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  • Premier Forum de la Dissidence de Polémia – Les tables rondes

    Synthèse de Bernard Mazin, essayiste.

    ♦ « Et pour leurs coups d’essai veulent des coups de maître » : c’est sous l’égide de cet alexandrin du Cid que s’étaient résolument placés les organisateurs de ce Premier Forum de la dissidence de Polémia. Et ce fut un vrai coup de maître, puisque cette manifestation a rassemblé plus de 600 auditeurs – et ce sont les vrais chiffres ! – dont l’attention n’a pas faibli durant les cinq heures d’interventions et de débats.

    Il est vrai qu’après les Journées de la Réinformation et les Bobards d’Or, Jean-Yves Le Gallou et son équipe n’ont plus rien à prouver en matière de savoir-faire ni de capacité à mobiliser toutes celles et tous ceux qui refusent le Système.

    Je ne m’étendrai pas sur l’allocution introductive de Jean-Yves Le Gallou (1), qui a déjà été mise en ligne sur le site, ni sur la conclusion de Michel Geoffroy (2), qui va l’être incessamment. Au risque d’être accusé de flagornerie, car ils m’honorent tous deux de leur amitié depuis plus de quatre décennies, je me bornerai à remarquer que l’un comme l’autre ont su communiquer à l’auditoire la passion qui les anime, liée à la profondeur des analyses que requiert la gravité des sujets abordés.

    C’est sous la houlette talentueuse de Philippe Christèle, l’un des animateurs et contributeurs « historiques » de la Fondation Polémia, que se sont enchaînés les trois temps des travaux de l’après-midi :

    Table ronde n°1 – Les valeurs, ou l’épuisement de Mai-68 et le retour des permanences anthropologiques

    Animée par Gabrielle Cluzel, chroniqueuse à Boulevard Voltaire, cette première table ronde réunissait trois participants de qualité qui ont expliqué les raisons de leur engagement pour la dissidence et la manière dont ils le traduisent dans leur vie individuelle et collective.

    Béatrice Bourges, fer de lance de la Manif’ pour Tous et animatrice du Printemps français, a eu dès 2005-2006 le pressentiment que la question de l’homoparentalité allait être un sujet fondamental des années à venir. C’est donc tout naturellement qu’après l’élection de François Hollande, elle s’est jointe au combat contre le mariage pour tous, jusqu’à en devenir l’un des hérauts, en même temps que l’une des héroïnes.

    En quoi est-ce une dissidence ? Au cœur de son attitude est la question des valeurs, entendue comme la conviction que l’homme est un être spirituel, une personne sacrée. Si l’on partage cette conception de l’homme et du monde, il en résulte que ce dernier doit être organisé en fonction du Bien commun.

    Si, au contraire, l’homme n’est qu’un amas de cellules, on débouche sur la recherche d’un « homme augmenté » au service de la marchandisation du monde.

    La dissidence, c’est s’opposer au Système de façon résolue, car une société qui ne se fonde pas sur des valeurs court à sa perte. Cela signifie, certes, s’associer à des actions de groupe anti-Système, mais cela commence par des actes individuels, et être prêt à des sacrifices, jusqu’au sacrifice ultime s’il le faut.

    Béatrice Bourges précise ensuite, au fil du débat, plusieurs points de sa pensée :

    • A la suite des attentats du 13 novembre, les mesures prises ne peuvent pas être à la mesure des enjeux, car on ne désigne pas l’ennemi. Lors des manifestations contre le mariage pour tous, les gens ne se sont pas mobilisés parce qu’ils étaient concernés personnellement, mais parce qu’ils avaient conscience qu’il s’agissait d’un enjeu de civilisation, et qu’ils étaient confrontés à une menace, à un ennemi identifiables.

    • Les vrais ennemis des dirigeants en place ne sont pas les djihadistes, mais les dissidents que nous sommes, et l’oligarchie en est de plus en plus consciente. Il faut donc s’attendre, et être prêt, à faire face à une intensification des mesures liberticides.

    • Dans l’option : être libérale ou pas ?, Béatrice Bourges se qualifie de non libérale, car la forme exacerbée du libéralisme que nous observons laisse la porte ouverte à la marchandisation du monde. Il faut donc décrypter la novlangue, dénoncer sans relâche l’oligarchie et la confiscation de la démocratie.

    • Une rupture sera nécessaire, mais avant de se compter à nouveau, il faut avant tout savoir si l’on peut compter sur soi-même. Notre patrie est sous une chape de plomb qui se fissure et finira par exploser, mais il ne faut pas se cacher que lorsque le Système va exploser, on va en baver. Toutefois, comme la France est bourrée de talents, Béatrice Bourges est convaincue que le redressement sera plus rapide que prévu et, en attendant, prêche pour la radicalité contre le modérantisme. Le jour du choix radical viendra, mais on ne sait pas quand. Dans l’immédiat, il faut s’y préparer avec nos sacrifices et nos dissidences individuels, si dérisoires puissent-ils paraître.

    Charlotte d’Ornellas, chroniqueuse à Boulevard Voltaire, est venue à la dissidence par refus des compromissions du monde médiatique : journaliste de formation, elle s’est rapidement tournée vers les médias alternatifs, et a fait sien le combat pour la défense des Chrétiens d’Orient.

    Elle a toujours orienté son activité en fonction de la réponse à la question : Que veut-on défendre ? Elle constate qu’après les attentats contre Charlie Hebdo, les médias revendiquaient le droit de se vautrer dans le blasphème : ils ne trouvaient rien d’anormal à ce qu’on caricature Mahomet, au risque de choquer les pieux musulmans et faisaient l’impasse sur les caricatures beaucoup plus violentes qui avaient été publiées au fil des années contre la religion catholique. La liberté d’expression était le faux-nez du « Jouissons sans entraves » des héritiers de Mai-68. Après le 13 novembre, Libé a tenté, mais sans succès cette fois-ci, de reprendre la même tactique en refusant de prier pour Paris et en appelant à une partouze géante contre l’EI !

    Là où nos ennemis proposent de s’éclater, Charlotte d’Ornellas propose de s’enraciner. Il faut en effet réveiller notre peuple qui souffre de désespérance. On ne peut livrer tout ce que notre pays représente à des étrangers. Et il n’est pas mauvais de rappeler que le catéchisme de l’Eglise catholique énonce expressément que l’amour de la patrie est un acte de charité.

    Thibaut Degarde, l’un des jeunes espoirs de la Génération 2013 et de l’Institut ILIADE, rappelle brièvement les objectifs de l’Institut voulu par Dominique Venner. Il met l’accent sur la destruction de la France et de l’Europe voulue par le Système.

    Le libéralisme est l’ennemi de toutes les civilisations, car il refuse ce qui fait leur essence, à savoir la conscience de leurs limites, de leur finitude, et le partage de valeurs communes. Autrement formulé, la mondialisation prétend, contre toute évidence et contre toute logique, instaurer une civilisation planétaire et c’est ce contre quoi nous devons nous battre. La dissidence n’est rien d’autre que la conscience de la permanence des limites et des valeurs partagées.

    ILIADE veut aider à la prise de conscience de la déchéance historique de l’Europe, conséquence du cosmopolitisme libéral-libertaire.

    En définitive, il ne s’agit pas, en retrouvant nos racines françaises et européennes, d’appeler à un Grand Soir, mais à un retour à l’Ordre. Cette perspective peut paraître utopique, mais l’intervenant souligne que des possibilités d’agir existent dans les interstices de l’Europe bruxelloise, comme en témoigne le succès de la « révolution conservatrice » menée en Hongrie par Viktor Orban.

    A une question posée sur la Suisse, pays à la fois libéral et identitaire, Thibaut Degarde note qu’à ses yeux, il s’agit largement d’un faux semblant : certes, la Suisse résiste mieux que le reste de l’Europe aux assauts migratoires et à l’invasion de l’islam, et se maintient à un niveau de patriotisme que l’on peut lui envier. Mais cela est dû à sa situation géographique. Sur le fond, il est à craindre qu’elle ne suive la même pente que ses voisins, tant la pression de l’idéologie du « tout-marché » paraît irrésistible. Thibaut Degarde invoque à ce sujet l’ouvrage de Jean-Claude Michéa L’Empire du moindre mal.

    Dans un intermède consacré à « la dissidence en libraire », Claire Chardon nous a présenté le blogue Metapo infos ((http://metapoinfos.hautetfort.com), qui se propose, pour lutter contre le Système, de diffuser « des idées venues d’ailleurs » et qui, à ce titre, a toute sa place dans la réinfosphère. Elle commente six ouvrages récents qui participent à la dissidence, dans des genres différents (3). Certains d’entre eux, nul ne s’en étonnera, ont été recensés sur le site de Polémia.

    Table ronde n°2 – L’art de la dissidence

    Ce n’est pas minimiser le prestige et les qualités des intervenants précédents et de ceux qui ont suivi que de souligner l’impatience particulière de l’auditoire et l’ovation qui s’est déclenchée à l’arrivée de Robert Ménard, orateur de la deuxième table ronde. Le maire de Béziers, ancien patron de Reporters sans frontières, et cofondateur du site Boulevard Voltaire, est l’un de nos plus fins connaisseurs des médias, et les campagnes de dénigrement auxquelles il est en butte de leur part depuis qu’il est passé de l’autre côté de la barrière lui donnent une légitimité particulière à parler de « l’art de la dissidence ».

    Présenté par Gabrielle Cluzel, il s’est livré, avec sa faconde habituelle et son style très direct, au jeu des questions réponses. Voici le résumé de ses propos :

    A la question de ce qui avait été l’élément déclencheur de sa prise de conscience de la nécessité d’une posture dissidente, notamment lorsqu’il a décidé de se présenter à l’élection municipale à Béziers, il répond que « le réel lui a sauté à la gorge ». Il ne s’agissait pas de débats idéologiques, ni de la France présentée par les journalistes : il a été littéralement sidéré par les difficultés quotidiennes de la France réelle, par la souffrance vécue par les habitants. Etant lui-même originaire de Béziers, où sa famille pied-noir s’est installée après l’abandon de l’Algérie, il a vu comment la ville s’est transformée au fil des années et il a voulu passer du comportement du râleur qui se contente de tout critiquer à celle de l’acteur du changement. Il est en effet convaincu que l’on peut changer les choses en s’engageant résolument, pour peu évidemment que le contexte soit favorable.

    Encore faut-il ne pas s’éparpiller ; c’est pourquoi il est hostile au cumul des mandats et se borne à être « maire à plein temps ».

    Comment rendre les gens courageux ? lui demande Gabrielle Cluzel : pour Robert Ménard, le courage, c’est de dire à un moment donné « ça suffit ! » et en tirer les conséquences. Force est toutefois de constater que s’il y a beaucoup de gens brillants et talentueux, sur cent personnes brillantes, il n’y en a guère plus d’une qui soit courageuse.

    Quelle est la recette de son succès ? Il faut s’adresser aux gens directement en contournant les médias installés. Ainsi a-t-il créé, pour s’opposer au monopole de la Dépêche du Midi, qui lui est hostile, et pour tenir un discours de vérité, un journal municipal qui est distribué gratuitement à tous les Biterrois.

    En même temps, il faut :

    être extrêmement attentif à la légalité, car tous les adversaires sont en embuscade. Pour illustrer le résultat de cette politique prudente, il rappelle qu’il a gagné les 6 procès intentés par la LDH ;
    éviter les exagérations dans lesquelles se complait parfois notre mouvance. Même si la restriction des libertés doit nous préoccuper, nous ne sommes pas dans un régime totalitaire, et il existe encore de nombreux interstices dans lesquels se loger.
    Robert Ménard observe que sur le terrain médiatique des batailles sont en train d’être gagnées : le Monde n’est plus le « quotidien de référence » qu’il était autrefois, les médias sont de plus en plus sous le feu de la critique et se battent désormais dos au mur.

    En ce qui concerne le lien entre son expérience locale et la politique nationale, il rappelle qu’il est en désaccord avec le FN sur trois sujets :

    le programme économique, qui ne lui paraît pas réaliste ;
    le mariage pour tous, car il déplore la discrétion dont le FN a fait preuve dans le débat ;
    l’abandon de l’euro, thème qu’il considère comme inutilement anxiogène et peu audible par le peuple de droite.
    Pour autant, sa position est claire : on ne peut pas gagner sans le FN et on ne peut pas gagner qu’avec le FN. Il faut donc tous concourir à faire triompher Marine Le Pen, sans tenir compte des querelles du passé, qui n’ont aucun intérêt. « Arrêtons de nous chamailler, car sinon, il sera trop tard. » Les Français ont envie d’entendre un discours d’union, pas de division, et il n’y a pas de différence essentielle entre Marine Le Pen, Philippe de Villiers et Nicolas Dupont-Aignan.

    En saluant l’orateur, Jean-Yves Le Gallou remarque que la dissidence ne se borne pas à l’action électorale, mais qu’en ce qui concerne ce type d’action, il n’hésite pas à préconiser de voter MLP aux prochaines régionales, même si, comme Robert Ménard, il n’est pas d’accord avec toutes les options stratégiques et tous les modes de management du FN.

    Table ronde n° 3 – La dissidence sur l’identité

    On ne présente plus Renaud Camus, écrivain et essayiste de talent, que l’on a parfois le tort de réduire à « l’invention » du Grand Remplacement. C’est à lui que revient le privilège de lancer l’échange sur le réveil des identités.

    Il précise en premier lieu qu’il n’est pas le premier « prophète de malheur » à avoir pronostiqué le Grand Remplacement : Jean Raspail et Enoch Powell l’ont fait avant lui et ils ont aussi payé au prix fort leur discours de vérité.

    L’attitude de Renaud Camus est paradoxale, car il n’est pas chauvin de nature et il est devenu patriote par désespoir et par refus : refus de la société du mensonge dans lequel nous vivons, refus de la novlangue et de ce qu’il a dénommé le « faussel », c’est-à-dire le déni de réalité, refus enfin des pensées et des paroles interdites.

    Comme il a tout perdu du fait de sa dissidence, il a fait le choix de l’assumer jusqu’au bout. A titre d’illustration, il défend bec et ongles le maintien dans le vocabulaire du terme de « race », qui a été confisqué par les racistes et par les antiracistes, et que certains entendent faire disparaître purement et simplement de la langue française. Il rappelle qu’il s’agit d’un mot très ancien, qui ne recouvrait aucunement une acception biologique, et qui a été utilisé depuis des siècles par les écrivains pour signifier la beauté, l’art ou la poésie (cf. le « génie de la race »).

    A la question « Qu’est-on prêt à perdre ? », Renaud Camus note qu’il y a une grande similitude entre les dissidents « antiremplacistes » et ceux de l’URSS. Ces derniers se battaient contre tout le Système communiste, et les antiremplacistes se battent contre les remplacistes qui sont de gauche, mais aussi de droite. Il relève avec humour que l’UMP devenue Les Républicains adopte un sigle qui pourrait tout aussi bien désigner Les Remplacistes…

    On peut être prêt à perdre beaucoup lorsqu’on combat pour la vérité contre le mensonge. On perd, certes, une certaine sérénité d’esprit devant les échecs et les déceptions, par exemple en constatant la faiblesse de la mobilisation pour défendre notre identité. Pourtant, il reste toujours l’espoir que l’éveil se produira : l’effondrement brutal du Système soviétique offre à cet égard un précédent qui doit inciter les dissidents d’aujourd’hui à rester confiants dans l’avenir.

    Tout est fait pour nous faire croire que nous sommes des monstres, alors que la morale est de notre côté. C’est le remplacisme qui est une monstruosité, car il procède de l’idée que l’homme est un objet jetable et remplaçable.

    Il ne suffit donc pas de dire, selon une conception purement mathématique et démographique, qu’il faut faire plus d’enfants pour remplacer les remplaceurs. Il faut avoir une conception plus écologique du monde : nous vivons dans un monde de laideur, et ce n’est pas parce que nous n’aurons plus d’enfants « de souche » qu’ils vivront dans la beauté, entre le MacDo, le centre commercial et les éoliennes.

    Julien Rochedy, Génération 2013, ancien directeur du FNJ, adopte une position plus pessimiste : il considère que les déséquilibres liés à l’immigration ont d’ores et déjà provoqué une hétérogénéité irrémédiable des populations, et que les Etats continuent à raisonner en termes de peuples, alors qu’il faudrait raisonner en termes de populations. Quelle attitude adopter entre l’acquiescement au Grand Remplacement, la remigration et l’assimilation, qui lui paraissent tout autant de chimères ? Dans l’immédiat, il lui semble que la seule option raisonnable est de commencer à s’organiser.

    En quoi cela consiste t’il ? Il n’est pas question d’action à court terme, mais de vision de longue durée. Son postulat est que le « peuple français » n’est plus qu’un concept vide de sens. Notre monde est mort, ou à tout le moins en déclin. Il faut donc penser à des « sanctuaires », qui permettront de prendre la suite et de redémarrer, même si nous ne travaillons que pour nos arrière-petits-enfants.

    Renaud Camus est d’accord avec Julien Rochedy sur la multiplication des sanctuaires dans les domaines culturel, éducatif, spirituel, mais il observe que l’idée sous-jacente d’une nouvelle féodalité suppose une temporalité longue de plusieurs siècles, qui n’est guère mobilisatrice.

    Le troisième intervenant, Damien Rieu, Génération 2013, ancien porte-parole de Génération identitaire, apporte une autre vision de la dissidence. A ses yeux, la dissidence n’est pas qu’une posture individuelle, elle doit s’incarner dans des mouvements, de jeunesse notamment, dont Génération identitaire offre un exemple très éclairant.

    Relatant les différentes actions destinées à occuper le terrain médiatique, Damien Rieu souligne que ces actions n’ont de sens que si elles obéissent à une stratégie, et si elles s’accompagnent d’efforts importants de formation (Universités d’été qui prennent de plus en plus une dimension européenne). L’objectif ne se résume pas à « faire des coups » mais en obligeant les médias à parler des actions menées, le but est de transmettre des messages à notre peuple.

    En complément, un travail métapolitique monte en puissance : activités sportives ; accueil des SDF de souche ; organisation de lieux de vie, etc.

    Damien Rieu ne partage pas le pessimisme de Julien Rochedy. Il lui semble que les jeunes sont de plus en plus mobilisés à droite. La gauche est idéologiquement moribonde, la mouvance identitaire est extrêmement présente sur les réseaux sociaux et les connexions européennes augmentent.

    En conclusion, Julien Rochedy ne conteste pas le constat que les jeunes ont enterré la gauche, mais il persiste à penser que nous vivons dans un monde mort. Il faut donc s’organiser, pour défendre notre culture, notre sécurité et notre avenir. L’inscription dans le temps long n’est peut-être pas roborative, mais à la fin, c’est nous qui triompherons.

    Bernard Mazin, 23/11/2015

    Notes :

    (1) http://www.polemia.com/premier-forum-de-la-dissidence-de-polemia-introduction-de-jean-yves-le-gallou/
    (2) http://www.polemia.com/premier-forum-de-la-dissidence-de-polemia-conclusion-de-michel-geoffroy-premiere-partie/
    http://www.polemia.com/premier-forum-de-la-dissidence-de-polemia-conclusion-de-michel-geoffroy-deuxieme-partie/
    (3) Charles Robin, La Gauche du capital, Ed. Krisis
    Rodolphe Christin, L’Usure du monde, Ed. L’Echappée
    Jean Bricmont, La République des censeurs, Ed. L’Herne
    Paul Fortune, Poids lourd, Ed. 1975
    Serge Michailof, Africanistan, Ed. Fayard
    Jean-Philippe Jawosky, Rois du monde, Ed. Les moutons électriques.

    http://www.polemia.com/premier-forum-de-la-dissidence-de-polemia-les-tables-rondes/

  • 12 migrants chrétiens, jetés par-dessus bord par des musulmans, ont péri en Méditerranée

    15 migrants musulmans ont été arrêtés par les autorités italiennes, accusés d’avoir jeté par-dessus bord 12 migrants chrétiens originaires du Nigéria et du Ghana.

    Les faits se sont déroulés le 17 novembre dernier, dans un canot pneumatique parti des côtes libyennes faisant route vers le nord.
    Ce sont des occupants du canot qui ont dénoncé les coupables aux autorités. Des rescapés qui, eux-mêmes menacés, ont réussi à s’opposer « en constituant une chaîne humaine » sur le canot, selon une déclaration de la police de Palerme.

    Ce scénario s’est déjà produit le 16 avril dernier, 12 personnes avaient péri en Méditerranée.
    Nous n’avons à ce jour aucune information signalant que des migrants chrétiens auraient jeté par-dessus bord des migrants musulmans.

    http://fr.novopress.info/

  • Pour défaire le radicalisme, supprimons l’abattage rituel et interdisons le port du voile

    C'est bien la volonté purement française de faire respecter ses propres lois qui est en cause.
    Comment et par quoi commencer face aux dérives d’un système politico-religieux qui frappent l’Europe et dont l’évolution semble en panne ? Deux mesures concrètes et immédiates pourraient être prises afin, non seulement de rendre l’islam compatible avec les démocraties occidentales, mais aussi de faire cesser la stigmatisation communautaire qui touche les musulmans parfaitement adaptés à la vie occidentale.
    1) Supprimer l’abattage rituel : il heurte profondément l’idée que l’on se fait en Europe du respect des animaux, on l’a vu à Alès. On pourra toujours arguer qu’empêcher de manger halal serait une grave atteinte à la liberté de culte, mais ce serait oublier qu’un occidental qui s’installe durablement au Maghreb se prive définitivement de viande de porc sans que cela n’émeuve personne. Une forme de réversibilité n’a donc rien de choquant.
    Cette mesure permettrait de faire le ménage dans les menus communautaires et les entreprises de restauration proposant des viandes au parcours entaché de doute. Il restera aux musulmans de France la possibilité de ne pas choisir les produits contenant du porc pour que la nourriture reste en partie compatible avec les croyances liées à la religion.

    Lire la suite

  • La peste belge ça suffit !

    La France est en guerre contre le terrorisme. Mais quel terrorisme exactement ?

    Pour les médias de propagande la réponse est simple : tout le mal vient des Belges. Salauds de Belges !

    L’auto-radicalisation des Belges

    Pourtant à l’origine, nous, on aimait bien les Belges, notamment les hommes : Tintin, Spirou et Fantasio notamment. Sans oublier Milou et le Manneken Pis. On aimait bien aussi les histoires belges.

    Mais hélas les Belges se sont autoradicalisés. On ne sait pas comment c’est arrivé : sans doute la mauvaise influence conjuguée de la bière et des frites. La radicalisation c’est un mal belge, tout le monde le sait maintenant.

    Depuis, les Belges nous font des tas d’histoires et font tout pour nous empoisonner la vie. Avec leurs coutumes bizarres comme celle de voiler leurs femmes, par exemple, de prier dans les rues, de manger de la viande vidée de son sang ou de se laisser pousser la barbe.

    On dit aussi qu’ils se livrent à toutes sortes de trafics en vivant des subsides publics parce qu’ils font beaucoup d’enfants.

    Salauds de Belges !

    Les maudis Belges ont aussi perverti notre belle jeunesse industrieuse, notamment en Seine-Saint-Denis, aux Minguettes, à Toulouse ou à Vénissieux.

    Le parler belge s’est ainsi imposé dans nos jolies banlieues : on n’entend plus que des expressions belges comme « nique ta mère », « nique ta race » ou « nique les keufs ». Et les coutumes belges se sont aussi imposées : filles voilées, vendeurs de brochettes, courses de voitures et jeunes barbus notamment.

    Les criminels belges

    Mais voilà maintenant que les Belges radicalisés commettent au surplus des attentats sanglants non seulement chez eux mais aussi chez nous en hurlant leur célèbre cri de guerre belge : Allah Akbar. Cela devient insupportable !

    On nous dit que le cerveau des attentats du 13 novembre était en Belgique. Un cerveau belge, voilà qui devrait faire rire tous les Français si l’affaire n’était pas aussi grave.

    Heureusement que la police française, si efficace, elle, l’a promptement mis hors d’état de nuire. Un terroriste belge de moins !

    Belgique go home !

    A l’évidence il faut vite renvoyer chez eux tous ces terroristes belges.

    Nous en avons assez de ces patronymes belges : Abdelhamid, Abdeslan ou Hasna.

    Rentrez donc dans votre Flandre et votre Wallonie natales ! Ou bien restez en Syrie où on nous dit que vous aimez beaucoup voyager. Comme cela vous ne quitterez plus Daech.

    Daech : voilà d’ailleurs un autre nom qui sonne bien flamand !

    Michel Geoffroy, 20/11/2015

    http://www.polemia.com/la-peste-belge-ca-suffit/

  • Le chantage de la Turquie pour entrer dans l'UE

    Malgré le double-jeu de la Turquie dans l'expansion de l'Etat islamique, l'Union européenne a décidé que le chapitre 17 des négociations pour l'adhésion de la Turquie sera ouvert à la mi-décembre. Le chapitre 17 porte sur les politiques économique et monétaire. En échange, l'Union européenne espère obtenir une coopération accrue des Turcs sur les réfugiés, qui partent en majorité depuis les côtes turques pour rejoindre la Grèce, avant de poursuivre leur route au nord.

    Il s'agit donc d'un marchandage, auquel se soumettent les dirigeants de l'UE : la Turquie, qui accueille officiellement 2,2 millions de Syriens, souhaite obtenir une augmentation de l'aide financière européenne (on parle de 3 milliards d'euros), une libéralisation du régime des visas d'entrée dans l'UE pour ses citoyens et une accélération au processus d'adhésion à l'UE.

    Michel Janva

    http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/web.html

  • Regard sur l’actu #22/2 : Vendredi 13: le système est coupable!

    Je n’ai fait que le dire et le répéter en ces pages, il ne faut pas compter sur le système pour nous protéger. Nous, c’est le peuple dans son ensemble, le vrai peuple. Pas l’oligarchie dominante ni les immigrés et consorts, chouchoutés, protégés et excusés systématiquement. Longtemps persuadés qu’ils pouvaient avoir confiance en leurs piètres dirigeants, les Français commencent enfin à comprendre que leur sécurité est toute relative et que l’Etat ne s’en soucie plus guère depuis des lustres. Il aura fallu pour cela les pires attaques terroristes jamais réalisées en France et 130 morts. C’est par la voix d’Emmanuelle Prévost, sœur de l’une des victimes du Bataclan, que l’on a entendu ces derniers jours la prise de conscience du pays réel. La jeune femme et sa famille ont décidé de boycotter l’hommage national rendu aux victimes et l’ont fait savoir dans les médias ainsi que sur les réseaux sociaux : "Nous refusons cette main tendue par les représentants politiques français." Emmanuelle Prévost fustige l’apathie de l’Etat qui n’a pris aucune mesure depuis janvier pour lutter contre le terrorisme. "Dix mois plus tard, les mêmes hommes sont en mesure de recommencer" dit-elle fort justement en soulignant ô combien les personnes fichées S circulent librement en France et lors de leurs escapades syriennes. Evoquant le cas du fameux Jawad Bendaoud, hébergeur d’Abdelhamid Abaaoud et menteur le plus minable qu’on ait vu, la jeune femme s’étonne que ce multirécidiviste ait pu ainsi courir les rues de Saint-Denis. « Caïd violent et dangereux », Jawad-la-vérité-si-je-mens, a été condamné 13 fois depuis 2010 pour « stupéfiants, détention d'armes aggravée en réunion, faux et usage de faux, conduite en état d'ivresse et sous l'emprise de stupéfiants, violences conjugales, violences aggravées en réunion » Et tout cela sans compter le meurtre qu’il commit en 2008 « pour avoir tué à coups de hachoir un adolescent de 16 ans pour une obscure histoire de portable »… Jawad, qui devrait encore croupir en prison pour cette odieuse boucherie, courrait les rues librement en enfreignant les lois tranquilou. La magistrature gauchiste avait été, comme toujours, d’une infinie compréhension avec lui, la « chance pour la France » qui allait probablement devenir un nouveau Montaigne exotique maniant le hachoir comme l’auteur des Essais maniait la plume… Forte de ces constatations irrécusables, Emmanuelle Prévost conclut en s’adressant à la classe politique. Elle ne mâche pas ses mots : "Votre main tendue, votre hommage, nous n'en voulons pas et vous portons comme en partie responsables de ce qui nous arrive ! C'est plus tôt qu'il fallait agir."

    Après une première salve consacrée aux évènements et aux acteurs du Vendredi 13, cette seconde partie de notre Regard sur l’Actu se concentrera à démontrer que la responsabilité des attentats qui ont frappé la France est à mettre au crédit de l’Etat, de ses serviteurs et de ses rouages. En un mot, c’est le système dans son ensemble qui est coupable de la situation dans laquelle se trouve notre pays aujourd’hui, situation qui explique les récents attentats. Cette responsabilité est plurielle : idéologique, juridique et politique.

    Des risques bien connus

    L’Etat ne peut certes pas tout prévoir mais aurait pu et aurait dû se préparer à de nouvelles attaques après celles de janvier. La menace était bien connue et ne pas y avoir prêté attention est criminel. L’Etat Islamique avait mis en garde la France depuis des mois. Il n’avait rien caché de ses intentions et s’était permis de dévoiler l’une de ses tactiques : utiliser la crise migratoire pour faire passer en Europe des djihadistes. Bingo ! C’est ce qui s’est passé ! Allez revoir les multiples articles de presse qui, il y a plusieurs mois déjà, tiraient la sonnette d’alarme. Maintenant que le mal est fait, on ose enfin en parler au grand jour. Le journal anglais Sunday Times résume la situation :

    « Des dizaines, voire des centaines, de terroristes supposés ont rejoint l'Europe via la Turquie ou la Libye, au gré des vagues de réfugiés affluant sur le Vieux Continent. Ces révélations vont dans le sens de certaines déclarations des autorités françaises qui laissent entendre que deux des personnes impliquées dans les attentats de Paris sont passées par la Grèce, comme tous ceux qui fuient la guerre en Syrie. »

    Le Sunday Times met en cause « Les facilités avec lesquelles les sympathisants de l'Etat islamique peuvent entrer et sortir de l'espace Schengen, un espace sans frontière qui compte 26 États membres, dont la France et la Belgique, mais pas le Royaume Uni. » C’est une évidence !

    L’avis des spécialistes

    Une autre évidence est que nos services de renseignements n’ont pas fait leur travail correctement. Marc Trévidic, ancien juge antiterroriste et actuel vice-président du TGI de Lille s’est beaucoup exprimé dans les médias depuis les attentats et pointe nombre d’épineux problèmes : « il est clair que nous sommes particulièrement vulnérables du fait de notre position géographique, de la facilité d'entrer sur notre territoire pour tous les djihadistes d'origine européenne, Français ou non ». Lui aussi souligne « la volonté clairement et sans cesse exprimée par les hommes de l'EI de nous frapper. » Ce n’était un secret pour personne…

    Trévidic n’hésite pas à faire un constat amer mais très intéressant de la situation (ici et ) :

    « Après le conflit en Irak [en 2003], on a vu la propagande djihadiste et la radicalisation monter en flèche. On ne commence à traiter les causes que maintenant car ça explose. Pendant 10 ans, on a rien fait sur ce terrain »

    « L'évidence est là : nous ne sommes plus en mesure de prévenir les attentats comme par le passé. On ne peut plus les empêcher. Il y a là quelque chose d'inéluctable. Bien sûr, on arrête des gens, on démantèle des cellules, on a de la chance aussi, comme on a pu le voir avec certaines affaires récentes, mais la chance ou le fait que les terroristes se plantent dans leur mode opérationnel, ou encore que des citoyens fassent preuve de grande bravoure, ça ne peut pas durer éternellement. Quant aux moyens affectés à la lutte antiterroriste, ils sont clairement devenus très insuffisants, et je pèse mes mots. On frise l'indigence à l'heure où la menace n'a jamais été aussi forte. Ces deux dernières années, j'ai constaté par moi-même qu'il n'y avait parfois plus d'enquêteurs pour mener les investigations dont nous avions besoin ! On fait donc le strict minimum, sans pouvoir pousser les enquêtes, sans «SAV», au risque de passer à côté de graves menaces. Les politiques prennent des postures martiales, mais ils n'ont pas de vision à long terme. Nous, les juges, les policiers de la DGSI, les hommes de terrain, nous sommes complètement débordés. »

    Alexandre Goussak, ex-directeur du département de lutte anti-terroriste du FSB (services russes du renseignement) de 1985 à 1998, donne un avis proche :

    "Je suis persuadé qu’on aurait pu prévenir (les attentats). Et je vois les failles qui les ont rendus possibles. Ces attentats ont eu lieu parce que la France n’a pas fait de la sécurité sa priorité. Les forces de l’ordre auraient dû agir il y a déjà dix ans, lorsque les premières émeutes ont éclaté dans les banlieues parisiennes. Les autorités auraient dû accorder plus d’attention à ces jeunes qui brûlaient des voitures, car c’est à ce moment-là que la vision du monde des Français issus de l’immigration est entrée en contradiction avec celle des autres Français. Bien sûr, il y a aussi des raisons sociales à ces attentats. Mais l’État aurait dû – et pu – identifier cette menace et l’empêcher de se répandre."

    "Les services savaient qu’un attentat se préparait, mais ont été incapables de dire quand il allait survenir, ce que je trouve très étonnant. Les services ont différents moyens de contrôler la préparation d’attentats, en premier lieu via des agents recrutés au sein de la communauté où évoluent les éléments dangereux. Je ne parviens pas à comprendre comment ces terroristes ont pu se procurer des armes sans que les services en soient informés. J’en déduis que les Français n’avaient pas de réseau d’agents infiltrés. S’ils avaient eu au moins un agent dans les cercles radicaux, il aurait peut-être été possible d’éviter le pire."

    Toutes ces erreurs qui ont rendu possible les attentats

    L’adage populaire dit que « quand on veut, on peut ». C’est bien mon avis car, à la mollesse d’avant les attentats, a succédé une frénésie d’action qui, semble-t-il, porte ses fruits. La France est tout de même un pays ayant des services de renseignements avec des capacités réelles. Que ceux-ci aient attendus 130 morts pour se réveiller laisse toutefois songeur… Comme le notait Marie Delarue sur Boulevard Voltaire il y a quelques jours :

    "Quatre jours après les attentats, on sait à une exception près qui les a commis, d’où venaient les terroristes, par où ils sont passés et qui les a aidés. Preuve que lorsqu’on veut savoir… En 36 heures, des centaines de perquisitions ont été menées, des armes de guerre et des explosifs découverts dans des planques où, nouveau miracle, on a su en une nuit où aller les chercher et les récupérer ! Comme les terroristes n’en avaient pas la liste dans la poche, on peut donc imaginer que les adresses étaient connues depuis un moment."

    On en conclura facilement que l’Etat n’a pas voulu agir avant alors qu’il en avait la possibilité. Il avait sans doute d’autres priorités, comme la protection des écoles juives qui monopolisaient depuis janvier pas moins de 4700 policiers et gendarmes, excusez du peu ! Comme dans la Ferme des animaux d’Orwell, il semble que certains soient plus égaux que d’autres…

    Les renseignements étaient connus, une partie des terroristes aussi. Que devons-nous en conclure ? Que l’Etat se contrefiche de votre sécurité tant que lui-même n’est pas en cause. Après 130 morts, il doit redorer son blason et mettre, temporairement, son je m’en foutisme en sommeil.

    Le manque d’effectifs est déploré par tous les spécialistes, Marc Trévidic en tête. «Nous n’avons pas assez d’enquêteurs » dit-il. En tout cas, ce n’est pas seulement ce manque d’hommes qui est à mettre en cause pour toutes les erreurs qui se sont produites dans cette affaire, si ? Ce serait bien trop facile. Des récidivistes identifiés vont et viennent dans notre pays, partent et reviennent de Syrie, prennent l’avion partout en Europe sans problème. La réalité est là. On le lit même dans le Figaro : « Qu'ils soient français ou étrangers, les djihadistes prennent l'avion et franchissent les frontières comme on prend le métro! » Toujours dans cet article, un ex-magistrat antiterroriste s’exprime sur la question : «Ils passent souvent avec leurs vrais passeports. Même pas des documents falsifiés!» Nous avons affaire soit à de gros nuls, soit à des traîtres. Ou aux deux en même temps !

    Quasiment tous les auteurs (hors les « migrants ») des attentats du Vendredi 13 étaient fichés et repérés : Samy Amimour, frappé par un mandat d'arrêt international mais rentré tranquillement en France pour participer aux attentats ou Omar Ismaïl Mostefaï, fiché « S » (sûreté de l’Etat) dès 2010. Ce dernier avait, de plus, été « selon Ankara, signalé deux fois à Paris pour son appartenance à la mouvance jihadiste. La police turque "a informé la police française en décembre 2014 et janvier 2015" à son propos (il était entré sur le territoire turc en 2013, pour ensuite certainement rallier la Syrie), et "nous n'avons jamais eu de retour de la France", a affirmé un responsable turc. » Même chose du côté des « Belges » de Molenbeek… Un enquêteur affirme que les services belges ne sont pas meilleurs que les nôtres : « alors qu'ils ont la plus grosse proportion de départs en Syrie des pays occidentaux, les Belges ne sont pas au niveau. » Pour noircir encore le tableau, on constate que les échanges de renseignements entre pays laissent énormément à désirer, ce qui explique combien les terroristes peuvent aller d’un Etat à un autre sans soucis…

    Des renseignements provenant d’autres pays, la France en a pourtant bien reçus! Et pas des moindres ! Les services algériens avaient prévenu de l’imminence d’une attaque. Plus scandaleux encore, l’ancien directeur de la DCRI, Bernard Squarcini, a ainsi affirmé que les services secrets syriens avaient la liste des combattants djihadistes français opérant en Syrie et qu’ils l’ont proposée à la France. Mais Manuel Valls l’a refusée ! Pourquoi ? Car cette liste provenait des services de Bachar al-Assad et il était impensable de traiter avec un tyran !

    La politique extérieure de la France : une cause majeure

    Reprenons ici les propos de bon sens du président syrien Bachar al-Assad :

    « Les politiques erronées adoptées par les pays occidentaux, notamment la France dans la région ont contribué à l’expansion du terrorisme. On avait averti sur ce qui allait se passer en Europe il y a trois ans, on avait dit ne prenez pas ce qui se passe en Syrie à la légère. Malheureusement les responsables européens n’ont pas écouté. »

    Ecoutons maintenant des avis venus d’Algérie. En premier lieu, le général à la retraite Abdelaziz Medjahed, qui déclare ceci :

    « La France a joué avec le feu et elle s’est brûlée. Tout cela est le résultat de la politique française. La France, la Turquie et le Qatar ont encouragé le terrorisme et ils l'ont fabriqué en Syrie et en Libye. Ce qui s'est passé vendredi dernier, c'est l'arroseur arrosé.»

    Amar Ghoul, ministre algérien du Tourisme et de l'artisanat est définitif : « La France récolte ce qu'elle a semé en Syrie et en Libye. La France et les autres pays s'attendaient à quoi ? ». On se le demande… En tout cas, l’exécutif français ne compte certainement pas changer son fusil d’épaule envers ses chers alliés qataris et saoudiens, soutiens inconditionnels de l’islamisme radicalo-terroriste dans le monde entier. Manuel Valls feint d’y croire dur comme fer: l’Arabie Saoudite et le Qatar lutteraient contre l’Etat Islamique ! Il n’y a pas de raison d’en douter ! Le fait qu'ils financent sur notre propre sol des mosquées salafistes, ça ne compte pas! Il existerait même un lien entre le régime de Bachar et l’Etat Islamique nous assure ce super-menteur qui continue à trahir la France par lâcheté et mercantilisme. Responsables de la situation actuelle, ils le sont : lui, son gouvernement et son ridicule président. Mais n’oublions pas tous ceux qui les ont précédés, les mêmes mais avec une autre étiquette, l’infâme Sarkozy en tête qui détruisit la Libye avec BHL comme ministre de la guerre !

    Les raisons idéologiques : source de futurs désastres

    Dans notre société moderne minée par le laxisme et le manque de couilles, le terrorisme idéologique qu’on peut nommer droit-de-l-hommisme ou marxisme culturel, a une responsabilité écrasante. Les Français et les Européens, en perdant leur âme véritable, seul réel rempart à la chienlit que nous connaissons, se sont affaiblis, ont tout accepté et en ont redemandé. Ils ont maintenu, soutenu et loué par paresse, faiblesse et ignorance un système qui n’a fait que les nier et les mener dans le mur. Les représentants soi-disant démocratiques qu’ils ont choisis leur ont imposé des millions d’immigrés non-blancs et inassimilables. La voilà la vraie raison : la présence de dizaines de millions de musulmans sur notre sol. Population qui fait de plus en plus la pluie et le beau temps chez nous et que la pseudo-justice gauchiste excuse systématiquement (voir le problème des récidivistes). Un bon nombre de ces non-Européens ne se reconnaît pas ou plus dans la société multiculturelle qu’ils se sont vus imposer (comme nous) par une oligarchie ne rêvant que de les fondre eux aussi dans une humanité égalitariste, marchande et dénuée de toute identité. Parmi ces millions de musulmans, combien sont en cours de radicalisation ? Combien se radicaliseront demain ? Combien convertiront-ils d’Européens de souche ? Nous n’avons pas fini de nous opposer au terrorisme, croyez-moi…  Ils sont partout: 1200 fiches "S" rien qu'en Saint-Saint-Denis! 10.500 radicaux islamistes fichés "S" sur tout le territoire! On les trouve même à côté de chez vous ou travaillant dans les centrales nucléaires. S’en débarrasser signifierait prendre des mesures radicales et inédites (comme la remigration) qui ne risquent pas d’être à l’ordre du jour ces prochaines années…

    Heureusement que nous voyons nos peuples européens se réveiller peu à peu et commencer à comprendre la situation mortifère qui est celle de notre continent. Car, pour ce qui est de nos classes politiques, en Europe occidentale tout du moins, le changement, ce n’est pas pour maintenant (sauf, pour la France, le FN  qui a bien sûr eu des positions de très bon sens comme le montre ici ce discours de Marion Maréchal Le Pen à l'assemblée). On parle de frontières, de déchéance de nationalité, de peine de mort parfois... oui mais… cela solutionnera-t-il totalement le problème des millions d’inassimilables qui sont ici chez eux et dont la démographie risque en plus de nous emporter dans un futur très proche?

    Prochain volet de ce Regard sur l'actu la semaine prochaine.

    Rüdiger / C.N.C.

    http://cerclenonconforme.hautetfort.com/archive/2015/11/25/regard-sur-l-actu-22-2-vendredi-13-le-systeme-est-coupable-5722066.html

  • Le choc des non-civilisations

    Choc des civilisations vraiment ? De part et d’autre, l’entretien de cette fiction permet surtout d’oublier l’état réel de la civilisation que l’on prétend défendre, et de se lancer en toute bonne conscience dans de lyriques et exaltantes considérations identitaires. Dans ce ridicule concours des fiertés (civilisation pride ?), les divers gardiens de néant oublient l’essentiel : ils veillent sur un champ de ruines.
    Dans Respectez la joie, chronique publiée il y a déjà douze ans, Philippe Muray posait la question suivante : « Comment spéculer sur la défense d’une civilisation que nous ne faisons même pas l’effort de voir telle qu’elle est, dans toutes ses extraordinaires et souvent monstrueuses transformations ? » Face à l’ennemi islamiste, à sa haine de « l’Occident », qu’avons-nous à faire valoir pour notre défense, hormis « la liberté d’expression », « les jupes courtes », « le multipartisme », « le sexe » ou « les sandwichs au bacon » ? Pas grand-chose. Et ces éléments sont eux-mêmes illusoires : « Le seul ennui, écrit Muray, c’est que ces mots recouvrent des choses qui ont tant changé, depuis quelques décennies, qu’ils ne désignent plus rien. » Ainsi de la liberté sexuelle, brandie comme un progrès civilisationnel (ce qui en soi peut se contester), alors même qu’elle est de moins en moins effective : « On doit immédiatement reconnaître que c’est la civilisation occidentale elle-même qui a entrepris de détruire, en le criminalisant, le commerce entre les sexes ; et de faire peser sur toute entreprise séductrice ou galante le soupçon du viol ; sans d’ailleurs jamais cesser de se réclamer de la plus grande liberté. »
    L’Occident s’est tiré deux balles dans le pied
    L’Occident post-moderne a achevé l’Occident moderne, celui de la liberté individuelle et de la pensée critique. Et l’Occident moderne était né lui-même de la destruction de l’Occident traditionnel, de sa civilisation, de son histoire et du christianisme. L’Occident post-moderne est le fruit d’un double meurtre : d’abord celui de la royauté de droit divin, avec tout ce qu’elle comporte de représentations symboliques traditionnelles, avec toute la conception hiérarchique de l’ontologie qu’elle suppose. Puis, celui de l’individu. Muray, en vieux libéral qu’il est, est évidemment plus touché par ce dernier meurtre : l’individu réellement libre – c’est-à-dire : ayant les moyens intellectuels de l’être – n’est plus. Cela n’empêche pas toute l’école néo-kantienne de la Sorbonne – entre autres – de répéter à l’envi que le respect de l’individu caractérise notre civilisation, par opposition à la « barbarie » médiévale d’une part, et au « retard » des autres civilisations d’autre part, encore prisonnières d’un monde où le groupe, la Cité, importent davantage que l’individu. La réalité est pourtant plus amère, et il n’y a pas de quoi fanfaronner : notre civilisation a fini par tuer l’individu réellement libre, si durement arraché à l’Ancien Monde.
    Par un étrange paradoxe, c’est précisément en voulant émanciper l’individu que nous l’avons asservi. En effet, nous avons souscrit à la thèse progressiste selon laquelle la liberté politique et intellectuelle de l’individu suppose son arrachement à tous les déterminismes sociaux, à tous les enracinements familiaux, culturels, religieux, intellectuels. Seuls les déracinés pourraient accéder à la liberté dont l’effectivité « exigerait au préalable un programme éducatif ou un processus social (ou les deux) capable d’arracher les enfants à leur contexte familier, et d’affaiblir les liens de parenté, les traditions locales et régionales, et toutes les formes d’enracinement dans un lieu ». Cette vieille thèse, résumée ici par Christopher Lasch (Culture de masse ou culture populaire ?), est toujours d’actualité : Vincent Peillon, ex-ministre de l’Éducation nationale, a ainsi déclaré vouloir « arracher l’élève à tous les déterminismes, familial, ethnique, social, intellectuel ».
    Elle est pourtant contredite par la réalité de la société de marché que nous avons bâtie. Ainsi que le remarque Lasch, « le développement d’un marché de masse qui détruit l’intimité, décourage l’esprit critique et rend les individus dépendants de la consommation, qui est supposée satisfaire leurs besoins, anéantit les possibilités d’émancipation que la suppression des anciennes contraintes pesant sur l’imagination et l’intelligence avait laissé entrevoir ».
    Le cas de l’islam en France
    Comment alors s’étonner des phénomènes que l’on constate dans les « quartiers difficiles », de l’illettrisme généralisé et de la violence banalisée qui s’y côtoient ? Comment s’étonner des effets du double déracinement des immigrés ? Voilà des gens que l’on a arraché à leur terre (ou qui s’en sont arrachés), qui ont abandonné leur culture, ont oublié leur langue, et qui n’ont dès lors plus rien à transmettre à leurs enfants. Ces enfants, parfaits cobayes de l’expérimentation de la liberté par le déracinement, sujets idéals de l’idéologie délirante d’un Peillon, sont les premiers post-humains. Sans racines, et bientôt, après un passage par l’école républicaine, sans savoir et sans attachement à leur nouvelle terre. Coupés de leurs origines sans qu’on leur donne la possibilité de s’enraciner dans une civilisation qui se sabote elle-même, ils incarnent au plus haut degré le néo-humain sans attaches, sans références, celui que rêvent les idéologues de la post-modernité. Ce n’est donc pas en tant qu’étrangers à la France que les déracinés de banlieue posent problème, mais en tant qu’ils sont les parfaits produits de la nouvelle France, celle qui se renie elle-même.
    Ce règne, chaotique dans ses effets, de la table rase n’est pas sans provoquer un certain malaise chez les individus les plus conscients. On a beau déraciner, la réalité demeure : l’enracinement est un besoin essentiel à l’humanité. On y revient toujours, d’une manière ou d’une autre. « Le déracinement détruit tout, sauf le besoin de racines », écrit Lasch. D’où le phénomène de réislamisation, processus de ré-enracinement parmi d’autres (car il en est d’autres), qui s’explique par la recherche d’une alternative à ce que l’on nomme le « mode de vie occidental » (en réalité le mode de vie mondialisé de la consommation soumise).
    Il est d’ailleurs amusant de constater que le plus grand grief que la koinè médiatique fait aux beurs réislamisés ou salafisés, plus grave encore que les attentats qu’ils projettent ou commettent, c’est « le rejet du mode de vie occidental ». Horreur ! Peut-on imaginer plus atroce blasphème ? « Comment peut-on être pensant ? » comme dit Muray. Faut-il donc être un odieux islamiste tueur d’enfants (juifs de préférence) pour trouver à redire à ce merveilleux monde démocratico-festif, qui n’est pourtant plus que l’ombre d’une ombre ?
    Face à la chute des anciens modèles occidentaux, les jeunes déracinés que nous avons produits cherchent à reprendre racine. Que certains se tournent vers l’Islam, comme vers un modèle qui leur semble traditionnel et producteur de sens, doit être compris comme une réaction au modernisme du déracinement culturel. Dans la mesure où toute alternative au « mode de vie occidental » est présentée comme une régression barbare, la radicalité de la réislamisation, le fait qu’elle se fasse notamment – mais pas uniquement – dans les termes du salafisme, paraît inéluctable : le néo-Occident permet qu’on le fuie, à condition que l’on se jette dans les impasses qu’il ménage à ses opposants.
    La déchéance civilisationnelle de l’islam
    Il est une autre raison à la radicalité de la réislamisation. Elle tient à la chute de l’islam comme civilisation. À l’instar de l’Occident, à sa suite et sous son influence, l’Orient en général et l’islam en particulier subissent les effets de la modernité et des bouleversements politiques, sociaux, intellectuels, théologiques qu’elle entraîne.
    Historiquement et politiquement, cela s’est fait d’abord par la pression occidentale sur le califat ottoman, qui ployait déjà sous son propre poids. N’oublions pas que le monde arabo-musulman est mis au contact de la pensée des Lumières dès 1798, avec l’expédition d’Égypte de Napoléon. À peine la France avait-elle accompli sa Révolution qu’elle tentait déjà d’en exporter les principes, appuyés par une subjuguante supériorité technique. Les Britanniques, mais aussi, dans une moindre mesure, les Français, n’eurent ensuite de cesse d’encourager l’émergence des nationalismes, insufflant chez les peuples arabes le désir de révolte contre la domination turque : ils posèrent en termes modernes, ceux des nationalismes, un problème qui ne se posait pas ainsi. Plus tard, ce fut l’islamisme dont se servirent cette fois les Américains. À ces facteurs, il faut ajouter l’apparition de la manne pétrolière, mise au service du wahhabisme (lui-même soutenu originellement par les Britanniques) et la révolution islamique iranienne. Tout concourrait à la destruction des structures politiques et sociales traditionnelles de la civilisation islamique : les interventions étrangères certes, mais également un certain essoufflement de l’Empire ottoman, qui avait manqué le train de la révolution industrielle et se trouva dépassé par les puissances occidentales.
    En l’absence de structures sociales fortes, ce fut bientôt la pensée islamique traditionnelle elle-même qui succomba. Face aux puissances occidentales, les musulmans réagirent de deux façons antagonistes, que l’excellent historien Arnold Toynbee a qualifiées de « zélotisme » et d’ « hérodianisme ». Voyant une analogie entre la réaction des musulmans à la domination occidentale, et celle des Juifs à la domination de l’Empire romain, Toynbee explique que tout bouleversement venu de l’étranger entraîne historiquement une réaction de repli sur soi, d’une part, et une réaction d’adhésion et de soumission totales aux nouveaux maîtres, d’autre part. Mais dans les deux cas, on sort de la sphère traditionnelle : ni les zélotes ni les hérodiens ne peuvent prétendre représenter la pensée islamique traditionnelle. Leurs conceptions respectives de l’islam obéissent à des circonstances historiques déterminées, et ne sont plus le résultat de la réflexion sereine d’une civilisation sûre d’elle-même.
    Les nombreuses manifestations de l’islamisme contemporain sont autant de variétés d’un islam de réaction. Couplée à la mondialisation, qui est en réalité occidentalisation – au sens post-moderne – du monde, et à ses conséquences, cette réaction a fini par produire un islam de masse, adapté aux néo-sociétés, et qu’Olivier Roy a admirablement analysé dans ses travaux. Dans L’Islam mondialisé, il montre ainsi en quoi le nouvel islam est un islam déraciné pour déracinés, et en quoi la réislamisation est « partie prenante d’un processus d’acculturation, c’est-à-dire d’effacement des cultures d’origines au profit d’une forme d’occidentalisation ».
    Dès lors, il apparaît clairement que le prétendu « choc des civilisations » procède d’une analyse incorrecte de la situation. Il n’y a pas de choc des civilisations, car il n’est plus de civilisations qui pourraient s’entrechoquer ; toutes les civilisations ont disparu au profit d’une « culture » mondialisée et uniformisée, dont les divers éléments ne se distinguent guère plus que par de légères et inoffensives différences de colorations. Ce à quoi on assiste est donc plutôt un choc des non-civilisations, un choc de déracinés.
    [Cet article est une version modifiée d’un texte paru initialement sur le blog de l’EPHES.]

  • Le choc des non-civilisations

    Choc des civilisations vraiment ? De part et d’autre, l’entretien de cette fiction permet surtout d’oublier l’état réel de la civilisation que l’on prétend défendre, et de se lancer en toute bonne conscience dans de lyriques et exaltantes considérations identitaires. Dans ce ridicule concours des fiertés (civilisation pride ?), les divers gardiens de néant oublient l’essentiel : ils veillent sur un champ de ruines.
    Dans Respectez la joie, chronique publiée il y a déjà douze ans, Philippe Muray posait la question suivante : « Comment spéculer sur la défense d’une civilisation que nous ne faisons même pas l’effort de voir telle qu’elle est, dans toutes ses extraordinaires et souvent monstrueuses transformations ? » Face à l’ennemi islamiste, à sa haine de « l’Occident », qu’avons-nous à faire valoir pour notre défense, hormis « la liberté d’expression », « les jupes courtes », « le multipartisme », « le sexe » ou « les sandwichs au bacon » ? Pas grand-chose. Et ces éléments sont eux-mêmes illusoires : « Le seul ennui, écrit Muray, c’est que ces mots recouvrent des choses qui ont tant changé, depuis quelques décennies, qu’ils ne désignent plus rien. » Ainsi de la liberté sexuelle, brandie comme un progrès civilisationnel (ce qui en soi peut se contester), alors même qu’elle est de moins en moins effective : « On doit immédiatement reconnaître que c’est la civilisation occidentale elle-même qui a entrepris de détruire, en le criminalisant, le commerce entre les sexes ; et de faire peser sur toute entreprise séductrice ou galante le soupçon du viol ; sans d’ailleurs jamais cesser de se réclamer de la plus grande liberté. »
    L’Occident s’est tiré deux balles dans le pied
    L’Occident post-moderne a achevé l’Occident moderne, celui de la liberté individuelle et de la pensée critique. Et l’Occident moderne était né lui-même de la destruction de l’Occident traditionnel, de sa civilisation, de son histoire et du christianisme. L’Occident post-moderne est le fruit d’un double meurtre : d’abord celui de la royauté de droit divin, avec tout ce qu’elle comporte de représentations symboliques traditionnelles, avec toute la conception hiérarchique de l’ontologie qu’elle suppose. Puis, celui de l’individu. Muray, en vieux libéral qu’il est, est évidemment plus touché par ce dernier meurtre : l’individu réellement libre – c’est-à-dire : ayant les moyens intellectuels de l’être – n’est plus. Cela n’empêche pas toute l’école néo-kantienne de la Sorbonne – entre autres – de répéter à l’envi que le respect de l’individu caractérise notre civilisation, par opposition à la « barbarie » médiévale d’une part, et au « retard » des autres civilisations d’autre part, encore prisonnières d’un monde où le groupe, la Cité, importent davantage que l’individu. La réalité est pourtant plus amère, et il n’y a pas de quoi fanfaronner : notre civilisation a fini par tuer l’individu réellement libre, si durement arraché à l’Ancien Monde.
    Par un étrange paradoxe, c’est précisément en voulant émanciper l’individu que nous l’avons asservi. En effet, nous avons souscrit à la thèse progressiste selon laquelle la liberté politique et intellectuelle de l’individu suppose son arrachement à tous les déterminismes sociaux, à tous les enracinements familiaux, culturels, religieux, intellectuels. Seuls les déracinés pourraient accéder à la liberté dont l’effectivité « exigerait au préalable un programme éducatif ou un processus social (ou les deux) capable d’arracher les enfants à leur contexte familier, et d’affaiblir les liens de parenté, les traditions locales et régionales, et toutes les formes d’enracinement dans un lieu ». Cette vieille thèse, résumée ici par Christopher Lasch (Culture de masse ou culture populaire ?), est toujours d’actualité : Vincent Peillon, ex-ministre de l’Éducation nationale, a ainsi déclaré vouloir « arracher l’élève à tous les déterminismes, familial, ethnique, social, intellectuel ».
    Elle est pourtant contredite par la réalité de la société de marché que nous avons bâtie. Ainsi que le remarque Lasch, « le développement d’un marché de masse qui détruit l’intimité, décourage l’esprit critique et rend les individus dépendants de la consommation, qui est supposée satisfaire leurs besoins, anéantit les possibilités d’émancipation que la suppression des anciennes contraintes pesant sur l’imagination et l’intelligence avait laissé entrevoir ».
    Le cas de l’islam en France
    Comment alors s’étonner des phénomènes que l’on constate dans les « quartiers difficiles », de l’illettrisme généralisé et de la violence banalisée qui s’y côtoient ? Comment s’étonner des effets du double déracinement des immigrés ? Voilà des gens que l’on a arraché à leur terre (ou qui s’en sont arrachés), qui ont abandonné leur culture, ont oublié leur langue, et qui n’ont dès lors plus rien à transmettre à leurs enfants. Ces enfants, parfaits cobayes de l’expérimentation de la liberté par le déracinement, sujets idéals de l’idéologie délirante d’un Peillon, sont les premiers post-humains. Sans racines, et bientôt, après un passage par l’école républicaine, sans savoir et sans attachement à leur nouvelle terre. Coupés de leurs origines sans qu’on leur donne la possibilité de s’enraciner dans une civilisation qui se sabote elle-même, ils incarnent au plus haut degré le néo-humain sans attaches, sans références, celui que rêvent les idéologues de la post-modernité. Ce n’est donc pas en tant qu’étrangers à la France que les déracinés de banlieue posent problème, mais en tant qu’ils sont les parfaits produits de la nouvelle France, celle qui se renie elle-même.
    Ce règne, chaotique dans ses effets, de la table rase n’est pas sans provoquer un certain malaise chez les individus les plus conscients. On a beau déraciner, la réalité demeure : l’enracinement est un besoin essentiel à l’humanité. On y revient toujours, d’une manière ou d’une autre. « Le déracinement détruit tout, sauf le besoin de racines », écrit Lasch. D’où le phénomène de réislamisation, processus de ré-enracinement parmi d’autres (car il en est d’autres), qui s’explique par la recherche d’une alternative à ce que l’on nomme le « mode de vie occidental » (en réalité le mode de vie mondialisé de la consommation soumise).
    Il est d’ailleurs amusant de constater que le plus grand grief que la koinè médiatique fait aux beurs réislamisés ou salafisés, plus grave encore que les attentats qu’ils projettent ou commettent, c’est « le rejet du mode de vie occidental ». Horreur ! Peut-on imaginer plus atroce blasphème ? « Comment peut-on être pensant ? » comme dit Muray. Faut-il donc être un odieux islamiste tueur d’enfants (juifs de préférence) pour trouver à redire à ce merveilleux monde démocratico-festif, qui n’est pourtant plus que l’ombre d’une ombre ?
    Face à la chute des anciens modèles occidentaux, les jeunes déracinés que nous avons produits cherchent à reprendre racine. Que certains se tournent vers l’Islam, comme vers un modèle qui leur semble traditionnel et producteur de sens, doit être compris comme une réaction au modernisme du déracinement culturel. Dans la mesure où toute alternative au « mode de vie occidental » est présentée comme une régression barbare, la radicalité de la réislamisation, le fait qu’elle se fasse notamment – mais pas uniquement – dans les termes du salafisme, paraît inéluctable : le néo-Occident permet qu’on le fuie, à condition que l’on se jette dans les impasses qu’il ménage à ses opposants.
    La déchéance civilisationnelle de l’islam
    Il est une autre raison à la radicalité de la réislamisation. Elle tient à la chute de l’islam comme civilisation. À l’instar de l’Occident, à sa suite et sous son influence, l’Orient en général et l’islam en particulier subissent les effets de la modernité et des bouleversements politiques, sociaux, intellectuels, théologiques qu’elle entraîne.
    Historiquement et politiquement, cela s’est fait d’abord par la pression occidentale sur le califat ottoman, qui ployait déjà sous son propre poids. N’oublions pas que le monde arabo-musulman est mis au contact de la pensée des Lumières dès 1798, avec l’expédition d’Égypte de Napoléon. À peine la France avait-elle accompli sa Révolution qu’elle tentait déjà d’en exporter les principes, appuyés par une subjuguante supériorité technique. Les Britanniques, mais aussi, dans une moindre mesure, les Français, n’eurent ensuite de cesse d’encourager l’émergence des nationalismes, insufflant chez les peuples arabes le désir de révolte contre la domination turque : ils posèrent en termes modernes, ceux des nationalismes, un problème qui ne se posait pas ainsi. Plus tard, ce fut l’islamisme dont se servirent cette fois les Américains. À ces facteurs, il faut ajouter l’apparition de la manne pétrolière, mise au service du wahhabisme (lui-même soutenu originellement par les Britanniques) et la révolution islamique iranienne. Tout concourrait à la destruction des structures politiques et sociales traditionnelles de la civilisation islamique : les interventions étrangères certes, mais également un certain essoufflement de l’Empire ottoman, qui avait manqué le train de la révolution industrielle et se trouva dépassé par les puissances occidentales.
    En l’absence de structures sociales fortes, ce fut bientôt la pensée islamique traditionnelle elle-même qui succomba. Face aux puissances occidentales, les musulmans réagirent de deux façons antagonistes, que l’excellent historien Arnold Toynbee a qualifiées de « zélotisme » et d’ « hérodianisme ». Voyant une analogie entre la réaction des musulmans à la domination occidentale, et celle des Juifs à la domination de l’Empire romain, Toynbee explique que tout bouleversement venu de l’étranger entraîne historiquement une réaction de repli sur soi, d’une part, et une réaction d’adhésion et de soumission totales aux nouveaux maîtres, d’autre part. Mais dans les deux cas, on sort de la sphère traditionnelle : ni les zélotes ni les hérodiens ne peuvent prétendre représenter la pensée islamique traditionnelle. Leurs conceptions respectives de l’islam obéissent à des circonstances historiques déterminées, et ne sont plus le résultat de la réflexion sereine d’une civilisation sûre d’elle-même.
    Les nombreuses manifestations de l’islamisme contemporain sont autant de variétés d’un islam de réaction. Couplée à la mondialisation, qui est en réalité occidentalisation – au sens post-moderne – du monde, et à ses conséquences, cette réaction a fini par produire un islam de masse, adapté aux néo-sociétés, et qu’Olivier Roy a admirablement analysé dans ses travaux. Dans L’Islam mondialisé, il montre ainsi en quoi le nouvel islam est un islam déraciné pour déracinés, et en quoi la réislamisation est « partie prenante d’un processus d’acculturation, c’est-à-dire d’effacement des cultures d’origines au profit d’une forme d’occidentalisation ».
    Dès lors, il apparaît clairement que le prétendu « choc des civilisations » procède d’une analyse incorrecte de la situation. Il n’y a pas de choc des civilisations, car il n’est plus de civilisations qui pourraient s’entrechoquer ; toutes les civilisations ont disparu au profit d’une « culture » mondialisée et uniformisée, dont les divers éléments ne se distinguent guère plus que par de légères et inoffensives différences de colorations. Ce à quoi on assiste est donc plutôt un choc des non-civilisations, un choc de déracinés.
    [Cet article est une version modifiée d’un texte paru initialement sur le blog de l’EPHES.]

  • Quand l’État Français bafoue ses propres lois en faveur des Roms (2/2)

    Contre la population et contre ses propres lois, L’État français s’obstine à vouloir favoriser l’implantation des Roms en région lyonnaise. Gérald Pichon a mené l’enquête pour NOVOpress. Découvrez aujourd’hui comment l’État contourne la loi en faveur des Roms, les faveurs à l’hébergement qui leur sont accordées et comment l’État reconnaît implicitement leur caractère criminogène.

    L’État contourne la loi
    De 2011 à 2014, alors que les Roms (le plus souvent de nationalités roumaine ou bulgare) ne pouvaient pas travailler en France, le préfet de Rhône-Alpes et du Rhône de l’époque, Jean-François Carenco, et la Direction départementale de la cohésion sociale (DDCS) « imaginent un système qui leur donne ce droit. »
    L’Etat va leur octroyer un titre de séjour, des droits sociaux, un accès illimité au marché du travail et un hébergement provisoire en contrepartie de plusieurs engagements.
    Coût total du dispositif Andatu : 2 650 000 euros, financés par l’État, le Fonds social européen, le Grand Lyon et la fondation Abbé Pierre. Il a coûté au Conseil Général 814 000 euros de RSA.

    Le nombre :
    En 2013, le département du Rhône comptait 2 000 Roms (Bulgares ou Roumains en majorité) et 4 347 demandeurs d’asile.
    Ce nombre ne cesse d’exploser avec une augmentation de 67 % des demandeurs d’asile en un an en 2013. Les Roms seraient 17 000 en France. (Le Progrès, 19/01/2014)

    Dix-neuf squats à Lyon
    En mars 2015, le maire de Lyon indiquait qu’il existait « sur le territoire de la ville de Lyon 19 squats » et qu’il ne voulait « pas encourager les squatters, il n’y aura pas de régularisations. » (Le Progrès, 17/03/2015)
    Exemple : squat de la Boutasse à Bron (113 personnes) ; 37, boulevard Yves-Farge à Lyon (200 personnes)
    « Les 300 euros que la France offre aux Roms pour leur rapatriement “volontaire” ? Ce sont des vacances payées ! Les Roms passent quelques jours ici, puis ils rentrent en France. » Ilie Dinca, président de l’Agence pour les Roms

    roms_bidonville_de_bron

    Evacuation du bidonville de Bron.

    Les familles de Roms prioritaires pour les hébergements à l’hôtel
    Les Roms sont pour la plupart des demandeurs d’asile, et les textes de loi prévoient qu’ils puissent bénéficier durant tout le temps d’instruction de leur demande d’un hébergement en Centres d’accueil pour les demandeurs d’asile (CADA).
    En plus des CADA : « le dispositif de droit commun prévoit un hébergement d’urgence pour toutes les personnes sans domicile et en grande détresse, étrangères ou françaises, demandeurs d’asile ou non, dans des hôtels payés par l’Etat ». (Le Progrès, 16/04/2015) Comme le dispositif est saturé par l’arrivée sans fin de nouvelles familles de Roms ou de clandestins africains, la justice doit arbitrer avec des critères de priorités pour attribuer les places dans les hôtels en privilégiant les familles, les femmes seules ou les personnes malades.
    Comme aucun critère de citoyenneté n’est appliqué, les SDF français, le plus souvent célibataires, passeront toujours après les familles de Roms ou Africaines.

    L’exemple : 420 places « pérennisées » par le préfet pour les Roms
    En avril 2015, le préfet de la région Rhône-Alpes a décidé, après la période du plan d’accueil et d’hébergement hivernal, de « maintenir et de pérenniser 420 places d’hébergement d’urgence, dans un souci d’humanité. » Ces familles roms vivent donc dans des hôtels payés par l’État !
    Jacques Dumortier, membre de la Ligue des droits de l’Homme (LDH) et président fondateur de Classes (Collectif Lyonnais pour l’accès à la scolarisation et le soutien aux enfants des squats) « est outré par l’argent dépensé par les nuits d’hôtel. » (Le Progrès, 18/04/2015),
    Car l’hôtel, c’est « quatre fois plus cher qu’un centre d’accueil », selon des associations gestionnaires de l’hébergement et du suivi social dans la Loire, la Drôme et l’Ain. (Le Progrès, 28/05/2013)

    En 2012, la justice autorise l’expulsion d’un bidonville de Roms par les forces de l’ordre : les préfets refusent de l’appliquer
    Les riverains du bidonville de Roms de la Feyssine (Villeurbanne) sont à bout (cambriolages, prolifération des rats et terrain transformé en décharge). Pourtant, les différents préfets du Rhône ne veulent pas appliquer une décision de justice datant de 2012 les autorisant à recourir aux forces de l’ordre pour expulser ses occupants !
    Au grand dam des propriétaires du secteur qui estiment que leurs appartements ont perdu de 15 à 20 % de leur valeur ces dernières années à cause de ce campement insalubre. En mars 2015 l’ancien préfet Carenco estimait qu’il « n’y a pas de nuisances majeures. » (Le Progrès, 21/03/2015)

    http://fr.novopress.info/195454/letat-francais-bafoue-ses-propres-lois-en-faveur-roms-22/#more-195454