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international - Page 1343

  • “L’Allemagne n’espionne pas ses citoyens”

    En effet, seulement 20 millions d’allemands sont officiellement touchés directement ou indirectement par les écoutes du gouvernement. Pour ce qui est des 60 millions restant, le gouvernement d’occupation dit allemand, laisse faire la NSA. Merkel maitrise for bien l’art de ne pas dire la vérité sans toutefois vraiment mentir!

    Pour ajouter du poids à ses déclarations, la chancelière, nous rappelle le passé douloureux des dictatures nazi et communiste, sous entendant que la RFA n’est pas une dictature. Il est tellement vrai que le régime de RFA est une démocratie, que ceux qui osent en douter un peu trop fort, risquent la prison pour insulte à l’état. Comme preuve démocratique on ne peut guère faire mieux.

    http://fr.altermedia.info/

  • Echec cuisant du lobby LGBT à l'OSCE pour restreindre les libertés

    Lu sur C-Fam :

    "Fin juin, les lobbies homosexuels ont subi une défaite humiliante devant une des plus importantes organisations internationales pour la sécurité.

    C’est un vote de 24 voix défavorables et 3 voix favorables que l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) a en effet accueilli une déclaration controversée sur l’homosexualité. Même les Etats européens, en général très favorables aux lobbies homosexuels, ont fait défection.

    Cette déclaration non contraignante, plus connue sous le nom « principes de Yogyakarta », proclame l’existence de nouveaux droits spéciaux au profit des personnes qui se considèrent lesbiennes, homosexuels, bisexuels ou transgenres (LGBT). Les 29 principes ont été rédigés en 2006 par militants, universitaires et anciens fonctionnaires internationaux.

    Leurs sympathisants affirment que ces principes résultent d’interprétations dignes de foi du droit international existant. Ils ont demandé aux organisations internationales d’y adhérer. Ils ont eu plus ou moins de succès, en particulier avec les fonctionnaires non élus. Obtenir le soutien de l’OSCE aurait été une victoire de taille pour les associations d’homosexuels et leurs alliés internationaux, puisque les réunions de l’OSCE sont généralement peuplées d’élus.

    La Belgique était convaincue que la résolution passerait. Le Conseil de l’Europe, qui rassemble à peu de choses près les mêmes Etats membres que l’OSCE, avait avalisé certains de ces principes dans une résolution de 2010. Mais l’initiative a tourné au cauchemar lorsque des Etats, qui d’ordinaire donneraient leur soutien total à la cause homosexuelle, ont refusé de le faire. En tête des opposants, et à la grande surprise de beaucoup, les Etats-Unis.

    Seulement trois sur douze des élus à l’origine de la résolution ont décidé de confirmer leur soutien après le débat. Dès le début des débats, l’atmosphère s’est soudainement tendue.

    C’est le député américain Chris Smith, parlant au nom de la délégation des Etats-Unis, qui s’est exprimé en premier. Il a déclaré que les principes de Yogyakarta vont à l’encontre des engagements de l’OSCE en faveur d’une protection de la liberté religieuse et de la liberté d’expression. Il a ensuite énuméré les conflits potentiels entre les principes débattus et les doctrines majeures des grandes religions, ou le droit international en vigueur. Smith a également souligné que les Etats membres n’avaient jamais soumis ces principes à une quelconque négociation.

    Alors que l’administration Obama a publiquement fait des droits LGBT une des priorités des Etats-Unis, et que les déclarations publiques du président et de ses fonctionnaires continuent à confirmer cette impression, ce dernier épisode semble signaler un changement de direction.

    Les Etats-Unis ne sont pas les seuls à avoir dénigré les principes de Yogyakarta.

    La Pologne a demandé à ce que la résolution soit retirée de l’agenda de la séance sans débat. Le représentant a déclaré que les principes étaient incompatibles avec la constitution polonaise, et qu’aucune organisation internationale n’avait jamais défini les termes « orientation sexuelle » et « identité de genre ».

    Certains Etats membres, qui ont pourtant reconnu l’existence de nouveaux droits au profit des personnes LGBT, se sont eux aussi opposés à la résolution. C’était le cas de l’Italie, qui prévoie un statut juridique spécial pour les couples homosexuels par le biais de unions civiles. Pour le représentant italien, la promotion de ces principes partisans pourrait « amoindrir » l’autorité de l’OSCE. Il a observé qu’il serait déplacé de la part de l’OSCE d’aller jusqu’à débattre des mérites des principes de Yorgyakarta, sachant que l’organisation reconnaît le droit de tout individu à ne pas être discriminé, quelque soit son orientation sexuelle ou son identité de genre.

    Faisant écho aux juristes selon lesquels les principes de Yogyakarta ne sont pas un reflet exact du droit international en vigueur, il a enfin déclaré que ces principes allaient bien au delà du cadre normatif des droits de l’homme tels que reconnus par les Etats de l’OSCE.

    La Russie et l’Arménie ont aussi exprimé leurs objections. Au final, aucun Etat membre de l’OSCE n’a publiquement soutenu la résolution, pas même la Belgique.

    http://www.lesalonbeige.blogs.com/

  • L’impasse d’une économie sans racines

    Insidieusement le libéralisme et son avatar socialiste ont entraîné l’économie dans un « nouvel âge » : l’économie sans racine. Le libre-échange, que défendaient les grands auteurs classiques, est aujourd’hui dépassé par la conjonction de trois phénomènes : politique - le renversement de la souveraineté des nations -, économique - la « financiarisation » des activités productives - et technique - l’explosion des systèmes de communications et de transports. Cette focalisation d’événements, fortement recherchée par les défenseurs de la « pensée unique », se traduit par l’avènement d’une « économie éthérée » (ou peut-être « éterrée », c’est-à-dire sans terre...) à l’heure où l’homme n’a jamais autant eu besoin d’Identité nationale depuis que le nihilisme ambiant a désenchanté le monde.
    À l’origine, le libéralisme classique défendait le principe d’une économie monde. Ce système était construit sur la complémentarité. Chaque nation avait intérêt à se spécialiser dans une ou plusieurs branches précises pour exporter ses spécialités et importer les produits que le pays ne pouvait fabriquer, ses facteurs de production ayant été entièrement utilisés par sa branche d’excellence. Au XVIIIe Adam Smith défendait donc le principe des « avantages absolus », au XIXe son disciple David Ricardo le compléta avec la théorie des « avantages relatifs » et au XXe trois économistes développèrent le « théorème HOS » qui porte les initiales de ces éminents professeurs Hechscher, Ohlin et le prix Nobel d’économie de 1970 Samuelson.
    Ces derniers, à travers leur loi sur la spécialisation des économies en fonction de « la proportion des facteurs disponibles » insistaient sur l’importance de la combinaison des facteurs classiques de production que chaque nation se doit d’exploiter pour exporter : le travail, le capital (au sens économique du terme, c’est-à-dire : machines, outils, usines, etc.) et surtout... « la Terre ».
    La souveraineté des multinationales
    Au XXIe la « pensée inique » libéralo-socialiste développe une nouvelle conception : « la mobilité absolue des moyens de production ». Pour imposer ce nouveau principe économique dominateur, trois processus parallèles ont été mis en œuvre au cours des dernières décennies.
    Premier processus : éliminer les rigidités politiques. Pour « déblayer » le terrain économique il fallait préalablement supprimer les freins au libre-échange en renversant le principe de souveraineté nationale. Universellement et historiquement, jusqu’au milieu du XXe siècle, les États étaient les dépositaires de la souveraineté, les entreprises comme les citoyens subissaient leurs lois. Depuis la fin du siècle précédent, par la force ou par l’invention d’un « nouveau droit supranational » la souveraineté est transmise progressivement aux multinationales. Les détenteurs des pouvoirs étatiques ne font qu’exercer une action de syndic de copropriété au profit des grands intérêts privés. Les récentes visites de Jacques Chirac en Asie ne sont que la énième confirmation de la transformation de la présidence de la République en agence commerciale.
    La C.I.A. est à cet égard très active pour supprimer toute forme de droit souverain lorsque ses commanditaires considèrent qu’elles peuvent être gênantes pour leurs opérations de délocalisation. Construite sur la négation de l’existence de toute forme de légalité nationale, elle se joue des frontières, comme viennent de le confirmer les récentes révélations sur ses agissements dans le transport et l’incarcération des personnes soupçonnées d’être ses ennemis. Le 11 septembre...1973 elle a donc renversé le président chilien Salvador Allende pour permettre au géant américain I.T.T de mieux exploiter « ses » mines de cuivre. En 2003 elle a monté un dossier mensonger sur les armes de destructions massives irakiennes pour permettre à Halliburton de mieux profiter des puits de pétroles mésopotamiens. En 2004 elle a installé un de ses anciens agents à la tête de la Commission Européenne pour mieux imposer les directives, qui favoriseront, au nom du droit supranational, la disparition des législations qui nuisent au libre échange des grandes firmes (petite précision sur les nouvelles règles étymologique du langage économique : l’expression « droit supra-national » n’utilise pas le terme « supra » pour ses liens avec le mot « supérieur » mais pour sa proximité avec « suppression » ... du droit national).
    Le primat de la finance
    Le deuxième processus est, lui, purement économique. Toutes les conceptions économiques, jusqu’au triomphe des monétaristes lors de la remise du prix Nobel au fondateur de cette nouvelle école de pensée Milton Friedman en 1976, partaient d’une approche philosophique de cette science. L’économie était destinée à favoriser le bonheur du genre humain en recherchant les meilleurs moyens pour assurer la félicité sur terre.
    Depuis les premières expériences d’application de cette nouvelle doctrine au Chili et en Israël, à partir de 1973, les priorités économiques ne sont plus centrées sur cet objectif. Seuls les intérêts financiers doivent primer. Tout doit être construit pour défendre la valeur de la monnaie, en commençant par les fondements de la Banque Centrale Européenne qui vient de relever une nouvelle fois ses taux d’intérêts bancaires pour s’assurer du strict respect de ses principes monétaristes. La finance a pris la place de la production. Les facteurs de production, en particulier les travailleurs, doivent être au service des résultats financiers et non l’inverse. Pour assurer le succès de ce nouveau principe la mobilité des facteurs se doit d’être absolue. Usines, machines, terres et travailleurs doivent pouvoir déménager là où les coûts de fabrication seront les plus faibles et les perspectives de marges bénéficiaires les plus fortes.
    La complémentarité économique des origines classiques du libéralisme est balayée par le principe de délocalisation. L’attachement aux facteurs de production, à la terre, disparaît. Les productions agricoles peuvent même être produites hors sol. Les espèces animales (y compris l’espèce humaine) et végétales sont transplantées en fonction des calculs de rentabilité. La nouvelle carte des vins est très symbolique de ces « cépages français » qui au Chili et ailleurs viennent concurrencer nos plus grands crus après avoir été extraits de la Terre de France.
    Planétarisation
    Mais ces deux processus n’auraient jamais été pleinement possibles sans la révolution technologique que les transports et les télécommunications ont connue au cours des dernières décennies. Le « container » et le « World Wild Web » (le triple w d’internet) ont réduit la planète à la taille d’une simple province. Un porte-containers de plusieurs milliers de tonnes permet de relier Cherbourg à Boston en quatre jours. Un produit américain fabriqué le lundi aux U.S.A. peut être livré le samedi en Europe. Les liaisons aériennes marchandes sont encore plus véloces. Les avions sont vidés de leurs sièges passagers montés sur rails en fin de journée, pour mettre à bord des containers qui coulissent à la place des précédents habitacles. Aucun point de la planète n’est à moins de 24 heures de n’importe quel autre point géographique.
    Le « triple w » a le mérite de la franchise de ses ambitions : ce nouveau monde (world) unique sera sauvage (wild), et son symbole l’araignée prendra dans sa toile (web) tous les consommateurs nécessaires pour faire fonctionner ce système de course perpétuelle à la surconsommation.
    Ces révolutions technologiques sont utilisatrices de produits et de matières fondamentales, que les grandes firmes ne sauraient laisser aux mains de n’importe qui : le pétrole pour les transports et le cuivre pour le téléphone dont le Chili est toujours le premier producteur mondial. Vous comprendrez ainsi pourquoi l’interventionnisme américain ne se fait pas selon les lois du hasard. Vous comprendrez aussi pourquoi les campagnes des élections présidentielles « françaises », ne commencent plus à Lille ou à Avignon, comme un ringard qui confond encore la souris et le mulot, les avaient engagées, mais au ...Chili !
    Avance masquée
    Pour avancer dans cette mondialisation, ses promoteurs français préfèrent agir masqués. Au lieu de rechercher la traduction du vocabulaire anglo-saxon il préfèrent comme avec « www » donner une note d’exotisme à ces anglicismes qui nous envahissent pour ne pas révéler leurs significations. Un mot échappe pourtant à cette règle : « délocalisation ». La raison en est simple. Le terme anglo-saxon « outsourcing » est trop révélateur des ambitions que révèle cette nouvelle ère économique : « implanter la source ailleurs » ! Il ne s’agit plus de sous-traiter quelques composants dans une usine étrangère mais d’aller jusqu’à l’origine du produit. De couper toutes les racines de la production. Mais attention c’est avec des racines que l’on soigne les malades, c’est par les airs que la grippe aviaire voyage !
    Yves LENORMAND L’’Action Française 2000– du 16 mars au 5 avril 2006

  • Les drogues et la machine de guerre des États-Unis

     

    Lu sur le Réseau Voltaire : L’ancien diplomate canadien Peter Dale Scott met à profit sa retraite pour étudier en détail le Système des États-Unis qu’il décrit, livre après livre. Il répond ici aux questions de son traducteur francophone, notre collaborateur, Maxime Chaix.

     

    Maxime Chaix : Dans votre dernier ouvrage, La Machine de guerre américaine, vous étudiez en profondeur ce que vous appelez la « connexion narcotique globale ». Pourriez-vous nous éclairer sur cette notion ?

     

    Peter Dale Scott : Avant tout, permettez-moi de définir ce que j’entends par « connexion narcotique ». Les drogues n’entrent pas comme par enchantement aux États-Unis. Parfois, de très importantes cargaisons de drogues sont acheminées dans ce pays avec l’assentiment et/ou la complicité directe de la CIA. Je vais vous l’illustrer par un exemple tiré de La Machine de guerre américaine. Dans ce livre, je parle du général Ramon Guillén Davila, le directeur d’une unité anti-drogue créée par la CIA au Venezuela, qui fut inculpé à Miami pour avoir introduit clandestinement aux États-Unis une tonne de cocaïne. Selon le New York Times, « la CIA, malgré les objections de la Drug Enforcement Administration [DEA], approuva la livraison d’au moins une tonne de cocaïne pure à l’aéroport international de Miami [,] comme moyen d’obtenir des renseignements sur les cartels de la drogue colombiens ». Au total, selon le Wall Street Journal, le général Guillén aurait pu avoir acheminé illégalement plus de 22 tonnes de drogues aux États-Unis. Néanmoins, les autorités US n’ont jamais demandé au Venezuela l’extradition de Guillén pour le juger. De plus, lorsqu’en 2007 il fut arrêté dans son pays pour avoir planifié l’assassinat d’Hugo Chávez, son acte d’accusation était encore maintenu sous scellés à Miami. Ce n’est pas surprenant, sachant qu’il était un allié de la CIA.

     

     

     

    Toutefois, la connexion narcotique de l’Agence ne se limite pas aux États-Unis et au Venezuela. Depuis l’après-guerre, elle s’est progressivement étendue à travers le globe. En effet, les États-Unis ont voulu exercer leur influence dans certaines parties du monde mais, en tant que démocratie, ils ne pouvaient pas envoyer l’US Army dans ces régions. Par conséquent, ils ont développé des armées de soutien (proxy armies) financées par les trafiquants de drogues locaux. Progressivement, ce mode opératoire est devenu une règle générale. C’est l’un des principaux sujets de mon livre, La Machine de guerre américaine. J’y étudie notamment l’opération Paper, qui débuta en 1950 avec l’utilisation par l’Agence de l’armée du KMT en Birmanie, qui organisait le trafic de drogues dans la région. Quand il s’est avéré que cette armée était totalement inefficace, la CIA développa sa propre force en Thaïlande (la PARU). L’officier de l’Agence qui en avait la responsabilité a admis qu’elle finançait ses opérations par de très importantes saisies de drogues.

     

    En rétablissant le trafic de drogues en Asie du Sud-Est, le KMT en tant qu’armée de soutien constituait un précédent de ce qui allait devenir une habitude de la CIA : collaborer secrètement avec des groupes financés par les drogues pour mener la guerre — en Indochine et en mer de Chine méridionale dans les années 1950, 60 et 70 ; en Afghanistan et en Amérique centrale dans les années 1980 ; en Colombie dans les années 1990 ; et de nouveau en Afghanistan en 2001 —. Les mêmes secteurs de la CIA en sont responsables, soit les équipes chargées d’organiser les opérations clandestines. Depuis l’après-guerre, nous pouvons observer comment leurs agents, financés par les bénéfices narcotiques de ces opérations, se déplacent de continents en continents pour répéter le même schéma. C’est pourquoi nous pouvons parler d’une « connexion narcotique globale ».

     

    Maxime Chaix : D’ailleurs, dans La Machine de guerre américaine, vous remarquez que la production de drogues explose souvent là où les États-Unis interviennent avec leur armée et/ou leurs services de renseignement, et que cette production décline lorsque ces interventions s’achèvent. En Afghanistan, alors que l’OTAN retire progressivement ses troupes, pensez-vous que la production de drogue va diminuer une fois le retrait achevé ?

     

    Peter Dale Scott : Dans le cas de l’Afghanistan, il est intéressant de constater qu’au cours des années 1970, à mesure que le trafic de drogues déclinait en Asie du Sud-Est, la zone frontalière pakistano-afghane devenait peu à peu centrale dans le trafic international d’opium. Finalement, en 1980, la CIA s’impliqua de manière indirecte, mais massive, contre l’URSS dans la guerre d’Afghanistan. D’ailleurs, Zbigniew Brzezinski se vanta auprès du président Carter d’avoir donné aux soviétiques « leur Vietnam ». Toutefois, il déclencha également une épidémie d’héroïne aux États-Unis. En effet, avant 1979, de très faibles quantités d’opium du Croissant d’Or entraient dans ce pays. Or, en une année seulement, 60 % de l’héroïne pénétrant aux États-Unis provenait de cette zone, selon les statistiques officielles.

     

    Comme je le rappelle dans La Machine de guerre américaine, les coûts sociaux de cette guerre alimentée par la drogue continuent de nous affecter. Par exemple, il y aurait aujourd’hui 5 millions d’héroïnomanes au seul Pakistan. Et pourtant, en 2001, les États-Unis, avec l’aide des trafiquants, relancèrent leurs tentatives d’imposer un processus d’édification nationale à un quasi-État, comptant au moins une douzaine de groupes ethniques majeurs parlant des langues différentes. À cette époque, l’intention qu’avaient les États-Unis d’utiliser des trafiquants de drogue pour se positionner sur le terrain en Afghanistan n’avait pas la moindre ambiguïté. En 2001, la CIA créa sa propre coalition pour lutter contre les talibans en recrutant — et même en important — des trafiquants de drogues, qui étaient en principe d’anciens alliés des années 1980. Comme au Laos en 1959 et en Afghanistan en 1980, l’intervention états-unienne a été une aubaine pour les cartels internationaux des drogues. Avec l’amplification du chaos dans les zones rurales afghanes et l’augmentation du trafic aérien, la production d’opium fit plus que doubler, passant de 3 276 tonnes en 2000 (mais surtout de 185 tonnes en 2001, l’année où les talibans l’interdirent) à 8 200 tonnes en 2007.

     

    Aujourd’hui, il est impossible de déterminer comment va évoluer la production de drogues en Afghanistan. Cependant, si les États-Unis et l’OTAN se contentent de se retirer en laissant le chaos derrière eux, tout le monde en pâtira — sauf les trafiquants de drogues, qui profiteraient du désordre pour leurs activités illicites —. Il serait donc indispensable d’établir une collaboration entre l’Afghanistan et tous les pays avoisinants, incluant la Chine et la Russie (qui peut être considérée comme une nation voisine du fait de ses frontières avec les États d’Asie centrale). Le Conseil international sur la sécurité et le développement (ICOS) a suggéré d’acheter et de transformer l’opium afghan afin de l’utiliser médicalement dans les pays du Tiers-Monde, qui en ont cruellement besoin. Washington reste opposé à cette mesure, qui est difficile à mettre en œuvre en l’absence d’un système de maintien de l’ordre efficace et solide. Dans tous les cas, nous devons aller vers une solution multilatérale incluant l’Iran, une nation très affectée par le trafic de drogues venant d’Afghanistan. Il est également le pays le plus actif dans la lutte contre les exportations de stupéfiants afghans, et celui qui subit le plus de pertes humaines à cause de ce trafic. Par conséquent, l’Iran devrait être reconnu comme un allié central dans la lutte contre ce fléau mais, pour de nombreuses raisons, ce pays est considéré comme un ennemi dans le monde occidental.

     

    Maxime Chaix : Votre dernier livre, La Machine de guerre américaine, démontre notamment qu’une part importante des revenus narcotiques alimente le système bancaire global, dont les banques des États-Unis, créant une véritable « narconomie ». Dans cette perspective, que pensez-vous de l’affaire HSBC ?

     

    Peter Dale Scott : Tout d’abord, le scandale du blanchiment d’argent par HSBC nous amène à penser que la manipulation des bénéfices narcotiques par cette banque aurait pu contribuer à financer le terrorisme — comme l’avait révélé une sous-commission du Sénat en juillet 2012 —. De plus, un nouveau rapport sénatorial a estimé que « chaque année, entre 300 milliards et 1 trillion de dollars d’origine criminelle sont blanchis par les banques à travers le monde, la moitié de ces fonds transitant par les banques états-uniennes ». Dans ce contexte, les autorités gouvernementales nous expliquent qu’HSBC ne sera pas démantelée car elle est trop importante dans l’architecture financière occidentale. Souvenez-vous qu’Antonio Maria Costa, le directeur de l’Office des Nations Unies contre la Drogue et le Crime (ONUDC), avait rapporté qu’en 2008, «  les milliards de narcodollars ont empêché le système de sombrer au paroxysme de la crise [financière] globale. »

     

    Ainsi, HSBC s’est entendue avec le département de la Justice pour payer une amende d’environ 1,92 milliards de dollars, ce qui évitera des poursuites pénales. Le gouvernement des États-Unis nous fait ainsi comprendre que personne ne sera condamné pour ces crimes car, comme je l’ai souligné précédemment, cette banque fait partie intégrante du système. C’est un aveu déterminant. En réalité, toutes les grandes banques ayant une importance systémique — pas seulement HSBC — ont admis avoir mis en place des filiales spécialement conçues pour blanchir l’argent sale (les private banks). Certaines ont payé de lourdes amendes, qui sont habituellement bien moins importantes que les profits générés par le blanchiment d’argent. Et aussi longtemps que cette impunité sera maintenue, le système fonctionnera de cette manière. C’est un véritable scandale. En effet, songez à un individu lambda se faisant arrêter avec quelques grammes de cocaïne en poche. Il sera très probablement incarcéré, mais la banque HSBC pourrait avoir blanchi environ 7 milliards de dollars de revenus narcotiques grâce à sa filiale mexicaine sans que personne n’aille en prison. En réalité, la drogue est l’un des principaux éléments soutenant le dollar, d’où l’emploi de l’expression « narconomie ». Les trois premiers produits échangés dans le commerce international sont d’abord le pétrole, puis les armes et enfin les drogues. Ces trois éléments sont interconnectés, et ils alimentent les banques de la même manière. C’est pourquoi la majorité de l’argent des drogues est absorbée par le système bancaire global. Ainsi, dans La Machine de guerre américaine, j’étudie comment une partie de ces revenus narcotiques finance certaines opérations clandestines états-uniennes, et j’en analyse les conséquences.

     

    Maxime Chaix : Il y a 10 ans, l’administration Bush lançait la guerre d’Irak, sans l’aval du Conseil de sécurité des Nations-Unies. Quel bilan tirez-vous de ce conflit, notamment au regard de ses coûts humains et financiers ?

     

    Peter Dale Scott : Selon moi, il y a eu deux grands désastres dans la politique étrangère récente des États-Unis. Il s’agit de la guerre du Vietnam, qui n’était pas nécessaire, et de la guerre d’Irak, qui l’était encore moins. L’objectif affiché de cette guerre était d’instaurer la démocratie dans ce pays, ce qui était une véritable illusion. Il appartient au peuple irakien de déterminer s’il est dans une meilleure situation aujourd’hui qu’avant cette guerre, mais je doute qu’il réponde par l’affirmative s’il était consulté sur cette question.

     

    Au regard des coûts humains et financiers de ce conflit, celui-ci fut un désastre, aussi bien pour l’Irak que pour les États-Unis. Toutefois, dans un documentaire qui lui est dédié, l’ancien vice-président Dick Cheney vient de déclarer qu’il referait la même chose « dans la minute ». Or, le Financial Times a récemment estimé que les contractants avaient signé pour plus de 138 milliards de dollars de contrats avec le gouvernement des États-Unis, dans le cadre de la reconstruction de l’Irak. À elle seule l’entreprise KBR, une filiale d’Halliburton — dirigée par Dick Cheney avant qu’il ne devienne vice-président —, a signé pour au moins 39,5 milliards de dollars de contrats fédéraux depuis 2003. Rappelons également qu’à la fin de l’année 2000, un an avant le 11-Septembre, Dick Cheney et Donald Rumsfeld ont cosigné une étude importante élaborée par le PNAC (le groupe de pression néoconservateur appelé le Projet pour le Nouveau Siècle Américain). Intitulée Reconstruire les Défenses de l’Amérique (Rebuilding America’s Defenses), cette étude réclamait notamment une forte augmentation du budget de la Défense, l’éviction d’Irak de Saddam Hussein, et le maintien de troupes états-uniennes dans la région du golfe Persique même après la chute du dictateur irakien. Ainsi, en dépit des coûts humains et financiers de cette guerre, certaines entreprises privées ont massivement profité de ce conflit, comme je l’ai analysé dans La Machine de guerre américaine. Enfin, au Proche-Orient, lorsque l’on observe les très fortes tensions entre les chiites, qui sont appuyés par l’Iran, et les sunnites soutenus par l’Arabie saoudite et le Qatar, il faut garder à l’esprit que la guerre d’Irak a eu un impact très déstabilisant dans cette région…

     

    Maxime Chaix : Justement, quel est votre point de vue sur la situation en Syrie, et sur les potentielles solutions à ce conflit ?

     

    Peter Dale Scott : Au vu de la complexité de cette situation, il n’existe pas de réponse simple sur ce qui devrait être fait en Syrie, du moins au niveau local. Toutefois, en tant qu’ancien diplomate, je suis convaincu que nous ayons besoin d’un consensus entre les grandes puissances. La Russie continue d’insister sur la nécessité de s’en tenir aux accords de Genève. Ce n’est pas le cas des États-Unis, qui ont agi bien au-delà du mandat du Conseil de sécurité en Libye, et qui sont en train de rompre un potentiel consensus en Syrie. Ce n’est pas la marche à suivre car, à mon sens, un consensus international est nécessaire. Sinon, il se pourrait que la guerre par procuration entre chiites et sunnites au Proche-Orient finisse par attirer directement l’Arabie saoudite et l’Iran dans le conflit syrien. Il y aurait alors un risque de guerre entre les États-Unis et la Russie. La Première Guerre mondiale a éclaté de cette manière, ayant été déclenchée par un événement local en Bosnie. Et la Seconde Guerre mondiale a débuté avec une guerre par procuration en Espagne, qui opposait à distance la Russie et l’Allemagne. Nous devons et nous pouvons éviter la répétition d’une telle tragédie.

     

    Maxime Chaix : Mais ne pensez-vous pas qu’au contraire, les États-Unis cherchent aujourd’hui à s’entendre avec la Russie, essentiellement à travers la diplomatie de John Kerry ?

     

    Peter Dale Scott : Pour vous répondre, permettez-moi de faire une analogie avec ce qu’il s’est déroulé en Afghanistan et en Asie centrale dans les années 1990, après le retrait soviétique. Aux États-Unis, le problème récurrent est qu’il est difficile de parvenir à un consensus au sein du gouvernement, car il existe une multitude d’agences ayant parfois des objectifs antagonistes. Il en résulte l’impossibilité d’obtenir une politique unifiée et cohérente, et c’est précisément ce que nous avons pu observer en Afghanistan en 1990. Le département d’État voulait impérativement parvenir à un accord avec la Russie, mais la CIA continuait de travailler avec ses alliés narcotiques et/ou jihadistes en Afghanistan, n’ayant pas l’intention de mettre fin à cette collaboration. Par conséquent, dans une certaine mesure, il existait une concurrence entre l’Agence et le département d’État en Afghanistan. À cette époque, Strobe Talbott — un très proche ami du président Clinton, dont il était un influent représentant personnel au sein du département d’État —, déclara avec justesse que les États-Unis devaient parvenir à un arrangement avec la Russie en Asie centrale, et non considérer cette région comme un « grand échiquier » où manipuler les événements à notre avantage (pour reprendre le concept de Zbigniew Brzezinski). Mais dans le même temps, la CIA et le Pentagone étaient en train de nouer des accords secrets avec l’Ouzbékistan, qui neutralisèrent totalement ce que Strobe Talbott était en train d’accomplir. Je doute qu’aujourd’hui, de telles divisions internes au sein de l’appareil diplomatique et sécuritaire des États-Unis aient disparu.

     

    Dans tous les cas, depuis 1992, la doctrine Wolfowitz mise en œuvre à partir de 2001 par les néoconservateurs de l’administration Bush appelle à la domination globale et unilatérale des États-Unis. Parallèlement, des éléments plus modérés du département d’État tentent de négocier des solutions pacifiques aux différents conflits dans le cadre des Nations Unies. Cependant, il est impossible de négocier la paix tout en appelant à dominer le monde par la force militaire. Malheureusement, les faucons intransigeants l’emportent le plus souvent, pour la simple et bonne raison qu’ils bénéficient des budgets les plus élevés – ceux qui alimentent La Machine de guerre américaine –. En effet, si vous parvenez à des compromis diplomatiques, ces faucons verront leurs budgets amoindris, ce qui explique pourquoi les pires solutions ont tendance à prévaloir dans la politique étrangère états-unienne. Et c’est précisément ce qui pourrait empêcher un consensus diplomatique entre les États-Unis et la Russie dans le conflit syrien.

     

  • De la Quatrième théorie politique

    Suite à notre double introduction – « L'Alliance des Dissidences et le Front de la Foi » et « Qu'est-ce que la Stratégie de L'Évitement ? » - expliquant notre démarche intellectuelle « originale » pour repenser un anticapitalisme authentique, nous proposons aux lecteurs d'AgoraVox une base de réflexion pour le développement d'une « Quatrième théorie politique ». Entrons dans le vif du sujet dans un esprit de groupe de travail.

    De la Quatrième théorie politique :

     

    « Vers la Quatrième Théorie Politique

     

    À ce point de notre réflexion, nous pourrions soulever une très importante question : quel genre d’idéologie devrions-nous utiliser dans notre opposition à la globalisation et à ses principes libéraux démocratiques capitalistes et modernistes (postmodernistes) ? Je pense que toutes les idéologies antilibérales (le communisme, le socialisme aussi bien que le fascisme) ne sont plus pertinentes. Elles ont essayé de combattre le libéral-capitalisme et elles ont échoué. En partie parce qu’à la fin des temps, c’est le Mal qui prévaut ; en partie à cause de leurs contradictions et limitations internes. Il est donc temps d’accomplir une révision profonde des idéologies antilibérales du passé. Quel est leur côté positif ? – Le fait indéniable qu’elles étaient anticapitalistes et antilibérales, aussi bien qu’anti-cosmopolites et anti-individualistes. Ces caractéristiques devraient être acceptées et intégrées dans la future idéologie. Mais la doctrine communiste est moderniste, athéiste, matérialiste et cosmopolite. Cela devrait être rejeté. À l’opposé, la solidarité sociale, la justice sociale, le socialisme et l’attitude holistique générale envers la société sont bonnes en elles-mêmes. Nous avons donc besoin de séparer les aspects matérialistes et modernistes et de les rejeter.

     

    D’autre part, dans les théories de la Troisième voie (chères jusqu’à un certain point à des traditionnalistes comme Julius Evola), se trouvent des éléments inacceptables – à commencer par le racisme, la xénophobie et le chauvinisme. Ce ne sont pas que des travers moraux, mais encore des attitudes théoriquement et anthropologiquement inconsistantes. La différence entre les ethnies ne signifie pas supériorité ou infériorité. La différence devrait être acceptée et affirmée sans aucune appréciation raciste. Il n’y a aucune commune mesure entre les différents groupes ethniques. Quand une société tente d’en juger une autre, elle applique ses propres critères et commet ainsi une violence intellectuelle. Cette même attitude est précisément le crime de la globalisation et de l’Occidentalisation, autant que de l’impérialisme américain." extrait du texte "Contre le monde postmoderne" de la G.R.A

     

    « Pour aborder l'élaboration de cette Quatrième théorie politique, il est nécessaire :

    - de modifier l’interprétation de l'histoire politique des derniers siècles en adoptant des nouveaux points de vues, au-delà des cadres des clichés idéologiques habituels des vieilles idéologies ;

    - de se rendre compte de la structure profonde de la société globale apparaissant sous nos yeux ;

     

    -de déchiffrer correctement le paradigme de l'époque post-moderne ;
    - d'apprendre à s'opposer non pas à une idée politique, à un programme ou à une stratégie, mais à l'état des choses "objectif", au tissu social apolitique même de la (post-)société fracturée ;

     

    -enfin, de bâtir un modèle politique autonome proposant une voie et un projet dans un monde d'impasses et du recyclage à l'infini de l'existant (la post-histoire, selon J. Baufrilard). » Alexandre Douguine - « La Quatrième théorie politique : La Russie et les idées politiques du XXIième siècle » - préface - p. 12

     

    « La 4e théorie politique, celle dont le XXIe siècle a de toute évidence besoin, sera-t-elle une doctrine radicalement nouvelle ou fera-t-elle la synthèse de ce qu’il y avait de meilleur dans celles qui l’ont précédée ? C’est en tout cas à l’ébauche de cette théorie que ce que l’on appelé la « Nouvelle Droite » n’a cessé, depuis plus de quarante ans, de s’employer. » Alain de Benoist

     

    Partons d'une citation du texte d'Alain de Benoist « La quatrième dimension  »

     

    « A retenir du libéralisme : l’idée de liberté, associée à celle de responsabilité, le refus des déterminismes par trop rigides, la notion d’autonomie, la critique de l’étatisme, une certaine tendance girondine et décentralisatrice. 

     

    A rejeter : l’individualisme possessif, la conception anthropologique d’un producteur-consommateur recherchant son meilleur intérêt du fait de ce qu’Adam Smith appelait son « penchant à trafiquer », c’est-à-dire de sa propension à l’échange, l’idéologie du progrès, l’esprit bourgeois, le primat des valeurs utilitaires et marchandes, le paradigme du marché, le capitalisme enfin. 

     

    A retenir du socialisme : sa critique de la logique du capital, qu’il a été le premier à analyser dans toutes ses dimensions économiques et extra-économiques, le sens du commun et l’exigence de le renouveler, l’idée que la société se définit comme un tout (le holisme, fondateur de la sociologie), la volonté d’émancipation, la notion de solidarité, l’idée de justice sociale. 

     

    A rejeter : l’historicisme, l’étatisme, la tendance à l’égalitarisme et à l’hypermoralisme doloriste. 

     

    A retenir du fascisme : l’affirmation de la spécificité et de l’identité des peuples et des cultures nationales, le goût des valeurs héroïques, le lien entre l’éthique et l’esthétique. 
    A rejeter : la métaphysique de la subjectivité, le nationalisme, le darwinisme social, le racisme, l’ordre moral, l’anti-féminisme primaire, le culte du chef, et encore l’étatisme. »

     

    Ne reprenons que les aspects « positifs », à redéfinir, réinventer ou dépasser sen partant de la proposition d'Alain de Benoist pour approcher cette « Quatrième théorie politique » :

     

    « l’idée de liberté, associée à celle de responsabilité ; Le refus des déterminismes par trop rigides ; La notion d’autonomie ; La critique de l’étatisme ; Une certaine tendance girondine et décentralisatrice ; La critique de la logique du capital ; Le sens du commun et l’exigence de le renouveler ; L’idée que la société se définit comme un tout (le holisme, fondateur de la sociologie) ; La volonté d’émancipation ; La notion de solidarité ; L’idée de justice sociale ; L’affirmation de la spécificité et de l’identité des peuples et des cultures nationales ; Le goût des valeurs héroïques ; Le lien entre l’éthique et l’esthétique. »

     

    « l’idée de liberté, associée à celle de responsabilité » : Ce qui a tout à voir, avec la notion d'autonomie et d'indépendance, avec une nouvelle façon de concevoir le « travail », et donc au delà de la volonté d'émancipation, la réalité de la décroissance. Le travail ne doit plus être un labeur temporel mais une responsabilité naturelle. Vous avez la responsabilité d'accomplir telle ou telle tâche - de vous occupez de telle surface de terrain dans le cadre d'une BAD agricole par exemple - selon vos spécialités, capacités et compétences, mais vous gérez le moment où vous le faites et le temps que vous accordez à cette tâche, selon les impératifs liés à celle-ci. L'esprit de la vocation, de l'artisanat.

     

    « le refus des déterminismes » : 

     

    « Le déterminisme est la théorie selon laquelle la succession des événements et des phénomènes est due au principe de causalité, ce lien pouvant parfois être décrit par une loi physico-mathématique qui fonde alors le caractère prédictif de ces derniers. » (wikipédia) 

     

    « Nous devons envisager l'état présent de l'univers comme l'effet de son état antérieur, et comme la cause de celui qui va suivre. Une intelligence qui, pour un instant donné, connaîtrait toutes les forces dont la nature est animée et la situation respective des êtres qui la composent, si d'ailleurs elle était assez vaste pour soumettre ces données à l'analyse, embrasserait dans la même formule les mouvements des plus grands corps de l'univers et ceux du plus léger atome : rien ne serait incertain pour elle, et l'avenir, comme le passé, serait présent à ses yeux. L'esprit humain offre, dans la perfection qu'il a su donner à l'astronomie, une faible esquisse de cette intelligence. Ses découvertes en mécanique et en géométrie, jointes à celles de la pesanteur universelle, l'ont mis à portée de comprendre dans les mêmes expressions analytiques les états passés et futurs du système du monde. En appliquant la même méthode à quelques autres objets de ses connaissances, il est parvenu à ramener à des lois générales les phénomènes observés, et à prévoir ceux que les circonstances données doivent faire éclore. » Pierre-Simon de la Place, Essai philosophique sur les probabilités (1814)

     

    « le déterminisme relève au premier chef de la science. »

     

    En ce, refuser de s'appuyer uniquement sur des hypothèses ou des réalités qui seraient purement causales et mathématiques, et qui refusent donc elles mêmes tout ce qui dépasse la science, tout ce qui de l'ordre de la « mutation » dans l'évolution d'une chose, l'intercession divine. En somme refuser un darwinisme politique et sociale pour expliquer la société et trouver des solutions à ses problèmes. Comme politique-politicienne s'oppose à métapolitique.

     

    « la notion d’autonomie » : Pas de volonté d'émancipation sans notion d'autonomie. Pas de stratégie sans logistique - à un haut niveau de lecture géopolitique, la stratégie, c'est de la logistique, il est important de comprendre cette donnée du thème des rapports de force. Donc, pas d'autonomie, pas de logistique. Sans moins de dépendance au système de croissance exponentielle, pas d'autonomie. Il s'agit de penser une décroissance révolutionnaire, qui ne délaisse pas le débat prioritaire des énergies alternatives mais que nous laissons aux experts de ce thème précis. Il s'agit d'être solidaire mais également pragmatique, sans un rééquilibrage des rapports de force leurs voies ne seront jamais entendues.

     

    « la critique de l’étatisme » :

    « L'étatisme, dérivé du terme État peut prendre plusieurs sens selon les contextes, il peut désigner à la fois :

     

    • Un courant ou doctrine politique selon laquelle l’État doit intervenir systématiquement, de façon plus ou moins directe, par le biais de son monopole territorial, dans les principaux domaines sociaux et d'activité économique.

    • L'exercice des pouvoirs de l'État, et l'expansion de son champ d'intervention sur la société.

    • Les moyens par lesquels l'État exerce et détient un monopole plus ou moins important sur des secteurs économiques (entreprises contrôlées directement ou indirectement par l'état), sociaux et médico-sociaux, culturels et de communication (télévision publique). » (wikipédia)

     

    Une critique de l'étatisme ne revient pas une validation intégrale et une réhabilitation du Libéralisme sans frontières. Nous pensons qu’aujourd’hui la critique de l'étatisme doit s'axer sur sa soumission à la Banque, aux marchés et par extension au Libre échange. Mais aussi son républicanisme exacerbé. Son incapacité d'être un état-nation souverain par l'effet du « mauvais » fédéralisme de l'UE.

     

    « une certaine tendance girondine et décentralisatrice » : Il nous est difficile de résumer : « qu'est ce qu'une politique girondine ? ». En ce une politique modérée - du juste milieu grec pas de la tiédeur bobo - qui part de l'idée d'étendre le message de la révolution, mais en privilégiant l'entrisme politique à la guillotine.

     

    « la critique de la logique du capital » : Ça n'est pas ce qui manque, de Marx à Francis Cousin, D’Orwell à Michéa, de Clouscard à Mathias Cardet, etc... Mais Parménide avait déjà tout dit...

     

    « Le système capitaliste c'est cette société individualiste où se sont constitués des rapports sociaux tellement objectifs qu'ils ont pris une indépendance complète à l'égard des individus. C'est cette domination abstraite qui amène à la domination de classe et non le contraire. Dénoncer les banques et les oligarchies financières, prendre l'argent aux riches pour le donner aux pauvres, ne changeront en rien les structures du système de domination capitaliste et ne mettront donc pas fin à l'aliénation. Comprendre l'aliénation ce n'est pas en sortir car personne n'est en dehors de ce système et ne peut s'en faire le critique en prenant une position extérieur. Mais la comprendre c'est déjà faire un effort pour en prendre conscience, comprendre que cette domination à une histoire et chercher les voies permettant de la dépasser. Car il ne s'agit pas de revenir à "un bon vieux temps" d'avant l'aliénation, il s'agit de s'approprier ou de se réapproprier ce qui s'est constitué sous une forme aliénée. » extrait de « Qu'est-ce l'aliénation capitalistes ? », magazine « Rébellion  », n°54

     

    « le sens du commun » : En ce, le bien commun ne se décrète pas. Le premier chantier pour retrouver ce sens du bien commun est de le différencier de son inversion qu'est l’intérêt générale. La confusion de ces deux notions est récurrente chez nos concitoyens qui au final confondent social et sociétal.

     

    « le holisme » : « Holisme (du grec ancien holos signifiant « la totalité, l'entier ») est un néologisme forgé en 1926 par l'homme d'État sud-africain Jan Christiaan Smuts pour son ouvrage « Holism and Evolution ». Selon son auteur, le holisme est : « la tendance dans la nature à constituer des ensembles qui sont supérieurs à la somme de leurs parties, au travers de l'évolution créatrice ». Le holisme se définit donc globalement par la pensée qui tend à expliquer les parties à partir du tout. De ce fait, la pensée holiste se trouve en opposition à la pensée indivisualiste qui tend à expliquer le tout à partir des parties. » (Source : wikipédia)

    Le holisme est un prisme primordial pour repenser le bien commun.

     

    « En ces temps d’hystérie collective où la platitude « materialo-consumériste » est à son comble, replaçons un peu d’ordre, c’est à dire de sens, dans ce monde qui en manque cruellement tant il a la manie frénétique de tout vouloir inverser.

     

    Si nous parlons ici d’hystérie, le lecteur l’aura compris, c’est que la grande période des soldes, tant attendue, a commencé et avec elle son lot d’aberrations littéralement insensées : « la grand-messe de la consommation bat son plein ou plutôt ressasse son « vide », et elle ne s’en lasse visiblement pas. »

     

    Nous tenons à préciser au lecteur, s’il en était besoin, que si nous avons décidé de traiter ce sujet, entre autre, ce n’est point par souci de suivre ou de « coller » à cette non-actualité, rien ne nous importe moins que cela. Nous ne suivons personne sauf le Ciel et ne tenons à « coller » à rien d’autre qu’à la Scientia Sacra et à ses Fidèles Serviteurs.

    Encore et toujours, les mots ont un sens, l’oubli de leur sens premier, spirituel donc sacré, nous installe inévitablement et sûrement au sein de la « Grande Amnésie » chaotique afin que la Grande Prostituée accomplisse les Temps.

     

    Dans ce monde en perdition, les « misosophes », les « misomystes » en tous genres, les faux-maîtres, les imposteurs, les falsificateurs, les adorateurs de Mammon se répandent niaisement avec joie et concupiscence tant la confusion est unanimement partagée et le ridicule ne tue plus.

     

    L’excitation est à son comble, on cherche fébrilement l’extase dans la « bonne affaire », le désordre institutionnalisé se mue en transe libératoire où l’étourdissement le dispute à la sauvagerie ; la conscience de l’individu peut alors éclater en libérant stérilement ses spasmes jubilatoires, qui sont comme autant de cris de ralliement, au son de « C’est trop génial ! Mais alors trop mortel ! ». Nouvelle hiérogamie du néo-dieu Corpus et de la néo-déesse Apparentia. Nouveaux dieux tutélaires de la cité des gratte-ciels. » Thierry de Crozals, extrait de l'article «  Mortel manie moderne  »

     

    « la volonté d’émancipation » : Volonté d'émancipation que nous opposons régulièrement au processus de domination. Soit, les deux faces d'un projet universel, d'une organisation de la société, qui relève soit de l'émancipation des peuples, soit de la domination de sa propre tribu contre les peuples. De son message originel d'émancipation - ou de gestion - à son inversion en processus de domination - ou de destruction. Nous devenons, antitraditionaliste - contre notre propre histoire , contre ce qui relie les hommes et donc contre l'idée de "politique" - et par extension athée - ce qui n'a pour nous aucun sens dans la définition comprise et acceptée généralement dans la société, car à notre sens, « La politique c'est de la religion, et la religion de la politique » pour le dire simplement. Ainsi Monsieur Vincent Peillon, ministre de l'éducation du gouvernement Hollande, nous explique que le laïcité, précisément le Laïcisme, est bien une religion, une religion d'état - parce que nous ne discernons pas cette volonté d'émancipation au processus de domination.

     

    « la notion de solidarité » : Notion de solidarité à mettre en résonance avec le bien commun (la société du don), la critique de la logique du capital et l'idée de justice sociale.

     

    « l’idée de justice sociale » : Et non de justice sociétale, le règne des minorités c'est le morcellement du tout.

     

    « l’affirmation de la spécificité et de l’identité » : « La variété, c'est de l'organisation ; l'uniformité, c'est du mécanisme. La variété, c'est la vie ; l'uniformité, c'est la mort. » Benjamin Constant

     

    En ce, travailler à un monde multipolaire et polychrome contre la grise « babelisation » mondialiste qui nous est promise - sans-frontièrisme et immigrationnisme pour les besoins du marché - par l'hyper-classe de la gauche libérale-libertaire cosmopolite et celle de la droite d'argent néo-réactionnaire qui luttent avec acharnement contre le producteurs enracinés, les premiers, directement et de manière frontale, les seconds par leur soumission aux thèses et théories atlantistes de la mondialisation. Travailler à garantir la continuité de la bio-diversité, protéger les cultures, rétablir quelques vérités historiques accessibles, etc... C'est le pré-requis à « l’Internationale » d'un Mélenchon, qui lui, ne voudrait ne pas y travailler mais le décréter. Cette incantation dans l'état actuel du monde et selon les réalités géopolitiques liées à l'hégémonie vacillante du pétro-dollar, de la Banque et des marchés - le processus messianique « vétérotestamentaire » de domination, de soumission et de mise en esclavage totale des peuples enracinés - est nulle et non-avenue. L'internationale prolétarienne deviendrait une usine de formatage idéologique du Capitalisme faisant de chaque homme un ouvrier apatride, sans racine, sans famille, sans identité.

     

    « Parfois il y a des sujets que les fondateurs du traditionalisme n'abordaient pas ou en le faisant d'une manière insuffisante ou même erronée.

     

    Par exemple, l’identification de la bourgeoisie avec la troisième fonction de la société traditionnelle (la caste des vaychyas) chez Evola et Guenon, tout comme l'équation des prolétaires avec la quatrième caste (choudra) ne sont pas correctes. La bourgeoisie ne correspond à aucune caste traditionnelle, c'est un phénomène entièrement moderne et antitraditionnel.

     

    Le prolétariat de son côté n'existe pas, il a été construit par Marx et est constitué, en vérité, des représentants de la Troisième caste, des producteurs (laboratores) venus à la ville où ils commençaient à perdre leur culture populaire en devenant des petit-bourgeois (Adam Smith a eu raison en cela, et Marx a eu tord).

     

    Le prolétariat n'existant pas, nous avons un tableau de l'histoire de la société moderne bien diffèrent. Il y a les trois castes (fonction selon Dumézil) traditionnelles - Oratores (prêtres), Bellatores (guerriers) , Laboratores (les paysans). Tous les trois sont les porteurs de la Tradition (à un niveau diffèrent). Contre tous les trois se dresse la bourgeoisie antitraditionnelle, moderniste, antipopulaire. C'est le Capital. La Tradition est essentiellement anticapitaliste. Mais elle doit être aussi en faveur du peuple et pas contre lui. » Alexandre Douguine, extrait de l'entretien accordé au magazine « Rébellion », n°53

    Mais le prolétaire n'existe pas – nous reviendrons sur la notion de prolétariat dans notre prochaine tribune libre - parce que le peuple, les peuples, s'identifient et se définissent sur au moins quatre grands « espaces d'enracinement identitaire » différents : 1, le Local - 2, le Régional (Provincial) - 3, le National (Le Royaume)- 4, l'International (Impérium).

     

    L'enracinement au Local est la condition de l'existence de l'échelle régionale.

     

    L'existence du Régional est la condition de la cohérence de l'échelle Nationale. 

     

     Et l'existence de l'espace identitaire national, c'est-à-dire, une cohérence entre les espaces identitaires locales et les espaces identitaires régionales à l'intérieur de la nation, est la condition à une cohérence de l'espace d'une coopération international avec d'autres nations sur des principes communs. Cette cohérence dépend essentiellement du principe de subsidiarité - que nous pouvons expliquer comme étant l'inverse de la centralisation typique de la République.

     

    Cette cohérence, d'abord à l'intérieure de la nation, permet une « confiance » en l'espace identitaire national, qui permet à son tour d'anticiper les articulations possibles avec l'extérieur, avec les autres nations et les autres peuples, ou portions de ces peuples qui recherchent également ces équilibres identitaires intérieurs et extérieurs. Articulations possibles dans les intérêts bien compris de tous.

     

    Ces données sont des conditions qui permettrait un équilibre de l'espace de l'International et l'existence du monde multipolaire souhaité, une certaine réalité d'une certaine solidarité ouvrière, condition à la naissance d'un prolétariat bien comprit lui aussi et qui dépasse le cadre de la « Lutte des classes » marxiste, pourrait alors se manifester.

     

    Ces différentes identités - espaces de l'Homme - sont soumises à une tentative d'uniformisation en un seul espace, égalitariste, pour toute l'humanité, fonction mortifère de l'esprit du mondialisme qui est en germe dans tous les processus de domination marchande depuis la nuit des temps - on détruit la communauté de l'être par la communauté de l'avoir pour être - et qui s'exprime aujourd'hui dans le cadre d'un système de croissance exponentielle, du Turbocapitalisme, de Libéralisme triomphant, qui est toujours la même chose : la marchandise, son fétichisme...

     

    La cohérence entre ces différents espaces identitaires n'a donc jamais pu s'accomplir intégralement et s'harmoniser. Les passages d'une échelle à l'autre étant forcés et par défaut. 

     

    Il nous faut reprendre notre travail « identitaire » loin :

     

    -d'une opposition entre les races.

     

    -d'une réaction contre une autre civilisation.

     

    -d'une réaction contre une autre religion.

     

    -d'une rébellion abstraite contre "Dieu", ou la Tradition.

     

    -d'une révolution uniquement matérialiste contre des concepts non incarnés qui agiraient seuls.

     

    Car ne produire que de l'opposition - que du « Contre » et de l' « anti » -, que de la réaction, qu'elle soit de gauche ou de droite, ne peut nourrir une perspective de réalisation concrète vers une nouvelle théorie politique apte à donner le change au Libéralisme, cette position de n'exister que contre quelquechose ne peut être aboutir qu'au phénomène des « prophéties auto-réalisatrices » et au bout, à une auto-destruction, ou en tout cas à un fonctionement parfait des processus d'aliénation.

     

    C'est dans notre auto-détermination, celle-ci mise dans un pot commun, notre capacité à s'organiser « Nous » pour « Nous », d'abord localement, dans une démarche évidente d'autonomie, par la logique de la proximité, de l'économie par cercles concentriques, des bases à ce prolétariat dans lesquelles nous puiserons la force de le faire exister pour la première fois peut-être, et d'abord à l'échelle nationale, comme une étape incontournable dans les rapports de force supranationaux. Mais, cette construction d'un rapport de force par le bas ne peut en aucun cas être a lui seul un contre pouvoir, il prépare le terrain, et doit le préparer, à une réponse, un contre-pouvoir qui s'exprimera par le haut pour une « contre-révolution » à la « révolution » capitaliste qui à cours pour préparer sa prochaine mutation par le chaos.

     

    La véritable opposition se réalise par un « repositionnement » de son identité, une reconstruction individuelle, mais qui pourrait donner son modèle en exemple et agir sur la masse sans s'en rendre compte, et sans avoir besoin de la convaincre par le discours.

     

    Nous ne pouvons nous proclamer d'une résistance sans posséder pour commencer une identité propre, un rapport d'enracinement avec l'espace direct qui nous entoure, un imaginaire, et ce chantier est déjà localement un défi colossale pour la plupart d'entre nous tant nos espaces sont désormais virtualisés.

     

    La question du prolétariat est en réalité la question de l'identité au sens élargit du terme.

     

    « Tu es des nôtres, car tu es des tiens. » Jean Parvulesco

     

    « le goût des valeurs héroïques » : Écrire de nouvelles légendes, refondre des mythes, les redécouvrir, l'homme ne fait que redécouvrir, comme le CNR redécouvrait l'enracinement profond, de celui qui soulève des armées de résistance populaire, comme la Commune redécouvrait la révolte des esclaves, comme le recul historique nous offre de voir toutes les infiltrations, les manipulations, les corruptions, les subversions autours de ces braves, panique d'un processus de domination qui n'a de peur que la volonté radicale d'émancipation. La seule justification de l'existence de ce processus de domination ne réside que dans le fait de détourner cette volonté d'émancipation.

     

    « Commémorer Les révoltes des Canuts ou de la Commune, ne remplace pas un programme social clair pour les travailleurs européens aujourd'hui. La connaissance de la réalité sociale de notre époque est primordiale. Elle n'est plus celle que nos parents ont vécue.

     

    Notre analyse du Capitalisme doit, pour ne pas être périmée, être basée sur l'observation de la société. Dans le domaine social, les beaux discours ne servent à rien, il faut agir concrètement. Le militant Socialiste révolutionnaire européen doit être dans le peuple comme un poisson dans l'eau.

     

    Ne jamais oublier que la ligne de front de notre combat passe aussi par les cages d’escalier des HLM. Un lien charnel nous unit à la cause du peuple ; nous partageons ses revendications et ses exigences car nous sommes issus de ce peuple de prolétaires.

     

    Nous avons comme devoir d'être les défenseurs de notre peuple en étant présents sur le terrain, ne laissant pas les sociaux traitres et autres gauchistes manipuler et utiliser la détresse de nos compatriotes. » extrait de l'article « La rébellion des peuples européens » parut dans le magazine « Rébellion » n°56, pages 7 et 8

     

    « le lien entre l’éthique et l’esthétique » : Faites du beau ! Du Vrai ! Du juste ! Mais en accord avec vos valeurs - on ne sacrifie pas tout et le Nous pour l'art. L'art ce n'est pas piller et déconstruire : c'est créer ! L'esthétisme dans une démarche métapolitique est primordiale, comme dans la Tradition, où il nous faut désormais puiser, dans sa forme et ces symboles.

     

    « Moscou devra donner le signal de départ

     

    Quant à nous autres, on peut déjà s'aventurer à affirmer que la bataille politique décisive pour la mise en activité du projet de l'axe Paris-Berlin-Moscou est déjà commencée, et que c'est bien à Moscou même que, pour le moment, nous avons choisit d'installer le centre opérationnel de sa mise en situation de départ immédiat.

     

    Si c'est à Moscou qu'il appartient à prendre l'initiative, c'est à Moscou que nous allons devoir commencer par mettre la pression, essayer de susciter la grande lame de fond porteuse de l'enthousiasme révolutionnaire à l'égard de la représentation supra-mentale collective du projet Paris-Berlin-Moscou. C'est Moscou qui, comme on l'a dit, devra donner le signal du départ, un mystérieux rituel l'exige.

     

    Aussi devons-nous concentrer toutes nos disponibilités d'agitation, d'influence et d'intervention pour porter à l'incandescence l'intérêt abyssal de nos structures idéologico-révolutionnaires de présence et d'encadrement agissant sur place, à Moscou, de manière à ce que l'heure venue, celles-ci puissent déterminer, depuis les profondeurs, l'entrée en action des médias et des grands groupements d'influence politique, culturelle, voir même religieuse, ainsi que, finalement, des instances gouvernementales actives, pour promouvoir, pour exiger une initiative politique décisive de Moscou en faveur du projet Paris-Berlin-Moscou. Initiative de Moscou à laquelle nous nous engageons d'obtenir les réponses attendues de Paris et de Berlin. Il faudra donc qu'en même temps nous entreprenions d'urgence un double mouvement analogue de réveil, d'exacerbation, à Paris et à Berlin, en mettant à l'épreuve d'une manière extrêmement intensive les « groupes géopolitiques » dont nous disposons, sur place, à l'heure actuelle, afin que la figure mobilisatrice du projet de l'axe Paris-Berlin-Moscou y soit présente, et agisse suivant nos plans.

     

    Ce qui implique – on se trouvera obligés de le faire – que les « groupes géopolitiques » sortent de' leur clandestinité pour agir à découvert, situation nouvelle qui ne sera pas sans comporter sûrement d'assez graves dangers. Mais il n'est moins certain que, de par cela même, la mainmise politique de la soi-disant social-démocratie sur l'ensemble du pouvoir politique en place s'en trouvera violemment contestée, et que, de toutes façons, nous allons devoir aller à l'épreuve de force. » Jean Parvulesco - « La confirmation boréale » - Chapitre « La stratégie contre-mondialiste de l'axe Paris-Berlin-Moscou » - pages 306 à 307

     

    La réponse sera Métapolitique !

     

    « La vie luttait de toutes ses forces pour bannir le conformisme, mettre l'hérésie à l'hôpital et prendre l'humanité au piège de la bêtise. » Yukio Mishima, « Le Soleil et l'acier » 

     

    Nasrallah Pendragon http://www.agoravox.fr

  • 1920 : Chesterton et l’ordre mondial américain

    Le scandale fatigant de la NSA et du fuyard Snowden nous éclairent un peu plus sur l’omniprésence de Big Brother et la verve indécente de l’oeil dans la tombe qui regarde Caïn. Dans le monde néolibéral on nous confirme tous les jours que nous travaillons moins bien et coûtons plus cher que les robots qui nous remplaceront, mais que nous sommes pourtant bons à être gardés comme des vaches avec notre code-barres tatoué au front. A quand l’abattoir pour en finir avec tous les fauteurs de la dette immonde ?

    Il est évident aujourd’hui que toutes les vraies menaces contre nos libertés et les productions intellectuelles néo-totalitaires viennent d’Amérique et du monde anglo-saxon. Elles ont été sciemment pensées et préparées depuis des siècles. Il n’est pas jusqu’à l’islam saoudien et qatari de nos banlieues qui ne soit l’héritier du preux Lawrence ou une promotion du grand business planétaire. Et nous nous battrons jusqu’au dernier soldat français pour exterminer avec Hollande ou Sarkozy les régimes laïcs de tout le monde arabe et installer en même temps les Frères musulmans à la maison.

    ***

    En 1920 Chesterton visite l’Amérique et voit déjà y poindre tous nos désastres : le crépuscule des libertés, le contrôle de notre santé, la dictature humanitaire et féministe, la tartuferie paritairement correcte, le contrôle technoscientifique. On ne craint pas encore l’antisémite ou l’intégriste, on craint alors le communiste (pourtant installé à Moscou par l’argent des banques US) ou le buveur d’alcool. Et on le contrôle, parce que dans le paradis des libertés dont se moquent alors d’autres génies comme Kafka ("Amerika") ou Céline (le "Voyage"), on ne lésine jamais sur les moyens. On est des problèmes solveurs, dirait Audiard.

    Avant nos fouilles humiliantes et immondes dans les aéroports, Chesterton décrit le passage aux douanes de la nouvelle inquisition ; je laisse tel quel son anglais si limpide. Ce francophile écrivait vraiment pour ce qui restait d’esprit français à son époque :

    « It would be easy enough to suggest that in this America has introduced a quite abnormal spirit of inquisition; an interference with liberty unknown among all the ancient despotisms and aristocracies. »

    Chesterton préfère d’ailleurs la douane - et la police - jordanienne à la douane américaine. L’islam d’avant les fous alliés de l’oncle Sam et de John Bull était plus cool.

    Vient la grande phrase digne du génie de la formule de l’auteur du "Nommé Jeudi" : les libertés que nous perdons sont les libertés personnelles. L’homme n’est plus libre de son corps ou de sa santé avec l’arrivée de la prohibition ; il n’est plus maître de sa vie quotidienne.

    « But to-day personal liberties are the first liberties we lose. It is not a question of drawing the line in the right place, but of beginning at the wrong end. What are the rights of man, if they do not include the normal right to regulate his own health, in relation to the normal risks of diet and daily life? »

    Chesterton annonce bien le capitalisme postmoderne qui contrôle nos libertés par des entreprises privées (notre ami libertarien Bill Bonner choqué par sa vielle mère molestée lors d’un contrôle de sécurité a très bien dénoncé le rôle méphitique de la boîte Booz Allen Hamilton) :

    « To say that a man has a right to a vote, but not a right to a voice about the choice of his dinner, is like saying that he has a right to his hat but not a right to his head. »

    Les libéraux tartufes comme Hayek ou Friedman ne voulaient pas nous dire que rien n’empêche une entreprise de se mettre au service du servage : il suffit de la payer pour cela. On privatise le fascisme comme la taule ou l’électricité, c’est aussi simple que cela.

    Ce totalitarisme de tous les instants annonce bien sûr l’Etat mondial cher à H.G. Welles et au socialisme fabien. Il s’appuie aussi sur la technique (pensez au "Panopticon" du pathologique anglais Bentham, vieux de deux siècles déjà) : contemporain du film le Golem de Wegener, Chesterton voit venir notre destruction aux bons soins des machines :

    « He tells us that our national dignities and differences must be melted into the huge mould of a World State, or else (and I think these are almost his own words) we shall be destroyed by the instruments and machinery we have ourselves made. »

    L’Etat mondial et son ordre nouveau, Chesterton les voit bien sûr émerger en Amérique avec sa fabrication du citoyen mathématique universel (voir le fameux "Babbitt") :

    « Now it is not too much to say that Mr. Wells finds his model in America. The World State is to be the United States of the World... The pattern of the World State is to be found in the New World. »

    Le mot pattern est toujours difficile à traduire : on lit le dessein, le dessin, le modèle ; il vient pourtant de notre bon vieux mot patron. Le patron - restons français - de l’ordre mondial se produit via l’américanisation de la planète et par la télévision, les médias et l’homogénéisation de toute la consommation. Les vieilles nations seront détruites et une seule nation toute neuve naîtra partout, sans détermination dirait Peillon.

    « The idea of making a new nation literally out of any old nation that comes along. In a word, what is unique is not America but what is called Americanization. »

    Le nouvel ordre homogène n’a pas trop besoin de violences militaires (encore que l’impérialisme messianique et humanitaire dénoncé une génération avant Chesterton par le britannique Hobson soit toujours en guerre) parce qu’il est d’inspiration féminine et féministe. Avant que Madonna ou Jolie ne se mêlent d’humanitaire, Chesterton pressent que le totalitarisme des temps nouveaux sera basé sur de bons sentiments, le politiquement correct de nos chers vieux médias. Philippe Muray reprendra la formule : l’ordre nouveau globalisé est une banale nursery où l’on nous casse les pieds et tape sur les doigts.

    « And as there can be no laws or liberties in a nursery, the extension of feminism means that there shall be no more laws or liberties in a state than there are in a nursery. The woman does not really regard men as citizens but as children. She may, if she is a humanitarian, love all mankind; but she does not respect it. Still less does she respect its votes. »

    Il a bien raison ; la démocratie féministe ne respecte jamais nos votes.

    On parle beaucoup de l’ignoble théorie du genre à cause de laquelle des parents martyrs vont en prison en Allemagne et ailleurs. C’est la sauce scientifique, de cette science aux ordres d’essence baconienne qui ne cesse de nous trahir et de nous détruire, qui est ici le plus insupportable. Chesterton encore :

    « Now a man must be very blind nowadays not to see that there is a danger of a sort of amateur science or pseudo-science being made the excuse for every trick of tyranny and interference. »

    Nous vivons sous le règne de pseudosciences (d’autres exemples ?), et le mot interférence est bien choisi : le système actuel cherche à interférer tout le temps dans nos vies ; tout devient la corvée. Lui échapper devient le sport de tous les héros mais cela limite malheureusement notre liberté à sa seule dimension négative. C’est d’ailleurs ce que disait Heidegger au journal Spiegel en 1966. Le grand esprit allemand ajoutait que la cybernétique avait déjà remplacé la philosophie en occident.

    Une conclusion optimiste pour oublier un temps le parc d’attractions sous surveillance ? « L’idée chrétienne est l’avenir du monde » (Chateaubriand).

    Et je ne blague même pas.

    Nicolas Bonnal http://www.france-courtoise.info/

  • L’impossible retour de la croissance

    Par Charles Sannat, diplômé de l’École Supérieure du Commerce Extérieur et du Centre d’Études Diplomatiques et Stratégiques. Directeur des Études Économiques d’AuCOFFRE.com, il rédige quotidiennement des articles sur l’actualité économique dans Le Contrarien Matin, journal gratuit accessible chaque jour sur le site d’AuCOFFRE.com.

    J’explique depuis plusieurs années qu’attendre la croissance, enfin son retour, même si notre Normal 1er pense avoir aperçu la reprise, est une illusion. La croissance c’est fini, il n’y en aura plus, ou en tout cas pas comme nous la pensons jusqu’à présent et pour plusieurs raisons.

    La répartition des profits est indispensable

    La croissance est liée à la notion de répartition des profits et de la création de richesse. La croissance est un « être » économique complexe. Très complexe même. Pour qu’il y ait création de richesses futures, il est nécessaire d’avoir une répartition optimale des richesses présentes (nous éviterons le mot « juste » qui n’a aucun sens).

    En clair, c’est parce qu’il y a des consommateurs solvables que les entreprises peuvent vendre ce qu’elles produisent. Point de croissance sans consommateur solvable, or le consommateur solvable devient une espèce en voie de disparition ces derniers temps.

    Les consommateurs solvables disparaissent sous la double pression de la mondialisation et de ses cohortes de délocalisations (je rappelle que délocaliser pour payer le même salaire n’a aucun sens, donc une entreprise qui délocalise le fait pour pouvoir verser des salaires de misère participant ainsi à la réduction du pouvoir d’achat global des consommateurs au niveau mondial), mais également des progrès techniques qui nécessitent de moins en moins de bras pour créer les nouvelles richesses. Moins de bras, égal moins de bras payés, égal réduction de la masse de consommateurs solvables donc, in fine, baisse de la croissance.

    Mais ce n’est pas tout.

    L’ère de la rareté

    Comme je le dis et je le répète, le monde, avec plus de 7 milliards d’habitants (de moins en moins solvables), est entré dans une période de raréfaction des ressources. Moins de matières premières, difficultés à augmenter les rendements agricoles, etc. Bref, sans parler de rationnement, il faudra devenir beaucoup plus économe et frugal… Ce qui est de facto le cas grâce à la crise économique mondiale qui réduit la consommation de chacun.

    Le plus grave dans tout cela c’est bien entendu les prix de l’énergie. Nous sommes « oléo-dépendant ». Tout dans notre économie de consommation de masse nécessite des masses d’énergies dont aucune n’est fondamentalement satisfaisante. Le nucléaire est très dangereux puisque sur environ 300 réacteurs nucléaires en service, nous avons connu trois accidents majeurs aux conséquences dramatiques et internationales, soit un taux d’échec d’environ 1 %. Appliquée à n’importe quelle industrie, un tel taux d’erreur serait insupportable. Imaginez 1 % des mangeurs de camembert tués par leur fromage préféré…

    Les énergies renouvelables sont une bien belle idée, néanmoins cela fonctionne mal. Le panneau solaire ce n’est que la journée, l’éolienne que lorsqu’il y a du vent, bref, ces énergies sont coûteuses et ne sont pas forcément disponibles lorsque l’on en a besoin, sans oublier que leur bilan écologique n’est pas forcément brillant.

    Il nous reste donc les énergies fossiles avec le pétrole et le gaz. Évidemment, pour tout ce qui est transport routier, fluvial, maritime, le pétrole est indispensable, de même que pour les usages agricoles. Bref, toute augmentation importante du prix du pétrole viendra fracasser toute velléité de reprise de la croissance.

    Actuellement, alors que l’activité économique est faible, qu’elle ralentit dans les pays émergents, qu’elle patine aux États-Unis et qu’elle s’effondre en Europe, les prix du baril du pétrole se maintiennent à des niveaux jamais vus lorsqu’il y a aussi peu de croissance.
    Le miracle des gaz de schiste est un mirage !

    Alors nombreux sont ceux à s’esbaudir sur la production de sables bitumineux au Canada. Pour visualiser ce que cela signifie, je vous propose d’aller jeter un œil sur le dernier numéro de Capital, dans la rubrique « L’économie en image ». Vous aurez les photos de ce progrès pour l’humanité que représente l’exploitation de sables bitumineux. Cautionner une telle exploitation est absurde. Nous sommes en train de nous tuer et de tuer les générations futures pour continuer à acheter des trucs complètement inutiles qui n’ont jamais apporté le bonheur à qui que ce soit.

    Reste les gaz de schiste. Évidemment, ils sont un enfer environnemental et détruisent nos réserves d’eau potables. C’est complètement là aussi absurde.

    Mais il y a plus grave. Il faut creuser des milliers de dizaines de milliers de puits qui s’épuisent à une vitesse folle, la durée de vie d’un puits de gaz de schiste n’excédant pas cinq ans et ne dépassant généralement pas trois ans. D’ici 5 ans, les gaz de schiste seront un miracle qui se sera évanoui ou presque.

    Enfin, il faut noter que malgré le miracle tant vanté des gaz de schiste et autres pétroles non conventionnels, les prix du baril de pétrole se maintiennent largement au-dessus des 100 dollars. Or un baril durablement au-dessus de 100 dollars casse toute reprise économique que notre Hollandouille est vraiment le seul à voir !

    Mais ce n’est pas tout !

    Le poids des dettes

    Comme l’être humain est ainsi fait qu’il n’anticipe jamais rien – d’ailleurs dès que l’on anticipe, on devient vite un pessimiste ou encore un « complotiste » –, nous nous sommes donc tous (aussi bien dans le monde anglo-saxon qu’en Europe) endettés massivement pour ne pas lever en impôts immédiatement le véritable coût de nos dépenses, en imaginant que la croissance future nous permettrait d’absorber et de camoufler tout ça tranquillement.

    Évidemment, ce qui était prévisible s’avéra réel. Dans un monde où la croissance est très faible voire inexistante, il devient très difficile de payer ses dettes.

    Le principe mathématique de l’affaire est assez simple à comprendre. Imaginez une dette sur PIB de 100 % (le cas de la France en 2014). Si les intérêts de la dette sont de 3 %, alors il nous faut 3 % de croissance du PIB pour financer seulement le poids de la dette. Pour avoir de la véritable croissance, il nous faudra donc plus de 3 % puisque jusqu’à 3 % de croissance, tout sera absorbé par le poids de la dette (en gros).

    Autant vous dire que même si Hollandouille voit la reprise venir, cela ne changera rien à l’état épouvantable de notre pays et des indicateurs qui prouvent tous, tous, que tout retour de la croissance ici comme ailleurs est devenu impossible, en tout cas dans sa forme que l’on connaissait jusque-là.

    Il y a un avenir !

    Tout cela étant dit, je fais partie de ceux qui pensent qu’il y a un véritable avenir. Que nous pouvons imaginer une autre façon de vivre, plus vraie, moins consommatrice, le bonheur de l’homme n’ayant jamais été dans la consommation. Nous n’avons jamais eu de technologies aussi puissantes et utilisables par le plus grand nombre. Nous pouvons vivre localement, produire localement et pourtant tous posséder une ouverture sur le monde global avec la fenêtre que représente Internet.

    Nous allons tout simplement devoir réinventer notre façon de vivre, ce qui est important et ce qui ne l’est pas, définir ce qui doit croître et ce qui doit décroître. [...]

    Un mouvement fort est en route et il représente un message d’espoir pour chacune et chacun d’entre nous. Nous pouvons changer les choses. Il n’y a aucune fatalité. Beaucoup se pensent impuissants, pourtant il appartient à chacun de nous de faire les choix nous permettant d’être le changement pour un monde plus humain.

    Le Contrarien   http://fortune.fdesouche.com/

  • Snowden à Moscou

    Au milieu de son bref été, Moscou est frais et calme. Les trottoirs sont envahis par les tables des bistrots, les clients sont là, joyeux, et les encombrements diminuent quelque peu du fait des vacances. Le seul danger pour les hommes, ce sont les minijupes étourdissantes.

    Dans quelques jours au plus tard, les charmes et les tentations de la ville seront à la portée d'Edward Snowden, qui va recevoir sa carte de réfugié lui permettant de marauder librement à travers toutes les Russies et de se familiariser avec les habitants.

    Ce sera là un dépaysement bienvenu après l'aéroport international de Seremetyevo, où il a été longtemps relégué. C'est un vaste aéroport, et il y a là des malheureux, principalement des réfugiés sans papiers, qui y passent dix ans ou plus, en transit. On a cru un moment que notre héros serait retenu à jamais dans ces limbes. Les Russes et l'intrépide Snowden se regardaient en chiens de faïence, en maintenant les distances, jusqu'au moment où ils ont brisé la glace. Snowden est parvenu à rencontrer quelques représentants du public russe: des membres du Parlement (la douma, en russe), des militants pour les droits humains, des avocats prestigieux.

    Il leur a rappelé qu'il "était habilité à fouiller dans tous vos échanges, à lire vos messages et à entreprendre des poursuites, jusqu'à changer le destin des gens, sans avoir à se justifier." Il a invoqué la Constitution US qui est constamment bafouée par les hommes de l'ombre, dans la mesure où celle-ci "interdit tous les systèmes de surveillance massifs et invasifs". Il a rejeté très justement la ruse légale des tribunaux secrets d'Obama, car aucun secret ne saurait blanchir ce qui est impur. Il a rappelé le principe de Nuremberg: "les citoyens ont le devoir de violer les lois de leur pays pour empêcher des crimes contre la paix et contre l'humanité". Et ce système de surveillance totale est certainement un crime contre l'humanité, la pierre d'angle du régime implacable qu'ils projettent d'implanter sur toute la planète. Lorsque cette déclaration a été interrompue par les haut-parleurs annonçant mécaniquement un vol imminent, il a eu un sourire exquis pour dire: "j'ai entendu cela si souvent pendant toute cette semaine".

    Les Russes l'ont adoré; ils se sont mis à le voir d'un autre œil, comme je le prévoyais quand j'ai lancé un appel pour cette rencontre dans les pages du principal quotidien russe, le KP (Komsomolskaya Pravda). Et maintenant nous apprenons que les Russes ont décidé de lui donner le statut de réfugié et de lui garantir toute liberté de mouvement.
    Pourquoi ont-ils hésité si longtemps ?

    Snowden est un Américain, et les Américains, comme les Anglais, ont de forts préjugés contre la Russie, leur ennemi commun pendant la Guerre froide. Pour eux, c'est le pays du Goulag et du KGB. Les deux menaces se sont évanouies il y a plusieurs dizaines d'années, mais les traditions résistent, parfois sans fin. D'ailleurs le Goulag et le KGB n'étaient guère que des versions modernisées du knout des Tsars et de l'affreux régime des serfs au XIX° siècle, qui peut fort bien être remis à jour par la nouvelle mafia d'État brutale, telle que l'a mise à jour Luke Harding. Pour un Américain moyen, il est pratiquement impossible d'envisager un rapprochement avec la Russie. Surtout pour un Américain qui servait dans les rangs de la CIA et de la NSA, comme c'était le cas de Snowden. Et lui estimait que s'il choisissait d'embrasser la Russie, il perdrait son statut de lanceur d'alerte et serait considéré comme un agent ennemi, ce qui n'était pas du tout la même catégorie.

    La même chose était arrivée à Julian Assange, en fait. Quand il fut proposé au créateur de Wikileaks de trouver refuge en Russie (ce qui techniquement était possible), il remit la proposition à plus tard, traîna des pieds et resta en Angleterre, se montrant de fait incapable de franchir le grand fossé qui sépare l'Ouest de l'Est, l'Orient de l'Occident.

    Snowden ne cherchait pas à se retrouver sous les projecteurs, bien au contraire. Il souhaitait mettre un terme aux crimes commis par la NSA au nom du peuple américain, ni plus ni moins. Il espérait devenir une nouvelle Gorge Profonde, dont l'identité ne serait jamais révélée. Ses premières révélations importantes, il les avait faites par correspondance; il avait pris un avion pour Hong Kong parce que c'est une ville qu'il connaît bien, il parle couramment chinois, et projetait de rentrer ensuite chez lui à Hawaï. Il apparaît que c'est le Guardian (anglais) qui l'a poussé à révéler son identité. Même à ce stade il se croyait encore en sécurité, parce que Hong Kong relève de l'autorité souveraine de la Chine, et la Chine est un État puissant, qu'on ne bouscule pas facilement.

    Les Chinois ont mis à profit les révélations de Snowden pour contrecarrer les accusations américaines d'espionnage électronique, mais ils n'allaient pas mettre à mal leurs relations avec les US pour ses beaux yeux, et ils se sont débarrassés de la patate chaude. Geste final délicat, ils ont eu la courtoisie de lui donner 24 heures pour déguerpir. Il était bien obligé de décamper, et il a sauté dans un vol d'Aéroflot pour Moscou en compagnie de Sarah Harrison, une exquise lady anglaise qui fait partie du comité directeur de Wikileaks.

    Snowden a donc atterri à Moscou, mais n'avait jamais envisagé de demander asile à la Russie. Pour lui, c'était juste une étape vers un pays neutre, l'Islande ou le Venezuela, bref, quelque part en Occident. Il prévoyait de s'envoler vers La Havane et d'y changer d'avion pour Caracas. Il n'avait pas réalisé que l'État profond aux US a le bras fort long, et qu'il était bien décidé à s'emparer de sa personne et à lui appliquer un châtiment exemplaire.

    Au début, les Américains ont exercé des pressions énormes sur Cuba pour que l'escale lui soit refusée. Ils ont menacé Cuba d'un débarquement assorti de blocus complet, et Castro a demandé à Snowden de se chercher un autre itinéraire. Il n'y a qu'Aeroflot qui aurait pu sortir Snowden de Russie, et sa ligne passe forcément par La Havane. D'où l'échec du premier projet.

    Le sommet gazier qui se tenait à Moscou lui offrait une autre issue de secours: il y avait là les présidents de la Bolivie et du Venezuela, qui étaient venus pour la conférence dans leurs avions privés capables de faire ce long vol. Le président bolivien Evo Morales était parti le premier; son avion a été forcé d'atterrir, et fouillé, ce qui constitue un précédent historique inédit jusqu'alors. Ceci a servi d'avertissement pour le président Nicolas Maduro, qui quittait bientôt Moscou sans embarquer Snowden.

    Ce fut une découverte pour Ed Snowden: il a appris à ses dépens qu'il n'y a qu'un pays au monde qui soit hors d'atteinte de l'oncle Sam. Il n'y a qu'un pays qui soit une véritable alternative à l'Empire, le seul pays que ni les bataillons de la Navy ni les drones d'Obama ne bombarderont, le seul pays dont les avions ne peuvent pas être arraisonnés et fouillés. Il était donc prêt à chercher l'entente avec les Russes; il a renouvelé sa demande d'asile provisoire, qui va probablement lui être accordée.

    Les Russes aussi ont hésité. Ils n'avaient pas envie d'irriter les US, ils étaient conscients que Snowden n'avait pas cherché à se rapprocher d'eux, et s'était juste retrouvé piégé lors d'une escale. C'était la patate chaude, et bien des gens étaient convaincus qu'il vaut mieux suivre l'exemple chinois, et l'envoyer ailleurs.

    Le lobby US a tout mis en branle pour le faire extrader. Il y avait des militants pour les droits de l'homme et des membres d'ONG parmi les employés du Département d'Etat. Les Américains mettent ces gens et ces organisation en avant, comme leur cinquième colonne.
    Lyudmila Alexeeva en est un exemple en Russie; c'était une dissidente anti soviétique, elle a obtenu la nationalité américaine, elle est revenue en Russie et a repris sa bataille pour les droits humains et contre l'État russe. Elle crie sur les toits que Snowden est un traître, ne le voit nullement comme un lanceur d'alerte ou un défenseur des droits humains. Et il devrait être renvoyé aux USA, a-t-elle averti. D'autres dissidents notoires et combattants contre le régime de Poutine ont applaudi, et se sont démasqués, apparaissant sous leur vrai jour.

    Il y avait aussi quelques siloviki qui étaient contre Snowden. Ce sont des membres et ex-membres de la communauté des services secrets russes, qui ont endossé le concept de convergence entre services de sécurité, et ont collaboré avec les Américains et d'autres services, en particulier ceux d'Israël. Ils ont dit que la loyauté envers le service auquel on appartient est la vertu la plus importante, et qu'un traître ne saurait être cru. Ils ont souri devant les révélations de Snoden en disant qu'ils savaient tout ça depuis longtemps. Ils ont dit qu'on ne saurait prendre au sérieux son désaccord avec Washington. C'est également la ligne défendue par Konstantin Remchukov, important patron de média, le propriétaire de la Nezavisimaya Gazeta, qui en a rajouté, traitant Snowden d'espion chinois.

    Enfin, on a entendu les conspirationnistes croasser que Snowden est un cheval de Troie, envoyé pour forcer les portes des secrets d'État russes. C'était de fait un agent double de la CIA, arguent-ils. Pas du tout, c'est un agent du Mossad, concluent d'autres encore. Et rendez-le donc aux Américains, assènent-ils. C'est bien là la pierre de touche qui a mis en lumière nombre d'agents américains, qu'ils passent pour des défenseurs des droits humains ou pour d'aussi fallacieux membres des services de sécurité.

    Parmi ceux qui soutiennent Snowden en Russie, on trouve mon ami le poète Eduard Limonov, qui a qualifié Snowden d'annonciateur de l'effondrement du monde unipolaire. Mon journal, KP, a également embrayé. La télévision d'État a choisi une approche prudente, et n'accordait guère de poids aux découvertes de Snowden.

    Le président Poutine a également joué avec précaution. Il a d'abord écarté les rumeurs envisageant la livraison de Snowden à Obama avec une formule laconique: "La Russie n'extrade personne, vers aucun Etat." Puis il a offert l'asile à Snowden à condition qu'il cesse d'attaquer les US. C'est la condition habituelle que l'on pose aux demandeurs d'asile politique. Il a ajouté que Snowden n'accepterait probablement pas, parce qu'il veut continuer à livrer bataille, "exactement comme feu Sakharov", le célèbre dissident de l'ère soviétique. Il a aussi tenté de dissuader les Américains de poursuivre Snowden, comparant cette chasse à l'homme comme" la tonte d'un porcelet", qui déclencherait des hurlements et ne rapporterait guère de laine. La manœuvre a porté ses fruits: Snowden a accepté la condition préalable et a choisi de demander un asile provisoire en attendant que la route de l'Amérique latine s'ouvre devant lui; le président pour sa part a sauvé la face et a fait de son mieux pour éviter une bagarre avec les US et avec le puissant lobby pro-américain de Moscou. Je voudrais dire que malgré son image de macho autocrate, Poutine ne contrôle nullement les media russes libres, qui sont généralement propriété de barons tout-à-fait dévoués à l'Occident. Ses prises de position dans les débats nationaux sont à peine relayées.

    Le dirigeant russe n'a pas cherché la confrontation. D'une façon générale, il ne cherche pas à semer la pagaille. Il se montre plutôt comme quelqu'un de circonspect et porté sur le conservatisme. Il préférerait probablement que Snowden s'envole sous d'autres cieux, d'autant plus que Snowden, qui est un patriote américain, ne partagerait pas les joyaux de la couronne avec les Russes. Il a fait traîner longuement son autorisation protectrice pour que Snowden puisse rencontrer le public russe. Ce qui n'a pas empêche les Américains, tout au long de cette étape, de rajouter des listes entières de noms à la liste Magnitsky, liste secrète de Russes dont les propriétés et les comptes en banques peuvent être confisqués ("gelés" est le terme technique qu'ils utilisent). Les membres du Congrès ont pu déblatérer librement contre Poutine, et diffamer la Russie tout leur soûl. Attendez un peu, vous allez voir qu'Obama va téléphoner à Poutine ce soir et qu'il va nous renvoyer le paquet Snowden aussi sec, disait le porte-parole de la Maison Blanche. Pendant ce temps-là, les US ont continué à échafauder leurs machinations contre la Syrie au Moyen Orient, et Israël a pu bombarder tranquillement les positions syriennes, probablement avec le soutien américain. Au lieu de lui manifester le moindre égard, Obama a essayé d'intimider Poutine. C'était une tactique erronée, et contre-productive.

    Au même moment, la Russie a effectué un contrôle soudain de ses disponibilités militaires, et n'écarte apparemment aucune option. Ce grand pays ne cherche pas la bagarre, mais ne bat pas en retraite non plus. Snowden est en sécurité ici à Moscou, où personne ne peut lui faire de mal, de sorte qu'il va pouvoir exposer devant le monde entier les crimes contre l'humanité commis par les services secrets américains. Et Moscou est un lieu de villégiature exceptionnel, particulièrement en été.

    Israël Adam Shamir http://www.voxnr.com

    Notes :

    adam@israelshamir.net
    Traduction: Maria Poumier

  • Une analyse du coup d'état égyptien

    C'est le 1er juillet que l'armée égyptienne a publié un communiqué que l'on peut considérer comme un ultimatum à destination du pouvoir en place.

    Cette prise de position fut la conséquences des gigantesques manifestations populaires contre le gouvernement de l'époque, ce dernier étant incapable de résoudre les problèmes auxquels l'Egypte était confrontée.

    On ne peut d'ailleurs oublier le résultat de la pétition lancée en Egypte visant le gouvernement qui finit par receuillir 22 millions de signatures. Rien de surprenant quant à ce raz de marée puisque Morsi n'a jamais été considéré comme le chef des Egyptiens mais comme un homme partisan, lié qu'il était, aux frères musulmans. On peut aussi noter que l'opposition a toujours fait preuve de fermeté vis à vis du pouvoir en place, refusant par exemple toute forme de participation. L'étude du processus historique qu'a connu l'Egypte a particulièrement bien été étudié par Alexandre Latsa, dans le cadre d'un excellent article publié ici même (1).

    Evidemment, le cas égyptien qui n'est nullement le seul dans l'histoire, pose la question de ce qu'est réellement la démocratie. Si on vient à faire une comparaison avec la France, on sait que les élections législatives de par leur organisation, constituent le plus souvent un plébiscite, envoyant donc une majorité de députés représentant le président nouvellement élu. Ce résultat n'est en fait valide que le jour où se déroule l'élection et, bien malheureusement, il ne l'est plus durant les mois et années suivants. Si on voulait que la démocratie soit réelle, il faudrait donc que le nombre de députés soit réactualisé au quotidien (position des anarchistes si mes souvenirs sont exacts, ceux-ci considérant qu'un élu du peuple puisse être révoqué à chaque instant). Si on se souvient de l'impopularité des gouvernements de François Mitterrand entre 1982 et 1986, on ne peut oublier le désamour dont fut victime lui aussi Nicolas Sarkozy, dont les sondages indiquaient qu'il n'était crédité que de 40% d'intentions de vote au début de la campagne électorale de 2012.

    Cependant, les gouvernements et assemblées, continuent de prendre des décisions, comme s'ils disposaient de la même légitimité initiale. Autre aspect, d'une part le président élu ne l'est jamais suite à un triomphe – déjà 55% passe pour être un grand succès – mais de plus son élection ne signifie adhésion du corps électoral à l'intégralité de son programme. C'est donc dans ce cadre qu'il faut replacer la prise de pouvoir par l'armée égyptienne et savoir donc, si son putsch, appuyée par l'opinion populaire, était légitime ou non.

    Le problème majeur que nous posent les pays arabo-musulmans et de façon plus générale toute structure du même type, c'est que l'on ne peut avoir une position tranchée sans les étudier en détail, la sphère proche et moyenne orientale étant particulièrement complexe. C'est ainsi que tirer dans le domaine de la géopolitique, une conclusion spontanée suite à l'évocation des termes «arabe» et «musulman» est ridicule. Les arabes comme les musulmans, se situent dans les deux camps, côté nouvel ordre mondial comme du côté de ses opposants. C'est ainsi que personne n'ignore que l'Arabie saoudite est pro-américaine alors que l'Iran ou la Syrie sont en pointe dans la lutte contre l'hégémonie us.

    Dans le cadre des très fameuses révolutions arabes, l'occident a joué les apprentis sorciers. On peut penser ce que l'on veut de la Tunisie, de la Lybie ou de l'Egypte de naguère mais au moins, force est de constater que ces pays étaient à bien des égards contrôlables. Tel n'est plus le cas pour des pays ouvertement islamistes. On sait aussi le jeu des uns et des autres et les alliances malsaines entre intégristes musulmans et matérialistes américains. Ces derniers ne prennent aucun risque à installer au voisinage de l'Europe des structures islamistes et il est vrai que les états unis sont bien à l'abri géographiquement de la poudrière qu'ils ont installée au voisinage de l'Europe. On constate donc une fois de plus, la divergence d'intérêt entre Européens et américains. Et puis s'il faut un argument décisif, pourquoi donc des relations si cordiales entre Morsi symbolisant les frères musulmans, que l'on présente si judeophobes, et Israel ?

    Depuis les accords de Camp David, l'Egypte a cessé de s'opposer et aux américains et aux israéliens. En ce sens, on ne peut plus considérer ce pays comme l'un de nos alliés et ne pouvons que regretter la personnalité phare que fut celle de Nasser. Soucieux de préserver la stabilité de cette zone géographique, les Etats Unis inondent l'Egypte de capitaux par dizaine de milliards depuis plusioeurs décennies, mais aussi forment dans les écoles militaires américaines beaucoup d'officiers égyptiens. Le lecteur comprendra bien qu'une structure dépendant financièrement d'une autre, ne peut plus être autonome. Si l'on peut donc approuver le coup d'état militaire en Egypte, au motif qu'il nous a débarrassé des frères musulmans, la méfiance pour nous, se doit d'être

    Childéric Fonteney http://www.voxnr.com

    note :

    (1) Printemps arabe : l’échec de la démocratie en Orient ? http://www.voxnr.com/cc/etranger/EFZFulykVuWCDbZpiS.shtml