Chaque année à pareille époque il est question du budget de l'année à venir. A présent c'est le budget 2014 qui se trouve sur la sellette. Pierre Moscovici un idéologue connu est aux commandes. L'objectif officiel est l'équilibre. Arrêtons-nous ici un instant.
C'est mieux que les critères de Maastricht. Ces derniers ont été définis pour les membres de la CEE par un traité du 7 février 1992. Ils prévoyaient que, sauf sanctions, le déficit d'un État ne pouvait dépasser 3 % du Pib. Un bon analyste pouvait conclure que c'était une sorte de permis de ruiner que la CEE s’accordait à elle-même. Mes lecteurs habituels savent comment et pourquoi l'Europe est devenue une machinerie gigantesque ruinant les peuples assujettis de diverses manières.
Une autre remarque s'impose. En bonne gestion, l'équilibre budgétaire ne suffit pas. Il faut des excédents comme cela a existé il y a longtemps et ce qui permettrait de rembourser des dettes. Ne rêvons pas cependant l'équilibre serait un petit début de sagesse.
Les moyens annoncés
Le pouvoir très provisoirement aux affaires a lancé deux chiffres. Il y aurait 14 milliards d’économies et 14 milliards d'impôts. Ces données sont à prendre avec des pincettes.
Pour ces gens, raboter des niches fiscales et ou sociales c'est faire des économies ; en fait c'est pur mensonge car le rabotage est un véritable impôt. Ensuite, quand des impôts son annoncés ce sont les impôts visibles, genre IRPP ou CSG et, dans la réalité, ce n'est qu'une partie de la tornade. Personne ne fait jamais le compte du ratissage permanent de Bercy pour ramasser des sous partout.
L’équation impossible
Voici l'équation mensongère. Il y a des calamités diverses créées d'ailleurs par les pouvoirs successifs. Pour les corriger il faudrait agir sur tous les compteurs, ceci dans une odeur pestilentielle d'usine à gaz.
Ils espèrent follement que la croissance revenant les maux divers de l'économie trouveraient leurs solutions.
L'illusion est totale. Ne voulant pas faire de véritables économies et poursuivant la matraquage fiscal, le pouvoir va tuer le malade en prétendant le guérir.
En outre ayant fait allégeance à l'Europe il a abdiqué toute liberté d'action
Guérir la France de ses maladies
La France est l'homme malade de l'Europe : chômage des jeunes et des seniors, panne de croissance malgré des frémissements, crise du logement, paupérisation, désindustrialisation etc.
Mes lecteurs connaissent la réponse; c'est la liberté notamment pour les entrepreneurs seuls créateurs de richesses. Il est impératif de jouer sur le binôme impôts et économies.
Les impôts et charges doivent être non diminués mais détruits. Un impôt diminué revient toujours. Un impôt supprimé ne revient pas. Les avantages sont incalculables : plus de bureaux, plus de fonctionnaires, plus de statistiques, plus de déclarations, plus de contentieux. Il est évident qu'avant de s’occuper des grands impôts ou charges, il faut supprimer de petits impôts dont la liste est impressionnante et la nuisance catastrophique.
Coté économies, même raisonnement. Pour être crédible envers les marchés financiers, des conditions sont nécessaires. Elles doivent être immédiates, sures juridiquement et dépassant par prudence les impôts supprimés.
Les suppressions de postes ne donnent pas de sous dans l'immédiat. Il faut supprimer totalement des administrations; plus de bureaux, plus de fonctionnaires ou, encore, sabrer dans les subventions.
Les gens au pouvoir pleurnichent sur les calamités. Sont-ils capables de se hisser au-delà d'eux-mêmes pour un programme de salut public? S'ils ne l'étaient pas, le pire serait à craindre.
C'est la question.
Michel de Poncins http://libeco.net/Libeco_805.htm
France et politique française - Page 4726
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Budget 2014 ou l’équation impossible
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Gérard Jugnot se lâche sur Hollande, Mélenchon et la mafia de la culture en France
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Récit de veilleurs
Des Français attachés à leur pays et à ses valeurs racontent la veillée de cette nuit à Paris (lire aussi le récit du Figaro) :
"Nous voulions nous joindre à la veillée clôturant la dernière étape de la marche des veilleurs, veillée qui se tenait sur la place de la concorde. Afin de nous rendre à Paris, nous avions décidé de prendre le train. Hélas, de nos jours, en France, se rendre à une manifestation contre le mariage gay devient de plus en plus compliqué. Par un mystérieux hasard que nous ne qualifierons pas de coïncidence, de nombreux trains depuis Versailles à destination de Paris étaient supprimés.
Nous sommes finalement parvenus jusqu’à la place de la Concorde, où nous avons assisté à un spectacle hallucinant. La place fourmillait de fourgons et de voiture de CRS. Certes, nous avons participé à de nombreux rassemblements afin de montrer notre attachement au modèle familial traditionnel. Certes nous connaissions la paranoïa du gouvernement vis-à-vis des opposants au mariage gay. Mais nous n’imaginions cependant pas qu’un tel dispositif serait déployé pour surveiller le rassemblement d’un mouvement qui n’a jamais causé de violence ou de casse. Après avoir pris des photos pour garder une preuve du ridicule de la situation nous avons tenté de rentrer dans le périmètre de la place dans lequel se trouvaient les veilleurs. Mais un barrage de CRS nous en a interdit l’accès. Il nous fallut faire le tour pour qu’un autre barrage de CRS nous indique la marche à suivre afin de rentrer dans le groupe. En nous indiquant le chemin à prendre les CRS ne faisaient que sélectionner l’endroit le plus propice pour nous encercler. En effet, brusquement les CRS se mirent à encercler le rassemblement, empêchant quiconque de sortir.
Au bout de quelques temps, nous avons cherché à quitter la veillée car nous devions nous rendre place de l’Etoile. Nous étions parfaitement conscients que nous aurions du mal à quitter la veillée mais nous ignorions les proportions que cela allait prendre. Le cordon de CRS, extrêmement resserré nous barre la route. Nous parlementons avec eux, nous manifestons notre étonnement. Ils opposent à cela leur seul argument qu’ils répètent machinalement : « on a des ordres ». Un groupe de touriste réussit à s’extraire hors du cordon, nous protestons, nous sommes pressés. Rien n’y fait. Nous affirmons alors être nous aussi des touristes. Ils nous suggèrent d’aller voir la commissaire dont ils dressent un portrait peu flatteur. La redoutable organisation de leurs unités ne leur permet pas de nous indiquer où se trouve cette commissaire. Nous tentons notre chance avec d’autres CRS. Parlementations. Refus. Nous sommes éconduits et renvoyés vers les CRS avec qui nous avons discuté premièrement. Ils ne savent plus quoi dire et semblent embêtés de dispenser pareilles consignes. Ils nous proposent à nouveau d’aller voir la commissaire dont ils nous indiquent cette fois-ci l’emplacement. Peu confiants quant à la réaction de la commissaire, nous décidons de tenter une dernière fois notre chance auprès d’un grand CRS, qui nous laisse passer, croyant que nous étions des touristes.
Nous dressons alors un bilan hâtif de cette soirée : beaucoup de policiers, beaucoup de négociations, peu de libertés et peu de médias. Certes, ces manœuvres policières ne constituaient que de l’intimidation, mais ces procédés sont révélateurs d’un esprit. Nous ne nous révoltons pas contre notre pays, mais contre ce gouvernement qui déshonore la France. Alors même que la garde des Sceaux présente un projet de réforme pénale ultra laxiste, la préfecture de police, sur ordre du gouvernement, surveille étroitement quelques milliers de manifestants silencieux, en essayant tout pour les décourager, les intimider, tandis que les braquages et les règlements de compte deviennent monnaie courante dans le sud de la France. Notre président, qui prétend être l’héritier de la révolution française n’a fait que perpétuer les arrestations arbitraires qui s’effectuaient à cette époque, tout en omettant d’instaurer la liberté l’égalité et la fraternité dont le peuple a besoin."
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Edito : Mouvement de masse et guerre de l’information
Le mouvement contre le mariage pour tous a réactualisé une problématique qui était considérée comme obsolète depuis la disparition progressive des vagues d’agitation gauchistes dont le point culminant fut les évènements de mai 1968. Plusieurs enseignements sont à tirer dès maintenant de cette nouvelle phase de relance de pratiques subversives, initiées cette fois-ci par des forces de la société civile majoritairement positionnées à droite de l’échiquier politique.
Les évènements actuels sont dominés par deux modes d’action très imbriqués : la manifestation de rue et l’activisme des réseaux sociaux sur Internet. Il nous a semblé intéressant de rapprocher ces deux notions dans le décryptage des évènements liés au mouvement contre le mariage pour tous. Jusqu’à présent, la combinaison de ces deux modes d’action était très factuelle et ne débouchait pas sur une dynamique durable d’ampleur nationale, voire internationale. C’est la première fois dans la jeune Histoire de la société de l’information que l’expression publique dans la rue est articulée avec autant d’efficacité et d’efficience que l’usage offensif d’Internet par le biais des réseaux sociaux.L’imbrication du mouvement de masse dans la toile
L’analyse des évènements actuels fait ressortir une combinaison innovante de l’art de la manifestation de rue (conçu entre le XIXe et le XXe siècle) avec les nouvelles techniques de prise de parole (sites Internet, blogs, pages Facebook), par les Smartphones (SMS, prise d’images et de vidéos) et Twitter.
L’usage subversif de la manifestation de rue est l’un des produits des révolutions françaises (1789, 1830, 1848). Il devint par la suite un des actes marquants du militantisme propagé par les courants marxistes et libertaires. Au XXe siècle, cette tactique est reprise par les courants révolutionnaires russes et instrumentalisés par les Bolchéviks. La succession des expériences révolutionnaires dans l’Europe des années 30 élargit son utilisation aux courants de pensée d’extrême droite (Marche sur Rome des fascistes italiens, défilés des SA du parti nazi allemand, manifestation des Croix de feu et des Ligues nationalistes le 6 février 1934 à Paris). Mais la théorisation de cette tactique est réalisée par Mao Tsé Toung qui l’intègre dans une notion plus large de portée stratégique : la notion de mouvement de masse, colonne vertébrale de la pensée du courant maoïste lors de la Révolution culturelle officialisée en 1966 (mobilisation de fractions de la jeunesse chinoise contre certains dirigeants et cadres du Parti).
Dans la praxis révolutionnaire, la notion de mouvement de masse est mise en avant pour vérifier l’écho des thèses révolutionnaires et souligner leur impact au sein du peuple. Sans mouvement de masse, le combat révolutionnaire est une démarche d’avant-garde qui ne trouve pas sa légitimité historique. Contre toute attente, le mouvement contre le mariage pour tous de 2012/2103 s’est peu à peu imposé sur la scène politique en prenant appui sur la force de la mobilisation des manifestants dans la rue. Cette montée en puissance d’un mouvement de masse n’est pas simplement le résultat d’un phénomène de bouche à oreille et de répercussion de l’impact des manifestations dans les médias (note 1). Il résulte d’une campagne d’action très soutenue à partir des réseaux sociaux. La dimension prise par ce buzz sur Internet est une des clés pour comprendre le maintien de la mobilisation, l’augmentation graduelle du nombre de manifestants et la capacité d’organisation tous azimuts de manifestations ciblées dans plusieurs zones urbaines du territoire. Cette propagation d’un courant d’idées (que d’aucuns estiment divisé, mais rappelons pour les profanes que les courants révolutionnaires étaient divisés quels que fussent les contextes historiques) est d’autant plus surprenante qu’elle n’émane pas d’un centre de commandement longtemps positionné à l’avance (note 2). Aucun parti de l’opposition ne s’attendait à l’ampleur de cette vague protestataire. Il en est de même pour les partis au pouvoir. L’analyse de ce syncrétisme entre des méthodes d’agit-prop traditionnelles et de pratique offensive du web nous semble illustrer de manière très didactique les critères de guerre de l’information par le contenu. La notion de guerre de l’information par le contenu est théorisée au sein de l’Ecole de Guerre Economique (note 3) qui a déjà publié de nombreux articles sur le sujet (note 4).Un syncrétisme des techniques offensives de management de l’information
Les méthodes d’agit-prop initiées par le collectif contre le mariage pour tous sont un condensé de multiples pratiques déjà employées par des mouvements protestataires dans le passé mais enrichies par une créativité propre à ce mouvement :- Perturbation des déplacements de ministres (annulation de déplacements).
- Pratique du sit-in par les « veilleurs » (jeunes et mères).
- Camping pour tous (tentes devant l’Assemblée nationale, Conseil constitutionnel…).
- Happening par les Hommen.
- Opérations « réveil matin » de personnalités gouvernementales.
- Affichage de banderoles sur les ponts des grands axes.
- Flocage massif sur le sol à des endroits de passage (cf. devant les grands magasins sur les grands boulevards à Paris).
- Manifestation quotidienne la semaine avant le vote de la loi à l’Assemblée.
- Quadrillage propagandiste des mairies.
- Dépôt de 694 428 pétitions signées au Conseil Economique et Social.
L’intérêt de ce mouvement est la démultiplication des opérations militantes qui rappellent le principe du slogan maoïste: « Une étincelle peut mettre le feu à toute la plaine ». Si comme tentent de le démontrer les journalistes Abel Mestre et Caroline Monnot du quotidien Le Monde, des pratiques militantes de nature idéologique se sont greffées dans la dynamique militante, leur influence reste très circonscrite à des cercles périphériques à un mouvement de protestation multidimensionnelle. Les dissidents du Printemps français prônent la radicalisation politique des opposants au mariage gay par le biais d’un site Internet et d’un compte Twitter. Cet activisme principalement virtuel use de symboles tels que le graphisme agressif du poing tendu qui voisine étrangement avec la référence apaisante au pacifisme de Gandhi. Les initiatives des groupuscules d’extrême droite ont elles aussi pour l’instant une portée marginale et se limitent à des manœuvres de galvanisation de la foule en marge des manifestations nocturnes, à des blocages de la circulation et à des collages d’affiche sur des permanences du Parti Socialiste ou sur un site parisien qui accueillait l'Inter-LGBT (Lesbiennes, Gay, Bi, Trans). La présence du mouvement religieux Civitas dans des manifestations collatérales n’a pas non plus changé l’orientation première du mouvement.
Les « opérationnels » du mouvement contre le mariage pour tous sont à l’origine d’un syncrétisme entre des techniques subversives de propagande et des méthodes propres au monde de l’intelligence économique ou des ONG. Pour ce qui concerne l’intelligence économique, ce mouvement a ouvert la voie à une forme de démocratisation du lobbying qu’aucun cabinet de conseil spécialisé dans le domaine ne serait en mesure d’égaler. En revanche, la cartographie et la traçabilité des prises de position des parties prenantes réalisée au niveau des parlementaires est la reproduction typique d’une technique de plus en plus usitée par les agences de communication et les structures spécialisées dans la communication d’influence. L’un des points forts du mouvement est la manière de pousser les autorités dans leurs contradictions, à l’image du refus de la préfecture de police de communiquer les images de la manifestation du 24 mars.
Les techniques de pression psychologique sur des leaders d’opinion ou des responsables politiques sont comparables à celles pratiquées par les acteurs de la société civile. Des ONG comme Greenpeace, figure emblématique des défenseurs de l’environnement, ont systématisé ce type de mode d’action pour faire parler d’elles dans les médias et accroître leur notoriété.
C’est notamment le cas des techniques de harcèlement épistolaire ou téléphonique (courrier envoyé à tous les parlementaires, communications téléphoniques répétées auprès des responsables de la Préfecture de Police ou de la Mairie de Paris (cf. polémique sur la pelouse du Champ de Mars). La tentation de pratiques de désobéissance civile comme le projet de campagne de vider les livrets, les appels à forcer le traitement manuel de la déclaration de revenus ou de contrepouvoir électoral (composition de listes électorales aux prochaines élections municipales) sont le prolongement possible de cette nouvelle forme de stratégie de la tension informationnelle.
Le mouvement contre le mariage pour tous n’a pas encore de centre de commandement politique digne de ce nom comme le laissent pressentir les déclarations parfois confuses et contradictoires de l’une des porte-parole improvisée, Virginie Tellenne. Il a fait preuve en revanche d’une organisation logistique d’une efficacité remarquable compte tenu du caractère spontané de son développement au cours des derniers mois. La gestion financière des manifestations (note 5) et l’organisation de la venue d’une telle masse de manifestants implique un suivi de nature quasi militaire. La logique d’entraide des manifestants est le point novateur de ce savoir faire dans la mesure où la capacité de mobilisation se mesure aussi par les propositions de covoiturage, d’hébergement, de babysitting, de parrainage financier pour aider des familles à manifester. Le service de sécurité dirigé par le jeune militant Albéric Dumont a démontré lui aussi une certaine maîtrise de la situation dans la mesure où il a su réunir et structurer plusieurs milliers de bénévoles répartis selon les tâches à accomplir : gilet jaune pour l’accueil des participants, gilet rouge pour la sécurité, gilet vert pour la logistique. Le dialogue permanent entretenu avec les services de police a été un gage de réussite qui n’est pas cependant un chèque en blanc pour l’avenir.Une pratique intensive mais parfois déficiente de la guerre de l’information
L’une des particularités du mouvement contre le mariage pour tous est le recours systématique à tous les ressorts de la société de l’information. Le système interne de pilotage du Pôle web est un travail militant de nature quasi professionnelle par la qualité du suivi de l’actualité, de la veille sur les prises de parole amies et hostiles, de la relation entretenue avec la presse internationale. La cellule presse a réussi à sensibiliser des journalistes étrangers et une partie de la population sur la tendance de medias français à pratiquer l’omission, l’autocensure ou la dépréciation de la force du mouvement.
La création de centaines de sites et de blogs sur Internet (note 6) est une des preuves de la particularité de cette mobilisation dont la presse ne rend compte qu’avec une parcimonie pour le moins surprenante. Chaque antenne régionale du mouvement contre le mariage pour tous pour tous dispose d’un blog, d’une page Facebook et d’un compte Twitter. Les flux informationnels qui transitent par ces relais virtuels ont des objectifs bien précis :- Sensibilisation des internautes.
- Préparation des manifestations.
- Diffusion de preuves par prises de photographies lors des manifestations.
- Diffusion des témoignages.
- Communication des sondages en ligne.
- Campagne de résonance sur les réseaux sociaux (cf. htag #floppourtous).
Certains activistes du web mènent aussi des attaques informationnelles :
- Recueil de témoignages sur les dérives liées au mariage homosexuel (échec dans l’éducation d’enfants élevés par des couples homosexuels).
- Diffusion de photos chocs extraites de manifestations en faveur du mariage gay et nuisibles à leur image.
- Attaque ciblée contre Pierre Bergé (note 7) et Jean Pierre Michel.
Mais cet activisme du net a ses limites tactiques comme le démontre l’incapacité des organisateurs du mouvement à exploiter une des erreurs grossières commises par le Ministère de l’Intérieur. Lors de la manifestation du 24 mars à Paris, des photos ont été prises de plusieurs policiers en civil brandissant des matraques télescopiques en acier trempé. La scène est intéressante car lorsqu’on la visionne, on constate que les policiers armés de ces matraques ne sont pas menacés par des manifestants et qu’ils ont une attitude provocatrice. Ils mettent ensuite leur brassard police et se réfugient derrière un rideau de CRS. Le collectif qui organise la manifestation a la preuve visuelle de ce qu’on appelle une provocation policière. Il se contente de diffuser les photos compromettantes sur le web mais ne les exploitent pas dans la polémique qui va suivre. La matraque télescopique est une arme dangereuse qui peut provoquer des coups mortels lorsqu’ils sont portés sur la tête d’un individu. Cette arme n’a donc pas sa place dans une opération de maintien de l’ordre. Les questions posées au Ministre de l’Intérieur auraient pu être très gênantes sur ce point (note 8) car elles contrebalançaient son argumentation non démontrée par des photos sur la présence d’éléments agressifs de groupes d’extrême droite aux abords de la place de l’Etoile.
Au niveau stratégique, la guerre de l’information menée par les opposants au mariage pour tous est pour l’instant un échec (la loi est votée et le Conseil Constitutionnel reste un recours plus qu’aléatoire). Les défenseurs du mariage gay ont joué sur la défense des minorités alors que les opposants se sont battus pour le maintien des valeurs. En termes de guerre de l’information, la résonance des pour reste encore plus forte que celle des contre.Limites et dépassements du mouvement
Les opposants au mariage pour tous n’ont pas trouvé les éléments de langage pour renverser le rapport de force. Il leur fallait pour atteindre un tel but aller sur un autre terrain que celui du respect ou du maintien des valeurs morales. Le changement de société impulsée par la dynamique anglo-saxonne (théorie du Gender, remise en cause de notre définition des droits de l’homme, non respect de la propriété intellectuelle et des données personnelles, recherche sur l’optimisation du consumérisme par la disparition de la différence entre les sexes) est la toile de fond de ce non débat stratégique. Sur ce point précis, le mouvement contre le mariage pour tous est piégé par son origine idéologique. La relation avec les Etats-Unis et dans une certaine mesure la survie de l’empire américain est le sujet tabou de la droite française. La solitude du général de Gaulle pour tenter de trouver une troisième voie reste dans toutes les mémoires. L’incapacité de dire non à l’influence culturelle du modèle américain sur la France et l’Europe est le caillou dans la chaussure qui bloque toute capacité d’optimiser la guerre de l’information actuelle pour la traduire politiquement dans un mouvement de masse de nature réellement stratégique. Si le recul provisoire du gouvernement sur la procréation assistée peut apparaître comme une concession faite à ce mouvement de masse, il n’est une fois de plus que de portée tactique.
La manifestation du 26 mai prochain sera-t-elle l’arbre qui cache la forêt ? Les retombées du mouvement contre le mariage pour tous sont déjà très perceptibles au sein de l’Eglise catholique. La conférence des évêques de France fortement marquée par la crise de société issue des événements de mai 68 doit faire face à l’émergence d’une nouvelle génération de chrétiens qui sont à la recherche de valeurs spirituelles moins matérialistes. Il ne s’agit pas à priori d’un courant contestataire mais d’un renouveau de la pratique religieuse qui prend de plus en plus en compte les grands débats de société.Christian Harbulot
Directeur de l’Ecole de Guerre Economiquehttp://www.infoguerre.fr/edito/edito-mouvement-de-masse-et-guerre-de-linformation/
Notes
Note 1 : La plupart des médias ont minoré le chiffre des manifestants dès la manifestation du 17 novembre 2012 et ce n’est qu’à partir de la manifestation du 24 mars que la polémique a été évoquée dans les médias sur le comptage des manifestants à partir des photos prises par hélicoptère par les services du Ministère de l’Intérieur.
Note 2 : Le mouvement contre le mariage pour tous est né d’une volonté spontanée de personnes d’individualités et de groupes animés par des convergences de vue en opposition au mariage pour tous. La création d’un collectif Lamanifpourtous issu du Manifeste pour l’humanité durable regroupe plusieurs associations de confession différente mais à majorité chrétienne.
Note 3 : L’Ecole de Guerre Economique est aujourd’hui à la pointe de l’étude de la guerre de l’information par le contenu. Cette légitimité acquise à travers des travaux de recherche menés depuis seize ans vient en appui aux réflexions plus conventionnelles du monde universitaire et complète les vides laissés par des institutions verrouillées par les contraintes gouvernementales. Ce positionnement original nous incite aujourd’hui à faire un état des lieux de la démarche méthodologique multidimensionnelle qui transparaît dans les pratiques militantes du mouvement contre le mariage pour tous.
Note 4 : articles publiés par l’EGE sur la guerre de l’information par le contenu
- Christian Harbulot, Note sur la guerre des perceptions, CSFRS, avril 2013.
- Christian Harbulot, Le piège technologique de la cyberguerre, Nouvelle Revue de Géopolitique, numéro de janvier, février, mars 2013.
- Christian Harbulot, De la guerre de l’information aux cyberconflits, dossier réalisé par le CSFRS pour Enjeux les Echos, mars 2012.
- Christian Harbulot, Les démocraties occidentales face à la guerre de l’information, Nouvelle revue de Géopolitique, automne 2011.
- Christian Harbulot et Patrice Lefort-Lavauzelle de l’article Une démocratie peut-elle mener une guerre de l’Information, revue Défense, septembre 2011.
- Christian Harbulot, Les guerres de l’information dans l’ouvrage Management stratégique de la concurrence, coordonné par Frédéric Leroy et Saïd Yami, Dunod, 2009.
- Christian Harbulot, Le rôle de l'information dans les conflits asymétriques pour les cahiers n°12 du Collège de l'Enseignement Supérieur de l'Armée de Terre (CESAT), avril 2008.
- Christian Harbulot et Philippe Baumard de l’article La maîtrise de l’information dans les conflits asymétriques, dans Bulletins d’Etudes de la Marine, 2007.
- Christian Harbulot et Didier Lucas de l’article Comment résister aux attaques par l’information ?, dans l’ouvrage d’Alice Guilhon et Michel Henri Bouchet, Intelligence économique et gestion des risques, Editions Pearson, juin 2007.
- Christian Harbulot, De la légitimité de la guerre cognitive, revue de l’Institut de Recherches Stratégiques, janvier 2005.
- Christian Harbulot, La France et l’Europe face à l’américanisation de l’arme de la connaissance, revue Conflits actuels, mars 2004.
- Christian Harbulot et Didier lucas, La guerre cognitive, ouvrage collectif de l’Ecole de guerre économique, Lavauzelle, février 2002.
- Christian Harbulot, La guerre de l’information du faible au fort, numéro spécial de la revue Panoramiques, avril 2001.
- Christian Harbulot, « Frappes informationnelles sur Internet », numéro d’été la revue Pouvoirs, 2000.
- Christian Harbulot, Didier Lucas et Alain Tiffreau, Gestion des risques dans le cadre d’une déstabilisation par l’information, étude commanditée par l’Adit, 1999.
- Christian Harbulot et Pascal Jacques Gustave, Manœuvre médiatique et compétition économique, revue Enjeux Atlantiques, décembre 1998.
- Christian Harbulot, « Intelligence économique et guerre de l’information », Revue Mars, troisième trimestre 1999.
Note 5 : selon les organisateurs, la manifestation du 24 mars a coût près de 700 000 euros. 550 000 euros ont été récoltés par des dons de particuliers.
Note 6 : exemple de sites créés dans la mouvance du mouvement conte le mariage pour tous
http://huonsnosministres.fr/
http://www.printempsfrancais.fr/
http://www.deputespourtous.com/
http://www.senateurpourtous.com/
http://www.lamanifpourtous.fr/fr/
http://www.homovox.com
http://lecampingpourtous.fr/
http://democratiepartout.tumblr.com/
http://www.laissez-nous-voter.org/
http://www.referendum-officiel.fr/
http://www.we-facile.fr/
http://www.mairespourlenfance.fr/
http://www.tous-pour-le-mariage.fr/
http://www.lesmusulmanspourlenfance.com/
http://lamanifdesjuristes.free.fr/
http://www.enmarchepourlenfance.com/
http://enfantsjustice.wordpress.com/
http://www.derapages.org/
http://www.tousenpriere.com/
http://hommen-officiel.tumblr.com/Note 7 : Pierre Bergé a été au centre d’un certain nombre de polémiques et a lui-même tenu des propos très controversés dans ce débat.
Note 8 : une question au gouvernement aurait pu être posée à l’Assemblée Nationale par un député de l’opposition (la mission de ces policiers en civil, la nature de l’autorité qui leur avait donné l’ordre de porter des matraques télescopiques, et la raison pour laquelle ils avaient sorti, cette arme alors qu’ils n’étaient pas en situation de légitime défense).
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CMRDS 2013 et manifestation du Printemps français à Lyon : les premières photos
Il est tard et après un semaine de formation et de préparation à l’action militante au château d’Ailly dans le pays Roannais et la participation de l’Action Française à la manifestation publique du Printemps Français Place Carnot à Lyon ce samedi 31 août, voici quelques photos, en attendant un reportage plus complet.

Une partie des campeurs durant une conférence...
Maître Pichon, fondateur du Collectif des Avocats Contre la Répression Policière (CARP), à la veillée du vendredi 30 août au CMRDSLE LENDEMAIN,...

L’ancien député, Christian Vanneste, président du RPF, ouvre le meeting en appelant à la mobilisation contre Hollande et la fausse droite.
Maître Pichon évoque la répression policière et salue Nicolas Bernard-Busse en invitant l’assemblée à se lever contre l’arbitraire et un système nihiliste qui préfère nous faire courir le risque d’une guerre au services du Qatar que d’assurer l’avenir de la société française.
Isabelle Fradot des Enfants des Terreaux invite à des actions militantes décalées et efficaces
Olivier Perceval, secrétaire général de l’Action française, conclut le rassemblement en déclarant qu’ IL EST TEMPS, DÉSORMAIS, DE RENVERSER LE SYSTÈME !ET SALUONS LES VEILLEURS PARISIENS DE LA CONCORDE HARCELÉS PAR VALLS ET SES SBIRES.
ONLR !
http://www.actionfrancaise.net/craf/?CMRDS-2013-et-manifestation-du
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Arrivée des veilleurs à Paris
S'il y a une manifestation en ce moment à Paris, c'est celle organisée par le Préfet de police... En effet, l'avenue de la Grande Armée est totalement fermée à la circulation, par des cars de CRS. Beaucoup de policiers sont massés entre l'avenue de la Grande Armée et l'Etoile, mais les trottoirs sont libres d'accès.
Plusieurs centaines de veilleurs se sont rassemblées sur l'esplanade de la Défense et ont entrepris leur entrée dans Paris sous l'oeil vigilant des nombreuses forces de l'ordre, dont la présence est certainement plus utile ici qu'en banlieue...
La police qui essaie d'expliquer pourquoi la liberté de circulation est restreinte à Paris :
Les premiers veilleurs sont arrivés au pont de Neuilly vers 18h00. Suivis de peu par une trentaine de cars de CRS. Une fois déployés, ceux ci ont bloqué l'accès à l'avenue Charles de Gaulle au niveau du métro. N'arrêtant pas le flux des marcheurs, ils se sont avancés à la rue suivante. Vite contournés, ils se sont avancés à la rue suivante... À nouveau contournés, ils sont partis bloquer la marche plus loin.L'avenue de la Grande Armée est maintenant bloquée :
On me signale la présence du panier à salade, vide pour le moment, face au Grand Palais. Une voiture de police se trouve au rond-point des Champs-Elysées.Les premiers veilleurs sont à 200m de la place de la Concorde.
On compte 28 fourgons policiers place de la Concorde. Un délire de Manuel Gaz et de son préfet de Paris, alors que les veilleurs ne brûlent pas les voitures et n'agressent personne...
Le métro est fermé :
Des veilleurs sont déjà sur la place de la Concorde.24 policiers en renfort pour combattre la violence à Marseille et quelques centaines de plus à Paris pour tenter de faire plier les veilleurs pacifiques : c'est la politique à la Manuel Gaz.
Xavier Lemoine, maire de Montfermeil, est présent avec les veilleurs. Des veilleurs arrivent désormais par dizaines, de tous les côtés, sur la place de la Concorde.
Une pièce de moteur de plusieurs kilos a été lancée du 13e étage d'un immeuble sur des policiers. Ah oui mais c'est à Gennevilliers... Les veilleurs à Paris, c'est plus dangereux. 23 nouveaux fourgons descendent les Champs-Elysées vers la Concorde. Ce qui nous fait un total de ... 51 fourgons !
Ce n'est pas encore ce soir que l'obélisque sera volé :
Et pendant ce temps à Bastille, une manifestation d'islamistes pro-Morsi se déroule. Vociférations en arabe, avec des barbus partout, et pas un seul panier à salade. -
Radio Courtoisie : « Le messianisme politique à travers les siècles »
Sur Radio Courtoisie, le 21 août dernier, Emmanuel Ratier recevait Jean-François Gautier, Jean-François Gautier, docteur en philosophie des sciences, pour son ouvrage Le sens de l’Histoire : une histoire du messianisme en politique (éd. Ellipses) et développer le thème du messianisme en politique.
Plus d’émissions téléchargeables (Radio Courtoisie) ici
A mettre en correspondance avec la grille de programme -
La Garantie Jeunes, c’est d’abord pour les « djeunes » ! Par Yves Theurin
Casier judiciaire recommandé.
Le gouvernement Ayrault lance en cette rentrée la « Garantie Jeunes » : 483 euros versés aux moins de vingt-cinq ans sans travail. En d’autres termes, le RSA étendu à toute une classe d’âge. Pour l’instant, à titre « expérimental ». A défaut d’être triés sur le volet, les cobayes seront, pour beaucoup, choisis sur casier. Une prime à la « probation » chère à Taubira ? Même pas. Ordre de Bruxelles.
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On avait fini par l’oublier, coucou le revoilou ! A la manoeuvre de cette nouvelle charge sociale (pour les contribuables qui bossent) se trouve le tout nouveau « Monsieur Pauvreté » du gouvernement, François Chérèque, qui a présidé pendant dix ans aux destinées de la CFDT et s’est métamorphosé en haut fonctionnaire par la grâce du conseil des ministres.
Depuis trente ans, les gouvernements, dont les décisions détruisent les emplois, dépensent une partie de leurs emprunts pour financer une politique de communication. Objectif : faire croire qu’ils luttent contre le chômage. En d’autres termes, balader des générations de jeunes chômeurs de sigles en sigles. Stages d’initiation à la Vie professionnelle (SIVP), Préparation active à la qualification et l’emploi (Paque), Trajets d’accès à l’Emploi (Trace), Contrat d’insertion dans la vie sociale (Civis), Contrat d’autonomie, Revenu contractualisé d’autonomie (RCA)… La liste est longue de ces « dispositifs » qui, tous, ont échoué.
On ne change pas une formule qui perd
Jugement sévère de méchant libéral ? Non, aveu du premier ministre dans son courrier du 6 février 2013 à la Directrice générale de l’emploi et de la formation professionnelle. Aucun de ces dispositifs n’a « jamais résolu la double problématique : sortir de la pauvreté et bénéficier d’un accompagnement intensif jusqu’à l’emploi durable ».
Moyennant quoi, depuis un an, le gouvernement socialiste persévère dans la même voie : Emplois d’avenir, Contrats de génération, développement des contrats aidés… Autant de projets financés par l’argent public. Tous promis à la même absence de résultats durables.
C’est dans ce contexte qu’est apparu l’ancien secrétaire général de la CFDT, François Chérèque. A peine démissionnaire de son syndicat, il a été nommé par François Hollande, le 7 janvier 2013, Inspecteur général des Affaires sociales. Avant lui, Fadela Amara avait bénéficié de ce coup de baguette magique républicaine qui permet de toucher 7 250 euros net par mois. Une belle augmentation par rapport aux 4 500 euros versés par la CDFT.
Un bonheur n’arrivant jamais seul, François Chérèque est devenu, cinq jours plus tard, président du « think tank » socialiste Terra Nova. Les financiers de Terra Nova ? Areva, le groupe Casino, EADS, Sanofi, EDF, Suez, Microsoft, Vivendi… De vrais socialistes !
Depuis sa nomination, François Chérèque n’a eu de cesse de consciencieusement œuvrer à concrétiser un projet qui ne doit rien à l’Etat français et à peu près tout à Bruxelles : l’extension du RSA aux moins de vingt-cinq ans sous le nom sympatoche de « Garantie Jeunes ».
C’est en effet suite au Conseil européen de juin 2012 et à ses préconisations écrites que le Conseil interministériel de lutte contre les exclusions a avalisé cette garantie. En d’autres termes, si la France socialiste crée ce dispositif, financé en partie par emprunt auprès des banques internationales, c’est sur instruction supranationale. Le pauvre doit rapporter aux riches.
La Garantie Jeunes n’est rien d’autre, en fait, que le RSA étendu aux moins de vingt-cinq ans. En contrepartie de quoi, le bénéficiaire s’engage à venir aux convocations d’un travailleur social (qui lui doit son emploi) et d’accepter la formation ou le stage proposé. Bref, rien de nouveau sous le soleil des Missions locales.
Au gouvernement, on cause engliche
Ce qui est plus singulier, en revanche, c’est le public visé. Il s’agit des « NEETs ». Kesako ? Un terme anglo-saxon, très en vogue en ce moment dans l’administration française, et qui signifie : « Not in Education, Employement or Training ».
En Français courant, il désigne ceux qui ne sont ni à l’école, ni en formation, ni au travail. Et qui perçoivent, eux ou leur famille, moins de 483 euros par mois.
Cet acronyme est couramment utilisé dans les textes de l’Union européenne et a été pieusement repris par le rapport gouvernemental, co-signé d’un certain Marc Gurgand, Paris School of Economics ! Welcome in Paris, France !
Et ce rapport tient à souligner nommément quel public, parmi ces « NEETs », devra bénéficier de la manne étatique. On vous le donne en mille : les jeunes en « sortie de mesure judiciaire ». Une sorte de Garantie « Djeune » en quelque sorte…
Le dispositif sera testé dès cette rentrée dans dix départements qui se sont portés volontaires. Il s’agit généralement de départements comme la Dordogne ou le Vaucluse, dont les exécutifs socialistes, bien incapables de créer le moindre développement économique réel, se précipitent à chaque nouvelle occasion sur les subventions.
En 2014, dix autres départements rejoindront les heureux gagnants. Côté « jeunes », ils devraient être 100 000, fin 2014, à percevoir cette garantie. 100 000 sur un public total de 850 000. Même pas 12 %… C’est dire l’intérêt d’une mesure qui va quand même coûter aux Français une somme que le gouvernement affirme ne pas pouvoir estimer pour l’heure. C’est bien la peine d’avoir fait l’ENA ! On va les aider : 100 000 jeunes à 483 euros par mois, cela fait un coût maximal annuel de 580 millions d’euros.
Certes, tous les jeunes ne percevront pas le maximum de la garantie, mais l’addition devrait quand même dépasser les 300 millions par an. Seulement 2 % du déficit de la Sécurité sociale. Pourquoi se priver…
Yves Theurin
Article de l’hebdomadaire “Minute” du 28 août 2013 reproduit avec son aimable autorisation. Minute disponible en kiosque ou sur Internet.
http://fr.novopress.info/141085/la-garantie-jeunes-cest-dabord-pour-les-djeunes-par-yves-theurin/
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Veilleurs : "nous ne manifestons pas, nous marchons et veillons"
Communiqué des veilleurs :
"D'abord ils vous ignorent, ensuite ils vous raillent, ensuite ils vous combattent et enfin, vous gagnez." Gandhi
Aujourd'hui comme depuis 20 jours, nous ne manifestons pas. Nous marchons, veillons et interpellons les indifférents. On n'autorise pas, on n'interdit pas la liberté. On la respecte ou on la viole. La Marche aura lieu et les veilleurs veilleront.
A tout à l'heure à 17h30 à la Défense pour marcher les derniers kilomètres de la Marche jusqu'à la Concorde où aura lieu la 22ème veillée consécutive de la Marche à partir de 21h30 pour toute la nuit.
Venez comme vous êtes, sans vêtement ou signe distinctif (par exemple LMPT), en simple veilleur. Les dernières informations pratiques sont disponibles sur lejdv.fr.
Nous tenons à préciser que cette arrivée de la Marche annoncée depuis près de 2 mois ne trouble pas l'ordre public puisque nous sommes sur la chaussée et les places publiques, ce qui ne met en danger ni les institutions ni les personnes. A tout à l'heure chers amis veilleurs !"
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Melenchon, piège à cons...
Bien sur, la carte électorale du Front de gauche recoupe – pas totalement d'ailleurs – celle du parti communiste à l’époque où ce dernier existait encore. Pour autant, d’un point de vue sociologique, la différence est radicale. Là où le parti communiste ratissait côté intellectuel (1) et ouvrier, le Front de gauche se voit méprisé par les premiers comme par les seconds. On peut alors sourire lorsque Jean-Luc Melenchon se réclame du peuple ou des milieux populaires. Encore plus choquants, les ouvriers ont maintenant déserté la gauche pour rejoindre le Front National. On ne répétera jamais assez que l’homme de gauche qui émigre vers le camp patriotique n’a nullement le sentiment - à juste titre - de s’être converti ou rallié à la droite qui reste à ses yeux l’ennemi de toujours. En ce sens, la stratégie du Front National, résumée par le slogan « ni droite, ni gauche » est la bonne : elle permet progressivement de rallier au camp patriotique les déçus des deux hémiplégies.
L’expérience que j’ai des hommes me conduit à me méfier des radicaux autoproclamés qui pratiquent la surenchère verbale, utilisant bien volontiers des superlatifs. Tel est justement le cas de Jean-Luc Melenchon dont les déclarations semblent faire accroire qu’il est radical. Rappelons qu’il fut appelé lors d’un nouveau gouvernement Jospin, peu de temps avant la présidentielle de 2002, ce afin probablement de montrer un ancrage à gauche. Rappelons aux plus jeunes que la période Jospin (1997/2002) fut autrement plus libérale – entendez capitaliste – que celle qui précéda de 1993 à 1997 via les gouvernements Balladur et Juppé. Et face à la politique capitaliste mené par Jospin et ses affidés, Jean-Luc Melenchon de se faire, à l’époque, carpette et rampant.
D’un point de vue idéologique on pourrait croire que Jean-Luc Melenchon incarne la gauche nationale et républicaine. C’est un peu le message qu’il veut faire passer. Remarquons que l’homme reste emprunt de ses origines trotskistes, internationalistes et dissolvantes. S’il était vraiment républicain comme il l’affirme, il n’eut pas autant soutenu le mariage homosexuel qui est d’essence communautariste donc anti-républicain. Il y a aussi chez lui un côté gôche cucul, donneuse de leçons qui pue les médisances des conversations des sacristies, dont il prétend bien malhonnêtement être l’opposant radical. Peut être souhaite t-il tout simplement flatter dans le sens du poil son électorat – encore une fois pas ouvrier – qui se la joue intello, tout en maniant taille-crayons et trombones : n’est pas tout le monde capable de porter sur le dos un sac de ciment de trente kilos sur une échelle en gravissant ainsi une dizaine de mètres… Encore une fois, les éternels défenseurs du prolétariat, eux-mêmes non prolétaires et ne voulant absolument pas l’être: « Faut vous dire Monsieur, que chez ces gens là… » (2).
On sait les bisbilles récentes entre Melenchon et les communistes orthodoxes du défunt Pc« f ». Ces derniers dépendent des socialistes pour obtenir des élus dans le cadre des prochaines municipales. C’est ainsi que ceux qui se réclament de Marx et de Lénine – excusez du peu – en sont maintenant à sucer les thuriféraires du « grand capital ». Dans les faits, la gauche profonde et réelle, autoproclamée comme telle, est la négation même de la gauche et de son passé. Les communistes aujourd’hui, trahissent tout autant que l’a fait Melenchon lorsqu’il fit partie du gouvernement Jospin : « qui se ressemble s’assemble» … A gauche, rien de nouveau, et nul espoir pour « les damnés de la terre ». Après tout, c’est peut être très bien ainsi, et il existe donc pour reprendre une expression chère à nos milieux, « un partage des eaux ». Cela ne signifie pas que le Front de gauche ne va pas bénéficier du dégoût d’électeurs de gauche écoeurés par la politique menée par Hollande et Ayrault qui est capitaliste. Mais quelque part le réservoir de gauche est maintenant percé et une partie importante de son contenu s’écoulera vers le Front National :
« As sure as the rivers reach the seas »… (3)Childéric Fonteney http://www.voxnr.com/cc/politique/EFZZAyFkFykPbahpXF.shtml
Notes :
(1) L’opium des intellectuels – Raymond Aron
(2) Jacques Brel
(3) Gary Moore – over the hills and far away
