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social - Page 496

  • Alstom : les délires du court-termisme

    L’attitude, à courte vue, du président de la République le conduit droit dans un piège.

    L’affaire Alstom fait la une des journaux mais on n’en parlera sans doute plus dans quelques semaines. La position du président de la République est frappante : elle conditionne, en substance, son choix au problème du maintien de l’emploi, même si d’autres aspects tels que la sécurité énergétique sont évoqués : « La solution qui sera la plus favorable à l’emploi en France. »

    Polémia

    Puissance industrielle et souveraineté technologique

    Bien entendu cette préoccupation est parfaitement légitime d’un point de vue politique immédiat. Mais dans le long terme, période dont personne ne semble plus se soucier aujourd’hui, c’est le problème de la puissance industrielle et, compte tenu du caractère stratégique de l’activité d’Alstom, celui de la souveraineté technologique de la France et donc de l’Europe qui est posé. Or c’est le maintien de cette puissance et de cette souveraineté qui garantira les emplois de demain et, bien entendu, pas seulement les emplois mais l’indépendance même de l’Europe.

    Curieusement cette analyse est absente de la plupart des discours ou commentaires que nous entendons sur ce sujet.

    L’Allemagne relais de la puissance américaine en Europe

    Or ce qui se prépare, avec ce qu’il faut bien appeler le dépeçage d’Alstom, c’est l’accélération du démantèlement industriel de l’Europe, démantèlement auquel échappe, pour le moment, l’Allemagne, non pas seulement par ses vertus propres qui sont réelles dans le domaine industriel, mais aussi parce qu’elle est, plus qu’on ne le croit habituellement, le relais de la puissance américaine en Europe continentale. Cette position explique pourquoi la chancelière est si prompte à considérer comme clos le débat sur les écoutes de la NSA qui pourtant la visait directement et à s’empresser de soutenir l’Accord sur le Grand Marché transatlantique (TTIP). En effet, cet accord, grâce à l’unification des normes qu’il institue, au sein de ce vaste ensemble géoéconomique, va permettre à son pays de réexporter, demain, en Europe depuis les Etats-Unis dans d’excellentes conditions de « compétitivité » des produits manufacturés, automobiles notamment, en profitant des bas salaires pratiqués dans les Etats du Sud.

    Il s’agira, en quelque sorte, pour nos voisins allemands, d’appliquer, à partir de l’autre rive de l’Atlantique, une politique symétrique de celle qu’ils poursuivent avec le succès que l’on sait au sein de leur zone d’influence en Europe centrale.

    L’essentiel : le patrimoine scientifique, technologique et industriel

    Pour en revenir au sort d’Alstom, même si la solution qui consiste à créer un grand pôle européen de l’énergie est séduisante, il n’est pas certain que, dans ce cas précis, et surtout dans l’immédiat, la fusion avec Siemens soit nécessairement la meilleure solution. L’image ressassée par les médias de « l’Airbus de l’énergie » est trompeuse car les deux entreprises sont peu complémentaires et très différentes par la taille.

    L’essentiel dans ce dossier qui devrait alerter au premier chef les gouvernants c’est le maintien et le développement d’un patrimoine scientifique, technologique et industriel exceptionnel.

    Comme le rappelle Alain Cardon (http://www.europe-solidaire.org/), l’un de nos meilleurs spécialistes des technologies de pointe : « Ce qui est effarant dans cette politique présidentielle de soumission à la prédation financière étrangère est l’incapacité à comprendre ce qu’est la valeur du niveau de compétence mondiale d’Alstom, ce que sont ses brevets exceptionnels et l’extrême compétence de ses ingénieurs français en R&D, tout cela que l’on va perdre à jamais, définitivement, pour n’avoir strictement plus rien et en se sachant donc incapable de pouvoir recréer cette compétence. Perdre Alstom est la perte définitive d’un domaine de compétence, une perte absolument définitive que l’on ne pourra plus jamais retrouver » (Site Europe Solidaire).

     Jean-Claude Empereur 3/05/2014

    http://www.polemia.com/alstom-les-delires-du-court-termisme/

  • Le gouvernement temporise face aux Bonnets Rouges

    Le procès des onze Bonnets Rouges, reporté en avril dernier, est à nouveau reporté pour le 16 septembre prochain. Une dizaine de procès-verbaux concernant l’enquête sur l’incendie du portique de Pontorson n’avaient en effet pas été transmis aux avocats…. Pour l’un des avocats de l’accusé, monsieur Erwan Lorvellec, l’accusation s’est trop précipitée. Pourtant, cette dernière semblait prête à tout pour que les peines soient les plus lourdes possibles pour faire un exemple mais elle a mal préparé son dossier. Cependant, le tribunal n’a pas prolongé la détention provisoire des trois Bonnets Rouges, qui l’étaient jusqu’alors, ne suivant pas les recommandations du procureur et les plaçant sous contrôle judiciaire.

    La veille, deux incendiaires d’un autre portique écotaxe ont par ailleurs été condamnés par le tribunal correctionnel de Saint-Brieuc (Côtes d’Armor) à seulement trois et six mois de prison avec sursis. Le 14 mai, des députés ont proposé un projet d’écotaxe remanié. La mission parlementaire, chargée du dossier, veut maintenir le dispositif mais avec des aménagements. Les parlementaires proposent notamment une franchise de 400 kilomètres en moyenne par mois pourépargner les camions parcourant de courtes distances et ne pas pénaliser l’économie de proximité. Mais il s’agit de soigner la Bretagne, qui bénéficierait de conditions spéciales.

    Cela n’a pas vraiment rassuré l’un des leaders des Bonnets Rouges, Christian Troadec, pour qui le dispositif est mauvais dans son ensemble. Cependant le gouvernement semble vouloir temporiser  pour l’instant, ne voulant pas se risquer à une nouvelle flambée de protestation à quelques jours des élections européennes qui s’annoncent catastrophiques pour le PS.

    http://medias-presse.info/le-gouvernement-temporise-face-aux-bonnets-rouges/9930

  • Le travail de Cameron

    On évoque souvent en France, face à la crise qui frappe l'Europe, la réussite spectaculaire de nos voisins et cousins germains. A juste titre on nous la présente en exemple.

    Celle de nos amis d'outre-Manche vaut également le détour.

    En Allemagne, en effet, les lois Hartz, votées entre 2002 et 2005, et particulièrement la dernière en date connue sous le nom Hartz-IV, ont joué un rôle économique bénéfique incontestable. En revanche, sur le plan politique, leurs effets ne sont intervenus qu'au seul bénéfice d'Angela Merkel, principale adversaire de leur promoteur. Le chancelier de l'époque, Gerhard Schroeder commit l'erreur de provoquer en septembre 2005 des élections anticipées. Les résultats positifs de son "Agenda 2010" n'avaient pas encore pu commencer à être mesurés. Non seulement, il disparut de la vie politique à partir d'octobre 2005, mais son impopularité continuait encore à rejaillir sur sa jeune et charmante épouse. Celle-ci fut écartée en janvier 2012 de la candidature par les sociaux-démocrates de Basse-Saxe. Et, à son propos, un syndicaliste pourra déclarer :"Dieu merci, il reste des gens dans le parti pour lesquels il ne suffit pas d'être la femme de quelqu'un. Doris Schröder-Köpf ne porte pas le parfum métallo du parti." (1)⇓

    En Grande Bretagne, au contraire les bonheurs du pays ne se bornent pas à ceux de la famille royale.

    Dès la défaite électorale des travaillistes en 2010, un gouvernement de coalition était mis en place associant pour la première fois de l'Histoire les conservateurs et leurs rivaux séculaires libéraux-démocrates. Et le cabinet Cameron allait très rapidement prendre de courageuses mesures destinées à redresser une situation économique particulièrement dégradée.

    Il semble à cet égard indispensable de faire comprendre à nos compatriotes que les réformes très profondes entreprises dès sa constitution en 2010 par le nouveau pouvoir londonien, expliquent le retournement de la conjoncture. Attendre le retour d'une croissance venue du ciel, tels les aborigènes de Nouvelle Guinée espérant la venue des avions cargo, caractérise les socialistes parisiens et ne produira aucun effet bénéfique.

    Or, après quatre ans d'impopularité les sondages et les projections en termes de sièges parlementaires démontrent la remontée de la droite et récompensent son courage. Notre classe politique et pourrait en accepter la leçon.

    Mais il y a plus.

    Car une étude de la banque d'Angleterre tend à démontrer un autre effet, celui-là à long terme de la diminution de ces aides sociales. Celle-ci se traduira par une modification des mentalités. Dès maintenant, le nombre des entrepreneurs indépendants au Royaume-Uni atteignait début 2014 le chiffre record de 4,5 millions, en augmentation de 600 000 en quatre ans et 1,5 millions de nouveaux emplois ont été créés pendant la même période, essentiellement donc dans les petites unités de production.

    Très logiquement le ministre du Travail M. Iain Duncan Smith souligne ce qu'annoncent ces résultats tangibles et mesurables : « La diminution des aides sociales, dit-il, va créer en Grande-Bretagne une nouvelle génération d'entrepreneurs.»

    Ce pragmatique Écossais catholique, élu conservateur de Londres, déplaît par nature à cette gauche caviar traditionnellement si puissante dans l'intelligentsia britannique. Celle-ci pousse donc des hauts cris devant un tel constat. Une raison supplémentaire d'applaudir au delà-même des déclarations de Duncan Smith, au travail de David Cameron.

    JG Malliarakis      

    Apostilles

    1.  cf. "L'épouse de Schröder perd des primaires en Allemagne""in "Le Figaro" en ligne 31 janvier 2012. 

    http://www.insolent.fr/

  • Bouygues Telecom pourrait supprimer près d’un quart de ses effectifs

    Un Comité Central d’Entreprise est convoqué jeudi 15 mai. Le projet de suppression de 1.500 à 2.000 postes, révélé par « Le Figaro », pourrait être présenté.
    C’est la douche froide chez Bouygues Telecom. L’opérateur se prépare à supprimer entre 1.500 et 2.000 postes, ce qui représente près d’un quart des effectifs - l’entreprise emploie aujourd’hui 9.000 salariés. L’information, révélée ce matin par « Le Figaro », nous a aussi été confirmée. Selon une source proche de l’opérateur, un Comité Central d’Entreprise (CCE) a même été convoqué jeudi 15 mai, date de la publication des résultats du premier trimestre. Le plan de suppression de postes pourrait être présenté plus en détail lors de cette réunion.

     

    201104_bouygues_telecom_comptes_2010_1.png

    Cette vague de licenciements vient un peu plus d’un mois après l’échec de Bouygues Telecom dans sa tentative de rachat de SFR, finalement cédé à Numericable par Vivendi pour 13,5 milliards d’euros en cash et un solde de 20 % du capital. En difficulté depuis 2012 et l’arrivée de Free dans le mobile, la filiale du groupe de BTP espérait trouver, en cas de mariage avec SFR, les ressources suffisantes pour résister sur un marché alors réduit à trois opérateurs. En deux ans, Bouygues Telecom a en effet perdu 200.000 clients et a vu son revenu par abonné chuter, alors que 18% de ses clients ont opté pour sa marque low-cost B & You.

    Des difficultés dans la branche Entreprises
    Pour se relancer, Bouygues Telecom a misé sur son réseau 4G, mais en dépit du succès technologique _ Bouygues Telecom dispose du premier réseau 4G de France, même si Orange a largement comblé son retard _ le succès commercial se fait toujours un peu attendre. « Nous avons le plus grand réseau 4G, mais le chiffre d’affaires le plus faible des trois opérateurs historiques. Cherchez l’erreur ! », s’emporte Azzam Ahdab, représentant CFDT chez Bouygues Telecom, cité par Le Figaro.

    Chateau

    A la peine dans le mobile, le troisième opérateur national le serait aussi dans l’activité Entreprises. Selon nos informations, la publication des résultats du premier trimestre, jeudi, devrait à nouveau l’illustrer.
    Selon Le Figaro, le groupe travaillerait enfin à réduire les coûts de fonctionnement et notamment par le biais d’une simplification de sa grille d’offres qui compte actuellement six forfaits, qui se déclinent chacun en offre avec ou sans engagement, auxquels s’ajoutent les quatre tarifs de B & You dans le mobile, les offres pour la box et remises aux clients les plus fidèles.

    Afp via les Echos :: lien

    http://www.voxnr.com/cc/politique/EFAAlAkkAypzZZJWXZ.shtml

  • Alessandro Acquisti : La vie privée sur internet (VOSTFR)

    Alessandro Acquisti est chercheur au Carnegie Mellon University, il est spécialisé dans le domaine de la vie privée sur les réseaux sociaux ainsi que dans les aspects économiques liés aux données privées.

    http://fortune.fdesouche.com/

  • De Mitterrand à Hollande les présidents du chômage de masse…

    Jamais deux ans après son élection à la magistrature suprême un président de la République n’a été à ce point impopulaire. Il faut dire que plus les années et les chefs de l’Etat passent, moins il est facile de dissimuler l’effondrement du pays sur tous les plans. L’époque dite des Trente glorieuses était déjà une période de décadence pour notre nation avec la décolonisation, les débuts de l’immigration massive venue du Tiers monde, c’est-à-dire une colonisation à rebours et l’américanisation de notre société, de nos modes de vie et de pensée. Mais cette décadence politique, morale et spirituelle a été globalement acceptée par nos compatriotes parce qu’à cette époque nous connaissions encore le plein emploi, la croissance était forte et les Français s’étaient enrichis.

    Rivarol
    Les personnes âgées racontent volontiers que lorsqu’elles étaient jeunes cela n’était pas un souci de quitter un travail ou d’en être renvoyé, on retrouvait facilement un emploi correctement rémunéré. Aujourd’hui il n’en va pas de même. Combien de diplômés ayant fait parfois de longues études supérieures après leur baccalauréat échouent aujourd’hui sur le plan professionnel ?

    Les quatre derniers présidents de la Cinquième République ont tous été élus en faisant croire pendant leur campagne électorale qu’ils baisseraient fortement le chômage contrairement à leurs prédécesseurs. On se souvient de ce fameux débat télévisé entre les deux tours de la présidentielle de 1981 où François Mitterrand disait sans aménité au président sortant Valéry Giscard d’Estaing : « Vous êtes l’homme du passif » lui reprochant par là la montée du chômage. Le candidat de la gauche, en marchand d’illusions, s’était même engagé à ce que lui, élu, les demandeurs d’emploi n’atteignent jamais les deux millions. On sait ce qu’il en est advenu par la suite. A la fin de son second septennat, Mitterrand, dans une interview télévisée avait d’ailleurs avoué, fataliste, que tout avait été tenté (ce qui est faux) pour résorber le chômage mais que tout avait échoué et qu’en quelque sorte il n’y avait plus grand-chose à faire. Le 7 mai 1995, son successeur immédiat, Jacques Chirac, à peine élu, dans sa première allocution, promettait lui aussi, le menton en avant, que tout serait tenté, sans aucun tabou, pour réduire le chômage. Moyennant quoi pendant sa longue présidence les personnes sans travail ont été encore plus nombreuses qu’auparavant. Quant à Nicolas Sarkozy, en 2007, à l’université du MEDEF, il s’engageait à aller chercher avec les dents le point de croissance manquant à l’économie française afin de revenir graduellement au plein emploi. Dans un entretien télévisé, il s’était également engagé à ce que la courbe du chômage diminuât fortement avant le terme de son quinquennat. Ce ne fut pas le cas, ce qui n’empêcha toutefois pas Sarkozy d’être candidat à sa réélection car ces politiciens, malgré leurs échecs répétés, leurs promesses trahies, ne se croient coupables de rien et n’hésitent pas à solliciter la confiance des électeurs.

    L’échec de François Hollande est encore plus flagrant car jamais le chômage na été aussi élevé qu’aujourd’hui. « Comment voulez-vous, à la fin de mon mandat, si j’ai échoué sur la croissance, échoué sur le chômage, échoué sur le redressement du pays, je puisse dire “j’ai la solution pour la suite” ? Je vais me battre. Si on doit regarder l’échec, il est sur une promesse que j’ai faite et répétée d’inverser la courbe du chômage, ce n’est pas encore le cas, nous l’avons stabilisé, nous ne l’avons pas inversé » a déclaré Hollande le mardi 6 mai lors d’un entretien sur RMC et BFM-TV avec le journaliste Jean-Jacques Bourdin à l’occasion de ses deux ans de présidence. Le chef de l’Etat ment car le chômage n’a pas été stabilisé sous sa présidence, il a bel et bien augmenté, battant même des records historiques…

    jeromebourbon@yahoo.fr

    La suite dans le journal RIVAROL de cette semaine

  • De Mitterrand à Hollande les présidents du chômage de masse…

    Jamais deux ans après son élection à la magistrature suprême un président de la République n’a été à ce point impopulaire. Il faut dire que plus les années et les chefs de l’Etat passent, moins il est facile de dissimuler l’effondrement du pays sur tous les plans. L’époque dite des Trente glorieuses était déjà une période de décadence pour notre nation avec la décolonisation, les débuts de l’immigration massive venue du Tiers monde, c’est-à-dire une colonisation à rebours et l’américanisation de notre société, de nos modes de vie et de pensée. Mais cette décadence politique, morale et spirituelle a été globalement acceptée par nos compatriotes parce qu’à cette époque nous connaissions encore le plein emploi, la croissance était forte et les Français s’étaient enrichis.

    Rivarol
    Les personnes âgées racontent volontiers que lorsqu’elles étaient jeunes cela n’était pas un souci de quitter un travail ou d’en être renvoyé, on retrouvait facilement un emploi correctement rémunéré. Aujourd’hui il n’en va pas de même. Combien de diplômés ayant fait parfois de longues études supérieures après leur baccalauréat échouent aujourd’hui sur le plan professionnel ?

    Les quatre derniers présidents de la Cinquième République ont tous été élus en faisant croire pendant leur campagne électorale qu’ils baisseraient fortement le chômage contrairement à leurs prédécesseurs. On se souvient de ce fameux débat télévisé entre les deux tours de la présidentielle de 1981 où François Mitterrand disait sans aménité au président sortant Valéry Giscard d’Estaing : « Vous êtes l’homme du passif » lui reprochant par là la montée du chômage. Le candidat de la gauche, en marchand d’illusions, s’était même engagé à ce que lui, élu, les demandeurs d’emploi n’atteignent jamais les deux millions. On sait ce qu’il en est advenu par la suite. A la fin de son second septennat, Mitterrand, dans une interview télévisée avait d’ailleurs avoué, fataliste, que tout avait été tenté (ce qui est faux) pour résorber le chômage mais que tout avait échoué et qu’en quelque sorte il n’y avait plus grand-chose à faire. Le 7 mai 1995, son successeur immédiat, Jacques Chirac, à peine élu, dans sa première allocution, promettait lui aussi, le menton en avant, que tout serait tenté, sans aucun tabou, pour réduire le chômage. Moyennant quoi pendant sa longue présidence les personnes sans travail ont été encore plus nombreuses qu’auparavant. Quant à Nicolas Sarkozy, en 2007, à l’université du MEDEF, il s’engageait à aller chercher avec les dents le point de croissance manquant à l’économie française afin de revenir graduellement au plein emploi. Dans un entretien télévisé, il s’était également engagé à ce que la courbe du chômage diminuât fortement avant le terme de son quinquennat. Ce ne fut pas le cas, ce qui n’empêcha toutefois pas Sarkozy d’être candidat à sa réélection car ces politiciens, malgré leurs échecs répétés, leurs promesses trahies, ne se croient coupables de rien et n’hésitent pas à solliciter la confiance des électeurs.

    L’échec de François Hollande est encore plus flagrant car jamais le chômage na été aussi élevé qu’aujourd’hui. « Comment voulez-vous, à la fin de mon mandat, si j’ai échoué sur la croissance, échoué sur le chômage, échoué sur le redressement du pays, je puisse dire “j’ai la solution pour la suite” ? Je vais me battre. Si on doit regarder l’échec, il est sur une promesse que j’ai faite et répétée d’inverser la courbe du chômage, ce n’est pas encore le cas, nous l’avons stabilisé, nous ne l’avons pas inversé » a déclaré Hollande le mardi 6 mai lors d’un entretien sur RMC et BFM-TV avec le journaliste Jean-Jacques Bourdin à l’occasion de ses deux ans de présidence. Le chef de l’Etat ment car le chômage n’a pas été stabilisé sous sa présidence, il a bel et bien augmenté, battant même des records historiques…

    jeromebourbon@yahoo.fr

    La suite dans le journal RIVAROL de cette semaine

  • Europe : L’austérité aurait détruit 10 millions d’emplois

    L’Institut des Syndicats Européens (ETUI) a publié une étude sur l’emploi en Europe. Les mesures d’austérité y sont décriées: près de 10 millions d’emplois à temps plein auraient été détruits. Le taux d’emploi serait passé de 65,8% en 2008 à 64,1% en 2013. Mais dans son livre publié fin avril, Herman Van Rompuy, le Président du Conseil européen, y défend les mesures, prises pour sauver l’emploi.

    A l’approche des élections européennes, l’étude de l’Institut des Syndicats Européens (ETUI) n’est pas anodine. Teintée d’une note négative, celle-ci estime que l’Europe est à mi-chemin vers une décennie perdue et appelle au changement. Les résultats de l’étude indiquent que le taux de chômage européen, très élevé, met à mal la stratégie « Europe 2020″, lancée en 2010, et qui avait comme objectif de renouer avec une croissance durable et intelligente.

    Dans son infographie vidéo, L’ETUI affirme que « les mesures d’austérité n’ont pas permis d’obtenir les résultats escomptés. Elles ont au contraire prolongé la récession au lieu de booster la croissance économique. (…) Avec la crise, les mesures politiques n’ont pas réussi à empêcher les destructions d’emploi. Plus de 9,9 millions d’emplois ont été détruits. »

     

    Le chômage des jeunes aurait augmenté partout en Europe (Italie : +16,9% ; Espagne : + 32,2% ; Grèce : + 38,4%), à l’exception de l’Allemagne (-3,2%). Plus de 13 millions de personnes seraient susceptibles de tomber dans la pauvreté. L’Institut remarque que si les chômeurs sont le groupe présentant le plus haut risque, les travailleurs y sont de plus en plus exposés.

    L’Union européenne est sortie renforcée

    A la fin du mois d’avril, Herman Van Rompuy a publié un livre où il relate ses expériences en tant que Président du Conseil européen. Un poste qu’il quittera à la fin de l’année, après deux mandats. Son analyse est toute autre.

    Herman Van Rompuy explique: « Bien sûr l’Union Européenne est renforcée, on a renforcé toutes les institutions et c’est un paradoxe, le conseil européen qui est considéré comme une institution intergouvernementale a renforcé le rôle de la Commission européenne et aussi de la Banque centrale européenne. Nous ne parlons que de la surveillance unique de toutes les banques dans l’eurozone. Bien sûr, de temps à autre, la prise de décision a été lente pour une raison bien simple : on était à 18 dans la zone euro, on était à 28 dans l’Union Européenne pour tomber d’accord. On a fait un budget européen avec 28 pays représentant plus de 100 partis politiques à travers toute l’Europe donc il faut bien réaliser le degré de difficulté« .

    « On a évité la faillite »

    Et il pointe les États en crise: « Il y a encore une autre chose : la Grèce, l’Irlande et le Portugal ont attendu jusqu’à la dernière minute avant qu’on puisse agir. On a tendance à oublier ça. Et surtout, ce qu’on oublie, c’est que les grands problèmes ne se sont pas posés aujourd’hui, les problèmes se sont posés avant la crise financière.

    Il y avait un haut niveau de chômage structurel en Europe bien avant la crise financière, il y avait un manque de contrôle des différentes politiques économiques. Si on avait agi à temps, l’austérité n’était plus autant nécessaire qu’aujourd’hui ou que les dernières années. Donc des erreurs graves ont été commises de négligence, de manque de politiques courageuses au début de l’histoire de l’euro« .

    « Il ne faut pas confondre croissance et austérité »

    Le président du Conseil estime qu’il ne faut pas opposer croissance et austérité. « Non, parce qu’à un moment donné il n’y avait pas d’autre issue et en Belgique on le sait aussi. J’ai commencé ma carrière politique dans les années 80, on avait un déficit de 15%. Avec un déficit de 15% du PIB, il faut agir parce qu’on met en péril l’avenir des générations futures et certains pays n’avaient plus accès aux marchés internationaux, si on n’avait pas aidé ces pays, ils auraient fait faillite, si on n’avait pas réussi à sauvegarder la stabilité de l’eurozone, aujourd’hui on ne parlerait plus de récession, on parlerait de dépression. Cela, on l’a évité« .

    Herman Van Rompuy défend les politiques menées dans les pays en crise, malgré les taux de chômage élevés en Espagne, en Grèce, au Portugal… « Tout ce qu’on a fait, on ne l’a pas fait pour notre plaisir, tout ce qu’on a fait a un but éminemment social, c’est pour sauvegarder la prospérité future et l’emploi »

    RTBF

    http://fortune.fdesouche.com/338557-europe-lausterite-aurait-detruit-10-millions-demplois#more-338557

  • L'affaire Alstom, symptomatique d'une cécité stratégique française, ... et européenne

    C'est l'analyse de Christian Harbulot à la Radio télévision suisse.

    Ecouter

     Le même Harbulot donne un entretien intéressant sur Theatrum Belli. Extrait.

    "Dans son célèbre ouvrage Histoire de France, Jacques Bainville nous rappelait que la France a toujours été un pays fragile où il est difficile d’obtenir un consensus sur le sentiment d’unité nationale. Je crois que c’est à partir de ce constat qu’il faut revenir sur votre question. Une réponse  trop facile serait de dire que la France coule depuis que ses élites ne croient plus en elle et donc de renvoyer à la catastrophe de juin 1940. Mais je crois qu’il faut remonter beaucoup plus loin pour cerner les étapes qui aboutissent à la négation de la légitimité du besoin de puissance. Je me suis arrêté dans mon ouvrage sur une période charnière durant laquelle la Grande Bretagne, profitant de notre faiblesse après 1815, détruit par la connaissance notre système de pensée sur la souveraineté économique. Le passage au libéralisme a été l’élément déterminant qui a jeté la confusion dans les esprits. Les Britanniques ont mis en avant un discours d’ouverture des marchés qui servait leur intérêt de puissance du moment. Nous l’avons intégré comme un credo atemporel sans le moindre recul critique par rapport à ses objectifs cachés. Cette manière de voir le monde a fortement pénalisé notre capacité de lire dans le jeu de l’adversaire dans le domaine géoéconomique. En 2014, les défenseurs français du modèle libéral (à droite comme à gauche)  n’arrivent toujours pas à dissocier leur lecture « pacifique » de la mondialisation marchande des  enjeux de puissance du moment. A ce stade de cécité, c’est ce que les Anglo-saxons appelleraient de la self deception."

    Paula Corbulon