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culture et histoire - Page 2020

  • Bertrand de Jouvenel, voyageur dans le siècle

    Pas totalement oublié de nos jours, mais moins célèbre qu'il ne le fut de son vivant, Bertrand de Jouvenel (1903-1987) a été écrivain, journaliste, reporter, essayiste. Ayant participé à divers épisodes de l'histoire de la France et de l'Europe du XXe siècle, il s'était défini comme « un voyageur dans le siècle », titre de son unique livre de souvenirs (Plon 1979). Cet ouvrage ne portait que sur la période allant de sa naissance à la fin de la Seconde Guerre mondiale.
    Professeur d'histoire contemporaine à l'Université de Metz, spécialiste des idées et mouvements politiques, auteur d'ouvrages comme Les Années Trente, Jean Coutrot, La Synarchie, L'OAS, Olivier Dard a entrepris dans une copieuse biographie de raconter « ce voyage périlleux mais légitime » (1). En puisant dans des sources diverses et inédites comme les précieux cahiers personnels du disparu, déposés aux Archives nationales. L'index du livre comporte plusieurs centaines de noms. Tous ceux qu'à divers moments Jouvenel a connus ou croisés :
    Drieu, Berl, Luchaire, Bergery, Abetz, mais aussi de nos connaissances, Louis Rougier, Pierre Dominique, Achille Dauphin-Meunier, René Malliavin, Alfred Fabre-Luce ...

    « NÉ DE L'AFFAIRE DREYFUS »
    Jouvenel disait qu'il était « né de l'affaire Dreyfus ». Son père Henry était un ponte du parti radical, sénateur de la Corrèze. Sa mère née Sarah Claire Boas appartenait à la grande bourgeoisie israélite. Tous deux antidreyfusards, ce qui les rapprocha mais le couple se sépara assez vite, Bertrand étant encore enfant. Par la suite sa mère le protégea ou l'encouragea. Mais il connut mieux Colette, la seconde épouse de son père (voir Le Blé en herbe). Olivier Dard n'a pas développé sa vie privée, préférant retracer l'évolution d'un homme relevant de la « génération 1920 ». Très influencé par son oncle Robert de Jouvenel, auteur en 1914 d'un pamphlet La République des camarades (titre toujours actuel) et directeur de L'Œuvre, il se lance dans le journalisme, collaborant à diverses publications dont Notre Temps fondé par Jean Luchaire en 1928.
    Jouvenel s'inscrit dans la mouvance du parti radical. Mais avec d'autres il cherche des voies nouvelles. En économie (L'Economie dirigée est son premier livre, 1928), en politique intérieure où il appelle à rénover les institutions de la Troisième, en politique extérieure où il est partisan des Etats-Unis d'Europe et du rapprochement franco-allemand. Parlant couramment les langues de Goethe et de Shakespeare, il effectue des reportages sur le terrain dont l'un aux Etats-Unis en pleine crise. Après 1930 il est de plus en plus déçu par l'immobilisme et le prêt-à-penser des partis politiques français et se rapproche des non-conformistes des années 1930.
    Arrive le choc du 6-Février. Il fonde alors un hebdomadaire éphémère La Lutte des jeunes (auquel Drieu et Bergery collaborent). Il y annonce sa rupture avec le parti radical. Il sera cependant candidat aux élections de 1936 sous l'étiquette du Parti socialiste de France proche de Marcel Déat, lequel fut exclu par Léon Blum de la SFIO. Puis participant au rendez-vous de Saint-Denis, il adhère au PPF de Jacques Doriot. Mais le quittera en 1938 après Munich. Spécialiste de l'entretien avec des chefs d'Etat, Jouvenel rencontre le chancelier Hitler le 21 février 1936, en présence d'Abetz qu'il connaît bien depuis 1930. Le chef du IIIe Reich lui accorde un entretien qui fut publié dans Paris Midi (dirigé par Pierre Lazareff) au lieu du géant Paris Soir, à la veille de la ratification par le Parlement français du pacte franco-soviétique.

    UN FAUX PROCÈS
    Sur le moment Jouvenel a été très attaqué tant sur Hitler que sur le PPF. Un procès d'intention qui rebondit en 1983 quand l'historien israélien (de gauche) Zeev Sternhell dans son livre Ni droite ni Gauche. L'idéologie fasciste en France (Le Seuil) l'accusera de germanophilie, de complaisance pour Hitler et même d'avoir été l'un des inspirateurs du fascisme en France. Jouvenel, indigné, dépose plainte pour diffamation. Le procès tenu fin 1983 divise les historiens. L'un des défenseurs les plus efficaces de Jouvenel fut son grand ami Raymond Aron qui, à la sortie de l'audience, décède d'une crise cardiaque.
    Olivier Dard revient, avec force détails, sur ce procès. Les juges avaient eu du mal pour savoir qui était ou n'était pas fasciste avant 1939. En ne tranchant pas et « en refusant de créer une jurisprudence fâcheuse, exemple que le législateur, ces dernières années, aurait gagné à méditer » (p. 378), Olivier Dard approfondit la question dans un sous-chapitre sur « le fascisme jouvenélien ». En fait Jouvenel, et il n'a pas été le seul, a été sensible à ce qui se passait alors en Europe, et au magnétisme de ce qu'il appelait « une nouvelle religion » soutenue massivement par des jeunes.
    Quant à Hitler, Jouvenel se défendait d'avoir été son porte-parole. Il a d'ailleurs reproduit les propos d'Hitler dans son Voyage mais comme le lui a fait remarquer ironiquement un long article de RIVAROL (2), il oubliait qu'il avait écrit avoir été très impressionné par « un homme en qui le monde entier a cru voir une menace de guerre ». Et qu'il avait alors révisé « toutes les idées qu'(il se) faisai(t) du dictateur ». Cela n'en fait pas pour autant un nazi. Il avait dénoncé dès 1933 le traitement "médiéval" infligé aux Juifs et critiqué la « nuit des longs couteaux ». À posteriori il pensait avoir été manipulé. Après Munich il donna sa démission du PPF et du Comité France-Allemagne. La mainmise d'Hitler sur la Tchécoslovaquie au printemps 1939 n'avait évidemment rien arrangé. Dans un livre publié en Suisse en 1947, La Dernière année. Choses vues de Munich et la guerre, Jouvenel a rassemblé ses reportages très vivants et directs (parus dans Match, Candide, Le Journal). Pour lui, Hitler préparait la guerre au nom de sa doctrine d'espace vital.

    RETOUR SUR 1983
    Sternhell avait été surtout condamné pour avoir exprimé des soupçons sur l'attitude de Jouvenel pendant l'Occupation, le comparant à Jean Luchaire (l'un des premiers fusillés de 1945). Là il tombait mal. Après la défaite, Jouvenel s'était replié dans une demeure familiale proche d'Argentat en Corrèze, où il retrouva un autre de ses grands amis, Emmanuel Berl, et aussi André Malraux, alors très attentiste. Il s'était rendu plusieurs fois à Vichy et surtout à Paris où il avait repris contact avec Luchaire et Otto Abetz, personnages on ne peut plus officiels. Jouvenel s'était entretenu avec eux. Il était pour une collaboration mais limitée. Il soutint et défendit le Maréchal après le renvoi de Laval le 13 décembre. À son procès, il assura qu'il détestait le Vieux Chef, se mettant sans doute au goût du jour. Il expliqua aussi qu'il « glanait des informations ». Pour qui ? Pour le Deuxième bureau français dont il était devenu un  « honorable correspondant ». Au procès, deux de ses anciens chefs (dont le colonel Paillole et le général Revers) vinrent en témoigner. Il rédigeait pour eux des rapports qui sont parvenus via Pucheu au cabinet du Maréchal.
    Lors de sa dernière entrevue avec Abetz au printemps 1941, Jouvenel apprend que Hitler ne cédera rien sur l'Alsace-Lorraine et que le sort de la France ne sera réglé qu'après la victoire allemande. En novembre 1942 il n'a plus d'illusions. En Corrèze il a pris contact avec des chefs de l'Armée secrète.
    L'un d'entre eux ayant été arrêté, Jouvenel en avril 1943 remonte à Paris pour essayer de le faire libérer. Mais il ne peut rencontrer ni Abetz ni Brinon (qu'il avait bien connu avant 1939). Mieux, il est arrêté - mais pas malmené - par des services allemands qui lui posent des questions sur son attitude et ses articles d'avant 1939. Le publiciste se sent menacé. Il décide de passer en Suisse à l'automne avec de faux papiers, accompagné d'Hélène Duseigneur, fille d'un général suspecté d'avoir été cagoulard, qu'il a rencontrée pendant l'été 1943 et qui sera jusqu'à sa mort (en 1984) sa fidèle compagne et secrétaire.

    UN AUTRE VISAGE
    Bertrand de Jouvenel restera en Suisse de 1943 à 1946. Il sait qu'il est mal vu par différents clans. Si ses notes personnelles avaient été publiées, elles lui auraient attiré des ennuis. Il y critique la « capitulation sans conditions » de l'Allemagne exigée par les Alliés (sur pression soviétique). Il s'en prend à De Gaulle, aux « revenants de Londres », aux « gens d'Alger », au « côté Basile de nos champions démocratiques ». Il est très dur pour Churchill qu'il juge responsable des bombardements aériens sur l'Allemagne et même du terrorisme en Europe. Il prédit que le débarquement sera suivi en France « d'un bain de sang » et s'alarme du « danger communiste ». Drieu est venu le voir rapidement fin 1943 mais est reparti pour son destin. À noter qu'il n'a pas été tendre pour Jouvenel dans son Journal intime.
    Après la Libération, grâce à Achille Dauphin-Meunier et à Emmanuel Berl, Jouvenel sait ce qui se passe en France. Il a été inscrit sur la liste noire du CNE (Comité national des écrivains) avant d'en être retiré. Cet exil suisse est aussi une rupture. En effet, il a commencé à écrire un traité Du pouvoir et désormais il ne voudra plus s'engager directement en politique.
    Quand il rentre en France, il est ostracisé. Il donne alors des articles à la presse non résistancialiste. Comme notre revue les Ecrits de Paris où il est bien accueilli aux côtés d'autres épurés. En 1955 Fabre-Luce lui proposera d'écrire dans Rivarol. Il collabore aussi à la Fédération d'André Voisin où il retrouve des amis des années 1930 comme Jean Maze. Il a aussi des rapports cordiaux avec le bulletin et l'entourage du Comte de Paris ! Son livre Du pouvoir, un classique de la pensée politique, publié en Suisse au Cheval Ailé en 1945, passe inaperçu. Il faudra attendre qu'il soit disponible, bien plus tard, dans la collection (de poche) Pluriel. Mais le second, De la souveraineté (1955), connaît un gros succès en Angleterre et surtout aux Etats-Unis chez les politologues et les universitaires. Invité dans des colloques outre-Atlantique, Jouvenel accède alors à la célébrité. Dans ses ouvrages, il se définit comme un néo-libéral hostile au dirigisme mais soucieux du progrès social, anticommuniste, européen (mais hostile à un Etat européen), atlanliste. Il suit (dans ses notes) l'actualité française et mondiale. En 1954-55, il juge Mendès-France « trop complaisant » avec le PCF et l'URSS. 1945 a été pour lui « la fin de l'imperium européen » et il a ressenti avec douleur Dien Bien Phu. Quant à la guerre d'Algérie, il est soucieux du sort des «Pieds noirs» mais prédit : « Nous céderons ».

    SES ACTIVITÉS INTELLECTUELLES
    Il est passionné par les statistiques. Ce qui le conduit à la prévision de l'avenir. D'où la fondation d'une revue, Futuribles, qu'il voit comme « un carrefour de rencontre des idées qui agitent le débat public ». Il participe en France à des commissions sur la décentralisation et l'aménagement du territoire. Après 1965, il relie l'économie politique à l'écologie. Voir son livre Arcadie. Essais sur le mieux vivre (1968, réédité par Gallimard en 2002). Mais sur ce point aussi, il refuse le catastrophisme du Club de Rome et des Verts. Et prône « une croissance disciplinée » car il est obsédé par « la fragilité du vivant », l'épuisement des ressources énergétiques et des richesses marines. Il n'est plus "réaliste" mais "spiritualiste". Il est d'ailleurs revenu au catholicisme. Il a de nombreuses activités mais vit surtout dans sa retraite d'Anserville (Oise) où il fréquente en voisin Emmanuel Berl qui disparaît en 1986. Il s'inquiète de la nouvelle crise économique : « Nous mènera-t-elle à la guerre comme la première ? » En 1974 et 1981, à la grande surprise de ses amis, il a voté (au second tour) pour Mitterrand tout en critiquant son programme économique. Dans ses notes il s'inquiète de « l'impuissance de la vieillesse » mais avoue avoir « passionnément aimé cette terre ». Il meurt le 1er mars 1987.

    UN PASSEUR
    Ainsi s'achève ce livre remarquable qui charrie tant de noms, de faits, de références, de souvenirs ... Dans sa conclusion. Olivier Dard considère Jouvenel comme un homme qui a toujours voulu comprendre. Il ne pouvait pas percer en politique (pas de charisme, une certaine instabilité Psychologique) mais a réussi comme un "passeur" entre les générations de l'avant-39 à l'après-45. Dans un article de National-Hebdo (reproduit dans Que lire ? tome 3), Jean Mabire avait dit sur lui : « Curieux personnage qui a toujours été décalé. en avance ou en retard sur son temps, jamais en prise sur le réel mais d'une singulière lucidité sur l'évolution du monde qu'il a regardé toute sa vie avec un mélange de scepticisme et d'enthousiasme ».
    Jean-Paul ANGELELLI. Rivarol du 26 septembre 2008
    (1) Olivier Dard. Bertrand de Jouvenel 526 pages. Notes, index et sources. 25 €. Perrin.
    (2) « Pour une révision de tous les procès de tendance » (RIVAROL du 4 novembre 1983) signé Scrutator - pseudo de Maurice Gaït, notre directeur qui décédera le 10 novembre de la même année. Proche de Bergery, il avait connu Jouvenel. Au-delà du procès Sternhell, Maurice Gaït cite Raymond Aron excusant le "fascisme" de Jouvenel et son entrevue avec Hitler. Tant mieux pour Jouvenel. Mais il y en eut bien d'autres (oubliés). Notre directeur d'alors s'interroge « sur cette marmite épuratoire » resurgissant dans les années 1980. Qui n'a plus cessé de bouillonner depuis et s'est même amplifiée.

     

  • IRAK 2003-2008 : un déni d'holocauste

    Le bilan « excède même le million de victimes, un chiffre bien supérieur aux 800 000 victimes du Ruanda voici treize ans et cinq fois celui du Darfour. Un autre déni d'holocauste a lieu sans qu'on y prête attention : l'holocauste de l'Irak » (Docteur Mark Weisbrot, de l'université du Michigan).
    Certains l'apprennent à leur dépens : nier l'Holocauste - ou simplement douter - est source d'interminables et pénibles poursuites. En revanche d'autres génocides ne semblent incommoder personne. Conditionné par le silence des média et une politique gouvernementale des plus opaques, l'Américain moyen estime que 10 000 Irakiens seulement auraient été tués depuis mars 2003, date de l'invasion états-unienne. Pourtant, comme l'indique une étude réalisée il y a plus d'un an par des médecins irakiens et des épidémiologistes américains de la John Hopkins University of Public Health, la réalité est tout autre. Publiée dans le prestigieux journal médical anglais The Lancet, cette étude faisait mention de 655 000 victimes (certificats de décès à l'appui) en date de juillet 2006 : 601 000 de mort violente, le reste en raison d'épidémies, pénurie de médicaments, coupures d'électricité, etc. Les enfants en particulier paient un lourd tribut : plus de 260 000 décès.
    Corroborant ce rapport, ce sont « 1 220 580 victimes [de mort violente] depuis 2003 » que confirmait à son tour l'agence anglaise Opinion Research Business (ORB). Bien qu'alarmant, ce nombre ne semble pas émouvoir média et politiciens - généralement si prompts à s'étendre sur les conflits africains, du Darfour en particulier - et continue d'être réfuté par les gouvernements états-unien et britannique qui lui préfèrent les chiffres du Iraq Body Count (organes de la coalition) donnant un total variant de 73 305 à 84 222.
    L'évidence n'est sans doute qu'un élément trop révélateur de ce carnage, comme le fait remarquer l'Américain Juan Cole, spécialiste du Moyen-Orient : « La mésaventure US en Irak est responsable [en un peu plus de trois ans] d'un massacre de civils dont le nombre est deux fois celui des victimes que Saddam est parvenu à éliminer en 25 ans ». Qu'à cela ne tienne ! Toute déclaration est finalement oblitérée par des démentis officiels comme en témoignait récemment le titre d'un article de la BBC : « Forte augmentation du nombre de morts en Irak » complaisamment suivi d'une longue déclaration publique de George Bush dans laquelle il affirme que « cette méthodologie est totalement discréditée... ces supposés six cent mille et plus... ce n'est pas crédible ».
    Ces statistiques sont d'autant plus choquantes que le pourcentage de victimes le plus élevé est attribué à l'armée américaine. D'après des informations recueillies auprès des familles endeuillées - et jamais mentionnées par les média états-uniens - 83 % des morts doivent être imputés aux membres de la coalition et à leurs alliés (dont 56 % auraient été tués par balles, 13 % par bombardements aériens et 14 % par artillerie) ; 13 % attribués aux insurgés : par voitures piégées (source la plus facile à identifier) ainsi que règlements de comptes entre factions ; 4 % seraient d'origine inconnue.
    Comme le dit avec raison Richard Horton, directeur du Lancet : « Ces révélations soulèvent d'importantes questions, notamment pour les gouvernements des USA et de Grande-Bretagne qui ne peuvent ignorer l'impact de leurs actions sur les civils... Les armées d'occupation ont des responsabilités devant la Convention de Genève... »
    La gravité de la situation réside essentiellement dans le fait de ne pouvoir justifier ces morts civiles par l'occupation armée d'un pays souverain. Des prétextes ont fourvoyé l'élan patriotique de jeunes Américains qui se sont retrouvés confrontés à un scénario pour lequel ils n'étaient nullement préparés. Leur connaissance culturelle et historique de l'Irak est pratiquement inexistante, ce qui engendre une perception caricaturale de ses habitants et accentue cruellement l'incompréhension et le manque de communication entre occupants et autochtones. Ainsi n'est-il pas rare que des voitures civiles aux occupants présumés menaçants soient prises pour cible par des convois militaires qu'ils tentaient tout simplement de doubler ou d'éviter et que sur les routes poussiéreuses et normalement désertiques, des enfants se fassent écraser de même que leurs maigres troupeaux de chèvres...
    La souffrance des innocents peut se résumer à ces quelques mots de désespoir : « Qu'ils viennent et nous attaquent avec une bombe nucléaire qui nous tuera tous ! Ainsi pourrons-nous enfin nous reposer et que ceux qui veulent le pétrole - qui est au cœur du problème - viennent le prendre... Nous ne pouvons plus continuer à vivre ainsi, nous mourrons lentement chaque jour... »
    Est-il étonnant dès lors qu'au vu d'un tel gâchis, l'état psychologique des troupes américaines soit devenu cause d'inquiétude, ce que le Pentagon tente encore de minimiser ? Le taux de suicides est en hausse, surtout depuis mai dernier, date à laquelle les combats ont doublé d'intensité. « Statistiquement, leur nombre [porté à 30] est déjà trop élevé, commente Steve Robinson, ranger en retraite qui tente de faire pression sur Washington en s'appuyant sur le Congrès. Pourtant, il y a longtemps que certains, dans l'armée, avaient en vain tiré la sonnette d'alarme ; il a fallu quelques 600 soldats évacués d'Irak pour troubles psychiatriques pour que la crise soit prise au sérieux. »
    L'Irak est à genoux. 2,5 millions de ses habitants ont fui au-delà des frontières afin d'échapper à l'horreur des combats. Plus de deux millions d'autres restés au pays ont dû quitter leur foyer, leur région où ils étaient menacés de nettoyage ethnico-religieux. À des milliers de kilomètres de là, au Walter Reed Army Médical Center, deux vétérans de retour d'Irak, hospitalisés, se sont pendus, alors qu'au son de cette danse macabre, les magnats de l'Or Noir se frottent les mains devant d'engageantes perspectives. En effet, les nouveaux gisements de pétrole s'annoncent prometteurs.
    Michelle FAVARD-JIRARD. Écrits de Paris mars 2008

  • 1er novembre 1954 : «Toussaint rouge» en Algérie

    Le 1er novembre 1954, en Algérie, le FLN (Front de libération nationale) fait sa première apparition publique et commet plusieurs dizaines d’attentats : récoltes incendiées, gendarmerie bombardée, attaques de militaires et de civils, européens et musulmans, qui font dix victimes. C’est la «Toussaint rouge».

    «Des Flandres au Congo, il y a la loi, une seule nation, un seul Parlement. C’est la Constitution et c’est notre volonté». (François Mitterrand, ministre de l’Intérieur, 12 novembre 1954)

    On compte au total dix morts. Les deux premières victimes, assassinées la veille de la Toussaint, sont deux Français d’Algérie : un chauffeur de taxi de confession juive, Georges-Samuel Azoulay et Laurent François, libéré depuis 6 mois du service militaire. Les autres victimes l’agent forestier François Braun, l’agent de police Haroun Ahmed Ben Amar et quatre appelés : le soldat Pierre Audat et le brigadier-chef Eugène Cochet, tués en pleine nuit dans le poste de Batna, dans le massif des Aurès, ainsi qu’André Marquet et le lieutenant Darneaud. Sont également tués le caïd Ben Hadj Sadok et Guy Monnerot, qui voyageaient ensemble.

    La mort de ce dernier émeut plus particulièrement l’opinion. Ce jeune instituteur est venu de la métropole avec son épouse pour instruire les enfants du bled. Leur autocar est attaqué dans les gorges de Tighanimine. Ils sont extraits du véhicule ainsi que les autres passagers et touchés par une rafale de mitrailleuse destinée au caïd Hadj Sadok. Guy Monnerot succombe sur le champ mais sa femme Jeanine survivra à ses blessures.

    Les meurtriers des deux Français auraient enfreint l’ordre de ne tuer que le caïd, membre de l’élite musulmane francophile. Ils auraient été plus tard sanctionnés par leurs chefs.

    Le ministre de l’Intérieur, François Mitterrand, promet de mettre tout en oeuvre pour arrêter les «hors la loi». […]

    Hérodote

  • Libéralisme et capitalisme : marche, crève ou résiste !

    Libéralisme et capitalisme : marche, crève ou résiste !Les chiffres sont mauvais pour cette fin d’année 2012, et rien ne semble indiquer que la situation s’améliorera pour l’année 2013. Il existe désormais dans le pays dit des « droits de l’homme » plus de 8,5 millions de Français qui vivent avec moins de 964 euros par mois, 3,5 millions de personnes qui sont mal logées, et 23% de notre jeunesse qui vit dans la misère sociale et la détresse humaine. Il y a quelques semaines, Eurostat a publié des statistiques qui indiquent que la France dépasse la moyenne européenne avec 25,2 % de jeunes chômeurs de moins de 25 ans.

    Nos emplois sont gravement menacés, les outils de production sont délocalisés à l’étranger et la main d’œuvre immigrée sous payée, sous qualifiée et largement exploitée par les amis de Laurence Parisot, œuvre considérablement à la baisse des salaires des travailleurs français.

    Ce nouvel esclavagisme moderne non seulement ravage la qualité de vie des Français, mais en plus nous oblige moralement à accepter l’insécurité sociale de l’emploi, à accumuler des boulots sous payés avec des contrats à courte durée, à nous flexibiliser à volonté au marché mondialisé, tout en nous demandant d’être encore heureux d’une telle situation car elle nous éviterait, nous dit-on, le chômage ou le licenciement.

    En réalité, quarante ans de libéralisme et de capitalisme ont entraîné le dérèglement économique et le chaos social. La démonstration est faite et il n’y a rien à attendre de ces deux fléaux. Face à la précarité doit prévaloir aujourd’hui la saine colère et la résistance, car nous n’acceptons pas d’être les esclaves de l’argent et les marchandises humaines d’une poignée de milliardaires…

    Entre une droite financière qui a facilité par la loi les licenciements massifs et qui a participé à la précarisation des travailleurs et de la jeunesse, et une gauche mondialiste qui favorise et encourage largement le libre échange des capitaux, des marchandises et des hommes, tout en se soumettant lâchement aux grands groupes industriels et à la puissance de l’argent, comme l’affaire Arcelor-Mittal le démontre amplement, il devient une nécessité et un devoir pour les patriotes de démasquer ces imposteurs et de les combattre.

    Au nom de la justice sociale, il faut combattre radicalement le capitalisme et lutter de toutes nos forces contre toutes les formes d’exploitation imposées par le libéralisme, car s’ils ont les milliards, nous, nous sommes des millions à nous rassembler autour d’une force politique qui combat la soumission, résiste à la lâcheté et défend la dignité des hommes et des femmes, des jeunes et des anciens, des apprentis et des travailleurs, des commerçants et des artisans, des agriculteurs et des pêcheurs…

    Aujourd’hui, plus que jamais, le Front National représente la France des oubliés. Il est l’incarnation d’une troisième voie sociale, populaire et nationale qui entend faire respecter son peuple et le rassembler autour de la nation. Comme l’a rappelé Marine Le Pen « L’espoir levé dans tout le pays par ma candidature à l’élection présidentielle s’est traduit par le soutien de plus de 6 millions d’électeurs en avril dernier. Ce succès sans précédent, c’est aussi celui du Front National qui s’impose aujourd’hui comme une force politique majeure, conquérante, motivée par un seul objectif : faire respecter la voix du peuple. [...] Et notre ambition, plus que jamais, est d’arriver au pouvoir, pour enfin délivrer notre nation des griffes d’oligarchies qui ne travaillent que pour elles-mêmes ou pour l’étranger, jamais pour les Français. Rendre au peuple la maîtrise de son destin, lui redonner confiance en lui-même, faire de la France une nation fière, prospère et influente, voilà le sens de notre combat ».

    Etienne de La Boétie déclarait « Les tyrans ne sont grands que parce que nous sommes à genoux ». Alors à nous de nous relever et de renverser les tyrans !

    François Hollande a déclaré, si l’on en croit Le Figaro, que « Marine Le Pen va être à la pointe de la radicalité populaire dans les mois à venir » ; il nous appartient de lui donner raison ! Peuple et jeunesse de France, debout ! Car le changement, le seul changement, le vrai changement, c’est le patriotisme de combat, c’est la révolution patriotique ! Jusqu’à la victoire : résistance !
    Grégory Gennaro  http://www.voxnr.com

  • L'Eurasisme selon Alexandre Douguine

    L'Eurasisme selon Alexandre DouguineLe dernier ouvrage d’Alexandre Douguine, La Quatrième théorie politique, paru aux éditions Ars Magna, nous livre un état des lieux du monde postmoderne, ainsi que de la Russie poutinienne.

    Une synthèse éclairante
    La fin du XXème siècle se caractérise par la victoire totale, massive, de la « première théorie politique », le libéralisme, qui a vaincu définitivement les deux autres, le fascisme, en 1945, et le marxisme, en 1989. N’ayant plus d’adversaire capable de soutenir théoriquement et pratiquement la contradiction, et porté par sa logique destructrice, qui le mène à transcender toutes les limites, il tend, à partir de son noyau, les Etats-Unis d’Amérique, à se répandre sur toute la planète, éradiquant les racines des peuples et leur identité. De fait, il se nie lui-même, en abolissant son substrat idéologique, l’humanisme issu de la Renaissance, dont l’incarnation est l’individu. La postmodernité est en effet, après la fin des grands récits, la gestion des choses de l’économie, et le ravalement de l’homme et du réel au rang d’objet démontable et recomposable. A ce cauchemar, s’oppose le conservatisme, dans le sens que lui donnait en partie la Révolution conservatrice, concept que Douguine approfondit comme incrustation, dans l’ordre humain, de l’éternité, qui s'oppose au mythe du progrès et au « nomadisme de l'asphalte ».
    Alexandre Douguine, du point qui est devenu le nôtre après la déréalisation des discours qui fondaient l’Histoire humaine, examine le siècle passé, ses rêves et ses tragédies, pour réévaluer ses expériences, communisme et fascisme, en saisir les ressorts secrets, ainsi que les limites.

    Le concept de « civilisation »
    En même temps que Fukuyama, avec qui il a eu l’occasion de dialoguer, il analyse les thèses d’Huntington, sur le « choc des civilisations », pour développer une analyse de la notion de « Grand espace », autrement dit d’empire, théorisée par Carl Schmitt, ce qui permet au lecteur de comprendre ce qu’est une « civilisation », et d’aborder efficacement la question de l’Eurasisme. En effet, le libéralisme postmoderne, dans sa course mortifère à l’hégémonie mondiale, dans sa tentative d’imposer la technique et l’économie comme destin, le « Gestell » dont parle Heidegger, c’est-à-dire la « formulation sans fin de nouveaux modèles aliénants et nihilistes », se heurte à des résistances, à des « civilisations » porteuses d’une vision fondamentalement différentes, qui coexistent, et qui proposent chacune une vision singulière, irréductible, une alliance entre une anthropologie, une métaphysique, une langue et une une ethnie parfois, des coutumes, des manières de sentir, d’aimer, de haïr qui leur sont propres. Ces noyaux, qui s’opposent au noyau occidental situé aux USA et en Europe, sont la Chine et le Japon, l’Iran, le Califat, la Russie, l’Amérique latine de langue espagnole ou portugaise, et peut-être l'Europe. L’eurasisme ne cherche pas une alternative au nihilisme postmoderne dans le passé, mais dans la présence synchronique de pôles différenciés, qui constituent autant de variantes d’être au monde, originales et ontologiquement enracinées.

    La Russie et nous
    Douguine est un acteur engagé dans la Russie postsoviétique. Il nous donne, de première main, des informations sur le rapport des forces, notamment entre une oligarchie en majorité vendue aux anglo-saxons et un peuple attaché aux valeurs patriotique. Il nous éclaire sur le débat qui est la source des hésitation de Vladimir Poutine et du pouvoir actuel, entre l’Etat-nation, qui aurait sa place dans la « communauté internationale (un piège, selon Douguine), et l’idée d’eurasisme (l’empire). Rappelons que l’Empire n’a rien à voir avec celui de Napoléon ou le Reich allemand, qui étaient des nationalismes. Il est plutôt une « combinaison des différences en une unité », unité incarnée par des valeurs suprêmes (il n’est pas question de « fusion »). Douguine dresse un bilan de l’histoire récente de la Russie, et arrête son étude en 2008, lors de la réponse cinglante des forces russes à la tentative de la Géorgie de Saakachvili de perpétrer un génocide en Ossétie. La Russie semble surmonter le traumatisme eltsinien, et avancer dans la vie impériale. Sans doute les événements syriens vont-ils dans le même sens.
    En revanche, Douguine évoque, pour juger de l’Union européenne et d’un projet hypothétique de pôle civilisationnel, l’axe Paris-Berlin-Moscou, destiné à s’opposer à l’agression américaine en Irak. Depuis, l’élite européenne est passée avec armes et bagages dans le camp atlantiste. L’Europe continentaliste s’est transformée en Europe atlantiste, et se prépare au grand marché qui l’arrimera au noyau dur de l’occidentalisme. L’Occident est le lieu où le soleil se couche. Notre destin a besoin de la Russie, de l’Orient, pour contrebalancer ce crépuscule fatal. A nous d’opter pour le retour aux sources, plutôt que pour la linéarité de la course au néant historique et existentiel.
    Claude Bourrinet http://www.voxnr.com
    Pour recevoir le livre d'Alexandre Douguine, s'adresser à Ars magna éditions, BP 60426, 44004 Nantes cedex 1, en joignant un chèque de 32 euros franco.

  • LA CITE ET LA "COMMUNAUTE DE REVES" de MALRAUX

     

    Que sont devenus nos cité, nos rues et la nature environnante. Celles-ci répondent-elles aux impératifs d'une vie saine et équilibrée. Le bétonnage systématique de nos villes devenant de véritables ghettos dépersonnalisés, inhumains et invivables pour le plus grand profit des magouilles immobilières. La disparition graduelle des espaces verts dans ces dortoirs fait naître une jeunesse désoeuvrée, écoeurée et justement révolté. La création massive de ces "cages à poule" détruit les sites historiques créant le mal-vivre, le désespoir des humbles, le suicide des plus faibles et l'abandon des vieillards. Les rapports sociaux sont dramatiques, une véritable loi de la jungle règne. L'air est devenu irrespirable, dans certains lieux, le centre est asphyxié et la périphérie inhumaine, des villes où les espaces verts par habitant sont de trois à dix fois inférieurs à ceux des autres villes du monde : tel est l'enfer vécu.
    Comment s'étonner qu'il n'y fasse pas bon vivre ? que le taux de criminalité y augmente ?
    Que l'usage destructeur de la drogue, spécialement chez les jeunes, ou la prostitution, ou la délinquance juvénile ne cessent de s'y développer ? Un dégoût général, le métro-boulot-dodo,la vie au jour le jour,l'insécurité s'installe partout dans les villes,les transports, en toute impunité. La seule réelle répression tombe sur le citoyen lorsque celui-ci refuse de se soumettre ou parce qu’il transgresse le code de la route !!!
    « En France, l’administration multiplie les contrôles tatillons dans un esprit souvent suspicieux. C’est vrai du fisc, des organisations de recouvrement des cotisations sociales et même des policiers et des gendarmes sur les routes ! Avant, vous pouviez discuter avec eux, ils ne verbalisaient pas systématiquement. Aujourd’hui, ils sont cachés et vous recevez le procès-verbal par la poste… » (Jean de France, « Un Prince Français»)

    Nos ancêtres du Moyen-âge étaient mieux protégés que nous. Lorsque dans les villes, la loi régnait grâce aux franchises et libertés octroyées par le roi. Les milices professionnelles ne riaient pas avec la sécurité des citoyens, autre temps, autres mœurs. Si nos cités sont encore des « communautés », ce sont plutôt celles des cauchemars : les citoyens des villes modernes ne sont jamais aussi parfaitement unis que lorsqu'ils se trouvent entassés dans les gigantesques embouteillages qui annihilent tout à la fois les avantages de l'automobile, de la vitesse et des loisirs « gagnés » sur le temps de travail, qui paralysent les accès et le centre de nos villes, qui en détruisent « l'âme et la vie ». Où se trouve la vie lorsque l’on passe des heures dans son véhicule, dans des embouteillages infernaux, ceci chaque jour, coincé dans les agglomérations avec un stress sans fin, seul et révolté mais finalement prisonnier...  
    Pour ceux qui subissent sans rien dire, comment peuvent-ils regarder leurs enfants grandir dans ces ensembles de cauchemars sans nom...La délinquance, la drogue, la prostitution, les enlèvements sont les fondements de ces cités sans âmes. « Malheureusement, l’État ne manifeste pas sa force à bon escient : il est souvent trop sévère pour les simples citoyens et trop indulgent pour les criminels et les délinquants. » (Jean de France, Un Prince Français)

    La misère s'y installe et surtout morale avec ses attributs comme l'oubli, la solitude et l'indifférence. Il faut donc instaurer des mesures permettant la réduction de la misère morale et social qui règne dans notre pays redonnant ainsi aux citoyens l'espérance d'un avenir meilleur. L'urbanisme mieux géré permettra à notre jeunesse de connaître d'autres horizons que l'univers restreint des tours grises, parkings et centres commerciaux des banlieues étouffantes. Sur les prisons :

    « Il est tout à fait normal qu’on incarcère un criminel ou un délinquant, c’est-à-dire qu’il soit retranché pour quelque temps de la société. Il « paie sa dette ». Mais rien ne garantit qu’il ne récidivera pas à sa sortie si l’on ne s’occupe pas un tant soit peu de lui. Je ne parle pas seule­ment de sa réinsertion, je parle aussi de l’homme qu’il est. « J’étais en prison et vous êtes venus me voir. » Il me semble qu’il serait utile de favoriser des vocations d’assis­tance aux prisonniers. Il existait encore dans les années 1950 des congrégations attachées aux établissements péni­tentiaires. Aujourd’hui, les aumôniers font ce qu’ils peuvent, mais ils ne sont pas très nombreux. En revanche, je suis frappé du nombre de condamnés qui se conver­tissent à l’islam. C’est bien le signe que ces hommes et ces femmes ont besoin que l’on prenne soin de leur âme. Il est capital de laisser ouvertes au souffle de la charité les fenêtres de la maison de justice. » (Jean de France, Un Prince Français)

    http://www.actionroyaliste.com

  • Une sagesse oubliée :

    Lors de l'émission HD, des indiens d'Amazonie donne une bonne leçon de vie, d'amour, de respect de la nature et surtout sur le vrai sens de la civilisation !

  • ALGÉRIE : LA HONTEUSE REPENTANCE DE FRANÇOIS HOLLANDE

    Cela n’a ni le goût de la repentance ni la couleur de la repentance, mais est bien de la repentance !

    Car il ne suffit pas de changer les mots pour travestir la vérité !

    François Hollande, se sachant surveillé par les Français au cours de son déplacement à hauts risques en Algérie, avait pourtant déclaré, hier, dès son arrivée à Alger, qu’il n’était venu ni faire repentance ni présenter des excuses pour le passé, c’est-à-dire pour 130 années de présence française sur cette terre qui, avant notre arrivée, n’était ni unie ni souveraine. Avant 1830, faut-il le rappeler ?, l’Algérie n’existait pas.

    Il était donc venu tenir un discours de vérité.

    Or, la vérité, il l’a surtout déguisée pour plaire tant aux caciques du FLN qu’aux islamistes qui, d’ailleurs, avaient boudé son discours devant le Parlement algérien.

    Monsieur "Reconnaissance Lucide" — telle est l’expression hollandaise pour « repentance » — a ainsi déclaré : « Nous devons la vérité à tous ceux pour qui notre histoire commune reste douloureuse, blessée, avec des cicatrices qui peinent, 50 ans après, à se refermer. Pendant 132 ans, l’Algérie a été soumise à un système profondément injuste, brutal et destructeur. Rien ne peut justifier les agressions commises contre la population algérienne. Je reconnais ici les souffrances que le système colonial a infligées au peuple algérien [...] Nous devons le respect à toutes les mémoires. Et donc la vérité sur la violence, sur l’injustice, sur la torture », a-t-il conclu.

    Louant ensuite la mémoire des porteurs de valises, qui, en armant les terroristes, tiraient dans le dos de nos soldats, ou celle des intellectuels qui désarmaient moralement les Français, François Hollande, applaudi par un parlement hostile à la France, a ainsi montré dans quel camp il se situait. Avant d’aller rendre hommage au communiste Audin, arrêté en 1957 pour sa complicité avec le FLN.

    Certes, Sarkozy avait déjà évoqué en 2007 à Constantine, « les crimes du système colonial », s’engageant sur la pente glissante de la repentance, mais il n’était pas allé aussi loin dans la négation de l’œuvre économique, structurelle et humaine accomplie par la France en Algérie ni, surtout, dans la négation des souffrances subies par les Algériens fidèles à la France — 100 000 harkis torturés et assassinés —, et par les milliers de pieds-noirs et les centaines de soldats du contingent, disparus et assassinés, eux aussi, surtout après la signature des accords d’Evian. Manifestement, « le respect [dû] à toutes les mémoires », « la vérité sur la violence, sur l’injustice, sur la torture » est, aux yeux du chef de l’Etat, à géométrie variable : il oublie tout simplement, devant leurs bourreaux ou leurs enfants, d’y inclure ses compatriotes !

    Hollande est venu mentir, en Algérie, mentir au détriment du pays qu’il est censé représenter, tuant une seconde fois, par cet oubli prémédité, les victimes françaises de la guerre d’Algérie, quelles qu’aient été leurs origines ou leurs confessions.

    Il est venu aussi, en guise de "réparation", ouvrir grandes les portes de la France à une Algérie pressée de se débarrasser de sa jeunesse à laquelle un Etat indépendant et corrompu est devenu incapable d’assurer un avenir.

    Le Chef de l’Etat français vient de porter, délibérément, un mauvais coup à la France.

    L’ACTION FRANÇAISE - Jeudi 20 décembre 2012 à 15 heures 15.

  • Les Traditions de Noël

    Noël, ou la récupération
    Comme chacun le sait, la fête de Noël (Jul) correspond aux anciennes festivités indo-européennes du solstice d’hiver. Le mythologue Marc de Smedt le rappelle, après bien d’autres : « Noël n’est qu’une adaptation à la nouvelle religion (chrétienne) des fêtes que les Anciens et les Barbares célébraient lors du solstice d’hiver – et il en est de même pour toutes les fêtes chrétiennes, bien que l’Église l’ait très longtemps nié » (Le Nouvel Observateur, 23 décembre 1974). C’est ainsi que la fête de l’annonce à Marie, le 25 mars, soit neuf mois avant Noël (durée de la période de gestation) était célébrée à Rome bien avant le christianisme : c’était la fête de l’annonce à Cybèle.

    Après beaucoup d’hésitations, l’Église s’est décidée à fixer la date de la naissance supposée du Christ au 25 décembre afin de la faire coïncider avec un rite plus ancien : la première mention latine de cette date comme fête de la Nativité remonte à l’an 354, la célébration proprement dite n’étant apparue qu’à la fin du IVe siècle. En 525, Dyonisius le Petit, consacrant une tradition alors vieille d’un peu moins d’un siècle, fixe la date de la naissance supposée de Jésus au 25 décembre de l’an 1, qu’il assimile à l’an 754 de la fondation de Rome. En fait, si les festivités du solstice d’hiver ont toujours eu lieu à la même époque de l’année, nous ignorons non seulement le jour de la naissance de Jésus, mais même l’année. Sur ce point comme sur bien d’autres, la contradiction entre les canonistes est totale.

    On notera à ce sujet que les contradictions concernant la naissance de Jésus s’étendent plus loin encore, jusqu’au lieu même de sa naissance (Nazareth, ou Bethléem ?) et à son ascendance davidique présumée. David Flusser écrit à ce sujet : « […] Les deux généalogies de Matthieu et de Luc ne sont identiques que d’Abraham à David. Les difficultés propres aux deux successions et leurs importantes divergences laissent donc l’impression que les deux généalogies de Jésus ont été établies dans le seul but d’établir la descendance davidique de Jésus » (Jésus, Le Seuil, 1970). La volonté de manipuler et de récupérer l’histoire au service de la Révélation ne pouvait manquer de s’appliquer également à des festivités aussi populaires et aussi enracinées que celles qui entourent les deux périodes solsticiales.

    Comme en bien d’autres occasions, l’Église, après avoir cherché à détruire, a fini par composer. Au départ, son hostilité ne fait pas de doute. N’est-il pas écrit dans le Deutéronome : « Quiconque aura honoré le soleil ou la lune, ou un être dans les cieux, devra être lapidé jusqu’à ce que mort s’ensuive » (XVII, 2-5) ? Le psychiatre Ernst Jones a été jusqu’à écrire : « On pourrait se demander si le christianisme aurait survécu s’il n’avait pas institué la fête de Noël avec tout ce qu’elle signifie » (Psychanalyse, folklore et religion, Payot).

    Aujourd’hui, René Laurentin reconnaît que cette « naissance de Jésus, dont les Évangiles ne nous disent pas la date, l’Église l’a située au solstice d’hiver » (Le Figaro, 26-27 novembre 1977). Il ajoute : « Le symbole cosmique du solstice d’hiver popularise et vulgarise à la fois la fête de Noël parmi nous » (ibid.).

    Marc de Smedt explique : « Ce n’est pas par hasard que, la date exacte de la naissance de Jésus restant inconnue, un concile décida néanmoins de fêter l’anniversaire de cette nativité le jour du 25 décembre, jour du solstice d’hiver, qui ouvre la phase ascendante et lumineuse du cycle annuel. Partout, on allumait alors des feux en signe de joie. Saint-Augustin et l’Église démentirent, bien sûr, ces origines païennes, mais il n’en reste pas moins que le 25 décembre était l’anniversaire des dieux soleil […] Jésus naît la nuit, il vainc l’obscurité, cette vieille angoisse de l’homme, et symbolise la victoire périodique de la lumière fraternelle qui va aider au renouveau de la vie et à l’éclosion cyclique de la nature porteuse de fruits. La réanimation de la lumière équivaut à un renouvellement du monde. La partie du solstice d’hiver ouvre un cycle : dans la tradition hindoue, c’est le début du deva-yâna, la voie des dieux, par opposition à la pitri-yâna du solstice d’été, qui figurait le commencement de la voie des ancêtres » (Le Nouvel Observateur, art. cit.).

    D’un autre côté, la fragilité de l’argumentation historiciste appuyant cette récupération, ainsi que la prégnance de vieux symboles païens dans les célébrations de Noël, ont induit dans certains milieux chrétiens une tendance marquée à la « démythologisation » de Noël. Le fait, à vrai dire, n’est pas nouveau. Certaines sectes protestantes récusent le caractère de fête du 25 décembre et y voient une célébration purement païenne. Tel est le cas des Témoins de Jéhovah (qui font remarquer que, si le jour de la naissance de Jésus avait eu la moindre importance, la Bible l’aurait à coup sûr mentionné) et, aux États-Unis, de la Worldwide Church of God fondée par Herbert W. Armstrong (cf. le Sunday Sun du 28 décembre 1980). Par ailleurs, pour l’église orthodoxe, la fête de Pâques a toujours eu plus d’importance, on le sait, que la fête de Noël.

    La nouveauté est que cette tendance atteint également les milieux catholiques. Une thèse de ce genre est notamment développée par Raymond E. Brown, membre (catholique) de l’Union Theological Seminary, dans un livre intitulé The Birth of the Messiah (1977). À Paris, dans La Croix du 21-22 décembre 1980, Étienne Got propose lui aussi de « démythiser Noël ». Tel est d’ailleurs le titre de son article. Sa conclusion est la suivante : « Démythisons, mais gardons l’essentiel : une jeune juive nommée Marie donne naissance, loin de chez elle, dans un pays occupé, à un garçon qu’elle nomme Jésus, qu’elle pressent être le Messie ».

    Le solstice d’hiver, ou la Tradition
    À Rome, bien avant la célébration de Sol Invictus, le solstice est nommé bruma, breuissima (dies), journée qui correspond au 21 décembre. On a également recours à une autre racine, qui a donné le mot angor. « Il est de bon latin, à toute époque, de notre par angustiae un espace de temps ressenti comme trop bref, fâcheusement ou douloureusement bref, et Macrobe ne manque pas de l’employer et de le répéter quand il dramatise ce tournant de l’année » (Georges Dumézil, La religion romaine archaïque, Payot, 1966). Ovide écrit : « Le solstice d’été n’abrège pas mes nuits, et le solstice d’hiver ne me rend pas les jours angustos » (Les Tristes 5, 10, 7-8). La religion ressent ces angustos dies solsticiaux : une déesse et un culte en assurent le franchissement. Cette déesse du solstice, c’est Diua Angerona, dont les festivités, dénommées Diulia ou Angeronalia, se déroulent le 21 décembre. Ce jour là, les pontifes offrent un sacrifice in curia Acculeia ou in sacello Volupiae, proche de la porte Romanula, une des portes intérieures de Rome, sur le front Nord du Palatin. Dans cette chapelle se trouve une statue de la déesse, avec la bouche bandée et scellée ; elle a un doigt posé sur les lèvres pour commander le silence. Pourquoi cette attitude ? Georges Dumézil explique, en se référant à d’autres mythes indo-européens : « Unes des intentions du silence, dans l’Inde et ailleurs, est de concentrer la pensée, la volonté, la parole intérieure, et d’obtenir par cette concentration une efficacité magique que n’a pas la parole prononcée ; et les mythologies mettent volontiers cette puissance au service du soleil menacé » (op. cit., p. 331).

    En ce qui concerne les Germains, l’historien Grec Procope (IVe siècle) dit qu’au cœur de l’hiver, les hommes des « pays du Nord » envoient des messagers au sommet des montagnes pour guetter le retour du soleil, lequel est annoncé par des feux ou des roues enflammées auxquelles on fait dévaler les pentes. De son côté, Tacite (55-120) raconte dans ses Annales que les Germains célèbrent le solstice d’hiver par des festivités et des festins.

    Il faut noter ici que le solstice d’hiver est un simulacre du Ragnarok : la fin de l’année est la « représentation » cyclique de la fin du monde (qui clôt elle-même un grand cycle du temps). C’est pourquoi dans l’Edda, l’époque du « crépuscule des dieux », durant laquelle le soleil – comme Odhinn lui-même – est avalé par le loup Fenrir (ou par un fils de Fenrir), est appelée Fimbulvetr, c’est-à-dire le Grand Hiver. C’est pourquoi également Vidarr, le dieu qui permet la renaissance du monde et qui parvient à terrasser Fenrir (Völuspa, 55) – grâce à quoi le soleil est remplacé par sa fille, c’est-à-dire par un nouveau soleil (dans les langues germaniques, le mot « soleil » est du genre féminin) –, est défini comme l’« Ase silencieux ». L’analogie entre l’action de Vidarr, qui implique le silence, et celle de la déesse romaine du solstice, Angerona, dont l’attitude commande aussi le silence, saute aux yeux. Le silence est nécessaire à Noël pour que le dieu / la déesse sauve le soleil du péril et de la mort.

    À cet égard, le passage essentiel de l’Edda se trouve dans le chant de Wafthrudnir au moment où, à la question de Göngröder : « D’où viendra le nouveau soleil dans le ciel uni, lorsque le loup aura avalé celui que nous voyons ? », le sage Wafthrudnir (Wafthrunder) répond : « Le soleil, avant d’être anéanti par le loup, donnera le jour à une fille ; quand les dieux disparaîtront, elle suivra la même route que sa mère ». On notera par ailleurs que dans la mythologie germanique, le loup est constamment attesté comme le symbole de l’hiver – et qu’en Allemagne du Sud, l’ancien nom du mois de Décembre (Julmond ou Julmonat) est attesté, lui aussi, en Wolfsmond, le « mois du loup ».

    Dans son essai sur La vie religieuse de l’Islande, 1116-1263 (Fondation Singer-Polignac 1979, p. 369), Régis Boyer souligne également : « Tout comme elle a dû confondre Noël et jól – et, outre la jólaveizla (le “banquet de Jul”), la jóladrykkja (la “libation de Jul”), le jólabodh, les pratiques qui allaient de pair : hospitalité libéralement accordée (jólavistar) et la paix sacrée (jólafridhinn) –, l’Église a assimilé les fêtes d’équinoxe d’automne, vetr-naetr, à la Saint-Michel et celles du solstice d’été, sumarmàl, à la Saint-Jean, de même que celles de la mi-été (midhsumar) ». De son côté, un auteur comme Folke Ström (Nordisk hedendom, p. 61) a montré que le jól (Jul) islandais était l’ancien sacrifice nordique de l’àlfablót.

    http://grece-fr.com

  • Colonisation de l’Algérie… La fierté de la France !

    [tribune libre] « L’Afrique, c’est une terre donnée par la providence à la France. Faites-là connaître à tous les méchants avocats qui nous marchandent 100 000F quand nous leur donnons un monde… » (Alexandre Dumas au Maréchal Bugeaud, fin 1846)

    Depuis le vote de la loi du 23 février 2005 disposant que « les programmes scolaires reconnaissent en particulier le rôle positif de la présence française outre-mer », de nombreuses voix –issues du corps enseignant, d’intellectuels et d’élus de gauche- se sont élevées pour demander, avec véhémence, son abrogation au motif que cette loi serait de nature à menacer gravement la nécessaire neutralité de l’enseignement de l’histoire.

    A pareille époque, le président algérien Bouteflika, fort de l’appui que lui assure en toutes circonstances cette même intelligentsia progressiste, réitérait ses provocations en comparant la période française en Algérie au nazisme et exigeait que la France demandât pardon. Et il s’est trouvé, dans notre pays, des Français pour cautionner cette « repentance »

    Ces derniers, avec l’appui de médias partageant leur idéologie, dans un esprit de culpabilité congénitale outrancier et suivant la tendance islamolâtre qui est la leur depuis un demi-siècle, ne cessent depuis lors, de déverser une littérature foisonnante et pullulante, identique à celle qui s’était déjà proposée de révéler aux Français de la Métropole, la vie coloniale sous tous ses aspects.

    C’est ainsi que l’œuvre colossale des premiers pionniers et tout ce qui a été fait par leurs enfants, n’est qu’un tissu d’abomination et de crimes. Elle dépeint le misérable peuple musulman comme abêti, vivant dans le plus dur des esclavages, mais avec le soulèvement et la valeureuse lutte du FLN pour l’indépendance de l’Algérie, c’est le despotisme qui a été vaincu, c’est la liberté conquise, c’est la dignité retrouvée, c’est le bien-être et le progrès intellectuel et moral…

    Ainsi décrivent-ils encore aujourd’hui l’Algérie française comme ayant été uniquement peuplée de colons richissimes sans cœur et de misérables petits Arabes courbant l’échine sous le joug de l’impérialisme.

    Et pourtant, comment oublier que ce sont les premiers Européens que la France a exilés en Algérie -car jugés « trop rouges »- qui ont asséché les marais, ensemencé les maquis, transformé les douars, les casbahs, les repaires de pirates en paisibles villages, en cités prospères, en ports dignes de ce nom, bâti les écoles, les universités et les hôpitaux, tracé les routes et édifié les ponts, chassé la maladie, la famine, fait jaillir des pierres la vigne généreuse et les orangers ?

    Dans ses nombreux poèmes des Châtiments, Victor Hugo évoquera l’épuration et la destinée de ces premiers pionniers exilés par la Mère Patrie en ces termes : « martyrs, héros d’hier et forçats d’aujourd’hui, jetés par l’Empereur à l’Afrique » (Il s’agissait de Napoléon III). Comment oublier, aussi, que c’est la France, et elle seule, qui a fait jaillir du sable du désert un pétrole et un gaz qui l’auraient doté de l’inestimable richesse des temps modernes ? A cela, qu’ont opposé les tueurs du FLN soutenus par l’intelligentsia progressiste française d’hier et d’aujourd’hui ?… La révolte, le terrorisme, l’abomination.

    Quand un contraste crie, il faut l’entendre, et ce serait être apocryphe en nature humaine, en morale pure, que de nier cette réussite. Sur ce point, quelques années après l’indépendance, Aït Ahmed, chef historique du FLN, déclarera : « L’Algérie, au temps des Français, c’était un paradis ! »

    L’idée que le colonat en Algérie n’était représenté que par des personnes riches à millions facilement gagnés est trop bien ancrée dans l’opinion française. Albert Camus lui-même s’était élevé contre cette idée peu conforme à la réalité en écrivant dans l’Express : « A lire une certaine presse, il semblerait que l’Algérie fût peuplée d’un million de colons à cravache et à cigare montés sur Cadillac… »

    Qu’il est injuste et dangereux de confondre tous les Français d’Algérie sous les mêmes traits de quelques colons qui ont réussi à faire leur fortune. Ceux-là ont existé, certes, mais combien étaient-ils ? Une dizaine peut-être ! Et les autres… les humbles fermiers, le petit peuple… les plus nombreux, tragiques et pitoyables.

    Comme dans toutes les professions, il y avait « là-bas », de même que partout ailleurs, une gradation et, en milieu colon, on allait du « petit colon » qui ressemblait en tout point au modeste agriculteur de France, au « grand colon » que l’on peut comparer au propriétaire de vignobles bordelais ou champenois. Le fait grave, c’est que l’on a tendance –depuis un demi siècle- à assimiler la masse des agriculteurs d’Algérie à ces derniers…

    Il est toutefois un fait à souligner, volontairement occulté par les propagandistes : la plupart de ces « grosses fortunes » étaient étrangères au pays et n’y résidaient pas. Sous des « raisons sociales » camouflées, les propriétaires, français ou étrangers, exploitaient leur domaine de « l’extérieur », laissant sur place une famille de gérants, native du pays, faussant de ce fait les jugements que l’on se faisait en France métropolitaine. Et c’est, précisément, cette population rurale de petits colons et de gérants de domaine qui était la plus atteinte par les assassinats du FLN. Ces gens étaient les plus vulnérables car isolés dans le bled. De plus ils constituaient un obstacle certain pour le FLN, par l’étroitesse de leurs rapports avec les fellahs de la région. Ils étaient de ce fait portés en tête de liste des « éliminations ».

    Par ailleurs, afin d’embrouiller un peu plus les esprits, on mélange savamment les termes de colonialisme et colonisation et, aujourd’hui, ce sont, apparemment, les enfants de ceux qui soutenaient l’action des tueurs du FLN qui crachent à leur tour sur la mémoire de ces défricheurs.

    C’est ainsi que pour les censeurs qui n’ont de cesse de dénigrer l’œuvre civilisatrice de la France, le colon a engendré le colonialisme qui est la honteuse exploitation systématique d’un pays envahi… et se gardent bien d’utiliser un autre mot, plus approprié à la situation : colonisation, qui, elle, est la mise en valeur d’un pays sous-développé. On a donc tendance à confondre facilement ces deux termes et les colons deviennent donc d’infâmes colonialistes…

    Quand on pense à toutes ces déclarations haineuses, à ces pamphlets journalistiques qui ont consisté à enseigner durant les années de guerre que l’avènement du FLN marqua le soir d’un passé de ténèbres et de tyrannie, l’aurore d’un avenir de lumière et de liberté… à faire croire aux jeunes générations musulmanes que leurs pères furent uniquement des esclaves misérables et affamés, soumis, sans droits ni recours, au bon plaisir des colons… j’en frémis et j’ai honte pour toutes ces plumes qui se disent savantes. Et si les guides de l’opinion témoignent d’un tel snobisme et d’une telle nonchalance à l’égard de toute vérité neuve, mais dédaigneuse du maquillage et du charlatanisme, comment veut-on que les Français se montrent plus empressés ou plus perspicaces ?

    Quant à « laisser les historiens en débattre »… c’est-à-dire laisser l’Histoire décider, comme le préconisent nos gouvernants, il y a de quoi s’inquiéter. Comment ne pas frémir à l’idée qu’un Benjamen Stora pourrait faire partie de ces « historiens » ? Aujourd’hui, il ne s’agit même plus d’altérer et de dénigrer l’histoire de l’Algérie française, il s’agit, ni plus ni moins de la supprimer, de faire en sorte qu’elle n’ait jamais existé. A ce sujet, Albert Camus avait d’ailleurs dit : « Quand le destin des hommes et des femmes de son propre sang se trouve lié, directement ou non, à ces articles qu’on écrit si facilement dans le confort du bureau, on a le devoir d’hésiter et de peser le pour et le contre » et Montaigne, déjà, ne se plaignait-il pas que l’histoire était généralement écrite par des hommes de Cabinet qui n’avaient aucune idée ni des âmes ni des choses dont ils parlaient ?

    Depuis deux siècles, depuis la révolution, malgré des efforts prodigieux, des guerres qui ont secoué la planète, la France n’a eu qu’un succès durable et important, parfaitement unique : son œuvre en Afrique du Nord. Tout le reste n’a été que glorieux échecs. Or, une nation, comme un homme, a les yeux fixés sur ses échecs, dont l’injustice la soulève ; elle rêve d’en rappeler. Que les Français n’oublient jamais cela !

    José CASTANO http://www.contre-info.com