalement la Chine aujourd’hui, l’Amérique a su convaincre les européens qu’ils devaient lui confier leur défense, quitte à lui livrer en échange tout ce qui leur restait de souveraineté.
    On peut avec un certain optimisme estimer qu’au cours du dernier demi-siècle et aujourd’hui encore, 100.000 européens au maximum ont toujours voulu refuser ce marché de dupes. Pour eux, l’Europe avait les moyens de se défendre et de se développer sans rien abandonner de ses atouts scientifiques, économiques, militaires. Sous le gaullisme en France, quelques 50.000 Français avaient accepté de tenir le pari. Aujourd’hui encore, ils sont peut-être 50.000 à tenter de résister, provenant de diverses horizons. L’Airbus A350 qui vient de réussir son premier vol à Toulouse est un des derniers descendants de ce rêve héroïque.
    Mais ces réfractaires à l’américanisation, en France comme en Europe, se heurtent en Europe, dans chaque Etat comme au sein même de l’Union européenne, à des résistances formidables. Il y a d’abord l’inertie de centaines de millions de citoyens qui pensent que tout ira bien pour eux s’ils suivent les modes de vie et modèles américains, s’ils obéissent aux consignes implicites venues d’outre-atlantique. Mais il y a aussi ceux qui ont mis toutes leurs cartes dans la servilité à l’égard des intérêts américains, afin d’en être grassement récompensés. L’actuel président de la Commission européenne en est un bon exemple.
    Comme ceux-là détiennent au sein de l’Union européenne à peu près tous les leviers de commande dont l’Amérique a bien voulu leur confier l’emploi, ils constituent une barrière infranchissable aux tentatives des 100.000 européens évoqués ci-dessus qui voudraient reprendre leur indépendance.

    Une accélération brutale de l’américanisation
    Tout ceci, diront les lecteurs, n’a rien de nouveau. Or ce n’est plus le cas. La conquête de l’Europe par le Big Brother américain s’accélère brutalement. Divers évènements ont mis en évidence ces derniers mois, sinon ces dernières semaines, trois mécanismes qui se conjuguent pour accélérer de façon exponentielle la domination de l’Amérique sur l’Europe.
    Le premier mécanisme est d’ordre sociétal. Il découle de la numérisation continue de l’Europe, au sein notamment de l’Internet, qui en est la partie visible. L’Internet et plus généralement l’informatisation des outils et contenus de création et d’échange en découlant n’auraient que des avantages, y compris pour les Européens, si ceux-ci s’étaient donné des gouvernements et des entreprises capables de faire jeu égal avec la concurrence américaine. Or ce ne fut pas le cas. Non seulement l’informatique et les télécommunications ont été depuis les origines monopolisées par les américains, mais aussi les serveurs et entreprises du Net qui recueillent et mémorisent, dans leurs bases de données, l’ensemble de la production intellectuelle des Européens.
    L’exemple le plus visible en est Google. Les Européens, par facilité, profitant de la dimension mondiale que Google a réussi à prendre, lui confient dorénavant le soin de recueillir, transporter, utiliser et vendre les valeurs ajoutées de tout ce qu’ils produisent, sans parler de leurs « données personnelles », c’est-à-dire de tout ce qui représente, non seulement la citoyenneté européenne, mais aussi la civilisation européenne.
    Pour capter tout cela, Google et ses homologues américains ont mis en place des centres serveurs informatiques immenses, et développé les milliards d’instructions permettant de naviguer dans les données ainsi mises en mémoire. Ils sont de ce fait seuls à pouvoir réutiliser ce qui mérite de l’être dans les cerveaux européens et les produits de ceux-ci. Ce n’est rien, dira-t-on, nos cerveaux nous restent. Quelle erreur. Laisser Google et ses homologues dominer et progressivement diriger le contenu de nos cortex associatifs, de la partie noble de nos cerveaux, aboutit au pire des esclavage, esclavage soft, mais néanmoins esclavage.
    Le deuxième mécanisme confirmant la soumission de l’Europe à l’Amérique est politique. Il était soupçonné depuis longtemps par quelques spécialistes, mais vient d’éclater avec ce que l’on a nommé le scandale PRISM-Snowden. Inutile d’y revenir ici. Non seulement nous acceptons de confier à Google et ses homologues, pour exploitation commerciale, nos données personnelles et le contenu de nos créations intellectuelles, mais nous acceptons de les livrer sans aucune protection aux services secrets américains. Ceux-ci s’en servent, disent-ils, pour lutter contre les supposés ennemis de l’Amérique. Ce faisant, disent-ils aussi, ils nous protègent contre des ennemis intérieurs ou extérieurs, car les ennemis de l’Amérique sont nos ennemis. Que ces ennemis existent ou pas n’est pas la question. La question aurait été de dire à nos amis américains que nous préférons nous protéger nous-mêmes de nos ennemis. Car pour le moment, qui nous protégera de nos amis américains, de leurs intrusions, des mécanismes politiques de surveillance et de contrôle qu’ils ont dorénavant la possibilité de déployer à notre égard. Quis custodes custodiat.
    Les services secrets américains disposent pour ce faire, comme l’a révélé le scandale PRISM-Snowden, non seulement du contenu des immenses centres serveurs de la NSA, conçus pour mémoriser tout ce qui circule sur les réseaux numériques, non seulement des milliards de dollars de logiciels développés par des sociétés assermentées pour exploiter ces données, mais aussi de l’ensemble des contenus des serveurs commerciaux tels que Google, précité. La NSA et les autres agences de renseignement ont dorénavant une porte ouverte, un « open bar », une « back door » sur les contenus de ces serveurs. C’est-à-dire, répétons le, sur les contenus de nos cerveaux.
    De plus, ces services secrets et, en arrière plan, l’ensemble des moyens militaires du ministère de la Défense américain, ont davantage de possibilités d’intervention que les équipes de Google et de ses homologues. Ils ont de fait sinon de droit, pouvoir de vie et de mort, par destruction physique ou annihilation virtuelle, à l’encontre de tous ceux qu’ils déclarent être des ennemis de l’Amérique, ennemis déclarés ou ennemis potentiels. Ecrivant ceci, je suppose que je dois en faire partie, comme vous qui me lisez, comme tous les Européens qui voudraient devenir indépendants de l’Amérique.
    Ajoutons que les équipes du général Keith Alexander, directeur de la NSA et chef du Cyber Command du Pentagone, ne sont pas seules à pouvoir utiliser ces moyens. Elles sont doublées ou remplacées par des milliers de contractuels affrétés par l’US Army auprès de sociétés privées. Ces contractuels, bien qu’assermentés, peuvent se livrer en toute impunité à toutes sortes d’activités personnelles voir criminelles. Certains peuvent même, horresco reférens, trahir leur employeur pour motifs éthiques, au risque de leur vie, Comme Edwards Snowden, dont on est sans nouvelles à ce jour.
    Un troisième mécanisme est à considérer, dans la perspective d’un futur proche. Il s’agit d’un élément capital, le cerveau global capable de conscience artificielle. Ceux qui connaissent le développement rapide des neurosciences et de l’intelligence artificielle savent que dans quelques années verront le jour un ou plusieurs cerveaux artificiels répartis sur l’ensemble des réseaux numérisés. Or Ray Kurzweil, qui est le meilleur technicien capable de développer de tels cerveaux, a rejoint comme nul n’en ignore les équipes de Google. Il a sans doute ce faisant la totale bénédiction de la NSA.
    Mais, direz-vous, les Européens n’ont-ils pas l’intention d’étudier la mise en place pour leur compte d’ un tel cerveau. Il s’agit du Human Brain Project européen, qui vient de recevoir la promesse d’un financement s’élevant à 1 milliard d’euros. Ce serait naïf de le croire. L’US Big Brother veille depuis le début de cette initiative. Le responsable en chef de ce projet est un Suisse, tout dévoué aux intérêts américains. De plus, IBM, qui avait déjà fourni le super-ordinateur nécessaire aux premiers pas du projet, vient d’ajouter de nouveaux moyens.
    Je cite:
    IBM Blue Gene/Q memory enhancements (14/06/2013)
    The Blue Brain Project (c’est-à-dire le projet suisse/IBM initial, repris dans le projet européen) has acquired a new IBM Blue Gene/Q supercomputer to be installed at CSCS in Lugano, Switzerland. This machine has four times the memory of the supercomputer used by the Blue Brain Project up to now…
    Est-il besoin de traduire ? Quant à ceux qui ignoreraient qui est IBM, je rappellerai que ce fut dès les origines du Plan calcul français l’adversaire principal contre lequel s’était battu Charles de Gaulle. Après avoir réussi à monter une entreprise européenne (Unidata, avec CII, Siemens, Philips) capable de tenir tête au géant, les promoteurs de celle-ci ont été trahis par un européen, un certain Giscard d’Estaing.
    Ce sont d’autres Européens de même calibre, dotés d’une vision stratégique aussi pénétrante, qui se battent aujourd’hui pour que l’Europe s’engage dans les négociations avec les Etats-Unis en vue de réaliser un grand marché transatlantique. On apprend aujourd’hui 15 juin que la décision en ce sens vient d’être prise. Victoire cependant pour la France. Le culturel devrait en principe être exclu. Cela nous laissera toutes latitudes afin de financer des intermittents du spectacle qui distrairont les touristes américains et chinois quand ils nous feront la grâce de dépenser leurs devises en France. Ce sera tout ce qui nous restera à vendre.
    Jean-Paul Baquiast (Europe solidaire, 15 juin 2013) http://euro-synergies.hautetfort.com/

  • La revanche de l’Orient barbare par Claude BOURRINET

    Ce qui semble marcher, à savoir l’écho, sur la Toile, d’actions visant la communauté immigrée en France, succès d’ailleurs relatif, mais réel, en tant qu’il rencontre une réelle souffrance de la part des Français d’origine, conduit à une somme d’erreurs d’appréciations à terme très dangereuses, dont il sera difficile de se relever. C’est non seulement notre intégrité physique qui est en jeu (la destruction de l’Europe en tant que civilisation n’étant pas improbable, la Seconde Guerre mondiale étant en l’occurrence une préfiguration de ce qui nous attend), mais c’est aussi, et surtout, notre liberté en tant que peuple. En soutenant, avec une frénésie qui augure mal sur les capacités à se remettre en question, les partisans d’un atlantisme conquérant et sûr de soi, les « Identitaires » contribuent au déclin de notre patrie européenne.

    Je ne pense pas qu’un « pôle » plus clairvoyant sur la nature des liaisons dangereuses entre droite extrême et sionisme aurait quelque poids. Quand Zeus veut perdre un homme, il le rend fou et aveugle. Malheureusement, je ne vois pas la solution. Autant que j’aie pu comprendre quelque chose à l’histoire confuse de l’extrême droite, une grande partie du mouvement Occident appuyait déjà Israël, y voyant soit une arme contre l’invasion arabe, et l’avant-garde occidentale en terre de conquête, soit, plus cyniquement, un habile dérivatif pour déverser au Proche-Orient le trop plein israélite qui pesait trop, selon elle, sur la France et l’Europe. La seconde hypothèse était pour le moins naïve (les Juifs n’étant pas si stupides pour abandonner une carte majeure, et jouant d’ailleurs efficacement sur les deux plans), et la première est en voie de se concrétiser pleinement, avec l’occupation néo-coloniale de l’Irak, de l’Afghanistan, et demain peut-être de l’Iran, et la domestication de l’Égypte et d’autres puissances moins importantes de la région.

    Il faut se rendre à l’évidence que la France et l’Europe ont perdu toute capacité à mener une lutte autonome face aux défis de la nouvelle donne géopolitique, par manque de lucidité, mais aussi par manque de courage. Il n’est pas si aisé de devoir affronter la tragédie, inévitable comme toute tragédie, et d’assumer un destin qui nous sommerait d’être nous-mêmes.

    L’Europe, historiquement, s’est constituée à partir d’une réaction défensive face à la déferlante musulmane. C’est à l’occasion de la victoire de Charles Martel à Poitiers que le terme « Européens » a été employé pour la première fois. L’Empire carolingien exprime politiquement la prise de conscience d’un basculement économique du Sud méditerranéen vers le Nord. La civilisation helléno-latine avait pour centre la Méditerranée (mare nostrum, disaient les Romains). L’humanisme de l’Urbs concevait l’expansion impériale sur un mode universaliste, dans une visée intégratrice des vieilles civilisations antiques, singulièrement celles de l’Orient, des Perses, des Égyptiens et d’autres identités culturelles. Cela fit dire à Juvénal que les eaux de l’Oronte se déversaient dans celles du Tibre. Mais c’est là un phénomène qui dépasse la logique assimilatrice de la cité romaine. Déjà, les Grecs devaient beaucoup aux civilisations du Proche- et du Moyen-Orient, bien qu’ils aient pu asseoir leur particularisme non seulement sur leur langue, mais aussi sur ce qui les distinguait de leurs dangereux voisins. Il n’est qu’à lire Hérodote pour s’assurer que l’esprit de liberté caractérise l’Hellène, et que ce trait politique et culturel perdure même dans l’avènement des monarchies hellénistiques (à commencer par les récriminations des soldats macédoniens devant les tentations despotiques d’Alexandre), et, par delà, chez les Romains. Octave Auguste n’a-t-il pas instrumentalisé cette crainte d’un abandon de l’esprit civique face à un Marc-Antoine trop orientalisé à son goût ? Combien le paradigme marathonien, sursaut d’un Occident pris à la gorge, agit encore dans notre sang et notre conscience ! La crainte du « barbare » hante encore nos gènes !

    Les États-Unis d’Amérique se sont réclamés hautement de cette liberté pour échafauder un projet civilisationnel qui, pour une bonne part, malgré les apparences, doit moins aux Grecs et aux Romains qu’aux Carthaginois et aux Hébreux. L’adoption de structures politiques copiées de l’Antiquité, et jusqu’à l’architecture même des bâtiments publics, cachent mal les racines d’une société fondée sur l’argent, la marchandise, et le culte vétérotestamentaire d’un Dieu résolument moralisateur. La réplique française de la Révolution américaine intègre davantage les schémas républicains antiques, grâce notamment aux penseurs tels que Montesquieu et Rousseau, mais sa sanglante parodie de l’Histoire romaine, via la Terreur et l’Empire, n’est qu’un geste théâtral insuffisant pour cacher sa véritable fin, qui est la tentative d’inscription dans la société humaine des visées eschatologiques contenues dans la Bible, à savoir l’égalité et la fraternité. Les deux courants, religieux et « laïque, se conjugueront d’ailleurs étrangement, dans la deuxième moitié du XIXe siècle, pour légitimer la colonisation, au nom d’une civilisation considérée comme supérieure.

    La montée en puissance de l’Amérique au XXe siècle n’a fait que consolider cette tendance. Certes, les U.S.A. ont pu utiliser le ressentiment des peuples colonisés pour démanteler les Empires mondiaux de la Vieille Europe. Mais c’était pour reprendre le flambeau sur d’autres bases, moins fondées sur le peuplement que sur le contrôle.

    Aussi voyons-nous que l’« Occident » puise paradoxalement ses raisons d’agir sur un singulier mélange de peur et de sentiment de supériorité. Et nous constatons que, contrairement à la vulgate rationaliste, qui définit le progrès humain comme une libération face à l’emprise religieuse, de vieux archétypes, surtout tirés des strates antiques du judaïsme, continuent à officier dans nos comportement politiques et guerriers.

    L’alignement sur une ligne occidentaliste est-elle pour autant justifiée ?

    S’il n’était question que du problème posé par la main mise des États-Unis d’Amérique sur le camp occidental, dont elle constitue l’hégémon, ce serait un pis allé; car pourquoi ne pas reconnaître la puissance là où elle est, quand elle exprime les aspirations de tous, l’orgueil dût-il en être bafoué ? L’armée des Achéens acceptait Agamemnon comme primus inter pares, parce qu’il était le plus puissant, nonobstant son infériorité personnelle par rapport à Achille, Ulysse et d’autres héros. Cependant, les Hellènes étaient unis par le sentiment d’une origine commune (même s’ils appartenaient à des branches différentes des Grecs), en tout cas faisaient état d’une même vision du monde. Or, comme chacun le sait, l’Amérique du Nord s’est réclamée d’une rupture radicale avec une Europe qu’elle considéra comme une seconde Babylone. Pour elle, l’Ancien Continent était condamné par Dieu et l’Histoire. Le comportement actuel des U.S.A. ne peut se comprendre qu’à cette aulne : l’entreprise étatsunienne est au fond une utopie, une tabula rasa, une subversion radicale d’un ordre ancestral perçu comme l’héritage du « vieil homme ». Là où l’on croit déceler une avidité matérialiste (qui existe, bien sûr !), il s’agit surtout d’une volonté religieuse qui est à l’œuvre. C’est l’Orient qui rapplique par l’Occident ! La revanche du barbare sur une Europe qui avait résisté longuement. L’Amérique porte en elle le fanatisme, le moralisme, le simplisme niveleur des divinités sémitiques. Sa vision binaire de l’Histoire heurte l’esprit grec et sa subtilité rationnelle, ainsi que le génie politique de Rome, si respectueux des réalités humaines.

    C’est pourquoi, au-delà du jeu pervers des réactions en chaîne qui nous dépossèdent de notre autonomie (comme si nous devions absolument choisir entre la burqa et la kippa !), les Européens doivent prendre conscience de la nature du combat. Cela n’enlève rien à la nécessité de nouer des alliances tactiques (pour moi, il faut soutenir les Palestiniens pour des raisons géopolitiques, et subsidiairement, éviter de trop désigner l’immigré comme l’ennemi principal, ce qui fait trop l’affaire de certains !). Mais sachons au moins où est notre véritable identité, et qui sont nos principaux ennemis !

    Claude Bourrinet http://www.europemaxima.com

     

    • D’abord mis en ligne le 7 juillet 2010 sur le site Vox N.R.

  • Défense de la famille : la Russie fait des émules

    Lu sur C-Fam :

    "Les Etats européens de l’est suivent désormais l’exemple de la Russie pour protéger les enfants. Ils essaient de mettent un frein au militantisme favorable aux activités sexuelles « non traditionnelles ». Les associations d’homosexuels sont furieuses.

    Le mois dernier, Moldova a voté une nouvelle législation qui interdit la distribution d’informations « destinées à vulgariser  la prostitution, la pédophilie, la pornographie et tout autre type de relation ayant un lien avec le mariage et la famille ». La Lituanie a récemment adopté une loi similaire, et le parlement ukrainien se pencherait sur la même question.

    Les législations sont destinées à protéger les mineurs contre des informations explicites, qui pourraient les pousser à prendre des décisions qui seraient mauvaises pour eux à leur âge. La législation russe, adoptée en juin, impose des amendes aux personnes et associations qui feraient la promotion de comportements sexuels « non traditionnels » auprès des enfants. [...]

    Le mode de vie homosexuel en particulier est associé à une pléiade de risques pour la santé. Les personnes qui adoptent les pratiques homosexuelles ont 18 fois plus de risques de contracter le virus du VIH/SIDA que les autres. Ils s’exposent à plus de risques de contracter des MST, de se droguer, d’être touchés par une dépression, et de commettre des tentatives de suicide.

    Ces législations sont en vigueur dans certains Etats de la Fédération de Russie depuis une décennie environ. Les législatures nationales ont commencé à rédiger des lois similaires cette année, après l’ordre donné par Obama à ses ambassades de promouvoir les droits des personnes lesbiennes, gay, bisexuelles et transgenres, et la création d’un fonds  pour les organisations étrangères travaillant à promouvoir ces droits. [...]

    En Russie, un sondage récent du think-tank Pew Research Center a conclut que 16% seulement de la population jugeait l’homosexualité socialement acceptable.

    [...] Les pressions internationales n’ont pas découragé les pays voisins, prêts à approuver des lois similaires à celles de la Russie."

    http://www.lesalonbeige.blogs.com/

  • Les Germains

  • Pierre Jovanovic : Présentation du livre “le retour au standard or” d’Antal Fekete

    Les raisons pour lesquelles le standard-or va remplacer l’argent-papier, et pourquoi l’économie mondiale est condamnée à exploser.

    Le professeur Antal Fekete est un théoricien de l’or depuis quarante ans et forme les spécialistes du métal jaune des banques centrales. Dans ce livre, il explique les raisons pour lesquelles le système financier mondial se dirige vers l’explosion, comme un train lancé à toute vitesse et auquel on a enlevé les freins, alors que la presse tente de vous faire croire par tous les moyens que tout va bien.

    “Les économistes actuels sont des charlatans, des bonimenteurs qui, tout en se délectant de leur propre gloire, sont totalement incapables de prévoir un effondrement financier, même quand ils le regardent fixement dans les yeux, comme l’a montré leur misérable performance de 2007. Pire encore, ils sont même totalement incapables d’admettre leurs propres erreurs. Ils sont une malédiction jetée sur le corps politique et des verrues sur le corps académique. Ils conduisent le monde vers un désastre monétaire et économique sans précédent à la minute où je vous parle“.

    Pour le Pr Fekete, le système reposant sur la monnaie-papier (euro, dollar) est arrivé à son terme, exactement comme les billets de banque de John Law ont disparu en fumée sous Louis XV.

    Il explique aussi pourquoi Nicolas Sarkozy avait vendu l’or de la France de toute urgence alors que le cours était au plus bas en 2002, il est alors Ministre du budget, puis en 2010 ds l’intérêt des USA pour soutenir le dollar ‘un acte imbécile’ dit l’auteur. Dans le même temps, les USA ne vendirent aucun gramme d’or. Cet or a disparu chez des personnes privées. Il n est plus mobilisable en cas de crise majeure comme aujourd’hui.

    Mr Fekete prédit même : un jour viendra pour N. Sarkozy de faire comme John Law avant lui qui avait tenté de fuir Paris comme un voleur et déguisé en femme.

    Dans la crise actuelle de l’or, ns retrouvons 2 acteurs centraux de la crise des produits dérivés JP Morgan et la Deutsch Bank, grandes détentrices d’or tandis que d autres banques st incapables de rembourser à terme les contreparties en or.

    Aujourd’hui, toutes les grandes banques sont insolvables et maquillent la réalité.

    Il note que “la destruction de l euro, puis celle du marché commun vont appauvrir tous les européens. Il y aura toujours plus de chômage, de faillite, moins d’ordre et de respect des lois et envisage une guerre civile“. Pour lui, l’or est un formidable extincteur de dettes mais les gouvernements interdisent son utilisation.

    Antal Fekete est né à Budapest en 1932. Diplômé en mathématiques de l’Université Lorant Eötvös de Budapest en 1955, il a quitté la Hongrie dans le sillage du soulèvement de 1956 réprimé par les forces d’occupation soviétiques. Émigré au Canada, il a été nommé en 1958 professeur à la Memorial University de Terre-Neuve, poste qu’il occupa jusqu’en 1993. Dans ce cadre, il a également été « professeur invité » à Columbia ( 1961 ), au Trinity College de Dublin ( 1964 ), Acadia University Wolfville Nouvelle-Écosse ( 1970 ) et à Princeton ( 1974 ) où il a rencontré Paul Volcker, futur patron de la Fed. Depuis 2000, il a été professeur au Intermountain Institute for Science and Applied Mathematics, Montana et a donné des cours dans le cadre de sa Gold University, afin d’expliquer au monde entier que le système économique va à sa ruine si on ne réinstalle pas une forme de standard or au plus vite. À partir de 2009, il a commencé à enseigner à Munich à la New Austrian School of Economics. Ses séminaires privés sont suivis par les responsables des plus grandes banques centrales et hedge funds qui utilisent l’or comme investissement.

    http://fortune.fdesouche.com/

  • La réciprocité : une boussole dans le choc des civilisations et des États ?

    Par-delà les continents et les frontières – des États ou des quartiers – le choc des civilisations provoque des incompréhensions. Les musulmans sont axés sur la défense de leur religion contre des propos ou des images qu’ils considèrent comme des « blasphèmes ». Les Européens et les Occidentaux sont, eux, davantage attachés à la défense de la liberté d’expression. Au-delà des tensions actuelles, il serait bon d’avoir une boussole dans les relations entre États, religions et civilisations. Une boussole aussi vieille que les relations en société : la réciprocité.
    Ainsi, il est étrange que les musulmans réclament – et obtiennent – la construction de grandes mosquées en Europe alors qu’aucune église nouvelle ne peut être construite aujourd’hui dans les pays musulmans, y compris et surtout dans les pays du Golfe arabo-persique qui accueillent de nombreux travailleurs catholiques (philippins notamment). Et dans les vieilles terres chrétiennes d’Irak, de Syrie (dans les zones rebelles) ou d’Égypte, la situation des chrétiens est de plus en plus délicate.
    De même, s’il est jugé normal que les femmes européennes se voilent dans les pays d’islam, il est alors inacceptable que le voile islamique crée des problèmes récurrents dans le fonctionnement des services publics européens (hôpitaux, écoles, administrations). Respecter les coutumes du pays qui vous accueille fait partie de la bonne éducation !
    Enfin la cohabitation sur les mêmes lieux (de vie ou de travail) d’hommes et de femmes de différentes religions débouche sur des mariages mixtes. Mais quand une chrétienne (ou une agnostique) épouse un musulman, elle doit devenir musulmane. Et quand un chrétien (ou un mécréant) épouse une musulmane, il doit lui aussi devenir musulman. La conversion est toujours à sens unique. C’est l’intolérance musulmane qui rend la réciprocité impossible.
    Dans un autre domaine, il est régulièrement demandé que la France reconnaisse des torts à l’égard de l’Algérie. Il est possible qu’il y en ait eu. Mais alors, que l’Algérie reconnaisse aussi ses fautes : l’enlèvement d’Européens transformés en esclaves par les barbaresques d’Alger, la disparition de 3.000 Européens à Oran en 1962 et les massacres de Harkis, le tout pour clôturer une guerre ouverte par l’assassinat d’un couple d’instituteurs (les Monnerot lors de la Toussaint 1954). S’il devait y avoir « repentance », celle-ci ne saurait être à sens unique.
    Le principe de réciprocité doit aussi régir les relations entre Etats et leurs ressortissants. Pourquoi envisager de donner le droit de vote en France à des ressortissants de pays où nos compatriotes qui y séjournent n’ont aucun droit équivalent ? Pourquoi accorder des services sociaux et médicaux à des étrangers sans contreparties ? Un Français qui voyage à l’étranger doit s’assurer avant de partir, ou payer sur place ses soins médicaux ; est-il équitable qu’il finance aussi par ses impôts les soins médicaux des étrangers présents en France lorsqu’ils sont sans ressources (CMU), voire clandestins (AME) ?
    Ce principe de réciprocité pourrait aussi être utilement rappelé dans la vie cultuelle française. Il est étrange d’adopter des attitudes différentes sur le blasphème selon que sa victime est catholique, musulmane ou juive. Le blasphème anticatholique (Piss Christ, Golgota Picnic) est soutenu par les autorités, protégé par la police et subventionné ! Le blasphème antimusulman est toléré mais condamné moralement. Le blasphème antijuif est vigoureusement condamné et fait l’objet de poursuites policières et judiciaires, au titre de la loi Gayssot (la « Shoah ») ou de la loi Pleven (l’antisémitisme). Ce « trois poids, trois mesures » ne facilite pas la bonne entente des uns et des autres et sert à nourrir la revendication musulmane. Ainsi Mahmoud Gozlan, porte-parole des Frères musulmans égyptiens, a-t-il déclaré : « Quiconque doute de l’Holocauste est emprisonné, mais si quelqu’un insulte le prophète, ses compagnons ou l’islam, le maximum que fasse (la France) est de présenter ses excuses en deux mots. Ce n’est ni juste ni logique. »
    Bien entendu, ce principe de réciprocité pourrait aussi servir à éclairer la vie politique française. A gauche, il fonctionne à plein : socialistes, communistes et Verts se soutiennent mutuellement et se désistent les uns pour les autres lors des élections. A droite, il n’en va pas de même ! Pour la gauche l’UMP ne doit jamais voter pour le Front national, ni accepter ses voix. Pour l’UMP, il est naturel que les électeurs FN votent pour ses candidats mais la réciproque est exclue. En ce domaine l’UMP entend recevoir sans jamais donner ; c’est nier le principe de réciprocité.
    La réciprocité doit aussi servir de ligne de conduite en matière de commerce international. Est–il raisonnable d’ouvrir les appels d’offres publics français au monde entier alors que, de la Chine à l’Allemagne, nos partenaires privilégient leurs propres entreprises nationales ?
    Le principe de réciprocité doit aussi conduire à se mettre à la place des autres. Posons-nous la question : trouverions-nous acceptables des ingérences militaires des pays arabes en Europe ou sur le continent américain ? Non ! Voilà qui devrait pousser les pays occidentaux à une certaine retenue dans leurs équipées guerrières au Proche-Orient ou au Machreck !
    Beaucoup des problèmes français et européens viennent d’une perte de discernement des dirigeants politiques et économiques. Le retour à des principes simples pourrait permettre d’éviter bien des difficultés et de rendre les choix plus cohérents et plus intelligents. Le principe de réciprocité est l’un d’entre eux !
    Jean-Yves Le Gallou http://www.polemia.com
    21/09/2012

  • Introduction à l’économie moderne de Georges Sorel

    Georges Sorel (1847-1922) est un philosophe et sociologue français. Polytechnicien, ingénieur des Ponts et Chaussées, il publie différentes études sur des questions de météorologie, d’architecture, de physique, mais aussi d’histoire politique et religieuse. Ce n’est qu’assez tardivement, à 46 ans, que, démissionnant de son poste à Perpignan, il s’installe à Paris et que, prenant appui sur ses lectures de Proudhon, Marx et Bergson dont il suit les cours au Collège de France, il affirme son engagement socialiste et marxiste.

    Dans son Introduction à l’économie moderne, édité pour la première fois en 1903, Georges Sorel s’arrête sur différentes thèses, présente les penseurs et précurseurs de la science économique, prend parti dans leurs controverses, livre ses réflexions. Il ne s’agit donc pas tant d’une simple introduction à l’économie que d’une introduction commentée à l’économie moderne.

    Sorel s’interroge sur les interactions entre le droit et la propriété, de ces dernières avec la liberté, la constitution de la famille ou l’héritage. Ces questions fondamentales s’articulent avec celles concernant les rapports de la production et de la consommation : coopératives paysannes ou coalitions commerciales, mais aussi caisses de secours et de retraite. Surtout, au-delà des considérations économiques, il pose la question de la place de l’homme : « ce n’est point pour les artisans que cette socialisation est faite, mais pour les forces de travail, pour des abstractions d’hommes. »

    ll faut, nous dit-il « séparer la production et tout ce qui se rapporte à l’échange » car sinon, « au lieu de changer l’organisme vivant on se borne à améliorer l’appareil mécanique dont il se sert ; - on passe de la transformation par le changement du principe fondamental au perfectionnement empirique de ce qui est étranger au principe de la société.  »

    Il ne peut se résoudre à ce dévoiement et fustige les philanthropes qui ne cessent de répéter « qu’il faut rendre à la consommation son pouvoir directeur  ; de pareils sentiments sont naturels chez ces personnes qui, recevant des rentes, des traitements ou des honoraires, vivent en dehors du pouvoir productif  ; elles ont pour idéal la vie de l’oisif lettré. Tout autre est l’idéal socialiste. »

    Plus d’un siècle après lui nous pourrions dire de même, à une nuance près : par cette logique de la consommation, l’oisif est devenu illettré.

    http://www.egaliteetreconciliation.fr/