
Complotisme… populisme… Ces deux mots sont le bouclier verbal du microcosme qui préfère anathématiser ses ennemis au lieu de démontrer qu’ils se trompent… Or, comment faut-il appeler une « machination judiciaire », une « manipulation collective », une « entente complice » entre des politiques, des magistrats et des journalistes pour agir sur une élection présidentielle au point sans doute d’en changer le résultat ? J’emprunte ces mots à Philippe Bilger, peu suspect de complotisme ou de populisme, et qui a eu l’honnêteté intellectuelle de modifier son jugement après les déclarations sous serment de l’ancien procureur du Parquet National Financier, Mme Eliane Houlette, qui auditionnée par une Commission de l’Assemblée Nationale, avait révélé les pressions qu’elle avait subies, pour ne pas dire le harcèlement, de la part du Parquet Général, pour faire avancer l’affaire, et communiquer les pièces qui, au mépris du secret de l’instruction se trouvèrent ensuite dans la presse, elle-même peu soucieuse de la présomption d’innocence. Non, ce n’était pas le fonctionnement normal de la justice, mais une exécution politique destinée à empêcher un candidat expérimenté et conservateur d’être élu président, et à faire élire un progressiste sans expérience, avec les résultats calamiteux que l’on connaît maintenant. Le mot complot s’impose à l’évidence, complot de cabinet et d’antichambre, complot du sérail, complot de l’oligarchie de gauche, de cette caste de politiciens, de hauts fonctionnaires, d’hommes d’affaires influents, de journalistes et de communicants en tous genres qui gangrène notre pays depuis des décennies avec la complicité d’une « droite » au cerveau atrophié, et soumise. Le lâchage de Fillon par les pleutres de son camp et par les opportunistes avides de pouvoir dessine les contours de notre « establishment », de notre nomenclature, de notre « Etat profond », de l’ensemble de ceux pour qui « populiste » est une injure, parce que le peuple est méprisable d’ignorance et de grossièreté et ne doit pas importuner la ronde festive des « sachants » dans les Palais de la République.
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