En proclamant la grève générale en Allemagne le 2 janvier 1919, les Spartakistes espèrent enclencher un mouvement insurrectionnel généralisé. Ils veulent tirer parti, au maximum, de la défaite de leur pays pour utiliser l'amertume de l'opinion comme un levier révolutionnaire.
Lorsque, le 9 novembre 1918, le socialiste Scheidemann, vieux routier de la politique parlementaire, a crié, du balcon du Reichstag, « Vive la République allemande », en écho Karl Liebknecht, du balcon du château impérial déserté par les Hohenzollern, a proclamé la République socialiste.
Liebknecht sort de prison. C'est un professionnel de l'agitation révolutionnaire. A partir de 1916 il a publié, sous le titre de Spartacus, des textes incendiaires. Entouré de Rosa Luxembourg, de Clara Zetkin il a constitué un noyau dur destiné à orienter l'aile gauche des sociaux-démocrates vers des positions antimilitaristes et défaitistes.
La révolution bolchevique de 1917 en Russie leur paraît le déclic décisif : les prolétaires allemands doivent imiter ce grand exemple, cette « lumière qui s'est levée à l'Est » et imposer le pouvoir des Soviets. Leur hantise : il ne faut surtout pas laisser les sociaux-démocrates s'installer au pouvoir. Par les mutineries au sein de régiments travaillés depuis longtemps par une propagande souterraine, par l'insurrection, par le pouvoir de la rue il faut imposer le règne du drapeau rouge. Le 4 novembre, le scénario semble se dérouler selon les espérances des Spartakistes : les marins de Kiel se révoltent, massacrent leurs officiers et un conseil de soldats proclame le début de la révolution. Dans les jours qui suivent, Munich, Hanovre, Brunswick s'embrasent à leur tour. Mais c'est l'entrée de Berlin dans le mouvement qui semble décisive : les Spartakistes peuvent à bon droit se dire qu'ils sont désormais au cœur d'un dispositif capable de faire basculer l'Allemagne dans le communisme.
Face à leur détermination et à leur fanatisme idéologique, les politiciens sociaux-démocrates, les bourgeois centristes - si l'on peut utiliser un tel pléonasme -, la vieille clique des hobereaux réactionnaire à monocle ne semblent pas pouvoir peser bien lourd. La fin d'un monde, fondé sur les valeurs bourgeoises, paraît inéluctable. D'autant que les combattants revenus du front, las et amers, n'ont aucune raison de défendre une « société civile » qui fait peu de cas de l'inutile héroïsme déployé, pendant quatre ans d'une guerre effroyable, dans la boue, le froid, le sang et la merde des tranchées.
Il faudra que quelques milliers de « réprouvés » au cœur rebelle se dressent, autour d'un chef, d'un drapeau, pour sauver la partie de la menace anarcho-gauchiste. Dans les forêts sableuses du Baltikum comme dans les rues des grandes villes, les corps-francs, insensibles à l'incompréhension et à la veulerie de leurs concitoyens, choisissent de se battre pour la seule cause qui importe à ces fraternités guerrières : l'honneur et la fidélité.
✍ P. V du 29 décembre 1994 au 4 janvier 1995
culture et histoire - Page 1881
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2 janvier 1919 : la menace spartakiste
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José CASTANO : une vie au service de la PATRIE
En publiant aujourd’hui la biographie de José Castano, « Le Gaulois » est heureux de rendre ici un hommage plus que mérité à celui qui, non seulement contribue à la richesse de ses colonnes, mais demeure également un modèle d’Honneur, de Fidélité et de désintéressement. « Il est du Destin des meilleurs de SERVIR », proclame un dicton Parachutiste. José en est un exemple vivant !
José CASTANO a vu le jour en octobre 1946 dans un village d’Oranie : Ain-el-Turck. En juin 1962, c’est la déchirure. Son père, après avoir été appréhendé pour « activités subversives », est emprisonné, torturé par les gendarmes mobiles du général Katz –« le boucher d’Oran »- puis soigné à l’hôpital d’Oran (pavillon des détenus) d’où il s’évade lors de l’intervention d’un commando de l’OAS. Recherché, traqué par la police française et le FLN, il rejoindra clandestinement la France à bord d’un chalutier.
Demeuré au pays avec le reste de sa famille, José, âgé de 16 ans, est à son tour contraint à la clandestinité afin d’échapper aux recherches du FLN qui, faute de ne pouvoir capturer le père, se vengerait bien sur le fils… En juillet, il tente une première fois de s’embarquer en compagnie d’un ami du village, Jean Lopez, marié et père d’une petite famille. Au port d’Oran, celui-ci sera interpellé par des A.T.O (fellaghas reconvertis en policiers)… On ne le reverra plus… jusqu’au 15 août 1962 quand, dans une citerne abandonnée à 15 kms d’Oran, une patrouille de soldats français découvrira parmi d’autres cadavres d’européens affreusement mutilés, celui de Jean Lopez. Son corps sera identifié grâce à son alliance sur laquelle était gravée la date de son mariage.¢
Quelques jours plus tard, José s’embarquera, seul, à bord du Kairouan, via Port-Vendres, où, perdu dans un univers hostile et étranger, ne sachant où aller, il sera pris en charge durant quelques semaines par une admirable famille de pêcheurs oranais. À cette époque, la solidarité était réelle !…
Fin juillet, la famille est enfin réunie. C’est alors qu’un nouveau drame éclate. Son père est identifié lors d’un contrôle de police à la frontière espagnole, arrêté, transféré immédiatement à Paris, jugé et condamné à quatre ans et demi de prison qu’il purgera en partie à Fresnes.
C’est dans ces moments difficiles que prendra corps une promesse faite en souvenir de cet ami disparu et, à travers lui, à ces milliers d’autres infortunés : Défendre la mémoire de l’Algérie Française, de ses combattants et des disparus de 1962 !
Après des études secondaires classiques, poussé par la passion du sport, il épousera cette voie et la compétition de haut niveau. Engagé volontaire, il connaîtra les honneurs du Bataillon de Joinville, deviendra International Militaire d’Athlétisme et, rendu quelques années plus tard à la vie civile, enseignera l’Éducation Physique en milieu scolaire et universitaire.
Fidèle à sa promesse, dès 1980 il entame par ses écrits et ses conférences son « œuvre de mémoire ». Auteur de sept ouvrages et conférencier infatigable, ce travail foncier et persévérant lui ouvre les portes de la Société des Gens de Lettres de France et de l’Académie des Sciences d’Outre-mer, section littérature.
Par ailleurs, son « investissement » dans la cause des disparus lui a valu d’obtenir la Médaille d’Or du Mérite et du Dévouement français ainsi que la Médaille d’Honneur de la Ville de Montpellier.
Auteur d’un ouvrage de référence, « Le péril islamique », il s’investira, parallèlement, dans un combat identitaire pour la sauvegarde des valeurs chrétiennes, contre le fondamentalisme islamique et l’islamisation programmée de la France.
Poursuivant inlassablement son œuvre de mémoire, il multiplie ses conférences notamment sur « la tragédie de l’Algérie française », « l’Armée d’Afrique » et « les Seigneurs de la guerre » en hommage aux soldats de la Légion étrangère ainsi que sur le péril que représente la montée de l’intégrisme islamique « l’Islam… Religion conquérante ».
Par ses interventions diverses et variées, José CASTANO poursuit inlassablement depuis 1980, à l’écart des partis politiques, le seul combat qui, à ses yeux justifie son action : Rendre à la mémoire des Français d’Algérie et à son armée bafouée, la justice qui leur a été refusée tout au long de leur calvaire.
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Les leçons de François Furet
Le Figaro Magazine - 03/05/2013 Il fut l'historien de l'échec de l'idée révolutionnaire. Fin 1988, Bernard Pivot recevait François Furet à la télévision. Nous étions à la veille du bicentenaire de la Révolution. Confessant s’intéresser à la question depuis la troisième ou la seconde, l’historien dressait ce constat : « Le sujet central de mon existence intellectuelle, c’est la Révolution. » Une assertion qui se vérifie dans l’essai biographique que lui consacre Christophe Prochasson. Né dans un milieu bourgeois, François Furet adhère au parti communiste en 1949, et le quittera en 1956, après la révolte de Budapest. Agrégé d’histoire, directeur d’études à l’Ecole pratique des hautes études, il se spécialise dans la Révolution française à une époque où les études dans ce domaine sont dominées par le marxisme. En 1965, avec Denis Richet, Furet publie La Révolution française, livre qui fait scandale parce qu’il ose remettre en cause le « catéchisme révolutionnaire » façon Albert Soboul, récusant notamment la Terreur, qu’il était encore convenu de justifier à gauche. En 1978, nouveau coup d’éclat : dans Penser la Révolution française, Furet expose avec sympathie les interprétations hostiles à 1793 que l’on trouve chez Tocqueville, Taine, Quinet et Cochin. En 1988, dans son Dictionnaire critique de la Révolution française, coécrit avec Mona Ozouf, il évacue la notion de « dérapage », qu’il utilisait naguère pour qualifier le passage de la révolution libérale à la Terreur, observant qu’une logique terroriste se manifeste, chez certains révolutionnaires, dès 1789 : « Le répertoire politique de la Révolution, souligne Furet, n’a jamais ouvert la moindre place à l’expression légale du désaccord. » L’historien sera encore l’auteur, en 1995, d’un ouvrage fondamental, Le Passé d’une illusion, réflexion sur la séduction que le communisme exerça pendant plus d’un demi-siècle en France. Là est, selon Christophe Prochasson, l’origine de la « mélancolie » de François Furet. Passé du marxisme au libéralisme, resté admirateur de 1789, l’historien buta toute sa vie sur l’explication profonde de la folie dévastatrice de 1793, folie resurgie avec le communisme en 1917 et qui manifeste, au fond, l’échec de l’idée de révolution, au sens de l’impossible avènement d’un monde nouveau. Jean Sévillia http://www.jeansevillia.com François Furet. Les chemins de la mélancolie, de Christophe Prochasson, Stock, 558 p., 24 €.
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A Lyon, lundi 13 mai, conférence de Robert Ménard sur la place des médias dans la société
A Lyon, lundi 13 mai, conférence de Robert Ménard sur la place des médias dans la société
10/05/2013 – 10h00
LYON (NOVOpress) - Lundi 13 mai, à partir de 19 heures, Le cercle des citoyens français et Résistance républicaine vous convient à une conférence de Robert Ménard sur la place des médias dans la société. Possibilité de dîner sur place. (PAF : conférence, 5 euros, dîner 25 euros). Rendez-vous Brasserie « Midi-Minuit » 83, Cours Charlemagne 69002 – LYON Réservation Obligatoire : 04 72 61 18 45 ou par courriel : lecercledescitoyens@orange.fr
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Du libéralisme à l’anarchisme
Tribune de Xavier Raufer -
Marx, toujours d’actualité… Le grand retour à Marx : tel est l’incessant refrain des intellos vus-à-la-télé. Eh bien, chiche ! Qu’a dit Karl Marx au XIXe siècle, qui concerne aujourd’hui notre société ? « Les idées, les conceptions et les notions des hommes, en un mot, leur conscience, change avec tout changement survenu dans leurs conditions de vie, leurs relations sociales, leur existence sociale » : ainsi parlent Marx et Engels dans leur Manifeste du parti communiste ; ce, car « la production intellectuelle se transforme avec la production matérielle ». Conclusion : « Les idées dominantes d’une époque n’ont jamais été que les idées de la classe dominante. » Ainsi, les conditions sociales (l’infrastructure) déterminent-elles l’idéologie (la superstructure).
Une idée toujours juste en 2013. Voyons pourquoi. X.R.
Aujourd’hui, l’élite du capitalisme financier (banques, capital-risque, hedge-funds, etc.) forme une classe dominante qui possède la puissance matérielle, l’argent – l’infrastructure. Dans notre société « de l’information » (la superstructure), s’agrège à cette élite sa domesticité dans les médias, la communication, la publicité, l’intelligentsia et le spectacle.
Mais avant de voir pourquoi cette classe dominante, ses employés ou mercenaires, alarment professionnellement un criminologue, énonçons deux cruciaux préalables :
• La classe dominante est régie par une coalition de milliardaires-prédateurs dont les extravagantes rétributions et fortunes sont au-delà même de l’indécence. L’un de ces ploutocrates américains gagne ainsi un million de dollars par jour – 700 dollars la minute. Rappel : l’an passé, le salaire annuel moyen (masculin) est de 45 200 dollars aux Etats-Unis, où un diplômé du supérieur (cadre dirigeant, profession libérale) gagne dans sa vie 2,3 millions de dollars en moyenne.
• Depuis bientôt trente ans, la classe dominante nous vante une « mondialisation heureuse », dont les résultats concrets sont bien plutôt :
- une précarité économique croissante,
- plus d’inégalités et d’aliénation,
- une exploitation désastreuse de la nature,
- un progressif dédain pour l’essentiel non immédiatement rentable (sanitaire, scientifique, etc.).
Retour à l’idéologie dominante.
Naguère, ce « progressisme transnational » (John Fonte, Hudson Institute) prônait déjà « les migrations et le multiculturalisme » et la « haine des histoires nationales et de leurs symboles ». Or désormais, cette idéologie tourne à l’anarchisme. Combinant les noms de son plus illustre acteur et de son haut-parleur fétiche, nous nommons cette forme dominante de nihilisme social “Davos-Goldman-Sachs Idéologie”, ou DGSI.
Et voilà où le criminologue se doit d’intervenir : toujours plus, la DGSI s’acharne à nier les ravages du crime organisé et l’aveuglante face noire de la mondialisation. Partout où s’exerce son pouvoir, la DGSI banalise ou folklorise le crime et dénigre ou ridiculise ses victimes.
De ce dédaigneux négationnisme, quelques accablantes preuves.
- En mars 2013, le Wall Street Journal et Citibank, deux chantres de la DGSI, décernent leur prix annuel de la “ville la plus innovante” à… Medellin (Colombie). Medellin ! L’une des « 25 villes les plus dangereuses du monde ». 2013 y débute par un massacre entre « deux factions criminelles s’affrontant pour y dominer les trafics », et autres jets de grenade dans les bus. Medellin où l’an passé « 11 401 habitants ont dû fuir leurs logements du fait de la guerre des gangs », et où « des centaines d’enfants renoncent à l’école, les rues étant transformées en stands de tir ». Medellin où, ces six derniers mois, les homicides ont bondi de 70 %.
- Et le Wall Street Journal, toujours, qui s’enthousiasme des « progrès de l’économie mexicaine », sans jamais piper mot sur le moteur même dudit « progrès » : l’annuelle injection des dizaines de milliards du narcotrafic dans le système financier du pays.
- Et le fort glauque M. Soros dont la fortune est « estimée à 14 milliards de dollars par la revue Forbes » (Le Monde, 9/09/2010) et qui en distribue les miettes à entretenir des provocateurs et des « sociologues critiques », le tout bien sûr pour « détruire des clichés » et « combattre des idées reçues ». Récemment, les « fondations charitables » de M. Soros ont ainsi financé la campagne californienne pour la libéralisation du cannabis, le « collectif contre l’islamophobie en France » et des études sur les « contrôles au faciès » de divers Diafoirus-sociologues – destinées bien sûr à accabler la police. Diafoirus et agitateurs acceptant sans sourciller les prébendes d’un prédateur encore condamné en octobre 2011 à 2,2 millions d’euros d’amende pour « délit d’initié ».
- Et The Economist, organe quasi officiel de la DGSI, qui prône à tout-va la libéralisation des drogues.
- Et la Fondation Ford qui finance (72 724 euros, dernier bilan publié) ce pur et simple outil d’intimidation qu’est SOS Racisme.
Telles sont les idées dominantes d’aujourd’hui, imposées à coups de milliards par des prédateurs qui sont, au banquier du coin, ce que le Velociraptor est à Bambi.
Leur arme – Marx n’y avait pas songé – la « fondation charitable ». Selon la revue américaine The Atlantic, « pour la ploutocratie du XXIe siècle, le symbole majeur du prestige n’est pas le yacht, le cheval de course ou le titre de noblesse ; c’est la fondation philanthropique ». Générosité ? Vous voulez rire – un outil d’évasion fiscale. Le Monde, 19/04/2011 : « Cette philanthropie est en partie financée par l’optimisation fiscale qui permet de faire transiter les profits entre plusieurs pays d’activité par le truchement de places offshore », d’où une fort légale et alléchante « réduction de l’argent acquitté au Trésor ».
Leur propagande mondialiste financée en truandant le fisc ! La vie des ploutocrates est un rêve. Ainsi grimés en dames patronnesses prétendant « faire le bien », ces prédateurs disposent d’un second et puissant outil de propagande : leurs propres médias. Ce sera le sujet de notre prochaine chronique.
Xavier Raufer, Criminologue
Le Nouvel Economiste
15/04/2013 http://www.polemia.com -
Débat sur l’Europe avec Paul-Marie Coûteaux - Grand Soir 3 (8 mai 2013)
Un passionnant débat sur l’Europe avec Paul-Marie Coûteaux !
A ne pas manquer et à diffuser largement.
http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=6sFv8ElmrAE
http://www.actionfrancaise.net -
"Maîtres et témoins (III) : Léon Daudet"...
L'homme est un héritier, c'est bien connu. Sauf pour les Révolutionnaires, les doctrinaires, eux qui, par idéologie, "du passé font table rase". Nous, c'est tout l'inverse : nous savons d'où nous venons, ce que nous avons reçu, et à qui nous le devons... Notre filiation intellectuelle, nous la revendiquons pleinement, et sans équivoque, de toutes les façons possibles. Mais d'abord, et avant tout - nous efforçant, en cela, de suivre, chaque jour, le conseil de Gustave Thibon... - en la pratiquant quotidiennement sur ce Blog qui, bien plus qu'un simple Blog est devenu un véritable quotidien royaliste sur le Net, dont l'audience continue à grandir : "Vous êtes, vous et vos amis, les héritiers spirituels de Charles Maurras. Mais vous savez bien qu'un héritage n'est pas un talisman ni une baguette magique : c'est un outil. Et un outil qu'il faut savoir manier et adapter en fonction du mouvement de la vie qui ramène toujours le semblable, jamais l'identique. Épouser la pensée d'un maître, cela veut dire s'unir à elle pour lui faire des enfants et non pas la stériliser sous prétexte de lui conserver je ne sais quelle intégrité virginale. Il n'y a pire trahison qu'une certaine fidélité matérielle et littérale qui, en durcissant les principes en système, n'aboutit qu'à congeler ce qui était le jaillissement d'une source vive. Les exercices de patinage qu'on peut faire sur cette glace ne m'intéressent pas. La vraie fidélité est celle qui prolonge, qui corrige et qui dépasse. Et le meilleur héritier n'est pas celui qui fait de son héritage un musée ou une exposition rétrospective. "Le bien gagné reste à défendre" : le capital de la sagesse que Maurras vous a légué, vous ne le conserverez qu'en le fécondant, en le recréant sans cesse". Reste que, "corriger, prolonger, dépasser", tout cela doit aussi s'accompagner d'un effort intense pour faire connaître nos Maîtres et notre école de pensée, dans notre monde où règne le mensonge, la désinformation, le conformisme, l' "historiquement correct".. et tous les travestissements de la réalité auxquels s'est livré le Système, qui gouverne si mal, mais se défend si bien... Cela passe par la publication de Grands Textes, de Dossiers, de Vidéos. Cela passe aussi par la constitution d'Albums. Et, aujourd'hui, c'est à nouveau par le biais d'un Album que nous nous acquittons - un peu - de notre dette, en cherchant, cette fois, à mieux faire connaître Léon Daudet. "Maîtres et témoins de ma vie d'esprit", tel est le titre d'un ouvrage de Maurras, qui nous a servi pour nommer déjà - à côté de Une visite chez Charles Maurras... - deux Albums : 1. Maîtres et témoins...(I) : Frédéric Mistral. 2. Maîtres et témoins...(II) : Jacques Bainville. Il était logique, et indispensable, qu'un troisième Album fût consacré à Léon Daudet, au compagnon inséparable, qui appelait Maurras son "frère", et dont seule la mort put le séparer, comme elle les sépara d'abord tous deux du troisième homme de la trilogie : Jacques Bainville. En attendant le quatrième Album, qui récapitulera l'oeuvre commune... Voici donc 243 documents, accompagnés de textes de Daudet lui-même, tirés de ses "Souvenirs". Chaque fois que cela était nécessaire, nous avons ajouté quelque chose de notre cru, pour expliquer ou rappeler le contexte de tel ou tel document qui, sans cela, serait peu clair ou difficilement compréhensible, aujourd'hui. Mais, pour l'essentiel, nous nous sommes effacés au maximum, laissant le plus possible la parole a Léon Daudet. On va donc tâcher de présenter, d'une façon correcte et juste, cette longue vie de 75 ans dans un travail qui, soyons-en sûrs, réservera bien des surprises à beaucoup, mais surtout, nous l'espérons, redressera bien des idées reçues, et corrigera bien des mensonges : Déjà paru : 1. L'enfance et l'adolescence heureuse; 2. : Un jeune homme insouciant, potache, voyageur...; 3. : Un esprit ouvert, curieux de tant de choses, intéressé par tant de gens...; 4. : jusqu'à "la" rencontre de sa vie, celle avec Charles Maurras...; 5 : les sièges du mouvement, et les portraits de dirigeants; 6 : "Tranches de vie..."; 7 : L'avant-guerre (I), les débuts du journal...; 8 : L'avant-guerre (II), tout pour éviter la guerre...; 9. La Guerre, "la pluie de sang" (I)...; 10. La Guerre, "la pluie de sang" (II)...; 11. Député de Paris, quatre années bien remplies (I)...; 12. Député de Paris, quatre années bien remplies (II, 14 photos)...; Aujourd'hui : 13. De Paris à Paris, en passant par... la Belgique ! (17 photos) : septembre 1925, le souper mouvementé chez Maurras; 20.000 Parisiens acclament Léon Daudet à Luna Park; "la Reine de France" aux obsèques de Philippe VIII; 1926 : 60.000 personnes au Mont des Alouettes; 1927 : 30.000 personnes à Barbentane; "l'affaire Philippe Daudet" repart : Henri Massis raconte...; le siège de l'AF transformé en Fort Chabrol; douze jours à la Santé, avec Joseph Delest; qui s'achèvent en un immense éclat de rire...; le canulard "hénaurme" des Camelots du Roi; dans "L'Humanité" du 26 juin 1927; en exil, la gestation de "Paris vécu"; 20 avril 1927 : la conférence en exil, à Spa; Léon Daudet à Spa (photo); et, chaque jour, l'article de Daudet arrivait au journal !...; l'article "pour les vingt ans"; 2 janvier 1930 : "Léon" est de retour !... Vendredi (24 photos) : Dernières années, derniers combats, jusqu'au bout. (24 photos) : à Palerme (1931), au mariage du Comte de Paris (I et II); 1931 : 30.000 personnes au Mont Renaud, à Noyon; Fidélités royalistes : I, Lyonnaises; II, Catalanes; III, Bordelaises; IV, Savoyardes; 1933 : "Le magnifique Rassemblement de Roquemartine"; Daudet détaché de l'antisémitisme; Daudet et l'antisémitisme : genèse d'un rejet; "M. le Maudit" : antisémitisme de Maurras ?...; ...tartufferie d'un reproche; sur, et contre, le fascisme italien; dénonciation d'Hitler et prédiction de la guerre; Bainville, la mort du deuxième "frère"; 8 juillet 1937 : l'hommage à Maurras libéré; Pie XII lève les sanctions vaticanes contre l'A.F.; la tragédie des lucides; comme avant 14 : pacifiques contre pacifistes...; article prémonitoire et modernité de vues...; 23 avril 1940 : mort de Julia Allard, "la mère"; au soir d'une longue vie de lutte, jusqu'au bout...; mercredi 1er juillet 1942, 17h28; 26 avril 1960 : Pampille, la dernière à partir... http://lafautearousseau.hautetfort.com/
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Georges-Paul Wagner
Avec Georges-Paul Wagner disparaît. non seulement un grand avocat, mais ce qu'on appelait au XVIIe siècle un honnête homme, au sens le plus profond de l'expression.
Il alliait une prodigieuse culture classique à un talent. de plume qui ne cédait en rien à son talent oratoire. Il aurait pu être un superbe écrivain, et il l'a été dans la dernière partie de sa vie, à la fois comme chroniqueur politique et mémorialiste.
La politique le « rattrapa par l'épitoge» en 1961, au moment de l'affaire d'Algérie. Il fut notamment l'avocat d'un des conjurés du Petit-Clamart. Au même moment il était devenu directeur de l'Institut d'Action française. A partir de ce moment-là sa carrière d'avocat sera marquée par des procès liés à la politique.
En 1970 il est membre du conseil de l'ordre des avocats. En 1971 il participe à l'aventure de la Nouvelle Action Française, destinée à dépoussiérer le mouvement maurrassien, mais l'organisation vire à gauche et il s' en sépare.
C'est en 1980 qu'il plaide pour la première fois en faveur de Jean-Marie Le Pen, poursuivi par le MRAP pour avoir dit qu'un million de chômeurs c'est un million d'immigrés en trôp, et pour avoir réclamé la préférence nationale. C'est aussi la première fois que Georges-Paul Wagner prend publiquement position contre la loi Pleven. Plus tard, il s'occupera de la loi Gayssot. Il est un des meilleurs spécialistes des lois dites anti-racistes. Et en 1984 il participe à la création de l'AGRIF. Il y aura tant de procès contre Le Pen, ou intentés par Le Pen contre ses diffamateurs, qu' on reprochera à Georges-Paul Wagner de monopoliser la XVIIe chambre correctionnelle ... Il sera aussi l'avocat de Mgr Lefebvre, du Dr Dor, de Présent, etc. Il rassemblera ses souvenirs judiciaires dans D'un palais l'autre.
Il devient chroniqueur politique en 1982, à la création de Présent, et il écrira dans ce quotidien jusqu'à sa mort. Ses chroniques sont d'une rare perspicacité, et les événements ou les propos qu'il commente nourrissant une réflexion qui fait appel à la sagesse éternelle, à la tradition française et chrétienne, en un style d'une perfection ciselée, émaillée de jeux de langage qui éclairent le discours tout en ajoutant au plaisir de la lecture. On les retrouvera dans trois volumes: La comédie parlementaire, Promenades à travers un septennat, Les ailes de l'espérance.
Le titre du premier recueil rappelle que Georges-Paul Wagner fut député FN des Yvelines, au titre du Rassemblement national, entre 1986 et 1988 (il sera aussi secrétaire départemental FN des Yvelines).Il fut un parlementaire très actif, particulièrement dans le domaine de la justice, dénonçant la politisation de la magistrature et proposant des réformes de bon sens qui auraient par exemple évité l'affaire d'Outreau.
C'est aussi en 1986 qu'il fonde l'Institut d'Histoire et de Politique, centre de formation qui deviendra l'Institut de formation nationale, et qui est aujourd'hui l'Iforel.En 1992, une jeune avocate nommée Marine Le Pen fait ses débuts dans son cabinet.
Ayant des amis très proches dans les deux camps , il quitte les instances dirigeantes du Front national après la scission mégrétiste de 1998, mais il reste l' avocat de Jean-Marie Le Pen. Il continuera de participer aussi aux colloques du conseil scientifique du FN, et en février 2005 il sera l'un des principaux juristes de l' Appel des cent, lancé par le Comité de soutien à Bruno Gollnisch dans la chasse aux sorcières lancée à Lyon contre le député européen.
Toujours resté royaliste, il avait succédé en 2001 à Pierre Chaumeil à la tête de l'Association professionnelle de la presse monarchiste et catholique. Au Centre Henri et André Charlier, en 2003, il participe à l'élaboration de la Loi pour la vie, dont il signe la présentation, et au Dictionnaire de la Réplique dirigé par Bernard Antony. Il collabore aussi épisodiquement à Reconquête. Et en 2004 il est un membre éminent du Comité pour le rétablissement de la peine de mort, créé par l'AGRIF après l'atroce assassinat de la petite Jeanne-Marie.
Outre les livres déjà signalés, Georges-Paul Wagner a également écrit La condamnation, récit du procès intenté par la Licra à Mgr Lefebvre (1992), Maurras en justice (2002), et L'entre-trois-guerres (2001), qui sont ses Mémoires personnels, et une quintessence de promenade historique et politique.
Georges-Paul nous manque. Mais il fallait bien que vienne le temps du repos pour ce lutteur infatigable. Il nous reste ses admirables livres et, pour ceux qui l'ont connu, le souvenir de sa chaleureuse courtoisie, de sa conversation dans la plus profonde amitié française et la véritable intelligence du cœur.
Yves DAOUDAL National Hebdo juin 2006 -
Abolition de l’esclavage : une mise au point de l’historien Bernard Lugan
NANTES (NOVOpress Brezih) – Repentance oblige, comme chaque année la municipalité socialiste de Nantes commémore ce vendredi l’abolition de l’esclavage. Une cérémonie - avec jets de fleurs, prises de parole et minute de silence – se tiendra à 17 h 30, à la passerelle Schoelcher puis au Mémorial. Invitée d’honneur : Carole Aston, une Américaine chanteuse de jazz – « Une voix noire et douce comme de la mélasse » selon le Financial Times – “très engagée dans la défense des droits de l’homme”. Sur son blog, l’historien Bernard Lugan, spécialiste de l’Afrique, remet utilement les pendules à l’heure.
Le 10 mai, avec la « Journée des mémoires de la traite négrière, de l’esclavage et de leurs abolitions », c’est encore un anniversaire de culpabilisation à sens unique qui est célébré. Sous la présidence de Jacques Chirac les députés votèrent à l’unanimité, (donc tous les élus de « droite »), et en première lecture, la loi dite « Taubira ». Définitivement adoptée le 10 mai 2001, cette loi qualifie de « crime contre l’humanité » la seule traite esclavagiste européenne. Christiane Taubira a insolitement précisé que sa loi passe sous silence la traite arabo-musulmane[1] afin que les « jeunes Arabes (…) ne portent pas sur leur dos tout le poids de l’héritage des méfaits des Arabes » (L’Express du 4 mai 2006).
Et pourtant, au XIXème siècle, l’abolition décidée par les Européens ne concerna pas les Arabo-musulmans. Depuis la Libye, au nord, ou depuis Zanzibar, à l’est, des caravanes organisées militairement continuèrent en effet à dévaster des régions entières de l’Afrique noire. Au XIXème siècle, au centre comme à l’Est du continent, les réseaux esclavagistes musulmans étaient en pleine extension ; la documentation abonde les concernant.
Dans la région sahélienne, de la boucle du Niger au Tchad, les esclavagistes puisaient dans le « vivier humain » du bilad al Sudan, Bambara, Sénoufo et Sara étant leurs principales victimes.
Dans la région du Haut Nil, l’actuel Sud Soudan, Dinka, Nuer et Chillouk étaient pourchassés, les femmes pour leur beauté et les jeunes garçons pour être « transformés » en eunuques gardiens des harem.
Dans l’Est de l’Afrique, les esclavagistes zanzibarites ravageaient les actuels Etats de Tanzanie, d’Ouganda, de RDC, de Zambie ainsi que tout le Nord du Mozambique. Tirant l’essentiel de ses revenus de la vente des esclaves, le sultan de Zanzibar avait constitué un corps de fonctionnaires chargé de tenir un compte précis du nombre de captifs débarqués sur son île. Grâce aux registres des perceptions douanières, nous savons ainsi qu’entre 1830 et 1873, environ 700.000 esclaves furent vendus sur le seul marché de Zanzibar. Ces chiffres ne valent cependant que pour le commerce officiel du sultanat et ils ne tiennent pas compte de la contrebande.
Ce fut l’administration coloniale qui mit un terme à ces odieuses pratiques. Certaines ethnies ne survécurent alors que parce que la colonisation sépara victimes et razzieurs, comme au Mali, comme au Niger, comme au Tchad, comme en Centrafrique, comme au Nigeria, comme en RDC, comme en Tanzanie, comme en Ouganda, comme au Soudan, comme au Malawi, comme au Mozambique etc… Ce furent les Européens qui firent fermer le marché de Zanzibar en 1873. Ce furent également eux qui, à partir de 1890, obligèrent les autorités égyptiennes à interdire aux 78 marchands d’esclaves du Caire et aux 73 d’Alexandrie de cesser cette activité[2].
En 2005, Jacques Chirac décida que le 10 mai, jour de l’adoption de la loi Taubira, serait désormais célébrée la « Journée des mémoires de la traite négrière, de l’esclavage et de leurs abolitions ». Rompant avec une sage pratique voulant, sauf exception, que des dates du passé soient toujours choisies pour célébrer les évènements historiques, le président de la République faisait ainsi d’une date du présent un jour de commémoration d’évènements du passé…
Et pourtant, le 27 avril, date anniversaire de l’abolition de l’esclavage en France (27 avril 1848) était la date idéale qui aurait permis de célébrer cette « Journée des mémoires de la traite négrière, de l’esclavage et de leurs abolitions » dans un climat d’unanimisme national. Jacques Chirac a préféré une date clivante.
Tout cela n’est cependant qu’un début car les groupes de pression constituant le noyau électoral de François Hollande, modernes Minotaures à l’insatiable appétit, réclament maintenant des « réparations » sonnantes et trébuchantes. Comme les caisses de l’Etat sont vides, notre « pauvre » président ne va donc pouvoir nourrir ses électeurs que de paroles. Il faudra donc qu’elles soient roboratives. C’est pourquoi nous pouvons nous attendre à de nouvelles rafales de déclarations et de mesures symboliques de repentance.
Voilà comment le totalitarisme se met en place et comment, lentement mais sûrement, nos « élites » gouvernantes, totalement coupées du « pays réel » se préparent des lendemains difficiles. Notamment parce que Madame Taubira dont les condamnations sont sélectives, ignore probablement, et les Romains l’avaient appris à leurs dépens, que chez les Gaulois « la patience dont on abuse se change en fureur ».
Bernard Lugan
[1] L’Afrique réelle du mois de mai 2013 consacre un important dossier aux traites arabo-musulmanes.
[2] Voir mon livre Mythes et manipulations de l’histoire africaine. Mensonges et repentance. A commander sur ce blog.
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RELIRE MAURRAS : La défense du pays, parent pauvre de la République
L'Enquête sur la monarchie est non seulement un des livres fondateurs du mouvement d'Action française, mais, aussi dans son édition définitive de 1925, une sorte de bréviaire que chaque royaliste devrait relire régulièrement.
L'Enquête fut d'abord publiée en feuilleton dans La Gazette de France au cours des premiers mois de l'année 1900. Dans la préface de la première édition, parue en librairie en 1909, Charles Maurras souligne « l'impuissance du régime démocratique et républicain à défendre sérieusement contre ses propres forces les secrets de l'État ». Dans l'édition de 1925 figurent les "discours préliminaires", où l'auteur dénonce l'impréparation de la France à la guerre. Dans le discours III, il critique « une conception théorique mal avouée », propre à certains intellectuels, et leur « volonté de sacrifier la patrie à l'humanité ». Dans le discours IV, il définit « la vraie république par la domination des intérêts, passions, volontés des partis sur l'intérêt majeur du peuple français, sur son intérêt national, tel qu'il résulte des conditions de la vie du monde. [...] On avait de l'argent, on le dépensait, mais pour contenter l'électeur, et non pour le protéger, ni pour le sauver. » Et de rappeler qu'un ministre « avait allégué qu'au début du XXe siècle ce pays s'était laissé prendre à la chimère d'idéalisme, à la chimère de la pacification universelle ».
Dénatalité en chiffres
Le discours V montre par des chiffres que non seulement la république n'avait pas su préparer la guerre, mais qu'elle n'avait pas su non plus préparer la paix. Alors qu'entre 1870 et 1914, l'Allemagne avait gagné trente millions d'habitants, l'Angleterre quatorze, l'Italie dix, la France n'en avait gagné que deux millions d'âmes pendant le même temps, alors qu'elle était sous l'ancien régime, le pays le plus peuplé d'Europe. Maurras juge la République coupable de cette dénatalité. Il pointe « cet individualisme éthico-social qui exige l'irréligion de l'État, [...] l'action du fisc en matière de successions, les traditions morales et les ressources physiques des foyers qui furent méthodiquement saccagées, [...] l'organisation ouvrière conçue de manière à rendre inévitable la guerre des classes ». La démocratie est pour Charles Maurras le mal qui désintégrait notre pays et qui décourageait le peuple. Dans le discours suivant, intitulé La Victoire de la France, Maurras s'applique à démontrer que si nous avons pu gagner la guerre c'est parce que nous étions, pour un temps, revenus à des valeurs d'Ancien Régime : « La guerre victorieuse s'acheva comme elle avait commencée, écrit-il : après la dictature de Joffre, celle de Clemenceau. [...] Les hommes de l'Action française clamaient tous les jours : l'autorité et l'ordre sont les conditions de la victoire. [...] Le gouvernement [républicain] obligé de sauver la France, [...] doit se séparer de lui-même [...] et faire des emprunts aux partis qu'il a le plus combattus. [...] En sorte que, s'il les avait anéantis complètement, jusqu'à étouffer toute la tradition, il ne lui fût resté ni une idée, ni un fonctionnaire pour son propre salut. »
Plus loin, Maurras explique que nous avons été les jouets de nos alliés et de nos adversaires : « Bismarck disparu [...], nous avons subi Guillaume II près de vingt-cinq ans et nous sommes pliés aux méandres de son caprice. De 1900 à 1912, nous fîmes les pacifistes, les bons européens. Cependant, depuis 1900, lui-même ne défendait plus la paix. [...] Vers 1912 il nous a décidés. [...] Nous nous sommes engagés au même sentier de la guerre. Mais [...] de 1912 à 1918, son empire, son état-major y ont présidé, en ont réglé les phases, déterminé les prétextes. [...] C'est son action qui du dehors mena notre politique. [...] Notre démocratie, matière inerte et brute dont toute l'initiative, [...] se réduisait à l'élémentaire volonté de rester française. [...] En optant pour la démocratie, nous avions inscrit cette absence (un libre pouvoir qui anime un État raisonnable et humain ) dans la ligne de nos destins. »
Certes, ajoute Maurras, nous avions vaincu, mais au prix fort, et en cédant sans combat à la révolution, à Wilson, à ce qu'on pût appeler les démocraties alliées. Guillaume II, lui, préserva l'avenir de l'Allemagne. Nous savons où cela nous a amenés.
Louis de Galice L’ACTION FRANÇAISE 2000 Du 1er au 14 mars 2012