Je me trompe peut être, mais on n'entendait plus parler de la Création et des créatures de Dieu dans l'Eglise du Christ. En tous cas, je n’avais pour ma part aucun écho de ces paroles essentielles à travers les homélies, encore moins à travers la « presse catholique » Quelle joie d'entendre à nouveau cela de la bouche du pape François :
les créatures de Dieu ! Comme c'est beau et évocateur ! Et juste, puisqu'il y aussi les bêtes, la nature !
Depuis des années, je t'entendais parler que de la "vie", du "respect de la vie" et ç’était là un discours rien moins que clair. Il y aurait énormément à dire. Mais, en gros, on avait l’impression que « la vie », cette vie martelée jusqu’à saturation par un certain catholicisme, elle était de plus en plus étrange, de plus en plus réduite et pour tout dire, de plus en plus morte ! La vie, c’était d’abord la vie exclusivement humaine (tant pis pour les autres créatures de Dieu !) puis on comprenait implicitement que la vie, c’était avant tout celle de l’embryon, et pour finir on apprenait que la vie à défendre, c’était celle des cellules embryonnaires !
C’est à dire que la vie, c’était tout sauf la réalité de la Création dans sa totalité et dans sa réalité naturelle et historique. On était donc en plein réductionnisme glacé, à la remorque des définitions les plus contingentes et les plus passagères de la vie par les biologistes, les biochimistes, les généticiens qui, eux, sont, heureusement, parfaitement conscients du caractère approché, régional et provisoire de leurs conceptualisations et donc de la contingence historique de leurs paradigmes.
Cette réduction de la religion au « respect de la vie » à l’embryolâtrie, à la cytolâtrie (je rappelle que la cytologie est la science qui étudie le vivant au niveau de la cellule), son origine historique et ses fonctions ne sont que trop évidentes. La cellule vivante que nous devrions adorer et respecter, elle est effectivement vivante mais comme l’individu du capitalisme pourrissant : elle se nourrit, elle excrète, et basta ! Cette vie de type embryonnaire ou cellulaire, évidemment inconsciente et apathique, promue jusqu’à l’obsession, c’est bien celle qui est imposée aux hommes adultes par l’industrie culturelle du capitalisme pourrissant.
Et c’est effectivement le modèle de vie que nous proposait depuis trente ans peut être l’Eglise qui avait choisi, consciemment ou non, d’ignorer la complexité proprement épistémologique et historique des conceptions de la vie pour être à la traîne et à l’affût des analyses partielles et régionales de la biologie.
Alors, il n’y a pas besoin d’être grand clerc pour commencer à percevoir par quel truchement cette conception étrange de la vie a pris la place de la vie réelle, historique dans la théologie contemporaine.
C’est un résultat parmi bien d’autres de la glaciation mentale générale qu’a induit peu à peu le capitalisme le plus âpre, et que l’on désigne habituellement par le concept de réification. On pourrait citer par exemple l’animal de ferme devenu une pure machine à produire de la viande et on a confirmation d’une profonde cohésion dans l’horreur de la réification en remarquant que la divinisation de la vie cellulaire est corrélative du plus profond oubli et mépris de l’animal de laboratoire pour lequel la gent pseudo-catholique dressée (il n’y a pas d’autre mot à ce niveau de non-pensée) à l’adoration des cellules n’a jamais, jamais eu la moindre trace de compassion. Il y aurait encore beaucoup à dire en suivant le chemin que je viens de tracer mais cela serait long et complexe. Je dois, en conclusion, aller à l’essentiel.
On avait cru comprendre que le christianisme était la religion de la divinisation de l’homme lors de son retour à Dieu par la médiation de Jésus christ et à travers les acquis de l’expérience mystique. C’est peut être par le rappel de cette expérience mystique que l’Eglise aurait pu éviter de se donner le ridicule de l’adoration des cellules embryonnaires et de l’oubli corrélatif d’une création, hommes et bêtes, qui vit certes mais dans un tout autre sens, phénoménologique et existentiel, et qui, souvent, souffre. Mais peut être aussi que certains avaient intérêt à faire oublier l’expérience mystique et à transmuter l’Eglise en une confrérie proposant pour tout objet à ses fidèles l’adoration pleurnicharde des cellules « humaines ». Difficile de trouver un meilleur moyen de crétinisation et d’infantilisation, il faut l’avouer.
Espérons que le cauchemar de la prosternation devant les cellules embryonnaires va prendre fin avec le pape François. Il semble, lui, se souvenir que les Evangiles, ce n’est pas une adoration figée et stuporeuse de la matière, fut-elle organique, mais une histoire pathocentrée qui se passe entre des êtres vivants et souffrants et leur Créateur.
Jacques-Yves Rossignol
culture et histoire - Page 1917
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Mystique ou adulation cytologique
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MERIDIEN ZERO recoit Jack Marshal
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Frakass - Solstice d'hiver
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Frakass "Peut être un jour"
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Nombre d’or
Le nombre d’or est tiré de la suite mathématique de Fibonacci (1, 1, 2, 3, 5, 8, 13, 21, 34, 55, 89, 144…) : chaque terme est égal à la somme des deux nombres qui l’ont immédiatement précédé.
Plus on va loin dans la série, plus le résultat de la division d’un nombre par le précédent tend vers 1,618 (nombre d’or). Inversement, si l’on divise un nombre de la suite par le suivant, on obtiendra un résultat qui tend vers 0,618 (ratio d’or).
Le nombre d’or a été utilisé dans le domaine de l’art (peinture, architecture, musique…), mais on le rencontre également dans la nature (de la spirale logarithmique d’une coquille d’escargot à celle d’une galaxie, en passant par les proportions du corps ou du visage humain).
Dans le domaine de l’analyse technique, le nombre d’or, ou le ratio d’or, est utilisé pour évaluer le potentiel des cycles (extension des vagues de 1,618 ou correction des vagues de 0,618).
Ainsi, par exemple, la vague C mesure très souvent 1,618 fois l’amplitude de la vague 1. Les ratios de Fibonacci sont employés en pourcentage : 38,2 %, 50 % ou 61,8 %.
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IL Y A 300 ANS La chance ne sourit qu'aux audacieux
Ouverte en 1701, la guerre de succession d'Espagne épuisa la France et l'Europe jusqu'en 1714, où elle se conclut par une paix favorable à Louis XIV, dans la continuité d'une victoire décisive obtenue à Denain, deux ans plus tôt, par le maréchal de Villars.
Cette année-là, le soixante-neuvième de son règne, Louis XIV, soixante-quatorze ans, engagé dans la guerre dite de Succession d'Espagne, voyait se liguer contre lui l'Europe presque tout entière. L'heure était grave : pour le royaume, pas encore guéri des méfaits matériels et moraux causés par l'hiver terrible de 1709, et pour la famille royale elle-même, éprouvée par des deuils tragiques. Mais le roi de France, qui avait accepté, en 1700, la couronne d'Espagne pour son petit-fils le duc d'Anjou, lequel devint alors Philippe V, entendait maintenir coûte que coûte un Bourbon sur le trône d'outre-Pyrénées, non par orgueil familial ou national, mais tout simplement pour empêcher qu'un jour la France fût à nouveau prise en tenaille et que fût rompu le difficile équilibre européen. L'enjeu était de très grande politique.
L'appel de Louis XIV
L'intention de l'Europe coalisée était bel et bien de ruiner et de démembrer le royaume capétien. Il fallait résister jusqu'au bout, quel que fût le désir de paix, et expliquer à l'opinion publique que c'étaient les ennemis qui nous obligeaient à poursuivre la guerre... On conseilla au roi de réunir les états généraux, mais il ne voulut point recourir à ce remède dangereux. Il préféra écrire une lettre, un appel aux Français qui fut lu dans toutes les églises et placardé sur tous les murs publics du royaume. Les Français répondirent par un nouvel élan, montrant une nouvelle fois la faculté de redressement qui leur est propre.
Cette résistance ne fut pas vaine, car les ennemis eux-mêmes commençaient à s'essouffler. Or la France n'était envahie qu'au nord et, sur nos lignes de défense, nous ne reculions que pied à pied. Depuis notre désastreuse défaite de Malplaquet (11 septembre 1709) qui leur coûta très cher, les Anglais manifestaient un réel désir de reprendre les pourparlers de paix, car cette guerre continentale, en fin de compte, ne leur rapportait pas grand chose... Le 10 décembre 1710, la victoire des troupes franco-espagnoles, sous le commandement du duc de Vendôme, arrière-petit-fils d'Henri IV, à Villaviciosa de Tajuña en Castille, fit réfléchir les Anglais, lesquels, en fin de compte, ne trouvaient pas si mal la séparation des deux couronnes de France et d'Espagne que proposait Louis XIV. Restaient les Hollandais parmi les plus intransigeants, et aussi les troupes du nouvel empereur romain germanique Charles VI, celui-là même qui, en tant qu'archiduc et petit neveu, comme le duc d'Anjou, du vieux roi d'Espagne Charles II (1661-1700), voulait régner sur l'Espagne. Il aurait donc été à la fois empereur et roi d'Espagne, comme jadis Charles Quint ; c'est ce que l'obstination de Louis XIV évitait pour la paix de l'Europe entière. Privés de leur appui principal, l'Angleterre, les troupes hollando-impériales grignotaient peu à peu les dernières places françaises qui contenaient l'invasion depuis des années et osaient appeler leur route ainsi déblayée le "chemin de Paris". Quant aux Anglais, voyant mourir, à la suite du Grand Dauphin, tant de princes du sang français, ils se mirent à craindre que Philipppe V fût un jour appelé, malgré les promesses de Louis XIV, à régner à Paris et à Madrid simultanément..
Alors, le prince Eugène de Savoie-Carignan, au service des Habsbourg, força la frontière du nord en 1712 : il commandait cent trente mille hommes ; face à lui, le maréchal de Villars disposait de soixante dix mille vieux soldats français, la dernière réserve du royaume... Louis XIV déclara qu'en cas de revers, il se rendrait à Péronne et ou à Saint-Quentin : « Mieux vaut périr ensemble et sauver l'État. Je ne consentirai jamais à laisser l'ennemi approcher de ma capitale. » Un vent de panique souffla sur Versailles. On voulut presser le roi de ne pas s'exposer à être capturé : il répondit avec hauteur, et très royalement, qu'il refuserait d'abandonner son poste devant l'ennemi. Or le prince Eugène, trop sûr de lui, commit une imprudence en installant ses magasins un peu trop loin du principal corps d'armée : le camp de Denain, près de Valenciennes. Un habitant du pays s'en aperçut et courut le dire au général de Montesquiou qui le rapporta à son supérieur, le maréchal de Villars. Celui-ci fit simuler une attaque de Denain : les défenseurs du camp furent tous pris. Et quand le prince Eugène arriva, le 24 juillet 1712, il fut repoussé vigoureusement. Privé de vivres et de munitions, il n'eut plus qu'à se replier vers les Pays-Bas.
Villars, le chanceux
Dans l'affaire, Villars eut beaucoup de chance, mais il manoeuvra habilement. Sa gloire est surtout d'avoir obéi aux ordres formels de Louis XIV en livrant cette bataille désespérée. Le vieux Capétien, en faisant taire tous les défaitistes, avait tiré son royaume du désastre. Désormais le traité d'Utrecht pouvait être signé : la France n'était pas en position de faiblesse. Elle conservait les frontières qu'elle avait acquises, mais elle fut écartée de la Flandre belge qui passa à la maison d'Autriche, laquelle reçut mission, avec la Hollande de Guillaume d'Orange, de veilller à ce que les Français ne cherchassent pas à imposer leur présence ici. L'Angleterre, maîtresse des mers, le devint aussi des colonies : les espagnoles, d'Amérique latine, mais aussi les autres qui nous échappèrent, Terre-Neuve, Acadie ; même notre Canada fut menacé. Quant à la renonciation de Philippe V et de ses descendants à leurs droits de princes français, elle allait de soi et cela deviendrait évident au fur et à mesure que s'hispaniserait cette branche des Bourbons...
Un tournant en Europe
Mais les Hohenzollern, les plus actifs et les plus ambitieux des princes allemands, devinrent rois de Prusse et allaient par la suite chercher à reconstituer à leur profit l'unité allemande. Comme dit Jacques Bainville, « Louis XIV avait compris que la rivalité des Bourbons et des Habsbourg était finie, qu'elle devenait un anachronisme, que des bouleversements continentaux ne pourraient plus se produire qu'au détriment de la France et au profit de l'Angleterre pour qui chaque conflit européen serait l'occasion de fortifier son empire colonial ».
Quand le vieux roi allait mourir en 1715, la France était très fatiguée ayant dû payer d'un haut prix l'acquisition de ses frontières et de sa sécurité. Les générations à venir sauraient-elles rendre hommage comme il le fallait à ces hommes de tradition qui gardèrent le sol natal au prix des pires sacrifices ? Cette année 1712 est aussi celle qui vit naître, le 28 juin, un mois avant le sauvetage inespéré de Denain, Jean-Jacques Rousseau, l'homme le plus asocial qui fût jamais et qui allait se mettre dans l'idée de dresser les plans d'une société révolutionnaire à laquelle il ne croyait même pas lui-même, mais à laquelle allaient croire les hommes de 1789... En quelques mois c'en serait (presque) fini de l'oeuvre de nos rois, pour le plus grand malheur de la France...
Michel Fromentoux L’ACTION FRANÇAISE 2000 Du 1er au 14 mars 2012 -
La Hongrie se donne une constitution taillée pour défendre les valeurs nationales
Le président hongrois Janos Ader a signé l’amendement de la Charte Constitutionnelle qui vise à consolider l’unité de la patrie
Le président hongrois Janos Ader a annoncé qu’il signera l’amendement modifiant la Constitution en dépit des avertissements lancés par la Commission Européenne, les Etats-Unis et les associations et ONG qui défendent soi-disant les droits de l’homme, qui tous, estiment que cet amendement contient des “risques” pour la démocratie en pays magyar; sans doute, l’UE et les Etats-Unis, flanqués de leurs ONG subversives, préfèrent-ils une Hongrie entièrement dominée par les grands oligopoles, par les banques et les technocrates, à la solde des usuriers internationaux et refusent-ils une Constitution qui soit réellement au service du peuple hongrois. Eurocrates, Américains et ONG ne veulent apparemment pas comprendre qu’une Charte Constitutionnelle de ce type permet de défendre la souveraineté monétaire et les valeurs nationales magyares. Lundi 11 mars 2013, le Parlement, entièrement contrôlé par la majorité parlementaire, démocratiquement élue par le peuple hongrois et surtout représentée par le parti Fidesz du premier ministre Viktor Orban, a approuvé l’amendement contesté 1) qui limite notamment le pouvoir de la Cour Constitutionnelle, en annule toutes les sentences énoncées avant l’entrée en vigueur de la nouvelle Constitution au début de l’année 2012, 2) qui favorise toutes les normes permettant la sauvegarde des institutions d’enseignement supérieur, 3) qui maintient le contrôle des pouvoirs publics sur les personnes sans domicile fixe, ainsi que sur les lois électorales et 4) qui défend la famille traditionnelle.
Dans une déclaration affichée sur son site officiel, le Président Ader, proche d’Orban, a expliqué que sa signature relève d’une obligation inscrite dans la Constitution selon laquelle le Président est obligé de signer la Charte et ses modifications endéans les cinq jours, après son dépôt. Et Ader commente: “C’est le seul choix que m’offre la Constitution, en phase avec mon serment, avec les normes actuelles et avec les sentences de la Cour constitutionnelle au cours de ces vingt dernières années”. “Etre démocrate signifie suivre les règles d’un Etat légal en toutes circonstances”, a-t-il encore précisé. “C’est, sans équivoque, mon devoir constitutionnel de signer et de déclarer que cet amendement à la Constitution fait désormais loi”, même après “avoir lu des arguments intelligents dans la presse politique et dans les avis de bon nombre d’experts indignés”, hostiles à la réforme, a ajouté Ader, vu que la question cruciale soulevée par l’amendement concerne “l’unité nationale”, indépendamment du fait que “cela me plaise ou non”. Poursuivant son raisonnement, Ader précise: “le Président de la République ne doit pas simplement agir au-dessus de la politique des partis, il doit toujours se placer aux côtés de la politique nationale, en tous moments et en toutes occasions”.
Mais les opposants à cet amendement ne manquent pas, y compris en Hongrie. Le lundi 11 mars 2013, des milliers de personnes ont manifesté devant les bureaux d’Ader, l’exhortant à ne pas signer l’amendement. Les adversaires de cet amendement, dont l’ancien Président Lazslo Solyom, prétendent que le Président peut renvoyer un texte en sa qualité de garant du fonctionnement démocratique de l’Etat. Le gouvernement Orban, pour sa part, observe que son ample mandat parlementaire l’autorise à réformer une Constitution vieillie, vestige du régime communiste du passé, contrôlé par feue l’Union Soviétique.
Le Parlement hongrois en 2011 avait approuvé une nouvelle Constitution mais il avait été obligé de la modifier à cause des avertissements que ne cessaient de lancer les technocrates de Bruxelles et à cause des réticences de la Cour Constitutionnelle sur des questions comme l’indépendance de la Banque centrale hongroise, de l’indépendance de la magistrature ou d’autres institutions. Ces affrontements politiques avaient favorisé les attaques des spéculateurs internationaux contre le forin hongrois sur les marchés boursiers. Le gouvernement a été obligé de demander un prêt au FMI qui a certes promis une “aide” mais en échange de toute une kyrielle de contraintes très pesantes pour Budapest. Mardi 19 mars 2013, Olli Rehn, Commissaire européen des affaires économiques et monétaires, sera en Hongrie pour rencontrer le premier ministre Orban et le ministre des affaires économiques Mihaly Varga. On ne connait pas encore l’ordre du jour de la rencontre et on ne sait pas encore si le quatrième amendement à la Constitution hongroise sera évoqué ou non, alors que c’est précisément cet amendement-là qui a déclenché une avalanche de critiques de la part des Etats-Unis, de la Commission Européenne et du Conseil de l’Europe, toutes instances préoccupées de voir que le gouvernement hongrois, lui, défend au moins la souveraineté et l’indépendance nationales face aux potentats politiques et économiques téléguidés par les technocrates européens et internationaux. En somme, nous avons affaire là à des ingérences indues, perpétrées par une puissance d’au-delà de l’Océan et par des technocrates qui se permettent de s’immiscer dans les affaires intérieures d’un Etat souverain.
Andrea Perrone.
(article paru sur le site de “Rinascita”, 15 mars 2013; http://www.rinascita.eu/ ).merci R.Steuckers
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Insurrection "Alza la espada" (Lève l'épée)
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Cercle d'études : les dangers de la république
Les débats sur le projet de loi Taubira (le mariage homosexuel) permettent de toucher du doigt (et non pas de façon théorique) les dangers et les contradictions du régime républicain.
Ce contexte était bien utile pour servir au dernier cercle d'études de la section marseillaise de l'AF-Provence. La formation est un élément indispensable des activités militantes. Bien connaître les idées maurrassiennes permet d'éviter l'aventurisme, l'activisme ou le folklore préjudiciables à un mouvement politique.
Avec ou sans utilisation de la vidéo, la présence d'un animateur est indispensable car il est possible de discuter, permettre à chacun de s'exprimer s'il le veut. L'exposé et le débat peuvent s'adapter souplement aux présents, ce qu'une séquence pré-enregistrée ne permet pas toujours. Le cercle d'études favorise la formation d'une équipe homogène. Il est aussi l'occasion de donner des informations sur les actions prochaines.

Le dernier cercle a insisté sur le fait que les Français ne sont pas vraiment représentés par un Président élu sans que l'on ait lu vraiment ses 60 propositions (notamment la 31ème sur le mariage homosexuel). Il en est de même pour les députés, surtout quand ils sont élus dans la foulée de l'élection présidentielle.
De son côté, le peuple n'est pas écouté, sauf quand il verse dans la violence.
Le gouvernement est soumis à des groupes de pression (lobby homosexuel, financé par le richissime Pierre Bergé) .
Le président de la Cinquième République a des pouvoirs importants sur les parlementaires. Il peut utiliser le réféfendum à son gré.
Mais toutes les républiques ont eu d'aussi grands défauts: l'opposition entre séparation des pouvoirs et souveraineté du peuple, une guerre civile larvée, l'étatisme, la ploutocratie, l'absence de continuité...
La société française est maintenant empoisonnée par la violence et éclatée en communautés. Elle n'a rien de l'idéal officiel de liberté, égalité et fraternité.
Nous devons agir sans tarder pour la France, donc pour la Monarchie. Comme l'a déclaré le duc de Vendôme:
"La République n'est pas concrète, le Royaume l'est. Marianne est une allégorie, le Prince est humain, il a un corps, une voix et un visage. Je dirais même qu'il a les pieds sur terre. La monarchie, c'est un surcroît d'humanité (et d'amour) dans un monde qui en a éperdument besoin".
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Le prochain cercle marseillais sera consacré à "La France et l'Europe".
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Le populisme, condition du réveil des peuples
Les dirigeants occidentaux se méfient du peuple. Le plus souvent, ils refusent de prendre en compte l'expression de ses choix. Ou bien encore ils tentent de biaiser les modes de son expression publique. Les modifications de lois électorales y contribuent à l'occasion, instaurant un seuil de voix pour avoir des élus, envisageant telle mesure pour empêcher quadrangulaires ou triangulaires. D'une façon ou d'une autre, et ne serait-ce que par l'abstention, le peuple manifeste qu'il n'adhère pas à ces caricatures de démocratie. Il ne veut pas n'avoir le choix qu'entre des partis, UMP ou PS ou prétendus écologistes, qui sont d'accord sur des points aussi essentiels que la construction d'une Europe libérale, et plus précisément libre-échangiste, et sur une idéologie qui désarme les peuples d'Europe, l'idéologie dite « des droits de l'homme ».
ENTRE L'ISLAMISATION ET L'AMÉRICANISATION DES MŒURS
L'électeur ne veut pas cautionner des "libéraux", souvent libéraux-libertaires qui, par un paradoxe apparent, sont d'accord pour instaurer une société de plus en plus policière, sécuritaire sans sécurité réelle, inégalitaire et communautarisée.
Dans ces conditions, qu'est-ce que le populisme ? Que peut être le populisme ? Que doit être le populisme ? Le populisme est la réaction hors système des peuples dont une fraction de moins en moins négligeable dit non à la pensée imposée sur les vertus du Nouvel Ordre mondial. Réaction face à la pensée unique, réaction face au Politiquement Correct, réaction face à la super-classe mondiale et mondialiste.
Le populisme peut ainsi être non pas toute la solution pour redonner ses libertés au peuple mais un préalable à la solution. À quelles conditions ? Commençons par ce que le populisme ne doit pas être. Il ne peut se borner à mettre en cause les ruptures du lien social liées à l'immigration. La mondialisation, l'américanisation et l'uniformisation des peuples amènent à une perte des repères et à une difficulté d'en fonder de nouveaux. L'immigration de masse que connaît l'Europe et particulièrement la France est une conséquence majeure, et parfaitement négative, de ce processus. Mais elle ne peut être combattue sans comprendre et sans combattre l'ensemble du processus. De même, l'islamisation, ravageuse mais au demeurant moins massive que l'américanisation des mœurs, est à la fois une conséquence de l'immigration et une réaction identitaire de certains immigrés.
UNE POLITIQUE POUR LE PEUPLE ET PAR LE PEUPLE
Surmonter la perte de sens qui envahit notre peuple, surmonter la défiance du politique, c'est cela qui constitue la vocation du populisme. Celui-ci a une définition : faire une politique pour le peuple et par le peuple. Une politique pour le peuple, c'est une politique qui ne dissocie pas la souveraineté nationale de la souveraineté populaire. C'est une politique pour le peuple et la nation. Les questions d'indépendance nationale, ou encore les transferts de souveraineté à une Europe politique - contrairement aux souverainetés actuellement évanouies dans une Europe libre-échangiste - sont des questions qui relèvent de la souveraineté populaire, et non de traités opaques. C'est le peuple qui doit décider sur les questions essentielles qui concernent son destin : immigration, protectionnisme, préférence nationale, service public, gratuité de l'école, agriculture et ruralité, grands principes de la fiscalité, retraites... C'est pourquoi le populisme nécessaire ne peut que se distinguer absolument de l'esprit "réactionnaire", antidémocrate, et des nostalgies monarchiques. Depuis Rome, le populisme, c'est la République. Le populisme nécessaire est nécessairement républicain. Et c'est justement pour cela qu'il veut une autre République que celle que nous connaissons.
POUR LE RÉFÉRENDUM D'INITIATIVE POPULAIRE...
Le populisme, c'est la démocratie poussée jusqu'au bout. C'est-à-dire le contraire de la démocratie muselée actuelle. Ce qui a de la valeur, c'est ce qui a été sanctionné par la volonté populaire. Le peuple doit décider et il doit intervenir. Le populisme nécessaire, c'est le référendum d'initiative populaire. Ce sont des modes de scrutins clairs et lisibles. C'est le choix des élus par le peuple, notamment par la proportionnelle avec vote préférentiel. Mais c'est aussi la gouvernabilité, qui implique une prime majoritaire. La démocratie poussée jusqu'au bout, c'est la gouvernance au plus près des besoins des gens à chaque fois que c'est possible, et c'est donc le respect de l'échelon communal mais avec des communes fédérées dans les communautés de pays et communautés urbaines. C'est un nombre important d'élus locaux, et c'est pour eux les moyens de travailler avec un statut d'élus locaux, et avec une rémunération dès l'échelon du conseiller municipal. La démocratie poussée jusqu'au bout, c'est la liberté d'expression restaurée, pleine et entière et sans tabous, et donc sans lois perverses et inquisitoriales. C'est le droit de polémique et la fin des sujets interdits.
Le populisme nécessaire, c'est aussi une politique exigeante d'assimilation. Qui veut être citoyen français et est régulièrement en France depuis longtemps doit pouvoir l'être, mais à l'exclusion de toute autre citoyenneté, et s'il adhère à la conception française, laïque mais non pas antireligieuse de la société, et ce quelle que soit sa nationalité d'origine. Être citoyen, c'est choisir, ce n'est pas consommer des droits. Cela ne peut être banalisé. Qui veut rester étranger le peut mais n'aura ni tous les devoirs du Français ni ses droits. La notion de séjour transitoire en France, hors regroupement familial, dans le cadre d'une coopération avec le pays d'origine, doit être réhabilitée.
... ET LA PROGRESSIVITÉ DE L'IMPÔT
Le populisme nécessaire, c'est aussi le retour à l'impôt progressif, par opposition à l'impôt proportionnel. Qu'il n'existe plus que cinq tranches d'impôts sur le revenu est une injustice majeure alors que les inégalités sociales explosent, et que les très riches sont de plus en plus riches. Que CSG et CRDS soient des impôts proportionnels est aussi totalement injuste. La progressivité de l'impôt est un principe intrinsèquement républicain. Il n'y a pas de République sans impôt progressif. Le bouclier fiscal créé par Chirac et Villepin, et amplifié par Sarkozy au profit des très riches, est une injustice quand l'argent des très riches n'est pas le fruit de leur travail mais provient de la financiarisation parasitaire ou encore de la dépravation du goût (les salaires des footballeurs ou des chanteurs par exemple). Le populisme nécessaire, dans le domaine fiscal comme dans les autres domaines, c'est le pouvoir donné au peuple travailleur d'ajuster les inégalités de revenus aux différences de compétences, d'engagement, d'énergie et de responsabilité dans le service rendu à la société. Le critère, c'est le service social. Personne ne conteste, dans le peuple travailleur, qu'il soit nécessaire et normal qu'un chirurgien soit mieux payé qu'un gardien de square. Mais même le second a droit de pouvoir vivre décemment de son travail.
Le populisme nécessaire, c'est garantir que chacun donne à la société en fonction de ses capacités et que personne ne connaisse la misère. Ce n'est pas l'égalitarisme c'est l'égalité des droits, c'est l'égalité des chances, c'est l'égalité d'accès à l'éducation et à la culture. Ce n'est jamais la discrimination positive - qui rompt le pacte républicain - mais c'est l'accès à des internats gratuits pour les enfants travailleurs et doués issus de milieux pauvres. Le populisme, c'est la méritocratie républicaine.
NI CULTE DE LA CROISSANCE NI INTÉGRISME ÉCOLOGISTE
Le populisme, c'est aussi l'ambition d'ouvrir un nouvel « espace utopique ». Une utopie réaliste et concrète. Pas le meilleur des mondes mais un monde où le meilleur soit possible. Le populisme pour l'Europe, c'est la civilisation de la mesure. C'est la fin de la recherche de la croissance pour la croissance. Ce sont des objectifs « à taille d'homme », « à l'échelle humaine » disait Léon Blum, qui n'avait pas si tort, face aux démesures staliniennes et aux ivresses bolcheviques - et à leur prix de sang. Le populisme, c'est refuser le culte de la croissance dans lequel communient droite et gauche institutionnelles, sans pour autant tomber dans l'intégrisme écologiste qui, paradoxalement, renoue avec une vision prométhéenne de l'homme en lui donnant pour mission de « sauver la planète », de « rétablir les équilibres », en niant la légitimité et la fragilité inhérente à l'agir terrestre de l'homme. Le principe de précaution absolutisé, c'est encore une croyance qu'avec la science l'homme évitera toutes les erreurs.
Le populisme nécessaire, c'est en finir avec le productivisme sans se référer à la décroissance, terme ambigu qui peut laisser croire que « toujours moins » serait « toujours mieux ». Le populisme, c'est viser réellement le développement durable qui, au-delà des récupérations qui peuvent affecter tout concept, correspond à l'équilibre à trouver en Europe entre ambition collective - il n'y a pas de peuple sans ambition collective, sans visée créative pour les temps futurs - et refus de l’hybris, c'est-à-dire refus de la course en avant sans but, refus de la démesure, qu'il s'agisse par exemple du refus de l'architecture fanfaronne ou du refus d'une ville totalement aseptisée, muséifiée et sans liberté des usages et des inventions.
Le populisme nécessaire, c'est retrouver la fierté de la présence du peuple français dans les centres-villes, c'est imposer la décence commune dans les espaces publics, et pousser au retour à l'usage de la langue française dans ces espaces, c'est reconquérir ces espaces publics contre la privatisation de la politique et la privatisation de la société. Contre les communautarismes, c'est affirmer la communauté du peuple. Le populisme nécessaire, c'est, au nom de la pensée des droits de l'homme, qui vaut bien plus et mieux que son idéologie, dénoncer la segmentation de ces droits humains par la discrimination positive et notamment par la Halde.
Le populisme nécessaire, c'est relocaliser l'économie. C'est, dans toute la mesure du possible, aller vers l'objectif de produire localement, pour les marchés locaux, avec des travailleurs locaux, de produire national pour le marché national, avec des travailleurs nationaux, de produire européen avec des Européens et d'abord pour le marché intérieur européen.
NE PAS CONFONDRE PEUPLE ET POPULATION
Le populisme nécessaire, c'est le refus des leçons données par le pouvoir "d'en-haut" ou par quelque "avant-garde" que ce soit. C'est, contre tous les communautarismes, réaffirmer la centralité du Peuple Constituant, constituant de la République et constituant de la Nation. En 1989, les Allemands de la RDA communiste clamaient : « Nous sommes le peuple » (Wirsind das Volk). C'était renouer avec l'esprit européen de 1848, la Nation se voulant le Peuple Constituant. Cela a été reproché aux Allemands. Déjà, en 1935, Bertolt Brecht avait défendu, de son point de vue, les vertus de la notion de population contre la notion de peuple. De fait, quand on parle de la population, on désigne simplement « les gens qui sont là », aujourd'hui, sur ce sol, comme la population d'un grand magasin, tel jour à telle heure. On conçoit que les "peuplophobes", nombreux et puissants, préfèrent parler de population plutôt que de peuple. La notion de population, avait remarqué Michel Foucault, s'oppose à celle de dépopulation. Le peuple, c'est autre chose. Ce n'est pas la populace, ce n'est pas simplement « le nombre », ce sont les travailleurs qui se reconnaissent dans ce pays, ce sont ceux qui partagent depuis longtemps les épreuves et les peines et les joies des enfants de France. « Il y a une bourgeoisie de gauche et une bourgeoisie de droite. Il n'y a pas de peuple de gauche ou dépeuple de droite, il n'y a qu'un peuple » disait Bernanos.
Pierre Le Vigan Écrits de Paris octobre 2010