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France et politique française - Page 4538

  • Une réponse à un très bon article du cercle non conforme.

    Article dédié à Jean.
    La raison d’être de cet article n’est autre que la satisfaction qui fut la mienne à la lecture d’un article du Cercle non conforme intitulé "Identitaires et dissidents : deux démarches différentes mais pas incompatibles" (1).
    Bien évidemment, si je me lance maintenant dans la rédaction d’un tapuscrit, c’est pour émettre quelques nuances quant au point de vue de l’auteur.
    1/ Je ne crois pas qu’il faille considérer Alain de Benoist comme identitaire, ce au simple motif qu’il ne les a jamais approuvés. A bien des égards, le fait identitaire se rattache au nominalisme (2), théorie adoptée par notre grand penseur avant qu’il ne la réprouve. Si je reconnais pour autant que notre philosophe fustige l’Etat jacobin, Alain de Benoist serait davantage à sa place selon moi, parmi les dissidents. Tel n’est pas le cas pour les autres penseurs cités tels Pierre Vial, Guillaume Faye, Dominique Venner, Jean Mabire ou Jean-Yves Le Gallou qui, à des degrés divers, peuvent être rattachés à la mouvance identitaire.
    2/ La tentative de conciliation entre identitaires et dissidents ne peut que mériter l’approbation dans la mesure où elle ne peut que fortifier la mouvance. Cependant, j’ai la nette impression qu’il existe une incompatibilité, certes pas insurmontable, mais flagrante.
    Je me méfie, et l’ai écrit à plusieurs reprises, du fait identitaire.
    A titre d’exemple, je rappelle que voici une trentaine d’années, les arabes vivants en France était habillés à l’européene alors que l’on sait et voit aujourd’hui que, justement parce qu’ils sont devenus identitaires, ils sont habillés désormais comme l’on sait et voit.
    Je me souviens aussi que Chti, dès le début des années 90 – Le bloc identitaire n’a rien inventé puisque bien postérieur – nos Polonais d’origine se revendiquaient dans le Nord de leur polonité. Le fait identitaire n’est donc nullement une saine réaction de certains Européens, même si cela y ressemble, mais plutôt une collaboration au nouvel état d’esprit fortement lié à la postmodernité, les polonâtres en question étant très à l'aise au sein du monde postmoderne.
    Après tout, on ne s’étonnera de l’origine américaine – et là, il y a opposition frontale avec le monde des dissidents – du mouvement. C'est ainsi que chacun des Etats américains dispose d’une forte autonomie (ce n’est nullement rédhibitoire), assez méfiant vis-à-vis de l’Etat fédéral. N’omettons pas non plus toutes ces villes américaines disposant de quartiers identitaires (juifs, noirs, irlandais, allemand, depuis bien longtemps, nous montrant bien que le phénomène est bien en Europe, phénomène d’importation.
    Il existe entre la globalité et le fait identitaire, la même différence qu’entre le groupe et l’individu. C’est donc bien d’individualisme dont il s’agit, cette fois ci étendu à plus grande échelle et en ce sens, tout à fait conforme au nouvel état d’esprit ambiant hédoniste. Moi-même qui suis du Nord, y ayant vécu pendant quarante cinq ans, j’ai des souvenirs très émus quant à certains lieux. Si d’aventure je venais à célébrer ces origines au point d’en faire un leitmotiv, c’est évidemment à MOI que je ferais alors référence.
    La politique et notamment le prosélytisme reposent sur l’irrationnel que Georges Sorel a résumé par l’intermédiaire du terme de « mythe ». Les foules, rebelles à la rationalité, sont le plus souvent mobilisées par les appels du cœur plutôt que par ceux de la raison. Platon n’écrivait pas autre chose voici près de 2500 ans. D’où l’intérêt des petites phrases, images et video chocs qui parviennent bien mieux à mobiliser que ne le font les analyses sérieuses, ces dernières passant pour – je reprends le terme à la mode – « prise de tête ». Il n’en reste pas moins que l’action politique, même irrationnelle, se doit d’être pensée rationnellement. A titre d'exemple, Valéry Giscard d’Estaing savait le côté « violons » de François Mitterrand en 1974, d’où la préparation par ses conseillers spécialisés de la phrase irrationnelle et par la suite fatale « vous n’avez pas le monopole du cœur » qu’il plaça au bon moment. Réponse du berger à la bergère en 1981, François Mitterrand dont on disait en raison de sa déjà longue carrière qu’il était un « homme du passé » fit travailler ses hommes sur le sujet. On connait l’histoire : à l’attaque giscardienne lors du grand débat de l’entre deux tour de la présidentielle de 1981 du « vous êtes l’homme du passé », un contre missile – fatal lui aussi -, faussement spontané fut renvoyé : « vous êtes l’homme du passif ».
    Autrement exprimé, si l’irrationalité en politique se doit d’être utilisée, elle se doit d’être pensée rationnellement. Je n’ai jamais nié que l’idée d’Europe me plaisait et plus spécifiquement celle d’empire européen. Le modèle à mes yeux est peut être celui du Saint Empire Romain Germanique, garantissant de fortes autonomie locales. On peut alors se demander pourquoi je n’en fais pas davantage état. La raison en est justement la rationalité qui me fait savoir que Bruxelles l’européenne, souhaite démolir les Etats nation et que, par voie de conséquence, je dois m’y opposer parce qu’opposant lucide. Après tout, et c’est là encore où je ne me reconnais pas dans l’identitaire lambda, je n’ai jamais considéré que l’engagement politique avait pour vocation de m’offrir des vapeurs. De façon cohérente, ce n’est donc pas l’Etat jacobin que je défends comme finalité, mais comme un simple moyen en vue de freiner le processus d’occidentalisation en cours.
    Un identitaire dissident, puisque c’est la raison d’être de l’article écrit dans le cadre du cercle non conforme, se doit pour l’instant, de maîtriser son moi et ses aspirations, sans l’oublier, de façon à mieux le mettre en exergue lorsqu’il sera temps. Je crains qu’il ne faille malheureusement attendre longtemps avant de revendiquer tous nos rêves, tant l’adversité est omniprésente.

    Philippe Delbauvre http://www.voxnr.com/cc/tribune_libre/EFlZFkFlkAXWEhHPcn.shtml

    notes

    (1) http://www.voxnr.com/cc/tribune_libre/EFlyuFuFlkRpSUQiuV.shtml

    (2) J’oscille toujours aujourd'hui entre Réalisme et Conceptualisme.

  • Anne Hidalgo est tout aussi méchante et hargneuse que NKM

    Entretien avec Serge Federbusch

    Aux prochaines élections municipales de Paris, vous présentez des listes dissidentes de droite contre l’UMP…

    Ce ne sont pas des listes dissidentes, mais des listes libres et indépendantes !

     

    Ce système de primaires n’est-il pas dangereux, sachant que candidats et candidates d’un même parti en sont réduits à se faire la guerre entre eux, au risque d’arriver forts fatigués lors de la véritable bataille, l’élection ?

     

    Non, je ne suis pas d’accord. Le problème, c’est que ces primaires ont été organisées par l’UMP au profit de Nathalie Kosciusko-Morizet. Nous voulions un vote traditionnel, avec des bulletins de papier glissés dans des urnes surveillées par tous pour mieux éviter les fraudes. Mais un tel vote aurait mobilisé les plus militants et NKM a préféré miser sur un scrutin électronique avec un électorat plus sensible à l’image de marque et la com’. Puis, les délais de vote ont été repoussés au dernier moment par l’UMP car les choses ne se présentaient pas bien pour elle, tout cela a coûté fort cher. D’où la suspicion qui plane sur les résultats… Au moins, au Parti socialiste, c’est plus simple. Il n’y a pas de démocratie interne. C’était Anne Hidalgo, un point c’est tout !

     

    Depuis 1995 et l’arrivée de Jacques Chirac à l’Élysée, la droite aurait-elle un problème à Paris ? Comme une sorte de micro-climat…

    Ce micro-climat, ce serait plutôt celui instauré par le PS dans la capitale. Avec un extravagant verrouillage clientéliste et près de 100.000 voix achetées à coups de subventions et d’attributions de logements en HLM.

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  • Juges partout, démocratie nulle part !

    Des cours européennes aux tribunaux de base, en passant par le Conseil constitutionnel, la Cour de cassation ou le Conseil d'Etat, des juges chargés de dire le droit finissent par inventer celui qui leur plaît. A la place des représentants du peuple. La France a toujours manifesté une réticence certaine à l'égard du pouvoir des juges, comme en témoigne encore notre Constitution, qui préfère le terme d' "autorité judiciaire" à celui de "pouvoir judiciaire". Toutefois, les choses ont beaucoup évolué depuis la présidence gaullienne.

     

    Causeur n°3, 3 juin 2013, p.45-46  Anne-Marie Le Pourhiet

     

    Déjà, la fin de l'Ancien Régime, les rois de France s'efforcèrent d'éviter la sanction judiciaire de leurs actes. En 1641, dans son énergique édit de Saint-Germain-en-Laye, Louis XIII "défend aux parlements et autres cours de justice de prendre à l'avenir connaissance des affaires d'Etat et d'administration". Les révolutionnaires, méfiants à l'égard de cours composées d'aristocrates suspectés de constituer une force réactionnaire d'opposition aux réformes, ont ensuite confirmé, dans la loi des 16 et 24 août 1790, l'interdiction faite aux tribunaux de connaître du contentieux administratif. Ce principe devait donner naissance, en l'an VIII, à notre juridiction administrative, coiffée par le Conseil d'Etat initialement placé "sous la direction des consuls" et dont les membres étaient nommés et révoqués "à volonté" par le premier d'entre eux.
    La révolution et l'empire limitent le pouvoir des juges
                Dans le même esprit, l'idée d'un contrôle de la loi par les tribunaux a toujours été considérée comme iconoclaste dans un pays pétri à l'idée de rousseauiste selon laquelle "la loi est l'expression de la volonté générale". La loi des 16 et 24 août, confirmée par la Constitution de 1791, ajoute donc: "Les tribunaux ne pourront, ni directement ni indirectement, prendre part à l'exercice du pouvoir législatif, ni empêcher ou suspendre l'exécution des décrets du corps législatif sanctionnés par le Roi, à peine de forfaiture." Le Code pénal de 1810 punira de dégradation civique les magistrats coupables d'une telle lèse-majesté démocratique. Cette même loi de 1790 avait aussi prévu l'élection de tous les juges pour "véritablement purifier le passé".
                Dans une conception révolutionnaire qui révoque la tradition et la coutume pour consacrer des individus doués de conscience et de raison, libres de toute appartenance, seule la loi, expression de la volonté du peuple ou de ses représentants, peut être source de droit. Les juges doivent donc se borner, dans les litiges qui leur sont soumis, à être les bouches de la loi, c'est-à-dire à appliquer servilement la volonté de la nation. En conséquence, chaque fois qu'un contrôle de constitutionnalité de la loi a cependant été envisagé, il a été confié à un organe politique et non pas aux tribunaux.  
                Après de Gaulle, les juges contre-attaquent
                C'est sous l'influence anglo-saxonne et celle d'un droit européen d'inspiration germanique que la méfiance à l'égard des juges s'est progressivement estompée après la Seconde Guerre mondiale. Toutefois, la personnalité du général de Gaulle et les circonstances de la naissance de la Vème République ont encore perpétué, au début du régime, une forte prégnance de la raison d'Etat et une hiérarchie des valeurs que le Général exprimait en ces termes: "Souvenez-vous de ceci: il y a d'abord la France, ensuite l'Etat, enfin, autant que les intérêts majeurs des deux sont sauvegardés, le droit". C'est donc après la disparition du Général que les juridictions de tous niveaux ont progressivement réinvesti l'espace.
                Dès 1964, la Cour de justice des communautés européennes (CJCE), ancêtre de la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE), émet une série d'oukases affirmant la primauté inconditionnelle du droit européen (traités, règlements, directives, décisions...) sur le droit interne, y compris constitutionnel, des Etats-membres. L'audace et l'obsession uniformisatrice des juges de Luxembourg, qui ne se sont guère démenties depuis, seront complétées par celles des juges de Strasbourg - qui commencent d'ailleurs à agacer beaucoup de monde.
                L'Europe recadre la France
                La France est alors accusée d'être en retard et désignée comme le pays à la traîne, le mauvais élève qui lambine sur la voie du progrès inéluctable. On répètes que "c'est seulement en 1974" qu'elle a ratifié la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales signée en 1950, comme si ces vingt-cinq années avaient été "perdues" pour cause de honteuse indifférence aux droits de l'homme. Ce ne sont évidemment pas les libertés mentionnées dans ce texte qui gênaient nos dirigeants, mais le fait que le contrôle de son application soit confié à une Cour européenne siégeant à Strasbourg, dont la jurisprudence allait s'imposer aux Etats signataires. Jean Foyer avait mis le général de Gaulle en garde contre le risque qu'il y avait à placer ainsi la France sous tutelle de juges européens. Au conseil des ministres suivant, après que Couve de Murville eut exposé l'intérêt de ratifier la Convention, le Général conclut, en s'adressant à son garde des Sceaux: "J'ai lu votre note. Vous m'avez convaincu. La Convention ne sera pas ratifiée. La séance est levée." La France a fini par rejoindre ensuite docilement le troupeau. Mais nous vérifions depuis lors combien de Gaulle et Foyer avaient vu juste, puisque 99% du droit dit "de la Convention" est purement jurisprudentiel et intégralement composé des interprétations fort subjectives de la Cour, souvent fondées sur des méthodes aussi fantaisistes qu'imprévisibles. Les protestations étatiques se multiplient et la Cour fait l'objet de critiques récurrentes et vives. A la suite du tollé provoqué par la condamnation de l'Italie pour la présence de crucifix dans les salles de classe et celle de la Grande-Bretagne pour la privation du droit de vote des détenus, les Anglais ont même voulu profiter de leur présidence du Conseil de l'Europe pour organiser à Brighton, en avril 2012, une conférence dont le but explicite était de réduire les pouvoirs de la Cour en exigeant qu'elle respecte davantage la subsidiarité et la marge nationale d'appréciation des Etats dans l'interprétation de la Convention.  
                Encerclés par les juges européens, nous le sommes aussi par les juges nationaux qui se sont considérablement enhardis depuis les débuts de la Vème République, d'autant que la construction européenne, très inspirée du modèle allemand, a inoculé en France le culte germanique de l'Etat de droit (Rechtsstaat). La "prééminence du droit", sans cesse rappelée dans les traités et la jurisprudence européens, a fini par triompher de la gaullienne et souverainiste raison d'Etat - et peut-être de la démocratie qui allait avec.          
    Le 16 juillet 1971, quelques mois après la mort du général de Gaulle, le Conseil constitutionnel, initialement conçu pour défendre les prérogatives de l'exécutif, commet un "coup d'Etat de droit". En censurant une disposition législative qu'il juge contraire à la liberté d'association, il se reconnaît en effet soudain compétent pour contrôler, non plus seulement les règles de compétence et procédure parlementaires mais aussi la conformité du contenu des lois au préambule de la Constitution où sont mentionnés les principaux droits et libertés des citoyens. Il s'arroge ainsi le droit de contrôler les choix politiques du législateur. Puis Valéry Giscard d'Estaing étend la saisine du Conseil à 60 députés ou 60 sénateurs, c'est-à-dire à l'opposition parlementaire qui ne va pas se priver de cette nouvelle arme. Enfin, la révision constitutionnelle du 23 juillet 2008, initiée par Nicolas Sarkozy, boucle la boucle en créant la question prioritaire de constitutionnalité (QPC) - le rêve de Robert Badinter est réalisé. Celle-ci permet à tout justiciable qui soutient que la loi applicable à son procès contient une disposition contraire aux droits et libertés garantis par la Constitution de demander le renvoi de cette question au Conseil constitutionnel après un filtrage par le Conseil d'Etat ou la Cour de cassation. Si le Conseil estime qu'il y a bien une violation, il abroge purement et simplement la disposition de loi en cause. Autrement dit, il "corrige" a posteriori le travail du Parlement.
                Pour compléter le tableau, peu de temps après la fameuse décision de 1971 et sur invitation du Conseil constitutionnel, la Cour de cassation (1975), puis le Conseil d'Etat (1989) se sont lancés dans le contrôle de conformité des lois au droit international et européen. En clair: n'importe quel juge judiciaire ou administratif de base peut désormais écarter, dans un litige qui lui est soumis, l'application d'une loi française qu'il juge contraire au droit international ou au droit européen, c'est-à-dire, en réalité, à la jurisprudence de juges européens parfaitement inconnus des Français, qui n'ont de compte à rendre à personne et dont on ne s'inquiète peut-être pas assez de la "traçabilité".
                Le triomphe de la subjectivité
                Autant dire qu'à l'absolutisme démocratique de Rousseau selon lequel la loi est "toujours droite et ne peut errer" s'est substituée une méfiance généralisée à l'égard du législateur qui conduit à l'enserrer dans un filet de normes posées par des juges non élus et politiquement irresponsables. Les normes de référence dont se servent ces juges pour censurer la loi (ou la valider, selon leur bon plaisir du jour) sont extrêmement vagues et floues (liberté, égalité, dignité, nécessité, ordre public, etc.) et leur confèrent un pouvoir d'appréciation absolument discrétionnaire. La Cour européenne des droits de l'homme "invente" le droit qui lui plaît à longueur d'arrêts. Sauf dans les très rares cas où la Constitution est précise, il en va de même du Conseil constitutionnel qui extrait les principes qu'il veut (ou ignore ceux dont il ne veut pas) du préambule de la Constitution. Lors de l'inauguration de la QPC, le 1er mars 2010, le président Sarkozy a prononcé devant le Conseil un discours parfaitement schizophrène vantant les mérites de l'Etat de droit et du contrôle des lois tout en mettant aussitôt en garde contre le "gouvernement des juges"... qu'il venait pourtant officiellement d'aggraver!
                Quant aux magistrats qui rendent la justice au quotidien, il convient de replacer leur pouvoir dans le contexte sociologique et juridique existant, indépendamment de la "politisation" et des excès de zèle de certaines individualités légèrement sectaires.
                Des lois mal écrites, dont certaines votées sur ordre de lobbies vindicatifs mus par le ressentiment et l'"envie du pénal" et confondant le juge et le psychothérapeute, abandonnent chaque jour aux tribunaux le soin de procéder à l'application de  notions parfaitement subjectives qu'ils manipulent avec plus ou moins de maladresse. Les juges n'ont jamais que les pouvoirs qu'on leur donne, et il est certain que plus les textes qu'ils doivent appliquer sont flous, contradictoires, lacunaires, confus, incohérents voire inintelligibles, plus ils sont livrés à leur subjectivité et parfois contraints de "gouverner". Ceci est vrai à tous les niveaux et dans toutes les juridictions. Quand le législateur ne règles pas convenablement la question du port des insignes religieux dans le secteur privé et que le Conseil constitutionnel lui-même donne une définition obscure de la laïcité, le juge ordinaire fait ce qu'il peut pour trouver un critère et les politiciens ont ensuite beau jeu de condamner son choix. Quand la loi pénale abandonne discrétionnairement l'application des peines à des magistrats qui peuvent les réduite à volonté de telle sorte que la peine exécutée n'a plus rien à voir avec la peine prononcée et que le sentiment d'incohérence judiciaire grandit, la responsabilité en incombe sans doute autant à ceux qui votent la loi qu'à ceux qui l'appliquent.
                Retour à l'ancien régime?  
                Pour autant, la lecture des rapports annuels de la Cour de cassation ne trompe pas sur la revendication des magistrats contemporains d'initier et de créer le droit en concurrence avec le législateur, voire même parfois contre la volonté de celui-ci. L'activisme judiciaire à tous les niveaux rappelle les comportements judiciaires corporatistes de l'Ancien Régime.
                Il est, à cet égard, parfaitement symptomatique que chaque fois qu'est remise au goût du jour l'idée d'une démocratisation de la désignation des juges par un système électif approprié, les magistrats poussent immédiatement des cris d'orfraie en invoquant la "technicité" de la fonction et donc le nécessaire de maintien du mode de recrutement actuels. Ceux qui ont l'audace de suggérer une forme d'électivité des juges, pourtant empruntée à l'idéologie de gauche, font l'objet des sarcasmes et se trouvent épinglés sur le "mur des cons" du Syndicat de la magistrature! Touche pas à mon corps!  
                Tout démocrate devrait conserver à l'esprit la formule de Roederer à la Constituante: "Le pouvoir judiciaire, le pouvoir d'appliquer les lois est le plus voisin du pouvoir de les faire: il y touche de si près qu'il ne peut jamais être aliéné par le peuple." C'est pourtant cette aliénation que consacre la post-démocratie contemporaine.
    Anne-Marie Le Pourhiet est professeur de droit public à l’Université de Rennes.
    Source : Causeur n°3, 3 juin 2013, p.45-46

    http://www.observatoiredeleurope.com/Juges-partout-democratie-nulle-part--par-Anne-Marie-Le-Pourhiet_a2082.html

  • Paranoïa républicaine...

    Quelque part dans l’est de la France, en Moselle, loin de la Bretagne, des employés d’une entreprise internationale, consortium de sociétés et d’actionnaires européens, décident de prendre une photo de groupe pour fêter Noël : coiffés de bonnets rouges jusque là signe de reconnaissance du Père Noël, ils sourient à l’objectif quand des camionnettes de gendarmerie surgissent… Prévenus par un appel courageusement anonyme, la gendarmerie intervient pour disperser ce qui a tout l’air, selon elle, d’un attroupement séditieux : les bonnets rouges, désormais, font peur à une République qui, depuis plusieurs mois, ne sait pas toujours comment réagir à ce mouvement apparemment surgi de nulle part, comme le retour d’une vieille colère qui a longtemps cheminée dans les esprits.
    Pourtant, ce n’était là, bien loin des terres d’Armorique, qu’une pause festive dans le travail : les employés sont ceux de l’entreprise… Ecomouv’, celle-là même qui est chargée de percevoir cette fameuse écotaxe aujourd’hui suspendue et qui, désormais, attend des jours meilleurs pour poursuivre ses activités ! Ironie du sort…
    Le plus frappant et, disons-le, le plus inquiétant dans cette affaire mineure (je parle évidemment de la photo de groupe…), c’est la réaction de l’officier de gendarmerie dépêché sur les lieux : « Ils n’ont pas réfléchi », a-t-il déclaré en parlant des salariés de l’entreprise… Et d’ajouter que ces employés auraient dû prévenir les autorités de leur initiative, de cette photo de groupe ! Ainsi, désormais, à suivre le raisonnement de cet officier, tout attroupement de quelques dizaines de personnes peut être assimilé à une manifestation, sans doute forcément factieuse… Le quotidien Ouest-France voyait dans cette anecdote l’équivalent « d’une tirade du Père Ubu, d’une nouvelle d’Alphonse Allais ou d’un sketch radiophonique de Pierre Dac et Francis Blanche » : j’y vois, quant à moi, la preuve d’une forme de paranoïa de l’Etat républicain qui croient voir des bonnets rouges partout, comme dans un mauvais cauchemar populiste… Faudra-t-il, demain, demander une autorisation à la préfecture, à la gendarmerie ou à la mairie, pour chaque photo de groupe, déplacement scolaire ou visite groupée des rues d’une ville ? Va-t-on étendre le principe de précaution à la moindre circulation ou station de plus de trois personnes sur la voie publique ? Certains penseront que j’exagère : j’aimerais aussi le penser, mais je ne suis pas sûr d’exagérer, malheureusement…
    « Tant vaut l’Etat, tant vaut sa raison » disait Maurras. Il semble bien que, à défaut de bonnet rouge pour la couvrir (pourtant, le bonnet phrygien y ressemble bien un peu…), la République n’ait plus toute sa tête, comme elle ôtait, jadis, celle de ceux qui la critiquaient…
    En tout cas, la paranoïa républicaine n’est pas un très bon signe pour les citoyens, surtout à l’heure des réglementations de plus en plus orwelliennes de l’administration et de la surveillance de la Cité, en particulier par caméras et réseaux électroniques interposés… Nous pourrons néanmoins toujours y répondre par la fameuse citation du même Maurras précédemment évoqué : « Les libertés ne s’octroient pas, elles se prennent »… Et on ne va pas se gêner, bien sûr !
    http://nouvelle-chouannerie.com/index.php?option=com_content&view=article&id=1107:paranoia-republicaine&catid=47:2013&Itemid=58

  • NKM : la machine à perdre

    Lu dans Les 4 Vérités :

    "« NKM » ne peut pas gagner, me semble-t-il, sauf à supposer un courant très fort de rejet du PS et d’adhésion à l’UMP à l’occasion des municipales. Or, si le rejet est effectivement très fort, l’adhésion, elle, est beaucoup plus timide. Ce sont les politiciens en général, et pas seulement les politiciens socialistes, qui sont vomis par le peuple français. Je ne crois donc pas qu’il y aura un fort courant en faveur de NKM, incarnation quasi parfaite de l’oligarchie politiquement correcte. Faute de ce courant, elle ne peut gagner. Une élection se gagne d’abord en unissant son camp. Elle s’est acharnée à le diviser. Elle a commencé en disant tout le mal qu’elle pensait du FN et de ses électeurs. Elle a continué en tenant des discours « bobos » lors de la campagne de Nicolas Sarkozy, qu’elle a contribué à faire perdre. Elle a également perturbé une partie de l’électorat de droite en refusant de s’opposer à la loi Taubira. Et, aujourd’hui, en faisant la chasse à tous les « vieux » élus de Paris et en proposant un programme très proche de celui d’Anne Hidalgo, elle aggrave encore ces divisions. On peut certes regretter que la droite ne reprenne pas la mairie à la gauche. Mais, à tout prendre, si c’est pour mener une politique de gauche, les élus « de droite » ne peuvent pas s’étonner que leurs électeurs leur manquent! Et, si cette défaite pouvait servir de leçon à d’autres, elle ne serait pas tout à fait inutile… L’union sur des valeurs de droite est la seule façon pour gagner à droite!"

    http://www.lesalonbeige.blogs.com/

  • Apprendre à décrypter l’« antiracisme » avec Geneviève « de Fontenay »

    Geneviève Mulmann – se faisant appeler pompeusement Geneviève de Fontenay – est la mégère maquillée comme une voiture volée qui a longtemps présidé le Comité « Miss France », toujours friand d’exotisme…

    Dire que le système politico-médiatique promeut le cosmopolitisme est parfois taxé de complotisme.
    Signalons donc cet entretien délirant que la mère Mulmann a donné récemment au Point – et qui montre bien la vraie nature de l’antiracisme officiel (qui est en réalité un racisme antiblanc et antifrançais) :

    « La France a toujours été un pays multiracial [sic], et notre peuple serait bien plus laid – je parle physiquement – s’il n’avait digéré tous ces mélanges : les Polonais, les Portugais, les Espagnols, les Africains…
    Regardez comme les gens du Sud sont beaux par rapport à certaines régions en province, là où il y a peu de brassage.
    L’Amérique du Sud reste pour moi un modèle : je suis toujours stupéfaite par la beauté de ces peuples. Alors qu’en France ce n’est pas le cas partout… Il faut que ce pays apprenne à accepter la différence. Avant de mourir, je rêve de voir élue une Miss d’origine maghrébine
    . »

    Vous pensez que ces propos aberrants et mensongers sont du racisme à l’état pur ?
    Non non ! Dans ce sens, c’est de l’antiracisme !

    http://www.contre-info.com/

  • Plus l’État est envahissant, moins il est fort et efficace

    De Guillaume de Thieulloy dans Les 4 Vérités :

    "Cet été, Pierre Gattaz, président du Medef, a affirmé que les chefs d’entreprise étaient capables de créer un million d’emplois en 5 ans – « à la condition que l’environnement réglementaire, social et fiscal s’améliore ». Je crois que ce serait encore plus. Mais je crois aussi qu’il est parfaitement utopique de penser que l’environnement réglementaire, social et fiscal va s’améliorer sous l’autorité de ce gouvernement violemment hostile à toute liberté d’entreprendre. En réalité, il est beaucoup plus vraisemblable que l’environnement soit encore aggravé dans les prochaines années et que nous détruisions ainsi un nouveau million d’emplois. Ce qu’il faut, c’est abandonner cette idée selon laquelle « nos » gouvernants, et leurs petits soldats de l’inspection du travail, des syndicats, des médias, ou d’ailleurs, savent, mieux que nous, ce qui est bon pour nous. Qu’ils nous f… la paix, et je puis garantir, non seulement que la croissance et l’emploi repartiront, mais aussi que la France redeviendra une grande puissance.

    Plus l’État est envahissant, moins il est fort et efficace dans l’accomplissement des missions que nul ne peut remplir à sa place. Ce qui signifie que, plus on socialise la vie publique, plus on paie cher un service public de moins en moins bon. Il n’est pourtant pas difficile de comprendre le principe de subsidiarité. Que ce soit en termes d’efficacité ou en termes de légitimité de l’action publique, il est évident qu’une décision doit être prise au plus près de ceux qu’elle concerne. Pourquoi cette évidence ne s’impose-t-elle pas aux prétendues « élites » ? Tout simplement, parce que ces gens ne doivent leurs privilèges qu’au fait de se mêler de tout et d’arroser d’allocations et de subventions diverses leur « clientèle », tout en menaçant les opposants de contrôles fiscaux, sociaux et de sanctions variées. C’est donc le clientélisme qu’il faut abattre si on veut résoudre le problème du chômage – et, de façon générale, la plupart des problèmes de la France.

    Ce clientélisme ne peut être abattu, à l’heure actuelle, que par deux voies. Soit la prise de pouvoir par un pouvoir dictatorial (et je puis prophétiser, sans risque de me tromper, que, si le régime suit encore quelques années la voie tracée depuis 40 ans, et aggravée par le gouvernement Hollande, les Français applaudiront la dictature…). Soit la décision constitutionnelle de contre-balancer la démocratie pseudo-représentative par une démocratie directe, où le peuple s’exprimerait sans le biais de ses « représentants ». Prenons y garde : le clientélisme nous menace tous comme individus, comme familles, et comme nation. C’est parce que Hollande se goberge avec ses petits camarades que ces malheureux cafetiers du Finistère sont persécutés par l’URSSAF. Et sans un rejet clair et net du socialisme, nous y passerons tous…"

    http://www.lesalonbeige.blogs.com/

  • On comprend mieux pourquoi les Femen jouissent d’une impunité de la part des autorités françaises

    Il suffit de lire le communiqué du PS à l’occasion de la libération des Pussy  Riot :« Le Parti socialiste se réjouit de la libération ce jour de Maria Alekhina et Nadejda Tolokonnikova, membres des Pussy Riot. Elles avaient été injustement condamnées en 2012 pour « vandalisme » et « incitation à la haine religieuse », suite à un simulacre de procès. Leur libération comme l’amnistie de plusieurs opposants interviennent à quelques semaines des Jeux Olympiques de Sotchi.Le Parti socialiste réaffirme son attachement à la liberté d’expression, droit fondamental et démocratique qui doit être garanti en toutes circonstances. »

    Si en effet profaner une cathédrale en chantant une chanson punk avec des paroles offensantes pour les orthodoxes n’est ni du vandalisme ni de l’incitation à la haine religieuse pour le parti au pouvoir en France, comment cela pourrait-il l’être pour les Femen ?

    http://medias-presse.info/on-comprend-mieux-pourquoi-les-femen-jouissent-dune-impunite-de-la-part-des-autorites-francaises/4243

  • « …et pendant ce temps, 5 millions de travailleurs français sont au chômage ! »

    Explication de vote de Bruno Gollnisch sur le rapport Tremosa i Balcells (A7-0357/2013)  portant sur  le rapport annuel sur la politique de concurrence

     Il faudrait ajouter un chapitre au rapport annuel de la Commission sur la politique de concurrence : la concurrence entre travailleurs européens. Non seulement celle qui s’exerce à travers les stratégies d’entreprises, qui en toute légalité européenne, ferment à l’ouest pour délocaliser à l’est au nom de la compétitivité. Mais aussi celle des travailleurs détachés, qui s’exerce au sein de nos pays, dans des activités réputées non délocalisables.

     On ne me fera pas croire qu’il faut des travailleurs ukrainiens, recrutés par une entreprise d’intérim française basée au Portugal pour construire la ligne à grande vitesse entre Rennes et Nantes. On les dit spécialisés mais beaucoup n’avaient aucune compétence spécifique pour le travail pour lequel ils ont été embauchés. Leur cas est emblématique : ils ont été recrutés parce qu’ils ne sont pas chers ; ils sont en grève parce qu’ils n’ont pas été payés et pendant ce temps, 5 millions de travailleurs français sont au chômage ! C’est la directive détachement dans toute sa splendeur : exploitation et chômage, esclavage moderne et précarité.

     L’Union européenne est capable de créer des lois qui favorisent le dumping social et fiscal sur son propre territoire. Au nom de la concurrence et de la libre circulation. En fait, au nom du cynisme le plus total.

    http://www.gollnisch.com/2013/12/24/et-pendant-ce-temps-5-millions-de-travailleurs-francais-sont-au-chomage/

  • Le soutien des communautés à la Marche pour la vie

    Après les évêques et les associations, voici les communautés et les ecclésiastiques qui soutiennent la Marche pour la vie du 19 janvier :

    • père Daniel Ange, Jeunesse et Lumière
    • père Philippe Barbier, Pères et frères Coopérateurs paroissiaux du Christ Roi
    • Abbé John Berg, supérieur de la Fraternité sacerdotale Saint-Pierre
    • Abbé Emmanuel Berger, Berceau de sainte Anne, Curé de paroisse à Apt
    • Père Bernard, supérieur de la Famille Missionnaire de Notre-Dame
    • Abbé Amaury Cariot, Diocèse de Pontoise, Responsable Communication
    • Dom Louis Marie, père abbé de l'Abbaye Sainte Madeleine du Barroux
    • Abbé Philippe Laguérie, supérieur de l'Institut du Bon Pasteur
    • Abbé Hubert Lelièvre, Fraternité de prière l'Evangile de la Vie
    • Mère Marie Magdaleine, supérieure de la Famille Missionnaire de Notre-Dame
    • Marques-Gonçalves Manuel recteur du Sanctuaire Notre-Dame de Fatima (à Paris) 
    • Abbé Vincent Ribeton, supérieur du District de France de la Fraternité sacerdotale Saint-Pierre
    • Abbé Gérard Trauchessec, Institut de Christ Roi souverain prêtre
    • Mgr Gilles Wach, supérieur de l'Institut de Christ Roi souverain prêtre

    Michel Janva