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France et politique française - Page 4388

  • Les très démocratiques militants socialistes s’en prennent à l’élection de Stéphane Ravier à Marseille

    Stéphane Ravier, candidat FN aux municipales marseillaises, a été élu maire du septième secteur ce matin. Mais le moins qu’on puisse dire, c’est que l’élection s’est effectuée de manière houleuse. Des militants du Parti Socialiste, au nombre de 40 personnes environ, ont pénétré dans la salle de la mairie avec des pancartes indiquant, entre autres, « la gauche contre le FN » et scandant des slogans anti-FN. Du coup la séance a dû être suspendue avant de pouvoir reprendre l’élection. La police est intervenue pour les évacuer.  N’étaient-ce pas les mêmes qui nous disaient qu’il fallait respecter une élection, en plein débat du mariage homosexuel ? On voit ce qu’il en est quand elle ne leur convient pas !

    http://medias-presse.info/les-tres-democratiques-militants-socialistes-sen-prennent-a-lelection-de-stephane-ravier-a-marseille/8659

  • Un gouvernement républicain de plus, et pour rien !

    Est-ce un gouvernement de transition ? C'est la question que l'on peut légitimement se poser au regard de la liste des seize ministres concoctée par M. Valls avec ce souci des équilibres internes au Parti Socialiste digne des jeux d'appareil de la défunte Quatrième République, et cette pratique d'une parité qui se fait plus idéologique que réaliste, privilégiant l'appartenance à un sexe plutôt que les compétences reconnues (ou non, d'ailleurs...) des uns, des unes et des autres... Le quotidien libéral L'Opinion y voit une « tambouille », quand d'autres y entendent la cacophonie d'une Gauche aux abois et aux rumeurs. En fait, ce gouvernement, qui se proclame de « combat » (sic!), n'est qu'unassemblage de personnalités plutôt désaccordées, certaines exemplaires et soucieuses du service de l'Etat (mais oui, il y en a !), d'autres beaucoup plus personnellement ambitieuses et soucieuses de leur destin : le rêve présidentiel affleure même dans le regard d'au moins trois ministres, et les Brutus et autres Ganelon ne manquent pas à cette sorte de Famille Adams élargie ! Sans doute l'actuel locataire de l'Elysée espère-t-il secrètement qu'ils se brûleront les ailes aux feux de la réalité et de l'impopularité qui touche tous ceux qui exercent un pouvoir ministériel en ces périodes de désaveu électoral...

    En tout cas, ce gouvernement ressemble étrangement au précédent, au moins par ceux qui le constituent : seules deux têtes nouvelles (façon de parler, d'ailleurs, l'une ayant déjà, il y a 22 ans, entamé une carrière ministérielle dans ce même poste qu'elle occupe à nouveau depuis mercredi...) y apparaissent, et les quinze autres, si l'on y inclut celle du Chef du gouvernement, hantent les allées du Pouvoir depuis l'élection de François Hollande, parfois dans les mêmes fonctions, malgré un petit jeu de chaises musicales qui n'a rien, en fait, pour satisfaire les mélomanes politiques. Drôle de remaniement qui ressemble plutôt à un recroquevillement frileux d'un carré de fidèles (mais de qui ?) attendant « le choc de Bruxelles », ces décisions prises quelque part en « Europie » et qui rappellent à notre pays que sa liberté n'est plus, pour l'heure, qu'un vague souvenir figé dans la pierre de ses frontons municipaux... Pas de quoi enthousiasmer Billancourt, comme eût dit Sartre en d'autres temps, surtout que les ouvriers ont déserté le Parti Socialiste et que Renault a abandonné son usine mythique depuis longtemps pour mieux la délocaliser au plus loin de la Seine, « quelque part en Mondialie »...

    Tout cela ressemble à une fin de régime, même si l'air est plus empuanti de particules fines que des vapeurs de Molotov et que la plupart des révolutionnaires autoproclamés se contentent de siroter un « Cuba libre » aux terrasses ensoleillées du Quartier Latin en attendant le prochain appel de Bernard-Henri Lévy à faire la guerre morale à quelque Chef d'Etat critique de Jean-Baptiste Botul (vous savez, ce fameux philosophe cité abondamment en son temps par BHL et qui n'a... jamais existé !)... Une fin de régime, et surtout le discrédit d'une République incapable de réformer et de se réformer, incapable de se renouveler et de promouvoir de nouvelles forces, de nouvelles intelligences, de nouvelles stratégies françaises ! Incapable, même, d'exploiter celles, plus anciennes mais parfois toujours vives et utiles, qui servent encore l'Etat avec une conscience haute du devoir politique, et que l'on trouve aussi dans les allées du Pouvoir, ou dans les travées des assemblées. Quel gâchis ! Et pourtant, il y a des hommes et des femmes politiques qui ne déméritent pas, même à gauche, et qui sont l'honneur de la politique et, j'ose le dire, tout royaliste que je suis, l'honneur de cette République qui, elle, ne les mérite pas !

    Quand la République n'est plus que le service des puissants ou la puissance des serviles, elle perd toute légitimité à incarner la France et son destin. Quand elle n'est plus que l'impuissance des politiques à s'imposer aux économistes, elle ne vaut même plus le prix de la corde pour la pendre, triste Marianne dénoncée en son temps par Paul Verlaine qui voulait la « voir un peu dinguer en croix Sa vie horizontale et sa mort verticale » !

    Certains croiront entendre derrière l'écran gronder une colère qui, chacun de mes lecteurs le sait, n'est pas feinte : oui, colère devant cet immense gaspillage des énergies de la France à l'heure où le monde attend de la France une parole mais aussi un style et cette indépendance qui sont sa nature profonde et qui rappellent, pour l'éternité, que le nom même de France veut dire, d'abord, « liberté » ! Pas la liberté encagée par l'égalité, mais la liberté de l'esprit, de l'âme, de l'être politique...

    Cette République qu'invoque constamment M. Valls comme pour se faire pardonner de ne pas mieux servir la France qui, elle, n'a pas besoin de République pour exister et respirer au grand vent de l'histoire et de l'espérance ; cette République-là me navre car elle désarme la France face au souffle désormais empoisonné de la mondialisation, cette mondialisation qui n'est que la triste caricature de l'échange et du partage, singeant l'un et oubliant l'autre...

    Ainsi, ce gouvernement n'est-il que l'aveu d'une impuissance : il n'est pas certain qu'il puisse s'inscrire dans la durée face aux tourmentes économiques et sociales qui s'annoncent, ou qu'il soit capable de rendre à la France (et aux Français!) la nécessaire espérance... Maisson échec ne sera pas, pour autant, une bonne nouvelle car c'est notre pays qui, fatalement, risquera d'en faire les frais !

    A moins qu'une alternative institutionnelle véritable ne s'impose finalement, et qu'elle succède à cette République qui, désormais, ne sait plus faire rêver ni affronter les réalités...

    Jean-Philippe Chauvin

    http://www.actionroyaliste.com/articles/actualites/1339-un-gouvernement-republicain-de-plus-et-pour-rien-

  • Agriculture, déficits budgétaires : nuages à l’horizon entre Paris et Bruxelles

    Le discours de Manuel Valls à l’Assemblée nationale a laissé entrevoir un renoncement du gouvernement à respecter la règle budgétaire des 3 % de déficits. Il semblerait qu’au vu des économies et des baisses de charge annoncées, le bilan penche en faveur de quinze milliards d’euros de dépenses supplémentaires.

    Comment le gouvernement socialiste espère‑t‑il obtenir l’indulgence de Bruxelles ?

    Liés par les accords européens, le gouvernement sera obligé d’aller mendier à Bruxelles un nouveau délai auprès de la Commission européenne. Rien n’indique cependant que la France l’obtiendra. D’ores et déjà, François Hollande et Manuel Valls ont perdu le soutien de l’Italie. Le gouvernement de Matteo Renzi avait envisagé de dépasser les 3 % de déficits en 2014. Finalement, l’objectif des autorités d’outre‑monts se situent bien en‑deçà.

    Ce n’est pas le seul sujet de friction que Manuel Valls devra éclaircir avec Bruxelles

    La Commission réclame pour le moment une amende de 238 millions d’euros au gouvernement français pour des irrégularités dans le versement des aides agricoles, dans le cadre de la politique agricole commune. Ces aides couvrent une période allant de 2006 à 2009. Le ministère de l’Agriculture s’est empressé de rassurer les bénéficiaires d’aide en indiquant que l’Etat se chargerait de payer les amendes.

    Cette nouvelle affaire pourrait‑elle connaître d’autres suites ?

    La Commission européenne pourrait exiger jusqu’à un milliard d’euros pour des irrégularités dans le versement des aides de la politique agricole commune aux fermiers et éleveurs. Toutefois, plusieurs années seraient nécessaires pour solder l’affaire. D’autres aides seraient dans le collimateur de Bruxelles.

    Les amendes imposées par les autorités de l’Union européenne contribueront à accentuer le déficit budgétaire français.

    http://fr.novopress.info/162365/agriculture-deficits-budgetaires-nuages-lhorizon-paris-bruxelles/#more-162365

  • Face à un maire catholique, un élu cite le catéchisme

    Jean-Christophe Gruau, candidat indépendant (soutenu par le FN) aux municipales de Laval se présentait contre François Zocchetto (vainqueur), président du groupe centriste au Sénat (allié à l'UMP, à DLR et au MPF) et contre Jean-Christophe Boyer (PS) qui avait sur sa liste Guillaume Garot, ancien secrétaire d'Etat à l'Agro-Alimentaire du Gouvernement Ayrault. Il a été élu au conseil le 30 mars et lors du premier conseil municipal, le 4 avril, il a déclaré :

    "Enfin, le dernier objectif sur lequel nombre d’entre nous vous trouvons bien léger et timoré est l’acceptation que vous avez mentionnée dans la presse de marier, si on vous le demandait, des paires d’homosexuels et de lesbiennes ! Ce qui me choque ce n’est pas que vous annonciez ce genre de choix car la Loi Taubira est passée, non, ce qui me choque c’est que vous vous affichiez comme catholique pratiquant. Avouez qu’il y a là matière à être grandement surpris car enfin, que lit-on concernant ce sujet dans le Catéchisme de l’Eglise catholique, à la page 480, paragraphe 2 357 ? On lit exactement ceci :

    "S’appuyant sur la Sainte Écriture, qui les présente comme des dépravations graves, la Tradition a toujours déclaré que " les actes d’homosexualité sont intrinsèquement désordonnés ". Ils sont contraires à la loi naturelle. Ils ferment l’acte sexuel au don de la vie. Ils ne procèdent pas d’une complémentarité affective et sexuelle véritable. Ils ne sauraient recevoir d’approbation en aucun cas."

    Pour résumer mon propos, personne n’est obligé d’être catholique mais quand on l’est, on ne peut pas – on ne doit pas – donner dans le très controversé « mariage pour tous » ! Il faut être cohérent dans la vie, Monsieur Zocchetto, et, sur ce sujet précis, je me permets de vous conseiller de consulter votre colistière du MPF qui, espérons-le, n’a pas abandonné toutes ses croyances d’hier en venant à vos côtés afin de pouvoir retrouver les avantages liés à la fonction d’élue municipale de la majorité… Dans ce domaine ô combien sensible (je parle du mariage pour tous), une seule solution s’impose, qui figure dans notre programme : la clause de conscience dont vous n’avez pas dit un mot dans votre campagne…"

    Michel Janva

  • Le rapport contre la famille rédigé par des spécialistes de la rumeur

    Sur le blog de l'Homme Nouveau, Adélaïde Pouchol dresse la liste des auteurs du rapport « Famille, filiation, parentalité », rédigé sous la direction de la sociologue Irène Théry et commandé par Dominique Bertinotti, alors ministre de la Famille, en octobre 2013 pour préparer un projet de loi finalement remis à plus tard. 25 spécialistes : juristes, historiens, médecins, anthropologues, sociologues…

    "Bizarrement, alors que le ministre des Droits des femmes Najat Vallaud-Belkacem ne cesse d’assurer que la théorie du Genre n’existe pas,plusieurs des collaborateurs du rapport sont justement considérés comme spécialistes de la question du Genre. À moins que Najat Vallaud-Belkacem, et tout le gouvernement avec elle, ne mentent, ces gens sont donc des spécialistes du rien… d’une rumeur, du néant en somme ! En fouillant, l’on découvre que les 25 complices d’Irène Théry ont évidemment tous milité plus ou moins ouvertement en faveur de la loi Taubira et maintenant en faveur de l’ouverture de l’adoption, voire de la GPA pour certains, aux couples homosexuels. La liste serait longue et fastidieuse, inutile donc de les citer tous, mais certains noms valent le coup d’œil.

    Irène Théry

    Sociologue spécialisée dans la sociologie du droit, de la famille et de la vie privée, directrice d'étude à l'École des Hautes Études en Sciences sociales (EHESS). Elle avait participé à l’élaboration de la loi sur le Pacs en 1999, elle a milité en 2013 en faveur de l’ouverture du mariage aux personnes de même sexe. Elle a publié en 2013 aux éditions de l’EHESSMariage de même sexe et filiation.

    Hugues Fulchiron

    Professeur de droit privé à l'Université Jean Moulin Lyon III, spécialiste de droit international privé et de droit de la famille, militant en faveur de l’ouverture du mariage et de l’adoption pour les personnes de même sexe dans toute l’Europe, ce qu’il estime être le meilleur moyen de sécuriser les relations familiales dans un contexte de mondialisation et de bouleversements sociaux.

    Laurence Brunet

    Chercheur associé au Centre de recherche « Droit, sciences et techniques » de l'Université de Paris I et chargé d'enseignement à l'Institut d'études judiciaires de l'Université? Paris Sud. Elle a notamment publié « La gestation pour autrui : entre le marteau (de la loi) et l'enclume (des pratiques) » en 2010 dans la RevueLamy Droit civil, et « Changement d'état-civil des personnes « trans » en France : du transsexualisme à la transidentité » en 2012 dans Droit des familles, genre et sexualité.

    Simone Bateman

    Sociologue, directrice de recherche CNRS. Ses recherches portent principalement sur les questions éthiques suscitées par des pratiques médicales et scientifiques novatrices, notamment dans le domaine de la reproduction et de la sexualité (avortement, contraception, assistance à la procréation, réanimation néonatale, recherche sur les cellules souches embryonnaires).

    Enric Porqueres I Gené

    Anthropologue, directeur d’études à l’EHESS, il a notamment travaillé sur le statut de l’embryon, les questions de la parenté et du Genre. Il a participé en mai 2013 à un cycle de conférences de l’EHESS sur le thème « Contre la tyrannie du Genre ».

    Geneviève Delaisi de Parseval

    Consultante en bioéthique, accompagne des couples hétérosexuels et homosexuels dans des parcours d’adoption ou d’assistance médicale à la procréation. Elle a publiéFamille à tout prixen 2008.

    Caroline Eliacheff

    Pédopsychiatre et psychanalyste, militante en faveur de l’ouverture de la filiation aux couples homosexuels.

    Fabienne Brugère

    Professeur de philosophie à l'Université Michel de Montaigne-Bordeaux III,Fabienne Brugère est connue pour ses travaux sur le Genre, notamment dans son ouvrage Le Sexe de la sollicitudeparu en 2008. [...]"

    Michel Janva

  • Méridien Zéro #184 "La démocratie impossible"

    Ce vendredi, Méridien Zéro laisse la main à sa rédaction alsacienne pour une émission consacrée à l'impasse démocratique.

    A la barre de Vent d'Est : Philippe Derrick et Karl.

    Invités : Eric Sanglier et Franck, tous deux fins connaisseurs de l'histoire politique et institutionnelle de la France.

    démocratie, impossible, europe, U.E, suffrage universel, parlement

  • Lorsqu’une société est attaquée dans ses fondements, le recours à la force peut être juste

    Anne Lorne et Santiago Muzio, co-distributeurs du film Les Cristeros en France avec la société SAJE répondent à l'OSP :

    Vous assurez la diffusion du film « Cristeros » qui doit sortir sur les écrans le 14 mai prochain, pourquoi arrive-t-il si tard en France, puisqu’il a déjà deux ans ?

    Simplement parce que les grandes compagnies de diffusion ne se sont pas montrés intéressées pour diffuser ce film en France, ni en Europe d’ailleurs en estimant qu’il n’y avait pas de public susceptible de se mobiliser par la problématique du film. [...]

    Le moment est-il bien choisi, alors que l’on sent une certaine violence latente en France, comme prête à exploser? Ne craignez-vous pas que ce film puisse être utilisé comme une justification du recours à la force ?

    Nous n’avons pas choisi le moment, nous avons saisi une opportunité. En certains cas le recours à la force est légitime, même s’il n’est pas souhaitable. En droit cela s’appelle la légitime défense. Lorsqu’une société est attaquée dans ses fondements, comme cela était le cas dans le Mexique des années 20 ou dans la Vendée de 1789, le recours à la force peut être juste. Saint Augustin et Saint Thomas ont écrit tout ce qui peut être dit sur le sujet et on encourage ceux à qui ces questions intéressent d’aller lire leurs réponses.

    Par ailleurs, le film montre clairement qu’avant d’arriver à un combat armé, les mexicains ont épuisés toutes les voies de contestation pacifique. Ils ont même réussi à réunir plus d’un million de signatures pour demander l’abrogation des lois Calles, ce qui était un exploit à l’époque dans un pays rural qui n’avait que 15 millions d’habitants ! La pétition a été envoyée directement aux archives du Congrès national sans même être examinée."

    Michel Janva

  • Au nom de notre patrimoine, qu'on ne détruise pas le vivant !

  • Le communautarisme exacerbé des élites

    Ces catégories d’individus qui ont par fonction ou par délégation le pouvoir de “dire” et de “faire” au nom et pour les autres – politiques, journalistes, experts, hauts fonctionnaires etc… – sont elles aussi frappées par ce phénomène de repli sur son groupe d’appartenance.

    La garden party de l’Elysée

    Le communautarisme, cette forme dégradée du vivre-ensemble souvent dénoncée comme facteur de division de la société, ne touche pas uniquement les grands ensembles de la population. Les élites, ces catégories d’individus qui ont par fonction ou par délégation le pouvoir de “dire” et de “faire” au nom et pour les autres – politiques, journalistes, experts, hauts fonctionnaires etc. -, sont elles aussi frappées par ce phénomène de repli sur son groupe d’appartenance.

    Alors qu’on attend de ces catégories supérieures, esprit d’ouverture, vision originale, capacité de se remettre en cause – autant de qualités mises au service de l’intérêt général, ce dangereux entre-soi produit à l’inverse du conformisme, la peur de la nouveauté et plus gravement encore la déconnexion d’avec la société. Une césure explosive à l’heure des slogans simplistes du style “tous pourris” ou “tous vendus” qu’il est grand temps de combler.

    C’est une scène classique des soirées électorales qui vient illustrer la permanence du célèbre écart jadis pointé par Auguste Comte entre le “pays légal”, celui d’une part des institutions et de leurs représentants, et d’autre part le “pays réel”, celui de “la France d’en bas”. A chaque fois que les extrêmes gagnent des voix supplémentaires, politiques et journalistes manifestent leur surprise comme si de telles poussées populistes ne pouvaient pas être prévisibles dans un pays pourtant en crise depuis trente ans.

    Une telle erreur d’appréciation est sûrement en grande partie à mettre sur le compte d’une vision tronquée d’un “petit monde” coupé des réalités et d’individus qui à force de vivre dans leur microcosme – celui d’une classe politique endogamique, de médias tournés sur eux-mêmes, ou d’experts vivant en circuits fermés – n’arrivent plus à concevoir le monde qu’à leur image. C’est-à-dire policé, politiquement correct, à l’abri de la crise.

    Prenons garde toutefois, le procès des élites est à manier avec prudence. Il a par le passé, faut-il le rappeler, ouvert la voie aux régimes totalitaires. Pour autant les attaques virulentes à l’encontre des élites émanant de populistes de tous poils, si mal intentionnés qu’ils soient, ne doivent pas occulter la réalité du divorce entre la population et ses élites.

    Jamais l’entre-soi des élites n’a paru aussi grand qu’aujourd’hui. “Des talkshows télévisuels aux dîners en ville, de cocktails en expositions, les nouveaux bien-pensants communient aux mêmes valeurs à l’écart de la société”, stigmatise le sociologue Michel Maffesoli, co-auteur, avec Hélène Strohl, d’un virulent essai sur Les Nouveaux Bien-pensants (éditions du Moment). Une forme d’autisme aux antipodes du comportement que l’on attend de ces catégories supérieures : esprit d’ouverture, vision originale, capacité de se remettre en cause, autant de qualités à mettre au service de l’intérêt général et qui manquent cruellement aujourd’hui.

    Une forme dégradée du vivre-ensemble

    Le regroupement d’individus par affinités, ressemblances ou manières communes d’être est un phénomène humain assez naturel qui n’est pas critiquable en soi. C’est sur ce ressort d’empathie que les associations et autres amicales se développent particulièrement en France, ces dernières venant fortifier positivement le lien social. Mais cette sociabilité se dévoie lorsque les groupes vivant dans leur microcosme en arrivent à rejeter les contacts avec ceux qui n’en font pas partie. Autrement dit lorsque “l’entre-soi” prime sur toute relation avec l’extérieur. On verse alors dans le communautarisme. Or cette forme dégradée du “vivre-ensemble” ne touche pas uniquement les populations des grands ensembles des banlieues, elle touche aussi, de manière tout aussi virulente, les quartiers chics des villes, ceux où résident en général politiques, journalistes, experts et hauts fonctionnaires.

    Le ressort de ce séparatisme social n’est pas ici la religion comme on le voit dans les cités mais la place que confère aux individus le statut social et professionnel. Ce critère prédominant n’étonne pas vraiment dans une France où les traces de l’Ancien Régime et de la société d’ordres demeurent toujours très présentes. “Le problème est qu’en France, l’entre-soi va de pair avec l’idée de rang et de hiérarchie. Ceux qui sont mis à l’écart du groupe sont traités avec condescendance, voire mépris tant il est vrai que la société française est construite sur le clivage entre ce qui est noble ou pas”, analyse le sociologue Philippe d’Iribarne.

    Le repli frileux sur le pré carré de l’ancien monde

    Une telle ligne de démarcation n’est pas nouvelle – cela fait plusieurs décennies que Pierre Bourdieu a mis en évidence les phénomènes de reproduction des élites via la maîtrise des codes sociaux par l’éducation, la concentration géographique des habitats et le rôle considérable de l’acquisition des diplômes dans le destinée des individus – mais sur cette toile de fond bien connue les phénomènes d’entre-soi n’ont eu de cesse ces dernières années de s’accentuer.

    “Derrière ce que nous appelons la crise, nous vivons en réalité un changement d’époque. Et les élites traditionnelles, plutôt que d’affronter le monde réel, s’accrochent à l’ancien monde et cultivent leur entre-soi pour se sécuriser”, analyse Michel Maffesoli.

    Le défi que les élites ont à relever est d’ordre existentiel puisque c’est la nature même de leur pouvoir qui se trouve mis en cause. Mondialisation, révolution numérique, crise de l’Etat providence, etc. : les politiques ont perdu les manettes, les médias la maîtrise de l’ordre du jour de l’actualité, les hauts fonctionnaires leur raison d’être interventionniste. Mais plutôt que de chercher à se réinventer et à redéfinir une raison d’être adaptée à cette nouvelle donne, les élites ont tendance à opérer un repli frileux sur leur pré carré.

    L’homogénéité du groupe plutôt que sa diversité

    Ce repli s’accompagne de la volonté de préserver à tout prix l’intégrité du groupe en opérant consciemment ou pas une sélection drastique des nouveaux venus sur le modèle du “qui se ressemble s’assemble”. C’est particulièrement net dans la sphère politique où la professionnalisation accrue des fonctions s’accompagne d’une uniformisation des profils. “Au Parti socialiste, les élus commencent de plus en plus jeunes leur carrière, souvent dans les mouvements lycéens ou étudiants où l’appareil les repère – l’Unef est ainsi un vivier important de nouvelles recrues”, observe Luc Rouban, directeur de recherches au CNRS, expert au Cevipof.

    Cette sélection qui confine à la cooptation a un inconvénient, celui de multiplier les clones. On retrouve cette même quête d’homogénéité chez les intellectuels. Une illustration parmi d’autres : le combat des élèves de l’Ecole normale supérieure, crème de l’enseignement hexagonal, pour que les étudiants entrés par équivalence dans l’école ne puissent pas se prévaloir du titre de normalien !

    Et les médias ? Selon l’avis très autorisé de Jean-François Kahn, auteur de L’Horreur médiatique, “l’unicité du corps médiatique appréhendé comme une caste autoverouillée et déconnectée du vrai monde s’apparente partiellement seulement à un mythe”. Partiellement ?

    C’est déjà reconnaître à demi-mots l’endogamie intellectuelle de médias qui perçoivent le réel “tous de la même façon et tous en même temps”. Les ressorts de l’horreur médiatique sont multiples : à l’homogénéité sociologique et culturelle s’ajoutent, circonstances aggravantes, l’absence d’autocritique et un manichéisme uniformisateur.

    Pensée unique et conformisme généralisé

    Comme pour tous les communautarismes, les effets dissolvants de l’entre-soi des élites sont loin d’être anodins. Le repli des catégories les plus élevées mine à bas bruit le pacte de coexistence démocratique qui lie les groupes sociaux dans les sociétés évoluées. Raisonnant dans un circuit fermé, où tout le monde est du même avis, la pensée du groupe n’est soumise à aucune contradiction constructive, ce qui génère un conformisme général et son corollaire, l’absence de prise de risques. Les voix discordantes sont rejetées en dehors du “cercle de la raison”. Dans l’entre- soi, on préfère raisonner en théorie plutôt que par l’épreuve de l’expérience, cela conduit inéluctablement à de graves erreurs de jugement collectives. D’où, par exemple récemment, l’incroyable emballement politico-médiatique lors de l’affaire Léonarda. De tels écarts soulignent le déphasage actuel de ceux qui ont le pouvoir, celui de “dire” et de “faire” au nom des autres. Pour y remédier, l’élite politique croit avoir trouvé la solution, en se réfugiant derrière les fameux “éléments de langage” chers aux communicants.

    Un remède pire que le mal car il vient assécher tout apport d’intelligence personnelle au nom d’une vaine quête d’efficacité à un moment où l’on a plus que jamais besoin d’idées neuves. “Les bienpensants sont dans l’incantation. Mais comme ils ne sont pas convaincus eux-mêmes par ce qu’ils racontent, ils n’arrivent naturellement pas à convaincre”, décrit Michel Maffesoli.

    Une raison de la perte de crédibilité des élites. Crise de représentativité, d’efficacité, et de confiance : l’entre-soi des élites aggrave tous les maux de la société française. Et nourrit tous les populismes, car comme l’explique Philippe d’Iribarne, “à l’arrogance des élites répond le ressentiment de la population”.

    Le nouvel Economiste

    http://fortune.fdesouche.com/335823-le-communautarisme-exacerbe-des-elites#more-335823