On commence à s’interroger sur son identité quand on est sur le point de la perdre. Nos grands-parents ne se sont jamais posé de question sur le sens de l’identité ; ils ne se sont jamais préoccupés de savoir qui ils étaient. Ils considéraient comme allant de soi leur appartenance à leur religion, à leur tribu et à leur race. C’est avec la montée du multiculturalisme, suivie du déclin de la notion traditionnelle d’Etat-nation que l’identité est devenue un problème.
Le terme « identité » est devenu à la mode, car il peut signifier tout et rien en même temps. Ce n’est pas par hasard qu’il est aujourd’hui très en vogue, parce que, comme on l’a vu dans une récente livraison de l’Institut für Staatspolitik, « il a une résonance plus scientifique que les termes “conscience nationale” ou “âme nationale” ».
Depuis la tragique expérience des Européens affichant leurs nationalismes durant la deuxième guerre mondiale, et son prolongement de moindre importance lors de la récente guerre de Yougoslavie, la classe politique européenne préfère employer des termes neutres comme « identité nationale ». La vieille expression « national consciousness », qui dans la langue allemande a une résonance particulèrement forte (c-à-d Volksbewusstsein) ou en français conscience nationale [en français dans le texte], a des relents de vocabulaire fasciste et doit être prudemment évitée.
En revanche, l’expression « identité nationale » semble neutre. Tout le monde peut l’employer – même ceux qui renient leur identité nationale ou rejettent la notion de fierté raciale. Même les figures emblématiques de la gauche parlent souvent, avec hypocrisie, de fierté nationale et s’affichent avec des symboles patriotiques.
Il est vrai que lorsqu’un Européen blanc ou un Américain blanc parle de « conscience nationale » au sein de son groupe, les grands médias dénonceront automatiquement la montée du spectre du racisme. Dans le monde postmoderne, le terme neutre d’ « identité » fait office de certificat de bonne conscience civique, excluant tout soupçon de xénophobie ou de rejet de l’Autre.
La plupart des Européens ou Américains blancs ont recours aux identités « fonctionnelles », sans aucun lien avec leur identité raciale ou culturelle. Des études en psychologie montrent que les Blancs, au niveau de l’inconscient, éprouvent un assez fort sentiment identitaire en tant que Blancs – ce que Kevin MacDonald appelle « la blanchitude implicite » ; mais, au niveau du conscient, de l’explicite, ils s’identifient comme Américains ou chrétiens ou passionnés de musique classique.
En effet, pour beaucoup de Blancs, dans ce monde postmoderne, l’identité s’exprime par le choix entre divers modes de vie ou par l’adhésion à des mœurs exotiques. Ces nouvelles identités postmodernes à la mode remplacent les vieilles identités qui étaient liées à notre héritage racial et culturel.
Par exemple, de plus en plus de Blancs, alors qu’ils font état avec jubilation de leurs racines françaises, américaines, anglaises ou allemandes, chantent les louanges d’identités bizarres supranationales ou transnationales. Ils adopteront volontiers ce besoin exotique de s’évader du réel qu’on trouve en Afrique ou en Asie, ou ils s’entichent pour le rap des villes américaines. Ils décèlent leur nouvelle identité non pas dans les environs de leur propre village d’origine de Blancs, mais dans des lieux aussi éloignés que possible de la réalité dans laquelle ils vivent.
Alain de Benoist observe que souvent, dans la société postmoderne, les individus recherchent une identité de remplacement en s’identifiant à des marques, des logos ou des images exotiques. Si une nouvelle mode veut que l’on recherche une nouvelle identité dans la Kabbale juive ou en mimant le style de vie d’une tribu noire de Tombouctou, on l’adoptera volontiers.
Il est bien possible que les Américains modernes d’origine européenne ou les Européens en général ne pourront pas devenir conscients de leur race tant qu’ils n’auront pas été d’abord confrontés à l’identité bien marquée d’un autre. Il n’y a qu’à voir l’éclatement de la Yougoslavie où de nombreux Croates ont découvert une forme intense d’identité nationale grâce à l’assaut des chars communistes yougoslaves.
Victimologie : une identité négative
Dans une société multiethnique et muticulturelle, l’identité de différents groupes ethniques est incompatible avec l’individualisme libéral. D'une part, le libéralisme prêche le libre marché avec des consommateurs heureux comme étant l’ultime identité pour tous ; mais d’autre part, la dynamique même du libéralisme ne peut pas supprimer les conflits entre identités raciales et ethniques au sein de son propre corps politique multiculturel.
En réalité, aussi drôle que cela puisse paraître, le multiculturalisme (qui n’est qu’un euphémisme frauduleux pour dire multiracialisme) constitue la plus grande menace pour le système libéral. Il provoque, en effet, des sentiments de victimologie entre les différents composants ethniques et raciaux. Comme l’a montré l’ex-Yougoslavie et comme le démontrent chaque jour les Etats-Unis d’aujourd’hui, la société multiculturelle moderne est un système fragile sujet aux tensions raciales et ethniques. Pierre-André Taguieff, écrivain français de tendance de gauche et rebelle au politiquement correct, constate que « les rivalités particulièrement inter-ethniques peuvent s’enflammer à la plus petite étincelle (un événement mineur) et engendrer un conflit s’apparentant à une guerre civile ».
Depuis la fin de la de la Guerre froide, la classe politique affirme son identité en faisant constamment ressurgir l’épouvantail fasciste et la menace permanente de l’Antisémite. Même si ce croquemitaine antisémite n’existe pas, il faut le réinventer afin de fournir une crédibilité au système libéral. Encore et toujours.
En ce début de troisième millénaire, on entend sur toutes les ondes d’interminables histoires d’horreur à propos de cet Hitler incarnation du mal – un homme certainement voué à vivre à jamais dans l’infamie. Il semble que la démocratie libérale ne puisse pas du tout fontionner sans utiliser la référence négative à l’Autre.
L’Holocauste juif est devenu un composant crucial de l’identité du monde occidental en mal de nouveau symbole quasi religieux – la culture de l’Holocauste. En 2005, le président de la République fédérale d’Allemagne, Horst Köhler, déclarait en pleurant à la Knesset en Israël que « la responsabilité de la Shoah faisait partie de l’identité allemande » (Die Verantwortung für die Schoa ist Teil der deutschen Identität). De la même façon, l’ancien chancelier allemand Gerhard Schröder proclamait que « le souvenir de la Shoah appartient à notre identité ».
Qu’on y réfléchisse : si l’on prend ces mots à la lettre, cela voudrait dire qu’un Allemand ne peut pas se considérer comme allemand sans avoir à l’esprit le rôle joué par les Allemands dans l’Holocauste. Etre allemand, c’est porter au front la marque de Caïn.
En Europe, cette culture de l’Holocauste est fermement encadrée par le système judiciaire. La perception d’une identité antisémite réelle ou surréaliste déclenche les foudres judiciaires. Tout universitaire qui met en doute la version juive moderne peut facilement se retrouver dans les griffes du Code pénal – le redoutable StGB, Section 130 allemand ou la « loi Fabius-Gayssot » française.
Il est évident qu’en la matière il y a deux poids deux mesures. Il est tout à fait permis d’afficher sa propre identité en faisant des plaisanteries sur les « gros Boches » ou sur les « grenouilles puantes » ou bien encore sur les « hypocrites Wasps [protestants anglo-saxons blancs, NDT] ». On peut même forcer la dose et aller jusqu’à lancer la douce plaisanterie contre les proverbiaux « chameliers ». Mais la moindre blague contre les juifs est impensable dans les médias et les cercles politiques américains et européens. On peut critiquer l’Autre en invoquant la liberté d’expression, à condition que l’Autre ne soit pas juif.
Identités de substitution-Ersatz d’identité
Dans leur recherche désespérée d’une identité non raciale, les Européens blancs ont recours à des ersatz d’identité. Par exemple, ils embrassent l’identité palestinienne ou tibétaine ou l’identité de quelque tribu éloignée du tiers-monde comme si c’était leur propre identité. Ils iront repérer quelque tribu indienne perdue dans la forêt de l’Amazonie et alors, avec toute la passion vécue par procuration, ils s'efforceront de la protéger et de la préserver.
Mais quand il s’agit de définir et de préserver leur propre identité raciale – et sans parler de préserver leur race – ils se taisent. Dire à haute voix « Je suis fier d’être un Européen blanc » a des relents de racisme.
Une telle substitution d’identité ou un tel ersatz d’identité d’inspiration étrangère est particulièrement marqué quand il s’exprime dans un contexte de victimologie. Les Européens ne manquent pas de zèle pour ériger des monuments à des tribus exotiques dont ils n’ont jamais entendu parler jusqu’à l’avant-veille – en particulier celles qui ont été victimes des Européens. Les journées consacrées aux expiations s’accumulent sur le calendrier. Chaque homme politique américain ou européen blanc est tenu de payer un tribut moral et financier à des peuples dont l’identité n’a rien de commun avec la sienne.
Alors que les médias occidentaux et les faiseurs d’opinion nous assurent que l’histoire touche à sa fin, nous assistons à un besoin frappant de renouveau de micro-identités non européennes, souvent formulées sous la forme d’un statut de victime nombriliste. Et chacun de ces statuts de victimes non européennes nécessite un nombre croissant de morts chez elles et de coupables chez les étrangers. Les coupables sont toujours des Européens blancs, qui sont obligés de pratiquer la repentance rituelle.
Le vieux sens du tragique, qui, jusqu’à il y a peu en Europe, était le pilier fondamental de la vieille mémoire historique gréco-romaine, cède la place aux jérémiades d’inspiration levantine en faveur des « victimes » des tribus d’Asie et d’Afrique. Lentement mais sûrement, le sens européen du tragique est supplanté par une obsession des identités non européennes.
Quel scandale, si un homme d’Etat européen ou américain blanc oublie de manifester des remords à l’égard de la souffrance passée d’un peuple non européen ! Ce qui compte, c’est l’énumération sans fin des victimes non européennes du passé européen.
Dans cette « bataille des mémoires » postmoderne, les « victimes » ne sont pas toutes sur un plan d’égalité. Certaines ont la préséance sur d’autres, et il est tout à fait évident que l’Holocauste des juifs détient, dans l’Occident postmoderne, le statut de victime par excellence.
Mais il y a un grave danger pour tout le monde. Compte tenu de l’atmosphère de victimologie qui prévaut aujourd’hui dans l’Occident multiracial, chaque tribu non européenne, chaque race ou communauté est amenée à croire que sa propre victimologie est unique. C’est un phénomène dangereux parce que chaque victimologie rivalise avec d’autres pour détenir la place d’honneur.
L’histoire du XXe siècle montre que les plus grands meurtres de masse de l’histoire – les meurtres de masse du communisme – ont été rendus possibles par l’idéologie marxiste de la victimisation et ils ont été rationalisés au nom de la tolérance et des prétendus droits de l’homme. L’idéologie communiste de la victimisation a abouti à la déshumanisation des intellectuels dissidents et des opposants politiques, et même de groupes entiers de personnes – avec des conséquences monstrueuses.
Ce besoin d’être considéré comme victime oblige à rechercher une identité négative dans la négation et la suppression de l’Autre, qui est dès lors perçu non plus comme un être humain mais comme un monstre. L’esprit de victimologie ne sert pas à prévenir le conflit : il rend le conflit inévitable.
La diversité des identités dans l’Occident multiculturel est un grave problème. D’un côté, les sociétés occidentales libérales modernes veulent que chaque groupe ethnique non européen reçoive une identité appropriée et ait le droit de se présenter en victime d’injustices historiques ; mais d’un autre côté, les sociétés libérales sont incapables de bien fonctionner dans un environnement en proie à une balkanisation ethnique.
En particulier, le combat entre les diverses victimologies rend le fonctionnement du système libéral extrêmement précaire. Par essence, dans une société multiraciale chaque philosophie victimologique est source de conflit et de discrimination. Elle crée un climat qui favorise la division dans la société. Le seul moyen pour que ces sociétés puissent fonctionner est d’exercer sur elles un niveau élevé de contrôle social. Nul doute que cette perspective est vue d’une façon très positive chez les intellectuels postmodernes. Mais elle conduira à l’aliénation et au détachement chez la grande majorité des gens – spécialement chez les Blancs qui ne peuvent pas prétendre à un statut de victime et qui sont contraints d’assister à la désintégration de leurs communautés autrefois homogènes.
Les sociétés américaines et européennes sont confrontées à une situation schizophrénique. D’une part, elles sont submergées par la rhétorique de leurs identités négatives dérivant de leur sentiment de culpabilité – les différentes victimologies anticoloniales et les palabres interminables sur les crimes fascistes européens du passé – mais, d’autre part, c’est à peine si l’on entend le moindre mot sur les crimes gigantesques commis par les communistes et leurs alliés libéraux pendant et après la deuxième guerre mondiale – des crimes commis pour venger la victimologie marxiste de la lutte des classes.
Les Blancs en Europe et en Amérique se doivent de surmonter leur sentiment d’enracinement territorial ainsi que les querelles intra-ethniques : l’identité raciale et culturelle européenne va de l’Argentine à la Suède et de la Russie à bien d’autres coins du globe.
Plus important encore : les Blancs doivent clairement accepter leur identité de Blancs. Revendiquer explicitement son identité blanche ne signifie pas que les Blancs soient supérieurs aux autres peuples ou que les autres peuples ne soient pas eux aussi uniques, avec le droit de conserver ce caractère unique. Cela veut dire simplement que nous sommes un peuple unique, avec une culture unique, et qu’à la fois notre peuple et notre culture méritent d’être préservés.
C’est dans la sphère transcendentale de sa propre unicité que l’identité blanche sera le mieux préservée. Mais l’unicité blanche n’a pas besoin et ne doit pas se faire au prix de la négation de l’unicité des autres peuples et des autres races.
Par Tom Sunic, 24/04/05
http://theoccidentalobserver.net/authors/Sunic-Identity.html
Traduction de l'anglais : René Schleiter pour Polémia
(http://www.tomsunic.info/; http://doctorsunic.netfirms.com/) est un auteur, ancien professeur des sciences politiques aux Etats-Unis, traducteur croate et ancien diplomate. Il est l'auteur de Homo americanus: Child of the Postmodern Age (2007).
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L'identité blanche dans la postmodernité
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Baisse du chômage, grève des avocats, intervention russe en Syrie, front républicain…
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«Le Kenya est un pays de quelle race ?»
Extraits d'un entretien d'Alain Delon à TV Mag :
En parlant de migrants, Nadine Morano a dit récemment que la France était un pays de race blanche. Qu'en pensez-vous ?
Je n'ai pas envie de juger ou d'en discuter. Juste une question : « Le Kenya est un pays de quelle race ? ». Les gens sont noirs. C'est une polémique ridicule, grotesque, qui n'a aucun sens. Elle a des c... de tenir comme elle tient et de dire : « Je vous emmerde tous, je dis ce que je pense et je continuerai à le dire ». Chapeau!
Que pensez-vous de la politique menée par François Hollande et Manuel Valls ?
J'ai connu la France du général de Gaulle et c'était autre chose. Depuis, elle a été plutôt en se dégradant. Gauche, droite, tous les coups sont permis. Ce qui se passe est dégueulasse, d'où le désintérêt des Français pour la politique.
Vous vous étiez déjà exprimé sur la montée de Front national. Aujourd'hui, qu'en pensez-vous ?
Je suis un ami de Jean-Marie Le Pen depuis cinquante ans. Mais, sur le Front national, j'ai simplement dit que je trouvais ça normal que les gens se rapproche de ce parti parce qu'ils en ont marre. Marre de tout ! Et c'est pour ça qu'ils sont prêts à aller n'importe où. Je le confirme: les gens ne savent plus où ils en sont, alors pourquoi pas le Front national... [...]
Regardez-vous la télévision?
Plus maintenant. Elle m'emmerde et on n'apprend rien. J'ai l'impression qu'il n'y a plus que l'audience qui compte. Il m'arrive de regarder un bon documentaire et, lorsque l'actualité l'impose, je me rabats sur BFMTV. J'étais accro à la télévision, mais maintenant c'est terminé. [...]
Vous avez été exclu du comité Miss France. C'est un regret?
Et on revient sur le Front national. À la suite d'une réflexion, qui a été transformée par la presse, on m'a viré de Miss France! Comment peut-on agir de la sorte ? Et tout cas, cette décision m'a privé d'une excellente soirée où je me trouvais entouré de jolies filles (sourire).
Mais vous êtes proche du Front national ?
Non. Et, si je l'étais, pourquoi n'en aurais-je pas le droit ? L'extrême gauche et Mélenchon, c'est valable, mais l'extrême droite, non ? Le Front national représente quand même 6 millions de personnes. C'est 6 millions de cons ? On a le droit de ne pas aimer, mais on doit le respecter."
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7 novembre à Nantes : Colloque Ca†holiques en Action
« Il est triste de rencontrer des chrétiens qui ne sont plus le sel de la terre…parce qu’ils s’en sont remis à l’esprit du monde, c’est-à-dire qu’ils sont devenus mondains. »
Pape François – Angélus du 31 août 2014Agir en Catholique dans nos Engagements sociaux, culturels, et politiques ?
Colloque des AFC 44 en partenariat avec :
& l'Institut nantais historique et littéraire
Le programme du colloque et les inscriptions : c'est ici.
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JT du Mercredi 28 Octobre 2015
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Anthropologie politique. Une société anti-humaine. La famille
Depuis une dizaine d'années, plus de la moitié des enfants en France nait d'unions naturelles, c'est-à-dire de parents sans liens matrimoniaux officiels. Ce phénomène est européen et est le dernier en date des changements massifs qui ont signalé l'avènement d'une société anti-humaine.
Nous entendons par société l'organisation des relations humaines sur le plan matériel, culturel, spirituel, individuel et collectif dans le cadre d'institutions reliées entre elles par des règles conventionnelles ou informelles et des moyens de communication, dans lesquels sont inclus les outils de transport et d'échange.
Pour préciser notre approche de l'être humain, rappelons tout de suite ces évidences ; tout homme étant né d'un père et d'une mère est le produit d'une famille, avec son héritage culturel, génétique et patrimonial, il est le fruit d'une lignée donc. Cette donnée réaliste vaut autant pour les enfants dont la situation est habituelle que pour les orphelins. En outre, né en un lieu, grandissant en ce lieu, ou un autre, l'homme a un enracinement géographique, territorial, qui contribue, comme sa famille, à le façonner. Cet enracinement peut aussi bien être une campagne bucolique qu'un centre urbain bétonné et hyper actif. Dans les deux cas, il y a enracinement. Tout homme a des relations sociales qui s'expriment dans le monde du travail, celui des échanges économiques, nécessaires à sa vie. On peut dire que ces trois besoins sont des besoins naturels, en ce sens qu'ils sont les conditions nécessaires de la vie même de l'homme, donc de son inscription dans la nature.
Nous n'avons pas tenu compte du caractère spirituel de l'homme car, à la différence des trois autres besoins énoncés, il n'est pas une part, il est le tout. En effet, l'acte d'intelligence qui rend possible l'union volontaire des hommes en vue de l'engendrement, qui détermine leur installation en un lieu à un moment de leur existence, ou qui préside à leurs relations humaines, cet acte d'intelligence est ce qui caractérise leur nature humaine par rapport aux animaux mus uniquement par l'instinct. L'intelligence est par essence spirituelle et c'est elle qui fait que l'homme est homme. Cet esprit anime tout l'être de manière raisonnable, c'est notre âme spirituelle, différente de la partie sensitive de notre âme. D'après la philosophie antique et médiévale et d'après la théologie chrétienne, c'est cette âme spirituelle qui survit à la mort.
Une réflexion sociale sur l'homme ne doit pas méconnaître ce tout, mais il s'intéresse d'abord aux parties.
L'homme étant caractérisé par ces trois apports naturels, il convient de voir si la société leur correspond et donc si elle est un cadre cohérent pour l'homme.
Il apparaît, tout au contraire, que l'homme, et plus spécialement l'homme occidental, a façonné, ces derniers siècles, un cadre social qui ne lui correspond pas.
En effet, la famille, dans son expression sociale, s'est désagrégée. Non pas qu'il n'y ait plus de famille, y compris solides, mais pour un nombre croissant d'hommes, la stabilité du cadre familial a disparu. On pourrait mentionner ici les enfants nés par PMA dans les couples féminins, où la part masculine de la filiation et donc la moitié du patrimoine et des racines de l'enfant sont occultées. On pourrait aussi parler des enfants nés de GPA, dans quelque couple que ce soit, où l'enfant est l'objet d'une nouvelle traite négrière indicible, et coupé d'une partie de sa famille, mais aussi souvent de sa terre. Cependant, ces deux cas, pour ignobles qu'ils soient, sont marginaux en proportion des maux devenus courants dans la société comme les unions naturelles ou les divorces. Ces unions naturelles sont majoritaires en Occident. Ce sont, par nature, faute de cadre légal, des unions instables et volatiles. Même lorsqu'un couple dure vingt ans, ou toute la vie, en réalité, sa structure est extrêmement fragile, puisqu'elle n'est tenue par aucune institution. Les membres du couple ne se sont engagés dans aucune démarche de légitimation de leur union, car ils n'en voyaient pas le besoin, pour différents motifs. Il en ressort que l'enfant naît dans une famille fragilisée. Les divorces et séparations sont là pour le montrer, puisque désormais, en France, un couple sur deux divorce ou se sépare. Il y a ici une très grande inégalité sociale. Si les familles les plus aisées pécuniairement et les plus préservées culturellement, demeurent plus stables, les familles pauvres sont victimes de séparations et divorces massifs, à répétition. Ce sont donc les enfants des milieux les plus fragiles socialement qui souffrent le plus de cet effritement du couple humain. La reconnaissance des droits patrimoniaux du concubin en cas de décès, la légitimation des unions naturelles, la création du PACS, l'instauration du divorce pour faute, puis par consentement mutuel, enfin les projets actuels de simplification des procédures de divorce ont accru cette fragilisation de la famille en reconnaissant comme valables tous les modèles extérieurs au cadre le plus sécurisant pour l'union.
Ce mal a été rendu nécessaire par un autre, plus profond ; l'éducation sentimentale des hommes accroît l'instabilité des couples :
- par la pratique de relations sexuelles précoces et insensées, c'est-à-dire détournées de l'essence de cet acte créateur d'humanité, qui augmente l'insatisfaction d'êtres humains toujours frustrés tournant leur déception contre leur conjoint, faute d'identifier que le mal est dans le détournement du sens de l'acte ;
- par la promotion du romantisme qui érige la passion, en fait le règne du sentiment, en absolu ; quand la passion ne peut donner ses plus beaux fruits, jusqu'au don de sa vie, que sous les guides de la raison humaine qui cherche le plus grand bien ;
- par le vice inverse, désormais largement disparu, qui consistait à faire primer en tout la raison au détriment de la passion, comprimant les cœurs et les désirs ;
- par le détournement de tout homme de la recherche de son bien souverain, qui est le bonheur parfaitement satisfaisant ; or, nous savons que notre personne étant finie par les bornes de la naissance et de la mort et celles de notre corps, alors que notre intelligence semble ne connaître aucune limite dans la multiplication de ses raisonnements qui se heurtent à ces barrières, il n'y a de bonheur satisfaisant que dans la recherche de ce qui nous dépasse et ne finit pas. Les biens intermédiaires doivent donc être ordonnés vers la recherche du bien toujours supérieur.
La déviance dans ces quatre points et d'autres plus mineurs a fragilisé les rapports humains et rendu nécessaire l'éclatement du cadre familial légitime afin que les hommes n'y meurent point par étouffement.
La conséquence de cet éclatement est la création de générations entières d'hommes fragilisés moralement, parce que nés dans le conflit inter-personnel, l'instabilité des relations familiales et sentimentales, voire dans la rupture et le rejet d'une moitié, voire la totalité de leur ascendance. C'est le premier élément foncièrement anti-naturel de nos sociétés actuelles. Il engendre l'affaissement du lien inter-générationnel, la solitude, non pas seulement des personnes âgées mais aussi des hommes et femmes actifs. Il engendre l'incapacité des personnes, trop préoccupées de leur survie morale et sentimentale, à accueillir l'enfant à naître. Enfin, il rend les hommes plus vulnérables à l'oppression en affaiblissant leur premier réseau naturel de solidarités. En somme, cette société fragilisée se coupe de ses vieux, facilite la mort de ses enfants et isole ses êtres mûrs, dans une espèce de suicide généralisé.
Ces déviances ont toujours existé, et il y a toujours eu des hommes aveuglés ou de petite moralité pour les créer dans leur couple, par le mauvais usage de leur puissance charnelle, ou par l'exacerbation de leurs passions au détriment de la raison, ou l'inverse, alors que passion et raison doivent avancer de concert. En somme, il y a toujours eu des hommes pour se focaliser sur les biens intermédiaires au détriment des biens supérieurs.
La grande innovation de notre temps est l'érection en modèle social valide de ces déviances destructrices dont sont issus largement nos divorces, nos unions naturelles volatiles, nos unions homosexuelles, nos PMA, nos GPA et sans doute la plupart des autres maux à venir dans le domaine familial.
A cet affaiblissement de la famille s'est ajouté le déracinement humain.
A suivre...
Gabriel Privat
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La propagande communautariste d'Alain Juppé à Bordeaux
La mairie de Bordeaux dirigée par Alain Juppé organise la 2ème édition de la très controversée « Quinzaine de l’égalité, de la diversité et de la citoyenneté » ! Celle-ci est en réalité la promotion d’associations activistes communautaires, souvent proches de la gauche. Plusieurs conférences parsèmeront cette quinzaine, parmi lesquelles celle d'Arnaud Alessandrin, grand promoteur de la « transexualité », Issam Boukadida, responsable des jeunes musulmans de la Gironde (proches des frères musulmans), ainsi que Clothilde Chapuis, la très médiatique présidente de la LICRA (Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme). Tarik Abou Nour viendra présenter les bienfaits de la finance islamique.
La table ronde du mercredi 18 novembre est intitulée :
« La bénédiction des couples de même sexe : une réponse à l’égalité des droits »
Un avant-goût de la politique culturelle d’Alain Juppé à la tête de l’Etat ?
http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/web.html
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Conférence Dextra vendredi 30 Octobre « Ingénierie sociale et mondalisation », par Lucien Cerise

Ce vendredi 30 octobre, nous aurons la joie et l’honneur de recevoir Lucien Cerise, auteur de « Gouverner par le chaos », qui nous parlera de l’ingénierie sociale et la mondialisation. Nous vous attendons nombreux et nombreuses pour cette nouvelle conférence !
Son ouvrage est accessible dans toutes les grandes librairies et sur Amazon.
Pour vous inscrire, cliquez ici
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Le royalisme est-il crédible aujourd'hui ? Partie 2 : Mouvements et journaux royalistes, quelle crédibilité intellectuelle ?
Depuis la Révolution française existent plusieurs formes de royalisme qui ne cohabitent pas toujours harmonieusement : entre les monarchiens de 1789 favorables à une monarchie constitutionnelle et les « ultras » de la Restauration, entre les chouans et les notables évoqués par Daniel Halévy, entre l'Action Française et les « maorassiens » des années 1970, etc., que de différences, de contrastes, voire d'hostilité et de violentes querelles ! L'un des premiers duels de Maurras, en 1904, fut avec Eugène Godefroy, l'un des fondateurs de la Jeunesse Royaliste des années 1890, et le ressentiment entre Léon Daudet et Arthur Meyer, directeur du quotidien Le Gaulois et monarchiste convaincu, ne fut jamais dépassée par leur fidélité commune au duc d'Orléans... Le royalisme est aussi divers et divisé, somme toute, que le républicanisme qu'il est censé combattre ! Il suffit de faire un bref état des lieux des mouvements et journaux monarchistes de 2105 pour s'en convaincre, comme l'a encore fait récemment la revue Les Entretiens, publiée par la Conférence Monarchiste Internationale cet été.
Est-ce un élément de discrédit que cette dispersion des forces royalistes lorsque les monarchistes insistent a contrario sur le fait que « la Monarchie c'est l'unité » ? Pas vraiment, bien au contraire, car, au regard de l'histoire capétienne, l'unité n'est pas l'uniformité, et cela montre la diversité qui est nécessaire à toute vie politique saine et libre. Mais cela peut l'être quand les associations ou journaux monarchistes se cherchent (et se trouvent...) violente et irréductible querelle sur des sujets qui peuvent sembler bien loin de la question monarchique elle-même et des moyens pour parvenir à la Monarchie, ou quand les conceptions de celle-ci semblent trop éloignées les unes des autres selon les partisans des différents engagements monarchistes, mais surtout quand ceux qui font profession de royalisme oublient la mesure (celle que privilégiaient les capétiens quand ils disaient « savoir raison garder ») et l'intérêt commun de leur propre vocation politique.
Le paysage royaliste est complexe et bigarré : la Nouvelle Action Royaliste représente la tradition démocratique du royalisme conjuguée à une exigence gaullo-capétienne autant sociale que diplomatique, tandis que l'Action Française revendique l'héritage maurrassien et un « nationalisme intelligent » autant qu'« insurrectionnel » ; l'Alliance Royale, qui ne se prononce pas sur la question dynastique, représente un royalisme électoral plutôt « souverainiste de droite » quand le Groupe d'Action Royaliste (auquel j'appartiens...) incarne surtout la défense environnementale et les luttes sociales, dans la ligne du royalisme de La Tour du Pin et du catholicisme social ; sans oublier des associations spécifiquement liées à l'attachement à l'un des prétendants au trône, ou des bulletins, des sites sur la toile, des cercles d'études, etc., qui eux aussi participent à cette diversité monarchiste.
Certes, cela peut nuire à la « compréhension immédiate » du projet monarchique dans le sens où celui-ci ne revêt pas les mêmes formes et formules selon l'un ou l'autre des mouvements ou groupes, et que chacun le comprend et le défend selon des idées qui sont d'abord les siennes, alors que le curieux va surtout s'intéresser aux arguments pour la Monarchie plus qu'aux différences de sensibilité...
Néanmoins, il me semble important qu'il y ait plusieurs « chapelles » dans la Maison du Roi, et celles-ci, d'ailleurs, ont toutes leurs originalités qui permettent d'être entendus de publics différents et de mener ceux-ci, autant que faire se peut, vers la Monarchie. Cela en fait-il des « partis crédibles », pour reprendre l'expression de départ de cette brève réflexion ? Leurs échecs électoraux, leur petite taille politique, leur faible visibilité publique ne sont-ils pas les preuves de leur incrédibilité au regard de l'opinion publique, moins exigeante sur les idées que sur les suffrages exprimés ?
En fait, la crédibilité ne peut se mesurer uniquement aux chiffres électoraux, et c'est un argument qu'il faut rappeler et marteler : l'histoire, y compris récente et proche, nous montre à l'envi que, si l'on voulait reprendre la formule moqueuse de Pierre Juhel, les grands nombres sont aussi ceux qui comptent le plus de zéros...
En revanche, si l'on ouvre les revues royalistes, que cela soit La Nouvelle Revue Universelle, L'Action française, Libertés (jadis ASC) ou Royaliste, on est parfois surpris par la qualité de certains articles ou entretiens, et leur apport intéressant aux débats en cours, même si l'on peut être plus critique sur le positionnement de chacune de ces publications selon ses propres références ou préférences idéologiques. Mais chacun peut y trouver son compte, et le lecteur de Gérard Leclerc ou d'Hilaire de Crémiers est souvent bienheureux de sa lecture. De plus, la véritable crédibilité intellectuelle, c'est de participer, en tant que royaliste, aux débats intellectuels du temps, et de ce point de vue, les revues royalistes apparaissent honorablement crédibles, même si elles pèchent parfois par leur certitude d'avoir raison quand il faudrait, aussi, le prouver aux autres... et si certains domaines ont été longtemps négligés (comme les questions sociales, agricoles ou environnementales).
La crédibilité intellectuelle des publications royalistes est confirmée par les personnalités, parfois fort éloignées de l'engagement monarchiste, qui acceptent de répondre aux sollicitations de cette presse royaliste : sur ce point, c'est sans nul doute Royaliste (et ses « Mercredis », conférences hebdomadaires souvent de grande qualité) qui apparaît le plus en pointe, avec des invités qui, sur une quarantaine d'années, forment un véritable bottin du monde des idées et des débats, de Maurice Clavel à Jacques Julliard, de Pierre-André Taguieff à Jacques Sapir, de Régis Debray à Edgar Morin, etc. Mais L'Action française elle-même, à travers quelques colloques ou cercles récents, a aussi montré qu'elle pouvait attirer à elle quelques « belles plumes », souvent polémistes, comme Eric Zemmour ou Philippe de Villiers, quand l'Alliance Royale, elle, peut être citée avec empathie par Denis Tillinac dans ses articles de Valeurs Actuelles.
Cela étant, cette double crédibilité intellectuelle est-elle suffisante ? Apparemment non, car, s'ils y participent, les royalistes ne semblent guère peser par eux-mêmes sur les débats d'idées du moment. Si Maurras est régulièrement cité dans la presse et sous la plume des éditorialistes, principalement de gauche, c'est comme repoussoir et non comme référence sympathique : qui veut étrangler son adversaire le traite de maurrassien, sans plus d'explications, le qualificatif suffisant, apparemment, pour faire cesser tout débat... D'autre part, on ne peut, et c'est d'ailleurs heureux, limiter le royalisme à Maurras, ni à Bernanos d'ailleurs, ce dernier étant désormais devenu une référence obligée du courant des Veilleurs et de la Décroissance malgré son irréductible royalisme. Alors ? Y a-t-il de nouveaux penseurs royalistes issus de mouvements se revendiquant tels ou indépendants de toute structure partisane, qui pourraient regagner une place pour le royalisme sur la scène intellectuelle et politique ? Et si oui, comment leur donner visibilité et, donc, une efficace crédibilité aux yeux des intellectuels contemporains et du public pensant ? Des questions qui méritent, me semble-t-il, d'être posées...
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RÉINFO DU 26 OCTOBRE 2015
• La Marmite va exploser. La prise en otage des usagers suite aux émeutes de Moirans et à la fermeture de la gare de Castres n’est pas sans rappeler le barrage de l’autoroute A1 en août dernier. Qu’à cela ne tienne, il y a le gouvernement Vals. Il y a de l’ordre et de la méthode, à Castres comme à Calais où pour réguler la pression migratoire, on dépense sans compter, l’argent des Français.
• COP21. Ce sommet prévu en décembre à Paris est le nouveau dada de François Hollande. La nouvelle religion du réchauffement climatique est passée en tête des priorités présidentielles. Et gare à ceux qui émettent des doutes sur son dogme, comme le journaliste © qui vient d’être remercié par sa chaîne, suite à la publication de son livre sur le sujet. La France n’est sans doute pas encore assez mûre pour la liberté d’expression.
• RSA. La faillite des départements officiellement annoncée. Les difficultés graves que vont rencontrer certains départements pour verser le revenu de solidarité active, ne font que confirmer qu’il faut en finir avec l’assistanat mondialisé et qu’il est urgent de mettre en place la préférence nationale.
• Le modèle suédois n’est plus un modèle. Les prévisions d’accueil de réfugiés annoncées par la Suède annoncent non seulement son suicide identitaire mais aussi son suicide économique. Ce pays, qui met en avant sa référence de morale sociale, se trouve confronter non seulement au problème de l’intégration irréalisable, mais également au coût exorbitant de cette politique.
• et, pour finir, nous détaillerons l’actualité du Parti de la France, avec notamment la tenue du IIIe Congrès national du PDF le 7 mai 2016, et, plus près de nous, un rassemblement à Pouilly-en-Auxois, le 7 novembre, contre l’immigration-invasion.
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