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France et politique française - Page 4832

  • Plus de 100 000 euros la soirée du ramadan à la mairie de Paris

    Wallerand de Saint-Just, candidat du Front National à la mairie de Paris, écrit au maire de Paris :

    W"Cette année encore, les parisiennes et les parisiens vont être appelés à dépenser plus de cent mille euros pour financer la soirée que vous organisez le 17 juillet dans les salons de l’hôtel de ville à l’occasion du Ramadan.

    Ne soyez pas hypocrite, s’il vous plaît, il s’agit bien pour la Mairie de Paris de favoriser une fête religieuse particulière. Vous voulez favoriser l’islam avec l’argent des contribuables parisiens alors qu’à plusieurs reprises, depuis vous êtes maire, vous avez spécialement désavantagé la religion catholique. Le PS organise depuis déjà de nombreuses années et en toute connaissance de cause la montée du communautarisme dans notre pays, aggravant sciemment et pour de mesquines visées électoralistes l’état du tissu social français. Mais voir un maire de Paris, au su et vu de tout le monde, oser organiser une « soirée à l’occasion du Ramadan » dans les salons de l’Hôtel de Ville relève de la pure indécence et a de quoi laisser songeur.

    Il vous est interdit, Monsieur le maire, d’utiliser l’argent des contribuables parisiens pour une telle manifestation sectaire qui viole ouvertement les règles de la laïcité française. Le préfet de Paris, l’année dernière, vous l’a rappelé. Toutefois, piteusement, il n’a pas été plus loin. Je vous demande donc d’annuler cette de réception du 17 juillet 2013.

    En tout état de cause, dans le cadre du budget pour l’année 2014, la décision du conseil municipal accordant des crédits pour cette manifestation, sera déférée pour annulation au tribunal administratif."

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  • Le tyran est celui qui gouverne contre la raison

    Extraits d'une réflexion de Michel De Jaeghere aux veilleurs :

    "Je précise que mon propos ne vise pas ici ceux qui se trouveraient contraints, malgré eux, à céder à la nécessité ; à faire appliquer cette loi sous la menace de sanctions pénales : la résistance est toujours affaire de conscience, d’appréciation individuelle des risques et des conséquences. Ceux qui ne sont pas exposés à ces risques n’ont pas qualité pour donner des conseils à ceux qui sont en première ligne.

    Ceux que je voudrais contredire, et pourquoi pas, convaincre, vous en connaissez certainement ; ce sont tous ceux qui contestent désormais le principe même de votre résistance, sous prétexte que la loi a été adoptée par le Parlement, et qu’elle l’a été, somme toute, démocratiquement. Je vais essayer de le faire en faisant un grand détour : un détour par l’Histoire. Je voudrais en effet essayer avec vous de remonter aux sources. Aux sources de la loi. 

    Qu’est ce qu’une loi ?
    Peut-on lui opposer sa conscience, quand on a contre soi la légalité de son adoption, le consentement, dit-on, de la majorité de la population. Peut-on, doit-on, résister à ce que François Mitterrand a appelé autrefois « la force injuste de la loi » ? J’essaierai de répondre en évoquant la naissance de la loi, là où elle est apparue, en Grèce, en m’aidant, notamment, des travaux de Jacqueline de Romilly. [...]

    Comme le proclamera Eschyle, ce qui différenciait les Grecs des peuples barbares c’est qu’ils n’étaient « esclaves ni sujets de personne ». Qu’ils étaient des hommes libres. Être un homme libre, à leurs yeux, c’était n’être soumis qu’à une seule souveraineté : la souveraineté de la loi. Cette différence entre grecs et barbares allait être cristallisée, au Ve siècle avant J.-C. par l’expérience des guerres médiques, ces guerres qui allaient voir les troupes innombrables de l’empire perse déferler sur la Grèce, et finalement échouer à Marathon, aux Thermopyles, à Salamine et à Platées. [...]

    « Ils ne sont esclaves ni sujets de personne. » Cette opposition est le sujet même du livre que compose alors, pour raconter ces guerres médiques, celui qui est considéré comme le père de l’Histoire : Hérodote. Hérodote y met en scène un étrange dialogue entre Xerxès, le roi des Perses, et un roi de Sparte exilé à sa cour, Démarate. Dialogue au cours duquel le spartiate aurait prévenu le conquérant, à la veille de l’expédition, que son entreprise était vouée à l’échec parce que les troupes perses étaient formées d’esclaves qui marchaient sous le fouet et qu’elles allaient trouver devant elles des hommes libres, éduqués dans l’obéissance aux lois.

    Dialogue imaginaire, et sans doute inspiré a posteriori par l’attitude des Spartiates à la bataille des Thermopyles. Texte fondamental parce qu’il illustre la ligne de partage que tracent désormais les Grecs entre civilisation et barbarie. Ici, des hommes soumis à la crainte d’un maître. Là des hommes laissés libres d’agir, mais qui se révèlent supérieurs parce que leur liberté s’accomplit dans l’obéissance aux lois.

    « Ils ne sont esclaves ni sujets de personne. » Xerxès n’incarne pas le despotisme parce qu’il est un monarque (la royauté subsiste en Grèce, notamment en Macédoine), mais parce qu’il prend des décisions selon son caprice, parce qu’il n’a pas d’autre loi que ses désirs. Les Grecs ne représentent pas la liberté parce qu’ils vivent sous des régimes démocratiques (beaucoup de leurs cités ne le sont pas, à commencer par Sparte) mais parce qu’ils obéissent aux lois.

    Dans une scène saisissante, Hérodote montre le roi des Perses étouffé de colère, parce qu’une tempête a détruit le pont de bateaux qu’il a fait construire sur l’Hellespont, notre détroit des Dardanelles. Il prend alors une décision inouïe : il fait fouetter la mer qui s’est ainsi rebellée contre lui. Le despote, le tyran, pour le Grec, c’est celui qui gouverne contre la raison, le Logos. L’homme libre, c’est celui qui n’est pas soumis à l’arbitraire, au caprice, parce qu’il connaît ses devoirs et ses droits, parce que ceux-ci sont fixés par la loi. Le gouvernement légitime, c’est celui qui s’exerce conformément aux lois. [...]

    J’ai parlé il y a un instant de la revendication des peuples en faveur de lois écrites. Mais les Grecs reconnaissaient, en réalité, l’autorité de deux sortes de lois : d’une part celles qui ressortissaient du comportement, de la morale et qui étaient restées non écrites ; d’autre part celles qui réglaient le fonctionnement des institutions, la propriété, la justice, et dont ils avaient exigé l’écriture pour échapper à l’arbitraire des grands.

    Les lois non-écrites, ce sont celles qu’invoque Antigone, l’héroïne de Sophocle, lorsque Créon prétend lui interdire d’ensevelir son frère. La légalité du pouvoir de Créon n’est pas mise en cause. Il est le roi légitime de Thèbes. Son décret n’en a pas plus de valeur pour autant parce qu’il n’est pas conforme aux lois non-écrites que les dieux ont inscrites dans le cœur de l’homme. Antigone n’est pas une anarchiste. Elle obéit à un ordre supérieur, elle obéit à d’autres lois : « Aux lois non-écrites, inébranlables, des dieux, dit-elle. Elles ne datent, celles-là, ni d’aujourd’hui, ni d’hier, et nul ne sait le jour où elles ont paru. Ces lois-là, pouvais-je donc, par crainte de qui que ce fut, m’exposer à leur vengeance chez les dieux. »

    Ces lois non-écrites, ce sont toutes celles qui commandent la vie morale de l’homme. Elles ressemblent étrangement, nous dit Jacqueline de Romilly, au Décalogue. Elles obligent à la loyauté, à la reconnaissance, à la fidélité en amitié. Elles commandent le respect des dieux, la sépulture des morts, la piété filiale, l’inviolabilité des hôtes. Elles interdissent de trahir sa patrie, de déserter au combat, de s’emparer d’un criminel réfugié dans un temple, de s’en prendre à un ambassadeur, de violer un serment, d’agir contrairement à un traité, de tuer un combattant qui se rend. Elles interdisent évidemment de former une famille autrement qu’avec un homme et une femme. Elles n’ont jamais la forme d’un droit. [...]

    Divines, ces lois sont, par-là même, éternelles et universelles. Elles s’imposent aux individus comme aux institutions. Elles sont sanctionnées par une réprobation, une honte universelle, par les châtiments que ne manquent pas d’infliger les dieux à ceux qui y contreviennent. [...] À côté, en dessous des lois non écrites, se trouvent les lois écrites. Ce sont les règles qui fixent les droits et les devoirs de chacun, déterminent le fonctionnement des institutions. Elles ont commencé, elles aussi par être non-écrites (tout simplement parce que l’écriture avait disparu). On a vu que leur transcription avait été une revendication du peuple contre les aristocrates et les rois, pour échapper à leur arbitraire. Qu’elles furent l’œuvre des législateurs comme Lycurgue ou Solon. Mais la façon même de procéder de ces législateurs est éclairante. Pour rédiger les lois, ils ne recueillent pas, en effet, le sentiment de l’opinion. Ils ne demandent pas ce qu’elle veut à la population. Ils ne font pas de sondages. Ils s’entourent de juristes, de savants, dont le rôle est de recueillir la tradition des ancêtres et d’en faire la retranscription. Ils n’inventent pas les lois, ils se contentent de mettre en forme celles que leur a léguées une tradition immémoriale. Derrière les usages, les coutumes, les habitudes séculaires, les Grecs croient en effet pouvoir discerner un nomos divin : un ordre naturel du monde dont tout l’effort du législateur sera de tenter de reproduire les contours. [...]

    Vous voyez qu’on est là aux antipodes de l’idée que la loi soit l’expression d’une volonté humaine, serait-elle « la volonté générale » chère à Jean-Jacques Rousseau et à notre déclaration des droits de l’Homme. Qu’elle doive refléter l’évolution des mœurs ou l’état de l’opinion. Ériger « en loi ses caprices », c’est, au contraire, aux yeux des anciens grecs la marque même de la tyrannie. [...]

    Qu’est-ce qu’une loi ? Une loi est certes un commandement de l’autorité légitime, mais elle n’est pas seulement cela. C’est un commandement qui vise au bien commun sans heurter les lois non-écrites qui sont inscrites dans le cœur de l’homme, non plus que l’ordre naturel du monde, tel qu’il est connaissable par l’exercice de la Raison. Tel est l’enseignement de la Grèce antique, dont notre civilisation est le prolongement. La loi qu’on vous oppose n’apparaît, à cette lumière, que comme un simulacre. Elle a pu être régulièrement adoptée par les institutions compétentes. Elle ne mérite pourtant pas le nom de loi :
    - parce qu’elle n’est pas conforme aux lois non écrites qui sont dans le cœur de l’homme,
    - parce qu’elle est étrangère à nos traditions ancestrales,
    - parce qu’elle n’est pas conforme à la nature humaine, à l’ordre naturel du monde, à la raison.

    [...] Héritière de la pensée classique, l’Église s’est inscrite dans ce sillage. Elle l’a proclamé par la bouche de saint Thomas d’Aquin : « Toute loi portée par les hommes n’a raison de loi que dans la mesure où elle découle de la loi naturelle. Si elle dévie en quelque point de la loi naturelle, ce n’est plus alors une loi, mais une corruption de la loi. » Jean-Paul II renchérit en parlant, sur le même sujet d’une « tragique apparence de loi » à laquelle toute conscience éclairée se doit de faire objection.

    S’opposer à la loi Taubira était un devoir. Exiger son abrogation en est un autre. L’une et l’autre attitude relèvent en effet de la véritable obéissance aux lois : aux lois non écrites qui sont inscrites dans le cœur de l’homme, à la loi naturelle et à l’ordre du monde, tels qu’ils sont connaissables par la droite raison. C’est en restant fidèle à ces lois, comme vous le faites ici ce soir, que vous continuerez à n’être esclaves ni sujets de personne, que vous continuerez d’être libres."

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  • Emplois aidés : trois milliards à réserver au secteur marchand !

    Le sophisme du vitrier.
    Cela dépasse l’entendement : la compétitivité est absente, les marges des entreprises sont à un plus bas historique, ces entreprises licencient et surtout n’embauchent pas, et c’est le moment que choisit le gouvernement pour contraindre le secteur non marchand à créer des emplois aidés dont la plupart sont inutiles et n’ouvrent pas à leurs titulaires une voie sérieuse vers l’emploi durable. En même temps, les emplois aidés ne sont disponibles au secteur marchand qu’à des conditions extrêmement restrictives et avec une grande méfiance. Une raison invoquée pour cette méfiance : l’effet d’aubaine dont profiteraient les entreprises pour créer des emplois qui de toutes façons auraient été créés. Et alors ? Si on suit le raisonnement, cela signifierait qu’il est préférable de créer des emplois qui n’auraient pas été créés, donc artificiels, au lieu d’améliorer la situation des entreprises, seules à même d’apporter une solution de long terme à l’emploi.

    Les emplois aidés sont de nouveau à un plus haut niveau
    Selon la Cour des comptes, le nombre des contrats aidés, qui était de 800.000 en 2000, était tombé à 600.000 en 2005, puis à 265.000 fin 2008 du fait du constat reconnu de leur inefficience. Ce qui n’a pas empêché qu’avec la crise, ce nombre est remonté, au point que Michel Sapin a récemment fait état de 540.000 au total, dont 340.000 déjà existants en 2012, auquel le gouvernement actuel a ajouté deux fois 200.000, notamment sous forme d’emplois d’avenir, dont le nombre attendu fin 2013 est de 150.000.
    Il en coûtait 3,4 milliards d’euros en 2009, avec un coût unitaire moyen allant jusqu’à plus de 13.000 euros, et à fin 2010 les contrats aidés occupaient 350.000 personnes dont les quatre-cinquièmes dans le secteur non marchand. Les 150.000 emplois d’avenir prévus devraient coûter annuellement 1,5 milliard d’euros.

    Tous les observateurs, dont la Cour des comptes, soulignent l’inefficience des emplois aidés dans le secteur non marchand
    On ne saurait mieux faire que de reprendre ici les conclusions du rapport établi en 2011 par la Cour des comptes : « Les observations relatives à l’efficacité de la mesure au regard des objectifs poursuivis sont plus préoccupantes : d’une part, les contrats aidés n’ont pas joué leur rôle contracyclique de manière satisfaisante, leur mobilisation s’étant révélée décalée par rapport à la conjoncture ; d’autre part, leur contribution à l’insertion dans l’emploi est, selon l’ensemble des études disponibles, très faible dans le cas du secteur non marchand. Ce constat s’appuie sur des travaux français et étrangers convergents dont de nombreux pays européens ont déjà tiré les conséquences : ainsi l’Allemagne, qui faisait un recours massif aux contrats aidés au début des années 2000, a très fortement réduit son recours à ce type d’instrument. La politique française de l’emploi, qui ménage encore aujourd’hui une large place aux contrats aidés, apparaît ainsi de plus en plus comme une exception dont la pertinence est discutable ».
    Il apparaît à la Cour des comptes qu’ « en définitive, les contrats aidés apparaissent davantage comme un instrument de politique de cohésion sociale que de politique de l’emploi ». La France n’a-t-elle pas plus besoin d’une politique de l’emploi, seule à même d’avoir un effet sur le long terme ? Mais, quitte à utiliser cet instrument, il faut l’orienter vers le secteur marchand, ou en tout cas orienter les ressources, non négligeables (plus de 3 milliards chaque année) vers la politique de l’emploi.

    Mieux vaut l’effet d’aubaine que des emplois de type « vitrier ».
    Une des objections, largement répandue, à l’aide publique au secteur marchand est la crainte de l’effet d’aubaine : pourquoi aider à la création d’emplois qui auraient été créés même en l’absence du dispositif ? C’est un sophisme. Et alors en effet ? Si l’on suit le raisonnement, l’État préfère créer des emplois (dans le secteur public) qui n’auraient pas été créés, simplement parce qu’un bon nombre d’entre eux sont artificiels. Ils apportent un remède tout autant artificiel et de court terme, tout en ne permettant pas d’apprendre un véritable métier. C’est la politique de « l’État vitrier » (voir encadré).

    Le paradoxe du vitrier
    On doit à l’économiste français du XIXème siècle Frédéric Bastiat la démonstration dite du paradoxe du vitrier. Il met en scène un jeune qui casse une vitre, et la réaction des badauds : « À quelque chose malheur est bon…ça fait marcher le commerce… sinon que deviendraient les vitriers… » Effectivement la destruction cause la dépense, fait travailler le fabricant de vitres, les poseurs et fait progresser le PIB [1]. Une expression un peu plus récente de ce sophisme se retrouve dans les trous du sapeur Camembert (on embauche des ouvriers pour creuser des trous et d’autres pour les combler). Le sophisme est facilement démonté par Frédéric Bastiat : si on avait consacré les ressources à autre chose que casser puis réparer les vitres (fabriquer des vêtements par exemple) on aurait ces vêtements en plus, tout en conservant les vitres intactes.

    Vaut-il mieux que l’État se comporte en vitrier, ou consacrer les ressources en question à diminuer le coût du travail pour les entreprises ? La réponse va de soi. Le fait que certains emplois auraient été créés de toutes façons – ce qui reste d’ailleurs à prouver – n’invalide nullement l’aide apportée aux entreprises. Même si tous les emplois créés relevaient de l’effet d’aubaine, ce serait encore bénéfique pour l’économie, car cela permettrait de remonter le taux de marge des entreprises, avec un effet induit sur leurs investissements, leur développement et la création de futurs emplois.
    Le gouvernement devrait se rappeler que de loin la mesure la plus efficace pour l’emploi de ces dernières années fut l’institution des emplois « zéro charge tpe ». Le dispositif est estimé avoir permis l’embauche de 80.000 jeunes pour un coût de 60 millions d’euros. Mesure éphémère (elle prit fin mi-2012) en raison du coût pour les finances publiques, elle coûta de fait beaucoup moins cher que les contrats aidés, et son efficacité fut immédiate. En réalité, et cette remarque vaut pour tous les gouvernements successifs qui ont eu recours aux emplois aidés du secteur non marchand, on retrouve la méfiance indéracinable à l’égard des entreprises : les entrepreneurs vont en profiter pour « s’en mettre plein les poches », augmenter les dividendes etc. Méfiance injustifiée, en tout cas pour les petites entreprises [2], qui rémunèrent peu leurs cadres et patrons, ne distribuent quasiment pas de dividendes et ne demandent au contraire qu’à investir et embaucher mais ne le peuvent pas dans l’état actuel de la conjoncture.

    Les emplois d’avenir
    Le gouvernement actuel a créé en novembre 2012 les emplois d’avenir dont il attend 150.000 contrats d’ici 2014. Le coût devrait en être de 1,5 milliard d’euros par an en régime de croisière. Le régime est destiné au secteur non marchand, et il en a étendu une partie du bénéfice au secteur marchand. Mais avec quelles restrictions ! Tout d’abord la subvention est égale à 75% du Smic dans le secteur public, mais elle n’est que de 35% de ce Smic pour le secteur marchand. Ensuite, les conditions d’ouverture sont de nature à éliminer ou faire fuir les entreprises candidates (voir encadré).

    Les conditions kafkaïennes de disponibilité des emplois d’avenir dans le secteur marchand.
    À l’origine (novembre 2012) le texte applicable au secteur marchand était le suivant :
    Art. R. 5134-164.-I. ― Est éligible à l’aide à l’emploi d’avenir l’employeur relevant du huitième alinéa de l’article L. 5134-111 qui :
        « 1° Propose au titulaire d’un emploi d’avenir une perspective de qualification et d’insertion professionnelle durable ;
        « 2° Appartient à un secteur d’activité présentant un fort potentiel de création d’emplois ou offrant des perspectives de développement d’activités nouvelles.
        « II. ― Les secteurs mentionnés au 2° du I sont fixés par arrêté du préfet de région, compte tenu des secteurs prioritaires définis au schéma d’orientation régional en application de l’article R. 5134-162.
    Se rendant compte de l’inefficacité de la mesure (pas plus de 33.000 emplois ont été créés en 8 mois), le gouvernement vient d’assouplir le régime. Mais là encore, avec quelles restrictions ! Depuis juin de cette année, les emplois d’avenir ont été étendus au secteur marchand, mais à condition qu’il s’agisse de CDI à temps plein s’adressant aux jeunes de 16 à 25 ans, de niveau CAP/BEP ou sans diplôme (les jeunes résidant en Zone de Revitalisation Rurale pouvant quant à eux aller jusqu’à un niveau BAC + 3 s’ils sont inscrits comme demandeurs d’emploi depuis au moins 18 mois). Ces CDI ne peuvent concerner QUE des entreprises dont le code NAF appartient à certains secteurs (action sociale, santé, construction, énergie, transports, environnement, arts et spectacles, luxe et agriculture) ou des structures ayant signé des conventions avec l’État au niveau national (La Poste, la SNCF et VVF Village). L’aide mensuelle est fixée à 35% du SMIC horaire brut pendant 3 ans. Dans le secteur non marchand, aucune restriction ne s’applique, il peut s’agir de CDD et la subvention est de 75% du Smic !

    Une étude du CAE (Conseil d’Analyse Economique) d’avril 20136, est d’ailleurs très critique à l’égard des emplois d’avenir, soulignant que « la solution n’est pas de les [les jeunes] placer dans des emplois du secteur public ou associatif dont toutes les études démontrent l’inefficacité du point de vue du retour à l’emploi ». Les emplois d’avenir « doivent être réorientés vers le privé » pour y financer 120.000 contrats (aidés à 50%), avec une formation « exigeante » à mi-temps.
    Comme on l’a vu dans l’encadré ci-dessus, cette étude présentée au Premier ministre en avril dernier n’a pas suffi, malgré le prestige de ses signataires, pour convaincre ce dernier de la nécessité de réformer vraiment le dispositif des emplois d’avenir. En effet, la modification intervenue en juin est extrêmement restrictive des secteurs marchands ouverts, exclut les CDD et l’aide reste limitée à 35% du Smic, contre 75% dans le secteur non marchand.

    Conclusion, il n’y a pas grand-chose à attendre pour la politique de l’emploi dans le régime actuel des emplois d’avenir, dont l’utilisation par le secteur marchand est rendue en pratique quasi impossible ou sans intérêt.
    Alors, plutôt que de multiplier les contrats dont la plupart sont du type « vitrier », mieux vaut utiliser 3 milliards de ressources exclusivement dans le secteur marchand, soit dans le cadre de contrats aidés qui leur seraient réservés, soit mieux encore en consacrant les ressources en question à l’amélioration de l’apprentissage.

    Bertrand Nouel,  Ifrap 5/07/2013 http://www.polemia.com
    Notes :
    [1] De la même façon que toute augmentation des salaires des fonctionnaires et en général des salariés du secteur non marchand se traduit par une hausse du PIB puisque la contribution des acteurs du secteur non marchand ne peut être calculée qu’au coût des facteurs.
    [2] Une récente étude montre que même dans les entreprises cotées, la rémunération annuelle moyenne des dirigeants du compartiment C d’Euronext (capitalisation boursière inférieure à 150 millions d’euros) ne se situe pas à plus de 268.000 euros.

  • Daniel Mermet, un communiste aux méthodes capitalistes

    Daniel Mermet est le producteur de l’émission (ouvertement d’extrême gauche) « Là-bas si j’y suis » diffusée sur la radio publique France Inter. Le site gauchiste Article11 sort un article au vitriol sur les pratiques managériales peu orthodoxes de celui qui ne cesse de vociférer sur les patrons. Il est à noter que la direction de France Inter couvre les agissements de ce monsieur depuis de nombreuses années.

    Après Jacques Chancel l’année dernière, c’est Daniel Mermet qui vient de recevoir le Grand Prix de la SCAM (Société civile des auteurs multimédias) pour « l’ensemble de son œuvre ». Décernée le 21 juin dernier, cette gratification récompense un journaliste hétérodoxe de 71 ans qui a hissé le reportage radiophonique au rang d’art sonore et battu le pavé des luttes sociales en France et à l’étranger depuis un quart de siècle. Elle distingue aussi l’émission qu’il produit et anime chaque jour sur France Inter, « Là-bas si j’y suis », l’un des rares espaces dans l’empire audiovisuel français à faire écho aux luttes sociales et aux pensées dissidentes. Pour tout ce que la « gauche de gauche » compte en éditeurs, auteurs, artistes ou chercheurs ignorés par les grands médias, « Là-bas si j’y suis » (LBSJS pour les intimes) représente un refuge intellectuel en même temps qu’une fantastique aubaine promotionnelle : il n’y a guère que « chez Mermet » qu’ils peuvent accéder à un public de 610 000 auditeurs en moyenne (chiffres Médiamétrie 2012), réputés fidèles et réceptifs. Mais la remise du hochet de la SCAM – lesté tout de même d’un chèque de 7 000 euros – au baryton de la résistance FM fournit aussi l’occasion d’éclairer une facette plus méconnue du personnage : les pratiques managériales pas toujours très scrupuleuses dont il use avec les plus précaires de ses collaborateurs. L’heure étant venue d’honorer « toute son œuvre », arrêtons-nous un instant sur cette œuvre-là.

    Lire la suite sur Article11…

    http://www.contre-info.com/

  • Décès de Clément Méric, le Parti Solidaire Français affirme sa séparation des mouvements utiles au système

     

    Depuis le décès du jeune militant antifasciste, Clément Méric, jeudi 6 juin les français peuvent observer dans les médias et sur les réseaux sociaux un "débat" autour de la responsabilité des principaux concernés.

    Malgré l’ampleur de l’agitation le parti solidaire français refuse de l’alimenter pour des raisons déjà évidentes pour ses militants et ses sympathisants.
    Tout d’abords les principaux participants et récupérateurs du débat sont des mouvements dont, quelque soit la couleur politique, notre parti s’est toujours tenu à l’écart en raison de leurs idées et de leurs méthodes qui sont aux antipodes de toutes celles qui devraient êtres défendues par une association militant pour un rassemblement du peuple derrières des principes dans les quels chaque française et chaque français peut se reconnaitre.
    En effet cette affaire prouve une fois de plus à quel point les divisions, qui empêchent la France de faire sa vraie révolution, sont importantes malgré les souffrances de notre peuple provoquées par le sionisme et ses avatars tels que le mondialisme défendu alors aussi bien par la "droite" que par la "gauche". De plus la médiatisation de cette mort telle qu’elle est faite par les deux parties aujourd’hui ne peut qu’entrainer des actions plus violentes et des divisions importantes, souhait cher aux ennemis des peuples souverains et prospères.

    Le Parti Solidaire Français tient aussi à rappeler qu’il existe en France des partis politiques qui défendent un socialisme ou un nationalisme de couverture semblable à celui qui, source de xénophobie, a été instrumentalisé par les grands industriels producteurs d’armes afin de débuter l’une des guerres les plus violentes de notre histoire et par le sionisme afin de permettre la création de l’état d’Israël à l’aide de l’accord de Balfour.

    Nous pouvons aussi penser aux nationalismes de Bourguiba et de Sadate (prédécesseur de Moubarak) qui ont, respectivement, revendu leur pays aux multinationales occidentales et trahi Nasser en donnant le pouvoir à la bourgeoisie compradore, en privatisant les entreprises publiques et en tolérant la présence des frères "musulmans" qui déjà défendaient le capitalisme sans entrave et s’opposaient aux mouvements de travailleurs malgré le fait que cet homme se revendiquait de l’héritage nassérien. Bien sûr se rappeler de ces époques ne peut que nous faire penser en France à Strauss-Kahn qui faisait l’éloge de Moubarak, à Bernard Henri Levi, grand défenseur des révolutions arabes qui ont permis, en Egypte, aux frères musulmans de prendre le pouvoir et qui alors peuvent se trouver des points communs avec un parti "patriote" présent qu’est le front national qui aime chanter des louanges au peuple courageux qu’est le peuple de son maître Israël malgré le fait que celui-ci aime se revendiquer de l’héritage des grands moments passés de la France comme Sadate aimait se revendiquer de l’héritage nassérien.

    Le Parti Solidaire Français appelle donc les véritables socialistes et véritables patriotes à ne pas participer au jeu immonde du système et à rejoindre la lutte pour la justice sociale.

    M.Choveau Louis
    Conseiller du Bureau Exécutif du Parti Solidaire Français http://siegfried33e.wordpress.com/

    http://partisolidaire.blogspot.fr/2013/06/deces-de-clement-meric-le-parti.html

  • Météo France, CNC, Ademe : la Cour des comptes dénonce le financement des opérateurs d’Etat

    Un rapport fustige les taxes dites “cachées”, ces vrai-faux impôts qui financent les opérateurs d’Etat, Météo France, les agences de l’eau, le centre national de la cinématographie, et qui explosent depuis 2007 : plus 28%. Le Conseil des prélèvements obligatoires, qui dépend de la Cour des comptes, estime qu’elles servent à maquiller le budget et préconise une réforme de grande ampleur.

    Il s’agit de ces taxes que l’on paie sans s’en rendre compte, des taxes dites “affectées“, et qui servent à financer les opérateurs d’Etat, des dizaines d’entités effectuant des missions d’intérêt général (Centre national du cinéma, agences de l’eau, Office français de l’immigration et de l’intégration, Météo France…). Par exemple quand on achète un ticket de cinéma ou quand on loue une vidéo, le Centre national de la cinématographie (CNC) récupère à chaque fois quelques dizaines de centimes d’euros. Même chose pour ces entreprises qui payent la taxe sur les activités polluantes, cela part dans les caisses de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe).

    Le Conseil des prélèvements obligatoires (CPO), dépendant de la Cour des comptes, a recensé 309 taxes en 2011, qui misent bout à bout représentent 112 milliards d’euros, rapporte un rapport rendu mercredi au Premier ministre. ”La fiscalité affectée a augmenté de plus de 28% entre 2007 et 2011 contre 7% pour l’ensemble des prélèvements obligatoires“, a commenté le premier président de la Cour des comptes Didier Migaud.

     

    Des taxes qui “encouragent à la dépense” selon la Cour des comptes

    Le CPO appelle donc à une rationalisation de ces taxes, afin de faire des économies. Didier Migaud explique qu’elles sont un “encouragement à la dépense“ mais aussi “une facilité” et “un certain confort” pour les opérateurs, qui gèrent leur budget en fonction des recettes. Cette argent échappe au contrôle du Parlement car chaque opérateur d’Etat reçoit directement l’argent, et le gère comme il l’entend.

    Les dépenses ne cessent d’augmenter mais le ministère de tutelle ne s’en préoccupe pas puisque cela ne rentre pas dans son budget. “Il faut refaire prendre conscience aux opérateurs qu’il s’agit d’argent public“, explique Didier Migaud.

    Dans ce cadre, le CPO recommande de “rationaliser” 214 taxes affectées à 543 organismes bénéficiaires, représentant 28 milliards d’euros. Le CPO propose dans un premier temps de réintégrer 33 taxes dans le budget de l’Etat, d’en plafonner d’autres voire même d’en supprimer certaines qui coûtent plus chères à percevoir qu’elles ne rapportent. La collecte de la taxe sur les poids-lourds coûte par exemple 20% de ce qu’elle rapporte, détaille le CPO.

    franceinfo  http://fortune.fdesouche.com/

  • Affaire Snowden : accepter l’inacceptable

    Un employé des services de renseignement américains révèle la dimension paranoïaque de systèmes d’écoute et de surveillance qui visent, entre autres cibles, la France, l’Italie, la Grèce. La réaction de François Hollande est ferme. Le lundi 1er juillet, le président de la République demande aux Etats-Unis de cesser « immédiatement » leur espionnage :...

    ... « Nous ne pouvons pas accepter ce type de comportement entre partenaires et alliés ». Dés lors, les négociations transatlantiques sont remises en question : « on ne peut avoir de négociations ou de transactions sur tous domaines qu’une fois obtenues ces garanties ». Le gouvernement et la direction du Parti socialiste reprennent le mot : c’est inacceptable ! On se prend à espérer… et l’on pèche par optimisme !

    Le mercredi 3 juillet, comme l’Italie, l’Espagne et le Portugal, la France ferme son espace aérien à l’avion du président bolivien, qui est obligé de se poser en urgence à Vienne et d’y demeurer pendant 13 heures. Motif : Edward Snowden serait dans l’appareil, ce qui n’est pas le cas. L’immunité qui protège le président Evo Morales et son avion est délibérément violée sur injonction de Washington. L’humiliation des Boliviens est partagée par tous les chefs d’Etat de l’Amérique latine qui publient des réactions indignées. En deux points, la réponse de François Hollande est pitoyable : [...]

    La suite sur le blogue de Bertrand Renouvin

    http://www.actionfrancaise.net

  • Vincent Peillon a le mérite de ne pas cacher sa fureur révolutionnaire

    Guillaume Bernard, maître de conférence en histoire contemporaine, décrypte cette vidéo de 2008 dans laquelle Vincent Peillon s'en prend violemment à l'Eglise catholique :

    "[...] Monsieur Vincent Peillon a le mérite de retourner aux principes fondamentaux. Dans le fonds, tout le système politique moderne (que vous soyez libéral ou socialiste) repose sur une hypothèse : il n’existe pas d’ordre naturel des choses. Par conséquent, il n’y a de société que créée par les hommes : leur volonté ne sert pas à s’inscrire dans des corps sociaux existant naturellement (comme la famille) mais à les produire (ainsi, le mariage peut-il voir sa définition évoluer). La sociabilité est artificielle. De même que la société n’existe pas sans contrat social, l’homme peut et doit, lui aussi, se construire lui-même. L’école, telle qu’elle apparaît dans cette prise de position de Monsieur Peillon, a pour objectif de réaliser les promesses contenues dans l’artificialisme social : libérer l’homme, de manière particulière, de l’héritage des communautés d’enracinement et, de manière générale, de l’emprise de l’ordre cosmologique.

    Les droits de l’homme étaient, à l’origine, au XVIIIe siècle, déclarés inscrits dans la nature humaine : tous les hommes ayant la même nature, ils ont donc les mêmes droits. Dans cette pensée, seul l’homme abstrait et  décontextualisé (d’aucuns diraient déraciné) a, véritablement, droit de cité : le bon citoyen est celui qui accepte de se dépouiller de toutes ses particularités culturelles et sociales pour épouser les seules valeurs de l’ordre politique artificiel. Mais, dans ce contexte intellectuel constructiviste, voici qu’est « naturellement » en train d’éclore une nouvelle génération des droits dits fondamentaux : celle des droits de l’homme sans la nature de l’homme, voire contre elle. En effet, de même que la société est pensée artificielle, il est logique que l’homme puisse prétendre se définir lui-même : telle est la parfaite logique des théories constructivistes comme celle du gender.

    JOL Press : « C’est bien une nouvelle naissance, une transsubstantiation qui opère dans l’école et par l’école cette nouvelle église avec son nouveau clergé, sa nouvelle liturgie, ses nouvelles tables de la Loi ». Ce propos est-il en cohérence avec l'esprit de 1905 ?

    Avant tout, il faut noter le vocabulaire très catholique (comme le terme « transsubstantiation ») utilisé dans cette citation. Cela accrédite l’interprétation de certains selon laquelle la loi de séparation des églises (essentiellement l’Eglise catholique) et de l’Etat était un moyen au service d’une religion de substitution : les droits de l’homme. La laïcité est, la plupart du temps, présentée comme la mise en œuvre d’un principe de neutralité (religieuse) de la puissance publique, la religion n’étant nullement persécutée mais son expression étant simplement reléguée dans la sphère privée.

    Il s’agit, là, d’une vision quelque peu simplificatrice et, pour le moins, idyllique. Elle passe sous silence la confiscation (sans indemnité) des biens du clergé sous la Révolution (ce qui explique, par la suite, le compromis du concordat de 1801, l’Eglise acceptant de ne pas revendiquer les biens dont elle a été spoliée contre, notamment, la rémunération des clercs) ainsi que la lutte acharnée contre les congrégations religieuses (en particulier enseignantes) commencées quelques années avant la loi de 1905 (notamment avec la fameuse loi de 1901 sur les associations permettant de priver ces institutions de personnalité juridique).

    Si, en raison de la transformation des circonstances, la laïcité peut apparaître, de nos jours, comme un rempart contre les empiètements publics des communautarismes et l’influence sociale du multiculturalisme (et donc au final comme un moyen de défense de l’identité du lieu), elle n’avait pas été conçue, à l’origine, dans ce but mais bien comme un moyen de transformer l’identité traditionnelle de la France.

    JOL Press : « On ne pourra jamais construire un pays de liberté avec l'Eglise catholique »... François Hollande savait-il bien ce qu'il faisait en le nommant à l'Education ?

    Monsieur Vincent Peillon est non seulement un intellectuel mais il est aussi un militant politique. J’ignore totalement si le président de la République et le Premier ministre ont lu ses travaux et s’ils les ont pris en considération lorsqu’ils ont débattu de la composition du Gouvernement. Il y a sans doute plus à parier que c’est son poids personnel au sein du PS et celui du courant auquel il appartient (l’aile gauche du parti) qui a été surtout pris en considération. [...]

    Avec doigté et diplomatie, les Souverains pontifes ont essayé de définir, à destination des titulaires du pouvoir politique, une « saine laïcité » (expression utilisée par Pie XII en 1958) acceptable pour l’Eglise catholique : rejetant l’augustinisme politique, elle s’appuie sur la distinction évangélique des domaines spirituel et temporel préservant, ainsi, les domaines de compétence, différents et légitimes, de l’Eglise et de l’Etat. Cette approche a été développée par l’Eglise à une époque où la laïcité perdait quelque peu son caractère agressif envers le catholicisme. En effet, plusieurs étapes sont généralement distinguées dans l’histoire de la laïcité. Après une période d’agressivité (laïcité de combat), un modus vivendi s’est peu à peu dégagé (laïcité-neutralité) pour aboutir, selon certains, à une certaine maturité et donc à la possibilité de mettre en place des relations non plus de défiance mais de collaboration entre le politique et le religieux : c’est la « laïcité positive » (le politique y trouvant un intérêt puisque le religieux contribue culturellement, au-delà du cultuel, à la solidité du lien social).

    Ce concept a été élaboré non pour affirmer l’identité religieuse, sinon ontologique du moins historique, du corps politique, mais pour permettre à la puissance publique d’organiser le multiculturalisme et, au besoin, d’acheter la paix sociale. En tout état de cause, dans sa stricte acception, la laïcité suppose la réunion de plusieurs éléments : la neutralité de l’Etat vis-à-vis des diverses religions susceptibles d’exister sur son territoire, la relégation de la religion dans la sphère privée (ce qui n’exclut pas des manifestations publiques mais devant être étrangères à l’ordre public) et l’autonomie du pouvoir politique vis-à-vis de toute morale qui n’émane pas de lui même (sa légalité est, par principe, légitime). La laïcité (même assagie dans sa forme) suppose donc le monopole du politique sur l’ordre public : celui-ci peut donc apparaître incompatible avec la distinction évangélique des domaines qui, tout en excluant le sacerdotalisme, suppose que le lien social soit nourri de spiritualité (la miséricorde, par exemple, ne rend pas inutile la justice mais peut la dépasser)."

    http://www.lesalonbeige.blogs.com/

  • Les bantoustans de la République par Georges FELTIN-TRACOL

     

    Dans l’Afrique du Sud du temps de l’Apartheid et jusqu’en 1994, le bantoustan était un foyer national attribué à la population noire suivant des critères ethno-linguistiques. Officiellement indépendants mais non reconnus par les autres diplomaties, les bantoustans formaient des unités territoriales dispersées en de nombreuses parcelles discontinues. Les habitants de ces États qui vivaient en République sud-africaine ne disposaient d’aucun droit civique parce qu’ils étaient considérés comme des étrangers.

     

    N’en déplaise au soi-disant ministère de l’« Égalité des territoires », la France de 2013 s’achemine subrepticement vers une situation analogue. Une nette accélération s’opère dans le cadre fictif de l’« acte III de la décentralisation » réclamé avec insistance pendant la campagne présidentielle de 2012 par le candidat François Hollande. Or le temps des responsabilités venu, la cigale socialiste s’est tue : le grand chambardement promis débouche sur une recentralisation insidieuse.

     

    Le président socialiste aurait pu apparaître comme un réformateur courageux qui s’attaque enfin au mille-feuille territorial hexagonal. Certes, la France est l’État le plus étendu de l’Union européenne; son armature administrative diffère bien sûr de celle du Portugal, de la Slovénie ou de la Finlande. En outre, la diversité des paysages et la cœxistence de plaines, de plateaux et de montagnes modifient tout raisonnement purement cartographique émis depuis Paris. Toutefois, l’encadrement géo-administratif du pays craque partout. On a recensé 17 000 groupements de collectivités territoriales, 36 786 communes, 101 départements, 26 régions, 5 collectivités d’Outre-mer, un Pays d’Outre-mer, 15 communautés urbaines, 202 communautés d’agglomération, 2358 communautés de communes, 5 syndicats d’agglomérations nouvelles et 14 787 syndicats de communes ! Tous ces ensembles exigent des élus : 519 417 conseillers municipaux, 4052 conseillers régionaux et 1880 conseillers généraux (ou bientôt départementaux). Les échelons administratifs s’empilent, d’où des dysfonctionnements permanents et croissants. On estime qu’elles se répartissent près de 60 000 corps administratifs et près d’un demi-million d’élus, ce qui fait de la France le pays qui a un élu pour 130 habitants environ ! Est-il par ailleurs bon que des régions comme Rhône-Alpes ou Provence – Alpes – Côte d’Azur aient chacune deux rectorats ? Que la région parisienne en est trois (Créteil, Paris, Versailles), cela peut – à la rigueur – se comprendre du fait du nombre élevé de Franciliens.

     

    Naguère maire de Tulle (2001 – 2008) et ancien président du conseil général de la Corrèze (2008 – 2012), François Hollande avait suggéré une refonte complète de la carte administrative. Mais cette belle intention s’est finalement transformée en trois projets de loi distincts. Le président a été contraint de revoir sa copie, car le parti dont il est issu est essentiellement une formation de notables élus qui tiennent à leurs mandats et qui embauchent les quelques rares militants…

     

    Le premier projet de loi instaure une nouvelle collectivité territoriale – la métropole – et autorise la métropolisation de Paris, de Lyon et de Marseille. Le deuxième, très contesté, ferait de la région le chef de file du développement économique, l’organisateur d’une « conférence territoriale de l’action publique » dans laquelle siégeraient des élus régionaux, départementaux et communaux, et le nouveau responsable de l’apprentissage, de la formation professionnelle et de la gestion directe des fonds européens. Prévu après les élections municipales du printemps 2014, le troisième texte porterait sur l’intercommunalité à qui reviendrait désormais l’urbanisme. Ces trois projets ont déjà été bien amendés en commission parlementaire.

     

    Ces textes suscitent le vif mécontentement de nombreux élus locaux. Déjà, quand fut créée la Métropole Nice – Côte d’Azur de l’U.M.P. Christian Estrosi, le département des Alpes Maritimes a été de facto ré-organisé sans tenir compte des avis des populations, ni des contextes historiques. Plusieurs communes de l’arrière-pays niçois ont quitté cette structure métropolitaine et certaines n’ont pas voulu s’y associer. Ainsi, dans la vallée de la Roya, les villages voulaient-ils se rassembler sans pour autant intégrer son pendant mentonais du fait de vieux contentieux d’ordre historique (1). Mais le préfet n’a pas tenu compte de la volonté des habitants (il y eut des référendums organisés par les municipalités, consultations déclarées illégales par le préfet et qui exprimaient à 80 % la volonté des habitants de ne pas dépendre de Menton). Les populations en sont choquées et observent que la création de ces grandes entités copient le système centralisateur parisien sur le territoire du Comté de Nice qui, membre du Saint-Empire romain germanique, était une confédération de communes et de cantons libres. L’adhésion forcée dans ces métropoles donne l’impression (mais est-ce seulement une impression ?) aux Nissarts de ne plus être libres de décider de leur destin dans leur commune ou dans leur canton. On retrouve une hostilité similaire dans les Bouches-du-Rhône. Les élus de droite et de gauche contestent l’idée même d’une Métropole Aix – Marseille – Provence, programmée au 1er janvier 2015, qui concurrencerait à la fois le département et la région.

     

    Plutôt que réparer le territoire, les initiatives gouvernementales – tant de droite que de gauche d’ailleurs – fragmentent encore plus l’espace français : l’Hexagone éclate. On a maintenant un territoire fracturé dont la mise en place de métropoles hégémoniques va accroître jusqu’à l’intolérable les distorsions socio-économiques. « Vitrines de la mondialisation heureuse, les métropoles […] bénéficient d’un accroissement de leur P.I.B. et d’une augmentation du niveau de vie de ses habitants. Par leur poids économique et foncier, ces “ territoires de la mondialisation ” influencent et organisent la recomposition sociale de l’ensemble du pays (2). »

     

    Le projet de loi sur les métropoles donnerait à cette nouvelle structure administrative la concession de la distribution d’électricité, de la gestion des milieux aquatiques et du développement de la mobilité électrique (les voitures). Outre des transferts de compétences des départements et des régions vers l’instance métropolitaine, l’État pourra aussi lui transmettre l’aménagement, l’entretien et la gestion de grands équipements et d’infrastructures ainsi que le logement étudiant. L’hyper-classe dominante parie sur la métropole. « La logique et l’exemple de nos voisins voudraient que l’on réduisît le nombre de communes de 36 000 à 8 000 et que l’on supprimât le département et la région, pour les remplacer par huit provinces ayant leurs compétences (3) », suggérait dès 1998 Jacques Attali. Plutôt qu’une France des provinces, ce sera un archipel métropolitain !

     

    Atteints de cleptocratie, les hiérarques locaux cherchent toujours de nouveaux gisements financiers à détourner. Or les métropoles sont des zones économiques motrices. « En France, il y a trois types de territoires. Les “ locomotives ”, tout d’abord, ces zones urbaines compétitives, qui ont réussi leur reconversion et concentrent une forte activité économique et des revenus en progression. Des territoires “ wagons ” ensuite, surtout dans l’ouest ou le sud de la France : ils attirent les retraités, les résidences secondaires, le tourisme… Beaucoup d’emplois publics y ont été créés, au point qu’avant la crise les revenus des “ wagons ” augmentaient plus vite que ceux des “ locomotives ” ! Et puis il y a une troisième catégorie de territoires, ceux qui allaient mal avant la crise, les anciens bassins industriels, qui ne se sont pas reconvertis parce que leur industrie ne s’y prêtait pas, qui ont perdu leurs emplois, le nord-est de la France notamment (4). »

     

    De récentes études géographiques montrent l’effacement de la distinction classique France urbaine / France rurale au profit d’une nouvelle géographie hexagonale soumise au mitage urbain, grand phagocyteur de surfaces agricoles et d’aires sauvages. Il y a « une mutation du logement : d’un côté, le bi-logement ville-campagne. En France, il y a trois millions de résidences secondaires occupées a minima par quatre personnes; soit douze millions de Français qui ont deux maisons – toutes les élites sociales sont là. De l’autre, ceux qui n’ont qu’un logement mais vivent à la campagne : ils ne bougent pas régulièrement mais créent du lien social autour de leur maison (5) ». Tout autant géographiques et démographiques, les conséquences sont aussi sociologiques et politiques. « Avec l’étalement urbain, les banlieues, hier “ périphériques ”, se retrouvent situées au cœur des aires urbaines les plus riches et les plus actives de France. Les grandes métropoles, Paris et Lyon en tête, concentrent une part importante de quartiers difficiles. Cette nouvelle centralité place de fait les habitants au cœur de l’offre scolaire la plus riche et des marchés de l’emploi les plus dynamiques. Cette situation spatiale est à comparer avec l’éloignement d’espaces péri-urbains et ruraux. Elle ne garantit évidemment pas la réussite des individus mais rend ainsi possibles des ascensions sociales. C’est d’ailleurs ce à quoi on assiste à bas bruit à travers l’émergence d’une petite bourgeoisie issue de l’immigration maghrébine et africaine et à l’explosion du nombre de jeunes diplômés originaires de ces quartiers (6). » Cette « beurgeoisie » résulte du fait que les métropoles sont les portes d’entrée du Tiers Monde chez nous. L’Île-de-France est devenue une véritable « Île-du-Monde » parce que la mondialisation libérale favorise ces espaces productifs du marché mondial, les centres urbains, qui sont aussi devenus de hauts lieux du métissage et du système monoculturel de marché grimée en société pseudo-multiculturaliste. « Cet embourgeoisement touche l’ensemble des quartiers, y compris les quartiers populaires, et gagne désormais les proches banlieues qui, du fait de la raréfaction de l’offre de logements abordables, deviennent attractives. Par cercles concentriques, la métropolisation provoque une recomposition sociale des territoires allant de la ville-centre aux espaces péri-urbains et ruraux (7). » L’élévation sociale des populations étrangères et la fuite des populations européennes loin des villes-centres ré-agencent la trame spatiale (8).

     

    C’est dans cette perspective nouvelle qu’il faut comprendre la réforme du mode de scrutin des élections départementales ex-cantonales. En 2015, les électeurs voteront dans des circonscriptions redécoupées regroupant deux anciens cantons. Ils désigneront par un seul bulletin deux candidats paritaires au scrutin majoritaire à deux tours. L’opération réalisée par Manuel le Chimique vise très clairement à permettre aux socialistes d’avoir des obligés avec leurs partenaires verts et radicaux de gauche, voire communistes agacés par les outrances de Mélanchon. Les nouveaux cantons permettraient en outre de noyer dans un ensemble plus vaste le vote protestataire qui s’affirme de plus en plus dans les zones péri-urbaines et néo-rurales. Les politologues se sont préoccupés des récents résultats électoraux qui portent en eux des ruptures potentielles majeures en terme de géographie électorale. « Le système des partis politiques en France est structuré en cinq cercles en fonction de leurs relations avec les deux partis dominants [P.S. et U.M.P.]. Ils forment des cercles en étant plus ou moins satellisés par les deux principaux partis qui sont les astres dominants du système politique français (9). »

     

    Les dirigeants hexagonaux soutiennent la métropole qu’ils jugent comme la solution adéquate au remplacement prévisible des départements et des régions. À la métropole, les richesses et aux autres collectivités territoriales, la pression fiscale et les aides sociales… Commence une incroyable révolution silencieuse, génératrice d’un changement considérable des mentalités. L’effacement du triptyque commune – département – région au profit de métropoles néo-coloniales et de réserves néo-rurales de main-d’œuvre bon marché peut être problématique « pour l’organisation des territoires, mais pas en termes identitaires : l’homme post-moderne sait facilement changer de cadre de référence comme on change d’optique pour un appareil photo (10) ». Le propos paraît fort chimérique.

     

    La sociologie complète et affine l’approche géographique. Le sociologue lyonnais, Pierre Mercklé, évoque un questionnaire sociologique appliqué à un échantillon de Britanniques. L’étude des données indique une reformulation des cadres sociaux. Aux 45 % de la population répartie de manière inégale entre l’« élite », la classe moyenne établie et la classe ouvrière traditionnelle s’ajouteraient de nouvelles couches sociales : 6 % appartiendraient à une classe moyenne technique (informaticiens et techniciens médicaux), plutôt aisés malgré des niveaux de capitaux culturel et social faibles, 15 % seraient de jeunes « nouveaux ouvriers aisés » (électriciens, facteurs, plombiers), culturellement et socialement actifs avec des revenus moyens, 19 % relèveraient des « employés des services émergents » (dans les centres d’appel) qui sont urbains, culturellement actifs mais relativement pauvres, et 15 % formeraient un précariat très pauvre (11). Ces catégories sociales ont une répercussion géographique indéniable.

     

    Terre européenne originellement diversifiée dont les expressions culturelles furent souvent réprimées par l’affirmation politique d’un État central autour de Paris, la France entame un changement mortifère pour ses pays ravagés par l’hypertrophie urbaine. Si le discours officiel en faveur de l’homogénéité républicaine et égalitariste de l’Hexagone est largement responsable de la présente situation, n’oublions jamais que « l’unification de notre pays, l’unité de notre peuple et l’union de toutes nos nationalités sont les garanties fondamentales de la victoire certaine de notre cause (12) ».

     

    Georges Feltin-Tracol http://www.europemaxima.com/

     

    Notes

     

    1 : L’histoire est très différente entre Menton et les villages de la Roya : ces derniers sont dans le Comté de Nice alors que Menton n’en faisait pas partie puisqu’il a dépendu des Génois puis de la principauté de Monaco. Le parler de Menton et de Monaco est à l’origine du Génois et se rapproche du parler corse fortement influencé par  Gênes. (N.D.L.R. : Un grand merci à l’ami Bob Le Nissart pour ses éclairantes explications.)

    2 : Christophe Guilluy, Fractures françaises, Paris, François Bourin Éditeur, coll. « Politique », 2010, p. 90.

    3 : Jacques Attali, « En finir avec les régions », L’Express, 19 mars 1998.

    4 : Laurent Davezies, « La France morcelée », Le Nouvel Observateur, 29 novembre 2012.

    5 : Jean Viard, « Il nous reste en gros 400 000 heures pour vivre », Libération, 25 et 26 février 2012.

    6 : Christophe Guilluy, op. cit., p. 33.

    7 : Idem, pp. 91 – 92.

    8 : Cf. Georges Feltin-Tracol, « Le territoire éclaté », Réfléchir & Agir, n° 43, hiver 2012.

    9 : Eddy Fougier, « La France des cinq cercles », Libération, 4 juillet 2012.

    10 : Anne-Marie Thiesse, « Dans la tradition française, la région est un archaïsme ou une menace », La Tribune – Le Progrès, 8 février 2010.

    11 : Le Monde, 26 juin 2013.

    12 : Mao Tsé-toung, « De la juste solution des contradictions au sein du peuple », Le petit livre rouge. Citations du président Mao Tsé-toung, Le Seuil coll. « Politique », 1967, chapitre XXV.

  • Croire, obéir et combattre

    Cette semaine, j’ai réussi à réveiller la conscience d’un ami sur certaines réalités. Pas toutes les réalités, mais disons certaines réalités assez dérangeantes. Ce n’était pas une tâche facile, loin de là. L’esprit humain a une capacité de résilience énorme lorsqu’il est bousculé. En abordant des sujets épineux, je percevais dans son regard troublé comme une sorte d’angoisse existentielle mélangée à de l’espoir mystique. À travers lui, je me revoyais, quelques années plus tôt, avec le même regard, et cela apaisait mon âme. Mais pas le temps de me reposer sur mes lauriers, car la marche de l’histoire n’attend pas. Pour quelques brebis sauvées, combien de vaines paroles perdues dans le désert ?

    Gare à l’autosatisfaction primaire, le militant nationaliste n’est pas un prophète. Pas encore. Il n’en a pas le pouvoir, et pourtant devenir prophète doit être notre objectif. Nous sommes tout au plus une lanterne légèrement plus éclairée que les autres, qui tente, avec ses maigres moyens, d’étendre la portée de sa lueur. Notre but doit être tourné vers la recherche de la perfection et la propagation de la Vérité.

    Ce constat m’a fait réfléchir sur la complexité de la psychologie humaine. Je ne vais pas vous parler ici de la psychologie moderne déviante des coreligionnaires de Freud. Ce genre de procédé finit toujours par les mêmes conclusions. À savoir qu’au final on vous ressort la même réplique rédhibitoire, qui consiste à faire croire aux individus, qu’ils veulent inconsciemment pénétrer leur parent de sexe opposé, pour mieux tuer celui de leur propre sexe. Navrant de stupidité. Et dire que ces préceptes sont à la base de la psychologie moderne et gonflent abondamment les portefeuilles de ces gourous malicieux que sont les « psys ».

    Ici s’arrête ma digression. Je vais être plus consensuel. L’idée est juste d’établir une sorte de classification, volontairement simplifiée, des différentes catégories psychologiques dans lesquelles s’enferment les hommes. Le but est simple : combattre plus efficacement nos deux principaux ennemis que sont le déni et l’ignorance.

    Vous êtes arrivé sur cet article avec vos convictions, vos doutes, votre expérience et vos connaissances. Lorsque l’on prétend chercher la vérité, il convient généralement de se servir de ces attributs (peu importe qu’ils soient des forces ou des faiblesses, seule la volonté de s’améliorer importe) pour augmenter son érudition. La mauvaise méthode consiste à s’appuyer uniquement sur ses acquis, ou à nier une évidence qui pourrait raviver nos doutes, ou nous plonger dans une situation intellectuelle inconfortable. Aussi, je ne peux que conseiller au lecteur que vous êtes, d’essayer au maximum de faire le vide dans son esprit. Ce n’est pas une chose facile, j’en conviens, mais c’est primordial.

    De la même manière, prenez aussi en compte que votre interlocuteur n’est pas forcément aussi ouvert que vous l’êtes. Beaucoup de personnes sont prêtes à refuser des réalités criantes pour conserver leur confort intellectuel ou leur routine. Les gens ne se remettent pas en question, ou très peu. Quelle hérésie de croire que l’autre est prêt à douter, pour caresser un espoir de vérité, diront certains.

    À vrai dire, que ce soit lors d’échanges privés, de correspondances diverses ou même de débats sur des réseaux sociaux, j’ai pu répertorier grossièrement 3 types de personnalités typiques. Il en existe bien d’autres.

    Le premier type d’individu est celui qui ne se pose aucune question. De nature individualiste et égocentrique, il se complaît dans son train-train quotidien et ne cherche simplement qu’à jouir comme il peut de l’instant présent. Lorsqu’il est amené de force à un débat qu’il aurait volontiers refusé, il répète machinalement les dogmes de la pensée unique. Il prêche aveuglément sans prendre le temps de mesurer la portée de ses paroles ou privilégiant la passion à la raison. Pour information, l’attitude qui consiste à faire passer son cœur avant son cerveau est le terreau fertile sur lequel repose le sophisme destructeur.

    Qu’on se le dise, la proportion de ce fragment de la population n’est pas aussi élevée que ce que l’Engeance voudrait nous faire croire. Verre à moitié plein ou verre à moitié vide, notre perception des choses ne dépend que de notre pugnacité à vouloir inverser la tendance. Pour être parfaitement honnête, j’affirme sans aucun détour, ni aucun calcul, qu’une orientation guidée vers les contradictions énormes qui pullulent dans ce système pourri, peut suffire à bousculer leurs consciences. D’ailleurs, au départ, ne sommes-nous pas tous passés par cette étape douloureuse avant d’entrevoir la lumière ? Je ne connais personne qui, dès la naissance, a eu le culot d’affirmer connaître tous les pièges que nous tend l’Engeance. Le Système tente de nous décourager et de nous faire croire que notre extinction est une fatalité immuable. Pourtant, ôter les masques est possible, puisque nous l’avons fait. Là où il y a une volonté, il y a un chemin.

    Le second stéréotype, plus rare, mais très dangereux, est celui de l’éclairé calculateur. Lui a compris les pièges qui découlent du Système, par expérience ou par intelligence. Son vécu l’a poussé à reconsidérer ses positions, non dans le but de parfaire son érudition, mais pour profiter malicieusement des failles d’un système, uniquement à des fins personnelles. Comprenant que, dans son intérêt matériel, par volonté de conserver son intégration sociétale ou par aspiration d’une élévation sociale, il est préférable de tenir des faux discours ou de répandre des semi-vérités (donc des semi-mensonges), il ne cherche surtout pas à détruire les inepties républicaines, car il en vit. Il pousse parfois le bouchon jusqu’à se présenter comme un dissident intellectuel persécuté, galvaudé par le surplus d’égo que lui procure le fait de se présenter comme rebelle, alors même que sa doctrine n’est en rien anticonformiste. Il s’agit au mieux d’une façade éphémère destinée à attirer les égarés non avertis, ou, au pire, d’un conformisme politique avoué, destiné à rehausser son désir de respectabilité. Inutile de dire qu’il est pratiquement impossible de raisonner ces derniers. Ils n’agissent que pour leurs aspirations personnelles et sont prêts à valider toutes les compromissions, même les plus folles, afin de prolonger leur présence publique agréable.

    Le troisième et dernier comportement est de loin le plus intéressant. Je veux bien sûr parler de l’homme érudit et intègre. Lui, ne cherche pas à satisfaire ses envies personnelles ou à briller sur les plateaux de télévision. Seule la quête éternelle de la Sainte Vérité le préoccupe. Et c’est cette force qui l’a amené à démystifier les attrape-nigauds déversés volontairement par le pouvoir, sur la route qui mène à la connaissance. La perfection n’étant pas de ce monde, il se peut tout de même qu’il n’ait pu éviter, dans son passé, de glisser sur toutes les peaux de banane qu’on lui a jetées. Mais, à chaque fois qu’il s’est rendu compte de la supercherie, il a pris ses distances.

    C’est la catégorie à laquelle nous devons tous aspirer, si ce n’est pas encore le cas. Si vous êtes sur propagandes.info, c’est probablement votre cas. En effet, il n’y a rien à gagner physiquement en adoptant une doctrine radicale et pure. Les seules récompenses que récoltent généralement les plus intègres sont les diffamations, les coups et le mépris. Tel est le prix de la réelle dissidence. Mais de ces considérations ils n’ont que faire, puisqu’ils savent qu’ils sont dans le vrai, ou très proche de ce dernier.

    Lorsque l’on pense appartenir à cette catégorie, il est de notre devoir de tout faire pour élever au maximum son niveau de conscience ainsi que celui de son entourage, tout en gardant une humilité exemplaire. C’est d’ailleurs la maxime qui anime l’Œuvre Française : « militer est un devoir au service de notre idéal ». Ne dit-on pas qu’il n’y a rien de plus dangereux pour le Système qu’un homme sûr de ses convictions ?

    C’est aussi la position que partage Hervé RYSSEN dans son dernier ouvrage de très grande qualité, La Guerre eschatologique. Et puisque l’on parle de son essai, notons aussi que l’auteur explique pourquoi il est important de garder les pieds sur Terre. Je m’explique. Il met judicieusement en garde ceux qui pêchent par excès d’orgueil ou par frustration et qui traitent avec mépris ceux dont le niveau est plus modeste, voire carrément faussé. Voici un court extrait de sa pensée qui force le respect :

    « Tous les espoirs sont permis, à condition d’avoir une foi absolue dans la victoire. Dans cette perspective, le mitant nationaliste n’est pas un « initié » qui « médite » seul en « haut des cimes », mais un prêtre, dont le devoir est d’aller au peuple, d’instruire le peuple, de trouver dans le peuple celles et ceux qui vont comprendre le monde, rayonner autour d’eux et marcher avec nous en entraînant les autres. Il est certes beaucoup plus simple de mépriser son prochain que de l’affranchir de ses servitudes. Mais nos compatriotes méritent un peu d’indulgence : ce ne sont que des pauvres goys trompés par une propagande insidieuse et omniprésente, et non pas des « veaux » comme on l’entend trop souvent, dans la bouche de tous ceux qui ont déjà renoncé à la victoire. » (1)

    Je sais combien il est difficile des fois de garder la tête froide, surtout lorsque l’on se confronte au déni le plus évident. Moi-même, je l’avoue honteusement, mon manque de patience m’a amené à adopter la mauvaise réaction (que celui qui n’a jamais pêché me jette la première pierre). Pourtant, il est de notre devoir de multiplier en toutes circonstances les révolutions intellectuelles, aussi difficile que cela soit à mettre en œuvre.

    Je voudrais terminer là-dessus, car c’est peut-être ça le militant parfait : inaltérable dans sa soif de perfection, intraitable sur les principes, infatigable dans sa volonté de convaincre. C’est peut-être aussi la solution à une énigme dont un internaute m’a fait part il y a quelques jours. Pour replacer dans le contexte, mon interlocuteur, conscient du fait que les Européens disparaîtront dans peu de temps si rien n’est fait, me demandait de choisir entre deux positions : agir dans la hâte ou prendre le temps de planifier. Ma réponse l’a quelque peu étonné. Je lui ai répondu : « les deux ! ». Puisque nous ne pouvons rien contre la course du temps, déployons toutes nos énergies et nos forces pour utiliser ce temps précieux au service de notre idéal. Soyons des soldats politiques parfaits, formés idéologiquement, présents sur le terrain et dans les consciences, partout où nous le pouvons. À ceux qui tremblent devant le fait qu’une journée ne dure que 24 heures, cessez de contempler passivement la course du sablier. Utilisez votre âme et vos tripes pour faire qu’à chaque grain de sable écoulé, cela se concrétise par une victoire pour la Cause. Si chacun adopte cette stratégie, notre idéal triomphera vite et avec un éclat sans précédent.

    Haut les cœurs ! La victoire est à portée de main. Tout ce que nous avons à faire, c’est la saisir !

    Pierre Petrus http://pierrepetrus.wordpress.com/

    (1) Hervé RYSSEN, La Guerre eschatologique, Éditions Baskerville, p.175.
    Si vous désirez le commander, voici le lien : http://herveryssen-leslivres.hautetfort.com/. Il s’agit du livre le plus radical et le plus authentique du moment. Un vrai régal !