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JT du Mardi 23 Juin 2015
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C'est la France qui a ouvert la voie aux manifestations de masse en faveur de la famille
Charles Beigbeder tire des leçons de la véritable marée humaine qui a déferlé à Rome pour manifester son attachement à la famille traditionnelle composée d'un homme et d'une femme malgré l'occultation des médias français :
"(...) D'abord, c'est la France qui a ouvert la voie aux manifestations de masse en faveur de la famille et ce sont les célèbres drapeaux bleus et roses, frappés du logo de La Manif pour Tous, que l'on retrouve désormais partout à l'occasion des grandes manifestations étrangères (...) À Rome, le mouvement a tout bonnement repris le nom de Manif pour tous, lui accolant simplement le suffixe Italia. Derrière le caractère apparemment spontané d'une telle onde de choc, il faut y voir tout le travail déployé par La Manif pour tous française pour tisser des liens à l'étranger et soutenir les différentes actions engagées. Ludovine de La Rochère estime à juste titre que la mobilisation italienne est «historique, […] un peu comme en 2012 en France lors du lancement du mouvement social contre la loi Taubira» (...)
Deux cardinaux de renom, l'un autrichien, l'autre italien, reconnaissaient d'ailleurs le rôle particulier joué par la France dans l'émergence d'une prise de conscience internationale: «Vu depuis nos différents pays, ce qui nous touche, c'est que le mouvement français […] se fait entendre, au plan européen et au plan international. Son expression, populaire et citoyenne, devrait inspirer l'ensemble des peuples occidentaux et permettre à la Convention européenne des droits de l'homme de choisir un dispositif capable de protéger les droits de l'enfant». Faut-il voir dans cette mobilisation inédite une traduction de la mission d'«éducatrice des peuples» que le pape Jean-Paul II avait reconnue à la France lors de son voyage au Bourget en 1980?
La deuxième leçon, c'est qu'il n'existe pas de sens de l'histoire, du moins pas au niveau où celui-ci est régulièrement présenté par les médias français qui aiment qualifier d'irréversible la déconstruction de la famille traditionnelle au profit de nouveaux «droits» pour les couples homosexuels. Une intimidation de plus pour décourager toute résistance: c'est un combat perdu, nous dit-on, inutile de se mobiliser, ces lois finissent toujours par passer! Et de citer tous les précédents, jusqu'au projet actuel sur l'euthanasie, que l'Assemblée veut imposer sous la forme hypocrite d'une sédation profonde.
Sauf que rien n'est irréversible. Le prétendu sens de l'histoire n'est que le prête-nom sournois du rouleau-compresseur de la pensée unique, à l'œuvre dans les médias comme dans la vie politique depuis plus de 40 ans, et qui plonge ses racines dans la pensée révolutionnaire. Mais les temps changent et une nouvelle génération se lève: elle n'est pas prête à accepter la domination culturelle que lui a imposé au forceps la pensée déconstructiviste des héritiers de mai 68. Car le poids de la liberté humaine est toujours déterminant dans l'histoire et celui des minorités peut être décisif. Rien ne saurait donc altérer notre détermination: on ne lâchera rien, jamais, jamais, jamais!
La dernière leçon, c'est la place désormais prise par les questions de civilisation qui rebattent les cartes du jeu politique actuel et bousculent les clivages traditionnels (...)
En France, le sectarisme du gouvernement actuel entretient le clivage droite/gauche mais la droite ne pourra pas faire l'impasse d'une profonde réflexion sur l'anthropologie qui sous-tend ses choix politiques, si elle veut revenir au pouvoir. Et si elle veut pouvoir compter sur le soutien massif de personnes issues de la société civile, il faudra qu'elle s'engage à abroger la loi Taubira, qui dénature la filiation et ouvre la porte à la PMA et la GPA. C'est le sens de l'engagement de Sens commun à l'intérieur des Républicains, c'est aussi le combat del'Avant-Garde qui agit en amont des partis politiques. C'est enfin la coalition de toutes ces forces qui amènera le changement culturel et politique que la France espère en 2017."
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JT du Lundi 22 Juin 2015
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Carl Lang commente l’actualité – Invasion: églises transformées en mosquées ? alternative: Hongrie, Danemark – FN
Vendredi 19 Juin 2015
Sujets abordés :
• 11000 places d’accueil supplémentaires pour des clandestins…
• À Tulles, la liberté d’expression du PDF menacée par une municipalité socialiste délirante…
• Quand Dalil Boubaker se livre à une agression de l’âme de la France lorsqu’il veut transformer nos églises en mosquées…
• Hongrie, Danemark : une autre voie est possible en Europe
• Le Parti de la France offre l’asile politique aux militants, cadres et élus désemparés du parti de Mmes Philippot et Le Pen -
Civitas manifeste pour les chrétiens d’Orient et réclame des sanctions contre l’Arabie Saoudite et les pays alliés de l’Etat Islamique
Plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées samedi après midi à Paris à l’appel de l’institut Civitas en soutien aux Chrétiens d’Orient persécutés. La manifestation qui visait les pays complices des persécutions est partie de la place St Augustin pour se diriger vers l’ambassade d’Arabie Saoudite. Ce rassemblement a reçu l’appui de nombreuses personnalités qui ont apporté leur concours au défilé par leur présence ou en relayant l’appel sur différents médias.
Sur une des banderoles on pouvait lire: « Il faut sanctionner l’Arabie Saoudite et les autres pays alliés de l’Etat Islamique » avec à l’extrémité une photo de François Hollande serrant la main du roi Salmane Ben Abdelaziz Al Saoud d’Arabie Saoudite.
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Washington et le mythe de la « Russie isolée »
La Russie se rapproche de la Turquie ou de l’Égypte, sous les imprécations et les sarcasmes de la petite presse occidentale, plus tellement lue, mais tellement subventionnée…
Le SPIEF (Saint Petersburg International Economic Forum) ouvre ses portes à Saint-Pétersbourg le 18 juin. Il rassemble soixante-treize nations. Il démontre, s’il en était besoin, l’impact mondial de cette belle cité (on ne va pas la comparer à Las Vegas, tout de même ?), l’intégration aussi de la Russie au « monde des affaires » et surtout au monde. L’importance des BRICS est même reconnue par un Occident jaloux et déphasé qui ne sait comment se féliciter d’avoir fait de la Russie un « pays isolé et condamné par tous sur la scène internationale ». Mais même au niveau européen, on ne peut pas dire que la rencontre de Vladimir Poutine avec le pape François, Renzi et Berlusconi – qui a demandé la fin des sanctions – puisse être perçue comme une démonstration de faiblesse et d’écrasement. Mais passons…
Sagesse de Dieu, folie du monde, dit saint Paul ; sagesse du monde, folie de l’Occident, pourrions-nous dire ici en rappelant aussi que la Russie se rapproche aussi de la Turquie ou de l’Égypte, sous les imprécations et les sarcasmes de la petite presse occidentale, plus tellement lue, mais tellement subventionnée…
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Libye : l'État islamique dissimule-t-il des combattants parmi les clandestins ?
L'annonce du conseiller gouvernemental libyen est fracassante. Dans une interview à la BBC, Abdul Basit Haroun affirme que le groupe État islamique (EI) envoie en Europe des djihadistes qu'elle fait passer pour des migrants illégaux.Des propos qui font écho à l'avertissement de Frontex, l'agence européenne pour la sécurité et les frontières extérieures de l'Union européenne, qui estimait en mars "possible" que des djihadistes s'infiltrent sur le vieux continent par le biais d'embarcations clandestines.Présente officiellement en Libye depuis le 31 octobre 2014, la branche libyenne de l'EI s'est fait connaître du monde entier en décapitant sur une plage 21 Égyptiens. Sur les images de l'exécution, l'un des djihadistes masqués, couteau à la main, s'en prend alors à l'Europe. "Aujourd'hui, nous sommes au sud de Rome, sur la terre musulmane de la Libye". Une menace à peine voilée qui a résonné jusqu'à la capitale italienne, où le chef de la diplomatie, Paolo Gentiloni, a jugé"considérable" le risque de "terroristes infiltrant les flux migratoires"."Pure propagande""Il s'agit de pure propagande !" estime pour sa part le journaliste Wassim Nasr, expert des questions djihadistes à France 24. "L'EI n'a aucun intérêt à investir dans l'envoi de combattants clandestins depuis la Libye. Il lui est beaucoup plus intéressant de faire appel à des sympathisants déjà en Europe ou d'y envoyer des djihadistes titulaires de passeports européens." "L'EI n'a jamais communiqué ni donné d'ordre sur l'envoi de djihadistes en Europe", renchérit Romain Caillet, chercheur et consultant sur les questions islamistes, qui rappelle que la position officielle de l'organisation est d'appeler au contraire les musulmans d'Europe à quitter le continent pour rejoindre son califat. "Néanmoins, ajoute-t-il, il paraît évident que l'organisation État islamique profite de l'appel d'air sur la question des migrants pour implanter des cellules dormantes à l'intérieur du territoire européen, afin de punir l'Occident des raids qu'il mène sur son territoire en Irak et en Syrie".Chaos post-KadhafiPour l'heure, la branche libyenne de l'EI s'emploie à étendre ses conquêtes sur le modèle de son "califat" autoproclamé à cheval sur la Syrie et l'Irak. En Libye, l'organisation contrôle également de véritables territoires, à travers trois régions, notamment les villes de Syrte, située à 500 kilomètres à l'est de Tripoli, et de Derna, à 1 300 kilomètres à l'est de la capitale. De l'avis des experts, le nombre important de départs de migrants autour de ces régions laisse à penser que les djihadistes prélèvent leur dîme sur chaque embarcation.Délaissée par la communauté internationale au lendemain de la chute de Muammar Kadhafi en 2011, la Libye est de nouveau l'objet de toutes les préoccupations depuis l'apparition de l'organisation État islamique à quelque 300 kilomètres de l'Europe, mais aussi la multiplication de drames de migrants en mer. Fuyant un pays en proie au chaos, au moins 34 500 clandestins ont réussi à gagner l'Italie depuis le début de l'année 2015, mais quelque 1 770 ont trouvé la mort, selon les chiffres de l'Organisation internationale pour les migrations.Faveurs de l'OccidentConscient du brusque regain d'intérêt occidental pour leur pays, les dirigeants libyens enchaînent depuis les déclarations alarmistes, tant sur la menace de l'EI que sur le risque de nouvelles catastrophes en mer Méditerranée, n'hésitant pas à lier les deux fléaux. "La question migratoire a toujours été instrumentalisée par le pouvoir libyen dans ses relations avec l'Europe, y compris sous Kadhafi", rappelle Saïd Haddad*, chercheur associé à l'Iremam/CNRS. "Quant au recours à la lutte contre le terrorisme, il vise ici à s'attirer les faveurs de la communauté internationale, mais aussi à gagner du poids à l'intérieur du pays dans la lutte que se livrent les deux gouvernements rivaux", ajoute ce spécialiste de la Libye. En effet, le "lanceur d'alerte" Abdul Basit Haroun conseille uniquement le gouvernement de Tobrouk. Seul exécutif reconnu par la communauté internationale, celui-ci est dominé par des forces libérales et a été désigné par la Chambre des représentants, assemblée issue des élections du 25 juin 2014. Il repose sur les forces du général Haftar, qui s'appuie sur d'anciens éléments de l'armée de Muammar Kadhafi, ainsi que sur les brigades prolibérales de Zintan (sud-ouest de Tripoli).Milices islamistesFace à lui se dressent les milices islamistes qui forment la coalition Fajr Libya (Aube de la Libye). Surfant au contraire sur la légitimité révolutionnaire, elles sont alliés aux puissantes milices de Misrata (est de Tripoli), et se sont emparées en août 2014 de la capitale où elles ont installé leur propre gouvernement et réhabilité l'ancien Parlement. Le "gouvernement de Tripoli" contrôle désormais les plus grandes villes du pays (Tripoli, Benghazi, Misrata). Pour reprendre le dessus, le gouvernement de Tobrouk, le seul reconnu par la communauté internationale, réclame la levée de l'embargo de l'ONU sur la livraison d'armes à la Libye afin de lutter contre les "terroristes", terme dans lequel il englobe les miliciens de Fajr Libya, pourtant eux aussi opposés à l'organisation État islamique en Libye. Rien d'étonnant, dès lors, à ce que le gouvernement de Tripoli insiste désormais à son tour sur la nécessité d'être aidé par l'Union européenne dans sa lutte contre l'immigration clandestine.Lien permanent Catégories : actualité, Europe et Union européenne, immigration, international, lobby 0 commentaire -
Infrastructures, bases militaires, finance… : la discrète mais redoutable stratégie de la Chine pour projeter sa puissance sur les 5 continents
Table ronde menée par atlantico.fr, avec :
♦ Christian Harbulot, historien, politologue et expert international en intelligence économique, directeur associé du cabinet Spin Partners ; il est également directeur de l’Ecole de Guerre Economique et membre fondateur du nouvel Institut de l’intelligence économique.
♦ Valérie Niquet, maître de recherche et responsable du pôle Asie à la Fondation pour la recherche stratégique (FRS), directeur du centre Asie IFRI, professeur au Collège interarmées de défense (CID-Ecole Militaire) où elle assure le cours de géopolitique de la Chine.
♦ Laurent Alexandre, chirurgien de formation, également diplômé de Science Po, d’HEC et de l’ENA ; il a fondé dans les années 1990 le site d’information Doctissimo. Il le revend en 2008 et développe DNA Vision spécialisée dans le séquençage ADN. Auteur de La mort de la mort paru en 2011, Laurent Alexandre est un expert des bouleversements que va connaître l’humanité grâce aux progrès de la biotechnologie.
♦ Antoine Brunet est économiste et président d’AB Marchés.
La Chine a récemment dévoilé son étude de faisabilité du réseau ferroviaire qui connectera l’Atlantique au Pacifique. Un investissement colossal qui, en plus de faciliter le transport de marchandises, s’inscrit dans une stratégie de développement d’une puissance multidimensionnelle.
Atlantico : Globalement, comment peut-on décrire l’organisation chinoise de sa puissance ? De quoi s’inspire-t-elle et comment cette dernière peut-elle être mise en oeuvre ?
Christian Harbulot : Pour comprendre la mutation de la Chine, il est nécessaire de s’interroger sur des exemples antérieurs qui lui ont peut-être servi, non pas de modèle mais, de cas d’école pour trouver des solutions à la question centrale : « Comment combler un retard économique corrélatif à un déficit de puissance ? ». La Chine a pris exemple sur le Japon. Pour éviter de se faire coloniser par les puissances occidentales, le Japon a initié une politique de réformes. Affaibli par des siècles de repli sur lui-même, l’empire du Soleil Levant dut relever plusieurs défis :
– l’élaboration d’une infrastructure industrielle et portuaire nécessaire à la modernisation de son armée et de sa marine,
– la mutation de l’organisation de la société (revalorisation du rôle des marchands par rapport au monde paysan),
– la création d’une sphère d’influence en Asie.
Pour atteindre cet objectif, le Japon devait combler son retard dans la plupart des domaines industriels. Le rattrapage n’était possible qu’en opérant des raccourcis. Les priorités d’intérêt national (marine, ports, industries de défense) nécessaires à la préservation de l’indépendance nécessitaient une remise à niveau rapide des connaissances par rapport aux nations les plus avancées et constituant une menace potentielle. Le rattrapage des économies occidentales a été possible grâce à ce qu’il est convenu d’appeler une pratique du raccourci, c’est-à-dire en assimilant le niveau le plus élevé de la connaissance technique, développé des pays en cours d’industrialisation. En recourant à ce stratagème, le Japon ne faisait que reproduire une démarche initiée en Occident au début des révolutions industrielles, soit pour remettre à niveau des manufactures, soit pour briser un lien de dépendance.
Cette démarche particulière est symbolisée à l’époque par le slogan « un pays riche, une armée forte ». L’occupation de la Mandchourie a donné aux Japonais l’occasion de bâtir un processus industriel articulé autour d’une compagnie de chemins de fer qui gérait aussi bien les activités économiques (le groupe Nissan est né là-bas) que l’administration locale, l’éducation et la police. Les Japonais avaient pris exemple sur les compagnies de chemin de fer américaines qui étaient à l’origine de la croissance industrielle des Etats-Unis entre la côte atlantique et la côte pacifique. Les Chinois ont subi dans un premier temps les conséquences de cette colonisation économique du Japon puis ont appris à en tirer les leçons.
Valérie Niquet : La Chine a une stratégie de puissance, qui prend des formes différentes et mobilise des moyens très divers pour renforcer la présence et l’influence de la Chine très au-delà de son environnement géographique immédiat. Cette stratégie de puissance répond à des objectifs de développement et d’influence, au service des intérêts vitaux définis par Pékin. Le premier de ces intérêts étant la survie du régime. Toutefois, si la Chine a une stratégie de puissance et d’influence, le succès n’est pas toujours au rendez-vous. Au contraire, la montée en puissance de l’influence chinoise, notamment dans le secteur économique, peut susciter des réactions de rejet. De même, en Asie, la mobilisation d’une thématique hyper nationaliste autour de la défense des « intérêts vitaux », notamment sur mer, a suscité une contre réaction qui nuit à l’affirmation de la puissance chinoise dans sa région.
Atlantico : Deuxième canal de Panama ; en Himalaya, nouvelle route de la soie ; chemin de fer en Amérique du Sud ; présence sur le continent africain. La Chine investit des sommes colossales dans le développement des infrastructures mondiales. Quels sont les objectifs visés ?
Valérie Niquet : La multiplication des investissements particulièrement impressionnants dans le secteur des infrastructures dans les pays émergents répond à des objectifs multiples. Il s’agit d’abord, pour des raisons économiques, d’accompagner la stratégie du go out encouragée par pékin dès le milieu des années 1990. L’économie chinoise a besoin de nouveaux marchés, d’un accès assuré aux ressources énergétiques et aux matières premières. Ceci d’autant plus que la croissance qui ralentie en Chine aujourd’hui impose de trouver aussi de nouveaux débouchés pour les grandes entreprises chinoises de construction d’infrastructures qui ont vu les opportunités se réduire en Chine même. Ce phénomène est au cœur des projets de nouvelle route de la soie, vers l’Asie centrale, projets qui s’accompagnent du projet de création d’une banque d’investissement pour les infrastructures en Asie où la Chine pourrait jouer un rôle leader.
Mais au-delà de ces enjeux économiques, la multiplication des grands projets, soutenus par la puissance financière de la République populaire de Chine (RPC), vise également à illustrer et renforcer l’image de puissance de la Chine, acteur majeur sur la scène internationale. Derrière ces ambitions, on trouve le facteur premier de la stratégie extérieure de la RPC qui est la nécessité de trouver des relais de légitimité, fondés sur le prestige et le développement économique, qui puisse assurer la survie du régime.
Christian Harbulot : Dans un contexte différent du Japon, l’évolution de la Chine contemporaine s’inscrit dans cette problématique de politiques de raccourcis dont la finalité est d’assurer la pérennité d’un régime opposé au système occidental. Depuis la création de la République populaire en 1949, la stratégie des dirigeants du Parti communiste chinois a été conditionnée par le rapport de force constant qui les a opposés au monde capitaliste. Le développement de l’économie chinoise était conçu selon des critères de planification socialiste. Il n’était donc pas question de compétition entre économies de marché mais de complémentarité entre les économies de type socialiste. Si la disparition de l’URSS a remis en cause cette différenciation dans le mode de développement, elle n’a pas pour autant fait disparaître les rapports de force géopolitiques entre la Chine et les Etats-Unis. La Chine reste un risque potentiel militaire et économique pour les Etats-Unis et vice versa.
Pour rattraper son retard sur les pays industrialisés, la Chine communiste n’avait pas d’autre choix que de suivre un chemin parallèle à la voie empruntée par le Japon de l’ère Meiji. Le passage à l’économie de marché a obligé ce pays à prendre des raccourcis par le biais des transferts de technologie et des captations de connaissance dans les pays industrialisés. La rapidité d’exécution de la manœuvre (un siècle pour le Japon, trente pour la Chine) souligne l’intensité de la démarche chinoise qui est comparable aux démarches japonaise et coréenne dans la mesure où l’optique de développement est indissociable d’une vision politique de puissance. Dans le cas du Japon (ère Meiji), la politique de raccourcis venait en appui d’une volonté de préserver l’indépendance. Dans le cas de la Corée du Sud (post guerre de Corée), elle s’inscrivait dans la perspective de faire jeu égal puis de dépasser la Corée du Nord. Dans le cas de la Chine (post Bande des quatre), le challenge était double : changer de modèle économique et se hisser au plus haut niveau de l’économie mondiale. Le point commun à ces trois démarches est la priorité donnée à la conquête des marchés extérieurs afin d’accumuler de la richesse pour consolider les fondements militaires et géopolitiques de la puissance. Dans les trois cas, la politique de raccourcis est articulée avec des mesures de nature protectionniste.
Atlantico : Avec les investissements de Pékin en Grèce, dont l’ambition est de faire du Pirée l’un des ports « les plus compétitifs du monde » (voir ici), la Chine ne semble pas indifférente au vieux monde. Quels sont les projets chinois en Europe et aux Etats-Unis ? Comment la Chine investit-elle dans les pays occidentaux comparativement aux autres ?
Valérie Niquet : La chine s’intéresse aux pays émergents. Elle s’intéresse également, et plus particulièrement depuis la crise financière de 2008, à l’Union européenne.
Là encore les objectifs sont multiples. Il s’agit de trouver de nouveaux marchés pour les produits chinois – dont le coût est mieux adapté aux capacités des consommateurs – en Europe orientale. Les investissements chinois dans le port du Pirée, doivent s’entendre d’abord comme la volonté de faciliter l’accès des produits chinois aux marchés européens. La Chine est également présente dans le secteur de la construction d’infrastructure où ses entreprises jouissent d’un avantage significatif en matière de coûts. Enfin, on assiste – toujours pour des raisons d’accès aux marchés – à une délocalisation des ateliers chinois, dans le secteur du cuir ou du textile, en Italie par exemple. Délocalisation qui permet de bénéficier du label UE.
Enfin, on a pu constater que les investissements chinois auprès de certains Etats européens après la crise financière avaient également pour objectif de tenter de gagner des soutiens au sein de la commission européenne. Par ailleurs, l’intérêt des capitaux chinois pour des entreprises européennes – notamment dans certains secteurs technologiques de pointe – doit également être noté.
Christian Harbulot : C’est une question qui mériterait une étude à part entière. Les Chinois reprennent la démarche japonaise des années 1980 (création de points d’appui comme les Japonais en ont saisi l’opportunité en Grande Bretagne et en Italie, quitte à construire à l’époque ce qu’on a appelé des usines tournevis qui étaient des usines de montage sans grande valeur ajoutée pour le pays d’accueil). Les Chinois ont une approche un peu similaire dans certains pays qui leur donnent une possibilité d’approche plus facile que d’autres. Le cas du Pirée est un test important pour évaluer la portée de leur déterminisme stratégique. Mais de manière générale, les Chinois ont une politique très opportuniste. Ils prennent là où on les laisse prendre. Le secteur de l’industrie du contreplaqué en garde, en France, un triste souvenir. Mais les Français savent aussi apprendre et les remettre à leur place comme ce fut le cas en Basse Normandie.
Atlantico : La stratégie de grignotage territorial de la Chine semble désormais s’étendre aux eaux internationales…
Valérie Niquet : C’est à partir des années 1970 que la Chine a commencé à affirmer ses revendications dans la zone, et notamment à partir de l’affaiblissement du Vietnam qui était en guerre. Dans les années 1980, la Chine s’empare d’un premier archipel, celui des Îles Paracels, revendiquées par le Vietnam et qu’elle occupe aujourd’hui. Au fur et à mesure du développement de ses capacités navales, qui au début était très limitées, la Chine a étendu ses prises de position en fonction des opportunités en mer de Chine Méridionale, en saisissant un certain nombre d’îlots qui appartenaient soit au Vietnam, soit au Philippines, dans l’archipel des Spratleys. Depuis la fin des années 2000, la Chine a renforcé considérablement ses revendications et ses avancées. En 2009, elle a notamment commencé à parler de ses intérêts vitaux sur mer -ce qui était nouveau – en multipliant les incidents et les incursions en Mer de Chine méridionale. La cible favorite étant les Philippines et le Vietnam.
Depuis cette année, la Chine a choisi une nouvelle stratégie. Pour essayer de conforter sa présence, elle renforce et multiplie les constructions sur les îlots. Les objectifs sont multiples : accélérer pour marquer son territoire, renforcer ses revendications en Mer de Chine méridionale, et donner aux gardes côtes et aux bateaux de pêche chinois des lieux où relayer la présence chinoise, pour imposer ses positions dans la région.
Atlantico : Outre les avantages économiques et stratégiques, la Chine peut-elle en retirer un avantage sur la scène diplomatique mondiale ?
Valérie Niquet : La multiplication des partenariats avec les pays émergents notamment a également pour objectif de renforcer, dans l’idéal, l’influence de la Chine et son poids sur la scène internationale. Au delà de ses capacités d’actions financières et économiques, la Chine bénéficie également d’un multiplicateur de puissance exceptionnel avec son statut de membre permanent – doté d’un droit de veto – au sein du conseil de sécurité de l’ONU. Pour Pékin, toute réforme du Conseil de sécurité intégrant d’autres grandes puissances asiatiques telles que l’Inde ou le Japon, entraînerait une diminution relative de son statut de grande puissance et d’unique représentant, au sein du Conseil de sécurité, du monde de développement.
En renforçant sa présence en Afrique, en Amérique latine, ou en Asie centrale, la Chine peut également renforcer son image de puissance globale, au-delà du théâtre asiatique. Il s’agit également pour Pékin de proposer et de légitimer un contre modèle opposé aux valeurs des démocraties libérales.
Christian Harbulot : Le Bureau de l’information du Conseil des affaires d’Etat de Chine a publié en octobre 2011 un livre blanc intitulé « Le Développement pacifique de la Chine ». Divisé en cinq parties, il présente le plan du développement de la Chine pour les dix ans à venir, ses principes de politique extérieure, ses contextes historiques et économiques, sa réalité sociale et ses changements à opérer, ainsi que l’influence mondiale qu’elle souhaite exercer.
Avec ce livre blanc, la Chine cherche à rassurer le monde sur ses visées hégémoniques en prônant le développement pacifique pour la construction d’un monde plus harmonieux, tout en affirmant son rôle d’acteur majeur économique et politique sur la scène internationale.
Pour mieux accélérer son développement, la Chine fonde sa stratégie sur trois axes majeurs :
– Sa farouche volonté d’indépendance et d’ouverture à l’égard des autres pays ou nations du monde ;
– Le rappel d’une défense de ses intérêts nationaux ;
– Sa nécessité d’accéder à plus de ressources énergétiques des autres pays tels que l’Afrique, les pays émergents.
La coexistence d’un discours apaisant avec la volonté clairement exprimée de jouer un rôle majeur sur la scène internationale. Cette dialectique paradoxale est au cœur de l’ensemble de la politique globale de la Chine.
Atlantico : Comment la Chine envisage-t-elle sa domination dans le domaine monétaire ?
Antoine Brunet : Il y a quelques années, la Chine autorisait que des conversions de dollars australiens en yuans et de yuans en dollars australiens puissent s’effectuer sans difficulté sur le territoire de la République populaire de Chine. Auparavant, la Chine avait déjà autorisé que des conversions puissent s’effectuer en Chine entre le yuan chinois et le yen japonais.
Ce type de mesures s’ajoute aux initiatives de la Chine encourageant de multiples pays à commercer avec elle en facturant leurs échanges réciproques non plus en dollars américains mais soit en yuans, soit dans la monnaie du pays partenaire.
La Chine a pris une série d’autres initiatives pour que les banques centrales de certains pays partenaires puissent se constituer concrètement des réserves de change en yuan : ces quelques banques centrales sont en effet désormais autorisées à acheter et à détenir des titres à court terme émis en yuan par l’Etat chinois, (elles sont par ailleurs autorisées à effectuer à tout moment la démarche symétrique : liquider ces titres et reconvertir les yuans récupérés dans leur monnaie nationale).
Toutes ces initiatives chinoises convergent vers un seul objectif : promouvoir le statut international du yuan au détriment du statut international du dollar ; et cela jusqu’à ce que le dollar soit définitivement détrôné par le yuan, jusqu’à ce que la monnaie du monde ne soit plus le dollar mais bel et bien le yuan.
Jusque récemment, toutes les matières premières importantes étaient cotées en dollar (pétrole, gaz naturel, charbon, métaux, matières premières agricoles,…). Cela avait pour conséquence que les pays exportateurs facturaient en dollar, et seulement en dollar, les matières premières qu’ils livraient à l’exportation et se faisaient ensuite régler en dollar, et seulement en dollar, à l’échéance convenue.
En conséquence de cette pratique, le dollar était auréolé de son prestige et les banques centrales des pays tiers acceptaient, très volontiers d’accumuler des dollars pour un montant de plus en plus considérable. Et cette propension des banques centrales des pays tiers à accepter d’accumuler les dollars qui sortaient du territoire américain (après avoir été émis soit par les banques commerciales américaines, soit par l’Etat américain lui-même) permettait elle-même au système bancaire américain de pouvoir émettre des dollars très largement et sans contrainte particulière. C’est d’ailleurs grâce à cette configuration très particulière que le système bancaire américain a pu financer depuis 2008, des déficits budgétaires colossaux et répétés sans que ni les marchés américains ni l’économie américaine n’en soit sanctionnés. C’est cela que l’on peut désigner comme le privilège du dollar.
C’est aussi ce privilège que patiemment, depuis 2008 aussi, la Chine a entrepris de remettre en cause avant de l’abattre. Et toutes les initiatives énumérées au début de cet article y contribuent fortement.
Les dirigeants du Parti Communiste chinois n’oublient pas que si l’URSS a perdu en 1989 la première guerre froide avec les Etats-Unis, c’est en très bonne partie parce que, dépourvue du privilège monétaire, elle n’avait pas eu la capacité financière de répondre par une course aux armements à la guerre des étoiles que les Etats-Unis leur infligèrent à compter de 1982 et qu’ils financèrent très facilement grâce au privilège du dollar. Il y a une articulation très significative entre les initiatives monétaires de la Chine et ses initiatives militaires et territoriales.
Atlantico : La recherche scientifique et la technologie servent-ils également la construction de la puissance chinoise ? Comment ?
Laurent Alexandre : Il existe actuellement 5 équipes dont l’objet de la recherche porte sur la modification génétique des embryons. Pour l’instant, une seule d’entre-elle a pu publier ses résultats, lesquels ne sont que partiellement positifs. Cela ne pouvait pas conduire à faire des bébés, mais c’est un premier pas qui a été jugé comme très transgressif : aucune équipe européenne ou américaine n’aurait osé les mener. On pourrait aussi citer l’armée chinoise qui collabore avec plusieurs entreprises pour mettre au point des intelligences artificielles supérieures, et il y a fort à croire que les précautions en la matière ne sont pas les mêmes que dans les pays Occidentaux.
Les bébés à la carte – faire des bébés plus intelligents, moins malades – c’est un objectif géopolitique stratégique, il est clair que produire des Bill Gates à la chaîne quand on veut devenir une grande puissance technologique, ce n’est pas idiot, même si ce n’est pas moral de notre point de vue judéo-chrétien. Les Chinois n’ont jamais adhéré à l’éthique judéo-chrétienne. Les Chinois ont une éthique utilitariste, tout ce qui est utile est simplement bon. Tout ce qui concourt à la nation est simplement utile. C’est une inversion par rapport à nos critères moraux. Ils n’ont pas fini de nous inquiéter, de nous dépasser.
En somme, et dans un certain nombre de cas lorsqu’il s’agit de mettre en œuvre la stratégie de puissance, la Chine ne s’encombre pas des barrières éthiques occidentales. Cette volonté de puissance est assimilable à un bonapartisme technologique que l’on retrouve également dans les technologies : l’une des plus grandes réussites chinoise est probablement la mise au point du super-calculateurs le plus puissant au monde (Tianhe 2), qui réalise 33 millions de milliards d’opérations par seconde.
Et si ses têtes pensantes vont faire leurs études à Harvard ou à Berkeley, la Chine propose à ses chercheurs expatriés un million de dollars pour qu’ils organisent leur laboratoire au pays natal. Aucun chercheur français ne se voit proposer 1 million de dollar
Publiée le 12 Juin 2015
Voir aussi : La Chine parie sur l’Amérique du Sud
Source : Atlantico .fr
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Last Rhodesian...
On a vu une fois a plusieurs reprises ce qu’il arrive quand une ethnie prétend s’imposer et dominer les autres. Les 2 derniers sont Brevik en Scandinavie, et dernièrement un certain Dylan Storm Roof a Charleston, VA, USA.
Eh oui, certains pètent les plombs, quand la "justice" de leur pays donne systématiquement raison aux "autres".
Sans (bien sur, voyons !) cautionner ce genre d’incivilites, comme on dit quand ce sont des noirs ou des gris qui tabassent, egorgent, lapident etc, voici le site web de ce Dylan Storm Roof. Il devrait etre vite coupe par la bienpensance americaine...
Il y a en fait 2 pages : Un texte en anglais dont voici un extrait plus bas, et un fichier de photos au format ZIP.
Le probleme majeur a mes yeux est qu’aucun gouvernement ne semble vouloir comprendre la raison de ce genre d’incivilités ! Combien en faudra-t-il encore pour que les gens ouvrent les yeux sur le danger que representent certaines ethnies dans nos pays ?
Allez, QUI osera "Je suis The Last Rhodesian" ? :)
Extrait : Blacks
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Le lien entre la maladie de Parkinson et les pesticides officiellement reconnu
C'est un pas de plus vers la reconnaissance des maladies professionnelles des agriculteurs. Lundi 7 mai, est entré en vigueur un décret qui reconnaît la maladie de Parkinson comme maladie professionnelle et établit explicitement un lien de causalité entre cette pathologie – seconde maladie neurodégénérative en France après Alzheimer – et l'usage des pesticides.Un pas de plus car, dans ce domaine où règnait jusqu'ici la loi du silence, la prise de conscience des effets des produits phytosanitaires sur la santé des agriculteurs commence seulement à émerger. Et à porter ses fruits. En février, la victoire d'un céréaliculteur charentais, Paul François, qui avait intenté un procès contre le géant américain Monsanto, a constitué une première en France. La firme a été jugée responsable de l'intoxication de l'agriculteur par les vapeurs d'un de ses herbicides, le Lasso – retiré du marché en 2007 en France, alors que sa dangerosité était connue depuis plus de vingt ans.Quelques jours plus tard, ils étaient plusieurs dizaines d'exploitants à manifester au Salon de l'agriculture, devant le stand de l'Union des industriels de la protection des plantes. Leurs revendications : le classement des affections liées à l'usage des pesticides en maladies professionnelles et le retrait des produits dangereux.Le 30 avril, c'est une autre décision, celle de la Commission d'indemnisation des victimes d'infraction (Civi) d'Epinal, qui est venu apporter de l'eau au moulin : ce jour-là, l'Etat a été condamné à indemniser un agriculteur céréalier de Meurthe-et-Moselle souffrant d'un syndrome myéloprolifératif. D'abord reconnue comme maladie professionnelle, la pathologie est alors associée par la Civi à l'usage de produits contenant notamment du benzène.UN DÉCRET "TRÈS ATTENDU"Dans ce paysage qui commence doucement à évoluer, le décret concernant la reconnaissance de la maladie de Parkinson était donc "très attendu", note Guillaume Petit. L'agriculteur appartient à l'association Phyto-victimes, créée en mars 2011, et avec laquelle Paul François a, l'un des premiers, brisé le silence en attaquant Monsanto. Lui a attendu quatre ans avant de voir sa pathologie reconnue comme maladie professionnelle. "Combien voient leur demande refusée ? Combien aussi y renoncent, devant la difficulté ?", interrogeait-il lors de la création de cette association.L'entrée de la maladie de Parkinson dans les tableaux des maladies professionnelles du régime agricole facilitera donc les démarches pour les agriculteurs chez qui cette pathologie aura été diagnostiquée moins d'un an après l'usage de pesticides – le texte ne précise pas lesquels. "C'est une reconnaissance officielle qui est, déjà, importante sur un plan symbolique, note Guillaume Petit. Mais c'est aussi le moyen, pour l'agriculteur, d'être pris en charge financièrement, en fonction de son taux d'incapacité à poursuivre son travail."EN DIX ANS, CINQ MALADIES LIÉES AUX PESTICIDES RECONNUESJusqu'ici, selon Yves Cosset, médecin du travail national adjoint à la Mutuelle de la santé des agriculteurs (MSA), seuls vingt cas de maladies de Parkinson ont été rapportés aux comités de reconnaissance des maladies professionnelles en dix ans. Dix ont été acceptés, dix refusés. Dans la même période, seuls quatre ou cinq cas de maladies ont été officiellement reconnus comme causés par les pesticides.Au total, ce sont 4 900 pathologies qui sont reconnues chaque année comme maladies professionnelles chez les agriculteurs. Mais plus de 90 % d'entre elles sont des TMS (troubles musculo-squelettiques), le reste des cas étant principalement liés aux animaux et à la poussière de bois ou d'amiante, selon Yves Cosset.Dans les tableaux des maladies professionnelles du régime agricole, on trouve ainsi, par exemple, la maladie de Lyme – causée par les tiques –, le tétanos ou encore les hépatites. Mais aussi quelques pathologies liées aux produits phytosanitaires. Est notamment cité, depuis 1955, l'arsenic, responsable d'une large gamme d'affections – irritations, intoxications ou cancers. Ou encore le benzène, classé comme cancérogène certain, et le pentachlorophénol (PCP), interdit dans les pesticides depuis 2003.Mais, rappelle Yves Cosset, "ces tableaux évoluent au fur et à mesure des connaissances de la science. Or, la plupart des pathologies liées aux pesticides apparaissent de manière différée, dix, vingt, voire trente ans après le début de leur usage. Dans la médecine du travail, on a commencé à parler de l'amiante dans les années 1960, et ce produit n'a été mentionné dans ces tableaux qu'en 1998 pour les cancers. Il n'est donc pas exclu que d'autres pathologies émergent et soient reconnues dans les années à venir..."

