
Les talibans ont rencontré pour la première fois, à Doha, lors du G20 extraordinaire et virtuel organisé pour la circonstance par l’Italie, des délégations américaines et européennes.
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Les talibans ont rencontré pour la première fois, à Doha, lors du G20 extraordinaire et virtuel organisé pour la circonstance par l’Italie, des délégations américaines et européennes.

Pete Linforth/Pixabay
Dans La mondialisation dangereuse : Vers le déclassement de l'Occident (Ed. L’Artilleur, 2021), les géopolitologues Alexandre Del Valle et Jacques Soppelsa font non-seulement état des conséquences engendrées par la mondialisation, mais également des risques latents et à venir pour l’Occident. De la menace terroriste aux défis énergétiques, cet essai brillant dresse un bilan des enjeux géopolitiques actuels. Pour Fild, Jacques Soppelsa, président honoraire de l'Université de Paris I Panthéon-Sorbonne et président de l’Académie internationale de géopolitique nous en dit plus.
Entretien conduit par Marie Corcelle
Fild : Qu'appelez-vous le déclassement de l’Occident ?
Le monde est entré dans une ère d’incertitudes. La mondialisation à outrance a engendré un bouleversement des équilibres géopolitiques. L’effacement des frontières au nom de la multiplication des flux a donné naissance à des sociétés ouvertes, liquides. Les Etats-Unis, promoteurs de cette mondialisation forcenée, ont largement participé à l’acculturation des peuples du Vieux Continent, laissant la place à une forme de nihilisme, terreau favorable aux réactions identitaires dont l’islamisme est un des pendants.

La chronique flibustier de Georges Feltin-Tracol
François Hollande n’a jamais eu de chance. Tout ce qu’il a entrepris en tant que président de la République vire au fiasco en cascade. L’annulation surprise par l’Australie du contrat mirobolant de vente de sous-marins en est un nouvel exemple. Le désaveu est aussi cinglant pour l’actuel ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, qui l’avait négocié en tant que ministre de la Défense. Mortifié par la décision du Premier ministre australien Scott Morrison, Emmanuel Macron a ordonné le rappel immédiat et pour une durée indéterminée des ambassadeurs français en poste à Canberra et à Washington. En effet, l’Australie préfère la livraison de sous-marins à propulsion nucléaire de fabrication étatsunienne.
Afghanistan : la fin de l’hégémonie des Etats-Unis ?
Géopoliticien, chroniqueur à Boulevard Voltaire, Antoine de Lacoste Lareymondie s’entretient avec Philippe Conrad sur la situation actuelle aux Proche et Moyen-Orient. L’échec diplomatique, la déroute militaire des Etats-Unis en Afghanistan entraînant leur départ précipité, la faillite des services secrets, tout cela participe à l’affaiblissement de leur puissance et confirme l’entreprise utopique d’exporter la « démocratie » chez des peuples de culture différente. Nos spécialistes évoquent également les enjeux et perspectives des pays voisins et concluent sur la situation du malheureux Liban.

Le coup de Jarnac de Washington qui a torpillé sans vergogne le contrat des sous-marins de la France avec Canberra est un acte inqualifiable entre alliés qui aura des répercussions de long terme, pour autant que les gouvernements français aient de la mémoire et ne se laissent pas séduire par quelques facéties américaines de séduction ou des séances d’époussetage !

La conscience internationale se réveille en même temps que s'installent aux commandes les talibans. Et de constater que les portefeuilles du gouvernement provisoire de Kaboul sont confiés à des Pachtounes ayant dirigé le pays jusqu'en 2001, avec une mention spéciale pour celui de l'Intérieur qui est donné au chef du réseau indépendant Haqqani, lequel est considéré comme un fondé de pouvoir d'al-Qaïda. Le Premier ministre Akhund (en image), qui était déjà conseiller politique de Mollah Omar dans le premier gouvernement de 1996, dispose d'une légitimité religieuse ancrée au berceau taliban de Kandahar mais d'aucun emploi à la guerre (source), ce qui ne fait pas d'ombre aux commandants provinciaux. Il se trouve être le plus petit commun dénominateur des diverses factions qui s'observent à la Rehbar-e-Shura (conseil de surveillance).

L’affaire de la vente annulée des sous-marins français n’en finit pas de susciter des réactions. Dernière prise de position officielle : celle du ministre de l’Economie, Bruno Le Maire, qui estime ouvertement sur France Info que la France ne peut « plus compter » sur les Etats-Unis pour se protéger. Le patron de Bercy a notamment appelé les Européens à « ouvrir les yeux » et à faire preuve d’indépendance sur le plan stratégique. « La première leçon qu’il faut tirer de cet épisode, c’est que l’Union européenne doit construire son indépendance stratégique.