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actualité - Page 3994

  • Agitation sociale, hypocrisie

    L'agitation des dernières semaines n'a pas l'heur de plaire aux bons républicains, qu'ils soient socialistes ou « de droite », en tout cas « tous libéraux » de coloration plus ou moins marquée, et les partisans du gouvernement actuel en rajoutent parfois dans l'indécence et, même, l'ignominie : ne sont-ce pas ces derniers qui, jadis, osaient revendiquer des positions « ouvriéristes » et se réclament encore du Front Populaire de 1936, en oubliant les conditions et les situations du moment, les grèves dures et le blocage entier d'un pays (au moment même où Hitler, de l'autre côté du Rhin, réarmait à vitesse grand V) pour obtenir des avancées sociales que Léon Blum n'avait pas promis à la veille des élections ? Sur le plan social, 1936 fut une tentative d'en finir avec 1791, avec rudesse, avec maladresse et sans doute en des temps qui ne s'y prêtaient pas vraiment (trop tard, sans doute, au regard du moment économique et de l'instant géopolitique... 1920 aurait été préférable !). Mais, si le Front Populaire fut un échec économique et prépara, sans doute, à la défaite militaire de 1940, il fut un immense espoir social et il serait dommage de le négliger : comment les royalistes qui, justement, parlent de « social » (pour ceux qui en parlent, pas forcément très nombreux...) pourraient-ils méconnaître cet aspect-là des choses ?

    L'hypocrisie des soutiens du gouvernement me navre et me fâche : les entendre parler de « prise d'otages » pour signifier des grèves et des blocages de raffinerie (aussi ennuyeux soient-ils pour l'usager que je suis), ou encore évoquer « la chienlit » pour définir manifestations et syndicats m'énerve au plus haut point, pas forcément pour les raisons que l'on croit : ce que je déteste, c'est aussi cette criminalisation de toute contestation, déjà opérée au moment du débat sur la loi Taubira, et j'observe, par la même occasion, l'amnésie de certains manifestants de cette époque qui en appelle aujourd'hui à ce qu'ils dénonçaient bruyamment il y a trois ans... M. Valls emploie les méthodes qui lui ont si bien réussi en 2013, avec le consentement à peine dissimulé des partis de droite : passer en force, marginaliser les opposants et les pousser à la radicalisation (même si certains n'avaient pas besoin de cela pour être, déjà, des « radicaux »...), « rétablir l'ordre par tous les moyens », en l'occurrence « légaux », au risque d'épuiser des forces de police et de gendarmerie déjà très exposées et parfois épuisées à la veille même de grands événements sportifs pour lesquels elles seront fortement sollicitées dans la cadre de la lutte contre la délinquance et le terrorisme...

    La mémoire aujourd'hui, c'est la toile qui la conserve le mieux, et les archives audiovisuelles des années passées nous rappellent les propos de M. Hollande contre l'usage du 49.3 ou ceux de M. Valls sur la contestation quand ils étaient encore dans l'opposition. Mais ces messieurs n'en ont cure, et le rouleau compresseur de « la Loi » continue inexorablement son écrasement des « acquis sociaux » au moment même où les plus riches accélèrent la course à la démesure des revenus (les leurs, en fait !) et soignent leurs actionnaires plutôt que leurs salariés, allant jusqu'à remplacer ces derniers par des robots qui, eux, ne revendiquent pas : l'entreprise Foxconn spécialisée dans la production des téléphones d'Apple va ainsi « économiser » (sic) 60.000 emplois !

    Étrangement si l'on croit encore à leurs propos électoraux (ce qui n'est pas mon cas, sans étrangeté), les socialistes sont plus sévères avec les salariés, qu'ils soient de Goodyear ou d'Air France, qu'avec les grands patrons ou les représentants des multinationales qui n'hésitent plus à « se servir », entre salaires exorbitants et retraites chapeaux, et autres joyeusetés financières... Bien sûr, le gouvernement en appelle, à chaque affaire de démesure patronale ou actionnariale, à la raison mais sans y croire et sans trop presser les choses, et rien ne change en ce domaine, tandis que nombre de petits entrepreneurs, eux, ne savent pas comment finir le mois et garder à flots leur entreprise : « Selon que vous serez puissant ou misérable », dit le poète...

    Tristes sires, ces socialistes ; triste République, cette oligarchie...

    http://nouvelle-chouannerie.com/index.php?option=com_content&view=article&id=1317:agitation-sociale-hypocrisie-socialiste&catid=50:2016&Itemid=61

     

  • Pour briser le dogme des droits de l’homme ! par Thierry DUROLLE

    Dogme moderne a priori indépassable auquel la révérence est de mise, les Droits de l’Homme sont invoqués à tout bout de champ, notamment pour recadrer celles et ceux qui s’aventureraient hors des limites de la bienséance actuelle et du politiquement correcte. Comment une idéologie que l’on nous présente comme louable s’est-elle in fine retournée contre nous ? En effet, il suffit par exemple de critiquer l’invasion migratoire des soi-disant « réfugiés » pour recevoir en pleine face la sempiternelle réponse: « Et les Droits de l’Homme dans tout ça ? ». Le plus ironique est que, selon la  réponse – en l’occurrence la mauvaise – vous serez illico presto exclu de la dite Humanité… Bref, comprendre ces fameux Droits de l’Homme (que nous abrégerons en « DdH » par la suite) s’impose de toute évidence. Paru initialement en 2004,  Au-delà des droits de l’homme. Pour défendre les libertés d’Alain de Benoist s’attelle à disséquer ces derniers. L’ouvrage, augmenté d’une postface sur le libéralisme, est maintenant réédité aux éditions Pierre-Guillaume de Roux.

    Pour Alain de Benoist au commencement des DdH était l’opposition entre objectivité et subjectivité. Selon lui « la tradition européenne a toujours affirmé la nécessité pour l’homme de lutter contre sa seul subjectivité. À l’inverse, toute l’histoire de la modernité, dit Heidegger, est l’histoire du déploiement de la métaphysique de la subjectivité ». La basculement d’un critérium objectif, c’est-à-dire qui nous dépasse, qui nous est supérieur, vers un critérium subjectif, c’est-à-dire anthropocentriste, « conduit obligatoirement au relativisme (tout se vaut), rejoignant ainsi la conclusion égalitaire de l’universalisme (tous se valent) ». Aussi « le relativisme ne peut-être surmonté que par l’arbitraire du moi (ou du nous) : mon point de vue doit prévaloir au seul motif qu’il est le mien (ou qu’il est le nôtre) ». Le tandem Universalisme/Subjectivisme des DdH agit de sorte que la personne est définie hors de son cadre d’appartenance (famille, culture, hiérarchie, etc.) et devient ainsi un individu dans l’Universel dont les droits seraient envisagés comme « des attributs subjectifs du seul individu ».

    D’un point de vue historique les DdH émergent tel que nous les connaissons à la fin du XVIIIe siècle, en 1776 aux États-Unis d’Amérique et en 1789 en France, mais ils ne constituent pas encore un « rôle essentiel dans le discours publique ». Ce changement va s’opérer dans les années soixante-dix avec la critique des régimes totalitaires (principalement communistes à l’époque) mais également avec l’essor du néo-libéralisme. Toujours d’un point de vue international, les DdH sont en outre synonyme du « retour de l’idée de « guerre juste » et la mise en place d’institutions judiciaires supra-nationales » même si, dans les faits, ils servent bien souvent d’alibi à la violation du droit international, à l’ingérence militaire et/ou humanitaire et au mépris de la souveraineté des États. Au sein des sociétés occidentales les DdH accompagnent les revendications sociétales (cf. l’homoconjugualité et l’homoparentalité), la désintégration du clivage gauche/droite et l’individualisation de la société. En fin de compte les DdH sont, volens nolens, du pain béni pour le système libérale-libertaire : « Intrinsèquement lié à l’expansion des marchés, le discours des droits de l’homme constitue de nos jours l’armature idéologique de la globalisation, écrit Alain de Benoist. Il est avant tout un instrument de domination, et doit être regardé comme tel. »

    Pour aller plus loin dans la compréhension des DdH, il paraît inévitable de savoir de quels hommes et de quels droits l’on parle. « L’idéologie des droits de l’homme proclame ainsi que l’homme non politique et non social est l’homme « naturel » – et même que c’est en tant qu’il échappe au social qu’il doit être comme naturel. » Cette conception de l’homme-atome, autrement dit de l’individu, a pour effet notoire la « non-reconnaissance absolue du fait que les hommes ainsi définis, dénués de qualités, deviennent fondamentalement interchangeables ». Cette dernière qualité semble indispensable quant à la constitution du producteur-consommateur dont le néo-libéralisme se sert comme main d’œuvre, de l’expansion du libre-échange et de la société marchande en générale. D’ailleurs Alain de Benoist ne s’y trompe pas et de citer à plusieurs reprises Karl Marx qui fut extrêmement critique des DdH en tant qu’idéologie bourgeoise : « Cet être séparé, cette monade pour qui la société n’est qu’une limitation de son indépendance originelle […] n’est autre que l’homme tel que le conçoit l’idéologie libérale bourgeoise. » Alain de Benoist note que « l’argument central de Marx est que, sur la base des droits de l’homme, on ne peut faire aucune objection au rapport marchand comme libre contrat entre libres propriétaires égaux devant la loi. Celui qui vend sa force de travail et celui qui l’achète ont les mêmes droits […]. L’idéologie des droits de l’homme, selon une formule bien connue, accorde les mêmes droits au loup et au mouton, au renard et au poulailler ». Justement, en parlant de « droit », l’auteur sur la conception traditionnel de celui-ci : « À l’origine, le droit se définit nullement comme un ensemble règles et de normes de conduite (qui relèvent de la morale), mais comme une discipline visant à déterminer les meilleurs moyens d’instaurer l’équité au sein d’une relation », si bien que « dans cette conception du droit naturel classique, il n’y a place ni pour l’universalisme, ni pour le subjectivisme ni pour le contructualisme. Un droit subjectif, un droit qui serait une propriété de la personne en dehors de toute vie sociale est impensable ». Mais tout cela va changer avec l’essor du christianisme qui « proclame en effet la valeur unique de chaque être humain en la posant comme une valeur en soi » et qui « donne une définition purement individuelle de la liberté, dont il fait la faculté, pour être doué de raison, de  choisir conformément à la morale entre les moyens qui conduisent à une fin ». « Le droit cesse d’être conçu comme une relation d’équité et devient la reconnaissance sociale du pouvoir (potestas) de l’individu » pour ensuite, sous l’influence de la Scolastique espagnole, se teinter de morale : « L’individu, note Michel Villey, lui-même cité par l’auteur, devient le centre, et l’origine, de l’univers juridique. » C’est ici ce qui sépare ontologiquement le droit naturel classique, de nature « cosmologique » et de fait, objectif, du droit naturel moderne où le sujet est mesure de toute chose; « le droit n’a plus été pensé à partir de la loi divine, mais à partir de la seule nature humaine caractérisée par la raison. Révolution à la fois philosophique et méthodologique, qui va avoir des prolongements politiques d ’une ampleur considérable ». Ainsi « le droit est désormais une propriété individuelle, une qualité inhérente au sujet, une faculté morale qui donne des permissions et autorise à exiger »; par conséquent « l’État et la loi elle-même ne sont plus que des outils destinés à garantir les droits individuels et à servir les intentions des contractants ».

    Alain de Benoist, farouche opposant à l’idéologie du Même, en vient naturellement à questionner la compatibilité des DdH et de la diversité des cultures : « On est en fait au cœur d’un vieux débat portant sur l’un et le multiple, l’universel et le singulier, le Même et l’Autre, etc. ». Nous l’avons vu, les DdH sont une idéologie universelle car « valable en tous temps et tous lieux ». Dans ce cas, « comment comprendre que le caractère universel des droits ne soit apparu comme une « évidence » que dans une société particulière ? » Du coup, la notion même d’universalité devient problématique et c’est à juste titre l’une des critiques émises à l’encontre des DdH. D’autre part, qui aurait la légitimité et l’autorité (sans parler de la nature de celle-ci) pour décider de la bonne application de ces fameux droits urbi et orbi ? Étant donné que « la notion des droits de l’homme est purement occidentale, son universalisation à l’échelle planétaire représente de toute évidence une imposition du dehors, une manière détournée de convertir et de dominer, c’est-à-dire une continuation du syndrome colonial ». Difficile de ne pas voir dans les DdH une version sécularisée du christianisme. Mais là où ce dernier fut forcé à la compromission avec les théogonies et les coutumes locales pour s’imposer à divers endroits du globe (l’Europe en étant le parfait exemple), les DdH, quant à eux, vont nettement plus loin et son de toute manière, un pas de géant dans l’involution des civilisations, notamment la nôtre. Ce processus engendre parallèlement une uniformité basé sur des conceptions abstraites et « universelles » de la notion d’Homme et surtout de droits qui sont tout sauf propice à une diversité des cultures… 

    Enfin, les DdH sont examinés en rapport avec les questions de libertés, de politique et de démocratie. Et une fois de plus l’auteur ne trouve pas grand-chose de positif : « L’idéologie des droits de l’homme n’a empêché, par exemple, ni la domination des peuples par des élites mondialisées, ni le conditionnement publicitaire, ni l’instauration d’une société de surveillance et de contrôle tous azimuts. » L’individu, étant dorénavant émancipé et attribué de droits soi-disant universels, est libre d’être entièrement soumis à lui-même et à ses désirs, chose qui arrange bien les publicitaires et, en général, les chantres de la société marchande. Une autre dérive causé par les DdH est « l’extraordinaire montée en puissance de la sphère juridique, désormais perçue comme capable par elle-même de réguler la vie politique et de pacifier la vie sociale. […] Se dessine alors un océan procédural où les avocats et les juristes se retrouvent chargés de réguler, avec un bonheur inégal, la nouvelle lutte de tous contre tous. Et le discours des droits enfle encore avec l’internationalisation des litiges liés à l’extension des échanges commerciaux et des risques globaux ». Effectivement, il est clair que « le droit international issu de l’ordre westphalien (1648) est aujourd’hui pareillement bouleversé par l’idéologie des droits de l’homme, qui justifie le droit (ou le devoir) « d’ingérence humanitaire », c’est-à-dire la guerre préventive, naguère régulièrement assimilée à la guerre d’agression ». Il en résulte que « les nations et les peuples ne sont plus libre de mener la politique qu’ils veulent » et « qu’aussi longtemps qu’il n’existe pas de gouvernement mondial, le droit d’ingérence humanitaire ne peu être qu’un simulacre de droit ». Que cela soit à l’échelle de l’État-nation ou à l’échelle internationale, les bouleversements juridiques et politiques engendrés par les DdH sont incontestables. « La proclamation des droits revêt dès l’origine un sens antipolitique. Comme le remarque Carl Schmitt, elle signifie que « la sphère des libertés de l’individu est en principe illimitée, tandis que celle des pouvoirs de l’État est par principe limité ». Parallèlement, la théorie des droits de l’homme crée une nouveauté radicale : une liberté indépendante de toute participation aux affaires politiques, idée qui aurait été considérée dans l’Antiquité « comme absurde, immorale et indigne d’un homme libre (Carl Schmitt) ». » Ainsi les DdH contribuent à l’effacement du politique, ce qui arrange et s’accorde aussi avec la société marchande et le libéralisme. Parmi les concepts, les principes invoqués et récités ad nauseam tel des mantras, au côtés des DdH l’on retrouve le plus souvent l’idée de démocratie. Pourtant les deux ne sont si compatible que ça. Déjà le premier officie, en tant que doctrine, sur le terrain de la morale puis du juridique alors que la démocratie est quant à elle une doctrine politique; mais surtout leurs sujets respectifs, à savoir l’individu et le citoyen ne sont pas sujet du même droit : « La théorie des droits de l’homme donne indistinctement le droit de vote à tous hommes en tant qu’ils sont des hommes (« un homme, une voix »). La démocratie donne le droit de vote à tous les citoyens, mais le refuse aux non-citoyens. Les droits démocratiques du citoyen, écrit Carl Schmitt, ne présupposent pas l’individu humain libre dans l’état extra-étatique de « liberté », mais le citoyen vivant dans l’État. […] Ils ont de ce fait un caractère essentiellement politique. » Dès lors s’opposer au vote des étrangers lors d’élections locales par exemple devient un affront aux DdH, y compris si la majorité du peuple est en désaccord vis-à-vis d’un tel projet de loi; puis de toute façon « les votes démocratiques n’allant pas dans le sens des droits de l’homme sont donc immédiatement rejetés comme « irrationnels » et illégitimes ». « Le discours des droits de l’homme se donne d’emblée comme certitude morale, comme vérité universelle, censée s’imposer partout du seul fait de son universalité. Sa valeur ne dépend donc pas d’une ratification démocratique. Mieux encore, il peut s’y opposer. »

    Réquisitoire parfaitement argumenté et documenté par un panel de critiques allant des auteurs de la Contre-Révolution ou même Karl Marx, Au-delà des droits de l’homme. Pour défendre les libertés est une lecture obligatoire pour le lecteur désirant étoffer son argumentaire DdH. La postface n’apporte pas vraiment un plus et le lecteur bien au fait des articles du directeur de Krisis et de Nouvelle École est sans doute déjà coutumier du discours de l’auteur sur le libéralisme. En tout cas cette roborative lecture est à conseiller à tous les ennemis du Même et surtout aux militants identitaires de tous poils !

    Thierry Durolle

    • Alain de Benoist, Au-delà des droits de l’homme. Pour défendre les libertés, Éditions Pierre-Guillaume de Roux (41, rue de Richelieu, F – 75001 Paris), 185 p., 2016, 19 €.

    • Nouveau collaborateur régulier à Europe Maxima, Thierry Durolle vient aussi de participer au prochain numéro (juin – juillet 2016) de Réfléchir & Agir.

    http://www.europemaxima.com/

  • Une réflexion sur les intellectuels médiatiques

    Le terme d’intellectuel, comme tant d’autres aujourd’hui, est désormais galvaudé. On l’utilise donc beaucoup, sans avoir en tête ce qu’il signifie exactement. Qu’est-ce au juste qu’un intellectuel ? Il s’agit d’un homme qui fait autorité dans son domaine de prédilection et qui, au nom de cette compétence réelle, prend position dans un secteur qui n’est pas le sien.
    C’est ainsi que lorsque le communisme commença à monter en puissance il obtint le soutien aussi bien de grands écrivains comme de grands scientifiques. Si bien des premiers restèrent fidèles, la plupart des second quittèrent assez vite la politique.
    Jean Paul Sartre fut l’intellectuel emblématique du vingtième siècle en France. On peut citer Russel pour le monde anglo-saxon. Sartre, maître de l’existentialisme, vantait la liberté totale humaine ; face à une vie dénuée de sens, l’engagement était la solution. D’où la propension de Sartre à participer à de très nombreuses manifestations. Paradoxalement, lorsque le grand moment de l’engagement – la seconde guerre mondiale – Sartre ne choisit de s’investir ni dans la Résistance, ni dans la collaboration …
    On peut, au sujet des intellectuels émettre plusieurs réserves :
    1/ On peut se demander si un mathématicien ou un physicien, même de renom, sont les mieux placés pour exprimer un point de vue sensé quant à la politique.
    2/ La notion d’intellectuel s’est aujourd’hui généralisée et ce sont désormais les « people » qui se prennent pour des intellectuels. Ainsi par exemple les footballeurs qui se permettent de donner leurs avis sur les problèmes sociétaux.
    3/ Les occidentaux aujourd’hui, contrairement au passé (voir Sartre ou Camus), ne se préoccupent plus des prises de position des cérébraux comme on pourrait les appeler. Ils considèrent que telle ou telle prise de position sont, pour utiliser l’expression à la mode, « prise de tête ». En ce sens, les engagements des uns et des autres n’intéressent plus personne…
    4/Concernant l’intellectuel typique en France, Bernard Henri Levy, il n’est pas philosophe. Pas davantage que Michel Onfray. Ce ne sont que des essayistes, de formation philosophique certes, mais sans être philosophe. Comme la plupart des « intellectuels médiatiques », ils ne cherchent que les feux de la rampe, ce afin que leur ego soit valorisé. D’où leur omniprésence sur les plateaux de télévision, là où ils seront vus, ce qui constitue leur préoccupation majeure. On est ici bien éloigné des valeurs supérieures que sont le Vrai, le Bien et le Beau …
    5/ Il n’est pas inutile de rappeler que des grands chercheurs tels Claude Levi-Strauss ou Paul Ricoeur, répugnaient eux, à prendre position dans des domaines intellectuels qui n’étaient pas les leurs …

    Philippe Delbauvre Emprise : Façonner le réel :: lien

    http://www.voxnr.com/cc/di_varia/EuyVpVEpEkkgUZAIjh.shtml

  • Les causes profondes de la guerre dans le Donbass

    Ci-après un article paru dans la livraison de mai 2016 de Sans Frontières, journal de l’Institut franco-russe de Donetsk. Les propos sont ceux qu’a tenus le président de l’Association Urgence Enfants du Donbass lors d’une table ronde à Donetsk le 10 mai dernier sur le thème « La Situation dans le Donbass dans le contexte des processus géopolitiques contemporains ».

    Nous laissons à l’auteur la responsabilité de son interprétation mettant en cause une certaine idéologie anglo-saxonne et son « Grand Jeu ».
    Polémia

    Je vais essayer dans cet exposé de vous présenter ma vision de la guerre que l’Occident mène dans le Donbass depuis bientôt deux ans par l’intermédiaire de ses supplétifs de Kiev ou par les mercenaires venus du monde entier pour « casser du moskal », comme certains disent à Lvov.

    La grande erreur, de mon point de vue, serait de s’en tenir aux apparences, et même de celles qui ont été peu médiatisées, du moins en Occident. Ainsi par exemple, tous ici nous savons, grâce à Madame Victoria Nuland, que les Etats-Unis ont investi 5 milliards de dollars depuis 1991 en Ukraine. Officiellement, cet argent a été investi pour, je cite Mme Nuland, « favoriser la participation citoyenne et la bonne gouvernance… et aider l’Ukraine à devenir prospère, sûre et démocratique ». Il est certain que lorsque l’on vient en Ukraine aujourd’hui, on voit partout la prospérité, la sécurité et la démocratie !!!

    Je ne connais pas le détail de l’affectation de ces 5 milliards de dollars, mais j’ai observé que pendant ces années post-soviétiques en Ukraine comme dans d’autres pays de l’ancien Pacte de Varsovie, on avait vu de nombreux pasteurs évangélistes venir convertir les populations, car la propagande religieuse est une des armes qu’utilisent les Anglo-Saxons pour subvertir les esprits. Une partie de ces 5 milliards a certainement été utilisée aussi pour transformer les manuels scolaires et les « ukrainiser » afin de favoriser l’émergence d’un sentiment national ukrainien qui se dresserait contre Moscou ou tout ce qui représente l’âme russe. De la même façon, ont dû être financées par Mme Albright, M. Soros et leurs amis des associations culturelles ou religieuses pour développer les sentiments antirusses.

    Depuis l’élection de Leonid Kravtchouk en 1991 jusqu’à nos jours, c’est-à-dire pendant un quart de siècle, les Américains auraient donc investi 5 milliards de dollars pour arracher l’Ukraine à la sphère d’influence de Moscou. Cet argent aura été employé dans les sphères politiques, religieuses, artistiques et culturelles, économiques, afin d’influencer les esprits et de provoquer des mutations profondes dans la pensée des gens par la réécriture de l’histoire, la désinformation, l’occultation de certains faits ou la déformation de ceux-ci. Voilà très exactement la définition de ce que les Américains appellent eux-mêmes le « soft power ».

    Ce concept, développé dans son livre Bound to Lead par le professeur américain Joseph Nye dans les années 90 du siècle dernier, soutient qu’il est possible d’affirmer sa puissance aujourd’hui par la persuasion et la contrainte douce sans avoir à utiliser d’emblée la puissance militaire ou les moyens de rétorsion. Mais comme les Américains n’ont gardé de leur médiocre mythologie et de leur courte histoire que les bagarres entre les cow-boys et les Indiens, ils ont donc ajouté à ce concept de soft power celui de « smart power » ou pouvoir intelligent, c’est-à-dire une combinaison de la force pure (Afghanistan, Irak, Libye, Syrie…) et de la contrainte qui peut s’appliquer, par exemple, sous la forme de sanctions économiques comme celles dont souffre la Russie aujourd’hui ou comme les ont subies des pays comme l’Iran ou Cuba et bien d’autres encore.

    Mais ces méthodes de soft power peuvent s’appliquer aussi aux « alliés », je dirais plutôt aux vassaux, c’est-à-dire à des pays comme la France à qui on interdira de vendre des bateaux à la Russie (en violation totale de toutes les règles commerciales et du droit international) et à qui on infligera des sanctions financières colossales, comme l’amende de 9 milliards de dollars imposée à la BNP parce qu’elle avait couvert des transactions commerciales avec l’Iran (interdites par les USA) et au motif qu’elle avait utilisé des dollars pour cela.

    Bref, comme nous le voyons, ce qu’ils appellent le soft ou le smart power ressemble beaucoup aux méthodes de la mafia où il faut faire beaucoup de révérences au Parrain pour qu’il vous laisse manger votre os dans votre gamelle et qui vous brise les reins si vous l’offensez ou s’il estime qu’il doit vous voler ce que vous possédez.

    Mais revenons à la notion de temps. On disait tout à l’heure que les Américains se vantaient d’avoir investi 5 milliards depuis 1991. Une première impression serait de se dire qu’ils travaillent vraiment sur le long terme et qu’il y a, au Département d’Etat à Washington ou au Pentagone, des hommes et des femmes en place depuis l’élection de George Bush père, qui ont une haine rabique de la Russie et qui continuent, année après année, à porter des coups aux descendants d’Ivan Grozny.

    Mais cette première impression, même si elle n’est pas fausse, est largement insuffisante pour comprendre la véritable nature des ennemis de toutes les Russies. Nous allons voir tout à l’heure que les prémisses de cette lutte pour la domination du monde, car c’est de cela qu’il s’agit, remontent beaucoup plus loin que les années 90 du siècle dernier, et même bien avant la guerre froide.

    Nous étions en février dernier à Moscou, avec mes amis Xavier Moreau et Nikola Mirkovic ici présents, invités par le prestigieux Institut russe d’analyse stratégiques (RISI) pour une conférence bilatérale franco-russe sur la lutte contre le terrorisme. Dans mon intervention, j’ai tenté de démontrer que la lutte contre le terrorisme nous ramenait inévitablement vers ceux qui en sont les promoteurs et qui utilisent la haine des musulmans salafistes contre tout ce qui n’est pas l’islam pour déstabiliser les sociétés que les USA ont décidé de détruire.

    J’en veux pour preuve cet extraordinaire aveu paru dans le New York Times du 23 janvier 2016 (je cite) :

    « Lorsque le président Obama a secrètement autorisé la Central Intelligence Agency à commencer à armer les combattants rebelles de Syrie en 2013, l’agence d’espionnage savait qu’elle aurait un partenaire disposé à aider à financer l’opération clandestine. C’était le même partenaire sur lequel la CIA s’est appuyée pendant des décennies pour son argent et sa discrétion dans les conflits lointains : le royaume d’Arabie Saoudite.

    « Depuis lors, la CIA et son homologue saoudienne maintiennent un accord inhabituel pour la mission d’entraînement des rebelles, à laquelle les Américains ont donné le nom de code de Timber Sycamore. Avec cet accord, selon d’actuels et anciens hauts fonctionnaires, les Saoudiens fournissent à la fois des armes et de grosses sommes d’argent, et la CIA dirige l’entraînement des rebelles au maniement des fusils d’assaut AK-47 et des missiles antichars.

    « Le soutien aux rebelles syriens n’est que le chapitre en cours d’une relation qui dure depuis des dizaines d’années entre les services d’espionnage d’Arabie Saoudite et les Etats-Unis, une alliance qui a traversé le scandale Iran-Contra, le soutien des moudjahidines contre les Soviétiques en Afghanistan et les combats par procuration en Afrique…

    « …“Ils ont compris qu’ils ont besoin de nous, et nous comprenons que nous avons besoin d’eux”, a déclaré Mike Rogers, originaire du Michigan, ancien membre républicain du Congrès…

    « …Les hauts fonctionnaires n’ont pas révélé le montant de la contribution saoudienne, bien plus importante que celle des autres nations, au programme d’armement des rebelles contre l’armée du président Bachar el-Assad. Mais on estime le coût total de l’armement et de l’entraînement à plusieurs milliards de dollars… ».

    Pourquoi parler du terrorisme et de la guerre en Syrie dans une intervention consacrée aux racines de la guerre dans le Donbass ? Eh bien tout simplement parce que ces événements sont liés. Derrière les extrémistes de Praviy Sektor ou les mercenaires polonais, baltes ou anglo-saxons envoyés par le régime fantoche et illégitime de Kiev, il y a les mêmes ONG, les mêmes banques internationales, les mêmes sociétés multinationales, les mêmes « think tanks » que ceux qui opèrent en Syrie, au Yemen ou en Libye aujourd’hui ou qui intervenaient en Tchétchénie et en Géorgie hier.

    Mais toutes ces actions terroristes, ces « révolutions de couleur», ces renversements de régime, ce ne sont que les symptômes aigus d’une pathologie bien plus grave et bien plus enkystée dans le monde et que j’ai baptisée l’idéologie anglo-saxonne. Et cette idéologie a pris racine en Angleterre voilà de nombreux siècles.

    Qu’est-ce que l’idéologie anglo-saxonne et comment est-elle née ?

     Il faut pour cela à mon avis remonter à la période élisabéthaine de la monarchie anglaise, à la fin du XVIe siècle et au début du XVIIe. Cette époque est marquée par les guerres de religion initiées par l’irruption du protestantisme et par l’affrontement de la monarchie française avec la dynastie des Habsbourg sur la scène européenne. En 1600, l’Angleterre ne compte que 4 millions d’habitants quand la France en compte près de 20 millions. Cette faiblesse démographique, comparée aux puissances continentales de l’époque, France et empire des Habsbourg et la menace extrême qu’a représenté la tentative d’invasion de l’Angleterre par l’Invincible Armada du roi d’Espagne Philippe II, est probablement à l’origine de la politique suivie depuis lors par les élites britanniques (politique du faible au fort), à savoir provoquer la division et l’affrontement chez tous leurs ennemis potentiels. Leur seul atout est la puissance maritime et il leur faudra l’exploiter à fond, par tous les moyens, notamment la piraterie et le commerce.

    Le grand rêve de puissance et d’hégémonie mondiale des Anglais est né, selon moi, au retour de l’expédition autour du monde du pirate Francis Drake le 26 septembre 1580 où la part du butin volé aux Espagnols et réservée à la reine Elizabeth représentait, selon certaines sources, une fois et demie le budget annuel du royaume.

    Francis Drake est probablement devenu après ses exploits le modèle à suivre et parmi ses nombreux admirateurs, un en particulier mérite d’être retenu, William Raleigh (cf. controverse Ecole de la nuit), car il est le premier, selon les sources dont je dispose, à avoir conceptualisé l’hégémonie anglo-saxonne sur le monde.

    En effet, ce gentilhomme, probablement athée, un peu pirate lui aussi, un peu aventurier et qui finit décapité à la Tour de Londres, eut le temps d’écrire avant sa mort un ouvrage intitulé en toute simplicité l’Histoire du monde et dans lequel il affirme : « Qui tient la mer tient le commerce du monde, qui tient le commerce tient la richesse, qui tient la richesse du monde tient le monde lui-même ».

    Donc c’est là, à mon avis, à partir de la prise de conscience de cet exploit de piraterie exceptionnel, qu’est née cette idée de parvenir à la suprématie mondiale par la puissance maritime et l’accaparement des richesses d’autrui.

    Mais cette idée, véritablement révolutionnaire, s’est transmise de génération en génération à travers les siècles dans le monde anglo-saxon (par deux sources, souvent liées : source exotérique universitaire et source ésotérique franc-maçonnerie), notamment chez le Britannique Mackinder dont la formule maîtresse est « Qui tient l’Europe orientale tient le heartland, qui tient le heartland domine l’île mondiale, qui domine l’île mondiale domine le monde » et qui s’est transformée chez l’Américain Spykman dans la formule plus ramassée « Qui contrôle le rimland gouverne l’Eurasie ; qui gouverne l’Eurasie contrôle les destinées du monde ».

    Ce qui est extraordinaire c’est qu’à trois siècle de distance ces trois personnages partagent tous l’idée de domination du monde et c’est là véritablement qu’il faut comprendre la nature profonde de cette idéologie anglo-saxonne : c’est en toute simplicité l’hégémonie totale sur les affaires du monde, ce qu’ils appellent aujourd’hui la gouvernance mondiale et qui n’est que la continuation du Grand Jeu dont parlait Rudyard Kipling au XIXe siècle.

    Et dans ce Grand Jeu la plupart des grands acteurs de la scène mondiale ont été vaincus les uns après les autres, souvent par procuration, par le petit peuple britannique qui ne comptait que 4 millions d’individus il y a à peine 4 siècles et qui a essaimé à travers le monde avec les pseudopodes du Commonwealth et de la grande Amérique : ce qu’ils appellent eux-mêmes les Five Eyes (Royaume-Uni, USA, Australie, Canada et Nouvelle Zélande).

    Voilà, mes Chers Amis, les raisons pour lesquelles des obus explosent tous les jours dans le Donbass aujourd’hui et tuent indifféremment des hommes, des femmes, des enfants.

    Ce n’est pas une guerre civile entre Ukrainiens de l’est et de l’ouest, c’est la suite de la Guerre de Crimée de 1856, des deux guerres mondiales et de beaucoup d’autres, bref, c’est la poursuite du Grand Jeu de Kipling qui ne cessera que le jour où l’idéologie anglo-saxonne aura triomphé ou aura été vaincue.

    La Russie représente aujourd’hui le dernier point de résistance contre l’empire anglo-saxon et ses métastases. Le Donbass est aux avant-postes de cette guerre sans merci.

    Stavaï Donbass ! Tenez bon, la liberté du monde dépend de vous !

    Emmanuel Leroy20/05/2016

    Source : Sans Frontières

    http://www.polemia.com/les-causes-profondes-de-la-guerre-dans-le-donbass/

  • Des « réfugiés » syriens préparaient d’importants attentats à Düsseldorf en Allemagne

    islamisation

    Trois  Syriens hébergés en Allemagne au titre de « réfugiés » s’avèrent, au terme d’une enquête, être de vrais terroristes islamistes formés en Syrie qui s’apprêtaient à commettre à Düsseldorf en Allemagne des actions similaires à celles du 13 novembre à Paris. Ils ont été arrêtés jeudi en Allemagne. C’est par un quatrième terroriste, livré de lui-même à la police à Paris, que ce complot a pu être éventé et un abominable drame prévenu. Le terroriste dénonciateur s’est semble-t-il enfui d’Allemagne pour aller se livrer en France, probablement mu par la panique.

    Selon l’enquête en cours, les suspects envisageaient de perpétrer, pour l’État islamique, comme à Paris le 13 novembre,  simultanément des attentats suicides et des attaques à l’arme à feu dans un quartier très fréquenté de la vieille ville de Düsseldorf, selon un communiqué du parquet fédéral allemand.

    C’est le quotidien Spiegel Online qui le premier a dévoilé l’affaire:

    « Selon les informations obtenues par SPIEGEL, deux kamikazes devaient s’exploser près de la Heinrich-Heine-Allee, » pendant que des attaques auraient été perpétrées ailleurs, selon le mode opératoire du 13 novembre à Paris.

    Le procureur fédéral de Karlsruhe a confirmé l’implication de quatre hommes en provenance de Syrie  dans un complot terroriste. Deux d’entre eux, Saleh A. et C. Hamza, avaient déjà voyagé entre 2014 et 2015 de Syrie en Turquie. Ils ont emprunté la route des Balkans vers l’ Allemagne, où ils devaient retrouvé leur complice Syrien Mahmoud, déjà en place. Ils y ont également rejoint un quatrième homme, Abd Arahman A., qui était arrivé en Allemagne en 2014,  et qui travaillait pour l’organisation terroriste syrienne, le Front-Al-Nosra, comme expert en explosifs. C’est lui qui devrait fabriquer les bombes sur place.

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  • Les Survivants de l'avortement manifestent devant le centre Pompidou à Paris : "nous sommes des rescapés"

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    Une centaine de Survivants leurs mains en l'air avec un doigt manquant : chacun a perdu 1 ami sur 5 par avortement

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  • L’armée française se prépare à la guerre civile sur le territoire national

    « Un communiqué d’une grande importance a officialisé la création d’une force conventionnelle de l’armée de terre française qui sera prête à combattre le djihad global sur le territoire français.

    Wb Radio Soutien (source) : “Dans le cadre de la mise en œuvre du modèle « Au contact » de l’armée de terre française, un nouveau commandement, le « commandement Terre pour le territoire national (COM TN) » a été administrativement créé le mercredi 1er juin 2016. Il concrétise la prise en compte par l’armée de Terre de l’évolution de la menace sur le territoire national, à travers notamment un rééquilibrage de son offre stratégique. Placé sous l’autorité directe du chef d’état-major de l’armée de Terre, le commandement Terre pour le territoire national est appelé à devenir un véritable « pôle d’excellence » dédié à l’anticipation, à la préparation et à l’engagement opérationnel sur le territoire national.”

    Derrière la phraséologie et le champ lexical propres à l’état-major français, le communiqué annonçant un nouveau commandement pour le territoire français traduit une réalité : l’armée française se restructure totalement pour faire face à un conflit conventionnel sur le territoire hexagonal.

    Restructuration complète

    Baptisé de façon anodine et apaisante “Au contact”, le nouveau modèle stratégique de l’armée de terre rompt clairement avec celui de l’après Guerre Froide. Le gouvernement français avait alors restructuré son armée pour en faire un outil quasi exclusivement dédié à la projection – en Afrique ou au Moyen-Orient principalement -, toute menace d’invasion militaire du territoire français étant a priori improbable.

    Les grandes divisions avaient été démantelées en 1999 pour ne conserver que l’unité de base : la brigade spécialisée. L’état-major disposait ainsi d’un “magasin” d’unité en garnison sur le territoire hexagonal dans lequel il puisait de manière très souple pour former des forces ad hoc, modelées selon les besoins de chaque mission extérieure.

    La recréation de deux grandes divisions sous un commandement unique chargé de défendre le territoire français signe le retour du système de divisions devant être capable de déployer, très rapidement, des forces conventionnelles en tout point du territoire français continental à des fins de combat.

    Certes depuis la chute de l’URSS, l’armée française n’a jamais cessé de surveiller et de défendre le territoire, mais elle n’envisageait pas pour autant devoir opérer de façon systématique, dans la durée et à grande échelle, sur ce dernier.

    Les deux nouvelles divisions, la 1ère et la 3ème, compteront jusqu’à 77.000 soldats. La constitution d’un commandement dédié au territoire français comporte quelques éléments révélateurs comme celui d’un commandement spécifique pour les forces spéciales et un autre pour les forces aéromobiles, c’est-à-dire la flotte d’hélicoptères d’attaque détenue à 95% par l’armée de terre. Flotte qui sera d’ailleurs renforcée par de nouvelles livraisons d’appareils de type “Tigre”, “Caïman” et “Cougar”.

    L’infanterie reçoit par ailleurs en ce moment même du matériel neuf et le gouvernement français veut reprendre la production de poudre pour ses fusils d’assaut. Les réservistes sont rappelés et très fortement encouragés à réintégrer les rangs.

    Préparation à la guerre contre le djihad global en France

    Lors de la présentation de ce nouveau format, le général Bosser – le chef de ce nouveau commandement – expliquait (source) : “À sa tête, un état-major sera capable de mener des opérations de troisième dimension : raids en profondeur, flanc-garde ou opérations à caractère interarmes, comme l’utilisation d’hélicoptères de manœuvre pour transporter une force, saisir un pont, récupérer des otages, exfiltrer des personnes”.

    Pourquoi utiliser des hélicoptères d’attaque pour “récupérer des otages”,“exfiltrer des personnes” ou “reprendre un pont” ? Le même officier expliquait benoîtement que puisque “l’ennemi étant le même à Gao et à Paris, les soldats [de l’armée de terre] sont les mêmes à Gao et à Paris”.

    En d’autres termes, et sans le dire explicitement, l’armée française refonde complètement sa stratégie pour combattre le djihad international sur le territoire hexagonal, y compris en employant tous les moyens conventionnels à sa disposition, forces spéciales et hélicoptères de combat inclus. »

    Source : breizatao

    http://www.contre-info.com/larmee-francaise-se-prepare-a-la-guerre-civile-sur-le-territoire-national#more-42102