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Europe et Union européenne - Page 900

  • Des Européens dans le collimateur de Bruxelles

    Emblème de la social-démocratie, du laxisme parfois le plus aberrant, ouverte à la théorie du genre comme à l’immigrationnisme le plus échevelé, la  Suède  est fière de se définir (se définissait ?) comme «une super puissance humanitaire». Ce vœu s’est-il fracassé par sa collision avec la réalité? L’Afp rapporte que «la Suède a pris au cours de l’automne une batterie de mesures destinées à dissuader les migrants de s’y établir au bout de leur périple à travers l’Europe. L’effet a été immédiat avec une baisse spectaculaire des demandes d’asile qui ne s’est pas démentie depuis ». Un impératif pour le gouvernement de gauche au pouvoir qui a rétabli le contrôle aux frontières, sachant que  «la vague de réfugiés, qui a pris des proportions inattendues entre août et novembre, a instillé des tensions entre la Suède, qui a reçu 163.000 demandes d’asile l’an dernier, soit la plus grande proportion par habitant de toute l’UE, et le Danemark, qui n’en a reçu que quelque 21.000. » Il n’en fallait pas plus pour susciter la colère de l’Allemagne de Mme Merkel, en plein délire multiculturaliste, qui, par la voix du ministère des Affaires étrangères, a rappelé que «la libre circulation est un bien précieux ». « L’accord de Schengen est très important mais est en danger, a déclaré le porte-parole du ministre Frank-Walter Steinmeier, Martin Schäfer, alors qu’une dizaine d’États membres ont rétabli à divers degrés les contrôles à leurs frontières, érigeant même pour certains (Hongrie, Slovénie) des clôtures antimigrants. »

    Bien  sûr, le gouvernement suédois  a été obligé de réagir devant une invasion que même  les très tolérants  (et conditionnés) Suédois  jugent de plus en plus insupportables avec son lot de violences, de criminalité, de menaces…Pour les Danois aussi la coupe est pleine:  «Il est manifeste que l’UE n’est pas capable de protéger ses frontières extérieures et d’autres se verront contraints d’intaurer (…) des contrôles frontaliers, a déclaré le chef de gouvernement libéral, dont la majorité dépend au Parlement du Parti populaire danois (DF), formation anti-immigration. Et d’ajouter: Les dirigeants européens doivent réagir. »

    En fait  de réaction, Bruxelles entend surtout conspuer les méchants, les déviants,  les partisans du repli, autrement dit  les salauds qui ne veulent pas de la babélisation-tiermondisation  définitive de l’Europe.

    Dans la ligne de mire des  bien-pensants,  est apparu  le président tchèque Milos Zeman qui, tout homme de  gauche qu’il est, a eu le front d’assister en novembre à Prague à un rassemblement contre l’immigration en compagnie d’hommes politiques de la droite nationale.

    Dans son message de Noël adressé  à la République tchèque,  qui comme la Slovaquie a  refusé le système des quotas instauré par l’UE pour disperser les vagues actuelles d’immigrés illégaux,   M. Zuman a aggravé son cas. Il a tenu à préciser de nouveau qu’il entendait protéger son pays jusqu’alors épargné par l’immigration non européenne.

    « Je suis profondément convaincu a-t-il dit,  que nous avons affaire à une invasion organisée et non pas à un mouvement spontané de réfugiés (…).  Une grande majorité de ces migrants illégaux sont de jeunes hommes en bonne santé, et célibataires. Je me demande pourquoi ces hommes ne prennent pas les armes pour aller se battre pour la liberté de leur pays contre l’Etat islamique »,  les fuyards immigrés  renforçant la capacité des djihadistes sur  le terrain a-t-il précisé.

    Si un sondage récent soulignait que  70% des Tchèques étaient opposés à l’arrivée de «migrants» et autres  «réfugiés» dans leur pays, cette opposition  est, si ce n’est équivalente, du moins nettement  majoritaire dans tous les pays de l’UE. Le Monde s’en offusquait dernièrement, «le gouvernement hongrois (le 3 décembre dernier, NDLR) a fait savoir qu’il portait un recours auprès de la Cour de justice de l’Union européenne contre la proposition de relocaliser en urgence 120 000 réfugiés, validée par le Conseil européen en septembre. Le même jour, il a lancé une campagne de presse très dure : plusieurs journaux hongrois affichaient sur une pleine page des messages comme :  Les quotas augmentent la menace terroriste !  ou  Un immigré illégal arrive en Europe toutes les douze secondes en moyenne .» « Budapest affirme avoir collecté près d’un million de signatures en soutien à sa politique de refus des migrants ».

    Bien sûr, quand il s’agit de fustiger un dirigeant politique soucieux de l’identité de son peuple, les heures les plus sombres ne sont jamais loin. Rendez-vous compte braves gens,  s’alarmait toujoursLe Monde fin décembre, en Hongrie « Viktor Orban, prône le retour à l’Etat-nation et à la religion chrétienne (…).  Pour lui, la crise actuelle enterre le  blabla libéral  et le multiculturalismepolitiquement correct ».

    « Mais d’où vient l’ idée chrétienne-nationale  qui imprègne tous ses discours ? » (sic).  « Et peut-elle fédérer une majorité de Hongrois ? Selon l’historienne américaine d’origine hongroise Eva Balogh, ce concept était très en vogue à l’époque de Miklos Horthy, au pouvoir de 1920 jusqu’à octobre 1944, date à laquelle l’Allemagne hitlérienne a préféré le destituer pour s’appuyer sur les Croix fléchées du pronazi Ferenc Szalasi. »

    Mais d’où vient l’idée consistant à chaque fois à établir un lien, une  équivalence, une trouble filiation  entre les patriotes, les nationaux actuels et les idéologies totalitaires du passé, au mépris de l’honnêteté intellectuelle la plus évidente ? Nous touchons là du doigt, constate Bruno Gollnisch,  si ce n’est à l’imprégnation gauchiste, trotskyste des journalistes, du moins au formatage mondialiste des esprits par les gros médias appartenant tous à des groupes financiers  souvent intrinsèquement,   résolument opposés au fait national.

    Ce qui est le cas aussi de la Commission européenne qui,  après avoir  mené la guerre contre le gouvernement hongrois au motif, bien mensonger, qu’il souhaitait  s’attaquer  à la liberté de la presse, s’en prend aujourd’hui au  gouvernement polonais, lui aussi trop conservateur, tropréactionnaire pour être honnête aux yeux des petits kapos de cette Europe liberticide.

    Les échos rapporte notamment que « l’exécutif européen a annoncé qu’il tiendrait  le 13 janvier,  un  débat politique  sur le respect de l’Etat de droit en Pologne (…) depuis le vote de deux réformes par le nouveau gouvernement dirigé par les conservateur du PiS (Parti Droit et Justice).  L’une portant sur le fonctionnement du Tribunal constitutionnel – avec à la clé une menace sur la séparation des pouvoirs – et l’autre sur le pluralisme dans les medias. Sur ce dernier point, le texte voté il y a quelques jours par le parlement polonais prévoit de confier au ministère du Trésor la désignation de la direction de la radio et de la télévision publiques, ainsi que la possibilité de les révoquer.»

    « Beaucoup de choses plaident pour que nous activions le mécanisme d’Etat de droit  et que nous placions Varsovie sous surveillance, avait averti ce week-end Günther Oettinger, le Commissaire allemand en charge des médias. Celui-ci faisait référence à un mécanisme adopté en 2014 après des réformes controversées en Hongrie, et qui peut aller jusqu’à priver un Etat de ses droits de vote au sein de l’Union européenne en cas de violations graves des valeurs communes de l’Europe ».

    Il nous aurait  donc échappé  qu’en France notamment,   le pluralisme des idées, desopinions,  règne dans les grands médias, comme l’illustrerait les nominations trèsdiversifiées à la tête des radios et des télévisons du service public ?  De qui se moque-t-on ?

    http://gollnisch.com/2016/01/05/des-europeens-dans-le-collimateur-de-bruxelles/

  • Qui est en danger : Schengen ou les peuples d'Europe ?

    Le Danemark a pris la décision de contrôler sa frontière avec l'Allemagne et la Suède a fermé aux immigrés un pont la reliant au Danemark. Le royaume scandinave, qui compte 9,8 millions d'habitants, a reçu plus de 160 000 demandes d'asile cette année et en attend 170 000 l'an prochain. D'après The Guardian, le nombre de demandeurs d'asile a atteint 10 000 par semaine à l'automne. Les autorités entendent réduire ce nombre à 100 par semaines cette année.

    Le porte-parole du ministre des Affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier, Martin Schäfer a déclaré :

    "La libre circulation est un bien précieux (...), Schengen est très important mais est en danger".

    De son côté, l'ancien président tchèque Vaclav Klaus a une autre vision du danger :

    "Nous sommes sur le seuil d'une nouvelle époque de mouvements migratoires. Certains (en Europe) pensent que la vague de migrations a déjà cessé. Mais elle ne fait que commencer, un véritable tsunami est sur le point d'arriver".

  • Le nouveau gouvernement conservateur polonais en guerre contre la culture « bobo ».

    Le nouveau gouvernement conservateur polonais, sous le feu des critiques après le vote d’une loi sur les médias publics, veut « simplement guérir » la Pologne après 25 ans « d’endoctrinement libéral », a affirmé dimanche son ministre des Affaires étrangères, Witold Waszczykowski.

    « Comme si le monde ne devait automatiquement aller que dans un seul sens, selon un modèle marxiste – un nouveau mélange de cultures et de races, un monde de cyclistes et de végétariens, qui ne mise que sur les énergies renouvelables et combat toute forme de religion. Tout cela n’a rien à voir avec les racines polonaises traditionnelles », a-t-il martelé.

    Au contraire, a-t-il fait valoir, le parti conservateur Droit et Justice (PiS), qui a gagné les élections législatives fin octobre, soutient ce qui intéresse « la majorité des Polonais : les traditions, la conscience de son histoire, l’amour de la patrie, la foi en dieu, en une vie de famille normale entre un homme et une femme ».

    La Libre.be

    http://www.fdesouche.com/686803-le-nouveau-gouvernement-conservateur-polonais-en-guerre-contre-la-culture-bobo

  • Décadence occidentale : Une église « reconvertie » en « paradis » du skate en Espagne

    L’occident est en déclin accéléré. Outre le remplacement de population, toutes les valeurs et croyances qui avaient fait sa grandeur sont aujourd’hui dénigrées et remplacées. En atteste cette église située dans la municipalité de Llanera, dans laquelle rampes de skate et couleurs arc-en-ciel remplacent l’autel et les bancs. Cela a été permis grâce à une campagne de « crowdfunding » autrement dit un financement collectif fait par des volontaires…

    D’autres photos (et même deux vidéos) sur le site du Figaro

    http://www.contre-info.com/

  • Contrairement aux affirmations de la propagande, la démocratie en Pologne se porte mieux

    Lu ici :

    "Mesdames, Messieurs, Contrairement aux rapports alarmants des médias nous tenons a vous assurer – la démocratie en Pologne n’est pas menacée. Actuellement les grands médias critiquent le gouvernement actuel à volonté, du matin au soir. Les gens ont le droit de manifester publiquement. C’est évident en démocratie, mais ce n’était pas la norme au cours de ces 8 dernières années. C’est durant l’exercice du gouvernement de la coalition PO-PSL que des standards ont été fréquemment violés. Voici quelques exemples.

    • Pendant le règne de la coalition PO-PSL, les journalistes indépendants ont été harcelés à plusieurs reprises par les Agences de Sécurité. Les maisons, entre autres, des journalistes de "Gazeta Polska" ont été fouillées. En mai 2011, à six heures du matin, des agents de l'Agence de Sécurité Intérieure sont entrés dans l'appartement d'un utilisateur de l'internet qui entretenait un site-web satirique sur Bronisław Komorowski,
    • Les journalistes indépendants ont été démis de leurs fonctions car  ils exigeaient une enquête honnête sur le crash de Smolensk. Tomasz Sakiewicz et Anita Gargas, entre autres, ont perdu leur emploi dans les médias publics. Cezary Gmyz a été licencié de la rédaction de "Rzeczpospolita" pour avoir publié des informations indiquant qu'il y avait des traces de TNT trouvées sur l'épave de l'avion qui s’était écrasé à Smolensk. Plus tard, l'information a été confirmée par les procureurs menant l'enquête.
    • En Juin 2014, les agents de l'Agence de Sécurité Intérieure ont fait irruption dans le bureau de l’ hebdomadaire "Wprost" qui avait révélé les enregistrements sténographiques des conversations entre des politiciens les plus importants. Les agents voulaient confisquer les ordinateurs et les supports de stockage de données appartenant à des journalistes. Le scandale des ecoutes qui avait éclaté quelques jours auparavant, a fourni la preuve, entre autres, que seuls les médias qui écrivaient en faveur du gouvernement étaient subventionnés par les entreprises publiques. Des indicateurs tels que la lecture de la presse étaient ignorés.
    • Les dernières années il y avait une pression sur les maisons de presse pour qu’elles ne placent pas leurs publicités dans la presse indépendante. Pour cette raison, une grande partie des médias, Gazeta Polska inclus, ont été privés de publicités commerciales.
    • En décembre 2014, deux journalistes (Tomasz Gzell de l'Agence de presse et Jan Pawlicki de Telewizja Republika) qui couvraient une manifestation au siège de la Commission électorale nationale, ont été arêtes. Cette institution n'a pas été en mesure de fournir les résultats des élections locales pendant une semaine ce qui scandalisait les Polonais et certains ont décidé d'occuper les locaux de la Commission. Ces journalistes ont été arrêtés bien qu’ils eussent leurs cartes de presse sur eux. Les journalistes ont été également poursuivis en justice. Jusqu'a aujourd'hui les résultats des dernières élections locales, restent très discutables, 2 mille notes de protestation ont été déposées devant les tribunaux locaux.
    • Durant ces 8 dernières années le gouvernement précédent généralement gardait des journalistes et citoyens sous la surveillance. Seulement en 2014, les services secrets ont demandé aux entreprises de télécommunication 2,177,000 facturations téléphoniques. En Europe, nous étions certainement en tête. Le bureau du procureur du district de Varsovie mène une enquête concernant la mise sur l’écoute des journalistes indépendants. Selon toute vraisemblance, le service n’avait pas de mandat judiciaire pour le faire.
    • En mai 2015, après avoir perdu l'élection présidentielle par Bronisław Komorowski, la coalition PO-PSL a violé la constitution en décidant d'élire de nouveaux membres du Tribunal Constitutionnel. De cette façon les politiciens de la coalition voulaient limiter le droit du nouveau parti au pouvoir à l'élection des juges de leur choix et s’approprier le Tribunal complètement. Aujourd'hui, après les réformes mises en œuvre par la Loi et Justice (PiS), les juges élus par la Plate-forme Civique constituent toujours la majorité. Ils occupent 9 sur 15 sièges au Tribunal Constitutionnel.

    Ce ne sont que quelques exemples flagrants. Des violations similaires de libertés civiles étaient vraiment fréquantes. Le gouvernement formé par la coalition PO-PSL a également été impliqué dans de nombreux scandales de corruption. Sous leur nez un système pyramidal Amber Gold a prospéré, des milliers de Polonais ont été trompés et privés de leurs économies. La société polonaise a dit “assez” et le gouvernement de la coalition PO-PSL a été retiré du pouvoir aux élections démocratiques il y a deux mois. La démocratie en Pologne se porte bien, contrairement aux huit ans sous le gouvernement précédent."

    Michel Janva

    http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/web.html

  • Giorgio Agamben : « De l’Etat de droit à l’Etat de sécurité

    Pour le philosophe italien Giorgio Agamben, l’état d’urgence n’est pas un bouclier qui protège la démocratie. Il a, au contraire, selon lui, toujours accompagné les dictatures. 
    On ne comprend pas l’enjeu véritable de la prolongation de l’état d’urgence [jusqu’à la fin février] en France, si on ne le situe pas dans le contexte d’une transformation radicale du modèle étatique qui nous est familier. Il faut avant tout démentir le propos des femmes et hommes politiques irresponsables, selon lesquels l’état d’urgence serait un bouclier pour la démocratie. 
    Les historiens savent parfaitement que c’est le contraire qui est vrai. L’état d’urgence est justement le dispositif par lequel les pouvoirs totalitaires se sont installés en Europe. Ainsi, dans les années qui ont précédé la prise du pouvoir par Hitler, les gouvernements sociaux-démocrates de Weimar avaient eu si souvent recours à l’état d’urgence (état d’exception, comme on le nomme en allemand), qu’on a pu dire que l’Allemagne avait déjà cessé, avant 1933, d’être une démocratie parlementaire. 
    Or le premier acte d’Hitler, après sa nomination, a été de proclamer un état d’urgence, qui n’a jamais été révoqué. Lorsqu’on s’étonne des crimes qui ont pu être commis impunément en Allemagne par les nazis, on oublie que ces actes étaient parfaitement légaux, car le pays était soumis à l’état d’exception et que les libertés individuelles étaient suspendues. 
    On ne voit pas pourquoi un pareil scénario ne pourrait pas se répéter en France  : on imagine sans difficulté un gouvernement d’extrême droite se servir à ses fins d’un état d’urgence auquel les gouvernements socialistes ont désormais habitué les citoyens. Dans un pays qui vit dans un état d’urgence prolongé, et dans lequel les opérations de police se substituent progressivement au pouvoir judiciaire, il faut s’attendre à une dégradation rapide et irréversible des institutions publiques. 
    Entretenir la peur 
    Cela est d’autant plus vrai que l’état d’urgence s’inscrit, aujourd’hui, dans le processus qui est en train de faire évoluer les démocraties occidentales vers quelque chose qu’il faut, d’ores et déjà, appeler État de sécurité (« Security State », comme disent les politologues américains). Le mot « sécurité » est tellement entré dans le discours politique que l’on peut dire, sans crainte de se tromper, que les « raisons de sécurité » ont pris la place de ce qu’on appelait, autrefois, la « raison d’État ». Une analyse de cette nouvelle forme de gouvernement fait, cependant, défaut. Comme l’État de sécurité ne relève ni de l’État de droit ni de ce que Michel Foucault appelait les « sociétés de discipline », il convient de poser ici quelques jalons en vue d’une possible définition. 
    Dans le modèle du Britannique Thomas Hobbes, qui a si profondément influencé notre philosophie politique, le contrat qui transfère les pouvoirs au souverain présuppose la peur réciproque et la guerre de tous contre tous : l’État est ce qui vient justement mettre fin à la peur. Dans l’État de sécurité, ce schéma se renverse : l’État se fonde durablement sur la peur et doit, à tout prix, l’entretenir, car il tire d’elle sa fonction essentielle et sa légitimité. 
    Foucault avait déjà montré que, lorsque le mot « sécurité » apparaît pour la première fois en France dans le discours politique avec les gouvernements physiocrates avant la Révolution, il ne s’agissait pas de prévenir les catastrophes et les famines, mais de les laisser advenir pour pouvoir ensuite les gouverner et les orienter dans une direction qu’on estimait profitable.
    Aucun sens juridique 
    De même, la sécurité dont il est question aujourd’hui ne vise pas à prévenir les actes de terrorisme (ce qui est d’ailleurs extrêmement difficile, sinon impossible, puisque les mesures de sécurité ne sont efficaces qu’après coup, et que le terrorisme est, par définition, une série des premiers coups), mais à établir une nouvelle relation avec les hommes, qui est celle d’un contrôle généralisé et sans limites – d’où l’insistance particulière sur les dispositifs qui permettent le contrôle total des données informatiques et communicationnelles des citoyens, y compris le prélèvement intégral du contenu des ordinateurs. 
    Le risque, le premier que nous relevons, est la dérive vers la création d’une relation systémique entre terrorisme et État de sécurité : si l’État a besoin de la peur pour se légitimer, il faut alors, à la limite, produire la terreur ou, au moins, ne pas empêcher qu’elle se produise. On voit ainsi les pays poursuivre une politique étrangère qui alimente le terrorisme qu’on doit combattre à l’intérieur et entretenir des relations cordiales et même vendre des armes à des États dont on sait qu’ils financent les organisations terroristes.
    Un deuxième point, qu’il est important de saisir, est le changement du statut politique des citoyens et du peuple, qui était censé être le titulaire de la souveraineté. Dans l’État de sécurité, on voit se produire une tendance irrépressible vers ce qu’il faut bien appeler une dépolitisation progressive des citoyens, dont la participation à la vie politique se réduit aux sondages électoraux. Cette tendance est d’autant plus inquiétante qu’elle avait été théorisée par les juristes nazis, qui définissent le peuple comme un élément essentiellement impolitique, dont l’État doit assurer la protection et la croissance. 
    Or, selon ces juristes, il y a une seule façon de rendre politique cet élément impolitique : par l’égalité de souche et de race, qui va le distinguer de l’étranger et de l’ennemi. Il ne s’agit pas ici de confondre l’Etat nazi et l’État de sécurité contemporain : ce qu’il faut comprendre, c’est que, si on dépolitise les citoyens, ils ne peuvent sortir de leur passivité que si on les mobilise par la peur contre un ennemi étranger qui ne leur soit pas seulement extérieur (c’étaient les juifs en Allemagne, ce sont les musulmans en France aujourd’hui). 
    Incertitude et terreur 
    C’est dans ce cadre qu’il faut considérer le sinistre projet de déchéance de la nationalité pour les citoyens binationaux, qui rappelle la loi fasciste de 1926 sur la dénationalisation des « citoyens indignes de la citoyenneté italienne » et les lois nazies sur la dénationalisation des juifs. 
    Un troisième point, dont il ne faut pas sous-évaluer l’importance, est la transformation radicale des critères qui établissent la vérité et la certitude dans la sphère publique. Ce qui frappe avant tout un observateur attentif dans les comptes rendus des crimes terroristes, c’est le renoncement intégral à l’établissement de la certitude judiciaire. 
    Alors qu’il est entendu dans un État de droit qu’un crime ne peut être certifié que par une enquête judiciaire, sous le paradigme sécuritaire, on doit se contenter de ce qu’en disent la police et les médias qui en dépendent – c’est-à-dire deux instances qui ont toujours été considérées comme peu fiables. D’où le vague incroyable et les contradictions patentes dans les reconstructions hâtives des événements, qui éludent sciemment toute possibilité de vérification et de falsification et qui ressemblent davantage à des commérages qu’à des enquêtes.Cela signifie que l’Etat de sécurité a intérêt à ce que les citoyens – dont il doit assurer la protection – restent dans l’incertitude sur ce qui les menace, car l’incertitude et la terreur vont de pair. 
    C’est la même incertitude que l’on retrouve dans le texte de la loi du 20 novembre sur l’état d’urgence, qui se réfère à « toute personne à l’égard de laquelle il existe de sérieuses raisons de penser que son comportement constitue une menace pour l’ordre public et la sécurité ». Il est tout à fait évident que la formule « sérieuses raisons de penser » n’a aucun sens juridique et, en tant qu’elle renvoie à l’arbitraire de celui qui « pense », peut s’appliquer à tout moment à n’importe qui. Or, dans l’Etat de sécurité, ces formules indéterminées, qui ont toujours été considérées par les juristes comme contraires au principe de la certitude du droit, deviennent la norme. 

  • Les vœux d’Angela Merkel sous-titrés en arabe

    Afin "d'atteindre de nombreux réfugiés", la chaîne publique ZDF a sous-titré ses vœux, comme ceux du président fédéral, en anglais et... en arabe !
    Pour nos amis allemands patriotes aussi, l’année 2015 s’est terminée encore plus mal qu’elle avait commencé. Non seulement leur pays s’est vu « gratifié » d’un million cent mille réfugiés – du moins, prétendus tels par leurs autorités, chiffre quatre fois supérieur à celui de 2014 – mais ils viennent de subir le pire affront qu’un élu au sommet d’un État puisse infliger à sa nation : l’humiliation par le double jeu, le double fardeau du sacrifice et de la culpabilisation.
    Les vœux d’Angela Merkel pour ses compatriotes ? Qu’ils acceptent bien gentiment les migrants, sans broncher, même si « cela va coûter de l’argent […] » parce qu’« il est évident que nous devons aider et accueillir ceux qui cherchent un refuge chez nous ».
    Évident pour qui, donc ? Sans aucun doute pour Peter Sutherland – ex-directeur de l’OMC, ex-commissaire européen à la concurrence, ex-directeur de Goldman Sachs, mais actuel membre du groupe Bilderberg, directeur de la Trilatérale, conseiller spécial de l’ONU pour l’immigration ainsi que conseiller au Vatican – qui, dans une récente interview sur le site de l’ONU, préconise pour l’Allemagne en particulier, mais pour quasiment chaque pays d’Europe, d’accueillir plus d’un million de migrants par an sur les trente prochaines années. Autrement dit, avec d’un côté de faibles taux de natalité, et de l’autre un taux vigoureux, dans 30 ans, les Européens ont toutes les chances d’être devenus les indigènes dans leurs propres pays…

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