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France et politique française - Page 4392

  • L’enseignement catholique contre la théorie du genre

    L’Editorial de Pascal Balmand

    « Dans la conversion et le calme [est] votre salut, dans la sérénité et la confiance [est] votre force » (Isaïe, 30,15)

    "La collaboration confiante entre école et famille au sein de la communauté éducative doit protéger les élèves de toute instrumentalisation.

    Depuis 2011, la question de l’éventuelle introduction dans les programmes scolaires de ce que d’aucuns appellent désormais la « théorie du genre » fait l’objet d’une mobilisation qui s’est accrue ces derniers mois. Pour notre part, nous considérons que les parents sont les premiers éducateurs de leurs enfants. C’est pourquoi nous nous efforçons de promouvoir une collaboration confiante entre les familles et l’école. Pour cette même raison, nous sommes opposés à toute instrumentalisation des enfants et des jeunes, aussi bien par l’institution scolaire que par qui que ce soit.

    La défense de l’égale dignité de toute personne humaine et le respect de l’altérité conduisent à refuser tout recours idéologique à une « théorie » du genre.

    Nous sommes habités par une vision chrétienne de la personne humaine, fondée sur l’égale dignité de tous, hommes et femmes. À ce titre, nous nous engageons dans une éducation au respect, à la fraternité et à l’amour, comme dans la lutte contre toute forme de discrimination, dès lors qu’elle s’inscrit dans une prise en compte de l’altérité. C’est pourquoi nous n’adhérons pas aux approches qui, en occultant toute forme de différenciation sexuée, transforment les études sur le genre en une idéologie. Du point de vue de la raison, ces approches doivent être soumises à la démarche scientifique comme à l’interrogation anthropologique et éthique. Elles n’ont donc pas à trouver place à l’école en tant que pré- supposé incontestable, et encore moins en tant que « norme » à diffuser ou à imposer.

    Notre projet éducatif est mis en œuvre, dans les établissements, par des équipes responsables. [...]

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    http://www.actionfrancaise.net/craf/?L-enseignement-catholique-contre

  • [Communiqué] Manifestation pour les libertés mardi 18 mars à 19h30 place du Trocadéro !

    Le CARP (Collectif des Avocats contre la Répression Policière) et Solidarité pour Tous organisent une manifestation de défense des libertés publiques mardi 18 mars à 19h30 place du Trocadero à Paris, en soutien à :

     

    - Maxime, opposant à la loi Taubira condamné le 11 mars 2014 à 18 mois de prison de 6 mois fermes à la suite de sa participation à une manifestation à Lyon en 2013,
    - Anna, étudiante persécutée par la police pour l’obliger à espionner la manif pour tous contre sa volonté,
    - Hervil, poursuivi pour avoir brandi une banderole « Hollande démission », Guillaume, directeur de la rédaction du Salon Beige, mis en examen pour avoir publié un photomontage critiquant la répression policière en 2013,
    - et 3 manifestants arrêtés le 26 mai 2013, qui viennent de se voir mis en examen près d’un an après leur participation à la manifestation du 26 mai 2013 aux Invalides. Rejoignez l’évènement Facebook ici : https://www.facebook.com/events/533...

     
  • Farida Belghoul : « La République a mis la France à mal »

    Farida Belghoul est cette franco-maghrébine de la deuxième génération qui a fait reculer en désordre le pouvoir socialiste sur la question du genre à l'école et qui organise désormais chaque mois, comme une semonce, sa Journée de Retrait de l'Ecole : JRE. Dans certains quartiers, à Meaux par exemple, elle a obtenu de très bons chiffres puisque, dès le premier mois, 70 % des élèves manquaient à l'appel dans leurs classes le jour de la JRE.
    Monde et Vie : Farida Belghoul, qui êtes-vous ? On dit que vous venez de la gauche ?
    Farida Belghoul : Je suis née en 1958 à Paris et j'ai fait des études de sciences économiques. Mon seul engagement à gauche a été les trois années que j'ai passées, entre 17 et 20 ans, aux étudiants communistes. Cela dit je me suis toujours engagée dans le collectif. Et j'insiste : pas dans le communautarisme, dans le collectif. Vous vous souvenez qu'en 1983, un faux curé moderniste (sic), Christian Delorme, avait lancé la Marche nationale des Beurs. Quant à moi, j'ai lancé, l'année suivante, comme une sorte de réponse, le mouvement Convergence 84. Il s'agissait d'un grand rallye à mobylette, avec des gens de toutes origines, venant de cinq points de départ différents en France et se retrouvant à Paris. Je voulais moi aussi poser la question de l'immigration, mais pas dans les termes communautaristes utilisés par les antiracistes. Je soulignais les soucis communs que partageaient les Français de souche et les immigrés. Au fond, c'était déjà l'idée d'une coagulation.
    En même temps, vous êtes romancière et cinéaste... Pour votre roman, vous avez même reçu un prix...
    Disons plus simplement que j'ai réalisé deux films, produits dans des maisons de distribution alternatives.
    L'un s'appelle Madame la France, l'autre Le départ du père. Il y a eu aussi en 1986 ce roman Georgette, pour lequel j'ai reçu effectivement le Prix Hermès du premier roman, un prix qui était décerné par tous les lauréats des prix de l'année précédente. J'avoue que je ne m'y attendais pas du tout, d'autant plus que je n'étais pas dans le circuit de la grande distribution du livre. Georgette, c'est l'histoire d'une petite fille à l'école qui ne sait pas d'où elle vient. Deux forces opposées se disputent son identité : d'un côté, la maîtresse, qui représente le Progrès et la force de la loi humaine. De l'autre le père qui a pour lui la légitimité et la loi de Dieu...
    Après ce premier succès, il ne se passe rien jusqu'aujourd'hui... Vous avez réfléchi ?
    Pas rien ! J'ai été prof de Lettres et d'histoire-géo pendant vingt ans dans un lycée pro en banlieue. Et puis, en 2008, j'ai créé le RAID, Remédiation par l'aide individualisée à domicile, à l'attention des enfants en échec scolaire. C'est vrai que j'ai réfléchi. Les fées s'étaient penchées sur notre berceau. C'était magnifique. Mais j'ai voulu remettre en cause toutes les « vérités » des années 1980. Ces fées nous ont donné une fausse image du christianisme et de la France. Elles nous ont laissé ignorer le lien réel entre la France et le christianisme. À l'époque, nous avons cru à des choses... à des vérités relatives et manipulatoires. Voilà pourquoi cette convergence à laquelle j ' aspire avec les vrais chrétiens n'a pas eu lieu plus tôt.
    C'est vrai qu'il y aurait une puissance électorale dévastatrice dans cette coagulation ou dans cette convergence...
    Alors là vous n'y êtes pas du tout... Les élections ne m'intéressent pas, qu'elles soient nationales ou locales ou européennes. Je ne fais pas de politique...
    Mais alors qu'est-ce que vous cherchez ?
    Que les gens reprennent le contrôle de leur vie.
    Vous êtes libérale alors ?
    Non je cherche simplement à ce que les gens ne délèguent pas ce contrôle à des personnes illégitimes. Dieu nous a confié un dépôt, ce dépôt doit être élevé selon de vrais critères. Il faut que les questions soient posées à partir des principes et non à partir de leurs applications contingentes et maçonnisées. Les catégories politiques que vous évoquez - le libéralisme par exemple - cela ne nous concerne pas. Nous sommes dans une société libérale qui nous conduit vers le chaos. La société libérale, c'est la gouvernance par le chaos. Dans la société libérale, on ne s'étonne ni des catastrophes ni des courses à l'abîme. Moi, si vous voulez, je ne crois pas à la politique de l'époque: détachée de tout objectif spirituel, elle a perdu sa légitimité.
    Farida, vous avez conscience d'être une sorte d'OVNI dans l'époque comme vous dites. Quelle est votre identité spirituelle ? Comment vous définissez-vous personnellement? Qu'est-ce que vous lisez par exemple ?
    Les écrits des saints catholiques et des saints musulmans. Je ne m'imaginais pas qu'il y ait des saints en islam. Quand je l'ai compris, cela m'a libérée et j'ai pu aller vers les saints catholiques, sainte Thérèse d'Avila, sainte Thérèse de l'Enfant Jésus, saint Augustin bien sûr, l'Africain, dont j'ai lu les Confessions et aussi Maître Eckhart. En islam, j'ai lu, parmi les noms que vous connaissez Ibn Arabi ou aussi les écrits spirituels de l'Emir Abdel Kader. Ajoutez à cela bien sûr toute la littérature française du XIXe siècle, que j'ai appréciée et enseignée en tant que prof de français.
    Où va-t-on, si l'on vous suit ?
    On va... à la victoire ! Les parents vont vaincre leur peur et on va pouvoir mettre sur pied le premier réseau structuré de catholiques et de musulmans unis sur le terrain. Et les familles vont se défendre, le père et la mère vont défendre leurs enfants. Voilà mon but. C'est cette union des catholiques et des musulmans face au socialisme qui permettra la victoire. La France... On peut dire que la République l'a mise à mal. Elle la fait disparaître. Mais l'intérêt du monde, c'est que la France revienne - en attendant Jésus-Christ, car, en tant que musulmane ma tradition m'a appris qu'à la fin des temps Jésus reviendra...
    Propos recueillis par Joël Prieur monde & vie 25 février 2014

  • Démagogie sans énergie

    par Jean-Marc Jancovici

    Les municipales puis les européennes ne devraient pas déroger à la règle : il y en aura pour tout le monde.

    Lors des élections, l’empilement de promesses tient hélas lieu de grand dessein national ou européen, et la population devient facilement une simple juxtaposition d’ouvriers, de mères de famille, d’automobilistes, de jeunes, d’instituteurs et d’homosexuels.

    Ce procédé a au moins le mérite de la simplicité sur le plan économique : les promesses électorales étant toujours additionnelles à l’existant, dès que la liste de tous ceux qu’il faut séduire pour être élu est terminée, il est facile d’en déduire l’argent nécessaire, et donc le taux de croissance qui va en face.

    Le taux de croissance annoncé par un candidat ne doit donc rien à un savant calcul, mais tout à la nécessité de se faire bien voir de l’électeur. Et s’il n’y a pas de croissance, ou pas assez ?

     

    De 1960 à 1973, le PIB de l’OCDE a augmenté de 5,2 % par an en moyenne. De 1974 à 2007, nous sommes descendus à 2,8 % par an, et depuis 2008, à 0,4 %. Et, sur chaque période, les évolutions entre pays de la zone sont voisines. Par exemple, depuis 2007, les Etats-Unis ont cru de 1 % par an en moyenne, soit moins que l’Allemagne. Dans ce contexte, comment ne pas croire qu’un élément plus puissant que la parole politique est à l’œuvre ?

    Des travaux économétriques récents ont confirmé que le premier déterminant du PIB, dans les pays industrialisés – là où des machines mangeant de l’énergie ont remplacé des hommes mangeant du pain – c’est l’énergie, qui est, par définition même, la capacité à transformer le monde qui nous entoure.

    Depuis 2007, l’approvisionnement énergétique des pays de l’OCDE a commencé à baisser, tout simplement parce que la planète pétrole ne peut plus fournir comme avant. Moins d’énergie, c’est moins de transformations, et donc, toutes choses égales par ailleurs, moins de PIB à l’arrivée.

    Cet approvisionnement énergétique de l’OCDE va continuer à se contracter. La stagnation ou récession est donc là pour « un certain temps », et la question désormais est bien de savoir comment on s’organise – et comment on mobilise les électeurs – pour être heureux avec ça.

    Les Echos

    http://fortune.fdesouche.com/332499-demagogie-sans-energie#more-332499

  • Ne rien lâcher – le combat de toute une vie

    Sur Nouvel Arbitre

    Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs,

    En Europe et partout dans le monde, un véritable mouvement s’est lancé afin de promouvoir l’avortement, l’idéologie du genre et la feuille de route du lobby gay.

     

    De plus, au cours de ces derniers mois, ce mouvement a présenté au Parlement européen le rapport Estrela qui heureusement a échoué par trois fois. Celui-ci cherchait en effet à mettre en avant la culture de l’avortement chez les plus petits au sein même des écoles. Puis, il y a eu le rapport Lunacek, qui malheureusement a été approuvé, malgré une forte contestation. Ce rapport donne des privilèges spécifiques pour les personnes appartenant au lobby LGBT.

    En France, le gouvernement tente d’imposer une idéologie, un nouveau modèle de la famille et de la filiation à travers le mariage de personnes de même sexe, l’adoption pour ces personnes, la PMA et la GPA. Tous les moyens sont bons pour faire plier les membres de La Manif Pour Tous, comme le prouve l’affaire Anna qui explose encore une fois au nez du gouvernement français. Tous les moyens sont bons quand on sait que le gouvernement utilise une police politique ! Le plus drôle étant qu’ensuite ce même gouvernement donne des leçons de démocratie au monde entier et en particulier à la Russie !

    Nous faisons face à ces problèmes et tant d’autres vont encore surgir de la pensée de nos politiciens. C’est pourquoi nous ne pouvons et nous ne devons absolument pas relâcher nos actions contre le gouvernement et contre cette idéologie ! Nous faisons partie du futur de notre pays, nous faisons donc partie des décisions qui doivent être prises, nous ne devons pas nous cacher mais crier sur les toits nos idées ! [...]

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    http://www.actionfrancaise.net/craf/?Ne-rien-lacher-le-combat-de-toute

  • Patrick Buisson n’est ni « intellectuel », ni « maurrassien »

    L’expression est évidemment plus plaisante qu’« ancien responsable de Minute ». Mais elle ne reflète pas la pensée du conseiller de Nicolas Sarkozy et cache le fait qu’il n’a fait que conduire la droite au suicide électoral.

     

    « Intellectuel maurrassien » : cette formule a été massivement utilisée pour définir Patrick Buisson, l’ancien conseiller de Nicolas Sarkozy aujourd’hui pris dans l’affaire de ses écoutes. Elle n’est pourtant guère exacte, ni guère intelligible tant la personne de Charles Maurras demeure méconnue du grand public.

    Cela n’était d’ailleurs pas pour desservir Patrick Buisson : la préciosité de l’adjectif « maurrassien » lui donne un vernis de philosophie politique bien plus porteur en termes d’ostentation de capital culturel que celle d’« ancien responsable de Minute », nettement plus délicate pour les dîners en ville. La transgression dandy consistant à afficher une étiquette, certes sulfureuse, mais complexe et méconnue, produisait une insertion sociale dans les droites en recomposition.

    Reprenons : qui fut Charles Maurras ?

    Né en 1868, il est le penseur du « nationalisme intégral ». Il est le maître à penser du journal et de la ligue d’Action française. Son influence dépasse le cadre de l’extrême droite hexagonale, Maurras étant bien connu de nationalistes espagnols, belges, sud-américains, etc. Selon lui, la République aurait instauré un « pays légal » (la représentation nationale) totalement déconnecté du « pays réel ».

    Charles Maurras et le nationalisme intégral

    Pour que le pays légal corresponde au réel, Maurras prône le retour à la monarchie héréditaire et aux traditions. Sa démarche n’est pas sentimentale comme chez les royalistes qui le précèdent : c’est un positiviste agnostique qui se réclame de l’« empirisme organisateur ». [...]

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  • Les Mémoires interrompus de Jean-Claude Valla

    Décédé le 25 février 2010 à l’âge de 65 ans, Jean-Claude Valla est une figure qui compte dans ce que la médiasphère a improprement appelé la « Nouvelle Droite » puisqu’il en fut l’un des co-fondateurs. Les éditions Alexipharmaque viennent d’éditer ses Souvenirs qui sont des Mémoires inachevés. Rédigé entre les années 1990 et le début de la décennie 2000, cet ouvrage intitulé Engagements pour la civilisation européenne retrace une partie de sa vie.
    Né en 1944 à Marcigny dans le Sud de la Saône-et-Loire, le jeune Valla est très tôt happé par deux passions qui le tiendront jusqu’à la fin : la politique et la Bourgogne. Lycéen à Roanne, sous-préfecture et deuxième ville de la Loire, il fonde un fantomatique Comité des lycéens roannais pour l’Algérie française au lendemain de la semaine des barricades d’Alger en janvier 1960. Il s’affilie très jeune au mouvement poujadiste et rejoint sa branche juvénile, l’Union de défense de la jeunesse française dont il devient le responsable départemental car unique militant…
    Il tempère son militantisme poujadiste par une adhésion quasi-charnelle à sa petite patrie qu’est la Bourgogne. Déjà épris d’histoire, Jean-Claude Valla aime sa terre natale. De son enfance passée à Marcigny, il a « conservé un attachement profond à la Bourgogne (p. 19) », particulièrement « la Bourgogne mythique des Nibelungen ou la Bourgogne héroïque du Téméraire (p. 21) ». Ce régionalisme original se concrétise en hiver 1972 par la sortie d’un périodique, Grande Bourgogne, qu’il co-anime avec Pierre Vial. Mais, faute d’audience et de succès, ce numéro n’a pas de suite.
    Un profil populiste, régionaliste et nationaliste révolutionnaire précoce
    Le régionalisme de Valla peut se définir comme culturel et nullement folklorique (au sens désobligeant du terme). Son intérêt pour la politique l’incline aussi vers le nationalisme étatique, rénové et révolutionnaire. Élève dans une classe préparatoire à Lyon afin d’intégrer la « Grande Muette », il rêve en ce temps « d’une armée de type nassérien, capable de prendre le pouvoir lorsque les intérêts du peuple étaient en jeu et d’être le fer de lancer de la nation (p. 43) ». À la même époque, il rencontre un mouvement qui porte une vision nationaliste ardente et actualisée : la F.E.N. (Fédération des étudiants nationalistes) dont les motivations l’attirent, lui qui a « du nationalisme une conception plus dynamique, plus révolutionnaire, et surtout plus ouverte à l’Europe (p. 34).
    Privilégiant l’activisme aux amphithéâtres universitaires, Jean-Claude Valla devient rapidement une personnalité connue des quelques militants lyonnais de la F.E.N. ainsi que des policiers qui l’arrêtent souvent pour le placer en garde à vue. Le livre contient des anecdotes savoureuses qui rappellent l’abjection permanente de la police du Régime. Remarqué par les instances dirigeantes, il monte à Paris à l’automne 1965, s’occupe de la logistique de la revue Europe Action et devient le factotum de Fabrice Laroche alias Alain de Benoist : « Je lui servais, par exemple, de coursier pour aller chez les éditeurs chercher ses livres en service de presse (p. 70). »
    Militant dans la capitale des Gaules, Jean-Claude Valla a auparavant animé divers bulletins universitaires spécialisés dont Les Sept Couleurs conçu pour les étudiants en lettres. Sous le pseudonyme de Jacques Devidal, il publie en janvier 1965 un retentissant « Nous, les nationalistes de gauche » qui, malgré une évocation de José Antonio Primo de Riviera, indispose les éternels droitards compassés. Il y estime avec raison que « le nationalisme devait définitivement tourner le dos à la droite conservatrice (p. 49) ». Dans le même temps, ce « nationalisme » soucieux de justice sociale acquiert une autre dimension, au-delà de la simple nation politico-historique : « Nous étions européens, parce que nous étions conscients de la communauté de destin des peuples du Vieux Continent (p. 78). » Déjà s’élaborait instinctivement en lui la riche thématique des trois patries régionale, nationale et continentale complémentaires. Il n’est dès lors guère surprenant qu’il se réfère souvent à quelques figures « solidaristes » ou nationales-syndicalistes comme José Antonio, le Flamand Joris van Severen, les Allemands Ernst von Salomon et Ernst Jünger.
    Toutefois, au moment où il entame cette rédaction, il revient un peu sur son engagement régional et européen. Il considère ainsi « que l’État-nation est une réalité encore bien vivante. Il m’arrive encore de le regretter, mais c’est ainsi. Des siècles d’histoire ont forgé cette entité. […] certes, après avoir subi pendant deux siècles la dictature des principes abstraits de la Révolution, il n’est pas mauvais que les Français redécouvrent leurs racines régionales et, au-delà de ces racines, prennent conscience de l’héritage culturel qu’ils ont en commun avec les autres Européens. Mais aujourd’hui, c’est notre survie collective qui est menacée, que ce soit par l’immigration, la construction de l’Europe de Maastricht ou l’impérialisme culturel américain. Nous avons un devoir de résistance et ce n’est pas le moment de détruire les dernières digues qui nous restent, aussi vermoulues soient-elles (p. 81) ». Est-ce si certain à l’heure de la post-modernité bouillonnante ?
    Ces souvenirs incomplets rapportent aussi en trois chapitres la fondation et le développement du G.R.E.C.E. : Valla en fut le premier secrétaire général, le premier titulaire au « Secrétariat Études et Recherches », le premier rédacteur en chef de la revue Éléments et le principal responsable des Éditions Copernic. Sur la chronologie de la création de cette « société d’influence (p. 115) », il réfute le témoignage d’autres cofondateurs tels Maurice Rollet, Chancelier du G.R.E.C.E. Dans sa contribution au Mai 68 de la Nouvelle Droite, Maurice Rollet mentionne une réunion préparatoire en janvier 1968 autour de douze participants dont Valla. Or ce dernier faisait son service militaire en Allemagne à Villingen et était ce jour-là en pleines manœuvres hivernales dans la Forêt Noire. Qui se trompe ? Le témoignage d’autres participants serait éclairant…
    Dégagé des obligations militaires, Jean-Claude Valla commence une carrière de journaliste pour plusieurs titres dont Valeurs actuelles où officie un ancien dirigeant de la F.E.N., François d’Orcival, devenu atlantiste et méfiant envers ses anciens camarades et dont le parcours professionnel le conduira bien plus tard à l’Institut. Il passe ensuite reporteur à Détective dont il garde un souvenir formateur. « Rien de tel que le fait divers pour former un journaliste, lui apprendre à se débrouiller, à découvrir la vie dans ce qu’elle peut avoir de sordide, à faire preuve de persuasion pour que celui qu’il doit interroger consente à lui ouvrir sa porte (p. 102). »
    Au contact hebdomadaire de la vieille droite décatie
    Il relate en outre le lancement du Figaro Magazine et des hostilités inattendues. On apprend que « les rapport entre Le Figaro Magazine et sa maison-mère n’étaient pas bons. […] les deux rédactions […] vivaient retranchées de part et d’autre de la rue du Mail (p. 165) ».
    Jean-Claude Valla assure la liaison entre les deux titres et va chaque semaine dans le bureau de Max Clos, le directeur du quotidien, afin d’éviter les doublons. Mais, aigri, l’équipe du Figaro reprend les mêmes sujets avec son point de vue ringard au point que Valla est bientôt contraint de leur remettre de faux sommaires… Le succès du Figaro Magazine attise donc la rancœur d’une vieille garde qui « n’en tirait que jalousie et tremblait devant les censeurs de la presse de gauche (p. 166) ». Trente ans plus tard, hormis Thierry Maulnier naguère et aujourd’hui Éric Zemmour, ce journal est toujours le porte-parole d’un Hexagone imbécile, bourgeois, atlantiste et libéral-conservateur ! Quant à Max Clos, ce collectionneur des batailles perdues, il s’est réincarné en Yvan Rioufol dont le bloc-notes du vendredi exprime parfaitement les idées creuses de cette droite stérile dont le sarközysme est la dernière manifestation en date. Valla n’est pas dupe sur le lectorat du Figaro Magazine. « Cette France profonde était probablement trop frileuse pour prendre le risque d’un véritable affrontement. Aujourd’hui encore, elle prête une vieille complaisante aux marchands de sable du R.P.R. et de l’U.D.F. Cocue, mais toujours contente (p. 30). » Les récentes et gigantesques manifestations contre le mariage inverti et la politique gendériste de rejet des valeurs familiales confirment ce jugement sévère. Un certain dimanche 2013, les manifestants auraient pu occuper la « plus belle avenue du monde » et marcher sur l’Élysée, Flamby finissant alors comme un simple Ben Ali… Par couardise et légalisme naïf, ils ont rejeté cette possibilité dangereuse pour se donner à une U.M.P. encore plus nocive que son frère jumeau, le P.S. À ce public-là de Hexagons (Hexacons ?) catho bien élevés, on se doit de préférer un autre public, plus hardi, plus organisé, plus violent.
    Malgré quelques critiques, il faut aussi regretter que Jean-Claude Valla ne fasse pas le bilan complet de l’entreprise métapolitique à laquelle il a étroitement participée. Il évoque en trois pages le cas du Club de l’Horloge qui, au départ, « ne s’adressait théoriquement qu’à de hauts fonctionnaires ou à des étudiants qui se destinaient à l’École nationale d’administration (E.N.A.) (p. 129) ». S’il revient sur les causes de la séparation entre ce club de pensée, créé par deux grécistes, Yvan Blot et Jean-Yves Le Gallou, et le G.R.E.C.E., Valla ne s’y attarde guère, peut-être parce que les deux stratégies employées (la métapolitique dans la sphère culturelle par l’entrisme dans le journalisme ou la parapolitique dans la sphère politicienne par l’entrisme dans des partis politiques) ont largement échoué. On peut même craindre que le « gramscisme technologique » suive un destin identique. Internet est un outil susceptible de favoriser un pseudo-activisme du clavier qui est une nouvelle forme de passivité militante. Les nouvelles techniques d’information et de communication ne remplacent pas le militantisme de rue.
    Outre une différence d’ordre sociologique (le G.R.E.C.E. s’adresse à des journalistes, des enseignants et des étudiants tandis que le Club de l’Horloge cherche surtout de futurs hauts fonctionnaires), d’autres divergences majeures ont fait bifurquer sur des voies distinctes deux structures à l’origine proches :
    — une divergence idéologique à propos du libéralisme, combattu par les grécistes et adapté dans un discours conservateur et national par les « horlogers »;
    — une divergence géopolitique : le Club de l’Horloge soutient assez vite l’Occident et son fer de lance, les États-Unis d’Amérique, tandis que le G.R.E.C.E. prend dès le début de la décennie 1980 des positions neutralistes, tiers-mondistes et tiercéristes;
    — une divergence politique avec le soutien gréciste à l’Europe impériale alors que les membres les moins anti-européens du Club de l’Horloge défendent au mieux une coopération intergouvernementale assez lâche;
    — une divergence religieuse qui, avec la question du libéralisme, demeure un point déterminant d’achoppement. Alors que le G.R.E.C.E. n’a jamais caché son paganisme, le Club de l’Horloge défend pour le moins un christianisme catholique d’ailleurs bien affadi par l’Église conciliaire.
    Par ailleurs, cet ouvrage comporte, hélas !, quelques règlements de compte propres au genre. Ainsi Roland Gaucher est-il qualifié de « roi de l’approximation (p. 70) ». Jean-Claude Valla se soucie de la souplesse intellectuelle d’Yvan Blot dont l’« évolution […] pouvait paraître plus inquiétante (p. 131) ». Finalement, il se « félicite aujourd’hui que son ralliement au Front national lui ait permis de retrouver sa liberté intellectuelle et de renouer sans honte avec ses vieux amis (p. 132) ». C’était bien sûr avant 1998…
    Saluant au passage la personnalité bien oubliée de Louis Rougier, Jean-Claude Valla se montre en revanche fort critique envers Guillaume Faye. On est surpris qu’il regrette que « le G.R.E.C.E. soit devenu après mon départ, et en grande partie sous l’influence de Guillaume Faye, beaucoup plus monolithique et trop souvent prisonnier de la langue de bois (p. 126) ». Jugement abrupt et maladroit quand on consulte l’ensemble des travaux produits entre 1979 et 1986. On aurait plutôt apprécié lire une explication pertinente sur cette tentative avortée d’union (en fait absurde, voire insensée) entre des modérés libéraux et des révolutionnaires de droite dans le cadre de l’Alternative pour la France, cette entente illusoire du feu et de l’eau.
    Du journaliste d’influence à l’historien de combat
    Les souvenirs de Jean-Claude Valla s’arrêtent à son éviction du Figaro Magazine. Il tente ensuite l’aventure de Magazine Hebdo, vaincue par la complicité tacite de la gauche morale subventionnée et la pitoyable droite affairiste. Il en restera un bulletin confidentiel d’informations politiques, La Lettre de Magazine Hebdo. Au milieu des années 1980, Jean-Claude Valla va ensuite reprendre le titre d’une revue d’Emmanuel Berl de l’Entre-Deux-Guerres, Marianne (sans rapport avec le magazine éponyme fondé par de pseudo-rebelles…). Ce Marianne-là ne trouvera pas non plus son lectorat.
    Valla rejoint un temps la rédaction de Minute. Puis, à partir du n° 29 de mai 1990, il entre au Choc du Mois, d’abord comme éditorialiste, puis comme chroniqueur impertinent dans la rubrique du « Carnet de voyage en Absurdie ». Il quitte Le Choc du Mois à son n° 60 de janvier 1993, pour prendre la direction de Minute. Certes, « Jacques Devidal » intervient encore dans le n° 65 de juin 1993 du Choc.
    L’actualité va bientôt l’inciter à abandonner son habit de journaliste pour revêtir celui de l’historien rebelle. La scandaleuse affaire Touvier le révulse : il n’hésite pas à s’investir en faveur de l’ancien milicien et en tire en 1996 une contre-enquête remarquable. Auteur d’une biographie sur Doriot chez Pardès, il lance des Cahiers libres d’histoire qui examinent régulièrement un pan méconnu de la Seconde Guerre mondiale. En outre, à une époque où la liberté d’expression historique n’était pas encore pénalisée par des lois liberticides, il ne cachait pas son révisionnisme.
    Véritable « contre-historien » qui va à l’encontre des vérités officielles judiciairement établies, il écrit dans deux publications successives d’un vieux compagnon de route, Dominique Venner : Enquête sur l’histoire, puis La Nouvelle Revue d’Histoire. Hors de tout cursus universitaire et académique – le jeune Valla n’a jamais passé le moindre examen -, il devient sur le tard un historien percutant, à mille lieux des dociles caniches de l’Alma mater.
    Cet ouvrage posthume éclaire une partie de l’existence de la fameuse « Nouvelle Droite » mais son histoire intellectuelle reste toujours à faire.
    Georges Feltin-Tracol http://www.europemaxima.com/?p=3695
    • Jean-Claude Valla, Engagements pour la civilisation européenne. Souvenirs, préface de Michel Marmin, Alexipharmaque, coll. « Les Réflexives », 2013, 191 p., 19 €. (B.P. 60 359, 64 141 Billère C.E.D.E.X.).

  • Crise de régime : les politiciens et les magistrats vont prendre la fuite !

     

    C’est le pire qui puisse arriver à un pays : qu’il n’ait pas confiance dans sa justice. Et c’est ce qui arrive à la France : 80 % des citoyens le disent. Et voilà que la ministre de la justice s’affiche au journal télévisé de 20 heures de TF1 – le plus regardé du pays – et ment effrontément sur sa connaissance des écoutes de M. Sarkozy et de son avocat. Dès le lendemain, le Premier ministre, au 20 heures de France 2, avoue qu’elle a menti.

     

    Si les politiciens savaient ce qu’ils font, ils seraient terrorisés par les conséquences qui vont résulter de cette affaire. Cette fois, ce n’est plus le gouvernement qui est en cause, c’est le régime. Quelle autorité reste-t-il au pouvoir politique quand, convaincu d’impéritie dans la gestion du pays, il est frappé du pire discrédit moral, et que l’opposition n’apparaît à personne comme une force d’alternance crédible ?

     

    Si les choses allaient à peu près bien, le pouvoir pourrait espérer survivre aux scandales qui le discréditent. Mais quand il va falloir prendre des mesures très difficiles pour remettre le pays à flot, ce ne sont pas ces politiciens lamentables qui vont pouvoir les faire accepter aux Français. Aujourd’hui, ils reculent à la première contestation populaire, demain ils prendront la fuite. C’est ainsi que finissent toujours les régimes qui ne représentent plus les citoyens.

     

    La justice est au cœur de la dérive française. Elle n’est pas ce pilier de la démocratie auquel on peut se raccrocher quand tout part en quenouille. Elle est la plus corrompue de toutes nos institutions. Non par des enveloppes que toucheraient les juges, mais par le jeu des ambitions sans scrupules, des appartenances occultes, des partis-pris idéologiques, du corporatisme professionnel. Les juges ont perdu jusqu’au sens de la justice, et c’est bien ce que le peuple ressent et leur reproche.

     

    Un juge connu est allé jusqu’à dire sur un plateau de télévision à un avocat fort connu lui aussi et qui se prévalait du secret professionnel attaché à son activité qu’à ce compte-là il suffirait à un truand de passer son diplôme d’avocat pour être à l’abri des écoutes de police ! Ils ont perdu la tête !

     

    L’urgence n’est plus de réformer la justice. Elle est d’en changer. On n’arrivera à rien avec ces magistrats-là. Ils ne connaissent rien de la vie, passant de leurs études à leur profession sans jamais connaître ce qu’est une entreprise, sans avoir jamais pratiqué un métier. Qui les a choisis ? Pas le peuple ! Or ils jugent « au nom du peuple français » !

     

    Ils sont au nombre de 8 000, il n’est pas difficile de les remplacer. Appliquons-leur la méthode employée avec succès par Ronald Reagan envers les contrôleurs de la navigation aérienne qui paralysaient le pays : ils ont tous été licenciés et réengagés dans d’autres conditions.

     

    Licencions tous les magistrats et n’en réengageons certains à titre transitoire qu’après un examen devant un jury citoyen qui aura à juger de leurs qualités morales, tandis que ne seront nommés juges que les personnes ayant une bonne connaissance du droit et au moins dix années d’activités professionnelles ailleurs que dans une administration. Et là, vous aurez des juges représentant vraiment le peuple français.

     

    La première condition à remplir pour la justice d’un pays démocratique est d’inspirer le respect. En France, les juges n’inspirent que la crainte. Elle va disparaître parce que le peuple n’en peut plus de l’arrogance des magistrats, de leurs références à leurs propres idées et non à celles des citoyens au nom desquels ils jugent, de leur aveuglement face à l’état de la société. Le peuple va éclater de colère. Ce jour-là, il ne fera pas bon être magistrat. D’ailleurs on ne les verra plus. Eux aussi auront pris la fuite !

     

    Claude Reichman

    http://francelibre.tumblr.com/post/79701779173/crise-de-regime-les-politiciens-et-les-magistrats