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culture et histoire - Page 547

  • Renan : la foi et la science

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    Ernest Renan n'est pas parvenu à concilier la foi et la science. Se n'est cependant pas sans tourments que l'auteur de La Vie de Jésus a renoncé à la première. La biographie que lui consacre Jean-Pierre Van Deth revient sur ce débat intérieur.

    Pour un catholique, se lancer dans la lecture d'une biographie de Renan peut paraître étrange, tant l'écrivain s est retrouvé au cœur d'une bataille idéologique violente, opposant l'écrivain féru de science et l’Église dans la seconde moitié du XIXe siècle. Avec le temps, c'est-à-dire avec la Grande guerre de 1914, ces querelles se sont estompées la science, au même titre que l’égalité démocratique, a prouvé que les massacres comptés en millions de personnes étaient possibles l’Église, quant à elle, avec son discours sur la charité et la paix entre les peuples, faisait figure d'étrange épouvantail, mais n'effrayait guère le nationalisme guerrier.

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  • Achille, modèle de l'homme héroïque

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    Je dois vous parler ce soir de la mort héroïque en Grèce. Ce n'est pas facile. Je ne sais pas vraiment par quel bout commencer tant ils sont nombreux. Le plus simple est de débuter par le personnage qui incarne à nos yeux, et aux yeux des Grecs déjà, l'idéal de l'homme héroïque et de la mort héroïque : Achille. Dans les récits qui le concernent, non seulement dans l'Iliade mais dans des récits légendaires qui nous ont été transmis par d'autres sources, le dilemme est clairement posé à son propos d'un choix presque métaphysique entre deux formes de vie qui s'opposent. Achille est le fils d'un simple mortel, Pélée, et d'une déesse, Thétis — elle a essayé d'échapper à cette union avec un mortel que les dieux lui imposaient, en prenant toutes sortes de formes. Finalement, le vieux Pélée s'est uni à elle et ils ont eu beaucoup d'enfants au statut équivoque et que Thétis aurait voulu immortaliser. Dans le cas d'Achille, le tenant par le talon, elle le plonge, nouveau-né, dans les eaux du Styx. S'il arrive à se sortir de cette épreuve terrifiante — car le Styx c'est, d'une certaine façon, la mort —, toute la partie du corps qui aura été en contact avec l'eau deviendra immortelle. C'est ce qui arrive à Achille. Il est donc un être humain qui par sa personne, son passé, sa généalogie se situe au croisement du divin et de l'humain. Seul un petit bout de son corps est resté mortel : le talon — car il fallait bien que Thétis le tienne par un bout — et c'est de là qu'il périra.

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  • Jean-Jacques Rousseau, le grand homme de la gauche

    Le genevois, adepte de la démocratie directe, demeure depuis 200 ans un personnage mythique pour la gauche française.

    La démocratie moderne porte ancrée en elle, comme fondement et comme moteur, la passion de l'égalité, une passion très française. Cette passion de l'égalité, devenue mythe égalitariste, fait de Rousseau l'un des pères fondateurs de la gauche française, comme l'est Voltaire pour son anticléricalisme ou Marx pour sa doctrine de lutte des classes. En France, si l'on est de gauche aujourd'hui, on est souvent tout à la fois rousseauiste, voltairien et imprégné d'esprit marxiste.

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  • Des gravures à Stonehenge

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    Une image obtenue à partir d'un scanner laser : elle est tirée du plus grand ensemble de têtes de haches sculptées. À droite, les dessins de toutes les têtes de hache sont reproduite. Les claires sont de nouvelles découvertes.

    Une étude détaillée au scanner laser de l'ensemble des mégalithes de Stonehenge, le célèbre monument préhistorique de la plaine de Salisbury, en Grande-Bretagne, a permis la découverte de quelque 72 gravures de l'âge du bronze ancien sur cinq de ces pierres géantes. Invisibles à l'œil nu, elles représentent presque toutes des têtes de hache pointant leur lame vers le ciel et ont peut-être été tracées comme offrande votive à une divinité des tempêtes. Gravées dans la pierre non altérée, et donc de couleur plus claire, elles remontent à la période 1800-1500 ans av. notre ère, soit plus d'un millénaire après le début de la construction du site. L'examen de la façon dont la surface des pierres a été travaillée a par ailleurs confirmé que le monument a été construit, à l'origine, pour être vu à partir du nord-est, ce qui suggère qu'on y organisait des processions religieuses à certaines périodes de l'année. L'une des pierres du côté sud-ouest a aussi été délibérément façonnée pour permettre une ligne de vue jusqu'au soleil couchant le jour du solstice d'hiver. Il n'est pas sans intérêt de signaler qu'une autre étude, plus récente, a révélé que la région d'Amesbury, l'agglomération la plus proche de Stonehenge, était déjà habitée il y a plus de 10 000 ans.

    Sources : The Indépendant, 10 novembre 2012 <Métamag>, 4 juin 2014.

    éléments N°152juillet-septembre 2014

  • Le peuple, incorruptible, égalitaire et... mythique (texte de 2012)

    Le peuple de Rousseau est un peuple utopique; le malheur est d'avoir voulu appliquer les théories conçues pour ce peuple rêvé au peuple réel.

    « Le peuple est souvent trompé, corrompu jamais ». Cette petite phrase a été prononcée par Marine Le Pen, le 1er mai dernier, devant la statue de Jeanne d'Arc. C'est du Rousseau dans le texte, et du « hard ». Que signifie-t-elle ? Que Rousseau reste une référence politique à droite et à gauche, que trois siècles après sa naissance il n'est pas mort pour tout le monde à gauche, mais à droite non plus.

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  • L'Europe de l'Est écartelée entre Hitler et Staline

    De 1933 à 1945, les populations de l'Ukraine, de la Pologne et de la Biélorussie furent décimées, à la fois par les communistes et par les nazis. Un livre apporte une lumière nouvelle sur ces massacres.

    Dans un ouvrage qui vient de paraître chez Gallimard, dans la très savante collection « Bibliothèque des histoires », Timothy Snyder, professeur à Yale, traite dans une perspective inédite des massacres perpétrés par les régimes bolchevique et nazi aux confins de la Russie et de l'Allemagne. Son livre, Terres de sang, met en évidence la manière dont ces tragédies, entre 1933 et 1945, se répondent et s'enchaînent. En un mot, il démontre « l'interaction criminelle des deux totalitarismes ».

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  • Un Européen du mésolithique à la peau sombre et aux yeux bleus

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    L'analyse, à partir de l'une de ses dents, du génome d'un squelette vieux de 7 000 ans découvert par hasard en 2006 dans une grotte du nord-ouest de l'Espagne a surpris les chercheurs l'ADN a en effet révélé que cet homme avait à la fois la peau sombre, les cheveux bruns et les yeux bleus. Dénommé La Braña 1, en référence au site de La Braña-Arintero où il a été retrouvé, près de Valdelugueros, dans la province de León, ce chasseur-cueilleur du mésolithique possédait en outre plusieurs mutations génétiques associées à la résistance aux infections bactériennes chez les humains modernes, mutations qui sont donc antérieures à l'apparition de l'élevage et de l'agriculture. Il était en revanche porteur de variants génétiques montrant une intolérance au lactose et une faible capacité à digérer l'amidon que l'on trouve dans les céréales. La comparaison avec les génomes actuels montre une proximité avec les Finlandais ou les Suédois, mais l'association des gènes produisant des yeux bleus et de la peau foncée correspond à un phénotype unique que l'on ne trouve plus aujourd'hui chez les Européens. Ce qui donne à penser que la peau claire n'est apparue que plus tard, au néolithique, du fait d'un moindre rayonnement ultra-violet et d'un régime alimentaire comportant un plus faible apport en vitamine D.

    L'équipe de chercheurs espagnols et danois, dirigée par Caries Lalueza-Fox, de l'Institut de biologie évolutionnaire de Barcelone, qui est parvenue à séquencer le génome complet de cet individu mort apparemment vers l'âge de 30-35 ans, et dont le squelette, retrouvé en position fœtale, a été parfaitement conservé, a par ailleurs pu établir une continuité génétique (impliquant un ancêtre commun) entre La Braña 1 et les populations de l'Eurasie occidentale et centrale depuis le paléolithique supérieur, notamment les fossiles vieux de quelque 23 000 ans récemment découverts sur le site de Mal’ta près du lac Baïkal, en Sibérie. D'autres analyses d'ADN seront néanmoins nécessaires pour dire dans quelle mesure l'homme de La Braña est représentatif des autres populations du mésolithique.

    Source Nature, 26 janvier 2014 via éléments N°151

  • RECONFINEMENT : FRANÇAIS, RÉARMONS-NOUS INTELLECTUELLEMENT...

  • Passé-Présent n°282 : L’art de la guerre idéologique

    L’art de la guerre idéologique

    François-Bernard Huyghe, hôte de Philippe Conrad, est l’auteur d’un ouvrage savant sur l’Art de la guerre idéologique, publié en 2019 aux éditions du Cerf, dans lequel il dégage les caractères spécifiques propres à l’affrontement politique entre groupes humains, analysant comment l’idéologie dominante conquiert et s’installe dans les esprits, suscitant néanmoins la réaction de blocs populaires critiques envers les décideurs qui se sont rendus maîtres du pouvoir intellectuel.

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