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économie et finance - Page 860

  • Le système économique mondial et le trafic de drogue

    Antonio Maria Costa a déclaré récemment, sur France Culture, que l’argent de la Mafia avait permis le sauvetage de plusieurs banques. Etrangement, cette information ne fait pas la une.

    Antonio Maria Costa est directeur de l’UNODOC (office des Nations unies contre la drogue et le crime).

    Interviewé par le journaliste Gregor Seither il affirme que : « certains crédits interbancaires ont été récemment financés par de l’argent provenant du trafic de drogue et d’autres activités illégales ».

     Costa estime les revenus mondiaux du commerce de la drogue à environ 400 milliards d’euros annuels, et ajoute-t-il « selon nos recherches, la majorité de cet argent a été absorbé dans le système économique légal et a servi de pilier fondamental contre la crise ».  Et plus loin : « les prêts interbancaires ont été financés par les revenus de la vente de la drogue et autres activités illégales. Il y a clairement des signes qui montrent que certaines banques ont été sauvées par cet argent ». 

    L’ONU estime que le blanchiment, toutes origines confondues, représente 1000 milliards de dollars par an (source : Thierry Francq et Alain Damais, problèmes économiques, n° 2674, 19 juillet 2000, p2). 

    L’Espagne, porte d’entrée de la cocaïne colombienne en saisit en moyenne 39 tonnes par an, mais combien de tonnes passent entre les mailles du filet ? 

    Au Maroc, depuis le début des années 90, les sources officielles évaluent à 2 milliards de dollars l’apport du trafic de haschich au PIB marocain, et c’est la première ressource financière du pays.  Et d'après Antonio Maria Costa, « les caractéristiques nuisibles du cannabis ne sont pas différentes de celles d'autres drogues naturelles comme la cocaïne ou l'héroïne. » Certains scientifiques ont même démontré que le cannabis pourrait causé de gros déficits génétiques chez l’enfant d’un fumeur régulier (insuffisance cardiaque, malformations, maladie génétique). 

    L’hebdomadaire « Austrian Weekly Profil » affirme que l’argent de la mafia italienne aurait été blanchi entre 2005 et 2007 à travers 14 comptes domiciliés dans des établissements autrichiens.

    Roberto Saviano, un journaliste italien de 31 ans ne dit pas autre chose dans son livre « Gomorra », (chez Gallimard / octobre 2008) vendu à 2 millions d’exemplaires et la mafia l’a condamné à mort pour cela. Il affirme que les activités de la mafia ont un rapport avec les grandes sociétés européennes et que s’en prendre aux mafias c’est agresser l’économie toute entière. Pour lui, c’est la forme ultime du libéralisme dans une économie mondialisée. Un film, grand prix du festival de Cannes, a été tiré de son livre en 2008. Il est depuis sous protection policière.

    Comme l’affirme Gregor Seither " dans un marché capitaliste où seul compte la valeur monétaire, l’argent de la drogue, du trafic humain et de la misère est un investissement comme un autre".

    Mais pour lutter contre le blanchiment de l’argent de la drogue, il faut lever le secret bancaire. Là encore, s’attaquer aux banques privées c’est s’en prendre aux services secrets du monde entier, à toutes les mafias, aux familles et aux hommes dès plus influents.

    Comme l’écrit le CAAT (conseil aide et action contre la toxicomanie) « la lutte contre la drogue n’est efficace que si l’on neutralise les moyens qui permettent aux trafiquants de dissimuler l’origine des fonds dont ils sont titulaires (…) on a constaté que les trafiquants utilisent largement le système bancaire et financier à cette fin, le secret bancaire interdisant aux établissements de crédit de divulguer des informations concernant leur clientèle ». Les banques privées reçoivent de l’argent d’on ne sait où, ensuite l’argent est réinjectée dans le marché mondial en toute légalité. Les banques privées sont comme un appel au meurtre, au braquage, au trafic illégal en tout genre.

    Pourtant des lois existent qui permettraient aux banques d’agir, mais elles ne sont pas appliquées.

    On peut donc s’interroger légitimement sur la continuation du secret bancaire ?

    Réponse : Catherine Austin Fitts, directrice du Dillon Read, banque d’investissement à Wall Street.

    Elle dévoila en 2007 lors d’un congrès que 500 à 1000 milliards de dollars d’argent en provenance du trafic de drogue servait à financer la croissance. 

     Elle affirmait « sans ces centaines de milliards qui gonflent artificiellement l’économie américaine, les USA subiraient une crise plus dure que celle de 1929 ».  

    Un système économique tellement humain.

    Oui, le système économique mondial montre ici son côté tragique et grotesque. Mais n’est-il pas le reflet des êtres humains ? Ces derniers critiquent le système mais qui est l’origine du problème ? Qui est le problème, le dealer ou le drogué ?

    On peut même étendre le débat, puisque un joint plein de cannabis et une cigarette pleine de produits chimiques ont comme dénominateur commun le tabac. Et le tabac est une addiction ; ceux qui le consomment ne peuvent s’en passer et l’interdire ne fera que pousser ses adeptes dans les bras des trafiquants. Le choix est donc entre le buraliste et le dealer. Cette drogue apparaît comme une nouvelle secte, et comme tout mouvement sectaire elle a ses fanatiques et ses victimes qui sont légions.

    Cet argument renvoie à une question beaucoup plus vaste : la loi peut elle interdire une addiction ?

    La réponse est évidente quand il s’agit d’une addiction au meurtre, au viol ou vol ; et la loi fait en principe dans ce cas la différence entre ceux qui sont responsables de leurs actes et ceux qui ne le sont pas. Elle l’est moins dans les cas où on peut soutenir qu’on ne nuit qu’à soit par ses actes. Et on peut soutenir, à mon avis à tort, que c’est le cas du tabac ( il faut pour cela négliger l’impact de la consommation de tabac sur le cout de la santé, le tabagisme passif et l’effet d’imitation qui pousse chaque génération à emboiter le pas de la précédente).

    Pour ces actes d’automutilation, sous toutes leurs formes, le principe doit être simple : une société démocratique doit éloigner ses membres de ce qui peut leur nuire. Et pour cela, elle doit d’abord comprendre ce qui les amène à agir ainsi. Elle doit ensuite éduquer, inciter, puis interdire. Mais si l’interdiction n’est pas une perspective, au moins à moyen terme, la société est complice et l’éducation ne sert à rien. Pour le tabac, bien des choses restent à faire : enseigner intelligemment aux enfants que le tabac tue. Faire monter le prix du tabac à un niveau bien plus élevé. Rendre quasi invisible le nom des marques et uniformiser les emballages. Rendre les paquets les plus repoussants possibles (comme cela vient de commencer). Et annoncer que, au plus tard dans 15 ans, quoi qu’il arrive, la production, l’importation, et la consommation de tabac seront interdites. En tout cas, cela reste une hypothèse envisageable.

    Il n’y a rien de pire qu’une loi inapplicable ; elle discrédite l’Etat de droit dans son ensemble. Avant de voter une loi, il faut donc créer les conditions de son acceptabilité sociale et se donner les moyens de la faire respecter. En particulier, à propos de toutes les addictions, il ne servira à rien de réduire l’offre si la demande se maintient ; aussi, avant de légiférer à leur propos, il faut comprendre leur raison d’être. Et c’est sans doute parce que nos sociétés ne savent pas, n’osent pas affronter cette question, parce qu’elles n’osent pas s’avouer à elles-mêmes que notre modèle de développement provoque des manques, qu’elles ont tant de mal à interdire ce qui les comblent. 

    Le tabac est consommé chaque jour par 1,3 milliards de personnes dans le monde et qui fait chaque année 5 millions de morts, soit plus que le sida et le paludisme réunis. La consommation de ce produit entraine d’immenses dépenses de santé et réduit partout la productivité des entreprises qui doivent laisser à leurs employés des pauses pour s’empoisonner en toute légalité. Et pourtant, on le laisse produire et vendre partout dans le monde. Et presque partout, faire de la publicité.

     5500 milliards de cigarettes sont fumées chaque année. Une personne en meurt toutes les six secondes. Il a tué 100 millions de personnes au 20ème siècle, soit le double de la deuxième guerre mondiale. A ce rythme, selon l’OMS, il en tuera 1 milliard au 21ème siècle

     Mais on ne l’interdit pas. Pourquoi ? Parce qu’il rapporte beaucoup d’argent aux Etats et régule la démographie de manière scandaleuse. 

     Toutefois, WikiStrike encourage chaque lecteur à trouver sa propre vérité. La chose la plus importante est de vivre dans l’amour et la sagesse. Et puis, toutes ces drogues peuvent êtres utiles si on les instrumentalisait savamment à des fins thérapeutiques (pour les malades), philosophiques (avant un débat), ou chamaniques (pour développer des capacités du cerveau encore insoupçonnées).

    Mais ceci est une autre histoire. 

    Joseph Kirchner pour http://www.wikistrike.com   

    (source: agoravox, Jacques Attali)

  • "La Chronique d'Eric Zemmour" : le Qatar et la banlieue


    "La Chronique d'Eric Zemmour" : le Qatar et la... par rtl-fr

  • Noire Finance (la grande pompe à "phynances")

  • Dalaal Diam : première Pépinière de Ré-enracinement en Afrique – Par Arnaud Calion

    Situé sous le soleil du Sénégal, Dalaal Diam n’est pas un village africain comme les autres : il s’agit de la première pépinière de ré-enracinement créée en Afrique. Fondé sur un domaine de 8 hectares pour sa première phase de développement, le village a pour ambition de rapatrier la « diaspora Africaine », c’est-à-dire les “Afro-descendants” vivant hors d’Afrique et souhaitant se ré-enraciner sur le continent noir, conformément au vieux rêve de « Retour en Afrique ». Parmi les premiers habitants de Dalaal Diam, des Afro-descendants de France, de Martinique, de Guyane et de Belgique ont franchit le pas.

    Ce projet collectif de retour volontaire et définitif en terre Africaine a été lancé par Afrikan Mosaïque, une société anonyme (S.A.) de droit sénégalais. Il est intéressant de noter que l’entreprise a pris comme porte-parole Kemi Seba, bien connu pour son activité sulfureuse quand il était en France, et qui est retourné en Afrique (au Sénégal) depuis février 2011 conformément à ses idées. L’objectif principal d’Afrikan Mosaïque est de proposer un choix de société alternatif au Mondialisme nomade en construisant des pépinières de Ré-enracinement pour les Afro-descendants.

    Identité, Social et Ecologie

    [Tribune libre] Dalaal Diam : première Pépinière de Ré-enracinement en Afrique – Par Arnaud Calion

    Centre commercial

    Même si Dalaal Diam n’en est pour le moment qu’au stade de laboratoire, les ingrédients semblent réunis pour qu’il puisse devenir un village modèle.

    Le Sénégal a été choisi pour l’implantation car ce pays est une terre historique sur laquelle plusieurs anciens grands royaumes africains ont prospérés, tel que le Royaume du Cayor. Il fallait bien cela pour allier Tradition et Modernité, et bâtir les fondations d’une société conforme à la culture civilisationnelle Africaine et à son propre Art de vivre.

    Avant de fonder le village, les responsables du projet indiquent avoir pris le temps de dialoguer avec la population locale afin de réaliser la réconciliation entre les Africains du continent et les Africains de la diaspora (Afro-descendants). Cette réconciliation c’est faite de la meilleure façon qu’il soit : par le travail. Invité sur plusieurs chaînes de télévisions africaines, le porte-parole d’Afrikan Mosaïque explique ainsi que sa société emploie de la main-d’œuvre locale sénégalaise qu’elle rémunère à des prix supérieurs à ceux pratiqués dans la région.

    [Tribune libre] Dalaal Diam : première Pépinière de Ré-enracinement en Afrique – Par Arnaud Calion

    “Maison bioclimatique”

    Le jeune village se paye même le luxe de mener une politique écologique. Un centre commercial et des maisons “bioclimatiques” ont été construits. Dans la recherche d’une totale autonomie, un élevage et un maraîchage en adéquations avec l’environnement mettent en valeur le travail des agriculteurs locaux.

    Dans la bonne voie

    Durant des décennies, l’Afrique a été le champ d’essais « des modes intellectuelles occidentales qui lui furent tour à tour imposées : marxisme, socialisme, libéralisme, tiers-mondisme », telles que les énumère Bernard Lugan, historien spécialiste de l’Afrique dans son livre « Décolonisez l’Afrique ! » ; avec à chaque fois des résultats catastrophiques.

    [Tribune libre] Dalaal Diam : première Pépinière de Ré-enracinement en Afrique – Par Arnaud Calion

    Agriculture

    Et si la solution de l’Afrique était, simplement, le développement de l’Afrique par les Africains eux-mêmes ? Ce continent regorge de richesses : or, diamants, bois, pétrole, uranium, etc. Ne vaut-il pas mieux pour un Afro-descendant de mettre en valeur ces ressources naturelles, plutôt que de survivre difficilement en Europe ? La question mérite d’être posée. « Si nous réussissons ici au Sénégal, c’est quelque chose que nous dupliquerons à l’échelle du continent », explique le porte-parole d’Afrikan Mosaïque. Celui-ci évoque le Congo, le Bénin et le Cameroun comme pays où pourront potentiellement éclore de prochaines Pépinières de Ré-enracinement. Une telle initiative mériterait d’être accompagnée par une vaste politique européenne de Re-migration afin que fleurissent des milliers de Dalaal Diam. En ce début de XXIèmesiècle, contrairement à ce qu’annonçait l’agronome René Dumont en 1962, l’Afrique noire est peut-être bien partie.

    Arnaud Calion, pour Novopress France

    Crédit photos : DR.

  • France : L’ornière des aides sociales

    En 2009, 11,2 millions de Français ont bénéficié d’aides sociales pour un montant total de 59,5 milliards d’euros. Cela équivaut au budget de l’Éducation nationale soit 1/5 du budget de la France. Ces 11,2 millions de bénéficiaires ont des familles (parents, épouses, enfants, etc…). Ce sont donc au total plus 35 millions de personnes qui bénéficient, d’une manière ou d’une autre, des aides sociales, c’est-à-dire plus de 50% des Français.

    Le modèle social français, au prix où il coûte aux contribuables, fonctionne-t-il ?

    […] Pour savoir si notre modèle social français fonctionne, prenons trois indicateurs qui permettront de le juger sur des résultats concrets : le taux de pauvreté, le revenu de solidarité active (RSA) et les « Restos du Cœur ».

    Premier indicateur, le taux de pauvreté pris sur 20 ans et qui fournit un constat étonnant. En 1990, 13,8% de la population française était considérée comme pauvre, soit 7,9 millions de personnes sur une population totale de 57,3 millions. En 2009, le pourcentage de pauvreté a légèrement baissé puisqu’il est de 13,5%, mais cela représente 8,7 millions de personnes sur une population de 64,7 millions. Sur 20 ans, la pauvreté n’a pas diminué. C’est un premier constat d’échec.

    Deuxième indicateur, le RSA qui a repris le flambeau du RMI, les deux noms recouvrant une même aide sociale rendant ainsi possible une observation sur la longue durée. Créé en 1989, le RMI a bénéficié cette année-là à 370000 personnes. En 2009, exactement vingt ans plus tard, 1,697,357 personnes percevaient le RSA, soit une augmentation de 359 %. C’est un deuxième constat d’échec.

    Troisième indicateur, les “Restos du Cœur” qui ont été créés en 1985. Durant l’hiver 85-86, ils ont distribué 8,5 millions de repas. Lors de l’hiver 2010-2011, ce sont 109 millions de repas qui ont été servis, soit une augmentation de 1282 % en 25 ans. C’est un troisième constat d’échec.

    Force est de constater, sur le terrain, que le modèle social français qui a pour but d’améliorer les conditions de vie des français,  ne fonctionne pas. La question qui vient à l’esprit est : pourquoi ?

    Il existe une explication économique à cet état de fait. Tel qu’il est conçu, notre système social ne crée pas de richesse ; pire, il incite à ne pas créer de richesse. En dépit d’une intention qui reste en théorie généreuse – aider autrui -, le modèle social français a mis en place une trappe à pauvreté : une fois tombé dans cette ornière, il est très difficile d’en sortir. Pour vérifier cette assertion, observons un exemple concret.

    Prenons une mère vivant seule avec ses deux enfants de 6 et 10 ans. Pourquoi un tel cas ? Parce que, selon l’Insee, 284,445 foyers recevant des aides étaient dans ce cas en 2010, ce qui constitue le nombre le plus important de tous les cas de figure familiaux, hormis les célibataires.

    Cette mère reçoit le RSA qui, grâce à ses deux enfants, se monte à 845,88 euros. Si elle loue un appartement à 500 euros par mois, elle bénéficie d’une APL de 473,22 euros. Ses allocations familiales seront de 125,87 euros. Son allocation de rentrée scolaire, en général très attendue, sera de 575,68 euros, soit 47,97 euros si nous la lissons sur 12 mois. Cette mère pourrait sûrement bénéficier d’autres aides, mais nous ne prendrons que ces quatre-là qui sont les plus communes. Ainsi, elle touchera un total de 1501,85 euros par mois.

    Maintenant imaginons que cette même mère de famille trouve un travail au smic, soit 1398,37 euros brut par mois ce qui lui fait 1096,94 euros net. Elle ne reçoit donc plus le RSA. Son APL est réduite à 354,89 euros, mais elle percevra toujours les allocations familiales – 125,87 euros – et l’allocation de rentrée scolaire – 575,68 euros. En conséquence, son revenu total sera de 1625,58 euros par mois.

    Travailler, pour cette mère, ne représentera qu’un bénéfice net de 123,73 euros. En outre, ce bénéficie sera probablement perdu dans les coûts de transports ou frais de nourrice pour garder les enfants. Pire, ces deux dépenses additionnelles coûteront plus que 123 euros par mois, faisant du travail une perte de revenu.

    Dans ce cas, le plus commun, travailler n’est pas motivant, voire même déconseillé. Chacun étant mu par la recherche de son intérêt personnel, le choix entre recevoir des aides et travailler est rapidement fait : les aides sont un meilleur « deal ». Lorsqu’un citoyen fait un tel choix, il tombe alors dans la trappe à pauvreté, dans l’ornière des aides sociales qui le transformera, petit à petit, sans qu’il s’en rende compte, en un assisté profitant du système de redistribution.

    Un bon modèle social est celui qui soutient tout en incitant à la reprise du travail et à la production de richesse, mais ce n’est pas le cas du modèle français, nous l’avons constaté. Sortir de l’ornière des aides sociales est le défi majeur de la France actuelle : il s’agit d’une priorité non seulement pour la réduction des dépenses publiques, mais aussi pour la reprise économique de notre pays.

    Contribuables Associés

    Lire aussi : Trop de personnes éligibles ne demandent pas les aides sociales

    http://fortune.fdesouche.com

  • Á qui profite le déclassement de l’économie française par Standard & Poor’s ?

    Á qui profite le déclassement de l’économie française par Standard & Poor’s ? L’usure internationale ne désarme pas, et c’est désormais au tour de la France, deuxième économie européenne, d’en faire les frais. L’agence privée étasunienne Standard & Poor’s a ainsi confirmé la dégradation des notes à long terme AA+ et à court terme A-1+ de la France. Cette décision intervient quatre jours à peine après le déclassement opéré par Moddy’s, une autre agence de notation. « Après la stagnation de 2012, a déclaré Standard & Poor’s, nous nous attendons à ce que la croissance de l’économie française ne dépasse pas 0,4% en 2013 ».

    Après avoir durement frappé les économies de la Grèce, de l’Espagne, de l’Italie, de l’Irlande et du Portugal, les financiers britanniques et étasuniens s’en prennent aujourd’hui à la France. Et ce, dans la continuité de la une de l’hebdomadaire The Economist du samedi 17 novembre (sept baguettes de pain entourées d’un ruban tricolore, reliées à une mèche allumée telles des bâtons de dynamite), pour lequel « la France pourrait devenir le plus grand danger pour la monnaie unique européenne »… La « perfide Albion » aura pour le coup été parfaite dans son rôle de soutien à l’Oncle Sam, toujours ravi de voir les ennemis du dollar se prendre les pieds dans le tapis.

    La première des conséquences de la parte du triple A, c’est l’augmentation du taux d’intérêt exigé par les créanciers. Dans le contexte actuel, la France sera ainsi obligée d’emprunter moyennant des taux d’intérêt encore plus élevés. Quand on sait qu’environ 70 % des créances sur les dettes publiques sont possédés par les 10 % les plus riches de la population (qui touchent de facto 70 % des intérêts), on comprend aisément que le système de la dette publique enrichit les plus riches au détriment des plus pauvres.

    Par effet domino, la note des entreprises nationales, des banques et surtout des collectivités territoriales sera remise en cause. Les collectivités dépendant en grande partie des transferts financiers de l’État, elles ne peuvent pas bénéficier d’une meilleure note que lui. Or, une fois leur note dégradée, elles devraient faire face à des créanciers plus méfiants, qui leur réclameraient des taux d’intérêt plus élevés. Cela alourdirait le coût de leur dette et apporterait fort opportunément de l’eau au moulin des thuriféraires du démantèlement des politiques publiques.

    Enfin, si les marchés continuent à imposer à la France des taux d’intérêt toujours plus élevés, alors des répercussions en chaîne sont à redouter, des finances de l’État jusqu’au porte-monnaie du consommateur.

    Au moment où notre ministre de l’économie et des finances se transforme en VRP du pacte de compétitivité devant des chefs d’entreprises, il est probable qu’un nouveau tour de vis fiscal, voire une baisse sensible des dépenses de l’État, soit nécessaire afin de rassurer les marchés et les emprunteurs.

    Vous l’aurez compris, nous ne sommes pas prêts de voir le bout du tunnel. La crise semble totale et s’accompagne d’une exigence de destruction de tout ce qui entrave la concentration des richesses par les grands possédants. Ils appellent cela « déréglementation », « privatisation » ou « libéralisation ».

    L’idée selon laquelle il pourrait y avoir sortie de crise sans sortie du système qui l’engendre est une hérésie. Autant vouloir soigner une grippe sans tuer son virus. Cette chimère ne vise, une nouvelle fois, qu’à berner le peuple en lui faisant croire que l’avenir sera meilleur s’il accepte de nouvelles mesures antisociales. Souvenons-nous toutefois que l’histoire a montré que les révolutions ne sont pas prévues dans les calendriers électoraux de la bourgeoisie.

    C. Martin http://www.voxnr.com

  • La grande aventure du couple infernal monnaie / Etat

    Le texte suivant apporte des compléments au livre publié le 12 Octobre dernier. Il reprend largement les 2 articles sur la loi d'airain de la monnaie publiés sur ce blog les 21 et 24 septembre.    

          La grande aventure du couple infernal monnaie / Etat 

    Dans le modèle de la « potentia multitudinis » André Orléan et Frédéric Lordon[1] nous ont donné un explication satisfaisante de la sélection du métal précieux comme base monétaire. Le paradigme de la rivalité mimétique, emprunté à René Girard[2], est sans doute le bon outil pour expliquer que la monnaie, invention des hommes, correspond aussi le plus souvent à un processus d’aliénation, ce que nous appelons la loi d’airain de la monnaie. La monnaie est pure convention sociale, mais elle est aussi, le plus souvent,  une implacable contrainte, et l’histoire des crises monétaires nous montre qu’il est difficile de s’en affranchir.

    Pour autant, la loi d’airain résulte aussi de la progressive montée de l’économie dans les communautés humaines.    

    Montée de l’économie et promotion du métal précieux 

    Lorsque dans les sociétés primitives, le face à face entre individus est permanent, Marcel Mauss[3] nous a appris que si échange il y a, celui-ci peut être simple échange de dons, ou échanges de valeurs économiques, dont le but n’est pas le profit  mais simplement celui d’assurer la simple lutte contre l’entropie : il faut bien manger, s’habiller, etc. et donc produire les valeurs d’usages correspondantes dans une quantité suffisante- sans surplus- pour assurer la reproduction de la société. Dans ce type de monde, si des signes monétaires se mettent à circuler, on ne peut  les considérer comme équivalents aux nôtres, car ils ne sont probablement pas réserve de valeur, et ne sont probablement pas thésaurisés. Les monnaies en question, ne sont probablement pas du métal précieux et ne sont, conventionnellement, que des signes comptables matérialisant le crédit que se font des échangistes,  qui se connaissent et vivent par ailleurs dans un tissu social extraordinairement dense résultant du holisme ambiant. Les monnaies correspondantes sont ainsi probablement l’équivalent de nos monnaies locales.

    Ces monnaies perdurent le plus souvent  alors même que les monnaies faites de métal précieux commencent à circuler. Nous avons là des espaces de circulation monétaires, qui ne se recoupent pas et les vieilles monnaies, servent aux usages communautaires traditionnels (le dedans), tandis que les autres feront circuler des marchandises beaucoup plus impersonnelles car appartenant à  des inconnus, et véhiculées par d’autres inconnus (le dehors). Dans l’Europe du moyen-âge, on parlait ainsi des « monnaies noires », faites de cuivre de bronze ou de plomb, et que l’on opposait aux pièces faites de métal précieux. Toutefois ce fait historique,  marque le passage à l’économie et si la simple lutte contre l’entropie persiste dans les cellules domestiques de base, d’autres agents s’adonnent à son dépassement avec le jeu d’un échange qui devient authentiquement économique et marchand. Avec son potentiel d’illimitation.    

     C’est ce bouleversement qui immanquablement doit déboucher sur l’aliénation monétaire : le métal précieux est automatiquement « élu » et devient aussi réserve de valeur. Elu car l’élargissement de l’espace de communication (le dehors) fait diminuer le capital social : la confiance sous-produit du holisme, laisse place à la méfiance envers ceux que l’on connait moins. La monnaie ne peut plus être un symbole, que l’on pourrait même ne pas utiliser, si la division du travail était extrêmement réduite. Il faut qu’elle devienne réalité, qu’elle libère de tout engagement et qu’en même temps, elle soit pouvoir d’achat général, éventuellement en attente d’une opportunité. La monnaie de métal précieux, devient ainsi la quintessence de la liquidité et réserve de valeur.

    Vertu libératrice avec sa contrepartie aliénante : c’est la perte de capital social, qui la met en avant en tant que paravent, face aux risques de ce qui devient l’économie. Elle devient ainsi un substitut de confiance…un ersatz, envers qui la confiance doit, en conséquence, se maintenir.    

    Nous avons là la perspective d’une grande marche vers la loi d’airain de la monnaie.  

     Il ne faut pas qu’elle soit produite malhonnêtement et il faut lutter contre les faussaires, mais en même temps, comme elle est réserve de valeur, son grand penchant, est celui de devenir le vecteur de la thésaurisation laquelle  va engendrer sa rareté, et probablement sa dimension récessionniste. Elle risque de se faire trop rare et donc de réprimer l’économie, alors qu’elle résulte de la montée de cette dernière  et du passage au dépassement chez les hommes de la simple et si ancienne lutte contre l’entropie. Exigence d’abondance croissante, mais aussi mise en place spontanée, d’un mécanisme de raréfaction, dépassant largement les raretés naturelles procurées par l’épuisement des mines.    

    Montée du politique et marche vers la centralité monétaire du métal précieux   

    Les hommes se mettent à produire et échanger plus que ce qui est nécessaire aux fins de la simple reproduction de la communauté. Ils vont ainsi connaitre les premières civilisations, et parfois les empires correspondants. Mondes qui ont dépassé le strict stade de la simple lutte contre l’entropie et produisent du surplus, dont la contrepartie sera une accumulation d’objets symboliques religieux et politiques : temples, objets d’arts, constructions témoignant de la puissance du prince, etc. Formes qui élargiront la fonction réserve de valeur du métal. Et du métal qui sera aussi la contrepartie de ce qui est le premier investissement de ce monde nouveau : le surplus, fait d’objets symboliques dans les ordres politique et religieux, est l’investissement « macroéconomique » de ce type de monde, investissement dont le coût est la rémunération monétaire des artistes, artisans, et autres bâtisseurs de temples et de cathédrales.

     La montée de l’économie et de la monnaie métallique est aussi celle de la grande aventure étatique.

     C’est que le politique, qui  dans ce type de monde prend la place des dieux, bénéficie du statut de ces derniers et accapare leur position de créancier infini : l’impôt se substitue, partiellement, plus rarement en totalité, aux sacrifices envers les divinités. Il y aura même parfois concurrence, ou complémentarité, et Périclès racontera- nécessité de la guerre oblige- qu’il fallait prélever sur les offrandes et objets sacrés de Délos de quoi financer les armées. Les entrepreneurs politiques sont ainsi- comme les dieux - des créanciers, et la dette qu’on doit leur régler est bien sûr variable : dette de vie, esclavage, dépendances diverses, impôt en nature, mais aussi impôt monétaire.[4]

    Et là encore, plus les prélèvements sont liquides, et plus leur « pouvoir d’achat » est grand, notamment vis-à-vis d’étrangers, individus simples mercenaires, voire puissances politiques étrangères, connaissant la même aventure. On comprend par conséquent que c’est le métal précieux qui logiquement doit devenir « équivalent général », se substituant progressivement à nombre d’autres formes de prélèvements. Les princes deviennent ainsi- fait social émergent et donc spontané- les personnages centraux d’une circulation monétaire plus moderne, celle qui initie l’âge économique de l’humanité. Ce qui permet de comprendre le célèbre adage : « battre monnaie est un attribut de la souveraineté ». Mais en même temps de comprendre aussi la vocation du métal à être dissimulé et thésaurisé : la guerre peut se manifester à chaque instant et les potentialités récessionnistes du métal sont ainsi récurrentes.

    La centralité monétaire est donc fondamentale. Les princes doivent y veiller, empêcher si possible l’exportation du métal, qui par exemple va saigner Rome et devenir l’une des causes de son effondrement, et surtout se construire un monopole de la frappe : les hôtels des monnaies. De fait, monnaie et souveraineté se trouvent indissolublement liés. Une souveraineté soudée à la centralité monétaire qui n’est évidemment pas simple à construire si les Etats ne sont pas encore bien clairement et indiscutablement constitués. 

    Une loi d’airain avec laquelle il faudra ruser  

    La sélection du métal, comme effet du fonctionnement de la société, est aussi un fardeau pour le prince. D’un côté elle affirme sa puissance, et son pouvoir de prédation sur ces endettés désignés que constituent les sujets. Mais en contrepartie, il faut en réguler correctement le flux si l’on ne veut pas faire face à une pénurie source de récession, ou à l’inverse, risquer une méfiance résultant d’une abondance trop importante. Problème qui reste d’actualité pour nos modernes gouverneurs de banques centrales. Le prince a intérêt à une multiplication des signes monétaires surtout s’il lui devient difficile de pérenniser sa prédation par des voies ouvertement trop violentes : maintien de l’esclavagisme, lourdeurs des corvées, augmentation de l’impôt, etc. La conjonction d’une pénurie de métal par épuisement ou perte de contrôle de mines conjuguée à des résistances croissantes des sujets, peut l’amener à « tricher » au niveau des hôtels des monnaies. Ainsi, en France le mandement royal de 1358 affirme sans pudeur que l’on doit préférer la monétisation à l’impôt et que le roi doit mobiliser les rentes qu’il tire de la frappe. Fait troublant, qui peut être comparé avec le comportement, il est vrai plus pudique de la BCE aujourd’hui. Cette dernière en achetant massivement de la dette publique espagnole, italienne, etc. va-t-elle soulager les contribuables  correspondants ? Comparaison intéressante et sans nul doute à approfondir avec la naissance des « outright Monetary Transactions » (Transactions Monétaires Fermes) de Mario Draghi en septembre 2012.

    Maintenant si les sujets prennent conscience de la politique très classique de dilution, le prince pourra trouver d’autres méthodes, par exemple l’obligation de renouvellement plus rapide de la frappe des monnaies anciennes, ou l’émission d’une nouvelle monnaie, voire la simple vente des hôtels des monnaies lesquels deviennent des charges publiques pour une bourgeoisie financière en voie de constitution.

    Toute la période, qui va de l’éveil de l’économie et de celui de l’Etat, jusqu’à leur plein épanouissement, avec les révolutions industrielles et le passage progressif à l’Etat de droit, correspond à l’histoire de cette ruse au regard de la loi d’airain.

    Pendant très longtemps, la monnaie de papier est une impossible solution à la rareté, d’où des catastrophes bien connues, par exemple  en France le système de Law ou celui des assignats. Un autre problème fût celui de « l’élection » de 2 métaux précieux que l’on fait circuler simultanément avec des valeurs légales (la monnaie est un fait de souveraineté) qui ne correspondent pas nécessairement à celles du marché (la monnaie baigne dans l’économie, et le rapport des prix de marché de l’or et de l’argent, ne correspondent pas nécessairement aux valeurs « politiquement décidées »). Nous avons là, toute la question du bimétallisme et de cette fausse solution qu’était l’Union Latine (1865), voulue par un empereur cherchant peut-être à restaurer un empire et une monnaie européenne unique. Derrière toutes ses tentatives, la « loi de Gresham »[5] s’est très souvent manifestée. Et parce qu’elle fait peur, le métal continuera à manifester son irrésistible puissance. La Grande Bretagne s’y pliera très longtemps,  et paiera ainsi très cher sa tentative de retour à l’étalon-or dans les années 1920. Organisant la pénurie monétaire, son Etat devait plonger le pays dans un tourbillon récessionniste mettant fin à la grandeur britannique.

    La véritable cause de la loi d’airain est bien sûr la fonction réserve de valeur de la monnaie, et cette fonction réserve préoccupe des groupes sociaux dont l’existence politique s’affirme en même temps que l’Etat de droit.       

    Loi d’airain et affrontements autour de la rente.  

    Lorsque les princes, prédateurs infinis, saisissent qu’il est de leur intérêt de laisser grossir une masse taxable par le biais d’une prédation plus intelligente, ils laissent l’économie s’épanouir et avec elle le groupe des entrepreneurs économiques. Un dialogue s’introduit petit à petit entre  les vieux entrepreneurs politiques ( les princes) et les modernes entrepreneurs économiques. Petit à petit la prédation se transforme. Les créances que s’octroient les princes sur les sujets deviennent insuffisantes et se trouvent complétées par l’obtention de prêts  en provenance des entrepreneurs économiques, en particulier financiers. La fonction réserve de valeur de la monnaie s’épanouit et avec elle la rente, c’est-à-dire le taux de l’intérêt. Phénomène qui développe des endettements publics croissants et parfois gérés par la violence de l’Etat endetté : banquiers italiens du moyen- âge, machiavéliques expulsions des juifs avec extinction juridique des dettes de leurs débiteurs par versement du cinquième des sommes dues au Trésor royal, etc. Les exemples et procédures imaginées sont une mine sans fonds pour l’historien. Exemples et procédures qu’il serait utile de comparer avec les évènements d’aujourd’hui.

    Mais la marche  progressive vers  l’Etat de droit aboutit à un partage plus serein de la rente générée par la fonction réserve de la valeur de la monnaie métallique, et petit à petit, contre un véritable début de partage de la souveraineté monétaire, le prince, beaucoup moins puissant  se trouve plus ou moins assuré de bénéficier des services des banquiers . Ceux-ci acquièrent, le plus souvent sans titres, un véritable droit sur la monnaie légale : ils  commencent à émettre du papier au-delà de leurs réserves métalliques, ce qui correspond à un début de transfert de la fonction régalienne d’émission monétaire. En revanche l’entrepreneur politique de plus en plus souvent soumis à l’élection, dans le cadre d’un marché politique naissant, est satisfait de voir le déficit public couvert par un achat régulier de titres producteurs de rentes. La rente perpétuelle du 19ièmesiècle est en même temps annonciatrice d’une classe de plus en plus nombreuse de rentiers heureux de voir des déficits publics qui ne sont que la contre- partie d’ un style de vie confortable et sécurisant . Ainsi à la belle époque ( en 1900) le service de la dette publique française est-il évalué à 25% du total du budget de l’Etat, lequel représente environ 12% du Pib de l’époque. Cela correspond ainsi à un service de la dette d’environ 3 points de PIB, charge assez comparable à ce que l’on constate aujourd’hui [6]. Les entrepreneurs politiques devenus beaucoup plus modestes, et ne rusant plus que fort modérément avec la loi d’airain –le franc germinal reste stable tout au long du 19ième  siècle -prennent ainsi en charge les intérêts supérieurs des rentiers. Comme jadis les princes pouvaient protéger les aristocrates.

    La montée de l’Etat de droit c’est aussi celle de l’idéologie du contrat social et de l’intérêt général. Les entrepreneurs politiques quittent leur statut de prédateur et leur reconduction au pouvoir passe par un marché fort particulier où il est question de services publics dont le coût est financé par un impôt. Le libéralisme croit ainsi mettre fin au prédateur alors qu’il ne met fin qu’à son représentant historique, et laisse intacte la machine à prédater, laquelle pourra fonctionner démocratiquement au gré des majorités parlementaires. Ce que soupçonneront les premiers libéraux comme un Benjamin Constant[7], un Fréderic Bastiat[8] ou un Herbert Spencer[9]. Contrat social et intérêt général sont bien une fiction, puisque services publics et impôts ne relèvent pas d’un contrat. Aucun agent n’achète sur un marché, des services publics contre un paiement volontaire : quantité et qualité de services publics et impôts ne relèvent pas de l’échange volontaire entre personnes libres de décider.

     Mais un tel âge de l’aventure étatique , celui du contrat social, correspond à une réalité devenue massive : les entrepreneurs politiques ne sont plus que des bâtisseurs d’une majorité permettant leur reconduction au pouvoir. Et majorité acquise en distribuant divers avantages directement ou indirectement économiques. La distribution d’aides ou subventions et d’un  « crédit à la consommation ou équipements  de services publics » est facteur de consolidation d’un contrat social. Ce crédit, qui n’est rien d’autre qu’un déficit public, peut faire l’unanimité des divers groupes sociaux, et se trouve être un bon produit pour assurer la reconduction au pouvoir. Au-delà, il développe un peu plus une communauté d’intérêts et de destin entre entrepreneurs de la finance et entrepreneurs politiques : la rente contre- partie de la dette, elle-même contre- partie de la fonction réserve de la valeur se trouve de mieux en mieux partagée.

    Il est pourtant des évènements majeurs qui peuvent mettre en cause la communauté d’intérêts et de destin entre entrepreneurs de la finance et entrepreneurs politiques. 

    Loi d’airain maîtrisée et étiolement  de la rente.

    Lorsqu’à l’illimitation de l’économie pourra correspondre l’illimitation de la guerre et des besoins financiers correspondants (2 guerres mondiales), les limites de la monnaie doivent être définitivement repoussées. Les mines de métal, hôtels des monnaies et bricolages des banquiers privés deviennent des outils dérisoires. Il faut inventer une usine à produire, toujours centralement, de la monnaie. Au-delà des fictions juridiques, il faut que Trésors et banques centrales soient confondus et que les moyens monétaires deviennent tout aussi illimités que la violence militaire.[10] L’apparente mondialisation du 19ième siècle laisse la place à une forte consolidation des Etats-Nations. Curieusement, déficits et dettes publique devenus aussi gigantesques qu’aux époques prémodernes (France de l’ancien régime, Grande Bretagne de l’époque napoléonienne, etc.) ne sont plus un boulet pour les pays qui- peut-être à l’exception de la Grande Bretagne- décident de ne pas s’en soucier, et préféreront s’adonner aux investissements de reconstruction. Et il est vrai que si Trésor et Banque centrale ne font plus qu’un, la dette publique n’a plus  de sens. Cette dernière n’a de réalité que si Trésor et Banque centrale sont séparés et n’ont de contact qu’avec un «  curieux marché » où l’Etat (Trésor) est demandeur de monnaie – la monnaie légale, donc la sienne, celle qu’il a « adoubé » - et où la banque centrale se trouve offreuse de cette même monnaie. Sans séparation, plus de marché de la dette et donc plus de dette publique. Dans un tel système où l’unité réelle – au-delà des apparences juridiques et institutionnelles- du Trésor et de la banque centrale est validée, c’est le Trésor qui fixe la quantité de monnaie en circulation et non pas le système financier. De quoi s’interroger aujourd’hui avec l’OMT de Mario Draghi qui fait tant rêver les naïfs : « Pourquoi tant d’argent pour les banques et rien pour les Etats ? ».

    Durant quelque 60 années au vingtième siècle, dans nombre de pays, l’unité du Trésor et de la Banque centrale font que L’Etat retrouve la pleine souveraineté monétaire et cette fois sans risque d’épuisement de réserves métalliques. Ni même de catastrophe monétaire tant il est vrai que la mobilisation de tous les facteurs de production donne davantage de sens que la spéculation. Même l’Allemagne, victime d’une gigantesque inflation, saura avec le docteur Schacht (1932-1936) et ses « effets Mefo »[11], se ressaisir très rapidement en faisant correspondre  circulation monétaire et production.

    Désormais, dans nombre d’Etats, la production de monnaie s’ajuste à la croissance de l’économie laquelle a pour limite- à la fois supérieure et inférieure- les réserves en facteurs de la production et en gains de productivité. En termes savants, la croissance réelle est proche de la croissance potentielle et l’étau monétaire a disparu. Et avec lui- au moins partiellement -  la rente. Surtout si, comme ce sera le cas de la France, la fusion de la banque centrale et du Trésor correspondant, est tel que le « curieux marché » n’existe plus, tant il est contourné, et que les taux d’intérêt réels (inflation comprise), sont politiquement décidés à  un niveau proche de zéro. La rente est ici victime de ce qui sera appelé plus tard « la répression financière ». Ce que Keynes avait appelé « l’euthanasie des rentiers ».

    Avec cette monnaie où la fonction réserve de la valeur s’évanouit, il n’y a plus à dire que l’épargne (fonction réserve) génère l’investissement (fonction accumulation). A l’inverse, c’est le souci de la mobilisation de tous les facteurs de la production (plein emploi) qui génère l’investissement financé par création monétaire. La loi d’airain est ainsi maitrisée. Elle n’est pourtant pas morte, et les entrepreneurs économiques sauront un jour  réorienter les actions des entrepreneurs politiques, dans un sens qui ira vers une grande perte de leur souveraineté monétaire.

    Elle n’est également pas morte en raison  du comportement des autres souverains monétaires, souverains maitres de lieux dans lesquels elle peut en fonction des circonstances se pérenniser. La fonction réserve de la valeur cherchera ainsi à se maintenir malgré la répression financière, d’où la fuite devant la monnaie, la spéculation etc., qui mécaniquement développera le renforcement de l’appareil répressif, avec un contrôle des changes rigoureux, l’interdiction stricte de la circulation du capital, etc.

    De fait, le souverain moderne, en renforçant l’Etat-Nation crée ou renforce un « dedans » qui ne peut exister que face à un « dehors » lui-même renforcé et qui vient limiter sa souveraineté monétaire.

    La montée en puissance de l’Etat-Nation ne fait évidemment pas disparaitre l’économie, et de la même façon que les monnaies noires (le dedans) cohabitaient avec les monnaies d’argent et d’or (le dehors), les nouvelles monnaies souveraines (celles du dedans) se construisent sur la base d’un dehors qui échappe au souverain : l’Euthanasie des rentiers est ainsi un processus toujours limité.

    Le retour de la loi d’airain de la monnaie. 

    Contrairement aux apparences, la fin de Bretton-Woods avec la décision du président des USA, le 15 Août 1971, de supprimer la conversion en métal du dollar, ne correspond nullement à une nouvelle victoire sur la loi d’airain. Elle est probablement, à l’inverse, une victoire des entrepreneurs de la finance qui, bénéficiant de l’illimitation  économique nouvelle  correspondant à la mondialisation, se sentent capables de repousser les limites du « déficit sans pleurs »[12]. Le déficit ne doit plus être un problème et la finance américaine est capable par création monétaire de le rendre non limité. Et, au déficit extérieur, le « déficit jumeau » qui peut lui correspondre ( le déficit public), est tout aussi capable de se maintenir, voire de s’élargir par une bonne gestion marchande des titres publics correspondants. A l’époque le président des USA ne se doutait  peut-être  pas du cadeau ainsi fait à la finance, qui à partir de cette date, va commencer à accroitre sa « part de marché » dans le PIB planétaire. Et accroissement allant bien au delà de ce qui était justifié par l'externalisation galopante des activités économiques réelles où le "buy" se substituait au "make". Quelques années plus tard, toute la législation Rooseltienne sera progressivement abolie pour supprimer toute forme de loi d’airain dans la finance. Vaste mouvement qui sera aussi justifié par une recherche universitaire, étrillant le corpus keynésien, au profit d’une nobélisée « théorie des marchés efficients ». La grande machine à fabriquer de la dette …et de la rente, donc machine à  financiariser toute l’économie réelle, se met en ordre de marche.

    De fait, partout dans le monde, les entrepreneurs de la finance se libèrent de la répression financière imposée par les entrepreneurs politiques…. Et vont reporter les contraintes de la loi d’airain sur les Etats. Nous passons ainsi de la répression financière à la répression des Etats. Car la fin de la répression financière est aussi le retour de la loi d’airain pour les Etats. La meilleure illustration, est bien évidemment la séparation complète des Trésors et des banques centrales, avec des  positions extrémistes  comme celle de l’Europe ou les banques centrales de l’euro-zone ne peuvent même pas participer aux enchères de la dette publique.  Nous avons là le comportement mimétique, l’effet de foule, aussi aidé par le « nouveau savoir » universitaire, qui à la fin des années 80, va imposer partout dans le monde l’indépendance des banques centrales, c’est-à-dire le « curieux marché ».

     C’est dire que le rétablissement- au sens du 19ième siècle- d’un vrai marché de la dette publique rétablit la rente avec comme garantie supplémentaire que celle-ci  voit son maintien assis sur une politique rigoureuse de stabilité des prix,  grand devoir et grand travail des banques centrales indépendantes . Grand devoir et grand travail qu’il faut lire comme fin de la dissolution  des stocks de dettes par cet acide qu’était l’inflation. Les banques centrales deviennent gardiennes de la valeur des actifs financiers de toute nature, ce qui libère la finance et ce qui contraint les Etats. 

    Loi d’airain de la monnaie , mondialisation et retour de la « loi d’airain des salaires » 

    Mais si cette fin de la répression est le rétablissement d’une frontière infranchissable entre le monde des Trésors et celui des banques centrales, elle est aussi la fin de la frontière monétaire entre les Etats-Nations. Cela correspond à un autre grand travail : édifier la mondialisation. Edification d’une frontière d’un côté, et disparition d’une autre par ailleurs, vont dans le même sens : la souveraineté monétaire qui avait abouti à la relative maitrise  de la loi d’airain s’évanouit à la fin du 20ièmesiècle.

    Les causes de cet immense travail juridique, correspondant à l’édification  de la mondialisation sont connues : l’épuisement du fordisme dès la fin des années 60, doit être combattu en recherchant de nouvelles productivités dans les espaces périphériques[13]. Il faut donc agréger aux vieux espaces d’accumulation de nouveaux territoires où les basses rémunérations deviendront des ersatz se substituant partiellement aux gains de productivité déclinants dans les espaces centraux. Ce qui est moins connu, est que cette continuation du fordisme par d’autres moyens, ne peut établir un équilibre entre l’offre globale mondiale et la demande correspondante. Parce que le fordisme national disparait, disparait avec lui l’ensemble des institutions qui garantissaient les débouchés d’une offre rapidement croissante. En termes simples, parce qu’il n’existe plus de mécanismes de redistribution, la pression sur les salaires se fera planétaire et rétablira ce que l’on appelait avant le fordisme la « loi d’airain des salaires » à l’échelle mondiale. De quoi réfléchir à ces « sursauts de compétitivité » passant par une baisse du coût du travail dont le monde s’abreuve aujourd’hui en constatant l’affaissement de la croissance…

    Ce phénomène développe ce qu’on pourrait appeler une crise de « l’entrepreneuriat politique » phénomène qui à la surface des choses est vécu comme la « fin du politique » au profit de la dictature de l’économique. Bien évidemment il n’en est rien puisque la mondialisation est elle-même une construction institutionnelle. Simplement les entrepreneurs politiques qui construisent la mondialisation pour faire reculer les limites du fordisme sont obligés de la négocier contre la mise à l’index des Etats- providence…. lesquels étaient une pièce essentielle de ce même fordisme. Difficile dans ces conditions de maintenir la crédibilité d’un entreprenariat politique qui s’était souvent bien construite dans la phase ascendante du fordisme.

    Mais «  la loi d’airain des salaires » impose une crise mondiale de débouchés où chaque Etat, tente de reporter par une concurrence agressive sur tous les autres, les problèmes qui en découlent. Avec toutefois l’irruption des remèdes miracles désormais offerts par la finance dérégulée. Parce que la fin de la répression financière aboutit au dessaisissement des Etats en matière monétaire, les entrepreneurs de la finance peuvent offrir par la voie de l’endettement une solution plus ou moins précaire à l’insuffisance mondiale de débouchés. Nous avons là la problématique américaine des subprimes qui permettait à des personnes , victimes nouvelles de la nouvelle  loi d’airain des salaires, de consommer des revenus qu’elles ne possédaient pas.

    Les Etats, qui désormais dépossédés d’une souveraineté monétaire qui avait pourtant évoluée vers une maitrise de la loi d’airain, ne sont pas tous dans la même situation au regard de la finance libérée. 

    Retour de la loi d’airain de la monnaie et rapports de forces différenciés entre entrepreneurs politiques et entrepreneurs de la finance. 

    En dehors de cas très particuliers : Chine, Corée du nord, etc. le nouvel équilibre entre entrepreneurs politiques et entrepreneurs de la finance est un rapport de forces variable.

    Pour les pays à monnaie de réserve, il est clair qu’il existe une grande communauté d’intérêts. Ainsi pour les USA, la politique de puissance peut se pérenniser et c’est bien l’industrie financière, qui en augmentant sa part de marché dans le PIB, permet aussi le développement de la part de marché américain dans le total des dépenses militaires mondiales.  Le financement de la guerre qui était naguère soumis à la loi d’airain ( il fallait de l’or pour payer les mercenaires) s’en libère au moins temporairement grâce à l’illimitation de la  finance. De ce point de vue, la fin de Bretton-Woods, associé au statut du dollar comme monnaie de réserve, est aussi  ce qui permettra le gonflement du budget militaire américain avec le financement des guerres associées : Vietnam, Irak, Afghanistan.

    Et si le gouvernement américain peut déclarer au reste du monde que le dollar est « notre monnaie et votre problème »[14], il oublie de signaler qu’il est aussi le double intérêt du système politique américain et de ses entrepreneurs de la finance. 

    Pour les pays dont la monnaie ne repose que sur une base légale étroitement nationale, le rapport de force entre entrepreneurs de la finance et entrepreneurs politiques est tout autre, et la loi d’airain s’impose durement à ces derniers sous la forme du « curieux marché » : la rente doit être payée par les contribuables et vient limiter l’éventail des possibles. La classe des rentiers réapparait avec la séparation complète du Trésor et de la banque centrale, avec pour le premier la nécessité d’acheter sa propre monnaie aux correspondants (les banques) de la seconde -une institution qui lui est devenue étrangère, une institution "sui generis" comme disent les juristes- et les entrepreneurs politiques doivent construire de nouveaux compromis  pour conquérir ou se reconduire au pouvoir. Compromis plus difficiles car la séparation entre Trésors et banques centrales correspond aussi à la nouvelle mondialisation qui impose une gestion monétaire très stricte, une prudence fiscale et sociale etc. Investir pour parvenir au plein emploi, n’est plus une décision de politique économique, et il ne faut désormais compter que sur la confiance des marchés. 

    Les pays de la zone euro sont sans doute les plus malmenés dans le retour de la loi d’airain. En dehors de l’utopique fusion des marchés politiques au profit de la naissance d’un Etat européen animé par des entrepreneurs politiques européens, la monnaie unique ne peut fonctionner que sur la base d’une loi d’airain particulièrement stricte. Ici la séparation des Trésors de leur banque centrale ne peut être que radicale. Et l’on se plait à confirmer que la BCE est probablement la plus « crédible » du monde car la plus indépendante des banques centrales du monde.

    Comprenons en effet que si cette indépendance n’était pas radicale, le comportement de passager clandestin se ferait tout aussi radical et  l’on tomberait très vite dans le célèbre « dilemme du prisonnier » : les entrepreneurs politiques de chaque Etat, auraient en effet intérêt à imprimer des billets dont le coût serait supporté par leurs collègues des autres Etats. Il en résulterait globalement une loi de Gresham au détriment de l’euro que l’on voulait construire. Cette remarque est fondamentale : sans fusion réelle des marchés politiques, l’indépendance de la BCE doit être radicale, et donc le financement des Etats ne peut se faire que par le « curieux marché ». Alors que le « quantitative easing » peut s’imaginer dans les autres pays, par accord entre entrepreneurs de la finance et entrepreneurs politiques, tout en respectant la logique formelle d’une séparation entre Trésor et Banque centrale, cette solution est fort logiquement exclue dans le cas de l’euro zone. Le « curieux marché », qui ici ou là peut plus ou moins être contourné, ne peut être au moins sur le papier que prison monétaire pour les Etats.

    Cette situation particulière de l’Euroland peut d’ailleurs être confirmée par le fait que même en disposant d’une législation stricte qui vient limiter les déficits budgétaires ( critères de Mastricht) les comportements de passager clandestin n’ont cessé de suinter de toutes part, et ce en provenance de tous les Etats, sans exception. Cela signifie par conséquent que la zone euro est probablement le lieu où le retour de la loi d’airain est le plus fort, fonctionne le plus au détriment relatif des entrepreneurs politiques, et le plus au profit de l’industrie financière.

    Ce point de vue est sans doute confirmé par les récentes décisions de la BCE, concernant le rachat sans limite de titres, et ses fonctions futures dans l’union bancaire européenne en cours d’élaboration. Sans doute des décisions qui sauvent aussi les entrepreneurs politiques incapables de quitter le statut de passager clandestin, mais d’abord des décisions qui favorisent puissamment la rente : les créanciers voient leurs titres garantis. Et si demain l’ensemble du système bancaire européen, avec de fait ses annexes que constituent le « Shadow Banking »[15], passe sous le contrôle de la BCE, le rapport de forces au profit de la finance sera grandement amélioré. Le puissant multiplicateur du crédit dopé par l’OMT de la BCE est  « fête » pour la finance et simple « os à ronger » pour les Etats.

    Mais là encore, et de façon plus globale il faut nuancer, la finance n’a pas intérêt à ponctionner  les Etats jusqu’au défaut, Etats qui doivent rester  solvables si l’on veut éviter l’effondrement planétaire. D’où le point de vue dominant du monde financier aujourd’hui : les banques centrales se doivent être très actives sur le marché primaire de la dette publique, pour soulager les Etats et ainsi empêcher le risque d’explosion du système financier dans son ensemble. Comme quoi il n’est pas dans l’intérêt du loup que les moutons soient mourants. Curieuse situation dans laquelle les entrepreneurs de la finance, forts des « savoirs universitaires nouveaux », après avoir acheté aux entrepreneurs politiques l’indépendance des banques centrales, se mettent aujourd’hui à exiger d’elles le financement des Etats.

    Bien évidemment l’histoire ne s’arrêtera pas, et ce retour gigantesque de la rente sera un jour corrigé en raison de ses effets dévastateurs à l’échelle planétaire sur les sociétés. 

    Désordres monétaires et paniques sur la fonction réserve de la valeur 

    D’une certaine façon la finance fût le mur de protection qui a permis de maintenir pendant près de trente années l’illusion d’un fordisme par d’autres moyens. C’est elle qui a rétabli l’équilibre entre offre globale  et demande globale à l’échelle mondiale : la consommation/dépense américaine a pu s’accroitre  malgré des revenus devenus constants (dont la cause était la nouvelle concurrence mondiale), et la production chinoise a pu bondir sous l’effet d’une mondialisation compensant l’étroitesse des débouchés internes. Et ce modèle réduit de mondialisation qu’est la zone euro, a pu reproduire par la finance, le modèle global : le Nord – Allemagne -  étant l’équivalent de la Chine et le Sud –Grèce, Espagne, etc.- l’équivalent des USA. La crise de la machine à faire de la dette n’étant autre que l’effondrement progressif  du mur de protection, effondrement mettant à nu la grande dislocation des sociétés. Il faudrait pérenniser la croissance de l’endettement pour empêcher le déploiement mondial de la crise de l’économie réelle, mais en même temps cette pérennisation est aujourd’hui impossible.

     Les volumineux et confortables coussins de dette retirés du jeu, il ne reste plus pour la survie de tous, que le bouc émissaire de la monnaie : la guerre des monnaies. Guerre elle-même perdue - car jeu à somme nulle - comme le fût la guerre des dévaluations des années 30. Un scénario probable est donc- en taux de change flottants - l’élargissement important des fluctuations déstabilisant l’ensemble des systèmes de prix avec exacerbation de l’activité spéculative. Et une activité spéculative dont l’horizon serait la recherche acharnée, et devenue difficile, de la fonction réserve de la valeur.

    On peut donc penser que dans un premier temps, l’effondrement de la finance se marquera par l’élargissement du front de la financiarisation générale des activités humaines : si les monnaies, malgré le fantastique développement de la technologie financière ( « Trackers », « Warrants », « Certificats leverage », « Turbos », « CFD », etc .) ne peuvent plus assurer la fonction réserve de la valeur, alors c’est l’ensemble des autres biens qui sera testé comme salut possible. D’où présentement la bataille planétaire entre régulateurs publics ou privés et industrie financière pour bloquer les tentatives de limitation des activités purement spéculatives. Cela est vrai du dossier de la séparation des activités bancaires, mais cela est surtout vrai de celui de la limitation des activités spéculatives sur les matières premières avec déjà de lourds échecs, tel celui de l’intrépide « Commodity Futures Trading Commission » (CFTC) américaine.[16]

     Mais comme toujours il est très difficile d’écrire l’histoire de l’avenir. 

    http://www.lacrisedesannees2010.com/


    [1]« Genèse de l’Etat et genèse de la monnaie », Revue du MAUSS, avril 2007.

    [2]« La violence et le sacré », Grasset, 1972.

    [3]« Essai sur le don » texte inséré dans le recueil d’articles préfacé par Claude Lévi-Strauss, PUF,1950.

    [4] Sur ces questions nous renvoyons  au chapitre premier de « Banques centrales, indépendance ou soumission », Jean Claude Werrebrouck, Editions Y Michel, 2012.

    [5] Thomas Gresham était un financier anglais du 16ième siècle qui avait constaté que lorsque 2 monnaies circulaient simultanément dans un espace, les agents thésaurisaient la bonne monnaie pour ne financer leurs échanges qu’avec la mauvaise. D’où l’expression « la mauvaise monnaie chasse la bonne »

    [6] 2,5% du PIB  pour la France de 2013(environ 50 milliards d’euros de rente –service de la dette – pour un PIB d’environ 2000milliards d’euros).

    [7]1767-1830. Cf notamment son célèbre discours de 1819 : « De la liberté des anciens comparée à la liberté des modernes »

    [8]1801-1850. Cf ses œuvres complètes disponibles sur Wikipédia Commons et notamment « Sophismes économiques » ou « Harmonies économiques »

    [9] 1820-1903. Son livre majeur : « Le droit d’ignorer l’Etat » (1850) servira de références aux libertariens contemporains et notamment Robert Nozick.

    [10] Déjà Joseph Proudhon avait imaginé en 1846 un « projet de réunion de la Banque de France au domaine public ». Rédigé sous la forme d’une loi, le projet stipulait que la banque était « réunie au domaine de la nation et fonctionne à son compte » tandis qu’elle était « placée sous la surveillance des représentants du peuple ». Très curieusement le projet stipulait aussi que la banque « était indépendante du gouvernement ». L’idée fort contradictoire de fusion et d’indépendance était déjà dans la tête de Proudhon

    [11] Les effets Mefo, véritables moyens de paiements publics, étaient des reconnaissances de dettes garanties par l’Etat et escomptables à la banque centrale. Au-delà des aspects techniques, l’objectif était d’activer les facteurs de la production durablement non utilisés en raison de la crise, en remettant en circulation la monnaie thésaurisée. Le docteur Schacht qui fût parfois qualifier de « magicien » devait réussir à extirper l’Allemagne de la crise sans accroissement notable de la circulation monétaire. Sur la base d’un désaccord avec Hitler sur le sens à donner à la relance de l’activité, Il quittera ses fonctions ministérielles en 1936 .

    [12]Expression de Jacques Rueff –ministre du Général De Gaulle -  pour désigner le déficit extérieur américain.

    [13] On trouvera développements et explications plus précises de ce qui suit dans le chapitre ­­6 de « Banques centrales, indépendance ou soumission ».

    [14]Expression de John Connally  Secrétaire au Trésor à l’époque de Richard Nixon

    [15]Ensemble du système bancaire et financier parallèle, non soumis à la réglementation bancaire, et pourtant d’un poids  presque équivalant au système réglementé.

    [16] La CFTC qui avait réussi à imposer aux opérateurs de marché des limites de positions sur 28 produits en 2011 se verra contredite par un juge sur la base d’arguments juridiques qui masquent mal la volonté de ne pas réduire la « liquidité »…en clair la spéculation de la part d’agents très éloignées de l’économie réelle des produits en question.

  • La vérité est que l’argent ne vaut rien

    Comment les dirigeants occidentaux ont-ils réagi à la crise initiée par l’effondrement des « subprimes » américains en 2008, qui s’est ensuite propagée rapidement dans la majeure partie du monde, et qui d’ailleurs couvait bruyamment depuis un certain temps (écroulement du Mexique en 1996, des « petits tigres » en 1997, défaut de l’Argentine en 1999) ? En injectant dans le système davantage d’argent à travers une série de triangulations entre Fed, FMI, les banques, les Bons du Trésor,  qui ne sont rien d’autre qu’une contrepartie.

    Traditionnellement, les fonctions de l’argent sont au nombre de quatre : 1) mesure de la valeur ; 2) Intermédiaire pour les échanges ; 3) Moyen de paiement ; 4) Dépôt de richesse. Rien à redire sur les 3 premières. Mais ôtons-nous de la tête l’idée que l’argent constitue une richesse ou qu’il la représente. De ce point de vue, l’argent n’est rien, absolument rien.

    Les Espagnols s’en aperçurent à l’aube du XVII siècle quand, après avoir dévalisé les Indiens d’Amérique de tout l’or et l’argent (la monnaie de l’époque en Europe), ils se retrouvèrent plus pauvres qu’avant. Dans son Mémorial de 1600, Gonzales de Collerigo écrit avec une lucidité incisive : « Si l’Espagne est pauvre, c’est parce qu’elle est riche. » Et Pedro de Valence en 1608 : « Le mal est venu de l’abondance d’or, d’argent et de monnaie, qui a toujours été le venin destructeur des cités et des républiques. On pense que l’argent est ce qui assure la subsistance, mais ce n’est pas le cas. Les terres cultivées de génération en génération, les troupeaux, la pêche, voilà ce qui garantit la subsistance. Chacun devrait cultiver son lopin de terre et ceux qui aujourd’hui vivent de rentes et d’argent sont des gens inutiles et feignants qui mangent ce que les autres ont semé. »

    On dira que ce sont là des discours d’économiste de la première heure encore lié culturellement et émotivement au monde du Moyen Âge où l’argent, outre qu’il circulait peu, était bien souvent regardé avec suspicion. Mais Sismondi, qui fut actif deux siècles plus tard, lorsque l’économie classique, avec Smith, Ricardo, Malthus ou encore Say, avait déjà fait irruption dans l’Histoire et s’était imposée comme une science, écrivait : « En augmentant l’argent d’un pays sans en augmenter le capital, sans en augmenter le revenu, ni la consommation, on ne l’enrichit pas, on n’en stimule pas le travail. » Et par « capital » Sismondi entendait la terre, le bétail, les outils, le travail, les habitations, autrement dit les biens matériels.

    En 1929, les Américains qui avaient investi à la bourse de New York se croyaient richissimes, mais il a suffi que quelqu’un ne croie plus dans la valeur de ces actions (qui, en tant que crédit, sont de l’argent au sens propre du terme), entrainant les autres actions dans leur chute, pour que cette richesse se révèle pour ce qu’elle est : du simple papier. La valeur d’une vache, à l’inverse, même si elle peut varier, ne pourra jamais être réduite à zéro. On en tirera toujours du lait, ou au pire, on en fera des beefsteaks.

    Déjà Aristote, dans son ouvrage intitulé « Politique » s’était aperçu de l’inconsistance de l’argent, quand il écrivait : « La monnaie… est une simple convention légale sans aucune base naturelle, car si l’accord change entre ceux qui l’utilisent, il perd toute valeur et n’est plus utile à aucune des nécessités de la vie, et un homme riche d’argent peut arriver à manquer de la nourriture nécessaire. Bien étrange serait une richesse qui, même possédée en abondance, laisserait mourir de faim son propriétaire, comme le raconte le fameux mythe de Midas.(*) »

    Massimo Fini http://www.scriptoblog.com

    Il fatto quotidiano, le 20 octobre 2012

    note du traducteur (*): Légende de la mythologie grecque, Midas pouvait transformer en or tout ce qu'il touchait.

      Article traduit et publié en langue française par le site www.massimofini.fr

  • L’Allemagne se prépare à l’implosion économique française

    La Grèce à détourné l'attention des marchés pendant que la France, l'autre pilier principal de l'Union Européenne, connaît actuellement une contraction économique comparable à celle de 2008-2009. A présent que les grecs ont reçu un nouveau tour de vis pour rassurer les banques créancières du pays, l’hexagone est la prochaine cible…

     

    Les chiffres des ventes automobiles (poumon de l’économie frenchie) du mois de septembre 2012 sont pires que ceux de septembre 2008 (le mois de la faillite de la banque américaine Lehman Brothers). Même l’optimisme chronique de la Banque de France semble contrarié et dévoile les mauvaises nouvelles : nous entrons à nouveau en récession avant la fin d'année.

    Au cours des dernières semaines, un cri d'alarme de nombreux dirigeants financiers prévient que l'économie française est dangereusement passée en mode « hors-piste ».

    Dans un entretien paru le 14 novembre dernier dans l'Express, Henri de Castries, chef exécutif des services financiers du Groupe AXA avertit clairement que la France est en perte de vitesse, non seulement face à l'Allemagne mais face à la quasi-totalité de ses voisins européens !

    « Il y a un fort risque qu’en 2013 et 2014, nous allons être à la traîne comme l'Espagne, l'Italie et la Grande-Bretagne ».

    Le 5 novembre, Louis Gallois, ancien patron d’EADS, publiait un rapport commandé par le gouvernement appelant à un "traitement de choc" pour restaurer la compétitivité française.

    Le 28 octobre, un groupe composé des 98 chefs des plus importantes entreprises du pays remettaient une lettre ouverte au président Hollande sur l’insupportable dépense publique qui représente 56% du Produit Intérieur Brut : la plus élevée d’Europe !

    Cette lettre a été signée par la quasi-totalité des grandes sociétés françaises (à quelques exceptions près comme EDF qui est contrôlé par le gouvernement...).

    Sur ce constat, nous avons la confirmation que la France est en grande difficulté face à son partenaire allemand pour enrayer la crise du surendettement souverain.

    Le Ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, a d’ailleurs demandé à un panel d’experts de se pencher sur les propositions de réforme pour la France, craignant que la faiblesse de la seconde plus grande économie de la zone Euro puisse mettre en danger l'Allemagne.

    Deux responsables, s'exprimant sous couvert d’anonymat, ont déclaré à Reuters que Schäuble a fait une demande aux conseillers économiques du gouvernement allemand, plus connus sous le nom des « sages », d’envisager l’élaboration d’un rapport sur ce que la France doit faire...

    Image Reuters

    D’après l’économiste Lars Feld :

    « Le plus gros problème à l'heure actuelle dans la zone euro n'est plus la Grèce, l'Espagne ou l'Italie, mais la France, parce que rien n'a été entrepris pour rétablir véritablement sa compétitivité, et elle s’est même engagée dans la direction opposée ! »

    « La France a besoin de réformes sur le marché du travail, c’est le pays de la zone euro qui fonctionne de moins en moins bien chaque année, alors comment voulez-vous obtenir des résultats ? Les choses ne fonctionneront pas à moins que davantage d'efforts soient faits. »

    La France sera un problème bien plus important que l'Espagne ou l'Italie pour l'Union Européenne !

    Attachez vos ceintures, le plan de bataille des financiers est en place pour mener l'opération "CASH contre votre CDI"... comme les lecteurs du blog Gold-up l'avaient découvert dans cette vidéo dévoilant un document secret diffusé aux banquiers avant les élections présidentielles françaises...
    Lionel Ségaut  http://www.agoravox.fr

  • L'euro de la Hanse

    Ce billet est paru dans l'Action Française 2000 du 6 janvier 2011 sous le titre Tallinn embarque avec Berlin. Il entre en archives RA. Il peut paraître "désaxé" de prendre la défense de l'euro fédéraliste dans un journal royal-souverainiste, mais c'est à dessein. Le premier souci d'un premier ministre de roi sera de remettre de l'ordre dans les comptes publics avant de penser à revenir au prestige de la monarchie. L'adoption de l'euro par la République française était un défi de bonne gestion... à l'allemande. On a vu que la démagogie inhérente au régime et la "récompense" des électeurs du camp vainqueur dans le droit fil du clientélisme latin ont saccagé l'intention de saine gouvernance jusqu'à ruiner l'Etat. Un roi qui ne saurait pas remettre ses comptes publics à l'équilibre ? ce n'est même pas la peine d'y penser, ni de travailler à sa restauration.
    Tallinn passe à l'euro pour achever de renouer avec une prospérité ancienne quand, à l'abri de forts remparts danois, elle était le port de bois et de sel le plus oriental de la Hanse allemande¹. Aujourd'hui, l'esprit hanséate est revivifié. Le plus petit des pays scandinaves est un acteur économique notable dans le domaine des nouvelles technologies au point que l'on se moque d'eux en parlant d'e-Stonie ; mais ils vendent aussi de la biotechnologie, des machines, des équipements électroniques, du textile et des produits de la filière bois ; leurs partenaires étant dans l'ordre, la Finlande (son frère culturel et plus gros investisseur industriel), la Suède qui tient le secteur bancaire et dont le comportement de crise a été critiqué, l'Allemagne qui jadis la créa et l'enrichit, puis la Lettonie, la Russie, la Lituanie et les États-Unis.
    Est-ce dû au brassage d'étrangers résidents, les gens de Tallinn sont très ouverts d'esprit pour ne pas dire plus intelligents, comme l'ont montré par exemple les premières manoeuvres navales OTAN de la mini-flotte estonienne dont l'interopérabilité rapide fut remarquée (Baltron 1998). Cet Estonien à l'esprit vif n'a raté aucune occasion de prendre la remorque d'organisations internationales actives (OMC, OTAN, OCDE, OSCE, FMI, UE, OIF) qui lui apportent une ouverture concrète et un peu de sécurité, si l'on comprend bien que vivre dans le jardin de l'ours russe reste, malgré toutes les déclarations pacifiques de MM. Medvedev et Poutine, dangereux. Aussi, le gouvernement de Tallinn s'est-il ému officiellement de la vente à la Russie des bâtiments français de projection et commandement Mistral à mission offensive.


    Ainsi donc, au moment où des économistes de renom mettent en pointillés la continuation de la zone monétaire Euro, un pays scandinave bien géré et industrieux rejoint-il le tournez-manège des preux et des gitans. Avec un déficit public de 1,3% du produit intérieur brut (pib) et une dette souveraine ridicule de 7,2% du pib, nul doute que l'Estonie se range avec les preux ! Anticipe-t-elle la scission des économies sérieuses du nord et des économies rieuses du sud ? A tout le moins elle embarque avec l'Allemagne et la Finlande dans ce qui pourrait être un nouvel euromark de la zone germanophone. La couronne estonienne (EEK) introduite en 1992 contre le rouble fut raccrochée dès le départ au deutschmark à la parité fixe de 8 pour 1. Le DEM prenant le nom d'euro, l'EEK continua à la parité de 1 EEK = 6,39 centimes d'euro ± 15 % au sein du mécanisme du taux de change européen (MCE II) à compter de 2004 comme le firent aussi ses cousins baltes et slovène. La Slovénie a converti ses tolars en euros en 2007 et la Lituanie et la Lettonie pensent abandonner litas et lats en 2014, si (?) les critères de convergence sont respectés. Pour eux, l'euromarkland est d'avenir. Pourquoi ?
    L'euro fut créé par la France et l'Allemagne dans une optique de gestion prudente des comptes publics, après l'expérience concluante du SME qui avait vu M. Beregovoy accepter "à Montoire" de financer en creux une partie de la reconstruction des länder orientaux allemands en calant le franc sur le marc, ce qui modérait notre compétitivité relative.
    La fin de l'euro actuel gangréné par les triples déficits³ des pays latins ne sera obtenue que par un divorce des créateurs. Où en sommes-nous ? Derrière l'enfumage de circonstances - les élections ici succèdent aux élections là - ce qui se débat en Allemagne aujourd'hui laisse accroire que la Deutschland AG a fait sa religion d'un largage des pays-lests, définitivement incapables de rétablir leurs comptes. L'ancien chef du patronat "teutonique", Hans-Olaf Henkel, n'envoie pas dire dans un livre au titre explicite, "Sauvez notre argent, l'Allemagne est en soldes", que les maillons faibles doivent dégager la piste et que toute péréquation des richesses dont ont abusé les cigales latines empruntant aux taux obtenus par la fourmi allemande, doit leur être refusée. La générosité allemande reste la limite infranchissable de la solidarité européenne ; elle est atteinte.
    Quand on compare les poids et performances respectifs des deux zones évoquées, on est vite convaincu que la sécession est possible pour les uns et que, pour nous, la mise en accusation de l'euro dans le marasme français devra être remplacée par un bouc émissaire nouveau... je parie gros sur notre "fabuleux"² modèle social. Nous retournerons à notre piastre nationale, d'usage strictement intérieur, sans pouvoir interdire l'usage de devises cotées dans notre commerce de gros et à l'import-export. Le franc revenu, adossé à des déficits, monstrueux rapportés à l'économie du pays, sera incapable de tenir son rang sur les écrans des marchés et vite dévoré par l'euromark ou le dollar. Notre fibre européenne nous obtiendra le titre de leader des latins, quelque "Reine des gitans", et Berlin gouvernera en sous-main ce qui restera de l'Europe institutionnelle après le choc. Ces gens sont très sérieux quand il s'agit d'argent. Les Estoniens l'ont bien compris.
    http://royalartillerie.blogspot.fr
    Notes:
    (1)Union politique et mercantile des ports baltes et de la Mer du nord, étirée de Bruges à Novgorod, qui traitait sur un pied d'égalité avec les princes, ses voisins. Leurs comptoirs allaient très loin dans les terres par les fleuves. Elle achèvera son déclin au traité de Westphalie qui consolidera les états-nations, ses concurrents.
    (2)Les brochures distribuées en Chine aux étudiants chinois cherchant une faculté à l'étranger mettent au premier plan les conditions extraordinaires faites aux étudiants inscrits en France, avant même le coût modique de telles études comparativement aux autres universités occidentales. Nous ne reprenons pas cet argumentaire que tout le monde connaît ici.
    (3)Deficits budgétaire, social et commercial.

    Postscriptum du 17.01.11:  Georges Lane donne une critique lourdement fondée de l'euroïsation de l'Estonie, en cliquant ici.