
Le gouvernement a donné son accord : à partir du mois de mai, l’INSEE va intégrer le trafic de drogue dans le calcul du PIB (produit intérieur brut), l’ensemble des richesses produites par la France. Pourquoi ? Réponse de Ronan Mahieu, responsable du département des comptes nationaux dans cet organisme : « C’est une demande d’Eurostat, l’Institut européen des statistiques. Tous les pays européens comptabilisent le trafic de drogue et la prostitution dans le calcul de leur produit intérieur brut afin d’harmoniser les données fournies par les Etats. Nous étions jusqu’à présent isolés. Maintenant, on s’aligne sur les autres. » L’Europe l’exige, nous le faisons, nous nous alignons !
Comme il se rend compte que cela va choquer de considérer le fléau destructeur du trafic de drogue comme une richesse nationale, il ajoute que la mesure est prise « en dehors de toute considération morale », elle est purement économique.
Pour les libéraux que vient faire la morale dans l’économie ? Produire, vendre, acheter, consommer, voilà toute leur « morale » ! « Pour calculer le PIB, on a vocation à retracer toutes les transactions commerciales librement consenties », dit-il, la drogue en faisant partie. Comme si, en dehors de la première prise, le drogué était libre de continuer sa « transaction commerciale » avec son dealer qui exploite sa dépendance ! C’est pour le même motif que, pour l’instant, la prostitution n’est pas comptabilisée : « La prostitution relève des réseaux, le consentement des prostituées n’est probablement pas vérifié. » Mais si Eurostat se fait insistant ce sera fait tôt ou tard. Rappelons qu’en 2014 quand cette intégration des activités illégales dans le PIB a été instaurée, notre pays l’avait refusée et, après avoir résisté quatre ans, il vient de l’accepter. D’ailleurs, pour ce qui est de cette dernière, le même Ronan Mahieu expliquait à l’époque que « l’Insee comptabilise déjà le marché – légal – de la prostitution » puisque les prostituées sont censées déclarer leurs revenus au fisc, quoiqu’elles ne doivent pas être nombreuses à se soumettre à ce devoir civique. Ce qui est refusé aujourd’hui, c’est l’intégration de la prostitution illégale, les proxénètes français et étrangers négligeant d’effectuer leur déclaration de revenus.
Mais comment évaluer économiquement une activité par nature illégale qu’est le trafic de stupéfiants ? Eurostat fournit la formule clef en main : « Multiplier la quantité consommée par le prix moyen ayant cours dans la rue, tout en faisant jouer le paramètre du ratio de pureté des produits stupéfiants et des coûts de transport et de stockage des narcotrafiquants. » Il suffisait d’y penser…
Le gouvernement entend lutter contre l’usage des stupéfiants et contre les trafiquants qui fournissent le poison mortel mais, en même temps, il admet que ceux qui fument du cannabis, s’injectent de l’héroïne, respirent de la cocaïne, participent à l’accroissement la richesse nationale. Grâce à eux, le PIB augmente et la croissance aussi qui en est le fruit. Ces malfaiteurs sont dont en réalité des bienfaiteurs de la nation. Oui, vraiment, tout cela est « en dehors de toute considération morale ».
Guy Rouvrais
Article paru dans Présent daté du 3 février 2018





L’opération séduction d’Emmanuel Macron auprès des grands patrons étrangers, à grand renfort de symbolisme monarchique, mais aussi d’argent public, a-t-elle été une réussite ?
"[...] ce numéro est le dernier de L’Action Française 2000, puisque nous sommes contraints de cesser notre parution en raison de problèmes financiers que nous ne pouvons plus éluder. Cela peut paraître, en un sens, une victoire de l’oligarchie et de ceux pour qui la parole et l’action patriotes doivent absolument disparaître du paysage national. Avec la nation elle-même. Ils ont même remporté une autre victoire, cette semaine, avec le retrait de Maurras du Livre des commémorations nationales de 2018, à la suite d’une polémique qui en dit long sur l’état moral et intellectuel de nos élites autoproclamées, lesquelles font régner leur dictature sur le pays. La mutilation de la mémoire nationale, c’est évidemment celle de notre héritage, et donc de notre compréhension de nous-mêmes et, pour finir, de notre identité. Or, que cela plaise ou non, Maurras en fait pleinement partie.
C'est du fiscalisme dont nous souffrons aujourd'hui le plus en France. Ce phénomène ne reculera qu'avec la diminution du périmètre de l'étatisme. L'étiage des deux inondations, fiscale et administrative, reste à 57 % de la richesse créée par les Français.