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France et politique française - Page 3558

  • Vers un "état d’urgence à volonté" + un "grand parti central à vocation majoritaire permanente" ?

    Institutionnaliser l’état d’urgence est la nouvelle « feuille de route » : il s’agit d’utiliser la peur du terrorisme pour donner à l’exécutif des pouvoirs exorbitants qu’il utilisera dans tous les domaines. La lutte contre « Daech » devient un prétexte pour autre chose. 

    Contre les écologistes et les alternatifs (par exemple), on a vu des débordements à la veille de la COP 21. De nouvelles affaires-de-Tarnac vont se multiplier sous les yeux des populations, inquiètes, par ailleurs, de l’absence de résultats dans la lutte anti-jihadistes : 2898 perquisitions administratives hors de tout cadre judiciaire, 384 assignations à résidence (dont peu concernaient le jihad) avec méprises souvent ubuesques, comme l’interpellation pour « salafisme terroriste » d’un Toulousain catholique qui revenait de Lourdes avec ses enfants *... Cette déferlante attrape-tout n’a fourni au parquet anti-terroriste que la matière de trois enquêtes seulement, et d’une seule mise en examen « en relation (mais vague) avec le terrorisme » – puisque le terrorisme n’était pas la cible unique... ni peut-être la cible principale.

    « De toute façon on fait ce qu’on veut, on est en état d’urgence », explique un policier à une femme dont on vient d’enfoncer la porte sans raison valable (Le Monde 22/12). Ce que confirme un policier du renseignement territorial : « On profite de l’état d’urgence pour faire du boulot de police basique. Pour se couvrir, on dit qu’il y a un lien entre terrorisme jihadiste et banditisme »**. Le « banditisme » a le dos large, quand on perquisitionne chez des maraîchers bio de Dordogne parce qu’ils ont défilé pour Notre-Dame-des-Landes en 2012 ! [....]

    Patrice de Plunkett

    La suite sur Patrice de Plunkett : le blog

    http://www.actionfrancaise.net/craf/?Vers-un-etat-d-urgence-a-volonte

  • Mise au point de Robert Ménard à propos de la "milice musulmane" à Béziers

    Attaqué par Bernard Cazeneuve et SOS Racisme, le maire de Béziers ne se laisse pas faire :

    "Dans la nuit de Noël, un groupe d'individus se présentant comme de "simples musulmans" s'est rendu à l'église du quartier de La Devèze puis à la cathédrale dans le centre-ville. Dès le lendemain, ce groupe a communiqué sur les réseaux sociaux pour promouvoir son action. Sa communication a été aussitôt relayée par les médias et notamment Midi Libre. Une communication en forme de conte de Noël : leur action visait, selon eux, à protéger les fidèles catholiques...

    J'ai alors réagi en publiant à mon tour un communiqué. Celui-ci a été immédiatement condamné par le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, à qui la lutte contre le terrorisme semble laisser quelques loisirs, puis par SOS Racisme qui annonce vouloir déposer plainte contre moi. Je le dis ici très clairement : je maintiens mes propos. Des propos que je souhaite maintenant développer et expliquer plus longuement qu'il me paraissait nécessaire dans un simple communiqué de réaction.

    Lorsque j'ai écrit la phrase suivante, "depuis quand les pyromanes protègent les incendies", je visais expressément les deux chefs du groupe prétendument "protecteurs" de catholiques. Il est possible que Bernard Cazeneuve ignore leurs noms, mais son représentant dans l'Ouest de l'Hérault, le sous-préfet de Béziers, les connaît très bien puisque j'ai déjà eu l'occasion d'attirer publiquement son attention à leur sujet. Le premier de ces individus est un converti, Mehdi Roland. Le second est un certain Omar Kathiri. A eux deux, ils dirigent sur Béziers plusieurs associations au développement groupusculaire et auxquelles n'adhère pas la grande majorité des musulmans de la ville. Il serait trop long de donner ici tous les détails sur les fréquentations douteuses, les déclarations anti-républicaines et les actions illégales de ces deux individus. Les services de l'Etat sont parfaitement au courant. Je me bornerai à en donner quelques exemples.

    Lorsque voici quelques mois, un individu, converti lui aussi, connu sous le pseudonyme de "Toubib Burger", a été arrêté à Bézierspour apologie de terrorisme, il a été découvert par la suite que le dénommé Mehdi Roland entretenait avec lui des relations sur les réseaux sociaux mais également dans la vie courante puisque "Toubib Burger" filmait les actions de rue de Mehdi Roland. Ce même Mehdi Roland ornait volontiers jusqu'à peu sa page facebook de photos montrant une Marianne décapitée et la tête remplacée par le Coran. Photo que, depuis notre publication dans le journal de la ville, il a fait disparaître. Il s'est également signalé par ses liens avec l'imam dit "de Brest" devenu tristement célèbre pour avoir expliqué à des enfants qu'écouter de la musique les transformerait en porcs et dont la mosquée a été perquisitionnée au lendemain des massacres du 13 novembre. Omar Kathiri s'est distingué, lui, en tentant à deux reprises de perturber le conseil municipal. Son comportement lui valant d'être expulsé par la police. Une plainte est en cours suite à cette affaire. Son activité principale est l'organisation et la participation, un peu partout en France, à des actions, souvent illégales, contre l'Etat d'Israël. C'est donc ces individus que je visais par mes propos.

    Maintenant, parlons un peu du fond. Les églises catholiques dans la France de 2015 doivent-elles être protégées ? Il est exact que l'immense majorité des attaques contre des lieux de cultes visent les lieux chrétiens, arrivent ensuite les synagogues puis, bien plus loin, les mosquées. Mais les agressions de fidèles sont rares pour ne pas dire rarissimes. Le bon sens comme le sens républicain de la chose publique sait que si protection il doit y avoir celle-ci devrait être assurée par l'Etat. Comme il sait que ce même Etat, par lâcheté, par laxisme, par idéologie, a abandonné des pans entiers du territoire. Mais cet ordre que, trop souvent l'Etat ne maintient plus, ne saurait être légitimement mis en place par des groupes communautaristes. Sauf à renoncer à la république, sauf à avouer que ces zones ne sont plus tout à fait en France. Sauf à dire que notre pays se libanise.

    Maintenant, posons la question : que diraient la presse, Bernard Cazeneuve et la conscience universelle si, en lieu et place d'un groupe de musulmans, un groupe de jeunes identitaires français patrouillaient autour des églises - ou même des mosquées ! - au prétexte de les "protéger" ? Tout le monde connaît la réponse : ces jeunes identitaires auraient été arrêtés par la police et jugés en référé. Midi Libre et ses confrères auraient crié à la provocation et le ministre de l'Intérieur serait venu sur les lieux apporter le réconfort de sa minuscule présence.

    Il existe dans notre pays un deux poids deux mesures. En d'autres termes, une profonde injustice. Beaucoup de Français la ressentent. Ils n'ont plus confiance en la parole des représentants de l'Etat. Ils savent qu'ils sont mal protégés et que, si d'aventure, ils voulaient se protéger seuls, à eux l'Etat sauraient envoyer sa police. La "patrouille" musulmane de Béziers pour anecdotique qu'elle peut sembler marque une étape. Celle d'un pays où une religion inscrite au coeur de son identité semble si faible qu'il apparaisse possible aux tenants radicaux d'une autre religion, nouvellement arrivée, de s'arroger le droit de la "protéger". Au demeurant, la protéger contre qui ? Contre les musulmans modérés ? Evidemment pas. Contre les bouddhistes fous ? Allons donc ! C'est donc un jeu très dangereux que joue le gouvernement en tolérant ces groupuscules et leurs actes qui ne sont, en fait, rien d'autre qu'une tentative de prise de possession, lente mais déterminée, de notre pays."

    Michel Janva

  • « Sales Corses de merde, cassez-vous, vous n’êtes pas chez vous ici ! »

    Afin de clarifier la situation, des proches des secouristes relatent ce qui a été dit le soir des faits dans le quartier de l’Empereur à Ajaccio.

    Lorsqu’ils ont essayé de monter dans le camion, les agresseurs auraient lancé selon la même source : « Sales Corses de merde, cassez-vous, vous n’êtes pas chez vous ici! ». Les « nous sommes chez nous », criés en chœur dans le quartier vendredi soir par les manifestants trouvent alors une autre résonance.

    Si l’agression des deux pompiers la nuit du 25 décembre a déclenché une vive réaction des Ajacciens, ce sont aussi les propos qui auraient été tenus par les agresseurs, et connus de nombreux participants, qui auraient donc mis le feu aux poudres.

    Corse Matin

     

    http://www.contre-info.com/sales-corses-de-merde-cassez-vous-vous-netes-pas-chez-vous-ici

  • Louis XVI 2016 • Gilbert Collard, le 21 janvier 2012, à Marseille, parle du combat à mener

    En ce lendemain de Noël, où nous devons déjà préparer le 21 janvier 2016, nous vous proposons d'écouter - ou réécouter, après quatre ans, l'intervention de Gilbert Collard [18 minutes] au repas-conférence du 21 janvier 2012, organisé par la Fédération Royaliste Provençale à Marseille. Il avait annoncé le 15 janvier sa candidature aux élections législatives dans la deuxième circonscription du Gard. Il y sera élu député le 17 juin suivant.

    Cette vidéo vous confirmera que nous sommes fondés à dire que les manifestations organisées en France autour du 21 janvier, en souvenir de l'exécution du roi Louis XVI, ne sont pas, ne doivent pas être, seulement des commémorations. Entre la situation où se trouvent aujourd'hui la France, l'Europe et le monde, et la Révolution française, matrice de toutes les autres, qui l'ont suivie avec leur cortège d'horreurs, il y a une évidente filiation. Elle doit être mise en évidence. Et cette mise en évidence doit servir à la compréhension des drames présents. Servir aussi à en sortir. A définir et créer les conditions d'une renaissance.

    La France de 2015-2016 est en guerre extérieure et intérieure. Elle est en Etat d'urgence. Elle vit sous la menace terroriste. Et sous la menace pire encore de perdre son identité et de disparaître. 

    Dans cet esprit, les messes et manifestations du 21 janvier ne pourront pas être de simples commémorations, pour légitimes que soient ces dernières.

    Ainsi, « D'une Terreur l'autre », sera le le thème développé cette année à Marseille, le 21 janvier 2016, au cours d'un nouveau dîner-conférence, dont le programme doit être donné dans les prochains jours.

    Partout en France, ce 21 janvier 2016 doit donner lieu à des messes, commémorations et manifestations de la plus grande ampleur possible. Nous sommes certains que ce sera compris et que l'on s'y rendra en grand nombre.•       

    Gilbert Collard au dîner-conférence du 21 janvier 2012 - Marseille - Lafautearousseau

    http://lafautearousseau.hautetfort.com/

  • Le peuple et les élites : pourquoi ce divorce ?

    Derrière les résultats des dernières élections et le simple constat de la montée du FN se cache, une réalité bien plus inquiétante : un fossé toujours plus grand entre le peuple et ses classes dirigeantes.
    La grande nouveauté du scrutin régional n'est pas la montée du Front national, qui n'est en vérité qu'une conséquence d'un phénomène primaire : le clivage devenu fossé, le fossé devenu abîme entre le peuple et ses classes dirigeantes.
    D'abord un constat à l'état brut : le peuple et les élites n'ont plus les mêmes valeurs ni les mêmes priorités.
    1. Pour le peuple, le danger principal est le terrorisme islamiste. Pour les élites, c'est le fascisme d'extrême droite. La preuve, c'est qu'avec un programme à peu près semblable les scores lilliputiens de la gauche radicale contrastent avec la poussée qui paraît irrésistible de la droite extrême... Un programme à peu près semblable, sauf un point de divergence essentiel : la question de l'immigration. C'est là que se fait la différence. Tandis que Claude Bartolone racialise le scrutin et stigmatise Neuilly avant d'aller s'y faire soigner, que Clémentine Autain invite Tarek Ramadan à l'un de ses meetings préélectoraux et que toute la gauche crie au fascisme, au nazisme, au totalitarisme, et même à Daech à propos du FN, celui-ci capitalise sur les massacres du 13 novembre.
    2. Pour le peuple, l'objectif principal est la sécurité : Sécurité sociale, sécurité de l'emploi, sécurité individuelle. Pour les élites, l'objectif principal est le progrès, grâce à la mondialisation, le commerce, les droits de l'homme. Le peuple se reconnaît dans la nation, comme en témoigne la floraison tricolore du mois dernier, tandis que les élites continuent d'espérer en l'Europe. La rupture entre le peuple et l'idée de progrès, dont la liaison fut constitutive de la gauche au XIXe siècle, est, hélas, le grand événement en fait de culture politique au XXIe.
    3. Le peuple rêve d'un gouvernement de l'intérêt général. Il a la nostalgie de l'unité, comme sous la Révolution française. Il vomit les partis dans lesquels il voit des mafias au service d'intérêts particuliers. Les élites à l'inverse restent attachées à ces partis qui symbolisent et garantissent la sauvegarde de leurs privilèges. Au lendemain du scrutin des régionales, beaucoup de leaders politiques préconisaient, pour favoriser le « renouvellemen t» des élites, le retour à la représentation proportionnelle qui signifie, nul n'en peut douter, le renforcement de l'emprise des partis sur la vie politique ! On croit rêver.
    Le discrédit des partis n'est pas propre à notre époque ; le décalage entre les électeurs et les élus est en quelque sorte constitutif de la démocratie. Le fait nouveau, c'est qu'il n'est plus toléré.
    Il n'est pas non plus propre à la France. En Grèce et en Espagne, il s'est traduit d'abord par des percées d'extrême gauche (Syriza) ; dans une grande partie de l'Europe, il prend la forme de partis d'extrême droite populistes nationalistes et xénophobes comme le FPO fondé par Jorg Haider en Autriche, le Jobbik en Hongrie, voire l'Ukip de Nigel Farage au Royaume-Uni, et bien entendu le Front national en France ; il peut même se donner des allures centristes, comme le Mouvement 5 étoiles de Beppe Grillo en Italie. La forme, la dimension, les orientations de ces partis contestataires varient d'un pays à l'autre, en fonction du contexte local. Mais trois griefs reviennent un peu partout.
    1. Les partis traditionnels confondent leurs intérêts particuliers avec l'intérêt général ; ils estiment que tout va bien quand ils gagnent en puissance et confondent leur prospérité avec celle du pays. Or, en bonne démocratie, le critère de réussite d'un parti ne saurait être sa puissance, mais sa contribution à l'intérêt général, fût-ce au détriment de sa popularité. Les partis sont censés contribuer, selon les termes de notre Constitution, à l'expression du suffrage. Dans les faits, ils ont pour unique souci de le confisquer.
    2. Les partis traditionnels sont fermés comme les castes de l'Ancien Régime, verrouillés sur eux-mêmes ; imperméables aux influences extérieures. Lors de leur formation à la fin du XIXe siècle, les grands partis de la social-démocratie européenne reflétaient la diversité de la société civile, exprimée par les syndicats, les coopératives, les mouvements de pensée, les associations particulières. Aujourd'hui, ils se contentent d'être le milieu nourricier des ambitions et le lieu exclusif de recrutement du personnel politique. En stigmatisant l'UMPS, rebaptisée Erpès (Républicains + PS), le Front national tape dans le mille. Il oublie seulement de s'inclure dans ce système quasi mafieux, lui qui fonctionne selon le principe dynastique autour de la famille Le Pen.
    3. Les partis traditionnels, expression de la démocratie représentative, sont structurellement inadaptés à la démocratie d'opinion actuelle. La première ne soumettait les élus au contrôle des électeurs qu'une fois tous les cinq ans. La seconde implique un contrôle permanent par les canaux d'Internet et des sondages d'opinion. L'ère de la toute-puissance des partis quasi dépositaires de la souveraineté nationale dans l'intervalle de deux élections est terminée.
    Conclusion : pour venir à bout du Front national, il ne suffit pas de critiquer son programme ou ses intentions cachées. C'est la structure de la démocratie partisane qui est à réviser en profondeur. Chacun en appelle à un renouvellement. Cela suppose des sacrifices dans la classe politique régnante. En 1791, sur proposition de Du Pont de Nemours, la Constituante décida que la totalité de ses membres seraient inéligibles dans la prochaine Assemblée. Chiche !

    Jacques Julliard  Marianne :: lien

    http://www.voxnr.com/cc/tribune_libre/EuVEEFlVlZacPRoWrZ.shtml

  • Aucune "mosquée" n'aurait été vandalisée à Ajaccio

    Et pour cause : officiellement il ne s'agirait que de la salle d''une association culturelle et sportive.

    Michel Janva

  • La déchéance de nationalité sème le trouble au PS

    En plus de diviser la majorité, la mesure, inscrite dans le projet de révision de la Constitution présenté mercredi, provoque des départs au sein du parti. Un document a été envoyé aux parlementaires PS pour les convaincre du bien-fondé du dispositif, défendu à l’origine par le FN.

    Beaucoup se bouchent le nez, certains au point de quitter le parti. La décision de François Hollande d’étendre la déchéance de nationalité aux terroristes binationaux nés en France provoque des remous au sein de la majorité, et plus largement au sein du Parti socialiste. De nombreux ténors, à l’image de Martine Aubry ou d’Arnaud Montebourg, ont fait part de leur ferme opposition à cette mesure, défendue par le Front national et une partie de la droite. « Tout responsable de gauche et tout responsable républicain doit s’opposer à la déchéance de nationalité », a affirmé au Figaro Pascal Cherki, député PS frondeur. Bernard Roman, député proche de François Hollande, a résumé la situation dans L’Obs : « Près de 80% des députés socialistes sont contre, ainsi que tous les commissaires aux lois PS ». Pour rappel, le gouvernement a besoin du feu vert du Parlement puis un vote à la majorité des 3/5ème des députés et sénateurs pour faire adopter le projet de loi de réforme de la Constitution.

    Le groupe PS à l’Assemblée nationale a donc décidé d’envoyer par mail un argmentaire à l’ensemble des parlementaires socialistes, jeudi. Ce document de trois pages, que Le Lab s’est procuré, défend en six points la déchéance de nationalité, et est censé convaincre les élus réfractaires. Il est rappelé que la mesure existe déjà, qu’elle s’inscrit « dans un contexte très particulier », qu’elle comporte des « effets concrets », à savoir la possibilité de la mise en place d’un éloignement, et qu’elle est « bien comprise par l’opinion publique ». L’argumentaire, non signé, déplore que la déchéance de nationalité ne puisse s’appliquer plus largement à tous les Français. « Il faudrait pouvoir déchoir tout auteur d’un crime terroriste de la nationalité française, qu’il soit bi-national ou non », est-il écrit. Dans le même temps, de nombreux élus locaux, à l’instar de Vincent Tison et Mohamed Moulay, conseillers municipaux de Joué-lès-Tours, ont demandé aux parlementaires de rejeter le texte lors de son examen, en février. [...]

    La suite dans Le Figaro.vox

    http://www.actionfrancaise.net/craf/?La-decheance-de-nationalite-seme

  • Pierre Sidos : Entretien accordé à la Revue Charles

    Publication rectifiée de l’entretien que Pierre Sidos a accordé à la Revue Charles, N°5, paru en printemps 2013.

    Comment en êtes-vous venu à l’engage­ment politique ?

    Le décès de mon frère aîné Jean a été un déclen­cheur. Quand il meurt le 16 juin 1940 en combat­tant les Allemands dans des conditions héroïques, le maire de La Rochelle, Léonce Vieljeux est venu dans notre maison familiale pour annoncer à ma mère la nouvelle. J’avais 13 ans et j’étais parvenu à me faufiler pour assister à la discussion. Le maire avait ajouté cette réflexion : « L’ouvrier allemand a gagné la guerre », sous-entendu : l’ouvrier français l’a perdue. C’est ce qui m’a donné envie de m’en­gager à mon tour. Je me rappelle que ma mère s’est évanouie. Personnellement, j’ai tout de suite compris que je ne reverrais plus mon frère. Je n’ai pas pleuré car à l’époque, il y avait une telle fami­liarité avec la mort qu’il y avait une part de fierté de savoir qu’il avait pu donner sa vie pour la France.

    Que représentait votre frère Jean pour vous ?

    Nous étions six enfants, cinq garçons et une fille. Mais dans cette fratrie, j’avais une sympathie toute particulière pour lui. C’était le plus sérieux, le plus discipliné (dit-il avec les larmes aux yeux). Lorsque nous étions enfants, nous nous amusions à reconstituer la marche sur Rome dans l’escalier de la maison familiale, c’était déjà très fascisant. Même si mon frère Jean est mort en combattant les Allemands, il partageait une ligne très natio­naliste. Quand j’ai eu l’âge nécessaire, j’ai donc eu moi aussi envie de m’engager politiquement. D’agir durant cette période troublée. C’est ce que j’ai fait au sein de la Jeunesse franciste de Marcel Bucard que j’ai rejointe en 1943. Dans ce mouvement qui s’apparentait à du scoutisme politique, j’ai participé à des activités sportives et à quelques congrès.

    Quelle était l’ambiance politique au sein de votre famille durant votre jeunesse ?

    L’ambiance familiale était très nationaliste et très marquée. Mon père était lié au député de Gironde, Philippe Henriot, qui deviendra par la suite secrétaire d’État de l’Information et de la Propa­gande du gouvernement de Vichy. J’étais également très proche des parents de ma mère, qui habitaient l’île de Ré. Il se trouve que mon grand-père Jean Rocchi, d’origine corse, était bonapartiste. L’un des premiers livres que j’ai lus, c’était chez lui et c’était Le Mémorial de Sainte-Hélène. Il parlait souvent du nationalisme et du Second Empire et, parmi ses amis, il y avait Pierre Taittinger, un député de Charente-Maritime qui a fondé par la suite les Jeu­nesses patriotes, une ligue d’extrême droite fran­çaise importante dans l’entre-deux-guerres.

    « MON PÈRE EST TOMBE SOUS DES BALLES FRANÇAISES EN CRIANT « VIVE LA FRANCE ! »

    Durant sa jeunesse, on a tendance à se placer dans le sillon politique de ses parents puis lorsque l’on grandit, beaucoup d’enfants finissent par en prendre le contre-pied. N’avez- vous jamais été tenté par une autre direction politique ?

    Non ce n’est pas le cas. Au contraire, je considère que j’ai toujours défendu les mêmes idées depuis ma tendre jeunesse. En quatre-vingts ans, je n’ai guère varié. Il faut bien comprendre qu’à l’époque tout le monde était engagé politiquement. L’Europe était frappée par ce que l’on appelait « la croisade des fascismes ». Et pour de jeunes esprits comme le mien, nous nous disions qu’ils gagnaient partout. Que ce soit Mussolini en Éthiopie, Franco en Espagne, Hitler ou bien encore la personnalité de Léon Degrelle. Nous étions fascinés par cette promesse d’un ordre nouveau.

    À la Libération, votre père François Sidos est fusillé.

    Son arrestation avait été accompagnée de l’em­prisonnement de toute ma famille. Ma mère a été mise dans un camp et moi j’ai été mis dans une prison avec mon frère Jacques et mon père. J’ai partagé ses derniers jours de mai 1945 à janvier 1946. Militaire de carrière, mon père était devenu haut fonctionnaire sous le régime de Vichy. En 1944, il avait été nommé comme l’un des six inspecteurs généraux du maintien de l’ordre auprès de Joseph Darnand, chef de la Milice. Il a été fusillé le 28 mars 1946 dans l’ère improprement nommée « épuration » où s’est accomplie l’élimination physique d’un grand nombre de fidèles du maréchal Pétain par leurs adversaires politiques. Il était âgé de 56 ans et il était père de six enfants. Il est tombé sous des balles françaises en criant « Vive la France ! ». J’ai l’impression qu’il ne réalisait pas qu’il allait mourir.

    Il me disait : « J’étais haut-fonctionnaire, je m’expli­querai devant le tribunal, je n’ai rien à me repro­cher ». Il n’a pas compris que c’était une période révolutionnaire et que dans ce genre de période, vous ne vous expliquez pas devant les tribunaux. Nous étions à trois dans une geôle, il faisait très froid, nous étions sous-alimentés. Ma famille entière a été jugée. J’ai été condamné à cinq ans au Struthof et mon frère Jacques, qui avait également appartenu au Parti franciste, à dix ans de prison. Je n’ai pas compris la raison pour laquelle j’avais hérité d’une peine inférieure à la sienne, c’était la loterie de l’époque. Après le verdict du tribunal, mon père est resté seul. Nous avons appris via une coupure de presse qu’il allait être fusillé. Comme dans la chanson « Le Temps des cerises », j’ai envie de dire que c’est « de ce temps-là, que je garde au cœur une plaie ouverte ». Dans une lettre qu’il nous a adressée avant de mourir, mon père nous exhorte à « réparer l’injustice » dont il a été victime.

    Quels souvenirs gardez-vous de cette période d’emprisonnement au Struthof ?

    J’avais 17 ans et après un court séjour à la prison d’Angoulême, j’ai été transféré au camp de concen­tration du Struthof, en Alsace, seul camp sur le territoire aujourd’hui français. Je n’ai été libéré que trois ans plus tard. Il y avait à l’époque une usine à côté du camp qui était intacte. On pouvait se former au travail du bois. Personnellement, je suivais des cours car il y avait parmi nous des professeurs qui étaient des prisonniers politiques. Il y avait notamment l’ancien recteur de l’Université de Lyon. On avait constitué une bibliothèque et j’en ai profité pour lire énormément de livres. J’ai fait mon université au Struthof en quelque sorte.

    C’est à cette époque que vous dessinez cette croix celtique qui deviendra l’emblème de tous les mouvements d’extrême droite français d’après-guerre et de beaucoup de mouvements néofascistes européens par la suite.

    Durant la guerre, j’avais observé que la croix celtique avait été utilisée par ce qu’on appelait les Équipes nationales. C’étaient des groupes de jeunes volontaires qui participaient à la protec­tion et au secours des populations victimes de la guerre, notamment des bombardements aériens. Durant mon temps de réclusion, j’avais travaillé à la recherche d’un emblème. J’avais remarqué que la plupart des mouvements nationalistes en France possédaient des emblèmes qui n’étaient pas reproductibles comme l’aigle, la fleur de lys, le sanglier. Il n’y avait pas d’emblèmes simples, or les idées poli­tiques se traduisent souvent par une image. Sur l’un de mes cahiers de notes, j’avais donc dessiné une croix celtique, c’est-à-dire un cercle entourant une croix. Elle symbolise le soleil en marche et la vie universelle. Je ne pensais pas qu’elle serait utilisée soixante ans plus tard à Moscou ou bien encore aux États-Unis.

    À votre libération, vous décidez de lancer Jeune Nation. En 1951, il s’agit de l’un des premiers mouvements d’extrême droite d’après- guerre. Comment est née l’idée ?

    Après avoir été libéré en 1949, je me rendais régu­lièrement dans un appartement huppé du Ve arrondissement, rue du Cirque, qui appartenait à Jeanne Pageot, femme d’un riche industriel spécialisé dans le sucre. Tous les samedis, elle tenait un salon qui s’intitulait « Le Souvenir napoléonien ». On y trouvait des bonapartistes et des nationa­listes, jeunes et plus âgés. Jeanne Pageot m’avait encouragé à lancer un mouvement en me disant qu’il fallait « regrouper cette jeunesse ». Elle m’avait proposé de me prêter son salon et elle m’avait éga­lement dit : « Si vous faites une plaquette pour lancer votre mouvement, je vous l’imprimerai ». Comme on baignait dans un milieu bonapartisant, on souhai­tait intituler notre mouvement La Jeune Garde. Le problème c’est que c’était le nom d’un chant de la jeunesse communiste. Par glissement, on a donc décidé d’appeler notre mouvement La Jeune Nation. L’article a ensuite été supprimé et par utili­sation courante c’est devenu Jeune Nation. Nous souhaitions suivre l’exemple et l’action politique de Napoléon Bonaparte, notamment à l’époque du consulat. Après l’avoir présenté au sein du salon du Souvenir napoléonien, nous avons donc officiellement déclaré sa création à la Préfecture de police de Paris, le 28 mars 1950. Nous avions l’impression que l’empire colonial français était en danger et nous souhaitions le protéger. Nous étions organisés comme une phalange prête à prendre le pouvoir le moment venu.

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