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économie et finance - Page 764

  • Le patriotisme économique peu répandu dans les entreprises françaises

    PARIS (NOVOpress via le Bulletin de réinformation) - Une étude menée par le cabinet AgileBuyer s’est penchée sur la politique d’achat de plus de 500 entreprises françaises. Le résultat est sans appel : seulement 13 % des entreprises sondées déclarent qu’acheter français fait partie de leurs objectifs en matière d’achat. Ce taux est même en recul par rapport à celui de l’an dernier, qui était de 19 %.

    Selon le directeur d’AgileBuyer, la France est pour les entreprises « un pays comme les autres »

    Le patriotisme économique ne fait visiblement pas partie de la culture de nos entreprises, surtout préoccupées par la diminution de leurs coûts. On constate cependant des différences entre secteurs d’activité. Les télécoms et l’agroalimentaire présentent par exemple le désintérêt le plus net pour le « fabriqué en France ».

    A l’inverse, d’autres secteurs sont plus patriotes ou « localistes »

    Près de la moitié des entreprises de l’hôtellerie, de la restauration et des loisirs ont un objectif d’acheter français. Pour ces métiers, la proximité géographique des fournisseurs peut en effet être un gage de qualité et de réactivité, par exemple pour l’alimentation. Dans ces cas‑là, acheter français peut aussi être un atout commercial, le client étant plus attentif à ce qu’il mange qu’à la provenance de son téléphone intelligent dernier modèle.

    Les auteurs de l’étude ne pressentent pas de véritable évolution des comportements

    Pourtant, les responsables des achats ne font pas état d’obstacles dirimants à acheter français : parfois, les produits recherchés n’existent pas en France ou sont trop chers, quelques fois acheter en France apparaît comme « trop compliqué ». En réalité, on constate surtout un manque de volonté de la part des entreprises. Leurs patrons préfèrent signer des chartes sur la diversité plutôt que donner du travail à leurs compatriotes. Un état d’esprit que l’on ne retrouve pas en Allemagne, où acheter allemand est une évidence.

    http://fr.novopress.info/

  • Chine : Accumulation de lingots d’or pour imposer le yuan

    En deux ans, la Chine devrait avoir acheté autant d’or que le stock détenu par la banque de France. Objectif de Pékin : dépasser les Etats-Unis afin de permettre au yuan de rivaliser avec le dollar.

    Pour la première fois dans l’histoire, un pays devrait avoir acheté plus de 1.000 tonnes d’or en une seule année. L’année, c’est 2013. Le pays, c’est la Chine. Déjà, pour le premier semestre, la République populaire de Chine (RPC), a importé plus de 700 tonnes de métal jaune, soit 54% de plus que l’an dernier.

    Le pays dépasse désormais l’Inde comme premier importateur de métal jaune au monde. Le timing de ces achats est particulièrement intelligent: les cours de l’or, à 1.313 dollars l’once, sont quasiment à un plus bas depuis trois ans.

    Il est aussi particulièrement “politique”, car, à travers ces achats d’or, la Chine veut se construire une monnaie de réserve, avec l’objectif un jour, de remplacer le dollar…

    La Chine a acheté en deux ans l’équivalent du stock d’or détenu par la France

    Mais c’est surtout le rythme d’accumulation de l’or qui surprend. En deux ans et demi, le pays a acheté 2.500 tonnes d’or, c’est-à-dire l’équivalent de la totalité du stock d’or de la France (2.435 tonnes). De plus, elle conserve à l’intérieur de ses frontières l’or que produisent toutes ses mines. Or, la production aurifères des mines chinoises “devrait atteindre 430 tonnes cette année, contre seulement 403 tonnes l’an dernier” explique Du Haiqing, vice-directeur général de China Gold Group Corp, l’un des principaux producteurs.

    Bizarrement, le pays est pourtant resté officiellement au sixième rang mondial pour ses réserves de métal jaune, selon les statistiques d’octobre diffusées par le World Gold Council, avec seulement 1.054 tonnes dans ses coffres.

    Mais le pays ne publie aucun chiffre sur l’état de ses stocks, ni sur ses achats d’or sur le marché. Et le seul moyen de suivre ses réserves est de tracer ses transactions sur la place de Hong Kong, qui sert de principale place de marché pour les achats d’or des autorités chinoises.

    En réalité, mais officieusement cette fois, la Chine posséderait plus de 3.390 tonnes d’or dans ses coffres. Elle deviendrait ainsi le deuxième pays au monde pour ses réserves, derrière les Etats-Unis et leurs 8.133 tonnes, et devant l’Allemagne (3.390 tonnes) et la France (2.435 tonnes).

    Avec son appétit d’or, ses réserves augmenteraient de 100 tonnes par mois. Elle fait tout pour cela.

    En 2002, le pays créait le Shanghai Gold Exchange (SGE) qui en dix ans est devenu la première place d’échange sur l’or. Cette année, les contrats qui y sont échangés dépassent les 1.000 tonnes (40% de la production mondiale).

    Depuis trois ans, les banques ont aussi comme instruction de financer des achats de mines d’or à l’étranger et d’encourager les investisseurs individuels.

    En 2017, même les Etats-Unis auront moins de lingots dans leurs coffres

    A ce train-là, la Chine devrait devenir, d’ici 2017, le pays ayant les premières réserves au monde, devant les Etats-Unis. Cela fait sens, affirment plusieurs économistes : les dirigeants chinois sont à la manœuvres pour préparer l’après-règne du dollar. La Chine possède en effet plus de 5.000 milliards de dollars, dont la valeur ne cesse depuis cinq ans, de baisser, suite aux opérations d’émissions massives (le “Quantitative Easing”) lancées par la Réserve fédérale.

    Elle remplace donc petit à petit ses réserves de dollars par des réserves d’or, plus stables, et plus aptes, le jour où sa monnaie, le Yuan (appelé aussi Renminbi), sera convertible… et donc en mesure de faire concurrence à la devise de son principal rival économique. Récemment, l’agence de presse officielle Xinhua, appelait d’ailleurs à une “désaméricanisation du monde”. Elle prévoit d’ailleurs que le Yuan remplacera à terme le dollar dans les transactions sur les matières premières.

    La présence, dans les coffres de la banque centrale de Chine, de plusieurs milliers de tonnes de métal jaune contribuera sans doute à consolider la confiance qu’auront dans cette nouvelle monnaie de réserve les investisseurs du monde entier. Et au train actuel, il ne serait pas étonnant que dans une décennie, nous payions une bonne partie de nos importations de café, de cuivre et d’aluminium en yuans.

    Challenges

    http://fortune.fdesouche.com/325796-chine-accumulation-de-lingots-dor-pour-imposer-le-yuan

  • Loire-Atlantique : nouvelle destruction d'un portique écotaxe

    La série noire se poursuit pour les portiques écotaxe. Après les récentes destructions d'installations observées fin décembre en Normandie, une installation a été incendiée dans la nuit de mercredi à jeudi, sur la route nationale 137 dans les environs de la commune de Jans (Loire-Atlantique). Prévenus du sinistre peu après 2h15 du matin, les gendarmes locaux et les pompiers ont constaté un départ de feu, qui à largement détruit l'installation. Selon les autorités locales, le portique est désormais inutilisable, et son démontage est «fortement envisagé».
    Source

    http://www.oragesdacier.info/

  • Les ouvriers de Goodyear face au mépris de la République et des multinationales

    La séquestration de deux dirigeants de l’entreprise Goodyear a pris fin dans l’après-midi de ce mardi mais elle est véritablement révélatrice, à plus d’un titre, d’une part de l’hypocrisie du gouvernement socialiste et de l’absence d’un dialogue social digne de ce nom d’autre part.

    Hypocrisie d’un gouvernement qui, depuis qu’il est en place, n’a eu de cesse de freiner l’esprit d’entreprise en France et, dans le même temps, de Mittal à Florange à Goodyear à Amiens-nord, de céder aux injonctions de multinationales qui semblent ridiculiser à loisir le politique et l’Etat en s’appuyant sur les préceptes d’une mondialisation et d’un libéralisme qui ne s’avèrent, ni l’un ni l’autre, de bon aloi pour les ouvriers, devenus la simple variable d’ajustement des grandes entreprises et de leurs actionnaires.

    Les insultes des ouvriers d’Amiens qui, ce soir, ont fusé contre M. Hollande et la gauche de gouvernement semblent bien vaines contre la violence sociale d’un certain patronat oublieux de ses devoirs et contre la violence légale d’une République qui est de plus en plus forte à l’égard des faibles quand elle est tristement bienveillante à l’égard des puissants de l’Argent : le discours électoral du Bourget dans lequel M. Hollande s’en prenait aux puissances de la finance apparaît comme une sinistre farce dont les dindons sont les travailleurs de ce pays, abandonnés par ceux-là mêmes qui leur doivent leurs situations présidentielle et gouvernementale… [...]

    Jean-Philippe Chauvin - La suite sur Nouvelle Chouannerie

  • Vraiment pas de chance pour Hollande : Deux Français sur trois pour le maintien ou l'augmentation du budget de la Défense

    Selon un sondage Ipsos pour la Dicod, 69 % des Français sont en faveur du maintien (51%) à son niveau actuel ou de l’augmentation (18%) du budget de la défense. Seules 28% des personnes interrogées souhaitent qu’il soit réduit, dont 8% très fortement.

    Le soutien à la politique de défense est donc net et il n’a jamais aussi élévé ces derniers mois. Le poucentage des Français favorables au dépenses militaires a dépassé celui des personnes partsans de leur réduction durant l’été 2012, et se maintient depuis lors. Les Français semblent avoir compris deux choses : nous vivons dans un monde dangereux et il serait déraisonnable de réduire plus encore le budget de la défense.

    Secret Défense

    [NDLR : Rappelons que, poursuivant la politique de Sarkozy de casse de notre armée, Hollande a menti en assurant aux Français qu’il maintenant en 2014 le budget précédent, puisque le nouveau budget ne prend pas en compte l’inflation.]

    http://www.actionfrancaise.net/craf/?Vraiment-pas-de-chance-pour

  • "Les policiers grecs rejoignent le peuple"

    Le principal syndicat de policiers en Grèce menace de réclamer des mandats d’arrêt contre les émissaires de l’Union européenne et du Fonds monétaire international (FMI) imposant la mise en oeuvre de mesures d’austérité fortement impopulaires.
    Dans une lettre dont Reuters a eu connaissance vendredi, la Fédération de la police grecque accuse ces représentants des bailleurs de fonds internationaux de la Grèce de "chantage, tentatives de subrepticement abolir ou ronger la démocratie et la souveraineté nationale".
    Cette lettre précise que l’une des personnalités visées est Poul Thomsen, le principal représentant du FMI en Grèce. La missive a aussi été adressée à Klaus Masuch, chef de la délégation de la Banque centrale européenne (BCE), et à Servaas Deroos, ancien inspecteur en chef de la Commission européenne en Grèce.
    Cette menace est essentiellement symbolique puisque, soulignent des experts des questions juridiques, un mandat d’arrêt doit d’abord être émis par un juge. Cette initiative illustre cependant l’ampleur de la colère de la population grecque face aux baisses de salaires et aux coupes claires dans les budgets de l’Etat exigées par les créanciers internationaux de la Grèce. 
    "Comme vous poursuivez cette politique destructrice, nous vous prévenons que vous ne pouvez nous contraindre à nous battre contre nos frères. Nous refusons de nous élever face à nos parents, nos frères, nos enfants ou tout citoyen manifestant ou exigeant un changement de politique", souligne le syndicat, qui représente plus de deux tiers des effectifs policiers de la Grèce.
    "Nous vous prévenons que, en tant que représentants légaux des policiers grecs, nous allons émettre des mandats d’arrêts pour une série d’infractions légales (...) telles que chantage, tentatives de subrepticement abolir ou ronger la démocratie et la souveraineté nationale."
    Un responsable syndical a cependant souligné que cette lettre constituait une manifestation symbolique de solidarité avec la population et que les policiers continueraient de lutter contre les débordements lors des manifestations.
    Les policiers sont directement confrontés à la colère populaire qui se manifeste régulièrement à l’occasion de rassemblements devant le parlement à Athènes. Le slogan "Policiers, porcs, assassins" est régulièrement scandé ou inscrit sauvagement sur les murs.
    Plusieurs milliers de personnes se sont à nouveau rassemblées vendredi à Athènes pour manifester contre de nouvelles mesures d’austérité entérinées par le gouvernement sous la pression des créanciers internationaux.

    Source

    http://www.oragesdacier.info/2014/01/les-policiers-grecs-rejoignent-le-peuple.html

  • Le tournant social-libéral : une aggravation du capitalisme de connivence

    Lu dans Les 4 Vérités :

    "Selon la majorité des journalistes, François Hollande a décidé d’entamer un tournant social-libéral. Cela me semble hautement douteux. [...] Par ailleurs, 2014 et 2015 seront des années électorales, très peu propices à des annonces d’austérité. Et 2016 sera l’année des primaires pour la présidentielle. Le quinquennat est d’ores et déjà terminé. Il est très improbable que des réformes d’envergure – autres que les désastres annoncés dans le programme du candidat Hollande – soient lancées d’ici 2017. Bref, je n’y crois absolument pas.

    Mais il reste encore une « solution »: le « tournant social-libéral » peut fort bien être une aggravation du capitalisme de connivence. Et, là, je ne doute pas que François Hollande et ses camarades ne soient très forts à ce petit jeu. Je les vois très bien alourdir encore nos impôts pour mieux arroser leurs clientèles, que ce soit par l’assistanat ou le soutien aux grands patrons déracinés et boboïsés, dont Messier reste le plus beau prototype – qui ne risquent pas leur propre capital et sont aussi irresponsables que les technocrates. Car le président socialiste excelle à utiliser l’impôt pour soutenir son clientélisme. À défaut de « tournant sociallibéral », il y a tout lieu de craindre un « tournant de l’austérité », au cours duquel les contribuables seront toujours plus tondus… et les copains toujours mieux traités !"

    http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/2014/01/le-tournant-social-lib%C3%A9ral-une-aggravation-du-capitalisme-de-connivence.html

  • Les faux prophètes guidant le peuple

    Parmi les intellectuels critiques convoqués par les médias, révérés à l’université, considérés comme éminemment subversifs dans le monde militant, ne figurent aucun, ou très peu, de ceux qui le sont vraiment pour beaucoup des lecteurs de La Décroissance. Au mieux, comme c’est le cas pour certaines de ces stars de la contestation, leurs analyses se révèlent inopérantes, car incapables de saisir les spécificités de la phase actuelle du capitalisme. Au pire, et c’est le cas de la majorité d’entre eux, leurs théories participent pleinement du déploiement du capitalisme en favorisant les mutations sociales et culturelles exigées par le marché. 

         La French Theory, comme l’ont appelée les universitaires américains, regroupe beaucoup de ces intellectuels qui continuent d’être considérés comme le cœur de la pensée rebelle : Michel Foucault, Jacques Derrida, Gilles Deleuze, Félix Guattari, Jean-François Lyotard... Présents dans les champs de la philosophie, des sciences sociales et de la théorie littéraire, leurs héritiers actuels sont désignés la plupart du temps par ces termes en post- qui ont tendance à proliférer depuis les années 1980 : postmodernes, poststructuralistes, postmarxistes, postféministes, etc. Il arrive aussi qu’ils appartiennent aux cultural studies, ces « antidisciplines » très en vogue dans les universités françaises après avoir suscité quelque méfiance, et qui ont proliféré en gender studies, subaltern studies, disability studies, etc. Aux yeux de beaucoup de commentateurs, mais aussi de personnes sincèrement révoltées par le monde qui nous entoure, tous ces courants incarnent les nouvelles pensées critiques susceptibles de fournir des armes aux luttes sociales. Le livre Hémisphère gauche, qui a rencontré un certain écho en 2010, en a fait la cartographie et permet ainsi d’en définir les contours. Sa quatrième de couverture annonce : « La bataille des idées fait rage [...]. Développée par des auteurs comme Tomi Negri, Slavoj Zizek, Alain Badiou, Judith Butler, Giorgio Agamben, Fredric Jameson, Gayatri Spivak ou Axel Honneth, la pensée radicale est de retour. » Le problème est que ces nouvelles pensées, quelle que soit l’appellation qu’on leur donne« théorie ‘queer’, marxisme et postmarxisme, théorie postcoloniale, théorie de la reconnaissance, poststructuralisme, néospinozisme, etc. »ne nous apparaissent pas du tout radicales, contrairement à celles développées par d’autres penseurs, pour la plupart moins connus, parfois oubliés, et surtout nettement moins à la mode : Günther Anders, Zygmunt Bauman, Cornelius Castoriadis, Bernard Charbonneau, Dany-Robert Dufour, Jacques Ellul, Ivan Illich, Christopher Lasch, Herbert Marcuse, Michela Marzano, Jean-Claude Michéa, Lewis Mumford, George Orwell, François Partant, Pier Paolo Pasolini, Moishe Postone, Richard Sennett, Lucien Sfez, Vandana Shiva, Simone Weil... 

    Toutes les dimensions 
    Radicales au sens littéral : qui veulent prendre les choses à la racine. Plus précisément : qui visent à agir sur les causes profondes des phénomènes et des structures que l’on veut modifier. Dans ce système, des causes, de différente nature, se succèdent, s’enchevêtrent, s’alimentent, se renforcent, parfois se télescopent. Pour en faciliter l’analyse, elles peuvent être classées en quatre dimensions : économique, technologique, culturelle et politique. 
         Sur le plan économique, le système social actuel est foncièrement capitaliste. Son optique est celle de l’accumulation infinie d’argent et d’objets, à travers une dynamique expansionniste qui s’observe aussi bien dans le culte de la croissance que dans la marchandisation de toutes les activités humaines. La suprématie du capitalisme se traduit aussi par une exploitation accrue des travailleurs. Qu’il s’agisse de la terre et des semences pour le paysan, ou des outils pour l’artisan et l’ouvrier, à chaque fois le capitalisme leur retire les moyens de vivre par eux-mêmes et les rend dépendants de sa machinerie économique, les obligeant à vendre leur force de travail sur le marché. Dans un monde où l’activité productive est privée de sens, on travaille désormais pour la paie, et non plus pour le sentiment d’accomplissement que l’on retire d’une œuvre achevée. 
         Le système social dans lequel nous sommes enfermés doit aussi être caractérisé sur le plan technologique en tant que société industrielle. Le primat donné dans la production à la quantité sur la qualité y a conduit à un appauvrissement général des objets ordinaires du point de vue de leur utilité réelle, de leur robustesse comme de leur aspect esthétique. Mais qu’importe puisque c’est l’innovation qui compte : là-dessus tous les gouvernants, de gauche comme de droite, élites économiques, décideurs politiques comme scientifiques de renom sont d’accord. Économie, science et technique forment maintenant un « bloc », un assemblage compact dont toutes les parties sont interdépendantes. Ce qui signifie que le mode de production et de consommation industriel, avec ses formes de pensée et son appareillage, est consubstantiel au capitalisme : il est apparu avec lui, et il ne pourra y avoir de sortie du capitalisme sans mise à bas de la société industrielle. 
         La réussite du capitalisme industriel n’aurait toutefois pas été possible s’il n’avait été capable de créer l’Homo oeconomicus, calculateur rationnel, toujours lancé à la poursuite de ses intérêts privés. On aurait d’ailleurs tort de limiter la portée de ce modèle en le restreignant à la figure du grand patron à la française ou du golden boy à l’américaine : au contraire, il est aujourd’hui reproduit en série sur toute la planète, qu’il s’agisse de l’adolescent en quête de reconnaissance gérant son capital de relations amicales sur les réseaux sociaux, ou de l’universitaire multipliant les articles dans des revues scientifiques afin de maximiser ses chances promotion
         Mais le système qui est à la racine des maux affectant nos sociétés possède une dernière facette, qui est de nature politique. Ou plutôt faudrait-il parler de dépérissement du politique, car elles dépendent de plus en plus de bureaucraties de toutes sortes, d’un entrelacs kafkaïen d’organismes d’évaluation, de décision, d’expertise, de communication... Le parti et le syndicat, de même que l’État moderne, s’était déjà vus gagnés au XXe siècle par cette loi d’expansion des logiques d’administration, au détriment des formes de délibération démocratique et de décision politique. Mais de ces monstres froids on est passé à des mastodontes tels que l’Union européenne, le Fonds monétaire international, l’Organisation mondiale de la santé, etc., qui, tout en étant aussi peu contrôlables par les populations, en sont venus à déterminer leurs conditions de vie dans les moindres détails – des normes fixant la taille des tomates standardisées jusqu’au droit du travail pratiqué dans les entreprises. Nulle conspiration derrière tout cela : simplement la domination ordinaire et anonyme de cohortes d’administrateurs, d’experts, de spécialistes, d’analystes, de managers, de communicants et autres, tous préoccupés d’assurer la bonne marche du système sans se poser la question des fins qui sont poursuivies. 

    La Décroissance N°105

    http://www.oragesdacier.info/2014/01/les-faux-prophetes-guidant-le-peuple.html