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économie et finance - Page 576

  • Lettre aux français : « Contre les tabous indiscutés.

    Une lectrice de Polémia nous écrit

    ♦ Une fidèle lectrice assidue à notre site Polémia vient de nous faire parvenir La Lettre aux Français que le prix Nobel Maurice Allais adressait à ses concitoyens, par le truchement du journal Marianne du 5 décembre 2009. Maurice Allais est décédé moins d’un an après, en octobre 2010 à l’âge de 99 ans. Cette lettre était en quelque sorte son testament politique. Nous la reproduisons ci-après précédée des quelques lignes de présentation de notre lectrice que nous remercions. Une relecture de ce texte ne peut être que bénéfique.

    Polémia

    Toute personne, un peu sensée, constate que depuis des années les « experts » constamment invités par les médias nous mentent et s’avèrent incapables d’expliquer les causes de la « crise » et encore moins les remèdes nécessaires… si ce n’est de prôner la fuite en avant.

    Quand on se trompe de chemin, le simple bon sens consiste à s’arrêter et à consulter cartes et panneaux, or, nous sommes lancés sur des rails sans machiniste ni aiguillage, pratiquement assurés d’un déraillement  imminent.

    Michèle Laugier (4/01/2014)

    Le point de vue que j’exprime est celui d’un théoricien à la fois libéral et socialiste. Les deux notions sont indissociables dans mon esprit, car leur opposition m’apparaît fausse, artificielle. L’idéal socialiste consiste à s’intéresser à l’équité de la redistribution des richesses, tandis que les libéraux véritables se préoccupent de l’efficacité de la production de cette même richesse. Ils constituent à mes yeux deux aspects complémentaires d’une même doctrine. Et c’est précisément à ce titre de libéral que je m’autorise à critiquer les positions répétées des grandes instances internationales en faveur d’un libre-échangisme appliqué aveuglément.

    Le fondement de la crise : l’organisation du commerce mondial.

    La récente réunion du G20 a de nouveau proclamé sa dénonciation du « protectionnisme », dénonciation absurde à chaque fois qu’elle se voit exprimée sans nuance, comme cela vient d’être le cas. Nous sommes confrontés à ce que j’ai par le passé nommé « des tabous indiscutés dont les effets pervers se sont multipliés et renforcés au cours des années » (1). Car tout libéraliser, on vient de le vérifier, amène les pires désordres. Inversement, parmi les multiples vérités qui ne sont pas abordées se trouve le fondement réel de l’actuelle crise : l’organisation du commerce mondial, qu’il faut réformer profondément, et prioritairement à l’autre grande réforme également indispensable que sera celle du système bancaire.

    Les grands dirigeants de la planète montrent une nouvelle fois leur ignorance de l’économie qui les conduit à confondre deux sortes de protectionnismes : il en existe certains de néfastes, tandis que d’autres sont entièrement justifiés. Dans la première catégorie se trouve le protectionnisme entre pays à salaires comparables, qui n’est pas souhaitable en général. Par contre, le protectionnisme entre pays de niveaux de vie très différents est non seulement justifié, mais absolument nécessaire. C’est en particulier le cas à propos de la Chine, avec laquelle il est fou d’avoir supprimé les protections douanières aux frontières. Mais c’est aussi vrai avec des pays plus proches, y compris au sein même de l’Europe. Il suffit au lecteur de s’interroger sur la manière éventuelle de lutter contre des coûts de fabrication cinq ou dix fois moindres – si ce n’est des écarts plus importants encore – pour constater que la concurrence n’est pas viable dans la grande majorité des cas. Particulièrement face à des concurrents indiens ou surtout chinois qui, outre leur très faible prix de main-d’œuvre, sont extrêmement compétents et entreprenants.

    Il faut délocaliser Pascal Lamy !

    Mon analyse étant que le chômage actuel est dû à cette libéralisation totale du commerce, la voie prise par le G20 m’apparaît par conséquent nuisible. Elle va se révéler un facteur d’aggravation de la situation sociale. À ce titre, elle constitue une sottise majeure, à partir d’un contresens incroyable. Tout comme le fait d’attribuer la crise de 1929 à des causes protectionnistes constitue un contresens historique. Sa véritable origine se trouvait déjà dans le développement inconsidéré du crédit durant les années qui l’ont précédée. Au contraire, les mesures protectionnistes qui ont été prises, mais après l’arrivée de la crise, ont certainement pu contribuer à mieux la contrôler. Comme je l’ai précédemment indiqué, nous faisons face à une ignorance criminelle. Que le directeur général de l’Organisation mondiale du commerce, Pascal Lamy, ait déclaré : « Aujourd’hui, les leaders du G20 ont clairement indiqué ce qu’ils attendent du cycle de Doha : une conclusion en 2010 » et qu’il ait demandé une accélération de ce processus de libéralisation m’apparaît une méprise monumentale, je la qualifierais même de monstrueuse. Les échanges, contrairement à ce que pense Pascal Lamy, ne doivent pas être considérés comme un objectif en soi, ils ne sont qu’un moyen. Cet homme, qui était en poste à Bruxelles auparavant, commissaire européen au Commerce, ne comprend rien, rien, hélas ! Face à de tels entêtements suicidaires, ma proposition est la suivante : il faut de toute urgence délocaliser Pascal Lamy, un des facteurs majeurs de chômage !

    Plus concrètement, les règles à dégager sont d’une simplicité folle : du chômage résulte des délocalisations, elles-mêmes dues aux trop grandes différences de salaires… À partir de ce constat, ce qu’il faut entreprendre en devient tellement évident ! Il est indispensable de rétablir une légitime protection. Depuis plus de dix ans, j’ai proposé de recréer des ensembles régionaux plus homogènes, unissant plusieurs pays lorsque ceux-ci présentent de mêmes conditions de revenus, et de mêmes conditions sociales. Chacune de ces « organisations régionales » serait autorisée à se protéger de manière raisonnable contre les écarts de coûts de production assurant des avantages indus a certains pays concurrents, tout en maintenant simultanément en interne, au sein de sa zone, les conditions d’une saine et réelle concurrence entre ses membres associés.

    Un protectionnisme raisonné et raisonnable.

    Ma position et le système que je préconise ne constitueraient pas une atteinte aux pays en développement. Actuellement, les grandes entreprises les utilisent pour leurs bas coûts, mais elles partiraient si les salaires y augmentaient trop. Ces pays ont intérêt à adopter mon principe et à s’unir à leurs voisins dotés de niveaux de vie semblables, pour développer à leur tour ensemble un marché interne suffisamment vaste pour soutenir leur production, mais suffisamment équilibré aussi pour que la concurrence interne ne repose pas uniquement sur le maintien de salaires bas. Cela pourrait concerner par exemple plusieurs pays de l’est de l’Union européenne, qui ont été intégrés sans réflexion ni délais préalables suffisants, mais aussi ceux d’Afrique ou d’Amérique latine.

    L’absence d’une telle protection apportera la destruction de toute l’activité de chaque pays ayant des revenus plus élevés, c’est-à-dire de toutes les industries de l’Europe de l’Ouest et celles des pays développés. Car il est évident qu’avec le point de vue doctrinaire du G20, toute l’industrie française finira par partir à l’extérieur. Il m’apparaît scandaleux que des entreprises ferment des sites rentables en France ou licencient, tandis qu’elles en ouvrent dans les zones à moindres coûts, comme cela a été le cas dans le secteur des pneumatiques pour automobiles, avec les annonces faites depuis le printemps par Continental et par Michelin. Si aucune limite n’est posée, ce qui va arriver peut d’ores et déjà être annoncé aux Français : une augmentation de la destruction d’emplois, une croissance dramatique du chômage non seulement dans l’industrie, mais tout autant dans l’agriculture et les services.

    De ce point de vue, il est vrai que je ne fais pas partie des économistes qui emploient le mot « bulle ». Qu’il y ait des mouvements qui se généralisent, j’en suis d’accord, mais ce terme de « bulle » me semble inapproprié pour décrire le chômage qui résulte des délocalisations. En effet, sa progression revêt un caractère permanent et régulier, depuis maintenant plus de trente ans. L’essentiel du chômage que nous subissons —tout au moins du chômage tel qu’il s’est présenté jusqu’en 2008 — résulte précisément de cette libération inconsidérée du commerce à l’échelle mondiale sans se préoccuper des niveaux de vie. Ce qui se produit est donc autre chose qu’une bulle, mais un phénomène de fond, tout comme l’est la libéralisation des échanges, et la position de Pascal Lamy constitue bien une position sur le fond.

    Crise et mondialisation sont liées.

    Les grands dirigeants mondiaux préfèrent, quant à eux, tout ramener à la monnaie, or elle ne représente qu’une partie des causes du problème. Crise et mondialisation : les deux sont liées. Régler seulement le problème monétaire ne suffirait pas, ne réglerait pas le point essentiel qu’est la libéralisation nocive des échanges internationaux, Le gouvernement attribue les conséquences sociales des délocalisations à des causes monétaires, c’est une erreur folle.

    Pour ma part, j’ai combattu les délocalisations dans mes dernières publications (2). On connaît donc un peu mon message. Alors que les fondateurs du marché commun européen à six avaient prévu des délais de plusieurs années avant de libéraliser les échanges avec les nouveaux membres accueillis en 1986, nous avons ensuite, ouvert l’Europe sans aucune précaution et sans laisser de protection extérieure face à la concurrence de pays dotés de coûts salariaux si faibles que s’en défendre devenait illusoire. Certains de nos dirigeants, après cela, viennent s’étonner des conséquences !

    Si le lecteur voulait bien reprendre mes analyses du chômage, telles que je les ai publiées dans les deux dernières décennies, il constaterait que les événements que nous vivons y ont été non seulement annoncés mais décrits en détail. Pourtant, ils n’ont bénéficié que d’un écho de plus en plus limité dans la grande presse. Ce silence conduit à s’interroger.

    Un prix Nobel… téléspectateur

    Les commentateurs économiques que je vois s’exprimer régulièrement à la télévision pour analyser les causes de l’actuelle crise sont fréquemment les mêmes qui y venaient auparavant pour analyser la bonne conjoncture avec une parfaite sérénité. Ils n’avaient pas annoncé l’arrivée de la crise, et ils ne proposent pour la plupart d’entre eux rien de sérieux pour en sortir. Mais on les invite encore. Pour ma part, je n’étais pas convié sur les plateaux de télévision quand j’annonçais, et j’écrivais, il y a plus de dix ans, qu’une crise majeure accompagnée d’un chômage incontrôlé allait bientôt se produire, je fais partie de ceux qui n’ont pas été admis à expliquer aux Français ce que sont les origines réelles de la crise alors qu’ils ont été dépossédés de tout pouvoir réel sur leur propre monnaie, au profit des banquiers. Par le passé, j’ai fait transmettre à certaines émissions économiques auxquelles j’assistais en téléspectateur le message que j’étais disposé à venir parler de ce que sont progressivement devenues les banques actuelles, le rôle véritablement dangereux des traders, et pourquoi certaines vérités ne sont pas dites à leur sujet. Aucune réponse, même négative, n’est venue d’aucune chaîne de télévision et ce durant des années.

    Cette attitude répétée soulève un problème concernant les grands médias en France : certains experts y sont autorisés et d’autres, interdits. Bien que je sois un expert internationalement reconnu sur les crises économiques, notamment celles de 1929 ou de 1987, ma situation présente peut donc se résumer de la manière suivante : je suis un téléspectateur. Un prix Nobel… téléspectateur, Je me retrouve face à ce qu’affirment les spécialistes régulièrement invités, quant à eux, sur les plateaux de télévision, tels que certains universitaires ou des analystes financiers qui garantissent bien comprendre ce qui se passe et savoir ce qu’il faut faire. Alors qu’en réalité ils ne comprennent rien. Leur situation rejoint celle que j’avais constatée lorsque je m’étais rendu en 1933 aux États-Unis, avec l’objectif d’étudier la crise qui y sévissait, son chômage et ses sans-abri : il y régnait une incompréhension intellectuelle totale. Aujourd’hui également, ces experts se trompent dans leurs explications. Certains se trompent doublement en ignorant leur ignorance, mais d’autres, qui la connaissent et pourtant la dissimulent, trompent ainsi les Français.

    Cette ignorance et surtout la volonté de la cacher grâce à certains médias dénotent un pourrissement du débat et de l’intelligence, par le fait d’intérêts particuliers souvent liés à l’argent. Des intérêts qui souhaitent que l’ordre économique actuel, qui fonctionne à leur avantage, perdure tel qu’il est. Parmi eux se trouvent en particulier les multinationales qui sont les principales bénéficiaires, avec les milieux boursiers et bancaires, d’un mécanisme économique qui les enrichit, tandis qu’il appauvrit la majorité de la population française mais aussi mondiale.

    Question clé : quelle est la liberté véritable des grands médias ? Je parle de leur liberté par rapport au monde de la finance tout autant qu’aux sphères de la politique.

    Deuxième question : qui détient de la sorte le pouvoir de décider qu’un expert est ou non autorisé à exprimer un libre commentaire dans la presse ?

    Dernière question : pourquoi les causes de la crise telles qu’elles sont présentées aux Français par ces personnalités invitées sont-elles souvent le signe d’une profonde incompréhension de la réalité économique ? S’agit-il seulement de leur part d’ignorance ? C’est possible pour un certain nombre d’entre eux, mais pas pour tous. Ceux qui détiennent ce pouvoir de décision nous laissent le choix entre écouter des ignorants ou des trompeurs.

    Maurice Allais., Décembre 2009

    http://www.polemia.com/lettre-aux-francais-contre-les-tabous-indiscutes/

  • Dany-Robert Dufour – Crise du capitalisme ou crise du sens ?

    Conférence de Dany-Robert Dufour dans le cadre de la journée d’étude “Crise du capitalisme ou crise du sens ?” organisée par Charles Robin le 9 avril 2013 à l’Université Paul Valéry Montpellier III.

    La crise que nous traversons n’est pas seulement celle d’un modèle économique ‒ le capitalisme financier néolibéral. Elle est celle d’un système qui désorganise l’ensemble de nos formes d’existence, de nos pratiques et de nos représentations. La « postmodernité », époque marquée par ce que Lyotard appelait la fin des « grands récits », nous confronte ainsi à une situation inédite : le remplacement des anciens dispositifs de contrôle social de type répressif et prohibitif par une forme nouvelle et paradoxale de domination idéologique : la désymbolisation et la désubjectivation, couloirs de l’individualisme consumériste contemporain.

    http://fortune.fdesouche.com/

  • Records en matière de fraude sociale en France

    Les statistiques sur l’état de notre pays mettent parfois un peu de temps à être publiées. Et quand elles le sont, elles ne nous rassurent pas vraiment. La Délégation Nationale à la Lutte contre la Fraude a publié hier un rapport sur la fraude sociale en 2013. La DNLF recense ainsi que les fraudes sociales ont sérieusement augmenté en 2013. De 330 millions d’euros en 2012, elles sont passées à 386 millions en 2013. Soit une augmentation de plus de 15 %.

    L’assurance‑maladie est tout particulièrement incriminée

    En effet. L’assurance‑maladie représente une grosse partie de ces fraudes sociales. 174 millions d’euros de détectés en 2013. Là encore, une hausse d’environ 12 % par rapport à 2012. Les faux arrêts‑maladies ainsi que les établissements de santé sont tout particulièrement pointés du doigt. Toutefois, le rapport n’indique pas le rapport de la fraude et des programmes étatiques comme l’Aide Médicale d’Etat.

    Mais ce sont tous les secteurs qui sont touchés par cette hausse de la fraude

    Exactement, retraite, famille, chômage, tous connaissent cette augmentation du montant de la fraude. Autre petit exemple, la fraude détectée par Pôle Emploi est passée de 39 millions d’euros à 59 millions d’euros en un an. Soit une augmentation de 51 %. Là encore, aucun mot sur les raisons sociétales de la hausse de la fraude.

    L’exécutif s’attelle‑t‑il à régler ce problème ?

    La détection semble s’être améliorée ces dernières années. C’est d’ailleurs aussi ce qui explique la hausse du montant des fraudes.

    Malgré les réticences du gouvernement, les élus de droite et de gauche ont décidé de compléter le ficher recensant les prestations versées à chaque bénéficiaire. Mais ils continuent de privilégier la lutte contre la fraude fiscale, beaucoup plus rentable.

    http://fr.novopress.info/180620/records-en-matiere-de-fraude-sociale/

  • La bonne nouvelle du pétrole moins cher

    Freinée pourtant par une fiscalité dévorante, la baisse des prix de l'essence à la pompe est devenue spectaculaire : moins 30 % par rapport aux pics que l'on a connus, dans un contexte français où la Poste (+20 % en deux ans), la SNCF (+2,6 % au 1er janvier) le Monde (+10 %), etc. multiplie leurs hausses de tarifs, et alors que l'euro baisse, cela change sérieusement la donne.

    Pour certains il s'agit d'une catastrophe.

    C'était ainsi un appel désespéré en direction de l'Opep que lançait, le 28 décembre dernier, Youcef Yousfi, ministre algérien de l’Énergie et des mines. Le cartel du pétrole, considérait-il, « doit intervenir pour corriger les déséquilibres en procédant à une coupe de sa production afin de faire remonter les prix et de défendre les revenus de ses pays membres. »

    Une véritable panique s'est emparée depuis plusieurs mois, du fait au retour à un niveau plus raisonnable des cours du pétrole brut, des couches dirigeantes algériennes. Depuis l'indépendance, en effet, ce pays n'a pas su développer une économie hors hydrocarbures. Le parti qui, par un coup de force militaire permis par les accords d'Évian, s'est emparé en 1962 du pouvoir avec la complicité des communistes de Métropole et la bénédiction de De Gaulle a constamment misé sur la rente du pétrole. Il en paye les conséquences.

    En Europe au contraire, depuis 5 ans, nos économies achetaient au prix fort une énergie indispensable à nos industries. La baisse de l'essence à la pompe ne profite pas seulement aux automobilistes : elle nous soulage d'une sorte de prélèvement obligatoire monopoliste mondial devenu complètement abusif.

    Quand le ministre algérien demande à l’Organisation des pays exportateurs de pétrole, de réduire sa production pour enrayer la chute des cours, on connaît la réponse du cartel. Dirigé par l’Arabie Saoudite, celui-ci a catégoriquement exclu toute réduction de sa production. Les plafonds resteront tel quels « même si les prix du brut tombaient à 20 dollars le baril ».

    Les commentateurs algériens proches du pouvoir pensent que l’effondrement des prix du pétrole a été provoqué par « les Américains » dans le seul but mettre la Russie à genoux, et qu'il va se poursuivre. Ils pensent subir des dommages collatéraux. Et ils accusent l’Arabie Saoudite de vendre son pétrole à moins de 30 dollars le baril sur le marché américain. Considéré comme bradé aujourd'hui ce prix semblait naguère complètement spéculatif et extravaguant à la veille de la guerre d'Irak.

    D'ailleurs, Youcef Yousfi a, quant à lui, parfaitement conscience de prêcher dans le désert. Voilà un métier qui sied parfaitement aux maîtres du Sahara. Il déclare simplement qu'il « ne partage pas » la position des autres producteurs. Mais il n'a aucun moyen de leur imposer la sienne.

    Un autre gouvernement nuisible, celui de Caracas, encaisse les coups de la même manière. En 2014, le Venezuela est entré en récession. Cet effondrement a d'ailleurs précédé le revirement du marché des hydrocarbures. Le 30 décembre, la Banque centrale du Venezuela (BCV) donnait à cet égard des chiffres accablants. Économiste officieux José Guerra trouve, à la situation, d'autres explications que la forte chute des prix du pétrole. C'est le seul produit d’exportation du Venezuela, et sa rente a permis depuis 15 ans le succès électoral du "chavisme".
 Mais l'économiste de la Banque centrale vénézuélienne ose prétendre que la baisse de l'activité, et aussi et l’inflation vertigineuse que connaît le pays, au rythme de 67 % cette année, s'expliqueraient … par les manifestations de l’opposition entre février et mai. Elles ont en effet « empêché une distribution satisfaisante des biens de consommation courante à la population et la production normale des biens et des services ». Et, selon la BCV, cela a entraîné « une poussée inflationniste et un recul de l’activité économique ».

    Autrement dit c'est parce que le « socialisme bolivarien » se solde par un échec politique que le grand complot américain l'entraîne dans un injuste marasme économique. La réponse serait alors claire : encore plus de répression avec l'aide des services secrets communistes cubains.

    Car bientôt certains conspirationnistes redécouvriront que tous les maux de l'Amérique du sud, et partant ceux de l'Europe, viennent de l'Amérique du nord. Quand le pétrole coûtait 150 dollars le baril, ils clamaient que ce n'était pas en raison des facteurs de désordre multipliés dans le monde, ou des tensions sur des marchés tournés vers des perspectives de pénurie, c'était, bien sûr, la faute du thermomètre de toutes ces fièvres, la faute de Wall Street.

    Eh bien on découvre aujourd'hui que non seulement l'exploitation des schistes bitumeux a fait reculer de plusieurs décennies l'hypothèse d'une crise énergétique, car, au début de 2014 les États-Unis ont pu lever les restrictions sur les exportations de leur pétrole, et qu'ils ont commencé à exporter leur pétrole dans le monde.
 Désormais, les États-Unis devraient produire 12 millions par jour et pouvoir exporter environ un million de barils de pétrole par jour. À titre de comparaison un pays comme l'Iran produit environ un million et demi de barils par jour.

    
Les conséquences pourraient s'en révéler innombrables, y compris par rapport à un certain conformisme politiquement correct, en général formaté lui-même par des officines proches des dictatures pétrolières.

    JG Malliarakis

    http://www.insolent.fr/2015/01/la-bonne-nouvelle-du-petrole-moins-cher.html

  • Vente d’Alstom : le dessous des cartes

    Pour Jean-Michel Quatrepoint (journaliste et économiste), la vente d’Alstom est un «scandale d’État». Le journaliste et économiste révèle que le gouvernement a délibérément confié à un groupe américain l’avenir de l’ensemble de notre filière nucléaire.*

    Vendredi 19 décembre, dans un complet silence médiatique, les actionnaires d’Alstom ont approuvé à la quasi-unanimité le passage sous pavillon américain du pôle énergie du fleuron industriel. 70% des activités d’Alstom sont donc vendues au conglomérat General Electric (GE). Que cela signifie-t-il concrètement?

    Le protocole d’accord approuvé par Emmanuel Macron en novembre et voté par l’assemblée générale d’Alstom, le 19 décembre, est proprement hallucinant! tant il fait la part belle à Général Electric et ne correspond pas à ce qui avait été négocié et présenté au printemps dernier.

    Lire la suite sur le site du Figaro…

    http://www.contre-info.com/

  • Zoom sur les circuits courts

    Les circuits courts s’engagent à supprimer les intermédiaires entre les producteurs et les consommateurs. Meilleur pour la santé, plus équitable, moins polluant et moins cher, le circuit court est tendance. Chefs de file dans le secteur des fruits et légumes, les Amap, associations pour le maintient d’une agriculture paysanne.

    Le circuit court, un marché qui a tellement le vent en poupe, que la grande distribution a à son tour créé une enseigne spécialisée, O’Tera. L’idée : faire cohabiter circuits courts et circuits traditionnels. Antilles, Espagne, Équateur… 28% des produits vendus ici sont loin d’être issus des circuits courts. Objectif : attirer une nouvelle clientèle pas prête à acheter son produit directement dans la ferme, mais qui veut en finir avec la traditionnelle grande surface.

    “Lorsqu’on a semé ces poireaux en mars, on savait déjà qu’on les avait vendus à 150 familles qui sont autour de nous. C’est le principe de l’Amap où les consommateurs s’engagent à l’avance à financer toute la production d’une ferme“, commente Florent Seban, maraîcher en Haute-Saône. Dans le village, les clients reçoivent chaque semaine un panier d’au moins douze fruits et légumes bio.

    Ailleurs, des agriculteurs se sont regroupés pour vendre leurs produits dans un même magasin. Les 27 agriculteurs travaillent chacun un jour par semaine, dans cet espace qui ressemble à une supérette. Tout est récolté à moins de 80 km. Ici, le panier, pas toujours bio, est facturé 16,99 euros.

    http://fortune.fdesouche.com/

  • Le traité FACTA est en vigueur

    Un décret daté du 2 janvier prend en compte

    "l'accord entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement des Etats-Unis d'Amérique en vue d'améliorer le respect des obligations fiscales à l'échelle internationale et de mettre en œuvre la loi relative au respect des obligations fiscales concernant les comptes étrangers (dite « loi FATCA ») (ensemble deux annexes), signé à Paris le 14 novembre 2013"

    Michel Janva

  • Médecins contre Touraine : une guerre sans merci

    Les médecins ont raison, ils se battent pour conserver la médecine dont on disait encore il y a quelques années qu’elle était la meilleure du monde. 

    La guerre entre les médecins et le gouvernement dure maintenant depuis assez longtemps pour que la vérité soit enfin écrite sur ce qui motive ce conflit. Jusqu’à ce jour, c’est plutôt la désinformation de la presse d’État qui a primé.

    Non, les médecins ne sont pas des nantis qui défendent leurs intérêts. La loi santé voulue idéologiquement par la gauche de Hollande et Macron, c’est la mort de la liberté de soins. Ce sont les patients qui seront les premiers à trinquer, même si on veut leur faire croire le contraire.

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  • Abus de droit : les députés tentent l’embrouillent fiscale à leurs profits

    J’en avais parlé dans ces colonnes à la fin du mois de Juin et un article récent et assez fouillé de Contrepoints revenait sur d’autres aspects inquiétants : l’oppression fiscale est bel et bien en marche, et la tournure que prennent les choses est réellement glaciale, à plus d’un tour.

    Et histoire de fournir un peu de contexte, revenons sur ce que nos députés sont en train de mettre en place, alors que nos journalistes s’empressent au mieux de n’en rien rapporter, et au pire, comme on pourra le voir plus loin, en poussant à la roue de la propagande.

    Pour rappel, tout part comme d’habitude d’un fait divers, qu’on pourrait qualifier de scandale républicain annuel tant ce qui est arrivé est à ce point banal et répétitif : l’affaire Cahuzac ayant éclaté avec ce qu’on sait d’absence totale de toute remise en question de la part des politiciens, tant de droite que de gauche, il a été promptement décidé, par ceux-là même qui étaient finalement les plus directement concernés, que toute cette vilaine évasion fiscale du Paradis Taxatoire Français devait être combattu âprement

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  • Affaire Alstom : un État fautif

    Les États contemporains doivent plus que jamais jouer un rôle économique. Mais la République française paraît cruellement incapable de l’assurer, malgré son interventionisme.

    Réunis en assemblée générale le 19 décembre dernier, les actionnaires d’Alstom ont, sans surprise, avalisé la cession de la branche énergie du groupe au conglomérat américain General Electric, et ce à un score digne des grandes heures de l’Union soviétique : plus de 99 %… Moins soviétique est le bonus empoché par le dirigeant du groupe, le polytechnicien Patrick Kron, qui quitte son poste lesté d’un peu moins de 4 millions d’euros (sous forme d’actions, il est vrai) en gratification de ses bons et loyaux services, au grand dam de nombre de salariés des sites français du groupe actuellement contraints au chômage partiel.

    Dans l’ombre d’un géant

    Soyons beau joueur : M. Kron n’a pas démérité, permettant à l’État français de réaliser une des plus belles acquisitions de sa carrière d’actionnaire impotent. En effet, pour une somme supérieure à 3 milliards d’euros, les technocrates qui nous gouvernent se sont offert pour Noël les deux tiers de la participation du groupe Bouygues (30 %, participation prise en 2003 sous l’égide de Nicolas Sarkozy, qui permit d’éviter le naufrage du groupe). Certains (peu nombreux, il est vrai) se frottent les mains. D’autres s’interrogent : à qui profite réellement ce marché, derrière lequel se profile l’ombre d’anciens de la banque Lazard, qu’on retrouve aux manettes dans la presse grand public et les chaînes câblées inverties ?

    Nous n’en savons rien, et, au risque d’ajouter à la perplexité de nos lecteurs, nous poserons deux questions supplémentaires. En premier lieu, à quoi sert-il de détenir 20 % d’un groupe industriel quand on a pour partenaire un mastodonte aussi puissant que dépourvu de scrupule, en l’occurrence General Electric ? Votre serviteur, qui n’a pas fait Polytechnique, peut vous donner la réponse : à rien. Comme le dit le financier belge Albert Frère : « petit minoritaire, petit con » ; vérité qui aurait dû être entendue bien au-delà du Quiévrain, mais qui ne semble pas avoir eu l’heur d’éveiller le tympan élyséen. Les 50 000 euros de pénalité par emploi non créé (quelle image pour notre pays !) arrachés par le gouvernement au successeur d’Edison ne seront que de peu de poids si une restructuration majeure s’impose.

    Les trains orphelins

    La seconde question est celle de la place d’un acteur comme Alstom Transport, désormais séparé de son groupe d’origine, dans un marché ferroviaire de plus en plus concurrentiel. La surface financière est, en effet, un sujet crucial dans cette activité, soumise à des marchés publics internationaux impitoyables. Longtemps habitué aux commandes récurrentes de la SNCF, qui se découvre maintenant en surcapacité et envisage de réduire drastiquement le nombre de rames de trains à grande vitesse, notre ex-champion national affronte maintenant une sévère compétition, venue d’Allemagne, bien sûr, avec son frère ennemi Siemens (le refus des dirigeants d’Alstom d’envisager une alliance avec le conglomérat bavarois pour des raisons d’égo sera d’ailleurs un jour sans doute sévèrement jugé), mais aussi de Suisse, d’Espagne, du Canada, et maintenant de Chine, où l’État envisage de faire fusionner les deux géants du secteur, donnant naissance à un constructeur d’une taille jamais égalée. Un signe des temps : ici, un gouvernement, certes dirigiste et quelque peu cynique, structure son industrie et la prépare à la compétition mondiale ; là, un autre donne des leçons à qui veut l’entendre (mais le public est de plus en plus clairsemé), et se cramponne à des théories fumeuses dictées par de hauts fonctionnaires qui n’ont de l’industrie qu’une connaissance livresque (dans le meilleur des cas).

    La chimère de l’État stratège

    L’État stratège, dont on nous rebat les oreilles, est en effet une chimère : aucun gouvernement de la Ve République n’a été capable de présenter un budget équilibré depuis 1977. Une telle gestion conduit immanquablement n’importe quel justiciable devant le tribunal de commerce au bout de quelques mois ; nos gouvernants y échappent. Qui voudrait des conseils de si piteux gestionnaires ? Et pourtant, ils continuent de sévir, et accumulent fiascos et occasions manquées : l’état pitoyable de la filière nucléaire française, pourtant historiquement à la pointe du secteur, peut en témoigner, de même que l’automobile, où les Allemands triomphent et les Italiens conquièrent l’Amérique, quand les Français luttent pour leur survie.

    Une gouvernance avisée a cruellement fait défaut dans nombre d’entreprises au sein desquelles le gouvernement a prétendu mettre son grain de sel. Le manque de prudence, l’orgueil, les désaccords personnels, la hantise d’un rapprochement avec un partenaire étranger sont autant d’écueils que nos élites n’ont su éviter, et qui font de nos anciens fleurons, sinon une proie, du moins un acteur de second rang. Au-delà des hommes, c’est le régime qui a permis à de telles errances de s’installer et de perdurer. En cette période de vœux, ne boudons pas notre plaisir : qu’ils dégagent, et leur république avec !

    Jean-Marc Ferrand

    Article paru dans l’Action française n° 2900 du 01 janvier 2015

    http://www.actionfrancaise.net/craf/?Affaire-Alstom-un-Etat-fautif