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France et politique française - Page 3452

  • Raffineries en grève : les clefs de la crise

    Une station-service sur cinq subit une pénurie totale ou partielle de carburant. Voici les clés pour comprendre la crise.
    Combien de stations à sec ?
    Environ 20 % des 12 000 stations françaises étaient mardi « soit en pénurie complète, soit en pénuirie d'un ou deux produits », selon le gouvernement. Le moyen le plus fiable pour s'informer est de consulter la carte de l'application pour mobiles Essence ou la carte disponible sur notre site.
    Actualisée en temps réel par 200 000 automobilistes, elle indique les stations sans carburant. Seul hic : elle est incomplète. Elle ne recensait mardi que 3 608 stations, soit 30 % du parc de l'Hexagone. Par ailleurs, elle ne précise pas quel carburant manque. La page Facebook de cette même application est plus précise car de nombreux automobilistes complètent avec les noms des stations et le type de carburant.
    Combien de jours la France peut-elle encore tenir ?

    Difficile à dire. « La situation est entre les mains du gouvernement ! » affirme Emmanuel Delépine, le secrétaire général de la CGT-Pétrole, qui refuse de parler de blocage sur les sites mais d'arrêt de travail (les camions peuvent rentrer). « A partir du moment où le travail reprend, la situation peut revenir à la normale dans les trois à cinq jours », note-t-il à propos de la grève dans les raffineries. D'autre part, l'Etat dispose de stocks stratégiques. Enfin, comme le souligne Francis Duseux, le président de l'Union française des industries pétrolières (Ufip), « tous les opérateurs ont de grosses raffineries au Benelux et au Moyen-Orient. Dans le pire des cas, on pourrait assez facilement importer, à condition que les ports ne soient pas bloqués. »
    L'Etat a-t-il le droit d'intervenir pour faire repartir les raffineries ?
    Non. « C'est illicite. Suite à la réquisition de la raffinerie Total de Grandspuits (Seine-et-Marne) en 2010, l'OIT (NDLR : Organisation internationale du travail), a demandé formellement au gouvernement de mettre fin à ces pratiques car ce n'est pas un service essentiel », rappelle Anne de Haro, juriste en droit social, par ailleurs déléguée CGT.
    Peut-il réquisitionner les stations-service ?
    Oui. Plusieurs préfectures, comme celle du Nord, de la Sarthe ou de l'Orne, le font. « C'est une manière de réguler la vente de carburant en interdisant de faire des achats démesurés, ce qui est acceptable au regard du droit », estime Anne de Haro.
    Les stations ont-elles le droit d'augmenter leurs tarifs ?
    Oui. « En France, la fixation des prix est libre. On peut vendre le litre de sans-plomb à 10 € », indique Nicolas Godefroy, juriste à l'UFC-Que choisir. Mais certaines pratiques sont interdites, comme celles du Leclerc des Côtes-d'Armor qui a conditionné le week-end dernier la vente d'essence à celle d'achats en magasin pour 60 €.
    Va-t-on vers une paralysie ?
    Peut-être. Les perturbations vont continuer dans les prochains jours. Par ailleurs, avec le blocage des terminaux pétroliers du Havre et de la raffinerie de Grandpuits, les oléoducs qui livrent le kérosène à Orly et Roissy sont coupés. Paris Aéroport assure pouvoir tenir 8 jours.

    Bérangère Lepetit : Le Parisien :: lien

    http://www.voxnr.com/cc/politique/EuyuEVuAZFHCLlbMjn.shtml

  • Journal du Mercredi 25 Mai 2016 : Social / Les centrales nucléaires touchées par la grève

  • Jean-Yves Le Gallou : « La remigration est indispensable et faisable »

    Dans le dernier numéro de Minute, Jean-Yves Le Gallou explique que la remigration est « indispensable et faisable ». Le créateur de la fondation Polémia, interrogé à l’occasion de la sortie de son livre : Immigration, la catastrophe – Que faire ?, explique comment cette remigration pourrait être mise en œuvre. Extrait de ce long entretien qui peut être commandé ici.

    Minute-2772-Couv-251x350.jpgMinute : Etes-vous favorable à ce que l’on appelait autrefois l’expulsion des étrangers et que l’on appelle aujourd’hui la remigration ? Et est-elle faisable ?

    Jean-Yves Le Gallou : La remigration est indispensable et faisable, dès lors que la volonté politique est là, même si la tâche peut paraître immense. Je vais utiliser une image : si vous allez en Irlande et que l’on vous sert un très grand verre de bière, d’un litre par exemple, vous allez vous demander comment le boire. La bonne méthode, c’est de commencer à boire progressivement et vous allez voir que le verre va se vider, lentement mais sûrement.

    Pour la remigration, c’est la même chose : il faut commencer par le commencement, c’est-à-dire par l‘expulsion des clandestins, qui n’ont absolument rien à faire ici, poursuivre par l’expulsion des criminels et des délinquants, qui n’ont plus rien à y faire non plus dès lors qu’ils ont enfreint nos lois, et puis il faut continuer, et vous verrez que ce n’est pas si ardu que cela paraît.

    Il y a environ quatre millions d’étrangers qui disposent de titres de séjour. Or ces titres de séjour ne sont pas définitifs : par nature, ils sont provisoires, ils ont en quelque sorte une date de péremption. Il suffit donc de ne pas les renouveler. Une fois que vous avez fait ça, vous avez déjà accompli beaucoup de travail. Donc commençons par cela.

    Ensuite, vous avez les binationaux. Là, la question qui se pose est de savoir s’ils ont une simple appartenance administrative à la France, auquel cas ce n’est peut-être pas tout à fait suffisant, ou s’ils ont aussi une appartenance affective, une appartenance culturelle. Mais cela, ce sera dans un deuxième temps.

    Ce n’est pas parce que ce deuxième temps va être plus délicat qu’il faut s’interdire le premier temps.

    Minute : Est-il possible de renvoyer des gens de façon massive ? Y a-t-il des exemples dans l’histoire ?

    Jean-Yves Le Gallou : Il n’y a pas de besoin de remonter très loin. Tout le XXe siècle est marqué par des déplacements massifs de populations.

    A la fin de la Première Guerre mondiale, un million et demi de Grecs ont été évacués d’Asie mineure ! On ne peut même pas parler de remigration puisqu’ils étaient là depuis des millénaires, mais le transfert a eu lieu.

    A la fin de la Deuxième Guerre mondiale, où des millions de gens ont été déplacés et ont quitté des endroits où leurs ancêtres étaient depuis non pas seulement des dizaines d’années mais des centaines d’années. Ces expulsions, précisons-le, avaient été décidées par les puissances sorties victorieuses de la guerre.

    Plus récemment encore, il y a bien sûr eu l’exode des pieds-noirs.

    http://fr.novopress.info/

  • L’Etat a eu deux façons "très différentes" d’aborder les deux mouvements de rue en 2013 et 2016

    Suite à la comparaison effectuée par Eric Brunet sur RMC entre la répression dont a été victime la Manif pour Tous en 2013 et le laxisme du gouvernement vis-à-vis de Nuit Debout et des manifestations actuelles, ce dernier réagit aux accusations des journalistes bobos de Libération et Marianne avec, à l'appui, de nombreux témoignages (policiers, CRS, Madeleine de Jessey, défenseur des droits) :

    "Ces dernières semaines, plusieurs policiers sont intervenus dans mon émission sur RMC pour témoigner de la mansuétude des pouvoirs publics à l’égard du mouvement des anti loi El Khomri. Je partage leur opinion. Je l’ai dit, je l’ai écrit : la réponse du gouvernement aux nombreuses violences de ces derniers mois m’a semblé beaucoup moins immédiate et nette que la repression mise en œuvre en 2013, lors du mouvement de la Manif pour tous. (...) Pour autant, Marianne et Libération ont contesté les chiffres que j’avançais, évoquant des confusions. On pourrait en débattre. En revanche, parler d’intox et de bobard me semble malhonnête.

    Pourquoi ai-je dis que durant les premières semaines du mouvement anti El Khomri, le gouvernement a été très peu répressif ? Parce que le chiffre de 193 gardes à vue seulement en date du 16 avril 2016 est ridiculement faible. Parce que le gouvernement a été beaucoup plus prompt à interpeller des Veilleurs globalement pacifistes, qui n’ont pas détruit de bâtiments publics, et dont la violence ne me semble pas supporter de comparaison avec le mouvement actuel. (...)

    Je le redis, on peut débattre de l’imprécision des chiffres que j’ai repris. Dont acte. Toutefois, il me semble difficile de contester le fait le plus important : l’Etat a eu deux façons "très différentes" d’aborder ces deux mouvements de rue en 2013 et 2016."

    http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/2016/05/letat-a-eu-deux-fa%C3%A7ons-tr%C3%A8s-diff%C3%A9rentes-daborder-les-deux-mouvements-de-rue-en-2013-et-2016-1.html

  • Le point de bascule

    Les Européens devront-ils encore payer  pour « sauver la Grèce »? La situation de ce pays, aujourd’hui  sous la botte de la troïka Fonds Monétaire International-Banque Centrale Européenne-Commission européenne, précipité dans la crise  par des années de gabegie, de parasitisme, de  gestion-corruption socialiste, est toujours aussi problématique. Pour la énième fois,  une réunion des ministres des  Finances de la zone euro,  présentée comme « de la dernière chance »,  » cruciale »,  se tient ce mardi  à Bruxelles. Elle doit   décider de l’octroi  d’une nouvelle tranche d’aide financière  et d’une réduction de la dette grecque (environ 330 milliards d’euros) dont  le FMI, dans un élan de générosité, souhaite un abaissement de manière « inconditionnelle », sans la contrepartie de nouvelles réformes… ce que refuse notamment  Angela Merkel. Grecs qui contestent toujours autant le remède de cheval qui leur est infligé, et qui s’indignent notamment du taux de remboursement de la dette  auquel Athènes est soumis (8% sur deux ans,  7% sur 10 ans quand la France par  exemple bénéficie de taux à 0% voire négatifs),  intérêts de la dette sans lesquels  la Grèce présenterait même  un budget légèrement excédentaire. Quant aux  toutes récentes réformes mises en place par la gauche au pouvoir (taxe de résidence sur les hôtels de luxe qui fait craindre la disparition de certains établissements, une hausse de la TVA qui passe à 24%, une fiscalité alourdie sur l’utilisation d’internet, le tabac, l’essence…) elle plombe encore plus le moral d’un pays qui ne voit pas le bout du tunnel. La question du devenir de  la Grèce fut aussi un thème  de l’élection présidentielle autrichienne, les Autrichiens étant au moins aussi nombreux que leurs cousins Allemands à contester l’aide financière apportée à Athènes.  Il  est d’ailleurs beaucoup plus question de l’Autriche que de la  Grèce dans les médias Français ce matin.  Le blogueur fdesouche a eu souvent l’occasion de le dire ces derniers mois,  il fut un temps ou les patriotes considéraient que c’était une victoire quand l’opposition nationale dépassait les 15 ou 20% à une élection; aujourd’hui ils sont déçus quand un candidat national ne dépasse pas les 50% !

    Certes,  seule la victoire est belle, mais  nous l’affirmions  hier, le soleil qui s’est levé à l’Est est un motif d’espoir, un encouragement, pour toutes celles et ceux qui luttent contre  les ténèbres du mondialisme, attendent le réveil des peuples, de l’Europe des patries libres et souveraines. Incontestablement la très courte défaite de Norbert Hofer à ce second tour de la présidentielle  face au candidat européiste,  écologiste, partisan d’une société grande ouverte, multiculturelle, soutenu par la  coalition  de tous les autres partis, syndicats autrichiens est un tournant, un petit échec qui annonce de grandes victoires.  Bruno Gollnisch ou encore Florian Philippot l’ont noté, la dynamique  est incontestablement, dans de très nombreux pays de l’UE, du côté des défenseurs des idées nationales.

    Seules  quelques milliers voix  ont finalement séparé Norbert Hofer et Alexander Van Der Bellen. Un  écart ridicule, qui a tourné en faveur du candidat euromondialiste avec le dépouillement des votes par correspondance,  utilisés majoritairement par les Autrichiens expatriés, les « gagnants de la mondialisation » des centres-villes, bobos et autres retraités. Depuis Israël où il est en visite officielle,Manuel Valls n’a pas manqué de donné son sentiment sur twitter, partagé de Mélenchon à Sarkozy :  « Soulagement de voir les Autrichiens rejeter le populisme et l’extrémisme. Chacun doit en tirer les leçons en Europe. »

    En tirer les leçons ? Le journal de référence de la Caste, Le Monde  s’y essaye  en expliquant à ses lecteurs  que « les grands partis démocratiques ne doivent pas lever par opportunisme le cordon sanitaire autour d’un parti populiste d’extrême droite et reprendre à leur compte une partie de sa propagande : cela ne peut que se retourner contre eux et renforcer les populismes d’extrême droite (…). C’est précisément parce que le président est censé incarner l’unité nationale qu’il est préoccupant de voir que la moitié de l’électorat a accordé sa confiance à un homme politique qui sème autant la division (..) ». Une division que les Autrichiens sont  de plus en plus nombreux à imputer à ceux qui veulent transformer un pays paisible, homogène, plutôt prospère et épargné par la criminalité, en en changeant le substrat.

    Le spécialiste es FN  Nicolas Lebourg se livrait sur slate.fr à une analyse de  l’élection autrichienne, afin d’en tirer des enseignements pour la France. Sur la même longueur d’onde qu’un Nicolas Sarkozy affirmant que c’est en réactivant le clivage droite gauche que l’on fera reculer le FN, le politologue  écrit que « partout en Europe, le vote populiste se nourrit d’une offre entre droite et gauche de moins en moins différenciée (…). Cela a souvent été dit : l’indifférenciation entre sociaux-démocrates et conservateurs a été un accélérateur pour le FPÖ. Avec la crise migratoire, l’agitation politique quant aux réfugiés, censée contenir le vote FPÖ, a pu avaliser les diagnostics et propositions populistes (…)  En France, l’électorat de droite estime en grande part que le président Sarkozy ne fit pas la politique de droite à laquelle il aspirait, tandis que l’électorat de gauche considère largement que le Président Hollande n’a pas fait une politique de gauche. »

    « Autrement dit, il n’est pas certain que l’emballement médiatique autour du ni droite ni gauche d’Emmanuel Macron soit si fondé qu’il y paraisse. Il y a un évident épuisement, voire mépris, envers la droite et la gauche que nous avons. Il y a, en France, un désir d’union nationale par-delà des partis mal identifiés. Il y a une crise particulièrement vive de ce qu’est le socialisme français, à laquelle Manuel Valls et Emmanuel Macron essayent chacun de répondre à leur façon, mais en prônant tous deux un dépassement des lignes établies. Cependant, considérer qu’une absence d’identité idéologique et de programmes contradictoires soit l’avenir de la politique relève peut-être plus du credo que du fait établi.»

    Hier, lors du Club de la presse sur Europe 1, le politologue et  ex candidat sarkozyste Dominique Reynié exprimait lui aussi ses craintes : il est « très probable » que le FPÖ remporte les législatives d’ici deux ans  et gagne  ainsi la course  à la chancellerie. « On est passé d’un populisme qui s’est propagé, qui s’est enraciné, qui a gonflé à un populisme qui est en passe maintenant de prendre le pouvoir (…). L’affaire des réfugiés est littéralement explosive : il y a de la part des Européens un refus très net (de cette immigration, NDLR) qui s’exprime de toutes les façons possibles, et cela va jusqu’à pratiquement donner le pouvoir à Norbert Hofer en Autriche. » « Il n’y a pas un pays en Europe où on a préparé ce changement là.« 

    Dans ce contexte, M. Reynié estime que le sursaut identitaire, national, souverainiste pourrait venir de la France même :  « A certaines conditions, Marine Le Pen peut gagner la présidentielle. Elle peut être éliminée au premier tour, mais avec un autre agencement des choses, elle peut gagner. Par exemple, si les Britanniques décident de sortir de l’UE, ou si nous avons une nouvelle crise des migrants, ou si nous avons une crise des taux d’intérêts, ça peut lui être favorable. La situation est si fragile qu’il est impossible d’exclure que les périls peuvent tout à fait faire basculer un pays. »

    Situation fragile, périlleuse, susceptible de faire basculer un pays?  Autant de qualificatifs  correspondant assez exactement à ce à quoi a abouti  des décennies d’alternance droite-gauche à la tête de l’Etat, qui s’est traduite par une tiers-mondisation, une  paupérisation de la France particulièrement inquiétante. En Autriche comme en France, agiter des peurs irrationnels et de vieux  fantasmes n’empêchera  pas éternellement le retour au bon sens, et nous l’espérons, l’indispensable réflexe de survie qui doit conduire Marine, les idées patriotiques à l’Elysée.

    http://gollnisch.com/2016/05/24/le-point-de-bascule/

  • Blocage et grèves : Le moment est-il venu de faire tomber Hollande ?

  • Raffineries bloquées : et ça continue, encore et encore…

    Lundi, en fin de matinée, près de 85 % des départements de France métropolitaine étaient touchés par la pénurie.

    Et ça continue, encore, et encore… chantait Cabrel.

    Après les grèves SNCF, les voitures de flics brûlées, les militaires et les forces de l’ordre caillassés, les blocages de sites et les barrages filtrants par les chauffeurs routiers, voici les grèves dans les raffineries. Sur les huit que compte la France, six sont en grève. Une photographie de la situation lundi, en fin de matinée, indiquait que près de 85 % des départements de France métropolitaine étaient touchés par la pénurie, 800 stations-service étant à sec. Le responsable CGT-Pétrole affirmait, quelques heures plus tôt sur RMC, que rien ne « [bougerait] tant que la loi Travail ne [serait] pas retirée », précisant : « Cela va durer au moins toute cette semaine. »

    Mais attention, on va voir ce qu’on va voir ! « Il n’y aura aucune indulgence de la part du gouvernement », menace Michel Sapin. « Nous maîtrisons la situation. Nous allons continuer à évacuer un certain nombre de sites et notamment les dépôts », affirme Manuel Valls. « Le durcissement du conflit ne nous fait pas peur », renchérit Alain Vidalies.

    Mais bien sûr. On y croit, mes chéris.

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  • Cette République faible et arbitraire...

    La contestation multiforme de la loi Travail n'a pas cessé malgré les concessions faites par MM. Valls et Hollande, et les tensions montent, autant autour des raffineries et des stations d'essence que dans les rues, au risque d'affrontements et de violences qui, à l'approche de la coupe européenne de balle-au-pied, font planer le spectre de désordres plus graves encore. Le plus surprenant, pour l'observateur étranger, est que, dans le même temps, l'état d'urgence en vigueur depuis novembre 2015 vient d'être prolongé pour deux mois, alors même que les forces de l'ordre semblent « dépassées » par les émeutes qui dévastent, à chaque grande manifestation, les centres-villes de l'Ouest et de Paris : pourtant, ces mêmes forces de l'ordre sont reconnues, en Europe et à juste titre, comme les meilleures du continent : en somme, ne faut-il pas rechercher ailleurs le problème ? Drôle d'ambiance, en tout cas ! Fin de règne ou de régime ? Crise de l'autorité ou malaise, voire faiblesse de l’État ?

    Plusieurs réponses possibles, en fait : tout d'abord, nous sommes entrés dans la dernière année du quinquennat de M. Hollande, déjà reparti en campagne électorale présidentielle et à la recherche, sinon de tous ses électeurs perdus, du moins des électeurs de gauche et européistes qui voudront bien lui faire crédit de quelques réformes plus sociétales que sociales, comme la légalisation du mariage homosexuel, et d'un alignement constant sur la ligne « la plus européenne », ayant renoncé à faire preuve d'originalité française sur de nombreux sujets touchant la politique générale de l'Union européenne (les Grecs en savent quelque chose...). Son partenariat inégal avec la chancelière allemande, qui fait de cette dernière la seule autorité reconnue en Europe (reconnue ne signifie pas bienvenue...), a nettement dégradé l'indépendance de la France et sa possibilité d'être écoutée, voire celle de manœuvrer par elle-même. Or, cela plaît aux élites européistes qui, de tout temps, vantent l'idée d'un fédéralisme continental en ayant aussi intégré l'idée que, pour toute fédération il faut un fédérateur, c'est-à-dire une autorité unique naturellement reconnue et seule « légitime » à entraîner (donc à commander) les autres : souvenons-nous des « briandistes » des années 1940 qui se résolurent, sans être nazis, à rallier l'idée hitlérienne de « l'Europe nouvelle », non par extrémisme (ils ne l'étaient pas, mais bien plutôt modérés, « raisonnables et réalistes » dira l'un d'entre eux dans L'Illustration de l'époque, journal on ne peut plus « convenable » avant-guerre et se proclamant tel en temps de guerre tout en collaborant avec l'Allemand), mais juste par européisme revendiqué et pragmatique...

    Ainsi, pour en revenir à la situation présente, c'est plus encore la compétition présidentielle sur fond d'impopularité du président en quête de réélection qu'une simple fin de règne annonciatrice d'un possible (ou illusoire) renouveau politique.

    Mais la tension actuelle autour du projet de loi El Khomry révèle surtout la faiblesse d'un régime, de cette Cinquième qui reste une république, lorsque s'approchent les échéances électorales et que s'aiguisent les longs couteaux des ambitieux qui se veulent tous César quand ils ne sont que Brutus ou Créon...

    Certains en profitent pour vanter les mérites d'unehypothétique Sixième République qui ne serait rien d'autre, à bien les lire, que le retour aux jeux démocratiques illimités et parlementaires de la Troisième et de la Quatrième, et cela au détriment de l'autorité de la magistrature suprême de l’État, voire de l’État lui-même.

    Or, si crise de régime il y a, elle tient dans l'autorité défaillante d'une République qui ne sait plus donner de la légitimité à son « Pays légal » : le processus électoral de la démocratie représentative ne fonde plus qu'une légalité de moins en moins légitime aux yeux des électeurs qui attendent des réponses et des solutions là où les élus, parlementaires ou président, ne leur donnent que des promesses et ne leur imposent que des oukases. Si le recours au 49-3 passe désormais si mal dans l'Opinion publique, c'est qu'il est devenu un mode de gouvernement quand il ne devrait être qu'une exception utilisée avec prudence et fermeté, et non avec brutalité comme c'est le cas aujourd'hui par MM. Valls et Hollande.

    Cette République qui se veut autoritaire quand elle n'est qu'arbitraire (et non arbitrale) doit faire  face à de multiples mécontentements et mouvements de révoltes, dont certains sont fort motivés quand d'autres ne sont que les soubresauts des anciennes forces jadis promptes à défendre une République qui, finalement, n'en a plus besoin. Mais elle ne peut durer, sa faiblesse menaçant de désarmer complètement notre pays face aux défis du monde contemporain. Il nous faut bien, alors, reposer la question première qui est celle du Politique et de son incarnation institutionnelle, de celle qui est nécessaire au maintien et au déploiement de toutes les possibilités de la France dans le monde, pour aujourd'hui comme pour demain.

    Le mot « crise » vient du grec « Krisis » qui signifie la séparation entre un avant et un après : si, désormais, c'est la République qui tient lieu « d'ancien régime », il est temps de rappeler que la Monarchie peut tenir lieu et place de « nouveau régime », non pour sa simple nouveauté mais pour sa capacité à durer, à se renouveler, à s'éterniser dans le sens le plus noble du terme, celui de l'enracinement qui permet à un pays, arbre de familles et de provinces, d'histoires et de visages, d'âmes et d'esprits, de s'élever vers le ciel, florissant et vigoureux...

    http://nouvelle-chouannerie.com/