Après avoir donné une digne capitale à son royaume, Clovis entreprend soumettre ou chasser les Burgondes et les Wisigoths. Toulouse tombe bientôt aux mains des Francs.
Cette année-là, la vingt-septième année de son règne sur les Francs saliens, la douzième de son règne en tant que roi chrétien de la Gaule, Clovis, quarante-deux ans, travaillait toujours à ébaucher ce qui serait un jour la France. La première urgence était de donner à son royaume une capitale digne ; depuis longtemps déjà il songeait, à la suite de son père Chilpéric, à Lutèce, la cité gauloise des Parisii, dont la situation géographique était remarquable. Mais la vierge consacrée Geneviève gardait le lieu qu'elle avait sauvé d'Attila et de ses Huns en 451 et qu'elle interdisait à Clovis tant qu'il serait païen. Maintenant plus d'obstacle ! Aussi à peine séchées ses larmes après la mort de sa soeur préférée Alboflède, le roi de Francs prépara-t-il son entrée : « Cette fois, dit Anne Bernet, point de murailles hérissées d'hommes en armes, ni de portes fermées, Geneviève cédait la cité au roi converti. Lutèce s'achetait par une messe, Clovis en faisait l'expérience... »
Face à Gondebaud
Mais il fallait aussi bien vite rebâtir l'unité du pays, autrement dit soumettre ou chasser les Burgondes et les Wisigoths, occupants hérétiques. Les premiers, dans la vallée de la Saône et de Rhône, étaient les moins fanatisés de la secte arienne ; leur roi Gondebaud était l'oncle de la reine des Francs Clotilde, et Avit, l'évêque (catholique) de Vienne avait ses entrées à la Cour. Pour faire plier Gondebaud, Clovis s'appuya sur le dernier frère de celui-ci, Godegisile, qui avait échappé au massacre fratricide et gouvernait la région de Genève tout en aspirant à la couronne burgonde entière. Clovis fonça donc avec une armée impressionnante sur Gondebaud qu'il rencontra à Dijon, mais celui-ci, refusant de voir Godegisile, courut s'enfermer à Avignon, où, pour s'en sortir, il dut promettre à Clovis, parti à sa poursuite, de verser un tribut annuel. Godigisile croyant son heure arrivée, fit de la résistance dans Vienne, mais Gondebaud, avec l'aide d'un traître, l'extirpa après l'avoir tué de sa propre main, ainsi que l'évêque arien qui s'interposait. Finalement Gondebaud honora ses promesses d'Avignon. Mieux, il maria sa petite-fille Suavégotta, fille de Sigismond, à Thierry, fils d'un premier mariage (païen) de Clovis, fit édicter des lois favorables aux catholiques et reçut lui-même le baptême des mains d'Avit. « De menace qu'il était, écrit Anne Bernet, l'État burgonde devenait partenaire et soutien, et la religion catholique dont Clovis s'était fait le champion, remportait une éclatante victoire. »
Un combat singulier
Restaient les Wisigoths, qui occupaient tout le Sud-Ouest du pays, jusqu'aux Cévennes. Les catholiques attendaient une intervention de Clovis qui les libérerait des persécutions renouvelées du roi Alaric II. Avec l'accord d'Anastase, l'empereur d'Orient très inquiet de constater les visées expansionnistes des Goths hérétiques, Clovis, au printemps 507, pria saint Martin à Tours avec son armée qui s'engagea à ne pas piller, puis passa la Loire. Arrivé au bord de la Vienne, il se crut cerné, mais une gracieuse biche lui fit miraculeusement deviner un gué, dans lequel lui et tous ses hommes s'engouffrèrent. De la cathédrale de Poitiers s'éleva alors une fantastique et miraculeuse lumière, preuve que saint Hilaire, qui avait toute sa vie combattu l'arianisme, était avec eux. La bataille eut lieu à Vouillé et fut sans merci. Selon la coutume elle se termina par un combat singulier, un corps à corps entre les deux chefs : Clovis ne fit qu'une bouchée d'Alaric trop amolli dans les palais toulousains, tandis que son jeune fils Amalaric s'enfuyait tremblant au-delà des Pyrénées pour reconstituer un royaume autour de Tolède... Toulouse tomba aux mains des Francs, Clovis était maintenant maître de la Gaule sauf de l'Armorique dans la péninsule bretonne, farouchement indépendante, et du pays d'Arles qui demeurait wisigoth, allié des Ostrogoths d'Italie.
Notre temps aurait intérêt à réfléchir au comportement de notre premier roi chrétien. Celui-ci, lui-même enfant d'immigré mais plus qu'intégré, eut à faire face à des invasions à coloration religieuse. Il n'a pas dit : les religions posent un problème, mais toutes les religions se valent, donc répondons par la laïcité absolue pour n'avoir pas d'histoires, auquel cas la France ne serait pas restée chrétienne. Il a accueilli les Burgondes en les convertissant, il a chassé les Wisigoths avec leur religion théocratique et tyrannique qui faillit s'imposer mais dont il a prouvé qu'elle n'avait aucun d'avenir. C'est pour cela que remontant de Bordeaux où il avait passé l'hiver, Clovis reçut dans Tours pavoisée un envoyé de l'empereur Anastase lui conférant les insignes consulaires et le diadème des César, signe qu'il avait su ressusciter en Occident Rome sous le signe de la Croix.
Michel Fromentoux L’ACTION FRANÇAISE 2000 Du 17 février au 2 mars 2011
culture et histoire - Page 2023
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508 : La France prenait forme
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Les nationalistes aussi ont droit à la parole !
par Pieter Kerstens, collaborateur de la revue Synthèse nationale.
Tout au long de l’année, on assiste à une multitude de manifestations sur la voie publique, dans toutes les villes importantes, sous des motifs les plus variés.
Que ce soit contre la fermeture d’entreprises, pour le droit au logement, contre les corridas, en faveur des clandestins « sans papiers », ou contre la « malbouffe ». En outre, depuis plusieurs années le conflit israélo-palestinien a donné lieu, lui aussi, à des rassemblements en faveur des uns ou des autres et plus récemment, le « printemps arabe » a déchaîné les passions.
On observera que lorsque des organisations satellites de la gauche mondialiste, de la droite cosmopolite ou des khmers verts décident de descendre dans la rue, le Pouvoir ne trouve aucune objection à l’entrave de l’ordre public.
Et quand, sous divers prétextes fallacieux les casseurs se livrent à des déprédations gratuites, curieusement aucun des hauts responsables ne se targue plus du slogan « Les casseurs seront les payeurs ! »
Année après année, on constate une aggravation des dégâts, tant au mobilier urbain qu’aux biens privés, quand il ne s’agit pas de blessés parmi les fonctionnaires chargés de faire respecter l’ordre, dégâts qui entraînent des dépenses faramineuses, à charge du contribuable, dont on se passerait bien en cette période de vaches maigres.
Pourquoi dans certains cas assiste-t-on, médusé, à une politique du « laisser faire et ne pas intervenir » ? Vous connaissez sans doute déjà la réponse.
Mais, lorsque certains mouvements populistes, identitaires ou nationalistes demandent à manifester pour le respect du droit à la liberté d’expression, de réunion, d’opinion ou de presse, ils se voient opposer un refus catégorique au motif de « troubles à l’ordre public ».
Cela a été démontré une fois de plus ce samedi 29 septembre à Paris, parce que les Jeunesses Nationalistes ont souhaité manifester pour « La France aux Français », affirmer leur attachement aux us et coutumes de leurs ancêtres et leur fidélité au drapeau tricolore.
Quoi de plus « normal » ?
Ils auraient dû être encouragés par le Pouvoir. Et c’est tout le contraire auquel les badauds ont assisté : l’arrestation manu militari de ceux qui avaient bravé l’oukase du ministre de l’Intérieur.
Alors, deux poids, deux mesures ?
Que les bouffons de la société multiculturelle, les charlatans du métissage à tous les étages et les gourous du mondialisme prennent garde !
L’exaspération mène au désespoir et d’autres formes de mécontentements pourraient s’exprimer, à l’image des samizdats de la défunte URSS, ou à l’exemple de l’évacuation forcée des Roms à Marseille la semaine dernière par des habitants excédés…
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Quel avenir pour la “Fille aînée de l’Eglise”?
Quel avenir pour l’Eglise catholique en Europe et dans notre pays « fille aînée de l’Eglise » ? Quel poids la religion autochtone de la très grande majorité des Français conserve-t-elle en ce début de millénaire, celui de tous les bouleversements et de l’effacement des repères civililsationnels ? Le Figaro évoquait mercredi le cinquantième anniversaire à Rome du Concile Vatican II, lequel «n’est pas marqué par l’euphorie », « car le bilan est plutôt sombre ». «L’aggiornamento de l’Église catholique voulu par Jean XXIII pose aujourd’hui plus de questions qu’il n’a pu en résoudre. Jusque-là relativement tabou, ou confisqué par les traditionalistes, le discours critique sur les fruits du concile est désormais publiquement porté par des évêques modérés. Et si, est-il rapporté, Benoît XVI a convoqué « 250 évêques choisis et une centaine d’experts et d’auditeurs venus de toute la planète » c’est « pour stimuler la nouvelle évangélisation – déjà lancée par Jean-Paul II en 1983 – et parce que l’Église catholique souffre de tiédeur (…). Le chrétien ne doit pas être tiède, a insisté le Pape. C’est le plus grand danger du chrétien (…) ». « Le tableau dressé en introduction des travaux du synode par les rapporteurs continentaux sur la situation de l’Église catholique est inquiétant. Le cardinal Peter Erdö, archevêque de Budapest en Hongrie et président du Conseil des conférences épiscopales d’Europe, l’a constaté crûment: Dans la plus large partie du continent, c’est l’ignorance à propos de la foi chrétienne qui se répand, avec «une perte de la mémoire et de l’héritage chrétiens».
C’est dans ce climat, alors que l’Eglise tente d’apporter des réponses à ce que le Vatican appelle l‘ « apostasie silencieuse » des catholiques, que le quotidien La Croix a publié un sondage IFOP, qui, souligne Le Monde, confirme qu’ « En cinquante ans, la pratique religieuse chez les catholiques s’est effondrée et le fossé s’est creusé entre les pratiquants et le reste de la population (…). » « En 1961, 92 % des Français étaient baptisés et seuls 5 % d’entre eux n’envisageaient pas de faire baptiser leurs enfants. Aujourd’hui, 80 % se disent encore baptisés mais 25 % d’entre eux n’ont pas l’intention de transmettre cet héritage à leurs enfants. Les moins de 35 ans sont encore moins nombreux à se dire baptisés (68 %) et plus nombreux (30 %) à ne pas souhaiter baptiser leurs enfants. Selon la Conférence des évêques de France, quelque 35 % des enfants d’une classe d’âge sont baptisés et seuls 6 % se font confirmer. »
Reste à savoir si cette enquête a pris en compte les bouleversements démographiques de ces dernières décennies, puisqu’il n’a échappé à personne que dans la tranche d’âge des moins de 35 ans, les enfants de baptisés sont aussi « en concurrence » avec ceux des immigrés musulmans. Le démographe Philippe Bourcier de Carbon notait qu’en 2004 , en France, la population née d’au moins un parent étranger de en provenance du Maghreb, d’Afrique noire africaine ou de Turquie était selon ses calculs de plus de 4 millions, soit 7 % de la population et près de 14 % des naissances ; la population des ménages immigrés originaires d’Afrique et de Turquie de 5 millions environ, soit 9 % de la population, près de 16 % des naissances .Aussi, cette population pourrait approcher, en 2030, 9,6 millions, soit 15 % de la population métropolitaine totale et donner le jour à 200 000 enfants, soit 30 % des naissances métropolitaines. A cela deux causes principales expliquait M. Bourcier de Carbon : l’accélération des flux migratoires et le maintien d’un taux de fécondité élevé pour les femmes étrangères musulmanes arrivées en France.
« L’enquête de 1961 explique La Croix dépeint un pays encore très largement catholique. Mais l’Église, reconnue comme l’un des piliers moral et spirituel de la société, commence à se voir reprocher une forme d’intransigeance par rapport au monde. Aujourd’hui, en revanche, la religion catholique, si l’on s’en tient à la pratique, n’est plus que le fait d’une petite minorité de Français. Conséquence, la pratique, elle, enregistre une chute très importante. En 1961, un tiers des Français allait à la messe tous les dimanches. Ils ne sont plus que 6 %, alors que la proportion de ceux qui n’y assistent jamais est passée de 32 à 66 %. Cette chute avait commencé avant 1962 et le Concile l’aurait plutôt freinée », estime Denis Pelletier, historien du christianisme contemporain ». Un avis qui ne fait pas vraiment l’unanimité soulignons-le, et à l’évidence le dynamisme et le renouveau aujourd’hui, sont plutôt du côté des « tradis » que des « progressistes »…
Il est d’ailleurs significatif, toujours à l’aune du concile Vatican II et du « modernisme » qu’il a introduit dans l’Eglise, que cette enquête d’opinion souligne que nos compatriotes sont moins nombreux à considérer que l’institution conserve son rôle de gardien de la morale (59 % en 1961, 40 % aujourd’hui) ou de l’ordre et des bonnes traditions (44 % contre 30 % aujourd’hui). Il n’est pas certain que ce constat soit un motif de satisfaction pour tous les Français…
Jérôme Fourquet, de l’Ifop, souligne La Croix , pointe aussi « une constante de la société française : le rapport à la politique et le souci d’une stricte laïcité. Déjà en 1961, dans une société pourtant de baptisés, les Français rejetaient à 76 % toute intervention de l’Église dans le jeu politique. Ils sont aujourd’hui 83 % à penser de même. En revanche, les catholiques pratiquants ont désormais une position inverse : 65 %, soit deux tiers d’entre eux, estiment que l’Église doit intervenir en politique ! Sans doute conscients de ne constituer désormais plus qu’une minorité dans la société, ils éprouvent le besoin de se faire entendre, y compris au plan politique. »
Les medias ont noté d’ailleurs que les catholiques de France sont en pointe dans le combat contre la légalisation du mariage homosexuel, a titre d’exemple la pétition contre ce projet de loi mise sur le site Internet du diocèse de Toulon, a déjà recueilli près de 62.500 signatures en deux semaines.
Il s’agit en effet de ne pas perdre de vue, et les auteurs de cette enquête l’ont souligné, que l’influence de l’Eglise, les valeurs helléno-chrétiennes qu’elle véhicule débordent du cadre strict des 6 à 7 millions de Français catholiques pratiquants réguliers ou occasionnels plutôt marqués « à droite ».
Au lendemain du premier tour de la présidentielle, Bruno Gollnisch l’avait relevé, le sondage réalisé par Harris-Viadeo pour l’hebdomadaire La Vie, indiquait ainsi que les jeunes catholiques « avec leurs exigences éthiques fortes, leurs réflexes identitaires plus marqués et leur plus grande radicalité » , avaient voté à 37 % pour Nicolas Sarkozy et placé Marine Le Pen en deuxième position à 27 % . « Je vomis les tièdes » (Apocalypse 3,15-16) est une parole qui a été entendue par la jeunesse, et c’est aussi un motif d’espérance !
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La fin inéluctable d'un système, l'avènement d'un monde nouveau : des raisons d'espérer
Dans notre pays, le refus du débat, la non-émergence artificielle d’idées nouvelles, les procès faits aux gêneurs, tout cela dénonce un régime politique qui est dépassé, se craquelle et se fragilise. Si les choses se font lentement, on voit ce régime s’effondrer à petit feu, politiquement et intellectuellement. LT
Délabrement politique
Politiquement, l’UMP est devenue un vaste champ de ruine voué au pourrissement. Chaque composant ayant toutes les tendances politiques en son sein, sans chef, sans idées claires est plus ou moins contaminé idéologiquement par la gauche, avec, dès le début, une volonté d’associer des forces idéologiquement opposées (gauche moderne et droite populaire, etc.). L’UMP a été mise à l’épreuve pendant 10 ans et n’a pas à proprement parler appliqué une politique de droite et de bon sens.
Côté PS, on ne sait plus trop ce que signifie « socialisme » ; nous sommes bien loin de l’esprit d’un Salengro ou d’un Jaurès. Là encore, pas de ligne claire (communautaristes, libéraux, patriotes, etc.) sans chef, des divisions avec les verts et les communistes, qui lui sont pourtant alliés (sur le plan national ou local). On le voit à l’œuvre : chaque jour un nouveau couac, des ministres apparatchiks incompétents, des retournements de veste…
Concernant l’extrême gauche, celle-ci reste pro-immigration, pro-mariage homosexuel (loin de l’esprit des pères fondateurs Marchais ou Thorez) car elle n’a plus que cela à offrir. Ce n’est pas vraiment la ligne anti-capitaliste (positionnement d’ailleurs malhonnête puisque la haute finance a toujours soutenu les mouvements progressistes) ; là encore, la ligne idéologique n’est pas claire, elle se dit anti-système mais est dirigée par un Mélenchon ancien ministre, sénateur, et franc maçon. L’extrême gauche semble s’être appliquée son propre dogme : faire table rase du passé, pour rester l’idiot utile du capitalisme.
Le spectre politique explose de tous les côtés, sans chefs, sans lignes, pour ne donner qu’un vaste ensemble un peu flou, sans rêve, globalement pro-Union européenne, pro-immigration, libéral, avec des divergences purement techniques comme il peut en exister au sein de n’importe quel bloc politique. Il n’y a pas de divergences de fond, pas plus qu’il n’y a d’affrontements :
Où sont les grands débats publics enflammés entre Jaurès et Clémenceau, voire entre Le Pen et Tapie, dans lesquels deux visions du monde, deux fortes personnalités s’affrontaient franchement ? Où sont les affrontements littéraires, par livres interposés, comme ont pu le faire Voltaire et Rousseau, Marx et Proudhon ou encore Drieu la Rochelle et Aragon ? Où sont les articles de journaux dans lesquels les auteurs se confrontaient loyalement et parfois durement, argument contre argument ?Délabrement intellectuel
Aujourd’hui, dès que quelqu’un bouscule l’ordre établi, il se retrouve devant les juges pour finir au bûcher… La vie intellectuelle est devenue assez pauvre ; la radio et la télévision ne font plus que des entrevues très rapides, mélangent politiques, intellectuels et « artistes », détruisent ainsi toute véritable discussion de fond ; les partis politiques, cherchant uniquement à avoir des élus, se livrent à de basses démagogies pour séduire : il leur est donc par essence impossible d’aller au fond des choses, tenus qu’ils sont de coller à l’opinion et au cadre politique. Vu l’importance qu’ils ont prise, allant de pair avec leur délitement idéologique, ils court-circuitent tout débat.
Par ailleurs, les intellectuels en cour (Attali, BHL, Minc, etc.) n’ont plus rien à offrir de nouveau.
Nous vivons ainsi une période de mollesse politique et intellectuelle.Ce qui se traduit dans les faits :
- - une incapacité à gérer les problèmes de fond du pays (chômage, instruction, immigration, écologie…) ; l’ensemble de notre système éducatif, universitaire, économique, politique, militaire, alimentaire, géopolitique, est devenu fou et ne trouve aucune justification dans la manière dont il fonctionne. Il n’est même plus en accord avec ses propres fondements (ceux du Général De Gaulle, qu’il conviendrait parfois de relire). Seulement, des incapables sans ossature idéologique ne peuvent le réformer ;
- - une déviation du débat sur des questions polémiques et inutiles (drogue, mariage homo…) ;
- - une volonté de ne pas faire émerger les forces politiques alternatives et nouvelles : pas de proportionnelle, pas de totale liberté totale pour la presse et la pensée, interdiction formelle de certains mouvements politiquement incorrects.
Cette élite déliquescente ne fait plus rien de son pouvoir mais s’y accroche tant qu’elle peut, au service d’elle-même et de son idéologie obsolète. La République française ressemble de plus en plus à un régime bananier : toute puissance des apparatchiks de partis dans les institutions, affaires de mœurs et d’argent en tout genre, refus de la dure réalité (rapports de la Cour des compte enterrés, etc.), opacité des subventions aux associations et à la presse, copinage entre journalistes et politiques. Il est légitime de se poser la question suivante : vers quoi nous mène notre système fondé sur une tolérance imposée, le métissage, la mondialisation, le droit de l’hommisme, le déracinement ? A la lumière de ce qui se passe dans les autres pays, il est difficile de répondre autre chose que vers le chaos.
Néanmoins, face à ce régime cliniquement mort qui se craquelle, la nature ayant horreur du vide, d’autres forces émergent, dissidentes, populaires, spirituelles, qui prennent le relais. Un exemple représentatif aura été les manifestations catholiques des automnes 2011 et 2012 (contre certaines pièces blasphématoires et le « mariage pour tous »). Dans les deux cas, nous avons vu les tenants d’un projet de société fondé sur le respect de l’homme, de sa spiritualité, de ses lois et institutions naturelles, face aux défenseurs de la tolérance à tout va, de l’hédonisme, du relativisme : la grandeur et l’idéal contre le néant et la mollesse.
Une lueur d’espoir
De plus en plus de livres, d’articles, sur des sujets qui fâchent, sur les nouveaux totalitarismes, sur la volonté de davantage de débat, sur la déliquescence de la politique, sont édités. Des enquêtes, études, sondages, montrent que, malgré tout le matraquage médiatique, beaucoup gardent un esprit critique et de bon sens (sondage sur l’islam, vote dissident, popularité des Zemmour, Soral ou Dieudonné, émergence de gens comme Richard Millet, durées de mouvements politiques ou métapolitiques, nombre de vues sur certains sites, etc.). Les intellectuels officiels et le politiquement correct ne peuvent que constater leur échec ; leur système ne tient plus qu’artificiellement ; nous observons un retour aux traditions, aux frontières. La rigueur et la profondeur intellectuelle ne se trouvent plus chez eux, tant sur la politique, la géopolitique, la sociologie, que sur l’histoire, mais chez les dissidents (*). Ces mêmes rigueur et profondeur ont disparu aussi de l’offre politique des mouvements du système.
Nous sommes en train de connaître la fin d’un monde et la naissance d’un monde nouveau, en dépit d’un système qui, malgré une inéluctable descente aux enfers, fera tout pour préserver le monde ancien et dépassé.
Louis Tode http://www.polemia.com/
10/12/2012Note : (*) La révolte des intellectuels contre le Système
Les intertitres sont de la rédaction
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Franck Abed parle des Secrets de la Réserve Fédérale
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511 : Clovis aidait l’Église
En juillet, Clovis organise à Orléans, la réunion d'un concile capital dans l'établissement des relations entre l'Église catholique et le roi, avant de s'éteindre le 27 novembre.
Cette année-là, la trentième de son règne sur les Francs saliens, le quinzième de son règne en tant que roi chrétien de la Gaule, Clovis, quarante-cinq ans, malgré sa santé déclinante, organisait en juillet la réunion à Orléans d'un concile capital dans l'établissement des relations entre l'Église catholique et le roi. Preuve de son immense intérêt pour les affaires de cette Église à laquelle il devait tant !
Trente-deux évêques
Il s'agissait, pour les trente-deux évêques présents venus de la Gaule entière, de remettre de l'ordre dans l'épiscopat, de réitérer la condamnation de l'arianisme, de faciliter les conversions, de limiter les incestes et de préciser les tâches relevant de l'administration et de l'Église. Des trente et un canons promulgués il ressortit que le roi, loin de se poser comme chef de l'Église, même s'il intervint dans les décisions, se réserverait désormais le droit d'autoriser ou non l'accès d'un laïc aux ordres religieux, cela afin d'endiguer les fuites fiscales, car les terres d'Église seraient exemptées d'impôt pour pouvoir subvenir à l'entretien des clercs, des pauvres et des prisonniers. La nomination des évêques serait soumise à l'approbation royale ; était aussi rappelée la subordination des monastères à l'autorité diocésaine. En outre, les clercs ariens ayant reconnu la foi catholique pourraient retrouver une fonction, tandis que les établissements religieux repris aux ariens seraient à nouveau consacrés.
La décision la plus célèbre fut celle du droit d'asile étendu désormais aux bâtiments jouxtant les églises, pour permettre ainsi à un fuyard d'y trouver refuge, sans risquer de profaner le sanctuaire. La personne poursuivant un fugitif ne pourrait pénétrer dans l'enceinte du bâtiment sans avoir prêté serment de ne pas lui infliger de châtiment corporel. Le fugitif, quant à lui, pourrait négocier un dédommagement pour le préjudice dont il se serait rendu coupable.
Meurtres en série
Ces mesures de justice et de charité devaient perdurer pendant près de 1 400 ans. On ne dira jamais trop le rôle de ce roi converti dans la naissance de la civilisation chrétienne. Lui même n'était pas un saint ; il suffit pour s'en convaincre de savoir comment il se débarrassa les années précédentes de tous ses cousins francs, qui auraient pu revendiquer des droits sur son royaume après sa mort : Chlodéric de Cologne, fils de Sigebert le Boiteux, qu'il poussa au parricide, avant de lui faire fendre le crâne par ses guerriers ; Cararic de Térouanne, qu'il fit arrêter et tondre (la pire humiliation qui pût arriver à un roi franc) puis ordonner prêtre de force ; Ragnacaire de Cambrai, oncle libidineux et rapace de Clovis, qu'il abattit de sa propre main ainsi que Riquier, le jeune frère de celui-ci, les accusant de souiller et d'humilier la famille franque...
Il est certain que ce comportement effrayait un peu le vieux Remi, la non moins vieille Geneviève et la jeune Clotilde. C'étaient les moeurs de l'époque encore un peu barbare... Comme le dit très justement Anne Bernet, ils se taisaient et redoublaient de prières. « Ils avaient pu enchaîner le fauve aux pieds de la Croix et le transformer en gardien et en défenseur ; ils ne pouvaient pas le transformer en agneau, lui donner en partage la douceur, la tendresse, la miséricorde à jamais absentes de ce coeur ombrageux. Que serait devenue l'Église de Dieu si lui, Clovis, n'avait pas souvent, si souvent qu'il en oubliait le nombre, violé la loi du "Tu ne tueras point" ? » « La Gaule chrétienne avait fabriqué Clovis comme une épouse ambitieuse transforme le rustre doué qu'elle a choisi. De cette union où l'intérêt mutuel au départ avait eu plus de place que l'amour allait naître le royaume de France. »
Nonagénaire
Le royaume était constitué, l'Église réorganisée et florissante, la Gaule libérée de toute menace d'invasion étrangère : Clovis pouvait mourir en paix. Il rendit son âme à Dieu le 27 novembre 511 - il y aura 1 500 ans en novembre prochain -, dans les bras de Clotilde, en présence de Remi et de Geneviève. Il fut inhumé dans la belle basilique des Saints-Apôtres qu'il prévoyait pour y placer Geneviève déjà nonagénaire, et vénérée par les Parisiens comme une sainte. Elle mourut le 3 janvier 512, et c'est son amie Clotilde qui se chargea d'achever le sanctuaire sur la montagne appelée à porter le nom de Sainte-Geneviève, d'où la vierge consacrée put continuer de protéger les destinées de la capitale du royaume.
La mort de Clovis accompagné de si grands saints résume à elle seule la volonté couronnée de succès de créer une nation qu'appelait déjà depuis quatre siècles le sang des martyrs, ressuscitant Rome dans la foi au Christ immolé par amour pour nous. Quoi qu'on dise, là, et nulle part ailleurs, sont les sources de notre identité nationale...
Michel Fromentoux L’ACTION FRANÇAISE 2000 Du 3 au 16 mars 2011 -
Philippe Ploncard d'Assac et Florian Rouanet.
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La vision du monde dans la France rurale moderne (XVe-XVIIe)
Le monde rural européen de la fin du Moyen Âge et des premiers siècles de l’époque moderne est fondamentalement un monde d’insécurité et de peurs : pestes, famines et disettes, guerres, maladies, mortalité infantile importante, (…) hantent les esprits. Les hommes ne disposent pas alors de véritables connaissances scientifiques sur le fonctionnement du monde.
On ne connaît pas les microbes et les mécanismes physiologiques ; ainsi toute maladie ou mort n’est considérée que comme la conséquence de l’infiltration de forces néfastes dans le corps. Face à ces peurs réelles ou imaginaires, les hommes ont élaboré une vision du monde cohérente composée de superstitions et d’histoires pouvant nous paraître étranges mais qui étaient à l’époque mentalement sécurisantes.
Note : deux sources sont utilisées pour les superstitions. Les superstitions tirées du Livre des Quenouilles (ou Évangile des femmes, fin du XVe siècle, auteurs anonymes) sont marquées par *, celles tirées du Traité des superstitions (1679) de Jean-Baptiste Thiers, curé du diocèse de Chartres, sont signalées par **.
I. Un corps magique
Cette vision est d’abord marquée par l’idée de totalité (vision holiste), rien n’étant indépendant. Le corps n’est pas perçu comme un objet individuel inséré dans son environnement mais comme une partie d’un tout. Les hommes doivent faire attention aux moindres de leurs gestes sous peine de déclencher des calamités. Cette attention continuelle se manifeste par des tabous et des rites visant à éloigner le malheur et provoquer le bonheur.
Le corps est lui-même dangereux, étant en contact avec l’extérieur par le biais notamment de la bouche, de l’anus et du sexe, un grand nombre de superstitions se greffant sur ces trois parties anatomiques. Ainsi, uriner contre un monastère ou un cimetière peut conduire à l’apoplexie ou à la gravelle (*), ne pas pisser contre un mur où un lépreux a pissé permet d’éviter de devenir soi-même lépreux (*). Un mal du sein peut être guéri par le mari en faisant trois cercles autour de la partie douloureuse avec « l’instrument viril » (*). Avant le mariage, afin de se protéger de divers maléfices, le futur marié peut uriner trois fois dans l’anneau destiné à la mariée (**). Pour guérir d’une maladie, on peut boire dans un sceau d’eau après qu’un cheval y ait bu (**) ou boire de l’eau bénite les veilles de Pâques ou de la Pentecôte (**).
Il ne faut pas s’étonner de pratiques qui paraissent aujourd’hui sales ou honteuses : au XVe et XVIe siècles, on pisse et défèque en public (y compris les nobles), ce qui est alors nommé « la matière joyeuse » (la merde) n’est pas considérée comme taboue, on n’hésite pas à exhiber ses parties intimes et les mœurs sexuelles sont très libres. Cet état de fait changera à partir du XVIIe siècle, plus rapidement en milieu urbain et dans les couches supérieures.
● Autour de la grossesse et de l’accouchement

Francesco Furini, L’accouchement et la mort de Rachel (XVIIe).L’un des moments de la vie les plus dangereux est celui de la grossesse et de l’accouchement, attendu avec impatience mais aussi redouté et objet de toutes les angoisses. L’accouchement peut être fatal à l’enfant comme à la femme. D’où toute une série de rites visant à éloigner le malheur ou de signes permettant de connaître à l’avance le résultat.
Le père du futur enfant doit éviter de le concevoir avec des pieds sales et puants, sinon le fils aura mauvaise haleine et si c’est une fille elle « l’aura puante par derrière » (*). Une femme en état de grossesse doit éviter de se trouver dans la pièce où quelqu’un agonise : l’enfant qu’elle porte risquerait de naître marqué d’une tache blanche au-dessus du nez qui signifie que cet enfant ne vivra pas longtemps (**). En Provence, les femmes mettent couramment des roses de Jéricho dans l’eau : si elles s’ouvrent, l’accouchement sera heureux ; si au contraire elles ne s’ouvrent pas, l’accouchement sera malheureux (**). Dans le diocèse de Chartres, les femmes peuvent s’assurer un accouchement heureux en allant prier devant le Saint prépuce que possèdent les moines de l’abbaye de Coulombs (**). Des rites accompagnent aussi le moment de l’accouchement : une femme sera plus rapidement libérée par exemple si elle chausse les bas et souliers de son mari ou si quelqu’un monte sur le toit de la maison « dire certaines paroles » (**). Et si par malheur la femme accouche d’un enfant mort-né, il faut faire sortir le cadavre par la fenêtre et non par la porte, sinon la mère passant plus tard par cette porte risquerait de ne mettre au monde par la suite que des enfants morts-nés (**).
II. Signes de bonheur et de malheur
La nature est perçue par l’homme des temps modernes comme ambivalente, composée de forces nuisibles (diable, démons, mauvais esprits) mais aussi de forces positives (bons esprits, actions des saints,…). L’homme moderne, s’il croit au paradis, à l’enfer et au purgatoire, considère son environnement comme peuplé d’esprits et d’entités diverses. Les morts sont en interaction constante avec les vivants, partageant leurs bonheurs et malheurs, et pouvant les aider ou, au contraire, leur nuire. Toutes ces entités invisibles envoient aux vivants des signes avertisseurs de danger ou au contraire des signes de bonheur.
Ainsi, des cigognes faisant leur nid au-dessus d’une maison assurent à ses habitants richesse et longue vie (*). Un chien ou un loup qui hurle annonce des malheurs, mais c’est l’inverse pour un cheval (*). Le chat est ambivalent : s’il est considéré comme un animal diabolique, il suscite un grand intérêt. Il faut lui couper le bout de la queue une fois qu’il a quatre ans, car il penserait alors « nuyt et jour comment il porra son maistre estrangler » (*). Le trèfle à quatre feuilles porte bonheur, mais si un homme marche dessus pieds nus il attrapera la fièvre blanche, si c’est une femme elle perdra la fidélité de son époux (*). Lorsque l’on va au domicile de l’éventuelle fiancée pour faire la demande de mariage, rencontrer en chemin une vierge, une femme grosse, un moine, un lièvre, un prêtre, un chien, un chat, un borgne, un boiteux, un aveugle, un serpent, un lézard, un cerf, un chevreuil ou un sanglier est mauvais signe (**). Dans la vie quotidienne, croiser le matin « une femme ou une fille débauchée », un loup, un crapaud ou une cigale est un signe de bon augure (**).
III. Un Christianisme paganisé : l’exemple des pèlerinages thérapeutiques en Bretagne

Bruegel le Jeune, La procession nuptiale (1627).Les ruraux de l’époque moderne sont des chrétiens sincères qui croient de bonne foi aux grands dogmes chrétiens. Néanmoins, ils mélangent dans leurs croyances chrétiennes des éléments de paganisme. Face aux maladies, le recours aux saints guérisseurs est une pratique populaire. Si pour l’Eglise les saints n’ont qu’un rôle d’intercession auprès de Dieu, les ruraux voient en eux des puissances surnaturelles autonomes capables d’intervenir sans en référer à Dieu. Ici sera pris l’exemple de la Bretagne.
La Bretagne est dotée de nombreux saints guérisseurs, certains n’ayant qu’une influence géographique très limitée comme saint Lubin (saint généraliste), saint Mamert (maux de ventre), saint Méen (folie) ou saint Livertin (maux de tête) à Notre-Dame-du-Haut en Montcontour (Côtes-du-Nord actuelles). Un certain nombre de maux sont ainsi désignés par le nom d’un saint : la méningite est le mal Saint-Claude, les hémorroïdes ou la gale, le mal Saint-Fiacre ; l’épilepsie le mal Saint-Jean.
Les pèlerinages peuvent être collectifs ou individuels, une personne pouvant faire le voyage seule en raison d’une urgente nécessité. Une pratique révélatrice d’une pensée encore para-chrétienne chez les pèlerins est la vengeance à l’encontre des saints si le vœu des voyageurs n’est pas exaucé. Le saint et le pèlerin sont en effet liés par un contrat implicite : si le pèlerin a scrupuleusement accompli les rites exigés, le saint se doit de répondre à ses prières, sinon il y a en quelque sorte « rupture du contrat ». Ainsi, les clercs observent qu’en Basse-Bretagne, on n’hésite pas à fouetter la statue du saint ou la plonger dans l’eau pour punir celui qui ne répond pas aux prières ! Cette pratique de « vengeance » s’observe ailleurs en France : les vignerons de l’Allier et de la Saône-et-Loire, au XVIIIe siècle, entretiennent semblables pratiques envers saint Georges, saint Marc et saint Eutrope si les récoltes ne sont pas bonnes !
● Les guérisons pour le sanctuaire Sainte-Anne d’Auray
Le pèlerinage de d’Auray est une « création » récente puisque ce n’est qu’en 1625 qu’un laboureur nommé Nicolazic, âgé d’une trentaine d’années, découvrit une statue de sainte Anne suite à des apparitions de cette sainte. Les premiers fidèles qui se pressent sur le lieu et les premiers « miracles » entraînent un afflux de visiteurs. Des registres ont été tenus de 1625 à 1684 par les carmes.
(entre parenthèses est indiquée la moyenne annuelle)
1625-1630 : 136 (23)
1631-1640 : 279 (28)
1641-1650 : 440 (44)
1651-1660 : 140 (16)
1661-1670 : 192 (19)
1671-1680 : 62 (6)
1681-1684 : 43 (11)On observe un recul très net à partir de 1650. Quelques éléments statistiques : sur 1267 déclarations de miracles, 98 seulement concernent des non-Bretons ; deux tiers des guérisons concernent des ruraux ; 59 % des « miraculés » sont des hommes ou garçons ; 3 % appartiennent au clergé, 9 % à la noblesse, 30 % à la bourgeoisie (remarquez la sur-représentation des élites par rapport aux gens du peuple).
Sur les 557 miracles survenus de 1634 à 1646, 323 concernent des maladies, 25 des accouchements difficiles, 24 des brûlures ou des incendies, 91 concernent l’eau (noyades et naufrages). Sur les 323 malades, 54 sont paralytiques, 24 aveugles, 23 épileptiques et névropathes, 19 muets, 15 dysentériques, 14 varioleux, 9 pestiférés, 40 atteints de « fièvres », 30 de « maladies ».Bibliographie :
MUCHEMBLED, Robert. Culture populaire et culture des élites dans la France moderne (XVe-XVIIIe siècle). Flammarion, 1991.
LEBRUN, François. Croyances et cultures dans la France d’Ancien Régime. Seuil, 2001. -
Les racines de la “Nouvelle Droite”
◊ Lorenzo Papini, Radici del pensiero della Nuova Destra : La riflessione politica di Alain de Benoist, Giardini, Pisa, 1995.
Étude fouillée sur la trajectoire d'Alain de Benoist depuis Europe-Action, les Cahiers Universitaires et Défense de l'Occident. Pour Lorenzo Papini, docteur en sciences politiques formé à Pise, enseignant à Rome, le fondement de la pensée de Benoist, d'après ses écrits de jeunesse, est un « racisme grand-européen », puisé chez Renan, Gobineau et Chamberlain, visant la défense de la “race blanche” et la création, à terme, d'un “Empire blanc”, qu'il appelait le “Witland”, entité mythique à laquelle il rêvait, à l'époque, avec les racialistes américains (Ku-Klux-Klan, etc.) et sud-africains (White suprematists). À cette époque, l'orientation du futur chef de file de la "nouvelle droite" est encore radicalement occidentaliste : De Gaulle est accusé d'avoir « trahi la race » (Europe-Action, 20 déc. 1965), d'être un « imposteur communiste » et d'avoir « brisé l'Alliance Atlantique » (ibid., juil. 1967). Tels étaient les péchés de jeunesse que de Benoist ne cessera plus de renier, en exprimant parfois des remords pathétiques, à partir de la création du GRECE, où il opte pour une stratégie “métapolitique”, qui débouchera sur la formulation d'un anti-racisme différentialiste et sur une réfutation du prométhéisme initial de ce mouvement. Il faut reconnaître que, de ce point de vue, l'évolution d'A. de Benoist est intéressante, constitue une évolution étonnante et positive. Papini retrace clairement cette trajectoire, comme Taguieff l'avait fait en France, dans son livre intitulé Sur la nouvelle droite. L'étude de Papini permet à l'étudiant, à celui qui ne connaît pas la ND ou n'en a entendu que vaguement parler, d'avoir un fil d'Ariane pour la découvrir. À signaler dans ce livre : l'excellent chapitre, clair et concis, sur la réception de Nietzsche par de Benoist (RS).Les huit questions auxquelles Alain de Benoist n’a jamais voulu répondre
Fin 1990, début 1991, Alain Benoist me convoque et me soumet un projet. Il voulait que je l’interviewe pour Vouloir ou Orientations, afin de mettre en exergue, par le biais d’un tel entretien, les nouvelles pistes que la Nouvelle Droite était sur le point d’emprunter. A. de Benoist m’explique que la situation politique et intellectuelle de la France et les mentalités en général ont considérablement changé depuis la naissance de la Nouvelle Droite, plus exactement du GRECE et de la revue Nouvelle école en 1968-69. Dès lors, ajoutait-il, le GRECE ne peut plus véhiculer certains idéologèmes, devenus obsolètes au fil du temps. En revanche, il s’avère impératif d’explorer de nouvelles pistes. Mais cette nouveauté risque de provoquer le désarroi chez d’anciens militants, encore trop prisonniers de schémas dépassés, m’a-t-il précisé. Vouloir ou Orientations sont des revues extérieures au mouvement, elles sont publiées hors de France : elles sont donc le tremplin idéal pour lancer ces nouvelles pistes.
Les arguments d’Alain de Benoist me semblaient judicieux et correspondaient effectivement à mon analyse depuis 1989, où, en juin de cette année, par ma première conférence officielle au GRECE depuis mon retour (1), j’avais réclamé (en vain !) une ouverture aux nouvelles recherches prospectives et fondamentales de la philosophie française. En réclamant cette ouverture, je suivais un conseil d’Armin Mohler, engageant les lecteurs de Criticón à lire les post-modernes français à travers l’analyse de leurs œuvres que proposait, avec un remarquable esprit de synthèse, le professeur allemand Wolfgang Welsch, spécialiste incontesté de ces problématiques. A. de Benoist a souvent écouté Armin Mohler, recopié ce qu’il disait, béatement paraphrasé ce qu’il énonçait dans le contexte allemand, sauf en ce qui concerne les post-modernes et les synthèses de Welsch, où il n’a pas été le bon petit élève obéissant, mais plutôt le cancre, sourd à tout bon conseil.
J’ai donc, à la demande explicite de de Benoist, composé les questions ci-dessous que je lui ai faxées 5 jours plus tard. Mon objectif en posant ces questions : pouvoir expliciter les mutations idéologiques qui avaient jalonné l’itinéraire intellectuel du GRECE et de son animateur principal. Quand de Benoist a reçu ces questions, il les a tout de suite contestées en montrant une nervosité incompréhensible, il a critiqué des détails sans importance (le fait d’utiliser le terme “dada” pour désigner des engouements philosophiques), il n’a abordé aucune des thématiques de fond, soulevées par mes questions. Lors d’une entrevue quelques semaines plus tard, il a réitéré ces critiques sans me donner d’explications satisfaisantes. De Benoist était dans un état de nervosité bizarre, ses paroles étaient ponctuées de drôles de rictus, ses doigts se cramponnaient à ses longues cigarettes, dont il aspirait la fumée à grosses bouffées. Inutile de préciser qu’il n’a JAMAIS répondu à cette proposition d’entretien, qu’il avait lui-même réclamé ! Pourtant, une brochure avec des réponses claires aurait permis de clarifier les positions de la Nouvelle Droite, d’orienter les militants et les sympathisants de ce courant de pensée. Je soumets aujourd’hui ces questions aux lecteurs de Vouloir. A eux de juger comme il se doit le silence du gourou de la Nouvelle Droite. Un silence plus révélateur que tous ses discours et écrits…
HUIT QUESTIONS A ALAIN DE BENOISTLa Nouvelle Droite : histoire, destin, évolution, ruptures◊ 1. Quand vous avez fondé avec quelques-uns de vos amis les structures qui allaient donner naissance à Nouvelle école puis au GRECE et à la mouvance “Nouvelle Droite”, vous étiez animé par un désir de rupture. Une rupture qui tournait le dos à l'agitation politique groupusculaire pour approfondir les fondements, non seulement des sciences politiques, mais de toutes les disciplines humaines. Près de 25 ans après, comment jugez-vous cette rupture qui a décidé de votre destin de “journaliste métapolitique”, de “maître-à-penser” d'une génération hostile à bien des compromissions ?◊ 2. Il serait peut-être utile aussi que vous nous rappeliez le contexte global de cette époque où vous avez amorcé votre rupture, tant sur le plan philosophique, avec la vogue existentialiste, que sur le plan politique, avec les guerres de décolonisation et du Vietnam. En effet, les jeunes gens des années 70 et 80, a fortiori ceux qui seront la génération des années 90, ont baigné dans des atmosphères intellectuelles et politiques très différentes et certains d'entre eux m'ont déjà exprimé le souhait de connaître les motivations et les sentiments qui accompagnaient les premiers balbutiements de ce qui allait devenir la “Nouvelle Droite” ?◊ 3. Votre “démarche rupturale initiale” est contemporaine de mai '68. Dans l'université d'alors, sur le terrain politique, dans les débats intellectuels, quels ont été les facteurs qui ont déterminé vos options, quels sont les clivages qui vous semblaient incontournables et empêchaient tout dialogue avec les “contestataires d'en face”. Je pose cette question en sachant très bien qu'il existe aujourd'hui chez beaucoup d'ex-soixante-huitards une volonté très nette de brûler ce qu'ils ont adoré et de dénoncer “l'anti-humanisme” de leur jeunesse. Dans certains de vos écrits récents, vous soulignez, à rebours des “renégats de 68”, le grand intérêt intellectuel de certains linéaments philosophiques de cette époque contestataire. Quel jugement pose l'Alain de Benoist d'aujourd'hui ?◊ 4. Vous avez posé un pari faustien et prométhéen au début de votre aventure intellectuelle, assorti d'une critique de la sinistrose et du mythe du bon sauvage (notamment dans la forme que celui-ci prenait chez Claude Lévi-Strauss) et d'une apologie du “génie européen”. De ce fait, vous avez été accusé de “racisme” par quelques adversaires manichéens, dont les héritiers sévissent encore aujourd'hui. Vous étiez sur la même longueur d'onde qu'un André Reszler lorsqu'il écrivait L'intellectuel contre l'Europe (PUF, 1976). Par la suite, votre pensée semble avoir connu une sorte de retournement : la linéarité quantitativiste du matérialisme occidental, vous avez commencé à la considérer comme un avatar matérialiste de la linéarité judéo-chrétienne. Ipso facto, cette linéarité est devenue en quelque sorte votre “ennemi principal”, auquel vous opposez les essences identitaires qu'elles soient européennes ou extra-européennes. Mais dans ce cheminement philosophique, qui est le vôtre, on assiste à une mutation dans votre définition de l'identité européenne : celle-ci ne serait plus exclusivement de nature faustienne / prométhéenne mais autre, c'est-à-dire moins vectorielle, moins progressiste, moins marquée par les linéarités du judéo-christianisme et de ces avatars laïcisés. Pouvez-vous nous préciser cette nouvelle définition de l'identité européenne ?◊ 5. Des auteurs comme Robert Muchembled (avec sa distinction entre la “culture des élites” et la “culture du peuple”) ou Carlo Ginzburg (avec son analyse des propos d'un meunier frioulan promis au bûcher de l'Inquisition) ont-ils joué un rôle dans l'évolution de votre pensée, partie d'un prométhéisme assez techniciste et quantitativiste ?◊ 6. Toujours dans la même optique, vous êtes passé d'un dada philosophique à un autre : en l'occurrence de l'empirisme logique anglo-saxon, introduit en France par l'un de vos maîtres-à-penser, Louis Rougier, pour aboutir à un discours anti-techniciste très marqué par Heidegger. Beaucoup de vos lecteurs n'ont pas compris cette évolution. Généralement, quand ils m'en parlent, je réponds que le “chaînon manquant” dans cette évolution, est peut-être une réflexion sur la pensée de Wittgenstein, qui, au-delà de sa logique rigoureuse, de sa critique des ambiguïtés du langage, n'est pas dépourvue de mysticisme. Réflexion qui, de surcroît, n'a pas été consignée dans un texte majeur de vous-même ou de l'un de vos collaborateurs. Quelle est votre explication ? Y a-t-il un lien entre le mysticisme de Wittgenstein et votre engouement pour Heidegger ?◊ 7. La “nouvelle droite” est souvent cataloguée dans la mouvance d'un néo-paganisme. Votre critique de la linéarité judéo-chrétienne vous a induit à ouvrir une réflexion sur le temps et l'histoire. En opérant cette réflexion, vous deviez nécessairement aborder les façons non linéaires de saisir temps et histoire notamment les théories cycliques de l'histoire, propres aux cultures traditionnelles. Par ailleurs, à la suite d'Armin Mohler, vous avez parlé de la sphéricité du temps : en clair, dans cette optique, le temps est une sphère et n'est pas vectoriel mais, en revanche, le cycle qu'il parcourt n'est pas répétitif ; à tout moment, une direction nouvelle peut être impulsée par la volonté d'un peuple, d'un chef, d'une personnalité charismatique, d'un génie de la pensée, etc. Aujourd'hui, dans vos écrits les plus récents, on aperçoit une influence croissante des auteurs traditionalistes comme Guénon, Evola, Schuon ou Coomaraswamy. Avez-vous renoncé à la théorie sphérique de l'histoire, abandonné l’amor fati de Nietzsche, pour retrouver le silence immobile de la tradition ? Votre approche païenne, approche basée sur une option pour le devenir et non pas pour l'être, s'estompe-t-elle, passe-t-elle au second plan ?◊ 8. Sigrid Hunke, dans son célèbre ouvrage Europas andere Religion, dont vous avez patronné la traduction française aux éditions Le Labyrinthe, a démontré que l'essence de la religiosité européenne était l'unité du monde, l'unité fondamentale de toutes les choses qui s'exprime la plupart du temps par la mystique. Dans Comment peut-on être païen ?, vous embrayé dans ce sens, en critiquant systématiquement les théologies et les pensées de la “césure”, des dualismes qui opèrent précisément une césure, en valorisant certaines catégories de choses et de faits et en en rejetant d'autres dans une géhenne d'opprobre, instaurant de la sorte la désacralisation d'une bonne partie du monde, notamment de la vie, de la sexualité, des énergies sourdes qui irriguent les cultures de l'humanité. À la critique hunkienne du dualisme métaphysique, vous avez quelques fois ajouté des éléments très féconds puisés dans la physique non dualiste, dans la logique du tiers-inclus de Stéphane Lupasco et de son disciple Basarab Nicolescu. Aujourd'hui, Jean-Jacques Wunenburger, qui vient de collaborer à votre nouvelle revue Krisis, a élaboré une “raison contradictoire”. Comment Alain de Benoist relie-t-il aujourd'hui son option païenne anti-dualiste à la logique lupascienne du tiers-inclus voire à la “raison contradictoire” de Wunenburger ?◊ ◊ ◊Huit ans (aujourd'hui, 21 à 22 ans!!!!) plus tard, nous attendons toujours les réponses d’Alain de Benoist…► Robert Steuckers, Vouloir n°146/148, 1999. http://robertsteuckers.blogspot.fr/• Note :(1) Je ne compte pas mon intervention fortuite lors du Colloque annuel de l’association en novembre 1986, où j’ai été convoqué à mon grand étonnement, vraisemblablement parce qu’on craignait la défection de Faye, qui contestait durement la direction du GRECE, à ce moment ; après cette intervention au colloque de 86, je n’ai plus eu de contacts avec le GRECE jusqu’en mai-juin 1989, période où Charles Champetier m’a demandé de prononcer cet exposé sur la post-modernité de juin 89, à la tribune du Cercle Héraclite. J’avais toutefois reçu une lettre de C. Champetier en juin 1988, me demandant une collection complète de mes publications pour ses archives personnelles. Champetier n’avait pas encore pris contact avec le GRECE. Je l’ai rencontré pour la première fois le 31 juillet 1988 en Suisse, lors d’une assemblée de la Lugnasad, organisée à l’occasion de la fête nationale helvétique. Champetier est ensuite venu à Bruxelles en septembre 88 me demander des conseils sur la voie à suivre. Il a investi la ND, où il n’y avait quasi plus personne, donnant au mouvement d’A. de Benoist un souffle nouveau. C’est dans le cadre de ses nouvelles fonctions au GRECE que Champetier m’a invité en juin 1989, ainsi qu’en mars 1990, pour un colloque sur le futurisme, avec Jean-Marc Vivenza et Omar Vecchio. Alessandra Colla accompagnait ces exégètes du futurisme. Je n’ai en aucune façon influencé Champetier dans le choix des orateurs. C’est ainsi que j’ai fait connaissance avec la future Présidente du Bureau Européen de Synergies Européennes et avec J. M. Vivenza, grâce, je tiens encore à le préciser, à l’entremise de C. Champetier et dans le cadre du GRECE. Mais aussitôt après cette manifestation consacrée au futurisme, derrière le dos de Champetier, une campagne de dénigrement systématique a été habilement orchestrée contre Vivenza (un “fou”) et A. Colla (une “dangereuse extrémiste”) et, partiellement, contre moi-même. Champetier a fini par prendre ces ragots pour argent comptant et par perdre son indépendance d’esprit ; il a acquis les réflexes sectaires de l’apparatchik et perdu toute originalité intellectuelle. Pire : il a abandonné ses propres initiatives, le groupe de réflexion IDEE et, un peu plus tard, sa revue, modeste mais pertinente, Métapo. C. Champetier ne s’est jamais posé de questions sur les raisons pratiques ou psychiatriques qui poussaient son “chef” à colporter des ragots infondés contre certaines personnes (surtout quand elles sont dotées d’un véritable diplôme universitaire ou, même, d’une petite peau d’âne de bachelier !). Un tel comportement empêchait à l’évidence le mouvement de se développer : un tel sabotage systématique est-il le résultat d’une défaillance comportementale ou psychique ou bien, plus subtilement, est-ce une tactique dûment réfléchie et inspirée par certains services ? Trop jeune et finalement fort naïf, C. Champetier ne s’est apparemment jamais rendu compte de la situation… De même, en ne répondant pas aux questions que je posais (à sa propre demande !!!), l’animateur principal du GRECE maintenait son mouvement dans un “flou artistique”, permettant toutes les manipulations. De plus, alors qu’il annonçait vouloir rompre avec certains éléments passéistes de son groupe, on constate, dix ans après, que les mêmes olibrius encombrants et ridicules (un ridicule qui tue !) continuent leurs pitreries druidico-avinées, cucu-nazies et pagano-burlesques en marge des discours doctes de de Benoist et Champetier, qui affirment, avec les trémolos de la vierge effarouchée, qu’ils n’ont rien à voir avec le IIIe Reich (ni avec David Mortimerson). -
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