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l'information nationaliste - Page 6269

  • Dans les territoires occupés

    C’est toujours une question extrêmement passionnelle, et donc politiquement très délicate,  que celle du destin d’Israël et de ses limites territoriales. Contrairement à ce qui s’était passé en 2011, l’absence de veto  des Etats-Unis a permis au  Conseil de  sécurité de l’ONU, avec  la voix de la France donc, d’adopter vendredi, et c’est une première depuis 1979, une résolution condamnant Israël pour sa politique de colonisation en Cisjordanie. Malgré  le  soutien militaire sans précédent, de 38 milliards de dollars pour la décennie 2019-2028,  octroyé  à  l’État hébreu par l’administration Obama en octobre dernier, beaucoup de politiciens israéliens ont accusé le président sortant d’abandonner son allié privilégié. Et ce, juste avant de passer la main à Donald Trump qui a réagi à cette résolution  en promettant d’ores et déjà d’en limiter les effets. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou a indiqué officiellement, et ce n’est  pas une surprise,  qu’«Israël rejette cette résolution anti-israélienne honteuse des Nations unies et ne s’y conformera pas.».  Pareillement et comme à son habitude, la réaction de la municipalité de Jérusalem  a été toute aussi virulente avec l’annonce de son intention de délivrer aux colons, en guise de représailles,  des centaines de nouveaux permis de construire. Une politique de colonisation qui est aussi concrètement, dans la ville sainte de Jérusalem notamment, une politique d’expulsion de leurs maisons de musulmans ou de chrétiens palestiniens.

    En France, des soutiens très marqués à l’Etat hébreu ont dénoncé cette résolution de l’ONU  fustigeant la colonisation israélienne,  sur fond de compétition démographique, de guerre des ventres entre Juifs et Arabes.  Le député LR Claude Goasguen a jugé le vote des nations unies  «dangereux» en ce qu’il « (met) l’accent sur Israël seule démocratie de la région, à un moment où la majeure partie du Moyen-Orient est en feu, (et) peut créer un nouvel abcès de fixation. » Même élément de langage dans la bouche du  président de la région Provence-Alpes-Côte-d’Azur, Christian Estrosi ,  qui a annoncé son  «départ pour Israël où il (va) témoigner (son) soutien à Benjamin Netanyahou après  une décision de l’ ONU dangereuse qui attaque la seule démocratie de la région».

    Membre au Parlement européen du groupe Europe des Nations et des Libertés (ENL),  le néerlandais Geert Wilders, dirigeant  du PVV (Parti pour la liberté), soutien lui aussi inconditionnel de l’Etat hébreu, à déclaré sur son compte tweeter  : « Obama a trahi Israël. (…) Mon conseil à mes amis israéliens : ignorez l’ONU et continuez à construire de plus en plus de localités juives ».

    La diplomatie française défend de longue date une solution à deux Etats, le droit  pour les Israéliens comme pour les Palestiniens, de vivre en paix, chacun  dans un pays viable, aux frontières sûres et reconnues, position  qui est classiquement  celle  du Front National. La France organisera d’ailleurs le 15 janvier à Paris, une énième conférence, en l’absence des Israéliens comme des Palestiniens,  pour « réitérer le soutien de la communauté internationale à une solution au conflit israélo-palestinien sur la base de deux États. »

    Bruno Gollnisch l’a souvent rappelé, y compris dans l’hémicycle du Parlement européen, les colonies juives sont illégales au regard du droit international. L’UE ne reconnait pas comme faisant partie intégrante de l’Etat hébreu  les territoires occupés depuis 1967 par les colons juifs,  à Jérusalem-est comme en  Cisjordanie, sur laquelle le royaume Hachémite de Jordanie a abandonné ses droits depuis longtemps.

    La situation est formidablement complexe  et le député européen frontiste le soulignait en novembre  2014, lors du débat sur le statut de la Palestine, «la reconnaissance de l’État palestinien ne suffira pas à restaurer la paix. C’est évident, mais le maintien du statu quo suffira-t-il à restaurer la paix? (…). Le terrorisme (est) tout à fait condamnable, mais il est évident que le terrorisme se nourrit du désespoir (…). Je crains, surtout pour Israël, qu’il ne soit trop tard. Si Israël ne négocie pas maintenant, si on n’a pas voulu négocier avec le gouvernement palestinien, on a le Hamas. Si on ne négocie pas avec le Hamas, on aura les djihadistes. »

    Une crise insoluble ? Nous rapportions les  propos du « père d’Israël » dont il fut en 1948 le premier chef de gouvernement, David Ben-Gourion,  cités par Nahum Goldmann dans « Le Paradoxe Juif » :  « Si j’étais un leader arabe, je ne signerais jamais un accord avec Israël. C’est normal ; nous avons pris leur pays. Il est vrai que Dieu nous l’a promise, mais comment cela pourrait-il les concerner ? Notre dieu n’est pas le leur. Il y a eu l’antisémitisme, les Nazis, Hitler, Auschwitz, mais était-ce leur faute ? Ils ne voient qu’une seule chose : nous sommes venus et nous avons volé leurs terres. Pourquoi devraient-ils accepter cela ? ».

    Les extrémistes juifs –mais là aussi n’est-ce pas de leur point de vue assez cohérent ? – dénoncent l’ingérence, l’absence de légitimité des conférences internationales qui entendent parler de l’avenir d’Israël. Le dirigeant du parti d’extrême droite Israël Beiteinou, et actuel ministre israélien de la Défense, Avigdor Lieberman, a  affirmé que cette conférence de Paris n’est pas  « une conférence de paix mais un tribunal contre l’État d’Israël ». « C’est une version moderne du procès (d’Alfred) Dreyfus avec l’État d’Israël et le peuple juif sur le banc des accusés (…).» Avant d’ajouter à l’adresse des Juifs de France: « Si vous voulez rester juifs et que vos enfants et petits enfants restent juifs, vous devez quitter la France et venir vous installer en Israël ». « Ce n’est pas votre pays, ce n’est pas votre terre, quittez la France et venez en Israël ».

    Le très droitier  site américain  pro israélien Dreuz-info  a  lui aussi  fustigé cette résolution de l’Onu, non sans faire référence, assez curieusement au FN,  sous la plume de Jean-Patrick Grumberg . « J’ai beau ne pas avoir de sympathie pour le Front National «  écrit-il , «  il ne s’est pas rendu coupable (comme l’ONU, NDLR) de ce degré de malignité envers les juifs. Il n’a certes pas encore le pouvoir me répondrez-vous, et vous aurez raison.»

    Si M. Grumberg accrédite encore  implicitement l’idée folle que nos compatriotes d’origine ou de confession juive pourraient pâtir d’une victoire de Marine Le Pen en 2017, terminons cet article avec ce témoignage du journaliste  Michel Feltin, publié aujourd’hui sur le site de  France Inter. De retour d’Hénin-Beaumont, il a assisté aux réjouissances à l’occasion de la fête et de la procession, très populaire dans la bassin minier, de la Sainte Barbe, en présence du maire Steeve Briois et de Marine.  M. Feltin a pu  jauger de la dédiabolisation réussie du FN dans cette municipalité frontiste.

    Si les discours des Torquemada  de l’antifrontisme n’impriment plus c’est parce que dans les territoires occupés depuis trop longtemps par une crise économique, sociale, identitaire, les partis du Système sont renvoyés à leurs mensonges, à leur déni du réel. « Les habitants de la France périphérique, comme on l’appelle, sont excédés par les échecs successifs des gouvernements de droite et de gauche contre le chômage. Ils doutent des bienfaits supposés de l’Union européenne et de la mondialisation. Ils n’acceptent plus d’être moralement condamnés quand ils se tournent vers un parti qui leur donne, à tort ou à raison, l’impression d’être le seul à comprendre leurs difficultés. Surtout quand ces condamnations sont émises par un Parti socialiste dont les derniers représentants locaux ont été impliqués dans des affaires de corruption et de détournement de fonds publics.»

    «Alors, il faut rester prudent quant aux prévisions électorales les derniers mois l’ont montré, mais ce que je crois profondément, c’est qu’une scène comme la fête de la Sainte Barbe à Hénin-Beaumont, par son caractère ordinaire, peut nous aider à comprendre ce qu’il va se passer lors de la présidentielle de 2017.» Nous en acceptons l’augure!

    https://gollnisch.com/2016/12/27/dans-les-territoires-occupes/

  • L'UDI marchande 80 circonscriptions à LR

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    Selon Le Canard enchaîné :

    Yves Jégo, premier vice-président de l'UDI, et soutien de François Fillon, a dit mercredi espérer "enrichir" le programme de François Fillon pour la présidentielle.

    "Le projet politique de François Fillon, candidat à la présidentielle devant les Français, sera un peu différent de celui du projet politique de François Fillon candidat à la primaire devant les électeurs de droite". "L'UDI a intégré son comité stratégique pour être pleinement dans cette majorité, pour travailler avec lui, pour définir le périmètre de notre présence dans la future Assemblée nationale mais aussi le projet politique".

    L'élu centriste a une position divergente avec François Fillon sur la loi Taubira, n'étant "pas favorable à ce qu'on y touche", alors que François Fillon veut l'amender sur son volet adoption.

    Yves Jégo se déclare aussi favorable à ce que l'avortement devienne "un droit fondamental inscrit dans la Constitution".

    Michel Janva

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  • 2 mois après la fermeture de la Jungle de Calais, les immigrés reviennent

    Dispersés à travers la France après le démantèlement de la « Jungle » de Calais, les expulsés sont en train de revenir petit à petit. Le quotidien britannique The Independent, qui a mené l’enquête, affirme même qu’il y a au moins six camps sauvages nouvellement installés dans les zones rurales du Nord-Pas de Calais, abritant chacun des dizaines de réfugiés, et attirant chaque semaine davantage de candidats au départ vers le Royaume-Uni.

    Michel Janva

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  • La Monarchie est-elle une grande chose morte ? [1]

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    La Monarchie est-elle définitivement une grande chose morte et les royalistes de simples gardiens d’un temple désormais déserté par l’histoire ? Plus d’un siècle et demi après la chute du roi Louis-Philippe et un demi-siècle après l’échec de la tentative institutionnelle du comte de Paris, la question n’est pas interdite et la réponse moins simple que ne le souhaiteraient les « républicanitaires » et les attentistes, autre nom pour signifier les conformistes désireux d’éviter tout changement d’institutions et d’habitudes. Elle peut néanmoins paraître incongrue, voire déplacée dans une France où l’élection du Chef de l’Etat mobilise plus de 80 % des inscrits sur les listes électorales, et dans laquelle cette désignation paraît comme « la reine des élections », la formule ressemblant d’ailleurs à une sorte d’hommage du vice à la vertu… 

    Mais l’insatisfaction qui domine aujourd’hui envers l’élu de 2012, qui ne se représente pas, tout comme le renvoi brutal du précédent locataire, donne quelque crédibilité, a contrario, à cette question iconoclaste, autant pour les royalistes eux-mêmes qui se récrieront que pour les républicains qui s’en gausseront, le débat étant clos si on les croit : la défiance même à l’égard des candidats déclarés, ce sondage qui attribue à M. Fillon une popularité d’un tiers seulement des Français alors qu’il est le favori de la prochaine élection, ces enquêtes d’opinion qui révèlent ou, plutôt, confirment le rejet par les plus jeunes de nos concitoyens électeurs de la classe politicienne dans son ensemble et font de l’abstention le premier parti-pris de notre pays, tout cela concourt à imaginer, en politique, « autre chose que ce qui existe actuellement », au moins institutionnellement parlant. 

    Faut-il une « sixième République », retour au système parlementariste des troisième et quatrième ? Une cinquième « plus républicaine » ? Ou un simple régime d’experts et de technocrates qui accomplirait le rêve saint-simonien ? Ou, même, l’absence d’Etat et d’institutions, au risque de voir s’installer une sorte de loi de la jungle qui ne profiterait qu’aux plus forts (aux plus riches ?) ou qu’au seul monde de l’Economique et de ses féodalités transnationales ? Faut-il, simplement, conserver telle quelle une cinquième République qui, taillée pour le général de Gaulle, ne répond plus aux nécessités du moment parce que les magistrats suprêmes qui lui ont succédé, à de rares exceptions près, se sont contentés de gérer plutôt que d'entreprendre et de diriger ? 

    La solution de facilité serait de regarder les autres se démener chacun pour leur écurie présidentielle et promettre ce qu'ils n'appliqueront pas vraiment, par manque de volonté ou par simple paresse politique. Mais cela serait s'abandonner au fatalisme, qui n'est rien d'autre que le renoncement. 

    Alors, bien sûr, la Monarchie n'est pas la chose la plus facile à faire accepter dans un pays qui adore, dit-on, couper la tête de son roi, physiquement en 1793, symboliquement et électoralement depuis les années 1960 pour les « monarques » républicains, tout en admirant les rois d'Ancien régime et en applaudissant la reine d'Angleterre quand elle se déplace chez nous. Mais la facilité n'est pas une valeur politique quand elle oublie la nécessité et les devoirs de l'Etat envers ceux qu'il est censé protéger et diriger, c'est-à-dire « engager dans une direction » pour éviter l'incertitude et la divagation (mais aussi et surtout l'injustice et la démesure) qui, en politique, sont mortelles pour les peuples et les personnes de toute société.  (à suivre) 

    http://nouvelle-chouannerie.com/index.php?option=com_content&view=article&id=1363:la-monarchie-est-elle-une-grande-chose-morte-partie-1-le-contexte-politique-de-la-question&catid=50:2016&Itemid=61

  • Le gaullisme de François Fillon

    De quelle droite Fillon est-il le nom ? Orléaniste, légitimiste, bonapartiste ? Ou aimable synthèse de ces trois pentes naturelles à l’homme de droite, toujours balançant entre État fort, libertés individuelles et subsidiarité ?

    La question est peut-être prématurée, car il nous faut faire un peu abstraction du Fillon qu'on a connu (serviteur partisan des maîtres du moment, bradant la France sur leur ordre) et de celui qu'on verra peut-être apparaître à la faveur de la campagne présidentielle, au moment où son programme se précisera et où il essaiera de rassembler au-delà de son camp.

    Certains le voient bonapartiste, légitimé par le plébiscite de la primaire « de la droite et du centre » et bientôt porté en triomphe par l'élection présidentielle.sa légitimité numérique l'autorisant à gouverner par décrets et référendums il en annonçait cinq, déjà réduites à deux réforme des institutions et des retraites (immigration, équilibre budgétaire et organisation ne font plus partie - pour le moment - des référendums prévus). Démocratie directe, moins de représentants et moins d'échelon territoriaux ce sont autant de contre-pouvoirs qui seraient affaiblis et l'autorité de l'État qui serait renforcée-y compris vis-à-vis de l'Europe, puisque Fillon insiste sur la nécessaire souveraineté de la France.

    Pourquoi pas orléaniste, aussi, puisqu'il est censé être ultra-libéral, voulant dégraisser l'État et la dette du pays, donner le pouvoir aux patrons dans les négociations (avec un référendum d'initiative patronale si les négociations collectives avec tes partenaires sociaux échouent, au niveau des entreprises), il annonce aussi vouloir réformer une Santé trop généreuse, payer les fonctionnaires au mérite... au point que les pauvres sont les absents de son programme, ce qui en fait la grande fragilité populaire. « Le conservatisme sera social ou ne sera pas », comme le remarque François Huguenin (Le Figaro, 2 décembre). Le catholicisme du candidat ne semble pas trop le freiner quand il s'agit de lois sociétales, ce qui est assez orléaniste - et tellement en accord avec les déclarations de la Conférence des évêques de France, très orléanistes eux-mêmes en matière de relations entre l'Église et la société !.

    Mais son légitimisme paraît moins marqué. Le Fillon a un petit côté réactionnaire, certes, puisqu'il a l'air d'aimer la France, et de ne pas juger cela rétrograde ni honteux. Il n'hésite pas à parler des racines chrétiennes de la France, donc à s'enraciner dans le temps long, comme tout bon contre-révolutionnaire. Mais son conservatisme moral n'apparaît tel, qu'aux yeux des libéraux forcenés, qui rêvent d'un espace social vierge de toute morale collective.

    "Faire avec" est sa devise

    En fait, il est très clair que Fillon n'est pas du tout légitimiste souverainiste, certes, mais pas au point de remettre en cause l'Europe (dont il parle peu). Point enragé de droit à la différence, certes, mais considérant que l'époque est ce qu'elle est (à défaut d'être Antigone, il ferait donc un bon Créon, ce qui est une bonne chose à la tête d'un État). Mais surtout privilégiant l'économique, pas tellement à son corps défendant, mais parce que la chose est pour lui primordiale. Il est certain que l'économie est si dégradée que commencer par elle paraît nécessaire, même pour qui voudrait, à terme, sur des bases assainies, restaurer une autre France. On ne sent pas Fillon sur cette pente son goût pour l'histoire, c'est une manière d'être proche de toutes les générations, et son goût pour l'éducation n'est que naturel et rationnel dans un pays où maitriser l'école signifie gouverner tes consciences.

    Pour le dire autrement, le bien commun paraît moins le but à atteindre que le résultat mécanique d'une série de mesures économiques assorties d'un peu de bon sens social. Là encore, on peut saluer une manière de réalisme (qu'on retrouve dans son approche de la politique étrangère et dans son traitement des revendications communautaristes musulmanes) mais déplorer un manque de vision politique. « Faire avec » est la devise de Fillon.. Fillon est donc un orléaniste bonapartiste. Alliance de la carpe et du lapin, comme le notait finement Marcel Gaucher, en anticipant les difficultés à venir. « Imposer le libéralisme est par nature une tâche difficile, puisqu'il est foncièrement hostile au volontarisme. Prendre le risque d’affaiblir l'État quand on compte sur son autorité n’est pas chose simple. » (Le Monde, 29 septembre). Non, ce n'est pas une chose simple, mais c'est un classique de la démocratie à la française, qui a toujours su ce que l'idée de liberté recelait de totalitarisme, quitte à lui rendre un culte, pour cette raison même. On est bien dans le gaullisme, c'est-à-dire un faux conservatisme, où l'illusion de la grandeur (de la France, de l'État, de la civilisation) aveugle dans un premier temps, puis elle justifiera dans un second temps qu'on accompagne le mouvement sous prétexte de le gouverner, avec une raideur de caporal. Fillon, libéral amoureux d'un État fort, paraît bien gaulliste. Ce n'est pas lui qui synthétisera les trois droites.

    Hubert Champrun monde&vie 15 décembre 2016

  • Chronique de livre : Richard Dawkins, Le gène égoïste

    3339374364.jpgÀ l'occasion de la sortie de l’édition anniversaire fêtant les 40 ans du livre Le Gène égoïste, le Cercle Non Conforme souhaite vous présenter un des ouvrages de biologie les plus controversés/commentés, trônant parmi les volumes scientifiques les plus vendus de tous les temps. Celui-ci traite de l’évolution des êtres vivants et s’inscrit dans la lignée du néo-darwinisme. Son auteur, Richard Dawkins est devenu célèbre en grande partie grâce à ce succès de vente. Anglais d’origine, ce biologiste et éthologue à l’accent mélodique, a passé une partie de sa carrière à la prestigieuse université d’Oxford et a reçu de nombreux prix internationaux pour ses travaux. L’adjectif « vulgarisateur » qui lui est souvent accolé ne lui est pas usurpé, il faut lui reconnaître un véritable talent pour promouvoir ses idées1.

    Richard Dawkins s’est aussi illustré dans l’athéisme militant, participant notamment à des émissions télévisuelles contre des religieux, dans la réalisation de documentaires2, ou encore en étant à la tête de sa propre fondation. Il a écrit Pour en finir avec Dieu (en anglais : « The God Delusion ») qui mériterait que l'on se penche dessus dans une autre chronique pour son côté « SJW de l’athéisme » et sa résonance mondiale. En outre, l’auteur nous gratine de ces réflexions libérales3 (au sens anglo-saxon) que je perçois arrogantes sur la société et la politique en général. L’exemple récent, assez révélateur, est sa réaction à l’élection de Donald Trump et au BREXIT4, parlant de « bigoterie redneck » et d’électeurs « sans éducation » et « anti-intellectuels ». La science étant désormais associée directement à la vérité, on n’hésite pas à dire n’importe quoi en l’utilisant comme bouclier de nos jours. Je lui donne raison sur un point, les mauvais électeurs sont anti-intellectuels. L’intellectuel de gauche (pléonasme) ne passe plus son temps qu’à accompagner le mouvement du capital globalisé et à reformater les temps de cerveaux disponibles selon la ligne du Parti informe au nom de la lutte contre – insérez la bête immonde adéquate. Il s’est coupé du peuple pour délirer dans le concept et mieux lui cracher dessus ; le déclassé de la mondialisation ne peut pas aimer un VRP des plus zélés du système qui le détruit. En lisant cela, certains internautes pourraient rebrousser chemin. Je vous rassure, Dawkins traîne, certes, des facéties critiquables, il n’en demeure point un crétin et ne s’étend que peu sur les thèmes susnommés dans la présente œuvre chroniquée.

    Avant de poursuivre, soyons clair, l’auteur de ces lignes n’est pas un expert en biologie et n’a pour arme qu'un peu d’esprit critique et d’intérêt pour les domaines de la connaissance en général. Mon but ici n’est pas de confirmer/infirmer la théorie du gène égoïste, de vous donner une réponse définitive sur le sujet mais plutôt de piquer votre curiosité. Je crois fermement qu’il subsiste des sujets qui ne peuvent être explorés dans un texte de 1.000-1.500 mots. Je me tiendrai ici à exposer les lignes de force qui structurent Le Gène égoïste et mes points d’étonnement. Pour le reste, vous y travaillerez.

    Le Gène égoïste est une tentative de réponse à une question fondamentale qui traverse le darwinisme : « Quelle est l’unité de la sélection naturelle ? ». Pour notre scientifique favori, ce n’est ni l’espèce, ni le groupe, ni l’individu mais le gène. Il demeure l’unité de sélection du vivant parce qu’il réussit à combiner trois caractéristiques : longévité, fécondité, fidélité de duplication. Mais qu’est-ce qu’un gène me dirait vous ? Ici, si vous avez entrepris des études de S.V.T. au lycée, oubliez la définition scolaire ; on y emploie souvent le gène indistinctement du cistron, morceau d’ADN codant une protéine particulière. Ici c’est un bout d’ADN de taille variable, se situant entre le chromosome et le cistron. Plus il est grand, plus il a de chances d’être détruit à la prochaine méiose à cause de la redistribution génétique.

    Les gènes sont immortels bien qu’ils ne survivent que quelques semaines dans leurs cellules. Ses fidèles copies de lui-même lui donnent l’occasion de transcender sa mortalité. En tant qu’individus, nous ne sommes que temporaires ; les populations peuvent se mélanger, les gènes demeurent. Le rôle des êtres vivants pour le gène n’est que celui de véhicule.

    N’entendez pas, par ailleurs, le terme égoïste dans son sens classique. Il est opposé à celui d’altruiste : est considéré égoïste ce qui augmente ses chances de survie aux dépens des autres ; est considéré comme altruiste l’inverse. Dans le cas du gène, il favorise sa copie au détriment des autres. Cet égoïsme du gène transparaît à tous les niveaux des êtres vivants notamment avec la notion de stratégies évolutivement stables (SES), la théorie du jeu appliquée à l’évolution. Au vu de l’importance de la théorie du jeu pour la pensée économique libérale et le contexte politique de la sortie du Gène Égoïste (arrivée au pouvoir de Thatcher et Reagan dans les années 70), on comprend pourquoi le livre a été taxé de porte-parole du darwinisme social et de l’ultra-libéralisme. Le livre, pourtant, ne donne pas l’occasion de statuer sur ces questions humaines. Il s’attache juste à mathématiser les choix des gènes pour, par exemple, mieux expliquer l’altruisme chez les individus qui partagent un patrimoine génétique très proche (théorie de la sélection des parentèles). Cette mathématisation ne doit pas choquer, après tout comme l’expliquer Dawkins, qu’elle soit consciente ou non, elle est présente, il suffit de regarder la forme en spirale d’une coquille d’escargot5.

    Le chapitre nommé « la bataille des sexes » est passionnant. Il étaye entre autres l’émergence du sexe mâle et femelle. N’en déplaise à « Jean Bourdieu », étudiant moyen en fac de sociologie, la différenciation sexuelle est une réalité factuelle, lui qui nous assomme de sa vulgate en mode automatique : « La nature, cette sale construction sociale des classes dominantes blanches hétérosexuelles cisgenres qui oppressent les oppressés du capital ». Tel qu’il est, le livre ne cherche pas à résoudre la question : « Nature ou culture ?». Les gènes sont juste un paramètre dans l’équation de l’être humain, pas l’unique déterminant de ses comportements.

    Parlons-en de cette influence. Les gènes dirigent leurs hôtes indirectement. Ils leur fournissent les outils et des règles générales basiques à suivre afin de survivre dans des environnements imprévisibles. Ces instructions peuvent prendre cette forme : « Si quelque chose a un goût sucré, manges-en, c’est bon pour toi ». Bien sûr, le code n’est pas écrit dans un langage humain comme ici et peut être contourné : la surabondance nocive du sucre dans nos sociétés n’était pas prévue dans le plan.

    D’autre part, il est à noter qu’un gène n’a de sens qu’en relation avec d’autres gènes. Ainsi, un gène codant des dents effilées et tranchantes est peut-être un bon gène pour un carnivore, mais est inadapté pour un herbivore qui a besoin de dents plates. Cette notion de complémentarité peut sembler paradoxale avec celle d’égoïsme. Le volume regorge d’exemples de cette lutte de forces contradictoires dans la nature.

    Dawkins est un écrivain virtuose, il mélange avec habileté : un détachement scientifique, une passion rare et une pincée d’imagination. Je me suis montré sévère avec Dawkins au début de l’article, parce que le livre est un vrai bijou et il me peine de voir une personne aussi talentueuse gaspiller parfois son énergie. Il communique ses idées et celles de ses confrères brillamment : il laisse beaucoup de places à tous ces chercheurs inconnus du grand public qui ont façonné sa pensée. Malheureusement, aussi génial qu’il soit en tant qu’auteur, je doute qu’il puisse nous expliquer clairement le fonctionnement du système administratif français. Il reste des choses seulement accessibles à Dieu6

    Il est impossible de parler de l’intégralité du livre dans une chronique, je conseille donc le livre à tous les curieux. Je le recommande particulièrement aussi à tous ceux qui défendent des positions créationnistes/antiévolutionnistes. Des positions qu’on ne voit bizarrement (ou pas) que chez les islamistes, la « dissidônce » et les catholiques intégristes. Pour moi cela revient à défendre l’idée que la terre est plate. Malheureusement, la parure d’antitout et l’œcuménisme sont à la mode. Ces comportements expliquent en partie l’athéisme militant de Dawkins. Il est dommage qu’il ne s'en prenne pas à l’obscurantisme progressiste qui nie les réalités biologiques (manque de courage ?). Quelle que soit sa formation originelle, son milieu, toute personne doit éviter de s’échapper du réel, le principe de réalité doit être préféré. Si quelque chose contredit le modèle, il nous impose de le modifier, plus difficile à dire qu’à faire.

    Valentin / C.N.C.

    Notes :

    1 Le terme « promouvoir » peut sembler péjoratif. Je ne cherche pas à donner de jugements sur la véracité des idées ici, je reconnais uniquement son talent à les diffuser dans le réseau humain.

    2 Tout ce qu’il a fait à la télévision n’était pas que dans le but de promouvoir l’athéisme.

    3 Ce qui entraîne des contradictions chez lui, mais j’y reviendrai si j’ai le temps dans une autre chronique.

    4 https://www.scientificamerican.com/article/richard-dawkins-and-other-prominent-scientists-react-to-trump-rsquo-s-win/?wt.mc=SA_Twitter-Share

    5 Pour les snobs marxiens superficiellement contre le monde de la quantité, la baisse tendancielle du taux de profit de Karl Marx, ce sont des maths ou pas .

    6 Dawkins n’approuve pas cette blague.

    Bonus : Laurent Obertone sur le gène égoïste


    http://cerclenonconforme.hautetfort.com/le-cercle-non-conforme/

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    par Michel Janva

    http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/2016/12/la-marche-pour-la-vie-cherche-des-b%C3%A9n%C3%A9voles.html