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JT du 17-04-2015
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Le miracle marocain : un roi, sinon rien (article paru dans L’Action Française 2000, 16 avril 2015)
La monarchie est la clef du miracle marocain, comme l’explique en substance Jean-Claude Martinez, dans un petit livre à paraître le mois prochain, où l’auteur souligne les bienfaits d’un roi « stabilisateur », ayant notamment préservé son pays des vents violents du Printemps arabe.
Il n’y a pas de miracle en politique. En revanche, il y a des exceptions, c’est-à-dire des situations singulières, mais explicables, dès lors que, contrairement aux miracles, elles ont des causes. Tel est le cas de ce que l’on a pris l’habitude, depuis quatre ans, d’appeler “l’exception marocaine”. Car, de fait, il s’agit bien d’une exception. Début 2011, alors que des autocraties que chacun pensait indéracinables, en Égypte et en Tunisie, s’effondrent en quelques heures au grand vent du Printemps arabe, le Maroc ploie sans rompre, et profite même de l’occasion pour accélérer le train de ses réformes et donner un coup de jeune à son organisation constitutionnelle. De même, à l’automne 2011, lorsque les islamistes du PJD (Parti de la justice et du développement) remportent les élections législatives et se trouvent propulsés à la tête du gouvernement, le royaume ne connaît ni les troubles suscités en Tunisie ou en Égypte par la victoire d’Ennahdha et des Frères musulmans, ni, a fortiori, l’abominable guerre civile qui ensanglanta l’Algérie durant des années après le triomphe du FIS (Front islamique du salut) en 1991. Au lieu de cela, on assiste à une tranquille passation de pouvoirs, selon « une procédure dont la modestie sciemment organisée a voulu symboliquement montrer qu’il n’y avait là qu’un cours ordinaire des choses, enlevant aux résultats des élections toute dimension de révolution », comme le souligne Jean-Claude Martinez dans un ouvrage publié au lendemain de l’attentat de Tunis, Le Roi stabilisateur.
Le tournant de la modernité
Dans cet essai au titre significatif, l’auteur, ex-député européen mais aussi ancien directeur des études de l’ENA du Maroc, entend précisément répondre à la question évoquée plus haut : cette (étonnante) exception marocaine, quelles peuvent en être les causes ? Et pour Jean-Claude Martinez, une réponse s’impose, de toute évidence : c’est la présence d’un roi. D’une monarchie qui, après avoir construit le Maroc au cours d’une histoire millénaire, lui permet aujourd’hui de prendre, de façon prudente mais résolue, le tournant de la modernité. Sans l’institution monarchique, assure Martinez, le pays s’effondrerait du jour au lendemain : « Il n’est pas besoin d’être grand futurologue pour savoir ce qu’il adviendrait en moins de cent jours si une chimère politique, issue d’un nouveau printemps, remplaçait des siècles de stabilité alaouite par quelques semaines d’aventure démocratico-participative, à l’égyptienne d’hier sinon à l’irakienne de maintenant. »
Le commandeur des croyants
Le propos de de l’ouvrage est d’abord d’éclairer en quoi, et comment, le roi du Maroc produit un tel effet. Un effet que Martinez attribue en premier lieu à sa double dimension temporelle et spirituelle – naguère affirmée dans le fameux article 19 de la constitution, qui fut, pendant des décennies, la bête noire des progressistes –, et qui demeure, selon lui, la grande force du système. Sur un plan spirituel, le monarque est qualifié d’amir al-mouminine, commandeur des croyants, un titre que même le roi d’Arabie saoudite, “gardien des deux saintes mosquées”, ne lui discute pas. En tant que tel, le monarque marocain se trouve en mesure de promouvoir une lecture modérée de l’islam, celle que propose le rite malékite – et, ce faisant, de s’opposer de façon crédible, aux yeux des musulmans eux-mêmes, aux entreprises des fondamentalistes. Il constitue par conséquent un indispensable « stabilisateur religieux » et, de nos jours, un contrepoids capital à « la fascination du Califat ». Mais cette fonction permet aussi au roi d’être un « stabilisateur social » – comme il le montra au début des années 2000 en imposant, contre une approche intégriste, une vision relativement ouverte et libérale de la condition féminine – et un « stabilisateur politique », ou géopolitique, dans une région aussi stratégique pour l’Afrique que pour l’Europe. En tant que roi, ancrant sa légitimité dans la tradition et dans l’histoire, et non dans le hasard de volontés changeantes et plus ou moins contraintes, il bénéficie du consensus et de la durée. Peu importe son âge, le roi sait qu’il n’est qu’un passeur, et qu’après lui, son fils lui succédera comme lui-même a succédé à son père. Ce qui lui « permet d’attendre et de voir venir ce qui est en marche inéluctablement » : par exemple, dans cette région, le jour sombre où, vers la fin des années 2030, l’Algérie, ayant définitivement épuisé ses réserves d’hydrocarbures, se réveillera à la fois ruinée, révoltée et surpeuplée, et deviendra quelque chose comme une bombe à fragmentation accrochée au flanc Sud de l’Europe. « C’est ce maelström d’agitation et de manipulation que le roi, bénéficiaire de la durée, peut », mais peut seul, tenter de « stabiliser ».
Le Maroc, un verrou migratoire
Cependant, Jean-Claude Martinez, s’il est universitaire, est aussi et d’abord un politique. À ce titre, il ne se contente pas d’expliquer les causes de l’exception marocaine. Il souligne, à l’attention de la France et de l’Europe, à quel point ce Maroc équilibré et équilbrant leur est objectivement nécessaire. Et combien il serait périlleux de faire mine de ne pas le comprendre, au nom d’intérêts médiocres ou de lubies idéologiques. Stabilisateur, le Maroc l’est en particulier en tant que « verrou migratoire », « garde-frontières » entre l’Afrique subsaharienne et l’Europe de l’Ouest : c’est pourquoi « la politique européenne de voisinage, en Méditerranée ne repose plus pour l’essentiel que sur ce pays et sa stabilité, et donc, sur sa royauté qui la garantit. Que l’on déstabilise celle-ci [...] et toute la Méditerranée [...] accélère son déversement. » Que l’on prête la main à de telles folies, et ce sont, aux portes de l’Europe, mille Lampedusa qui risquent de fleurir, d’innombrables “camps des saints” qui se multiplient sans que personne soit en mesure de les gérer jusqu’à la catastrophe ultime.
Et c’est sans doute l’une des grandes leçons de ce précieux petit livre : que la France a, plus que jamais, intérêt à soigner cet allié de toujours. Et qu’elle doit se souvenir que, dans certains cas, la loyauté est la plus payante et la plus raisonnable des politiques.
Frédéric Rouvillois
Jean-Claude Martinez, Le Roi stabilisateur, Jean-Cyrille Godefroy, à paraître le 7 mai 2015, 233 p., 15 euros.
http://www.actionfrancaise.net/craf/?Le-miracle-marocain-un-roi-sinon
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Marine Le Pen fait partie des 100 personnalités les plus influentes au monde
Marine Le Pen fait partie du classement des 100 personnalités les plus influentes au monde établi chaque année par le magazine américain Time.
“C’est une femme leader, ce qui n’est pas très commun et elle rappelle ici Margaret Thatcher”, explique Renaud Thillaye, le directeur adjoint du think tank Policy Network.
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LIVE JT Jeudi 16 Avril 2015
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Primaires, Hillary-mania : l'américanisation de la politique française
Primaires pour la droite et adoption du nom « les républicains » reflètent l’américanisation de la politique estime Maxime Tandonnet qui déplore que celle-ci ne porte que sur les pires aspects du système politique des États-Unis.
Deux événements récents jettent une lumière crue sur l’un des phénomènes les plus caractéristiques de la vie publique nationale : son américanisation croissante.
L’adoption du système des primaires pour le choix du candidat de « la droite et du centre » aux élections présidentielles de 2017 est directement inspirée du système américain. Aux États-Unis, les deux grands partis politiques choisissent chacun, tous les quatre ans, leur candidat unique, dans le cadre de primaires plus ou moins ouvertes, soit aux adhérents, soit aux sympathisants, qui se déroulent selon des modalités diverses, tour à tour dans les différents États, sur plusieurs mois. Après le parti socialiste en 2012, l’UMP vient à son tour se rallier au même principe des primaires pour le scrutin de 2017. Comme aux États-Unis, la France est désormais plongée dans un climat de campagne électorale permanente. Plus anecdotique : le nom futur du parti de droite, « les républicains », semble faire écho au « grand old party » américain du même nom ou presque : le parti républicain !
L’adoption du quinquennat présidentiel en 2000 a marqué une étape décisive dans cette américanisation, rapprochant le chef de l’État français de son homologue américain. Jusqu’alors, le système français, dans une tradition nationale qui renvoie par exemple au souvenir de Louis XIII et Richelieu, opérait un partage des tâches entre le chef de l’État et le Premier ministre. Le premier, élu pour sept ans, « guide de la France », incarnant l’unité nationale, avait pour mission de tracer le destin du pays. Le Premier ministre, chef de gouvernement appuyé sur la majorité avait la charge de l’action quotidienne. La réduction du mandat présidentiel à cinq ans, coïncidant avec celui des députés, a totalement transformé la mission du chef de l’État. Elle a mis fin à sa position souveraine et fait de lui le chef de la majorité, omniprésent, surmédiatisé et gérant en direct les dossiers les plus ponctuels. Le président français devient seul chef de l’exécutif entouré de « collaborateurs » que sont le premier ministre et les ministres, à l’image du président américain et de ses secrétaires d’État.[[
Or, la France n’est pas les Etats-Unis. Ce mimétisme dans le fonctionnement des institutions a des conséquences désastreuses. Il aboutit à faire du président français un personnage donnant l’illusion de la toute puissance, dépositaire unique de la puissance publique, concentrant ainsi sur lui-même toutes les frustrations et les rancœurs d’une société en crise, au point de devenir extrêmement impopulaire et d’apparaître comme un facteur de division, de perte de confiance et un symbole d’impuissance. Les Etats-Unis ont un modèle profondément différent avec un Congrès (pouvoir législatif) puissant et autoritaire, un système fédéral qui partage le pouvoir entre le niveau national et les cinquante États. Copie inachevée et dévoyée du modèle américain, le système de gouvernement français, en renonçant à être lui-même, s’est engouffré dans une impasse. [....
La suite sur Le Figarovox
http://www.actionfrancaise.net/craf/?Primaires-Hillary-mania-l
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Edouard Ferrand (FN) sur le génocide arménien et la position honteuse de la Turquie
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JT du jeudi 16-04-2015 avec Michel Raimbaud, ancien ambassadeur au Soudan
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TVL : Michel Raimbaud démonte le mythe des printemps arabes
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Nouvelles révolutions de couleur : vers plus de violence ?
Alors que les Etats-Unis, et l'OTAN à leur suite, créent une sorte de point de fixation intellectuel avec le concept de guerre hybride, Alexandre Latsarappelle opportunément leur stratégie tout aussi hybride de "révolution de couleur". N'hésitez pas à activer les liens, qui mènent vers des articles tout aussi intéressants. Au sujet des manipulations US lors des épisodes dits "printemps arabe", on peut se référer à l'excellent "arabesque américaine" de l'universitaire canadien Ahmed Bensaada.
"Au cours de la décennie qui a suivi l’effondrement de l’Union soviétique, les stratèges américains ont élaboré des méthodes de renversement d’un pouvoir politique ne nécessitant pas d’intervention militaire et limitant au maximum le nombre de victimes collatérales.
Longtemps restées secrètes et cachées au grand public, c’est après les opérations de manipulation réussies en Serbie que des blogueurs et analystes ont commencé à dévoiler les rouages de ces phénomènes pour le moins surprenant qui ne ciblaient qu’un type similaire d’États. Les révolutions de couleur sont basées sur des stratagèmes extrêmement subtils, modernes et subversifs,fondés sur la non-violence et conçus par un politologue américain du nom de Gene Sharp.
Au cours des 20 dernières années, ces méthodes de résistance non violentes ont été structurées puis appliquées via des ONG soit disant neutres et axées sur la société civile, qui étaient en réalité financées plus ou moins directement par diverses ONG ou Fonds en lien direct avec le département d’État américain. La CIA va même dispenser des formations aux leaders de ces « pôles de résistance », manifestant l’implication directe du département d’État dans ces mouvements soi-disant spontanés. Ceux qui auraient des doutes sur la véracité d’un tel fait peuvent se référer à l’interview donnée par un des principaux activistes non-violents en Serbie, membre d’Otpor, à la revue Politique internationale.
Non-violence 2.0
Ces techniques pratiques visant à réaliser des révolutions non violentes vont être adaptées au monde moderne et fusionnées avec les nouvelles technologies, trouvant dans les réseaux sociaux un formidable vecteur de propagation. Dans la foulée, les initiateurs et militants d’Otpor et du coup d’État en Serbie ont créé à Belgrade le centre CANVAS, qui promeut les stratégies des révolutions non violentes partout dans le monde et se targue d’être « intervenu » dans plus d’une quarantaine de pays. La liste des partenaires et sponsors annoncés sur le site témoigne de la mainmise du département d’État sur cette « usine à révolutions », implication du reste confirmée par Wikileaks.
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Paula Corbulon http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/web.html
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L’islam est inconciliable avec l’Occident
C'est une étude qui fait du bruit au Canada. En effet, 42% des Canadiens musulmans interrogés conviennent que "l’islam est inconciliable avec la société occidentale, et à fortiori n’est absolument pas soluble avec leur monde environnant".
Par ailleurs, 60% des Canadiens juifs et chrétiens pensent la même chose.Les Canadiens se présentant comme laïques partagent cet avis à 46%.
Cela désole le directeur de l'étude, Jack Jedwab, mais aussi tous les tenants du politiquement correct :
"C’est déconcertant de constater que les résultats de notre sondage montrent toujours que plus de 60 pour cent des Canadiens perçoivent l'Occident et la société islamique comme inconciliables. Cela nous met face à une impasse. C’est un coup dur pour le dialogue interreligieux"
Philippe Carhon http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/web.html