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actualité - Page 5648

  • Qui a peur de Malika Sorel-Sutter ?

    Malika Sorel-Sutter ne cesse de dénoncer l'intrusion massive et destructrice d'une culture radicalement opposée à la nôtre.

     
     

    Qui a peur de Malika Sorel-Sutter ? Les médias, assurément, qui lui ménagent un temps de parole inversement proportionnel à l’intérêt grandissant que les Français portent aux problèmes liés à notre immigration, majoritairement musulmane.

    Elle était invitée au « Grand Soir 3 », le 27 novembre, suite aux rebondissements judiciaires dans l’affaire de la crèche Baby Loup.

    Que cette femme remarquable – qui fut membre du Haut Conseil à l’intégration – ait été conviée à venir s’exprimer sur une grande chaîne publique en dit long sur le malaise qu’engendre, dans notre société, le voile islamique sous toutes ses formes.

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  • « La Nation Frankenstein/ Un plaidoyer pour s’en libérer » de Antonin Campana

    La République doit reconnaître le peuple autochtone de France !
    À l’égard de l’immigration, les concepts officiels ont évolué, passant de l’assimilation à l’intégration, puis à l’insertion, en attendant l’adaptation du pays d’accueil à l’accueilli. Le « modèle républicain » continue pourtant d’être promu verbalement par la classe politique (toutes tendances confondues). Mais un nombre croissant d’intellectuels (Camus, Tribalat, Millet, Juvin, notamment) prennent conscience qu’il serait plus exact de parler d’illusion républicaine. Le très officiel Commissariat général à la stratégie et à la prospective préconise d’ailleurs « d’adapter le modèle républicain à la société plurielle » (*). Cela conduit naturellement à poser la question des droits collectifs des autochtones. Pourquoi n’auraient-ils pas le droit de voir leur identité reconnue au même titre que les Kanaks en Nouvelle Calédonie ? Voilà ce qui se trouve au cœur du livre iconoclaste d’Antonin Campana, « La Nation Frankenstein ». Le cycle des Lumières approcherait-il de sa fin ?
    Polémia.
    Après le « coup d’Etat » de 1789, la République définit frauduleusement le peuple français comme un « corps d’associés vivant sous une loi commune » (Sieyès).
    Le peuple français ? Un corps d’associés : du pur intellectualisme
    Cette définition absurde, intellectualisme pur, réduit le peuple qui habite alors la France, peuple de lignée européenne, de culture européenne et de religion chrétienne, à une sorte de club constitué d’adhérents sans identité reconnue, soumis à un règlement intérieur qui se veut désamarré de toute référence identitaire particulière. Deux objectifs sont poursuivis :
    – d’une part, rendre possible le projet républicain d’associer, par la grâce des « valeurs universelles » de la République, « tous les hommes de la terre » (Saint-Just), les « musulmans, les Chinois même, les hommes de toutes sortes » (Duport), jusqu’à constituer une véritable « République universelle ». Ce projet prendra corps à travers la politique républicaine de colonisation, puis d’immigration, d’intégration et de naturalisation, politiques qui découlent directement du « principe d’universalité » de la République, qui sont donc dans la « nature » de cette dernière et n’ont aucunement un caractère « accidentel » ;
    – d’autre part, et comme à titre d’essai, «intégrer » pour commencer les quelques milliers de membres de la « nation juive » résidant alors au milieu du peuple français.
    Cette intégration des juifs est révélatrice du schéma général, extensible à l’humanité entière. Clermont-Tonnerre donne le principe de base : « Il faut tout refuser aux juifs comme nation, et tout accorder aux juifs comme individus. Il faut qu’ils ne fassent dans l’Etat ni un corps politique ni un ordre. Il faut qu’ils soient individuellement citoyens. »
    En fait, la République ne reconnaît aucun « corps intermédiaire » entre elle-même et l’individu judicieusement esseulé. Elle disloque les ordres, les corps de métier comme les peuples pour ne considérer que des citoyens qu’elle veut sans appartenances.
    Ce qui est valable pour la « nation juive » l’est donc aussi pour le peuple français autochtone. Autrement dit, la République va tout accorder aux autochtones comme individus, tout leur refuser comme peuple particulier.
    En 1789, cela n’a aucune importance et paraît sans doute bien théorique à nos ancêtres. Peuple autochtone de France et « corps d’associés » se recoupent parfaitement : tous les associés, ou peu s’en faut, sont des autochtones de lignée européenne, de culture européenne et de religion chrétienne.
    Le mondialisme républicain
    En 2013, le mondialisme républicain a rendu les choses bien différentes. Des millions d’individus extra-européens ont adhéré au club conformément au projet de 1789. « Corps d’associés » et peuple autochtone sont devenus deux réalités physiques complètement différentes qui ne recouvrent plus le même périmètre, d’autant que le peuple autochtone est en passe de devenir minoritaire au sein du « corps d’associés ».
    Cet écart grandissant entre peuple autochtone et « corps d’associés » pose un sérieux problème de démocratie et de droit : les élus républicains sont, et se veulent, les représentants du « corps d’associés » et non du peuple autochtone, dont par ailleurs ils ne se privent pas de nier l’existence. Autrement dit, le peuple autochtone ne jouit pas du droit à disposer de lui-même puisque son destin dépend de plus en plus largement d’individus qui n’en font pas partie.
    Alors de deux choses l’une : soit le peuple qui habitait la France avant 1789 a été exterminé, véritablement disloqué, et la République doit répondre de ce crime ; soit il ne l’a pas été et alors il faut convenir que ce peuple est aujourd’hui prisonnier d’un « corps d’associés » artificiel et instable qui l’étouffe, le masque et constitue une menace grandissante pour ses libertés et même son existence.
    Si notre peuple n’a pas été disloqué, et des millions d’autochtones conscients de leur appartenance sont là pour le prouver, alors la République doit le reconnaître officiellement. Elle doit le reconnaître et le doter d’un statut particulier qui le protège et lui permette de jouir de droits spécifiques en tant que peuple autochtone, sur le modèle de ce qui a déjà été concédé au peuple kanak. La République n’est-elle pas égalitaire ?
    Correspondance Polémia, 5/12/2013
    Antonin Campana, La Nation Frankenstein/ Un Plaidoyer pour s’en libérer, éd. Oghama (oghama.fr), 150 pages.
    Note :
    (*) http://www.strategie.gouv.fr/blog/wp-content/uploads/2013/09/Synthese-FR10A-modelerepublicain.pdf

    http://www.polemia.com/la-nation-frankenstein-un-plaidoyer-pour-sen-liberer-de-antonin-campana/

  • Paris : Des SDF au coeur du temple de l’art contemporain

     Alors que la gentrification galopante du centre de Paris repousse toujours plus loin les classes populaires, et que certains espaces publics comme la gare du Nord sont volontairement aménagés dans le but de chasser les SDF, les sans-abris se mélangent paisiblement aux étudiants et aux chercheurs entre les rayonnages de la bibliothèque publique d’information (BPI).

    Ils sont une cinquantaine au moins. Peut-être deux fois plus. Ils viennent au centre Pompidou quasiment tous les jours, comme de nombreux chômeurs ou retraités précaires. Pourquoi ici ? Pour quoi faire ? Reportage au cœur d’un des derniers bastions de la mixité sociale dans la capitale. La pluie tombe à gouttes épaisses sur le pavé parisien. L’humidité redouble les morsures du vent. Je traverse en trottant la place Georges-Pompidou, contourne le musée, m’engouffre sous les tuyauteries multicolores, et prends place dans la petite file qui se forme déjà devant l’entrée de la bibliothèque.

    Nous sommes une vingtaine à faire le pied de grue: étudiants, sans-abris, chômeurs… tous regroupés dans l’ombre, pareillement morts de froid. L’horloge indique 11h. Les portes ouvrent à midi. L’attente risque d’être longue. Pas de quoi décourager le premier dans la queue, champion invétéré de la pole position. Lui est arrivé à « 10h07 » pétantes. « Et le week-end, faut carrément arriver à 8h pour rentrer. Y a un monde ! » lâche-t-il en soufflant dans ses paumes pour tenter de les réchauffer.

    Baskets brunies par la crasse, jean râpé, manteau sale. L’homme aux cheveux grisonnants porte sur ses vêtements les stigmates de la rue. Pourtant, il ne dort pas dehors, mais dans un foyer Adoma. Il travaille un peu. Pas souvent. Sur des marchés où il transporte des caisses de légumes. Ça rapporte juste assez pour se payer un toit et pas crever la faim.
    Acheter de nouvelles fringues, c’est le luxe. Il vient à la BPI « tous les jours depuis six ans », parce qu’il « a besoin de sortir », qu’il ne supporte pas de « rester enfermé » toute la journée au foyer. Son dada : lire des biographies de gangsters. Son héros: Mesrine. Les seules choses qu’il n’aime pas ici, ce sont les gardiens « fainéants » et le café « dégueulasse » de la cafétéria.

    Au bout d’une demi-heure, je lui serre la main et lui donne mon prénom. J’espère avoir le sien, mais il ne le dit pas. Puisqu’il n’enlève jamais son manteau rouge et noir, je le surnomme *Stendhal.

    Tandis que nous discutons, la file grossit à vue d’œil. Les derniers arrivés commencent à faire la queue au-delà des limites prévues par la bibliothèque. Au fil de la journée, 5 500 personnes en moyenne emprunteront le même chemin. Débarque un toxico, titubant et hagard. Je l’appelle *Doudoune à cause de son blouson qui fait deux fois sa taille. Seul à se promener de l’autre côté de la barrière, il erre dans le no man’s land qui s’étend entre ceux qui attendent et l’enceinte de verre.

    Il s’approche des étudiants proprets, demande un peu de monnaie, obtient d’un type avec un sandwich de lui laisser la fin. Son butin à la main, le pauvre bougre part d’une démarche traînante se cacher derrière un pilier. Là, à l’abri des regards, il mange une à une les tomates, la salade et les petits bouts de pain, qu’il porte lentement à sa bouche édentée, puis déglutit en réprimant une grimace douloureuse. Je le recroiserai plus tard, dans la cafétéria.

    Ni portable ni monnaie à sortir de ses poches

    « Et voilà ! 12h01 ! Tous les jours c’est comme ça. Hier, ils ont ouvert avec deux minutes de retard ! » grogne *Stendhal, l’air de se demander où va le monde. L’heure semble être chez lui un grand sujet de préoccupation. Il l’a commentée régulièrement pendant notre discussion, ponctuant nos échanges de son compte à rebours : « Plus que vingt-cinq minutes… Un quart d’heure… cinq minutes s’ils ouvrent à l’heure, mais ça… » Un agent de sécurité vient finalement ouvrir les portes.

    Pour me remercier de lui avoir tenu compagnie, *Stendhal m’invite à le rejoindre. « Allez, passe. Je te donne le visa ! » plaisante-t-il en écartant les cordes métalliques qui nous séparent. Je passe derrière lui dans les portes tournantes, en sentant dans mon dos la foule méprisante. Mon nouvel ami passe en un éclair les détecteurs de métaux. Il n’a ni portable ni monnaie à sortir de ses poches. Pendant qu’il va s’asseoir à un poste internet pour regarder des sketches de Bill Cosby, je reste avec l’un des gardes.

    Aki travaille à la BPI depuis plus de trois ans. Il connaît parfaitement les SDF qui fréquentent la bibliothèque. « Ce sont toujours les mêmes. Ils sont souvent au premier étage, là où il y a les télés. Ils cherchent de la chaleur, un peu de présence humaine. Ils savent que les gens laissent des restes de nourriture à la cafétéria, donc ils trouvent aussi à manger. »

    Pointant l’index vers le salon de lecture du rez-de-chaussée, où s’entassent mangas et bandes-dessinées, l’agent désigne des poufs vert fluo : « Vous voyez ? Ils viennent là, ils s’allongent, et ils dorment. Personne ne vient les déranger ici. » Comme c’est un lieu public et que l’accès est gratuit, tout le monde a le droit d’entrer, ou presque : « Tant qu’ils sont propres et qu’ils sentent pas mauvais, on les laisse. Par contre, on refuse ceux qui sont en état d’ébriété. Ça nous arrive d’intervenir pour des bagarres, du chahut ou des cas de racket. Mais c’est rare. Globalement, ils ne posent pas beaucoup de problèmes. »

    « La bibliothèque de Beaubourg constitue un espace de résistance collective sur un principe d’égalité citoyenne. » Serge Paugam

    Je prends l’escalator, direction le premier étage. L’espace « TV du monde » et sa dizaine d’écrans vieillots est le coin favori des marginaux de la BPI. Il suffit de compter le nombre de sacs en plastiques au sol pour constater que de nombreux SDF viennent tuer le temps ici. Loin de l’ambiance studieuse du reste du bâtiment, le carré télé prend parfois des allures de cour de récré.

    Comme aujourd’hui, avec ce bonhomme qui gesticule dans tous les sens au milieu de ses camarades. Je l’observe se lever, aller à l’oreille d’une personne, s’esclaffer en faisant des moulinets avec les bras, puis repartir s’asseoir. Il répète ce manège pendant cinq bonnes minutes avant que je me décide à aller le voir. Je prends place à côté de lui, et lui montre la télé devant laquelle nous sommes assis. Une pancarte est accrochée sur l’écran : « hors-service ». Devant mon air perplexe, il gargouille dans un mélange de français, d’italien, et d’espagnol : « C’est ouna tévé espécial ! »

    Puis il mime le bruit d’un avion, s’agrippe tout à coup à un volant imaginaire comme s’il se retrouvait au milieu d’une course-poursuite, et se trémousse sur sa chaise en émettant des borborygmes loufoques. Quand il se tourne vers moi, il éclate de rire, très content de sa blague. Je rentre dans son jeu.

    On communique tant bien que mal, dans un sabir mélangeant toutes les langues qui nous passent par la tête. J’arrive tout de même à comprendre qu’il a bossé dans le bâtiment quand il était plus jeune, qu’il est maintenant retraité et n’a pas de papier. Il ajoute être venu en France à bord d’un sous-marin. Mais son sourire me dit qu’il me mène en bateau. Puisqu’il faut lui trouver un nom, ce sera *Zavatta.

    Les 400 coups

    « Hé, tu joues au tiercé ? », me lance-t-il sans prévenir. Je lui réponds que non. À nouveau il se marre, et se met à héler tous les gens de l’espace télé en braillant : « Il joue pas au tiercééé ! Il joue pas au tiercééé ! » Tout le monde me regarde. *Zavatta est debout, il me montre du doigt. Arrive une documentaliste avec un air sévère. Le trublion est prié de faire moins de bruit. Je profite de la diversion pour trouver une nouvelle place.

    J’atterris à côté d’Abdel, qui connaît bien le clown : « C’est un type simple. On le voit pas souvent. Mais quand il vient, il parle toujours à tout le monde. C’est bien, ça met un peu d’ambiance. » Abdel est un habitué. Il fréquente la bibliothèque depuis son adolescence. Après avoir fait les 400 coups ici avec ses potes, il y a trouvé refuge quand il était SDF.

    C’était il y a longtemps, mais la bibliothèque reste une source de réconfort pour lui, maintenant qu’il est au chômage. Comme *Stendhal, il préfère passer ses journées à la BPI plutôt que d’être seul à la maison. « Ça me change les idées, ça m’aère un peu l’esprit », dit-il en embrassant du regard ses compagnons assoupis.

    Changement de décor. Dans la cafétéria, *Doudoune inspecte les tables dans l’espoir de trouver des miettes de biscuits. Ses yeux fouillent le sol à la recherche de l’éclat d’une pièce de monnaie tombée à côté des distributeurs. Quand il a assez d’argent, il s’achète un Fanta. Entre chacune de ses rondes, *Doudoune parle dans le vide. Mes tentatives pour l’amadouer avec un café ou une clope ne prennent pas sur lui. Trop sauvage. Mais elles me valent de faire la connaissance de Jean, un vieil homme au crâne dégarni et à la barbe épaisse.

    Il le dit sans détour : « Je suis un SDF. Je dors sur le trottoir. » Bien qu’il n’en soit pas fier, il n’en a pas honte non plus. Bientôt sexagénaire, Jean est à la rue depuis presque cinq ans. Cet ancien employé des postes a accepté de quitter son travail contre une prime de départ. Quand sa petite retraite n’a plus suffit à payer le loyer, il s’est retrouvé sans abris. Sa demande de logement social a selon lui peu de chances d’aboutir : « Je suis au bout de la liste. La priorité est donnée aux familles avec enfants, puis aux couples, et enfin aux personnes handicapées. Alors quand on est célibataire et qu’on a la santé… »

    Une quinte de toux secoue son corps malingre. Pour se maintenir à flot, Jean investit son énergie dans une association. Il est directeur d’une bagagerie dans le centre de Paris. Réservée aux SDF, elle propose des casiers à ceux qui veulent y laisser leurs affaires : « La nuit, il ne vaut mieux pas garder ses papiers importants sur soi. On risque de se les faire voler. Et puis c’est plus facile de se déplacer sans avoir à traîner ses sacs. » Fidèle à ce principe, Jean voyage léger. Son sac de sport fatigué contient le casse-croûte, des stylos et un carnet. Rien d’autre.

    « Saviez-vous que l’Inde compte 300 000 avocats ? »

    Ses activités de directeur lui laissant du temps libre, Jean vient « quatre à cinq fois par semaine » à la bibliothèque. Il commence souvent la journée par la lecture de la presse. Les journaux lui permettent de rester au contact de la réalité, de se sentir partie prenante du monde : « Autrement, on a vite fait de décrocher. » Il aime également regarder des films au deuxième étage, mais se plaint de « tout connaître par cœur ». « Ils pourraient renouveler leur stock plus souvent », note-t-il avec une pointe de reproche. Enfin, plusieurs heures par jour, Jean utilise les postes d’autoformation qui se trouvent au premier étage pour apprendre à manier Excel. Notre café terminé, chacun retourne à ses occupations.

    « Il faut faire attention quand on manipule les lettres, parce qu’un jour, leur ayant droit naturel viendra réclamer son dû, flanqué d’un bataillon de juristes indiens. »

    Sur une table où sont alignés plusieurs ordinateurs, un type en veste et bonnet beiges copie-colle compulsivement des phrases dans un document Word. Ses yeux écarquillés semblent vouloir absorber le flot d’informations qui défile à l’écran. D’un ton docte et pénétré, il explique effectuer des recherches sur l’ADN. Il parle « processus biochimique », « chaîne protéique », « enzymes » et « liaison amide ». De ses longs ongles jaunis, il peigne sa barbe hirsute tout en administrant sa leçon pseudo-scientifique.

    Le *Savant passe du coq à l’âne, jongle simultanément avec toutes les idées qui lui traversent l’esprit. Sa maison est bourrée d’écrans tactiles. Bientôt il publiera un livre sur la philatélie. « Saviez-vous que l’Inde compte 300 000 avocats ? Il faut faire attention quand on manipule les lettres, parce qu’un jour, leur ayant droit naturel viendra réclamer son dû, flanqué d’un bataillon de juristes indiens, et il vaudra mieux ne pas être dans les parages quand cela arrivera. »

    Les mots se dressent entre nous comme un écran de fumée. Impossible de voir qui se cache derrière. Protégé par une carapace mythomane, le *Savant parle de tout sauf de lui. La conversation tourne court lorsqu’il me quitte brusquement au milieu d’une phrase.

    Gare du Nord : terminus pour les SDF

    Si la BPI offre l’un des derniers refuges des clochards parisiens, c’est que le mobilier urbain dissuasif a peu à peu gagné chaque centimètre carré de l’espace public. L’agencement de la gare du Nord témoigne de cette politique de l’inconfort urbain. Ouvert à tous, mais « à certains plus qu’à d’autres », dirait Orwell, l’espace public n’est pas un choix mais une réalité imposée pour les clochards qui arpentent encore le lino glacé de la gare.

    Et ce, en plein cœur de ce temple de la mobilité. Gare du nord, lieu de passage, début ou fin d’un voyage. Tout en son ventre incite à circuler : impossible de se coucher sur ces bancs entravés par des barres de fer ; pas de repos possible non plus sur le parvis, où des piques hérissent chaque recoin et empêchent les SDF de venir s’y blottir ; on ne peut poser son fessier plus de cinq minutes sur les barrières, toutes trop inconfortables ; et 504 caméras de vidéosurveillance pèsent d’un œil inquisiteur sur celui qui rêverait de solitude apaisante.

    Certains trouvent alors des parades dérisoires. Comme cette vieille dame qui chaque jour fait la manche assise sur sa propre chaise en plastique, dans le couloir du métro. Pour ceux qu’on appelle « les toxicos », qui vivent dans la rue à quelques encablures de là, les toilettes de la gare étaient autrefois « un haut-lieu de la piquouze » aux dires de Natacha, agent de la sûreté SNCF. Depuis qu’ils sont devenus payants, 70 centimes le passage sur le trône, la dame pipi assure qu’elle trouve « beaucoup moins de seringues à la fin de la journée ».

    Toute cette froideur urbaine glace peu à peu les habitants marginaux de la gare. Depuis une vingtaine d’années, la SNCF a développé un plan de « lutte contre l’errance » dans 80 gares en France. Des travailleurs sociaux sont chargés de réorienter les personnes à la rue vers des lieux où dormir pour la nuit. Sophie, agent commercial, est passée des files de clients aux gens à la rue en intégrant le service « Solidarités » de la SNCF. Mais pour la solidarité, on repassera.

    Chaque soir, elle arpente les rames assoupies et propose aux clochards de les accompagner jusqu’aux centres d’hébergements les plus proches. « Enfin ça, c’est quand il y a de la place », soupire-t-elle. Parce qu’ils sont encore nombreux à rester à quai chaque soir gare du Nord.

    Otis Redding, Aretha Franklin et le King

    Avant de repartir, il me reste un dernier endroit à aller visiter. Le deuxième étage de la BPI abrite lui aussi un haut-lieu de ralliement pour les SDF, connu sous le nom d’ « espace musique ». Préposé au guichet Économie, Aleksander analyse : « Cet espace attire essentiellement un public précaire. De nos jours, on trouve la musique partout gratuitement, alors pourquoi venir l’écouter à la bibliothèque ? Seuls les gens qui n’ont pas d’ordinateur et pas d’internet vont là-bas. »

    En chemin, j’aperçois un immigré albanais qui recharge son téléphone à côté des escalators. Tête posée sur son sac à dos, il lit tranquillement ses textos, sans payer attention au mouvement incessant des gens qui vont et viennent.

    Le coin musique est séparé physiquement du reste de l’étage par de hautes vitrines, contrairement à celui des télévisions. Des silhouettes avachies se dessinent entre les autocollants qui décorent les parois. Casques sur les oreilles, les SDF se laissent bercer par les mélodies stockées sur les serveurs de la bibliothèque. Sophie tient le guichet.

    Parmi les auditeurs, elle observe « les mêmes profils chez les personnes précaires que chez le reste du public : les érudits et ceux qui viennent sans trop savoir ce qu’ils cherchent. » Parmi les premiers, elle connait un clochard qui vient ici depuis dix ans pour écouter exclusivement du rock. « C’est merveilleux de le voir passer en revue les pochettes de CD. Il te dit : ce groupe, je l’ai vu en 96, celui là en 98. Il connait tout. Il a tout vu », piaffe-t-elle.

    Au bout d’une rangée de cabines, une vieille connaissance fait son apparition. *Stendhal monte ici pour se rincer les oreilles à grands renforts de soul. Il écoute du Otis Redding, des chansons d’Aretha Franklin. Dans un autre registre, il voue un culte sans borne au King Elvis. Alors quand les hauts-parleurs grésillants se mettent à diffuser l’annonce de la fermeture imminente de la bibliothèque, *Stendhal ne cache pas sa déception. Jetant un coup d’œil à l’horloge, il bougonne : « Ahhh, ça ! Quand il s’agit de fermer, ils sont toujours à l’heure ! »

    * Les noms marqués d’une astérisque sont des surnoms inventés

    Notes 

    Rage Mag

    http://fortune.fdesouche.com/336799-paris-des-sdf-au-coeur-du-temple-de-lart-contemporain#more-336799

  • La Manif Pour Tous ne peut survivre qu'en devenant un authentique lobby

     

    Le bruit court que Nicolas Sarkozy veut créer un nouveau parti, pour se passer de l'UMP. Réaction de Guillaume Bernard :

     

    "Alors que Charles de Gaulle avait espéré la Ve République comme un régime où le jeu des partis serait restreint par les institutions, l’élection du président de la République au suffrage universel direct leur a rendu un rôle déterminant : la sélection d’un candidat présidentiable et l’investiture des candidats aux législatives chargés de former la majorité parlementaire soutenant le gouvernement désigné par le chef de l’État. Les partis politiques sont donc devenus des écuries présidentielles. Il est donc assez probable que si Nicolas Sarkozy se lance dans la création d’un parti politique, ce sera pour porter sa candidature à la prochaine élection présidentielle. [...] 

    S'agirait-il d'un parti réellement nouveau avec une offre politique différente ou d'un mouvement plus large essentiellement destiné à faire oublier l'image écornée de l'UMP ?

    Étant donné que l’UMP ne semble pas profiter de la baisse de popularité de l’éxécutif socialiste, les deux objectifs ne sont pas contradictoires ; ils convergent : renouveler, à la fois, l’offre électorale et l’image personnelle de l’ancien président de la République.

    Il est certain qu’il y a une aspiration dans l’opinion publique d’un renouvellement politique. Mais, s’il lance vraiment son parti politique, Nicolas Sarkozy sera confronté à un certain nombre d’embûches. L’une d’entre elles n’est pas mineure : il devra trouver le moyen de faire oublier à une partie de son électorat la déception qu’il a suscitée en raison du décalage entre son discours de 2007 (ou du moins la manière dont il a été perçu car il a, en fait, toujours défendu l’idée du multiculturalisme dans son positionnement sur l’identité nationale) et l’orientation de sa politique pendant son quinquennat. Une partie de ses électeurs sont partis au FN au premier tour de la dernière présidentielle et il n’est pas certain qu’ils reviennent pour la prochaine. S’ils l’ont fait au second tour de 2012, c’était moins par enthousiasme que par opposition à François Hollande.

    De manière générale, c’est la question du positionnement de ce parti et de Nicolas Sarkozy sur l’échiquier politique qui est en jeu. Tout le monde l’attend sur des positions « droitistes », celles de ses campagnes présidentielles. Et il est tout à fait possible qu’il en soit ainsi ne serait-ce que pour assurer une certaine cohérence de son image. Mais, cela n’est pas totalement certain. Car, si la « droite forte » s’occupe effectivement de ratisser à droite pour lui, un positionnement plus central (au sein de la droite) permettrait deux choses : d’une part, ne pas aller directement à la confrontation avec le FN qui est en cours de renforcement (l’objectif d’à peu près tous les partis est d’affronter le candidat du FN au second tour et au non au premier) et, d’autre part, occuper un créneau empêchant d’autres candidatures qui pourraient parasiter la sienne (notamment celle de son ancien Premier ministre). Il ne s’agit naturellement, là, que d’une hypothèse. Cela dit, le fait que Nicolas Sarkozy apporte son soutien à Nathalie Kosciusko-Morizet qui, c’est un euphémisme, est peu appréciée par le clan le plus droitier de l’UMP, pourrait corroborer cette interprétation. [...]

    La crédibilité de ce nouveau parti dépendra, effectivement, de sa capacité à renouveler les visages de la politique. Il sera difficile de faire croire à du neuf en reprenant uniquement les mêmes personnes. Il faudra que l’ancien chef de l’État trouve de nouvelles têtes capables de renouveler la forme et le fond du discours.

    Sans doute pourra-t-il fédérer un certain nombre de groupes déjà existants qui se sont sentis écrasés dans l’UMP (le PCD ?) ou qui n’ont pas réussi à trouver une place claire dans l’alliance UDI-MoDem (le CNI ?). Sans doute essayera-t-il aussi de récupérer les scories du MPF qui, si Philippe de Villiers ne faisait pas de retour en politique, ne semble pas avoir vraiment d’avenir. Mais, sans offense, il faut bien le dire, cela ne représente pas grand chose. Ce sont des appoints intéressants pour gagner une grande bataille politique, mais ce n’est pas le gros des troupes militantes ni des électeurs. C’est surtout de la « droite forte » et, peut-être, de la « droite populaire », deux courants internes à l’UMP, que Nicolas Sarkozy peut sans doute attendre le plus fort soutien.

    Pour d’autres organisations non partisanes, c’est plus compliqué. Vous évoquez le cas de « La Manif Pour Tous ». Or, si celle-ci devait se rallier à un parti (quel qu’il soit d’ailleurs), elle perdrait l’essentiel de sa crédibilité (il est vrai que, depuis la fin des grandes manifestations, ses objectifs et modes d’action ne sont pas très clairement définis). Ce qui a fait la force de « La Manif Pour Tous », c’est qu’elle a su rassembler des personnes aux appartenances partisanes diverses qui ont mis leurs différences de côté pour, ensemble, interpeler et agir sur l’ensemble de la classe politique. Etant une organisation monothématique, « La Manif Pour Tous » ne peut survivre (mais elle peut aussi grandir) qu’en devenant un authentique lobby : par exemple, en constituant des réseaux, faire élire (ou faire battre) des candidats de différents partis en fonction des engagements pris ou refusés voire reniés. Si elle devait se transformer en une officine fournissant des candidats (dont l’objectif sera d’être élus, puis réélus…) à un parti politique, ce serait le signe qu’elle a perdu son âme (et que les efforts en temps et en argent de milliers de familles n’aura servi qu’à faire la carrière de quelques uns) : au lieu de ne rien lâcher (selon son propre slogan), elle aurait tout gâché !

    http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/2013/12/la-manif-pour-tous-ne-peut-survivre-quen-devenant-un-authentique-lobby-.html

  • Au Pérou, la jeunesse défend le vrai mariage !

    RealCouples-MPI

    En réponse à une campagne intitulée «Couples imaginaires», dans lequel des hétérosexuels célèbres sont dépeints comme des duos homosexuels afin de promouvoir le « mariage » homosexuel, un groupe de jeunes Péruviens anonymes a lancé sa propre campagne de promotion du vrai mariage sur Facebook, campagne intitulée « Les vrais amoureux. »

    La campagne sur Facebook, lancée le 25 novembre, a déjà rassemblé des dizaines de milliers de « j’aime ».

    « Au Pérou, le vrai mariage n’est qu’entre un homme et une femme, et nous sommes de plus en plus nombreux à le défendre. Le nombre croissant de sympathisants qui nous envoient leur photo le démontre », a déclaré l’un des administrateurs de cette page Facebook.

    Pour envoyer votre photo et joindre la campagne, visitez le page Facebook .

    http://medias-presse.info/au-perou-la-jeunesse-defend-le-vrai-mariage/3505

  • La jeunesse ne marche pas pour la République

    Lu ici :

    "Des organisations de jeunesse de gauche et du centre ainsi qu'une organisation de jeunes gaullistes sociaux appelaient à une "marche des Républicains" ce dimanche 8 décembre. Une initiative "transpartisane" qui n'a pas rassemblé les foules. (...) Selon Libération.fr, un à deux milliers de personnes ont défilé. Sur Twitter, un journaliste assistant à la marche a estimé qu'entre 400 et 500 personnes ont participé au défilé."

    Louise Tudy

  • Gender - Fortes réactions contre le texte "Estrela" au Parlement Européen

  • Une méta-étude chinoise confirme le lien avortement-cancer du sein

    La publication d'une nouvelle étude chinoise sur le lien entre l'avortement provoqué et le cancer du sein va changer la donne dans un monde où l'on a préféré jusqu'ici le passer sous silence : méta-analyse d'autant plus intéressante qu'elle montre un accroissement du risque selon le nombre d'avortements subis.

     

    Le Dr Joel Brind, professeur d'endocrinologie au Baruch College de l'Université de New York, l'a déclaré à LifeSite en soulignant que les partisans de l'avortement devraient se montrer très inquiets des résultats de l'étude puisque des « millions et des millions de femmes en Asie » ont été ainsi affectées par une opération supposée « sans danger » pour elles, tout en notant que chaque constat des effets dangereux de l'avortement est systématiquement minimisée ou discréditée.

     

     

    Dans ce cas précis, ce sera difficile. C'est dans la revue scientifique Cancer Causes and Control que les résultats de la méta-étude ont été publiés d'après des recherches de Yubei Huang et autrres du département d'épidémiologie et de biostatistiques de l'hôpital universitaire d'oncologie de Tianjin. Les chercheurs se sont lancés dans leur enquête après avoir noté que le taux de cancers du sein, traditionnellement plus bas chez les femmes chinoises que chez les femmes occidentales, s'est accru « de manière alarmante » depuis deux décennies, au même rythme que le resserrement de la politique de l'enfant unique imposée par les autorités.

     

     

    Cette politique entraîne de nombreux avortements, y compris des avortements forcés : depuis les années 1980, plus de 336 millions d'enfants à naître ont été avortés en Chine.

     

     

    Les chercheurs ont analysé 36 études du lien entre avortement et cancer du sein. Chez les femmes ayant eu un avortement, le risque de développer une telle tumeur était 44 % plus important que chez celles n'ayant jamais avorté. Pour deux avortements, le risque s'accroissait de 76 %, pour trois avortements, il atteignait 89 %.

     

     

    Une étude réalisée en 1996 par Joel Brind avait évalué l'accroissement du risque lié à l'avortement à 30 %, avec certes moins de recul.
  • L’Histoire de France à la poubelle

    Les Soviétiques n’avaient pas fait pire que ce qu’a entrepris depuis des décennies ce qu’il est convenu de nommer l’Éducation nationale de France : dilapider l’héritage de ‘’notre’’ histoire, la découper en tranche et rejeter ce qui ne correspond pas à la vision idéologique qu’elle cherche à imposer à la jeunesse française, tout autre chose que la simple vérité.

    Car l’histoire de la France, notre patrie, ne lui appartient pas : elle ‘’nous’’ appartient’’, elle est l’âme de ce peuple que nous sommes, comme l’est également sa langue. Notre droit à notre histoire est absolu et la ‘’massacrer’’ – comme l’écrit Fabrice Madouas dans Valeurs actuelles de cette semaine – est à la fois un viol et une sorte de génocide culturel. (La nullité de l’enseignement général comme de la langue française en particulier participe au même crime dont l’État français est responsable ‘’et’’ coupable.) [...]

    Dominique Daguet - La suite sur France Catholique

    http://www.actionfrancaise.net/craf/?L-Histoire-de-France-a-la-poubelle

  • Instinct de mort : Hollande prépare la légalisation de l' euthanasie

    La « conférence citoyenne » sur la fin de vie fait polémique

    La « conférence citoyenne », organisée par le comité d’éthique, donnera lieu à un avis publié lundi prochain, sur fond de controverse quant à la méthode. Ces travaux doivent éclairer la réflexion avant la présentation d’un projet de loi, sans doute mi-2014.

    C’est une nouvelle étape dans le débat sur la fin de vie. Lundi 16 décembre, la « conférence citoyenne » organisée cet automne par le Comité consultatif national d’éthique (CCNE) prendra fin, avec la publication d’un avis, ou plutôt d’une synthèse des travaux menés dans ce cadre. Durant quatre week-ends, 20 citoyens tirés au sort par l’Ifop selon des critères de diversité se sont réunis à huis clos pour réfléchir ensemble, avec l’aide d’experts, aux grands enjeux de la fin de vie. On connaîtra donc dans quelques jours le fruit de leur réflexion.

    CRITIQUE DE LA MÉTHODE

    Certains ont critiqué la méthode. Dans son blog régulier publié sur la-croix.com, Bertrand Galichon, président du CCMF (Centre catholique des médecins français), déplore « une conférence citoyenne limitée à quelques “happy few” », du « vite fait, bien fait  ! Et après quid  ? Quelle confiscation de la parole citoyenne a été prévue  ? », interroge-t-il, provocateur. De son côté, le député UMP Jean Leonetti considère que le temps imparti était trop limité et regrette qu’il n’y ait eu qu’un seul panel citoyen, et non plusieurs, comme lors des états généraux de 2009 sur la bioéthique. [...]

    La suite sur La Croix

    http://www.actionfrancaise.net/craf/?Instinct-de-mort-Hollande-prepare