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lobby - Page 2044

  • Nicolas Sarkozy soutient la loi Taubira

    Olivier Ciappa, militant LGBT notoire et dessinateur contesté du Timbre Femen vient de publier sur son compte Facebook, à l'occasion de l'anniversaire du vote de la Loi Taubira, le soutien que lui aurait apporté Nicolas Sarkozy en signant, ainsi que son épouse, "sa bannière de la réconciliation" (sic) :

    C

    "Aujourd'hui, ça fait un an pile que le mariage pour tous a été voté. Une loi sociale qui aurait du rassembler la droite et la gauche au lieu de diviser tous les Français. Pour le 1er anniversaire, voilà ma bannière "réconciliation" signée par Nicolas Sarkozy, Carla Bruni, Gérard Depardieu et Anouk Aimée. Il est tant qu'on soit enfin tous heureux, quelle que soit notre orientation politique."

    Michel Janva

  • Alliance VITA porte plainte pour diffamation dans l'affaire Gerson

    Lundi 14 avril, Europe 1 a lancé contre Alliance Vita une campagne médiatique en se fondant sur des témoignages anonymes. Alliance VITA est accusée d’avoir tenu des propos outranciers lors d’une intervention au lycée privé Gerson (Paris), stigmatisant les femmes ayant eu recours à l’avortement. Des allégations mensongères qui vont jusqu'à l’amalgame avec l’intégrisme, avec comme but évident de les exclure de l’Ecole.

    Attaqués par la Mairie de Paris, Alliance Vita a été soutenue tant par la direction de l’établissement scolaire, que par la direction diocésaine de l’enseignement catholique, ainsi que par le cardinal-archevêque de Paris, Mgr André Vingt-Trois, dénonçant « un procès d’intention ».

    Alliance VITA a décidé d'adopter une attitude ferme dénonçant le mensonge et le procédé malhonnête visant à salir son image et à jeter le discrédit sur le coeur même de sa mission. Une plainte pour diffamation a été déposée par l’intermédiaire de Maître Antoine Beauquier.

    Michel Janva

  • Référendum irlandais (2008)

    Du viol de la démocratie en toute bonne conscience ou ce qu’est la démocratie pour les moralistes bêlants. 

    Que ceux qui doutent encore que l’Union européenne fonde sa toute-puissance sur le viol de la démocratie lisent attentivement ces lignes. 

         La scène se déroula le 20 février 2008 au parlement de Strasbourg. En souvenir de l’annulation des votes des peuples français et hollandais en 2005, quelques députés européens, nous devrions dire les derniers fidèles aux principes fondamentaux de la démocratie, proposèrent un amendement : que le vote du peuple irlandais, qui allait avoir lieu quelques mois plus tard, soit respecté. 

         Il fallait vraiment que le désespoir de ces derniers Mohicans de la démocratie soit grand pour qu’ils finissent par demander à ce que l’on respecte un vote démocratique. Ne va-t-il pas de soi que soit respecté le résultat d’une échéance électorale ? Il semblerait que non pour la technostructure européenne. Cet amendement qui ne demandait qu’une chose, qu’un principe de base de la démocratie soit appliqué, fut rejeté par 499 voix contre 129. Vous avez bien lu. Le non-respect de la démocratie fut voté ! Attitude qui en dit long sur la teneur de l’attachement à la démocratie des européistes. 

         Le vote des Irlandais sera ignoré par les instances européennes. C’est en toute bonne conscience que les partisans de l’UE bafouèrent un acquis historique. Aveuglés par leur rêve évanescent « d’Europe », les euro-béats ne se rendirent probablement pas compte de la portée de leur acte. Eux qui prétendent encore défendre la démocratie en sont venus à balayer son expression la plus élémentaire en toute bonne conscience. Pourquoi ? Parce que pour eux, la démocratie n’est pas la démocratie au sens institutionnel et historique du terme, mais la vulgate du politiquement correct. Dans leur esprit, le politiquement correct est le bien, c’est ce bien qui devient la démocratie. L’opposition contre la technocratie néolibérale qu’est l’Union européenne est en revanche le mal, et, dans leur esprit, devient le fascisme. Démocratie et fascisme sont vidés de leur sens historique. C’est au nom de la « démocratie » que les députés européens écrasèrent la démocratie. 

         Les médias ne parlèrent pas de ce triste événement. Nul ne s’en étonnera : ces derniers s’empressent toujours de montrer leur bêtise et leur servilité vis-à-vis de l’UE par une propagande maladroite en sa faveur. 

         Le 20 février 2008 restera comme un jour noir pour la démocratie. Mais qui s’en soucie ?

    Adrien Abauzit, Né en 1984

    http://www.oragesdacier.info/2014/04/referendum-irlandais.html

  • Une exécution ratée aux Etats-Unis « relance le débat »

    Le Figaro, comme tous les gros médias, pleurniche sur la mise à mort plus lente que prévue d’un criminel afro-américain : Clayton Lockett. Et le message habituel contre l’horreur de la peioe de mort est à nouveau distillé.

    Au lieu de mourir en quelques minutes après une injection, il aura mis 40 minutes. Ce qui n’était pas prévu dans la peine.

    Les gros médias multiplient les lignes contre cet « incident » mais s’attardent peu sur les motifs de condamnation de l’individu qui a expiré (et expié ici-bas un peu plus que prévu).

    Clayton Lockett avait été condamné à mort en 2000 pour le viol et le meurtre d’une jeune femme, blanche évidemment.
    Il l’avait enlevée, frappée, violée et enterrée vivante.

    Les médias se réjouissent par la même occasion du sort d’un autre condamné, qui devait expédié ad patres le même soir mais dont l’exécution a du coup été reportée.
    Charles Warner a lui été condamné en 1997 pour le viol et le meurtre de la fillette de 11 mois de sa compagne.
    « Son crâne, de la mâchoire et les côtes étaient fracturéesSon foie a étélacéréla rate et les poumons ont été meurtris », ce qui a entraîné la mort du bébé entre une et trois heures après.

    http://www.contre-info.com/

  • Suppression de la page Wikipedia sur Eleonore Laloux ?

    Si vous avez un avis sur la question et un compte Wikipédia, connectez-vous et donnez votre avis : cette page est soumise à suppression à compter du 30 avril si un consensus clair ne s'est pas dégagé en sa faveur.
     

    Éléonore Laloux est une jeune femme atteinte de trisomie 21. Depuis son plus jeune âge, son parcours en milieu ordinaire est un modèle d'intégration. Porte-parole du Collectif les Amis d'Éléonore, elle défend la cause des personnes porteuses de trisomie 21 et lutte contre la stigmatisation de sa maladie. Elle est auteur d'un livre Triso et alors ! publié chez Max Milo Editions en 2014.

    Michel Janva

  • José Manuel Barroso

    L’homme à la bouche cousue 

    L’Union européenne se mêle de tout et n’importe quoi : taille des grillages de piscine et des filets de pêche, dimension des légumes et des huîtres, plaques d’immatriculations... Alors pourquoi celle qui régit le destin de vingt-sept peuples dans l’immense majorité des strates de leur vie ne fait rien, ne prescrit rien, pour un événement aussi fondamental que celui de la crise dite des subprimes ? Pourquoi José Manuel Barroso ne dit pas un mot ? Pourquoi n’entend-on pas parler de l’omnipotente Commission européenne en matière économique ?

         La crise des subprimes résulte, entre autres, d’un manque de réglementation du système financier. La déréglementation est la racine du mal car c’est elle qui a permis la compression des salaires et a poussé les salariés à s’endetter. Or en quoi a consisté le rôle de l’Union européenne depuis l’Acte unique ? A précisément déréglementer le plus possible les sociétés des Etats membres. L’économie et la finance n’ont pas échappé à ce phénomène massif. Barroso a la bouche cousue car il sait que dans cette crise économique l’Union européenne est de loin l’instance la plus mal placée pour donner des leçons à qui que ce soit : elle répand depuis plus de vingt ans un mal identique à celui qui a conduit à la catastrophe outre-Atlantique.

         Perroquets de presse et pensée officielle ont gémis de façon absolument indigne pour que l’Union européenne contribue à la sortie de crise. Ils confessèrent alors leur propre imbécilité. Demande-t-on à un pyromane d’éteindre un incendie, à un pédophile d’être baby-sitter ? Par leurs attentes extatiques, ils prouvèrent qu’ils ne connaissaient strictement rien au droit européen et qu’ils n’avaient jamais lu une ligne des traités qui en sont le cœur. Ainsi, il fut démontré que l’adhésion béate de nos moralistes bêlant à l’UE ne venait que d’une posture idéologique totalement déconnectée du réel. Car l’Union européenne a pour objectif de limiter autant que possible l’action publique afin que le capital se substitue à l’Etat. Nous invitons ceux qui doutent de notre parole à se pencher sur les traités européens. Ils vérifieront.

         L’Union européenne reniera-t-elle alors plusieurs décennies de législation ? Bien sûr que non. Pour la simple raison que ceux qui la tiennent (grands groupes industriels et financiers, apparatchiks néolibéraux bruxellois) n’y ont pas intérêt. Le démenti interventionniste serait trop cinglant, et trop coûteux. Moralité : il faut vraiment être un imbécile ou un journaliste pour croire que l’Union européenne aura la moindre chance de résoudre la crise.

    Adrien Abauzit, Né en 1984

    http://www.oragesdacier.info/

  • Les peurs du PS, le fédéralisme européen de l’UMP : deux faces d’une même médaille

    Dans l’entretien qu’il vient d’accorder au Monde, en ligne sur le site du quotidien, le premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis,  est interrogé  sur la thèse qu’il défend  qui dans son livre  à paraitre «L’Europe sous la menace du national populisme ».  Il  annonce  en effet,  comme Marine Le Pen,  la fin de la bipolarisation de la vie politique avec l’avènement du FN comme troisième force faisant jeu égal avec l’UMP et le PS. «De scrutin en scrutin, affirme-t-il,  le FN s’installe dans la vie politique, porté par l’idéologie dominante (sic) qui consiste à prôner l’identité plutôt que l’égalité, la purification culturelle et la chasse à l’anti-France. Cette idéologie imprègne toute la droite. On voit bien que l’UMP est tenaillée entre l’idée de voler le feu national-populiste au FN et celle de rester sur des principes classiquement républicains voire gaullistes ». Des propos qui  relèvent  de la langue de bois propre au militant socialiste, et bien malhonnêtes. Il faut un sacré culot pour présenter  comme dominante  dans la vie politique, au sein de la droite,  et  contraire aux principes   gaullistes,   la défense par le FN  de l’identité et de la souveraineté nationale !

     Les électeurs ne s’y trompent pas, à l’heure ou le gouvernement vient d’annoncer l’octroi de600 millions d’euros du programme d’investissements d’avenir pour les  quartiers pluriels. Politique d’arrosage inefficace  supportée une nouvelle fois par les contribuables Français,  pour  tenter de se rappeler au bon  souvenir de sa clientèle électorale  dans les « zones sensibles ». Pas certain que cela suffira à éviter la claque qui s’annonce pour le PS lors des élections européennes, que d’aucuns rue de Solferino prédisent encore plus  forte que celle reçue  lors des élections municipales.

      Ainsi,  selon le sondage Ifop publié hier portant sur les intentions de vote dans la  circonscription  Sud-Est, la liste UMP menée par Renaud Muselier arriverait en tête avec28% des suffrages, légèrement devant celle de Jean-Marie Le Pen (23%), sur laquelle figure notamment la vice-présidente du FN Marie-Christine Arnautu et Bruno Gollnisch. La listePS-PRG  avec à sa tête l’ex ministre Vincent Peillon, ne recueillerait que 13% des suffrages…

     Un cas de figure dans le Sud-Est  au soir du 25 mai, qui ne préjuge pas à l’échelle du pays  d’un  Front National virant en tête, qui accrédite pour le coup les peurs de M. Cambadélis. Dans ce même entretien au Monde, le successeur d’Harlem Désir, comme il l’a expliqué dernièrement lors de ses passages dans les médias, annonce  une « lutte à mort en 2017 » entre le PS, l’UMP et le FN.

     «L’un d’entre eux (de ces partis, NDLR),  ne sera pas au second tour de la présidentielle et cela conduira dans les trois cas à un séisme politique analyse-t-il. Si c’est le FN, on dira que la stratégie de la banalisation voulue par Marine Le Pen a conduit à son élimination. Si c’est l’UMP, le choc sera terrible et le débat féroce entre ceux qui voudront se rapprocher de Marine Le Pen et les autres. Si c’est le PS, avec un président sortant, les tensions que nous vivons aujourd’hui autour du plan d’économies seront démultipliées et comme il reste encore dans le pays une force radicale à gauche, le PS se retrouvera dans la même situation que la SFIO moribonde ».

     Une SFIO encore habitée en son temps par des réflexes patriotiques et nationaux qui ont bel et bien disparu aujourd’hui d’un PS boboïsémondialisé, jouant la carte des minorités, incarnation caricaturale du parti de l’étrangerLa politique étant aussi affaire de symboles, nous notions  en février que François Hollande a fait entrer au Panthéon un  ex ministre du désastreux  front populaire,  Jean Zay.  Celui-là même  qui dans un poème de jeunesse fustigeait  le drapeau français, «cette immonde petite guenille », « terrible morceau de drap coulé à ta hampe, je te hais férocement »,  « je te hais dans l’âme »,  « tu es pour moi de la race vile des torche-culs. »

     D’autres sites ont  également  rappelé les vœux d’André Vallini,  nommé le 9 avril secrétaire d’État à la Réforme territoriale , député PS qui en  en 2005 voulait changer   les paroles deLa Marseillaise pour y inclure un « refrain mondialiste » … « Aux peuples de la Terre,  Ouvrons tout grand nos cœurs,  Ensemble, ensemble,  Faisons naître un monde meilleur » avait proposé M Vallini.  Vers de mirliton auxquels pour faire bonne mesure il avait ajouté un  couplet « européen »: « Allons enfants de nos vingt-cinq pays, une ère nouvelle est arrivée. Dans le ciel de l’Europe unie, flotte le drapeau étoilé, flotte le drapeau étoilé. Souvenons-nous du temps naguère, qui nous a tant déchirés. Et demain plus jamais la guerre, mais de l’amitié et la paix ».

     La direction de l’UMP n’est pas en reste dans  l’européisme militant. Son incapacité à comprendre  les conséquences  de sa désastreuse fuite en avant  choque (opportunément ?)  les députés Laurent Wauquiez et  Henri Guaino. Celui-ci   a  annoncé qu’il ne votera pas pour la tête de liste de l’UMP  en Ile-de-France l’ultra fédéraliste européen  Alain Lamassoure. Il est cependant  aisé de rappeler à ces derniers que leur couplet  patriotico-souverainiste  et anti-bruxellois ne se fit pas entendre sous le règne deNicolas Sarkozy,  qui mena une politique radicalement inverse des souhaits qu’ils expriment  aujourd’hui.

     Alain Lamassoure, comme Alain Juppé, Jean-François Copé, François Fillon,   a donc   tenu à sermonner durement les récalcitrants, à rappeler implicitement  l’identité de vue entre le projet pro-bruxellois  de l’UMP et celui du PS. UMP qui approuve officiellement   la ligne  définie dans les statuts du Parti Populaire Européen (PPE),  auquel leurs  élus européens ont adhéré, statuts adoptés par le congrès du 7 décembre 2011 à Marseille.Le  PPE fut  invité officiellement  à se réunir dans la capitale phocéenne par l’UMP,  en présence de Jean-François Copé  alors secrétaire général. Ces statuts stipulent notamment « une  volonté commune de fonder une Union européenne fédérale », de  «  promouvoir le processus d’unification et d’intégration fédérale en Europe en tant qu’élément constitutif de l’Union européenne. »

     Ce choix  de l’UMP, réaffirmé  lors de ce congrès,  d’un  processus d’unification et d’intégration fédérale, de  fonder  une Union européenne fédérale, Alain Lamassoure l’exprime avec moins d’hypocrisie que ses petits camarades.  Il  n’avait  donc pas hésité  à participer dernièrement (le 6 décembre 2013) aux « premières assises du fédéralisme européen ». Bruno Gollnisch ne peut qu’inviter une nouvelle fois les adhérents et électeurs  patriotes  de  l’UMP à ne pas se voiler la face et à  en tirer de franches  conclusions avant de se rendre aux urnes le 25 mai.

    http://gollnisch.com/2014/04/30/les-peurs-du-ps-federalisme-europeen-lump-faces-dune-meme-medaille/

  • RMC censure un sondage en ligne sur l'avortement

    Cette page a disparu. On la trouve encore sur cette page en cache. La question était :

    "L'avortement est-il "un homicide volontaire"?"

    Les résultats dérangeaient-ils ?

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    Michel Janva

  • Livre sur Manuel Valls : surtout ne pas en parler

    L'entourage de Manuel Valls utilise la stratégie de l'édredon pour ne pas évoquer le dernier livre d'Emmanuel Ratier sur Le Vrai visage de Manuel Valls. S'ils prétendent que le livre contient des"mensonges" et des "calomnies", ils ne parlent même pas de diffamation.

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    Michel Janva

     
  • La religion médiatique

    Le dernier essai de Régis Debray, L’emprise (Gallimard), a eu droit à tous les honneurs de la critique : Jean Daniel y voit le « livre le moins digne d’un esprit comme le sien », Philippe Sollers moque une « rédaction scolaire très ennuyeuse », Laurent Joffrin s’irrite de la « prose poujado-normalienne » et Olivier Mongin critique une « froideur abstraite » doublée d’un « ton hautain et pseudo-savant ». Ces frappes peu chirurgicales des adeptes de la purification ethnique à sens unique – puisque telle est bien l’issue réelle de l’agression occidentale – suffisent à convaincre que le livre mérite un détour.

    On se souvient bien sûr de la mise à mort médiatique de Régis Debray après la publication de sa lettre ouverte au président de la République dans Le Monde (14 mai 1999), en pleine guerre du Kosovo. Cette ex-communication dévoila à ceux qui pouvaient encore l’ignorer le penchant inquisitorial des faiseurs d’opinion – ici révélé au grand jour, et sur le ton du psychodrame national, car Debray faisait encore partie des leurs (au moins à titre présomptif ou conservatoire). De cette mésaventure dont il ne renie rien – « on ne demandera pas ici pardon, ni de mea culpa » –, l’excommunié a tiré une réflexion très générale sur la nature du façonnement médiatique de l’opinion en démocratie libérale.

    Au connaisseur de l’œuvre de Régis Debray, L’emprise n’apportera rien de véritablement neuf, sinon le plaisir, toujours bienvenu, du bel exercice de style dont presque chaque phrase est ciselée comme un aphorisme. L’auteur y reprend les thèses développées dans Le pouvoir intellectuel en France, dans laCritique de la raison politique et dans ses différents travaux de médiologie. Les médias y sont décrits comme le nouveau pouvoir spirituel de l’Occident laïc : « Il ne contraint pas, il conditionne. Il ne légifère pas, il infuse. Il ne sanctionne pas, il environne. Il ne donne pas de contravention, il donne à penser. Il agit par le mot, l’image, les spectacles et les rites ». Certes, l’hérétique n’est plus brûlé ou torturé. « Éliminer n’est plus liquider, note Debray. Là est le progrès […] mais ce qui n’a guère progressé, du médiéval au postmoderne, sur le fond, c’est la conduite d’orthodoxie comme alignement réflexe d’un ordre d’options contingentes, discutables, sur l’ordre indiscutable et nécessaire de la Valeur : transformer toute résistance à la force en péché contre l’esprit, et l’insoumission intellectuelle en suicide moral ».

    Pas plus que l’histoire de l’Église catholique ne s’écrit à partir des seules basses œuvres des Dominicains, l’emprise spirituelle des médias ne se résume aux cas-limites des excommunications. Comme son aîné, le nouveau clergé combat certes l’hérétique avec constance et engage la croisade avec ferveur. Mais il entend avant tout, de manière plus permanente, capter l’esprit des convertis en délimitant le champ des prédications possibles, des confessions autorisées et des contritions retenues. « Il n’est pas besoin d’épouser les mêmes idées pour respirer le même air. Il suffit qu’on s’accorde à tenir ceci ou bien cela pour réel : ce qui est digne d’être débattu ». Les journalistes organisent ainsi le réel lui-même en formatant les opinions, selon un procédé qui va bien au-delà du phénomène de la « pensée unique » ou du « politiquement correct » : « les faits sont construits par les signes de l’information ; l’opinion réagit aux signes ; et le responsable se règle sur l’opinion. Le circuit cybernétique se boucle avec le Régulateur central, celui qui met les trois sommets en contact : la régie médiane des signes ». Debray ne décrie pas tant une perversion qu’il décrit un principe d’organisation : « La religion médiatique n’est pas une religion des médias, mais la religion du réel socialisé par les médias dont le succès repose précisément sur ceci que le médium s’esquive dans sa performance même ».

    En guise de dogmatique, la religion médiatique sacrifie à la foi séculière des droits de l’homme, dans sa version individuelle-universelle, c’est-à-dire morale et antipolitique : « Ses adeptes ne veulent pas sauver un peuple élu, ni même tel ou tel peuple pas élu ; ils veulent tous les hommes sains et saufs, et c’est là leur grandeur […] Comme toujours, le poison est dans le remède. Du message nazaréen, l’humanitarisme partage l’essence missionnaire, ou expansive, ou expansionniste. Seules les religions à vocation universelle entretiennent des missions outre-mer. La nôtre est la première à posséder les moyens de sa fin […] Le boudhisme, le christianisme, l’islamisme furent ainsi des religions universelles, mais les voilà coiffées au poteau par une plus complète, une planétaire pour de bon : le colonial absolu. Les moyens à disposition permettent la première catéchèse intégrale, la première conversion générale. La World Company : un roi, une foi, une loi ».

    C’est toutefois à ce point du raisonnement que l’on devine une certaine gêne chez Régis Debray. Ses amertumes progressistes laissent en effet affleurer le désir d’une improbable version politique de ces mêmes droits de l’homme et cette nostalgie républicaine embrume quelque peu la belle logique à l’œuvre dans le reste de l’essai. Car enfin, l’« inhumaine présomption de l’universel » n’a pas attendu le journaliste à esprit docile ni le missile à guidage laser pour révéler sa duplicité et sa nocivité : c’est avec la sueur des Noirs, les larmes des Vendéens et le sang des Indiens que s’écrivirent déjà les Déclarations de 1776 et de 1789. L’émancipation de l’individu – hier en citoyen, aujourd’hui en consommateur – a toujours signifié la destruction de ses appartenances supposées aliénantes et la sujétion à un nouveau pouvoir émancipateur – hier l’État national autoritaire, aujourd’hui le marché mondial moralisateur.

    Cette réserve nous incite, pour finir, à donner raison sur un point précis aux adversaires de Régis Debray. Joffrin, Mongin, Daniel et autres bombardiers très légers n’ont pas de mal à relever que l’excommunication dont le médiologue fut victime reste bien relative. Après tout, Le Monde publia sa lettre, TF1 et Europe 1 l’invitèrent à s’en expliquer, Marianne accueillit ses développements, Le Monde diplomatique ses exégèses, L’Humanité ses commentaires. Difficile de comparer ce traitement avec celui que subit, par exemple, Alain de Benoist. Mais il est vrai que ce dernier, contrairement à Debray, ne saurait être chassé d’une Église à laquelle on lui reproche, précisément, de n’avoir jamais appartenu. L’excommunication n’est que le troisième échelon du blâme chrétien : pour d’autres hérétiques, à qui l’on ne pardonnera pas de persévérer dans l’erreur et dont on se demande parfois s’ils ont même une âme, l’interdit et la suspense forment depuis longtemps la règle.

    Charles Champetier, 2000

    http://grece-fr.com/?p=3558