Le Centre Saint-Paul organise le 23 mars prochain, les premières assises de la Résistance chrétienne. Parce que les temps sont venus pour les chrétiens de tenir un autre langage que celui de l’accommodement à tout prix.
Monde et Vie : Pourquoi maintenant ces premières Assises de la résistance chrétienne ?
Abbé de Tanouarn : Je crois que la situation en France a beaucoup changé entre 2012 et 2013. Le socialisme de François Hollande n'est ni un jacobinisme, ni un collectivisme, ni un libéralisme classique. C'est la mise en œuvre de l'idéologie bobo issue de mai 1968. Non seulement l'individu est roi, mais plus personne n'a le droit de penser le contraire ! La coalition actuelle entre le Pouvoir politique, entièrement détenu par des « hollandistes », et le pouvoir médiatique qui collabore à cette domination politique, représente une force impressionnante : salle de shoot, euthanasie, mariage homosexuel, destruction du système d'allocations familiales, vote des immigrés à majorité musulmane, gouvernement par ordonnances, tout va peu ou prou dans le sens de cette royauté de l'Individu sans héritage, indifférencié, absolu. Mais l'individu qui se prend pour un absolu, c'est la formule même du péché. Face à une telle situation, pouvons-nous ne pas « entrer en résistance » ? L'expression est de Mgr de Germiny, évêque de Blois. Je l'ai trouvée bonne. Oui, nous entrons en résistance : la résistance, c'est maintenant.
Vous déclarez que nous sommes dans une société post-chrétienne et vous voulez nous faire entrer en résistance ?
La résistance, ce n'est pas trop tôt, mais ce n'est pas non plus trop tard. Nous sommes, il est vrai, dans une société post-chrétienne, avec des vertus chrétiennes devenues folles et un matérialisme de plus en plus envahissant, au point que parler de Dieu devient obscène. Eh bien ! Nous prônons plus que jamais la révolution chrétienne, celle de la liberté intérieure, de l'égalité de tous devant Dieu et de la fraternité des hommes sous le Père commun, celle qui nous protégera du « grand ensauvagement » qui nous menace.
On reproche toujours à l’Église d'utiliser un langage trop mou, peu convainquant. Appelons les choses par leur nom : dans une société postchrétienne, le christianisme est une contre-culture ; elle est d'autant plus attractive pour tous qu'elle se présente aujourd'hui non comme la culture dominante, mais comme une culture alternative. On a beaucoup parlé d'inculturation dans les pays en voie de développement. Ce à quoi il faut réfléchir, c'est à l'inculturation de notre foi face à la culture de mort aujourd'hui dominante, avec une conviction: quand on est intelligemment - et je dirais : quand on est spirituellement - dans l'opposition, on finit toujours par gagner.
Finalement ne sommes-nous pas appelés à être le petit reste fidèle ?
Vous savez que cette expression du « petit reste » désigne dans l'Ancien Testament « le petit reste d'Israël », c'est-à-dire les quelques juifs, qui, malgré les événements terribles qui aboutiront à la déportation de Babylone, continuent d'observer la Loi dans tous ses détails. Je crois que les observants sont toujours en petit nombre. Je crois que dans une foule, les convaincus sont toujours un petit noyau. Mais ce petit noyau peut entraîner la foule, s'il est composé de gens vraiment motivés et si les circonstances s'y prêtent. Sur la motivation: je dirais que c'est la première fois que se profile, en France, un divorce dans ce mariage de raison qui unissait l'Église et l'État depuis 1923 (les accords Ceretti-Briand). Le gouvernement de M. Hollande a réalisé ce tour de force de mettre dans l'opposition ces grands loyalistes que sont les catholiques français depuis un siècle. On va pouvoir commencer à dire la vérité sans se faire taxer d'extrémiste. Sur les circonstances... Je crois que l'histoire est un jeu de balancier. On essaie de nous mener le plus loin possible dans l'athéisme socialisé. Voilà de quoi faire repartir le balancier dans l'autre sens.
La résistance chrétienne peut-elle être menée par le plus grand nombre ? N'est-elle pas réservée aux personnes ayant un caractère bien trempé ?
Le million de piétons qui a déferlé sur Paris le 13 janvier et le million et plus attendu le 24 mars montrent bien que tous peuvent être sensibles à ce qui est en question : à travers l'institution chrétienne de la famille, une écologie humaine dont chacun comprend immédiatement l'importance.
Le paradoxe du christianisme c'est qu'à toutes les époques, c'est vrai, l’Église est d'abord l’Église des saints. Mais, en même temps, la vérité à laquelle nous fait accéder la foi concerne tout le monde, notre destinée, notre salut. Souvenez-vous du Prologue de saint Jean : « II était la vraie lumière qui éclaire tout homme venant au monde ». Tout homme ? Oui, même Hollande a été éclairé. C'est de naissance.
Propos recueillis par Anne-Cécile Foubert monde & vie 19 mars 2013
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Le 23 mars : Premières Assises de la Résistance chrétienne
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L’aigre parfum de la peur du peuple
« Il faut du courage en politique. François Hollande, pas plus que Nicolas Sarkozy avant lui, n’en a. Il est nécessaire de parler franchement aux Français, et leur dire qu’il faut pour notre pays une rupture majeure, une restauration de la souveraineté dans tous les domaines. » Marine Le Pen a résumé dans son communiqué de réaction à l’allocution télévisée du chef de l’Etat ce que les Français sont de plus en plus nombreux à penser. Attendu devant les studios de France télévision par 3000 opposants au mariage et à l’adoption pour les couples homosexuels selon France info, dont de nombreux jeunes et des militants du FNJ, M. Hollande n’a pas convaincu lors de sa prestation télévisée, au-delà des permanents du Parti socialiste. L’Afp résumait quelques éditoriaux dont la sévérité est à la hauteur de l’inquiétude du petit monde médiatique devant l’incapacité de la gauche au pouvoir à sauver ce Système à bout de souffle.
Intervention « fade », « absence de pédagogie », « une étonnante confiance » au regard de la situation économique et sociale a écrit Éric Decouty dans Libération. « Le chef de l’État (…) a expliqué en substance qu’une politique qui ne marche pas peut, qui sait, marcher un jour » a relevé Paul-Henri du Limbert du Figaro.« Cela fait un peu Monsieur Bricolage », a relevé Jean-Pierre Ténoux, l’éditorialiste de L’Est républicain . « Il s’est contenté d’ajuster la nappe, de déplacer quelques couverts… Du pur Hollande » , analyse Bruno Dive (Sud-Ouest). « Quand la terre tremble », note Dominique Jung (Les Dernières Nouvelles d’Alsace), « il est difficile de se passionner pour le réaménagement de la cuisine et du salon, aussi pertinent soit-il. C’est le drame de cette présidence ».
Selon des propos rapportés par l’Express, Arnaud Montebourg reprochait pour sa part début décembre à Jean-Marc Ayrault de « (gérer )la France comme le conseil municipal de Nantes » et affirmait dans la foulée à François Hollande qu’il avait nommé « un élu local à la tête du gouvernement (…) Il a l’envergure d’un élu local, il aurait dû rester un élu local ! »
Même le député PS de Paris et proche de Julien Dray, l’avocat Pascal Cherki, demandait il ya quelques jours à François Hollande, d’ « arrêter de jouer petit bras » et de nous servir sa «novlangue imbitable » « Quand on est président de la France, on n’est pas conseiller général de canton, on prend la mesure de la situation et on change de braquet. » « François Hollande n’a pas été élu pour conduire le peuple français sur le chemin sans fin de l’austérité et de la rigueur. Ce n’est pas cela le rêve français. » Trente ans de carte au PS avant de s’en apercevoir, bravo M. Cherki !
Changer de braquet ou changer de monture ? Dans le débat animé par Yves Calvi qui a suivi l’intervention de M. Hollande sur France 2, Jean-François Kahn a assez bien posé le problème fondamental qui se pose à ce gouvernement, et au-delà à tous les partis qui par idéologie et fossilisation intellectuelle ne parviennent pas à sortir du schéma mortifère de l’euromondialisme.
M. Hollande, a expliqué en substance M. Kahn, est « l’homme d’un Système » qui expose aux Français qu’il s’agit de poser « une rustine » sur « le vélo » ou de réparer « son dérailleur », alors que la question de fond qui se pose, et que se pose chaque jour davantage nos compatriotes , est celle de savoir si ce n’est pas plus justement de « vélo », c’est-à-dire de logiciel, dont il faudrait changer.
Et ce ne sont pas les derniers chiffres publiés par l’Insee qui inciteront à penser le contraire. En 2012, le déficit public notifié s’élève ainsi à 4,8 % du PIB et la dette publique a continué d’exploser atteignant fin 2012 un nouveau record à 90,2% du PIB (85,8% en 2011).La Commission européenne prévoit que le déficit de la France atteindra 3,7% du PIB fin 2013 puis 3,9% fin 2014 si aucune nouvelle mesure n’est prise. La dette atteindrait selon elle 93,4% du PIB fin 2013 et 95,0% fin 2014 !
Dans ce contexte de chute accélérée, de bonnes âmes s’ingénient à réveiller de vieux démons et de remettre sur la table de vieux fantasmes, lesquels à dire vrai, sont régulièrement, voire quotidiennement ressortis du placard pour faire peur au bon peuple tenté de renverser la table.
Figure médiatique de cette doxa social-démocrate européiste qui ruine la France depuis Giscard, le journaliste Alain Duhamel a pondu dans Libération le 27 mars un de ses papiers dont il a le secret. En adepte de la fausse symétrie, il met dans le même sac l’opposition nationale et les petites phrases de Jean-Luc Mélenchon et affirme sentir « la résurgence de l’aigre parfum des années 30 »
« Comme dans les années 30, c’est l’Europe tout entière qui frémit et se cabre. Partout, la tentation des nationalismes réapparaît. Elle pollue déjà lourdement les Balkans et l’Europe de l’Est. Elle rôde chez les conservateurs britanniques. Sur le continent, la xénophobie gagne, l’immigré redevient plus que jamais le bouc émissaire, la démagogie s’épanouit dans l’Europe latine »
Pour preuve dans notre pays du retour de l’innommable, M. Duhamel cite certes la phrase, à dire vrai bien anodine de M Mélenchon sur un Pierre Moscovici qui « parle le langage de la finance internationale », mais aussi « L’imposante manifestation contre l’ouverture du mariage et de l’adoption aux homosexuels (qui) a drainé une foule immense, nettement plus politisée qu’auparavant (…). A côté de l’opposition politique et de l’effervescence sociale, voilà une contestation sociétale de masse qui entre en jeu. Symptôme supplémentaire de crise. »
Et «au premier plan, la progression spectaculaire des votes d’extrême droite à l’occasion de l’élection législative partielle de l’Oise (…) . L’extrême droite se fortifie, atteint un niveau qu’elle n’avait jamais obtenu et peut effectuer une nouvelle percée l’an prochain aux élections municipales et surtout européennes. Jamais, depuis justement les années 30, elle n’avait pesé aussi lourd. La crise la ressuscite. »
Ce que ressuscite la rapidité avec laquelle cette crise développe ses ravages, crise que le FN avait anticipé constate Bruno Gollnisch, c’est bien en effet l’urgence d’une alternative aux diktats bruxellois, au mondialisme.Répétons-le, il faut toute la mauvaise foi et la panique des rentiers du Système pour voir dans cette prise de conscience le retour aux années noires, obsessions malsaines d’esprits sclérosés.
Ce que sentent les Français et les Européens, plus ou moins confusément, comme nous l’avons vu dernièrement en Italie avec l’émergence d’un populisme de la colère et de la révolte, c’est que cette Europe là fait fausse route et les entraîne vers le chaos. Ce qu’ils veulent c’est reprendre en main leur destin et un Etat fort, stratège, indépendant, qui défendent leurs libertés, leur souveraineté, leur identité, leurs traditions. Ni plus, ni moins.
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Marchandisation libérale de l'embryon
Cardinal André Vingt-Trois : Je pense que c’est une erreur grave par rapport à l’équilibre de notre société. Car quand on donne libre cours à toutes sortes de recherches sur l’embryon cela veut dire que l’on considère que l’embryon n’est rien et que c’est un matériau de laboratoire. Je sais bien qu’il y a des chercheurs qui sont beaucoup plus conscients de l’importance de l’acte qu’ils font et qu’ils ne sont pas tous irresponsables, mais la loi de bioéthique votée en 2011 prévoyait qu’il y ait une autorisation préalable à la dérogation de l’interdit. Ce n’était pas parfait, mais cela avait l’avantage d’une part de maintenir l’interdit de principe, qui rappelle la dignité particulière de l’embryon humain ; et, d’autre part, d’obliger les chercheurs à étayer leur demande sur un certain nombre d’arguments. Et on sait qu’un certain nombre de demandes ont été soit récusées, soit contestées en raison de la faiblesse des arguments qui étaient présentés pour obtenir la dérogation. Le fait que l’on supprime l’interdit a priori, cela veut dire qu’on laisse le champ libre à tous ceux qui voudront essayer quelque chose.
Radio Notre-Dame : Donc cela veut dire que le statut humain de l’embryon est quasiment nié ?
Cardinal André Vingt-Trois : Le statut humain de l’embryon est en tout cas gravement compromis, et en plus c’est, à mon avis, une double erreur. C’est une erreur d’investissement, puisque depuis un certain nombre d’années on nous annonce que les cellules embryonnaires vont être la source de traitement régénératif des maladies nerveuses, et à ce jour il n’y a même pas, dans ce domaine, de protocole d’essai : on est toujours dans la promesse que cela va venir incessamment sous peu, mais cela n’arrive jamais. Et d’autre part, on a d’autres pistes de recherche beaucoup plus prometteuses qui ont été d’ailleurs couronnées par un prix Nobel.
Radio Notre-Dame : Vous pensez aux cellules IPS du Prof. Yamanaka ?
Cardinal André Vingt-Trois : Bien sûr. Et donc cela veut dire que ce combat est un combat d’arrière-garde, qui ne se livre que pour contester la valeur intrinsèque de l’embryon. Il n’y a pas de justification scientifique avérée : donc c’est une tromperie à l’égard des gens que de leur faire croire que, grâce à cela, ils vont avoir des traitements pour Alzheimer, Parkinson, etc. Cela n’aboutira pas. On le dit, on l’a dit, on l’a répété, et maintenant dans d’autres pays, et même en France dans certains laboratoires de recherche, d’autres pistes sont explorées. Alors évidemment, la deuxième question qu’il faut bien se poser quand même, c’est : qui a intérêt ? C’est-à-dire : qui a intérêt à drainer les financements et les subventions à la recherche sur tel ou tel laboratoire plutôt que sur tel autre ? Et là-dessus on a aucune information claire ni transparente... Il faudra donc bien un jour que l’on sache pourquoi ce pouvoir économique des laboratoires pharmaceutiques ou des laboratoires de recherche reste obstinément dans l’ombre - quand il n’utilise pas les fonds de collecte publique qui sont recueillis avec des procédés de mobilisation affective considérable, mais dont finalement l’investissement n’est pas toujours absolument contrôlable.
Radio Notre-Dame : Gare à l’arnaque idéologique et l’arnaque financière ?
Cardinal André Vingt-Trois : Oui.
Radio Notre-Dame : Plusieurs associations ont lancé des dispositifs : la campagne "Vous trouvez cela normal ?", également une autre campagne à l’échelle européenne. La Conférence des évêques de France soutient ces opérations ?
Cardinal André Vingt-Trois : Bien sûr, j’aurai l’occasion de le rappeler au cours de la prochaine assemblée plénière qui se tiendra au mois d’avril.
Radio Notre-Dame : Concrètement, là, l’heure est grave, le 2 avril vote solennel. Que faire ?
Cardinal André Vingt-Trois : On ne peut que protester et rappeler incidemment quand même que dans le vote des lois dites de bioéthique en 2011, il était inclus que les amendements à ces lois seraient soumis au même processus d’états généraux que l’avait été l’établissement de la loi. Or là, non seulement on n’a pas procédé aux consultations minimales, mais on l’a logé, en tout cas dans le calendrier du Sénat et le calendrier de l’Assemblée nationale, dans ce qu’on appelle une « niche parlementaire », c’est-à-dire un tiroir où on recueille un certain nombre de projets de loi sans importance que l’on fait passer à 2 heures du matin, quand la séance arrive à sa fin.
Radio Notre-Dame : Comment ne pas tomber dans la colère et dans le découragement ?
Cardinal André Vingt-Trois : Il n’y a pas objet de colère ou ni de découragement c’est l’objet d’indignation et de protestation. Mais encore une fois, si je puis dire, les Français doivent être conséquents avec leur droit de vote. Quand ils élisent des gens, ils doivent savoir qu’il y a un certain nombre de projets qui sont inscrits dans les programmes ou dans les entours des candidats. S’ils ne prennent pas conscience de cela et s’ils estiment plus important de croire qu’ils auront des rabais d’impôt fût-ce au prix de lois qui détruisent la dignité humaine c’est un problème qui dépasse largement le cadre du débat parlementaire. -
Manifestation exceptionnelle ce jeudi soir devant France télévision, pour accueillir Hollande
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Manif pour tous : Pourquoi le 24 mars 2013 va entrer dans l’Histoire de France
Par Jean-Baptiste Giraud , directeur de la rédaction
Non, ce n’est pas une incatation auto-suggestive, mais une analyse politique réflechie de la situation pré-révolutionnaire dans laquelle notre pays, la France, se trouve désormais, quatre jours après la manifestation historique du 24 mars 2013,...
...et à quelques heures [publié le 28 mars] de l’intervention télévisée du président de la Républiquedont personne n’attend rien. En particulier pas les 51 % de Français qui pensent que François Hollande est un mauvais président, selon un sondage CSA pour BFM TV.

Dimanche, 300 000 Français - selon l’estimation des commissaires politiques de la Stadt Sicherheit (Stasi) parisienne, 1,7 million selon les organisateurs bénévoles improvisés de la Manif pour tous - 1 million si l’on accepte le principe d’un compromis en faisant la moyenne des deux, sont "montés" à Paris pour défendre... non pas des intérêts catégoriels mais un principe, une vision de la Société.
Retenez bien ceci : pour la première fois, un mouvement populaire, assis sur une myriade de structures associatives embryonnaires, dont aucune n’a été conçue pour organiser et piloter un mouvement de cette ampleur, a su lever une armée d’hommes, accompagnés de leurs femmes, enfants et parents puisque la manifestation était prévue et présentée comme "familiale".
Une armée qui, jusqu’au 24 mars 15h00, était effectivement totalement pacifique, bien que déjà considérablement échauffée par le camouflet de Valls Mielke (Erich Mielke était ministre de la sécurité intérieure de la RDA en 1989, NDLR) qui a fait interdire les Champs-Elysées, mais aussi la moitié de la place de l’Etoile, pourtant promise par le préfet de police de Paris, moins de quatre jours avant la manifestation. [...]
La suite sur Economie matin
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Hollande sur France 2: un Monsieur Bricolage sans audace
La prestation télévisée de François Hollande n'a pas convaincu les éditorialistes, qui la jugent "fade" et fustigent le manque d'"audace" du chef de l'État, qui dégaine une "boîte à outils" à la "Monsieur Bricolage" face à une crise et une colère profondes.
Pour de nombreux éditorialistes, le chef de l'État ne s'est pas montré à la hauteur de la situation, car, résume Jean-Michel Servant (Le Midi Libre) il lui "manque encore l'essentiel pour vaincre la crise : l'audace du combattant".¢"Nul ne s'attendait à des annonces fracassantes", souligne Éric Decouty dans Libération, mais l'intervention télévisée du président s'est révélé "souvent fade, presque banale" et a été marquée par une "absence de pédagogie" et "une étonnante confiance" au regard de la situation économique et sociale.
Paul-Henri du Limbert (Le Figaro) enfonce le clou: "l'Élysée avait prévenu : il ne fallait pas attendre monts et merveilles de l'intervention télévisée du chef de l'État. On ne peut lui donner tort. Fidèle à sa manière, le chef de l'État n'a pas dit un mot plus haut que l'autre, et il a expliqué en substance qu'une politique qui ne marche pas peut, qui sait, marcher un jour"."Contre la crise qui ravage tout sur son passage, François Hollande s'arme, dit-il, d'une nouvelle +boîte à outils+", ironise l'éditorialiste du Figaro, mais le président dispose de "petits tournevis" et de "clous de tapisserie, quand il faudrait des ponceuses et des rabots"."Cela fait un peu +Monsieur Bricolage+", s'amuse Jean-Pierre Ténoux (L'Est Républicain), qui juge que M. Hollande "est resté comme toujours prévisible".
"Pour le président, +la boîte à outils existe, il suffit d'un peu de patience pour obtenir des résultats+. Mais les Français n'en ont plus", assène Hubert Coudurier (Le Télégramme).Tout cela ne constitue ni "un tournant du quinquennat", "ni le +changement de braquet+ attendu par la gauche du PS", déplore Hervé Favre (La Voix du Nord)."Une fois encore", François Hollande "n'a pas écouté les conseils de ceux qui lui suggéraient de renverser la table et d'annoncer des mesures fortes", analyse Bruno Dive (Sud-Ouest). "Il s'est contenté d'ajuster la nappe, de déplacer quelques couverts... Du pur Hollande"."Quand la terre tremble", note Dominique Jung (Les Dernières Nouvelles d'Alsace), "il est difficile de se passionner pour le réaménagement de la cuisine et du salon, aussi pertinent soit-il. C'est le drame de cette présidence"."Les millions de téléspectateurs de France 2, hier soir, ne caressaient pas d'illusions en écoutant François Hollande", renchérit Patrick Apel-Muller (L'Humanité). "Mais l'exercice de pédagogie soigneusement préparé par les experts de l'Élysée a semblé tourner à vide" et le président "sensible aux appels des milieux patronaux ou conservateurs" reste en revanche "sourd à la colère larvée qui parcourt le pays".¢Avec AFP http://www.francepresseinfos.com/ -
Qui veut la peau de Roger Gentil ?
Décidément, on ne sait plus très bien différencier les innombrables séries policières de la télévision des tout aussi innombrables rebondissements judiciaires de la vie politique française…
Ainsi donc, le juge Gentil, passé de l’anonymat à la médiatisation – telle la France en 1981 de l’obscurité à la lumière(1) – pour avoir mis en examen l’ancien président Nicolas Sarkozy, fait l’objet de menace de mort. Par courrier reçu dont l’enveloppe contenait, outre « des menaces caractérisées », des « munitions d’arme de guerre » ! Rien de moins !
Mais rien de plus, non plus ! Notez que c’est peut-être un début seulement, mais déjà médiatisé, le Juge accède désormais au statut de citoyen en danger…
Grave, le danger ! On conviendra qu’il est effectivement difficile à n’importe quel déséquilibré ou crétin notoire, de poster un courrier d’injures et de menaces, accompagné de trois « bastos »…
On frémit à l’idée qu’un tel déséquilibré ou crétin notoire n’en reste pas là et décide, horreur ! de planter des aiguilles dans une poupée à l’effigie de Jean-Michel Gentil, le nouveau Roger Rabbit(2) de la Magistrature.
Voici donc ce dernier devenu digne des héros de Thrillers… et avec lui, le très gauchisant Syndicat de la magistrature (SM) qui en est tout autant, et à son habitude, médiatiquement « bouleversifié » ! Et de crier haro sur les proches de Nicolas Sarkozy ayant un peu trop martelé leur indignation devant micros et caméras après la mise en examen de leur supposé prochain candidat à la Fonction Suprême… dont Henri Gaino, ancien conseiller spécial de l’ancien président, quasi-nommément accusé d’avoir sinon envoyé le courrier malveillant, du moins de l’avoir fortement inspiré par sa déclaration sur le juge Gentil qui aurait « sali » la Justice française.
« Évidemment, les menaces de mort contre n’importe qui sont insupportables et totalement condamnables, a répondu Henri Guaino, mais je trouve que la position prise par le syndicat de la magistrature est effrayante (…) Je ne me sens à aucun moment responsable de ça », a-t-il également précisé.(3)
D’autant qu’une telle mascarade contre le Juge ne peut, à tout bien réfléchir, que desservir les intérêts de l’ancien président et des siens dans l’Opinion publique… pour ceux qui se laisseraient aller à gober, ne serait-ce qu’un court instant, la probabilité d’un danger réel.
Imagine-t-on un instant qu’un juge, a fortiori Jean-Michel Gentil, puisse se laisser impressionner par un tel courrier ? Qu’il décide, taraudé par la frayeur, d’annuler la mise en examen de son si célèbre « présumé innocent » ?
Imagine-t-on également qu’un criminel potentiel, bien décidé à passer à l’acte, mettrait en garde sa victime avant de la zigouiller ?
Le criminel décidé, pas davantage que le candidat au suicide, ne prévient de ses intentions… Malfaisant ou taré, certes, mais pas forcément idiot quand même !Philippe Randa http://www.voxnr.com
Notes :
(1) Rappelons qu’il s’agissait là d’une forte déclaration de Jack Lang saluant l’élection de François Mitterrand à la Présidence la République.
(2) Référence au film humoristique américain des studios Disney Qui veut la peau de Roger Rabbit ?
(3) www.lefigaro.fr. -
Une fois la gauche éliminée…
Dire que les Français n’attendent rien de l’intervention télévisée ce soir de François Hollande est une évidence. Un chef de l’Etat qui semble attendre la « vague » de la reprise américaine dont profiterait hypothétiquement la zone euro pour donner un peu d’air à notre pays ou tous les indicateurs économiques sont dans le rouge. Hier, l’Insee a annoncé , selon ses indicateurs, une baisse du pouvoir d’achat en 2012 (- 0,4%), la première officiellement depuis 1984. Les Français eux, savent plus justement qu’il subissent cette baisse chaque année depuis dix ans avec l’abandon du franc au profit de l’euro… Un Hollande dont l’impuissance incarne assez bien les aphorismes de son compatriote corrézien, le radical-socialiste Henri Queuille, trois fois président du Conseil sous la quatrième république : « Il n’est pas de problème dont une absence de solution ne finisse par venir à bout » ou encore « La politique n’est pas l’art de résoudre les problèmes, mais de faire taire ceux qui les posent »…
Après 10 mois à l’Elysée et des records d’impopularité, nos compatriotes, les électeurs socialistes et même les élus du PS qui sentent leur base électorale se dérober sous leurs pieds, ont compris que le changement n’était pas pour maintenant , ni même pour après-demain. Comme Marine Le Pen et Bruno Gollnisch l’avaient prédit, la sociale démocratie européiste qui sert de mauvaise boussole au chef de l’Etat et au gouvernement, n’est en rien une rupture avec le libéral-mondialisme à la sauce Sarkozy. C’est cette idéologie commune à la « droite » et à la gauche qui lamine les classe moyennes, met nos travailleurs au chômage, accélère a disparition des derniers pans de notre industrie, matraque nos entreprises, nos commerçants et artisans, en un mot tiers-mondise notre pays sacrifié sur l’autel du Mammon Bruxellois.
Le sondage ifop paru dans le quotidien gratuit Metro ce matin fait état des attentes des Français. Il démontre, sans grande surprise, que nos compatriotes souhaitent que M Hollande s’exprime en priorité sur le « chômage » (54% de l’ensemble des Français, 66% des sympathisants de gauche, 46% des sympathisants de droite, 42% des sympathisants du FN), le « pouvoir d’achat » (48%, de l’ensemble des Français, 56% des sympathisants FN, 55% des sympathisants de gauche, 35% des sympathisants de droite ), la « réduction de la dette et des déficits publics » (38% de l’ensemble des Français, 52% des sympathisant de l’UMP, 38% des sympathisants de gauche, 26% des sympathisants FN) , la « fiscalité » (27% de l’ensemble des Français, 34% des sympathisants de droite, 24% des sympathisants de gauche, 23% des sympathisants FN ).
Viennent ensuite l’ « immigration » (20% de l’ensemble des sondés ) et de la « sécurité » (19% de l’ensemble des sondés), qui sont appréhendées également comme prioritaires. Elles restent en tout cas deux questions centrales pour respectivement 54% et 33% des électeurs frontistes et marinistes, contre seulement 26% et 21% des sympathisants UMP et 9% et 13% des sympathisants de gauche.
Un sondage qu’il n’est pas inintéressant de comparer avec les analyses qui se sont succédées après le score impressionnant réalisé par la candidate FN Florence Italiani (48,59%) face à Jean-François Mancel dimanche dernier. Jean-Vincent Placé, président du groupe EELV au Sénat, a jugé lundi sur RMC que si le deuxième tour de la législative partielle dans l’Oise avait opposé un PS et un FN, «Si ça avait été PS-FN, le FN aurait gagné».
Sur le blog du Monde le 26 mars, une question « embarrassante » (angoissante) était d’ailleurs posée : « Des électeurs de gauche ont-ils massivement voté pour la candidate Front national dimanche 24 mars dans la deuxième circonscription de l’Oise ? »
Jérôme Fourquet, directeur du département Opinion et stratégies d’entreprise de l’IFOP relève que la candidate frontiste « a gagné en une semaine près de 22 points, soit 5 941 suffrages, et dépassé la barre des 50 % dans quatre des huit cantons de cette circonscription ». Aussi, « le sondeur émet l’hypothèse que la mobilisation des abstentionnistes du premier tour ne suffit pas à l’expliquer la spectaculaire poussée du FN. L’analyse objective des grandes masses en présence conduit à penser qu’une part significative des électeurs gagnés au second tour provient des rangs de la gauche », estime-t-il.
Jérôme Fourquet ajoute qu’en faisant tourner un modèle statistique sur les 196 bureaux de vote de la circonscription, Joël Gombin, doctorant en sciences politiques à l’université d’Amiens, arrive à la même conclusion. Il évalue même entre 40 et 45 % la part d’électeurs de Sylvie Houssin (la candidate du PS éliminée au premier tour, NDLR), s’étant portés au second tour sur la candidate frontiste (soit environ 2500 suffrages) . Et ce en dépit de la consigne de front républicain donnée par la direction du Parti socialiste. Tout se passe, constate le sondeur, comme si le parti lepéniste pouvait compter sur des reports et des renforts très hétéroclites au second tour provenant des abstentionnistes, de la droite, mais aussi de la gauche. »
La candidate frontiste aurait aussi bénéficié des voix d’environ 3500 électeurs qui s’étaient abstenus au premier tour et grosso modo des 2000 personnes qui avaient voté pour Jean-François Mancel le 17 mars mais qui auraient voté FN au second tour… une fois la gauche éliminée.
« Le contexte local a sans doute aidé à cette agrégation, mais ce qui vient de se passer dans l’Oise sonne comme un avertissement. En pleine crise sociale, et alors que le FN ne cesse de dénoncer la collusion UMPS, la thématique du front républicain ne permet plus de faire barrage à l’extrême droite. Elle semble au contraire favoriser le basculement d’une partie de l’électorat de gauche vers le FN, attirée par le discours anti-système et anti-élites de Marine Le Pen » est-il encore avancé.
Reste que les explications fournies ici affirme Bruno Gollnisch, tendent cependant à minorer le fait principal, à savoir que le FN dispose d’un socle solide d’électeurs convaincus, venus au fil des années de la gauche, de la droite et même de plus en plus souvent, qui ont toujours voté (quasi) systématiquement FN ! Des électeurs qui sont séduits par son programme et qui se déplacent quand les enjeux sont importants et/ou médiatisés.
Président du groupe FN de la région Picardie, Secrétaire départemental de l’Oise, Michel Guiniot a fourni un très remarquable travail de terrain avec les militants lors de cette partielle. Fin connaisseur de la carte électorale de son département, il a rappelé que le meilleur score enregistré par le FN dans l’Oise ne date pas d’hier mais de 1998, lorsque Pierre Descaves fut élu conseiller général dans le canton de Noyon. Il souligne aussi que ce second tour Italiani-Mancel est la « réplique exacte de la cantonale de Noailles en 2011 »dans laquelle le candidat de gauche avait été éliminé au premier tour, laissant face à face au second Florence Italiani et Jean-François Mancel, ce dernier ne la devançant que de 210 voix. La candidate FN avait recueilli 48,33 % des voix.
Michel constate encore que du fait de l’abstention très élevée, même au second tour, la candidate frontiste n’a pas fait dimanche dernier le plein des voix qui se sont portées sur Marine le Pen lors du premier tour de la présidentielle, Florence Italiani ayant un déficit de 60000 suffrages par rapport à la présidente du FN, arrivée première dans cette circonscription le 22 avril 2012. Bref, il n’est pas nécessaire d’échafauder des théories plus ou moins bien balancées pour expliquer le renforcement du vote national alors que la violence de la crise valide singulièrement nos avertissements . Enseignement intéressant qui valide une nouvelle fois les analyses électorales opérées par notre Mouvement, ce sont d’ailleurs dans les quatre cantons où l’abstention a été la moins forte que le FN est arrivé en tête devant M. Mancel dimanche dernier.
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Manif pour Tous : un piège tendu aux manifestants ? Une milice de la mairie de Paris ?
Y a-t-il eu réellement un piège tendu aux manifestants ? Existe-t-il une « milice de la mairie de Paris », comme le disent certains CRS ? Voilà les questions soulevées par le témoignage de Françoise Besson, avocate au Barreau de PARIS sur les évènements survenus lors de la Manif Pour Tous du 24 mars 2013, à Paris.
J'ai participé à la manifestation d'hier, en portant ma robe d'avocat. N'ayant pu rejoindre le groupe des juristes, au début de la manif, ne pouvant accéder à l'avenue de la Grande Armée, totalement saturée, j'ai tenté de rejoindre l'avenue Foch par l'avenue Victor Hugo mais un barrage bloquait l'accès tant en direction de l’Etoile qu'à la rue de Traktir.Alors que la foule devenait plus dense et demandait à rejoindre l'avenue Foch, ses premiers rangs (j'étais au 1er rang en train de discuter avec un gendarme) ont fait l'objet de projections de gaz lacrymogène, des pères de famille ont été molestés par certains gendarmes, et emmenés vers des camions en dépit de mes protestations courtoises mais fermes et des effets des gaz.¢L'accès à l'avenue Foch a finalement été autorisé. J’ai tenté d'accéder à l'avenue de la Grande Armée par la rue Rude, et après plusieurs essais infructueux, y suis parvenue. La foule était si dense qu'une ouverture étroite avait sans doute été autorisée pour accéder à la Place de l'Etoile, quasiment vide vers 15h environ.La place s'est remplie peu à peu sans jamais être comble, le gros de la foule restant massé derrière le podium de l'Avenue de la Grande Armée.Sur la place, avec quelques autres confrères, j'ai eu vent du "gazage" de Christine BOUTIN, qui venait de se produire, puis assisté à celui, sans aucune sommation, d'enfants, de personnes âgées, de manifestants qui, quelques instants auparavant discutaient paisiblement avec les forces de police.Pourtant, un CRS auquel j'avais posé la question aux alentours de 16h m'avait dit qu'il n'avait eu connaissance d'aucun acte de violence de la part des manifestants.Plus tard, j'ai un vu qu'un cordon de police venait de barrer la partie gauche (en venant de l'Etoile) de la rue de Tilsit : or des personnes cherchaient à quitter les lieux pour rentrer chez eux en traversant la place de l'Etoile : un passant m'a signalé que cela se passait mal et je me suis approchée avec deux confrères.En effet, ceux qui tentaient de franchir ce barrage en ont été empêchés de la manière la plus brutale par des policiers, certains en uniformes, d'autres en civil qui ne portaient qu'un brassard rouge avec l'inscription "POLICE".J'ai vu une policière "gazer", sans aucune sommation, des gens à bout portant, les pousser violemment jusqu'à les faire tomber tandis qu'un de ses collègues à brassard rouge les frappait avec un bâton.
Gazée à nouveau, je me suis interposée en disant à ces policiers qu'ils violaient la les règles les plus élémentaires, en s'attaquant à des gens non violents qui ne cherchaient qu'à rentrer chez eux.Cela n'a servi à rien. Je suis donc allée prévenir des CRS alignés pour interdire de contourner l'Arc de Triomphe par la droite: ils ne m'ont d'abord pas crue, puis certains paraissaient gênés, d'autres m'ont dit qu'il pouvait s'agir de "LA MILICE DE LA MAIRIE DE PARIS"!Je leur ai dit que je ne manquerai pas de témoigner de ce que j'avais vu.Certes l'accès aux Champs Élysées avait été interdit, mais en pratique, celui à l'Etoile a été autorisé en milieu d'après-midi parce-que l'espace prescrit aux manifestants était notoirement insuffisant, ce qui devenait dangereux pour eux.On avait le sentiment, peu avant la fin officielle de la manifestation, que les forces de police se préparaient à tendre un piège aux manifestants qui, ne pouvant accéder à l'avenue de la Grande Armée, ni même à l'Arc de Triomphe, s'étaient massés sur la partie des Champs entre le barrage de CRS de l'Etoile et le Rond-Point, comme à ceux qui, sortant de l'avenue de la Grande Armée, seraient tentés de les rejoindre.J'ai ensuite appris qu'en effet, nombreux sont ceux qui ont été gazés puis chargés sans sommation préalable, certains, matraqués, alors qu'assis, près du Rond-Point, ils discutaient et chantaient.Pire, ils ont eu beaucoup de mal à s'échapper des Champs étant rappelé que la plupart des stations de métro proches demeuraient fermées et que la police barrait plusieurs rues adjacentes.Comme tous mes confrères, professeurs de droit et magistrats présents, j'ai été choquée par les agissements des forces de police et parfois même de gendarmerie.Comme eux je pense que cette manifestation n'était pas souhaitée par le gouvernement qui a tout tenté pour la désorganiser, provoquer des actes réellement répréhensibles de la part des manifestants et ainsi les décrédibiliser.Or, je n'ai vu aucun manifestant attaquer physiquement les forces de police mais plutôt s'en défendre.Si les manifestants n'avaient pas été aussi corrects, les débordements auraient eu des conséquences nettement plus graves.Pour résumer, j'ai assisté à un déni de démocratie, à la violation de règles élémentaires de notre droit, à des scènes choquantes.Quant à ceux qui trouvent choquants d'y avoir emmené des enfants, je rappelle qu'il s'agissait d'une manifestation de familles pour défendre LA famille : celle du 13 janvier s'était bien passée parce que le gouvernement avait autorisé une quasi libre circulation.Enfin, je n'ai eu vent d'aucun acte de vandalisme.
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Charles-Henri d'Andigné : « Le drame n'est pas qu'il existe une droite et une gauche, mais qu'il n'y ait plus rien pour nous réunir »
Charles-Henri d'Andigné, responsable des pages Culture à Famille chrétienne, répond à notre enquête sur la droite.
Monde et Vie : Charles-Henri d'Andigné, avez-vous le sentiment qu'il existe encore une différence entre droite et gauche ?
Charles-Henri d'Andigné : Il en existe plusieurs, mais l'une des principales caractéristiques de la droite me semble être le réalisme. C'est flagrant dans le débat sur le mariage, où la gauche nie la réalité. Pourquoi ? Après avoir idolâtré la Raison à l'époque moderne (XVIIIe-XXe siècle), la gauche idolâtre la Volonté à l'époque post-moderne : je suis ce que je veux être, il n'y a pas de nature humaine. Si je suis un homme, je peux décider d'être femme ; je peux me marier avec un homme ou avec n'importe qui, même avec trois personnes, si telle est ma Volonté, qui est maître de tout. La réalité n'a aucune importance. Telle est la gauche. À droite, au contraire, on est attentif à la réalité.
Ces notions de droite et de gauche, nées au moment de la Révolution, restent cependant relatives et évoluent avec l'histoire. Cette distinction a un caractère très politicien. Faut-il l'absolutiser ? Mieux vaut éviter de l'appliquer sans précaution à la philosophie et à la religion, sous peine de commettre des erreurs.
Néanmoins, elle se retrouve dans le débat philosophique. Rousseau ou Marx peuvent difficilement être rangés « à droite » N'existe-t-il pas un corpus philosophique de gauche, construit autour de l'idée égalitaire ?
Bien sûr et l'on retrouve ici le déni de réalité propre à la gauche, qui veut appliquer à toute force une égalité idéologique sans tenir compte de l'inégalité naturelle des personnes. La droite, elle, reconnaît que nous sommes tous inégaux : s'il existe bien une égalité de dignité, liée à notre humanité, elle ne gomme pas l'inégalité des talents, des forces, des intelligences, etc., qui est naturelle et bonne. La gauche confond inégalité et injustice; la droite sait que l'inégalité est un bienfait. Néanmoins, la distinction entre droite et gauche s'applique mal à la philosophie : le libéralisme, par exemple, est-il de droite ou de gauche ? Il existe une droite libérale et une gauche qui l'est aussi.
Dans le domaine religieux, le progressisme a plutôt été porté par des catholiques de gauche...
Le progressisme, c'est la laïcisation de l'Espérance et son remplacement par le Progrès. Ce concept de Progrès est, en effet, une idée très prisée à gauche, mais la quasi-totalité des politiciens de droite l'ont aujourd'hui reprise à leur compte.
Dans le cadre de la bataille pour défendre le mariage, on assiste au réveil d'une partie de la population, mais les politiciens sont à la remorque. La droite existe-t-elle encore au sein du microcosme politicien, ou la gauche a-t-elle tout absorbé ?
On peut se poser la question. Il existe, sur l'échiquier politique, un résidu de droite, des gens comme Philippe Gosselin, Hervé Mariton, qui se battent à l'Assemblée contre le « mariage » homosexuel ; mais quand on regarde, par exemple, les candidates à la mairie de Paris, qu'il s'agisse de Cécile Duflot (EELV), NKM (UMP) ou Anne Hidalgo (PS), toutes pensent la même chose.
Quand rien ne contrebalance l'utopie c'est vite le totalitarisme
La gauche, il me semble, sait mieux se rassembler. François Mitterrand, pour arriver au pouvoir, avait d'abord rassemblé sur son nom les socialistes, ce qui était une gageure, puis s'était allié avec le parti communiste, en dépit de tout ce qui l'en séparait.
Peut-être cette union manquait-elle de cohérence intellectuelle, mais la gauche est arrivée au pouvoir. La droite n'a toujours pas compris cette leçon politique : si l'on veut le pouvoir, il faut passer par-dessus les divergences et les désaccords. Même si ce n'est pas satisfaisant intellectuellement, c'est politiquement indispensable.
Alain Dumait, ancien président de Contribuables Associés et ancien maire du IIe arrondissement de Paris, aime dire que la droite, c'est l'ensemble des gens qui se considèrent à droite. Elle rassemble en effet des gens extrêmement différents, adhérant à des doctrines qui, à l'état pur, ne sont pas toujours compatibles et même s'excluent, comme le libéralisme et le nationalisme. De même, il existe une droite catholique, une droite non-catholique et même une « nouvelle droite » anticatholique. Pourtant, politiquement, c'est une notion par laquelle on est obligé de passer.
Dans notre précédent numéro, Henry de Lesquen expliquait que la droite, c'est tout ce qui n'est pas de gauche. Selon lui, la gauche est fédérée par l'utopie égalitariste. La droite ne manque-t-elle pas d'un fédérateur ?
Sans doute. Une attitude typique de l'homme de droite consiste d'ailleurs à refuser de se réclamer de la droite, alors qu'un homme de gauche se dira de gauche sans hésiter. À de rares exceptions près, quand quelqu'un déclare qu'il n'est ni de droite, ni de gauche, c'est un homme de droite... Cette attitude tient parfois à une forme de respect humain, mais peut aussi s'expliquer par une raison philosophique plus profonde, liée à la nostalgie de l'unité qui prévalait encore sous l'Ancien Régime, à une époque où la division entre droite et gauche n'existait pas. Le « ni droite, ni gauche » de l'homme de droite exprime cette nostalgie du principe fédérateur qu'incarnait le roi. Un ami monarchiste me disait : « Moi, je ne suis pas républicain, donc je ne peux pas être de droite. » Il y a là quelque chose d'assez juste, mais même si mon premier réflexe consiste à me dire que je ne suis pas « de droite », au moment du vote il faut que je choisisse et, puisque la gauche me catalogue à droite, je voterai en faveur du candidat de droite.
Le drame, ce n'est pas qu'il existe une droite et une gauche, des réalistes et des utopistes - ce qui est dans la nature des hommes - ; mais c'est qu'il n'y ait plus rien pour nous réunir. En outre, les utopistes l'ont aujourd'hui emporté. Et quand rien ne contrebalance plus l'utopie, elle verse vite dans le totalitarisme.
Propos recueillis par Eric Letty monde&vie mars 2013
