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économie et finance - Page 818

  • Pour les retraites, le changement c’est maintenant

    Des efforts seront demandés aux Français lors de la prochaine réforme des retraites et seront modulés selon les carrières professionnelles, a déclaré dimanche la ministre des Affaires sociales, Marisol Touraine.

    Elle a cependant précisé qu'aucune piste n'était privilégiée pour l'instant et que toutes les options étaient sur la table. "Il y aura des efforts, je le dis", a-t-elle déclaré lors de l'émission "Tous politiques" France Inter-Le Monde-AFP.
    "Il y aura des efforts nécessaires, et dans le même temps, il faut évidemment que ces efforts soient différenciés selon les carrières professionnelles", a-t-elle ajouté.
    Le déficit du régime des retraites devrait dépasser 21 milliards d'euros en 2017, selon le Conseil d'orientation des retraites, alors que la réforme de 2010 prévoyait l'équilibre en 2018.
    Un comité d'experts doit être constitué "dans quelques jours ou quelques semaines" pour faire des propositions, a confirmé Marisol Touraine, et le gouvernement engagera ensuite une concertation avec les organisations syndicales.
    Selon un sondage CSA, 60% des Français considèrent que le report à 65 ans de l'âge légal de départ à la retraite, contre 62 ans prévu par la réforme de 2010, sera à terme nécessaire.
  • Quand la chimie contamine notre eau

    Peut-on boire sans crainte l’eau du robinet ? C’est ce qu”affirme Janez Potocnik, commissaire européen en charge de l’environnement. Mais les scientifiques qui analysent les substances rejetées dans nos eaux se montrent plus réservés. En effet, ils observent chez les poissons et les amphibiens des troubles de la masculinisation, des hypertrophies du foie et des branchies… Chez l’homme, les phénomènes d’allergies et de résistance aux antibiotiques progressent.

    Dans les pays en voie de développement, la situation est plus dramatique encore : en Inde, où l’industrie pharmaceutique européenne a délocalisé une partie de sa production, le chercheur Joakim Larsson a mesuré des concentrations en antibiotiques un million de fois supérieures à la normale. Maladies chroniques, fausses couches, naissance de nourrissons handicapés se multiplient.

    http://fortune.fdesouche.com/

  • France : La financiarisation prend le dessus sur l’industrialisation

    http://fortune.fdesouche.com/

  • Australie : Les villes organisent leur survie alimentaire

    Les petits jardins citadins et autres potagers de poche ont la cote dans les banlieues australiennes. Mais suffiront-ils pour répondre aux besoins des villes en cas de crise alimentaire?

    Sans changement radical imposé d’ici 2030, 30 millions de citadins seront dépendants d’une chaîne d’avions et de camions pour leur survie alimentaire, à la merci du moindre choc pétrolier. Certains ont décidé de ne pas attendre que les gouvernements réagissent, comme Michael Mobbs, dans la banlieue de Chippendale à Sydney.

    Michael Mobbs vit dans une maison qui économise environ 100.000 litres d’eau par an. Mais le régime moyen d’un Australien implique le même volume utilisé pour la nourriture consommée en 10 jours. Pour résoudre le problème, il a décidé d’acheter local et de produire une partie de son alimentation, malgré le fait de vivre en hyper-centre.

    Heureusement pour lui, ses voisins ont répondu à l’appel et l’ont aidé à transformer le quartier en potager. Dans sa banlieue, ils ont planté 200 arbres fruitiers et plantes sur 32 hectares, et ce n’est qu’un début.

    Le conseil municipal local est conquis et aide à l’amélioration. Les routes vont être repeintes pour réduire la température de deux degrés. On va installer un système d’auto-irrigation, et un super-potager devrait produire 33 tonnes de légumes par an. Pour régler les problèmes d’espace, il sera implanté sur les toits. A ce rythme, d’ici 10 ans, la banlieue devrait atteindre 40 à 50% d’autonomie alimentaire.

    Cette démarche n’est pas isolée : le petit potager urbain est en pleine renaissance. Les jardins communautaires sont de plus en plus populaires et les réseaux d’information sur les produits de saison et locaux permettent à tous de prendre les bonnes décisions. A Sydney ou Brisbane, Food Connect vous livre des boîtes de légumes bio et locaux à la demande.

    Le message de Michael Mobbs est pourtant encore difficile à faire passer car la population australienne a du mal à croire à la possibilité de manquer un jour de nourriture. Pourtant, en 2008, 17 pays ont connu des révoltes dues à la pénurie alimentaire. Et l’infiltration continue d’eau de mer dans les sols cultivables des îles du Pacifique laisse présager le pire. Pour Michael Mobbs : Il faut jardiner comme si nos vies en dépendaient, parce que, au fond, c’est fort probable.

    ABC et Green et Vert via l’excellent blog Au Bout De La Route

  • Dépasser les mythes économiques

    bairoch-dddd7.jpgLes idées reçues contemporaines sont le fléau quotidien de tout chercheur de vérité. Combattre le lieu commun constitue un exercice délicat tant les cerveaux humains sont aujourd’hui, mais cela ne date pas d’hier, contaminés par l’opium de l’oligarchie dirigeante. Paul Bairoch, dans son livre Mythes et paradoxes de l’histoire économique, fait l’exégèse des lieux communs en matière d’histoire économique.

    Selon lui, «  l’histoire économique est un sourd qui répond à des questions que nul économiste ne lui a jamais posées  ». Son premier objet d’étude est la crise économique de 1929. Selon la légende, elle serait due essentiellement à la montée du protectionnisme. Or, en 1928, la France a abaissé sensiblement ses tarifs douaniers. En outre, l’Europe et le Japon ont connu de 1920 à 1929 la plus forte croissance économique depuis cent trente ans, ce qui contredit l’idée selon laquelle les économies occidentales étaient dans un état catastrophique avant la crise.

    Pour autant, les années trente furent plus prospères en Grande-Bretagne et en Allemagne que les années vingt. De 1934 à 1938, en raison de la politique de réarmement, le chômage allemand fut divisé par trois. Cependant, l’auteur relativise largement les performances des économies fascistes avant la guerre. De même, avant les guerres de 1914 et de 1870, les résultats économiques furent excellents.

    L’auteur s’évertue à démontrer que le protectionnisme n’est pas un mal ou un quelconque projet de haine de l’autre. Toutes les politiques industrielles, à l’exception de celle du Royaume-Uni, se sont développées grâce à un haut taux de barrières tarifaires afin de se mettre à l’abri de la concurrence étrangère. À la fin du XIXème siècle, les Anglais se sont mis eux-aussi à augmenter les barrières douanières.

    Les États-Unis, la Chine et le Japon n’échappent pas à cette règle. En 1914, les droits de douane étaient chez l’oncle Sam quatre fois supérieurs à ceux de la perfide Albion. Les Britanniques ont profité du libéralisme car ils avaient une avance technologique importante. Dans le reste des pays, l’abaissement des barrières tarifaires s’est systématiquement soldé par un ralentissement de l’activité économique.

    Paul Bairoch s’intéresse aussi aux relations avec les pays du tiers monde. À la question de savoir si les matières premières du tiers monde ont été indispensables à l’industrialisation des pays occidentaux, il répond par la négative. À la veille de la Première Guerre mondiale, les pays européens étaient en suffisance énergétique. Le solde est devenu négatif à la fin de la Seconde Guerre mondiale, ce qui explique largement les guerres impérialistes des Américains et de leurs toutous de l’OTAN. Les matières premières ne représentaient qu’un quart des exportations des pays du tiers monde.

    Les débouchés coloniaux jouèrent-ils un rôle important dans le développement des industries occidentales  ? Là encore, Bairoch montre que les pays non ou peu colonialistes comme l’Allemagne, les États-Unis, la Suède, la Suisse, la Belgique ont eu une croissance plus rapide que les pays colonialistes comme la Grande-Bretagne ou la France. «  Si l’Occident n’a guère gagné au colonialisme, cela ne signifie pas que le tiers monde n’y ait pas beaucoup perdu.   »

    L’auteur ose même s’attaquer au lieu commun voulant que seul l’Occident fût un grand colonisateur. Les Égyptiens, les Perses, les Romains, les Arabes et les Ottomans participèrent aussi à ce phénomène. Le trafic d’esclaves dans le monde musulman a duré plus longtemps et a touché un plus grand nombre d’esclaves, dont il reste peu de descendants car beaucoup étaient castrés. La problématique de la forte participation de la communauté juive au trafic d’esclaves occidental n’est pas traitée car elle n’a aucun rapport avec la question posée.

    Contrairement au mythe répandu, c’est bien la croissance économique qui est à l’origine du commerce et non l’inverse. Les pays du tiers monde exportent énormément mais n’ont quasiment pas de croissance.

    Paul Bairoch termine son livre en enfonçant une porte ouverte, mais l’évidence suivante mérite tout de même d’être rappelée  : une politique de libre-échange absolu ou un protectionnisme absolu n’a évidemment aucun sens. Pourtant, les partisans du libre-échange vivent sur un modèle idéalisé et fantasmé où la « main invisible » réglerait tout. C’est pourquoi toute idée protectionniste est taxée par eux d’isolationnisme. Ceux qui réclament l’intervention de l’État quand leur arrogance et leurs multiples erreurs ont abouti à la catastrophe n’ont aucune leçon à donner. Comme l’écrit Léon Bloy, dans son Exégèse des lieux communs : «  Le bonheur des uns ne fait pas le bonheur des autres.  »

    http://www.egaliteetreconciliation.fr

  • Les 3 dogmes assassins à l’origine de la désindustrialisation

    La France, cimetière d’usines : 900 fermées en trois ans. Le spectre d’une désindustrialisation dramatique quitte les chiffres froids, secs et désincarnés de la macro-économie pour miner le paysage du réel. Vertige d’une grande puissance industrielle au tapis, impuissante à invoquer la crise comme seule responsable de ces maux puisqu’au cours de ces dernières années, elle a fait beaucoup moins bien que ses classiques concurrents européens, l’Allemagne, le Royaume-uni, l’Italie.

    Ainsi, dans la zone euro, entre 2000 et 2010, le poids de la valeur ajoutée de l’industrie manufacturière dans le PIB accuse un recul de 3,7 points contre 5,2 points en France (plus de 100 milliards d’euros). La part de l’industrie dans la valeur ajoutée totale de l’économie a régressé brutalement en une décennie de 30 %, passant de 18 % en 2000 à 12,5 % en 2011. Alors que ce ratio est de plus du double en Allemagne, de 18,6 % en Italie.

    Du côté des exportations dont la balance commerciale accuse 70 milliards de déficit, les performances son calamiteuses : la France a perdu de 1998 à 2012, 41 % de ses parts de marché, le double de l’OCDE, le triple de l’Allemagne. Du côté des emplois, les chiffres sont encore plus accusateurs puisqu’en 30 ans la France a perdu 2 millions d’emplois industriels. A part l’agroalimentaire, le luxe et l’aéronautique, qui ont réussi à tirer leur épingle du jeu, toutes les filières sont plus ou moins touchées.

    Sans industrie, point de R&D

    Or à elle seule, l’industrie réalise plus des trois quarts des exportations, 85 % des investissements en R&D. A contrario, sans industrie, point d’export ni de R&D. Ses effets d’entraînement sont donc majeurs. Alors que le solde extérieur de la branche manufacturière s’est dégradé rapidement, passant de + 10,5 milliards d’euros€ en 2000 à -10,7 en 2007.

    En Grande-Bretagne, qui produit aujourd’hui davantage d’automobiles que la France alors que son industrie était moribonde il y a une demi-douzaine d’années, le poids de l’industrie manufacturière dans le PIB remonte pour atteindre 12,6 % avec un objectif de 15 % dans 5 ans. Bref, les capacités productives de l’industrie française sont proches de celles de 1998, alors que celles de l’Allemagne ont progressé de 30 %. CQFD. L’effondrement industriel français n’est pas la conséquence de la crise.

    Le mal vient de beaucoup plus loin et l’on voit bien que l’appareil de production des pays concurrents est, comparé à celui des usines françaises, dans un bien meilleur état si l’on en croit ces quelques données : 150 000 robots en Allemagne, 70 000 en Italie mais 35 000 en France où l’on trouve un parc de machines- outils accusant 17 ans de moyenne d’âge contre 10 en Italie, 9 en Allemagne. Et à l’heure de l’export, si dans les pays les plus développés d’Europe, 80 % des PME de plus de 10 salariés ont un site Internet, dans l’Hexagone, elles ne sont qu’une sur deux à proposer cette essentielle vitrine commerciale. Le taux de patrons d’Eti parlant l’anglais est ridicule. Bref, l’Etat n’est pas totalement responsable de ce déclin.

    Le “fabless”

    Etrange défaite, curieuse déroute dont les causes réelles remontent en fait à trois décennies, ces “trente piteuses” pilotées par trois dogmes successifs responsables de cette lente désindustrialisation : “la société post-industrielle”, “la nouvelle économie”, “l’entreprise sans usine”… Adieu ateliers et usines, rapidement troqués contre des bureaux, la fabrication contre des prestations, le secondaire contre le tertiaire, si noble et peu salissant. C’était un peu vite oublier que les activités de services se nourrissent, en support, de celles de l’industrie, pour une large part. Qu’elles ne sont point rivales mais complémentaires jusqu’à être indissociables. Et que le plus souvent, les industriels avaient externalisé un certain nombre de tâches et missions, ne serait-ce qu’en faisant appel à des sociétés d’intérim. Bref, que du passé industriel il était franchement impossible de faire table rase.

    Puis débarquèrent ces nouvelles technologies qui devaient brutalement tout détrôner, la révolution numérique, elle aussi, si noble et vertueuse avec ses charmes immatériels, démodait les modes de production classiques salissants, bruyants. Les nouveaux petits machins, si fins, avaient autrement plus de séductions que ces grosses machines.

    Enfin, un beau jour de 2001, Serge Tchuruk, patron d’Alcatel, se fit le chantre du “Fabless”, “l’entreprise sans usines”; les cerveaux européens sous-traiteraient aux milliers de petits bras asiatiques le travail industriel à faible valeur ajoutée. Cette illusion dura juste le temps pour les Chinois de mettre leur recherche à niveau, de proposer des innovations rudement concurrentielles afin de livrer de sévères batailles sur les marchés mondiaux. Tout faux. Alors que la mondialisation érode les marges, provoquant un véritable cercle vicieux. Laminées, ces dernières ne permettent plus les investissements, surtout en R&D, impossible de monter en gamme, les produits devenant moins innovants perdent leur avantage concurrentiel. Alors il faut réduire les prix…

    Pente fatale. Pour Max Blanchet, senior partner de Roland Berger, “ce modèle “fabless” – Alcatel, Thomson qui a vendu ses usines – s’est révélé totalement erroné. Car si on ne produit plus en France, on perd les capacités de recherche, les compétences”. Fermez le ban sur cette “colossale erreur stratégique”. Nous avons atteint un niveau d’obsolescence historique faute d’avoir suffisamment investi dans l’appareil de production. Et nous ne pourrons nous imposer que dans les domaines industriels où le coût de main-d’oeuvre tient pour une faible part dans les coûts de production.

    La commande publique

    Durant les Trente Glorieuses, l’industrie française figurait parmi les champions mondiaux, grâce il est vrai à l’importance des commandes relevant du budget national. La puissance de feu de cette industrie triomphante – le nucléaire, le téléphone, le Minitel, le Concorde – devait l’essentiel de ses réussites à un Etat régalien autant que colbertiste pratiquant la stratégie de l’arsenal : l’essentiel de la production était drivé par des commandes publiques. Selon une politique industrielle des plus dirigistes.

    D’ailleurs les polytechniciens, centraliens et autres ingénieurs des Mines formaient les bataillons de l’élite à la tête de la haute administration comme des grands groupes. L’aristocratie du tout-Etat. Tout a changé. La montée en puissance des gestionnaires et financiers au sommet des grandes entreprises correspond au déclin d’une industrie confrontée à une concurrence mondialisée. S’il y a relativement peu d’ingénieurs à la tête des groupes du CAC 40 – on y compte un seul “docteur” -, il n’y a pas un seul ingénieur dans le gouvernement Hollande.

    On le voit bien, d’anciennes causes de nature culturelle plombent notre dynamique industrielle. Alors qu’en Allemagne, la culture dominante est largement plus versée vers les techniques, les technologies, selon un long chemin très ouvert pouvant transformer des apprentis en patrons. Le rite initiatique des ateliers et usines laisse des traces. En France, les jeunes ont une opinion négative des usines, se détournent des formations scientifiques, ensuite va s’ajouter le principe de précaution et la peur maladive du risque or l’industrie est par essence une activité à risque.

    D’où un climat défavorable du côté des élites qui s’est traduit très concrètement par une certaine prise de distance avec ces activités industrielles qui ont forgé des générations de pionniers. Ajoutons-y le télescopage des temps, longs pour les industriels mais courts pour les financiers, et l’anti politique industrielle de Bruxelles qui, privilégiant la concurrence et le consommateur, s’est opposée aux regroupements de grands groupes industriels de taille à affronter les marchés mondiaux.

    5 faiblesses et 7 leviers pour tout changer

    Les experts de Roland Berger ont fait le diagnostic de l’industrie française et délivré l’ordonnance

    Les 5 faiblesses coupables:
    Coût du travail supérieur à celui de l’Allemagne de 10 %, difficulté à reconfigurer les activités industrielles, insuffisance de la recherche sur les technologies, faibles performances des PME industrielles, manque de culture entrepreneuriale et d’innovation industrielle. Inverser la tendance nécessite de changer nos dogmes du passé afin de prendre en compte une nouvelle donne.

    Les 7 leviers d’action :
    Réduire les charges, faciliter la reconfiguration de l’industrie, aider les entreprises à produire en France et à exporter, dynamiser l’investissement dans les secteurs d’avenir, soutenir et développer les PME industrielles, orienter l’enseignement et la recherche vers l’innovation technologique et industrielle, revaloriser notre culture industrielle.

    Il n’y a pas si longtemps, les négociations sociales chez EADS ont provoqué deux résultats contrastés : face à un choix, les syndicats allemands ont opté pour la garantie de l’emploi quand de ce côté-ci du Rhin, les syndicats ont préféré la garantie de salaire. Symptôme d’une attitude vis-à- vis de l’entreprise. Quand se désole Frédéric Sanchez, président du directoire de l’entreprise Fives qui, ne trouvant pas de soudeurs sur le marché du travail, a été obligé d’ouvrir une école dédiée. L’industrie a aussi mal à son image. Il suffit d’observer la proportion de filles dans les écoles d’ingénieurs – 13 % aux Arts et Métiers – pour s’apercevoir que même à haut niveau dans la société française, sa cote est au plus bas.

    Trois décennies d’errements autant que d’erreurs stratégiques collectives qui se payent aujourd’hui au prix fort. Faut-il donc désespérer de l’industrie française ? Sinon, comment peut-elle se reconstruire ? L’Histoire à cet égard nous donne une bonne leçon.

    En 1890, l’industrie française était dans un état lamentable tandis que sa concurrente allemande était florissante. Il a fallu seulement dix ans pour que la situation s’inverse grâce à la perspective mobilisatrice de l’Exposition universelle, le travail de la constituante, etc. Pourquoi ne pas imager un tel retournement d’ici à l’horizon 2022 ? La crise peut être une chance de mettre un terme à cette lente érosion qui n’a rien d’inéluctable.

    L’i-conomie

    Actuellement l’industrie est à la croisée de chemins antagonistes : le premier poursuit la lente dégringolade provoquant la destruction de 600 000 emplois à échéance 2022, tandis que le rebond enraye non seulement cette hémorragie mais initie une dynamique permettant de créer 700 000 emplois à cette même échéance. Au prix certainement d’un électrochoc du côté des investissements dans les technologies d’avenir. Coprésident de l’Institut Xerfi, Michel Vitolle est partisan d’une troisième révolution industrielle qui a d’ailleurs un nom, “l’iconomie”. Cette transformation est aussi importante que celles provoquées par les autres révolutions industrielles avec la mécanisation au XVIIIe siècle, puis la maîtrise de l’énergie à la fin du XIXe.

    Le système productif fait émerger une “iconomie” en transformant la nature des produits, la façon de produire et de commercialiser, les compétences, les organisations, la structure du marché, la forme de la concurrence et l’attitude des consommateurs. Nous n’avons pas assez tiré profit du système technique à base de logiciels et de réseaux qui permet de supplanter l’économie mécanisée. Les tâches répétitives physiques et mentales sont automatisées, chaque produit est un assemblage de biens et de services élaboré par un réseau de partenaires et la cohésion de cet assemblage est assurée par un système d’information.”

    Ce chamboulement radical du modèle productif sera gourmand en capitaux, réclamera une organisation différente de la chaîne de valeur et un cadre réglementaire et fiscal sensiblement plus favorable. Aujourd’hui, notre portefeuille d’activités industrielles affiche une grande vulnérabilité à la concurrence mondiale. “Mais nous pouvons jouer le coup d’après afin de doubler les Allemands dans dix ans”, plaide Michel Vitolle. Bref, le big bang d’un nouveau modèle industriel qui fait voler en éclats les schémas classiques.

    Quels sont alors les leviers de manœuvre de ce fameux “Etat stratège” qui voudrait bien donner de la consistance au concept de “politique industrielle” ? Il n’en a déjà pas au niveau européen, fiasco sur toute la ligne. Mais au niveau national ?

    La stratègie de quelques “filières privilégiées” est-elle la bonne ? Trouver des innovations de rupture oblige à des coopérations entre différentes filières, en créant des “hub” favorisant ces partenariats. Cela n’existe pas vraiment. Les filières ne sont donc pas adaptées car les innovations sont toujours induites par des coopérations trans-sectoriels selon ce postulat si connu de la fertilisation croisée. Il faut donc faciliter la coordination de plusieurs secteurs.

    La vallée de la mort

    Le politique – Arnaud Montebourg en l’occurence –, aux prises avec l’angoissante détresse des canards boiteux, arbitre dans l’urgence. Mais dans des contraintes de ressources si chiches, faut-il préférer la perfusion d’industries condamnées ou concentrer les maigres moyens sur le développement des activités d’avenir ? Certitude, les pouvoirs publics peuvent jouer un rôle dans le franchissement de la “vallée de la mort” (equity gap). Ce concept a permis d’identifier et de nommer la transition si délicate entre l’invention issue de la recherche jusqu’à sa commercialisation. Vallée jonchée d’échecs, faute de phase d’industrialisation satisfaisante. Zone de risques de haut niveau, cette rencontre entre la recherche et le marché passe par la conception d’une maquette, d’un prototype que ne veulent financer les concours bancaires. Alors, si la BPI s’en occupe…

    “Une vision radicalement nouvelle du modèle de production pour la France, plaide de son côté Jean-Louis Levet, expert de la fondation Jean-Jaurès. Il s’agit d’en faire le levier majeur d’une stratégie de développement pour notre pays et l’Union européenne. En mettant en œuvre un ensemble d’orientations nouvelles et puissantes. En construisant un nouveau mode de gouvernement mettant fin aux pathologies du système politico-administratif. En mobilisant l’ensemble des acteurs territoriaux, de l’entreprise, des partenaires sociaux.” Il reste à provoquer, par quelques signaux forts, cette renaissance.

    Le nouvel Economiste via http://fortune.fdesouche.com/

  • La haine de l'homme blanc ne sauvera pas le monde de la famine (arch 2008)

    ❏ La culpabilisation bat son plein. À l'occasion de la Journée mondiale de lutte contre la faim le 16 octobre, l'Organisation des Nations-Unies pour l'Alimentation et l'agriculture (FAO) avertissait que la crise mondiale née dans les pays du G7 allait considérablement « aggraver la situation alimentaire » alors que « 923 millions d'humains souffrent déjà de la faim dont 75 millions de personnes supplémentaires en 2008 ». Une semaine plus tôt, sur France 3, le magazine Pièces à Conviction, sous le titre « Les profiteurs de la Crise », entendait, selon sa responsable Elise Lucet, « poser les questions qui dérangent ». Résumé de l'émission : « Céréaliers, pétroliers, géants de l'agro-alimentaire et patrons de la grande distribution tiennent tous le même discours : la hausse des matières premières les a contraints à gonfler leurs prix. »
    ☞ ZIEGLER, PALADIN DU RACISME ANTI-OCCIDENTAL
    Emission très à contre-temps puisque depuis plusieurs semaines, face à la récession mondiale, les prix des matières premières agricoles se sont écroulés sans aucun effet pour les consommateurs. Le blé est passé de 180 € la tonne à moins de 150. Le maïs est retombé en dessous des 100 €/t. D'une manière générale chaque tonne de céréale a perdu au moins 50 € et le soja est en perdition. Mais qu'importe, ce fut l'occasion une fois encore de tirer sur les agriculteurs. Pièces à Conviction se concentra sur un "gros" céréalier du centre de la France, spéculant sur Internet, ravi en effet d'un doublement de ses revenus en 2007. Comparer la part réelle mensuelle lui revenant - une fois 40 % de ses bénéfices subtilisés par la Mutuelle Sociale Agricole (MSA} - avec la feuille de salaire de Mme Lucet eut peut-être réservé quelques surprises. D'autant qu'en 2008, avec des cours mondiaux en chute libre mais les intrants d'origine pétrolière toujours en forte croissance, et une récolte moyenne, notre céréalier informaticien aura sûrement replongé dans le rouge,
    Pour clore cette séquence Mme Lucet fit complaisamment appel au sociologue suisse Jean Ziegler, l'infatigable diffamateur de la race blanche et de l'Europe qu'il cloue au pilori dans tous les forums de la terre. La PAC assassine le Tiers-Monde. Les agriculteurs blancs ont fait fortune sur la misère de la planète. L'agriculture européenne se nourrit de la famine des pauvres. La blonde Mme Lucet, enchantée, appuyait sa diatribe du geste, du verbe et du regard.
    On connaît le discours des procureurs de la fausse compassion. Les prix de l'alimentation sont-ils en hausse ? Des milliards de pauvres rejetés dans les bidonvilles du monde ont faim, 50 % de leurs "revenus" étant consacrés à la nourriture. Les prix s'effondrent-ils ? Des centaines de millions de paysans de l'hémisphère Sud, dont 75 % vivent en-dessous du seuil de pauvreté, sont menacés.
    L'OMS, Organisation Mondiale de la Santé, ne tient pourtant pas la famine pour allant de soi. La terre pourrait même, dit-elle, nourrir 13 milliards d'habitants grâce à la science et à la technologie. C'est l'égoïsme et l'avarice des riches - les Blancs - et la scandaleuse répartition des richesses qui seraient seuls responsables des 850 millions de décès annuels dus à la faim.
    Une étude de l'Université de Wageningen, aux Pays-Bas, tombe à pic. L'envolée des prix, au début 2008, responsable des « émeutes de la faim », ne serait qu'un épiphénomène dû à la simultanéité de mauvaises conditions météorologiques en Australie, en Ukraine et en Europe, des prélèvements des agrocarburants (4 à 5 %), de la forte demande des pays émergents asiatiques ainsi qu'à la pression exercée par les transports et les intrants agricoles sur les carburants fossiles. La spéculation boursière étant marginale. De sorte que les prix alimentaires reprendront rapidement la tendance baissière observée depuis des décennies. Il faudra cependant, disent les auteurs, mettre en culture d'immenses territoires en Russie et au Brésil, accélérer une gouvernance agricole mondiale qui imposera une "juste" répartition entre le Nord et le Sud, renforcer l'aide financière et technique du premier au second et développer la recherche sur les biotechnologies et les manipulations génétiques.
    ☞ 13 TRAITEMENTS POUR LA GOLDEN !
    L'Helvète Ziegler, obnubilé par sa haine du Blanc, partage chacune de ces considérations et reste indifférent à l'immense détérioration provoquée sur l'environnement, la biologie des sols, les résistances organiquement acquises par les plantes et animaux au fil de millénaires de sélection, par un siècle d'agriculture chimique, industrielle, intensive, qui a multiplié les parasites dont la propagation a été facilitée par l'accélération de la circulation et du nomadisme. À force de soumettre ces autodéfenses, par hybridation et manipulations génétiques, à une production de masse au détriment de leur capacité à résister aux évolutions des climats et des espèces, on a livré celles-ci à toutes sortes de prédateurs chimiques, viraux ou simplement variétaux.
    En revanche il n'est nulle part fait état de l'impact déjà très perceptible des nouvelles réglementations écologiques, celles tendant à réduire dans l'agriculture industrielle les effets toxiques des intrants chimiques ou la brutale augmentation des prix des carburants. En 2007 la seule réduction de 20 millions de tonnes de blé sur le marché mondial a provoqué le doublement du prix. Or les nouvelles législations, la limitation des intrants et leur moindre efficacité, entraîneront au cours des prochaines années une réduction spectaculaire des productions. De sorte que, quelles que soient l'amélioration des conditions climatiques et la baisse de consommation due à la récession économique mondiale, la forte pression démographique suffira à elle seule, répartition ou pas, à maintenir élevés les prix, et intacts les risques de famine planétaire.
    D'autant que, et les grands moralisateurs mondiaux se garderont bien de mesurer l'ampleur du phénomène, cette agriculture ne survit depuis des années que par la multiplication de prouesses biochimiques de plus en plus hasardeuses. Il faut treize (13) traitements annuels pour assurer à la pomme Golden son lustre commercial ! Quant aux céréales, les centaines de molécules supposées lutter contre les maladies fongiques ne cessent de susciter de nouvelles résistances. Les organismes chargés de la prophylaxie font de la corde raide et, loin d'éradiquer champignons ou virus banalisés, compliquent les traitements devenus un des postes les plus onéreux de la grande culture céréalière. D'autant plus que les cultivars brevetés par quelques multinationales sont issus des mêmes souches fragilisées.
    ☞ LA ROUILLE NOIRE POUR AFFAMER LA PLANÈTE
    Depuis des décennies la production industrielle du blé subit les méfaits de la rouille, une maladie cryptogamique qui, dans les années 1950, détruisit jusqu'à 40 % des récoltes nord-américaines. Les États-Unis sont aujourd'hui le premier producteur mondial avec 32,5 millions de tonnes en 2007.
    Le Canada arrive en second avec 145 M de t. En 1980, la rouille jaune dévasta l'Afrique du Nord, le Moyen-Orient et l'Asie du Sud-Est : 1 milliard de $ de dégâts. Depuis 1999 est apparue en Ouganda une nouvelle souche de rouille noire, contre laquelle on ne dispose d'aucune riposte, le Ug99. La plupart des résistances sur lesquelles la science a compté depuis un demi-siècle pour renforcer les variétés de blé ont été tournées par cette dernière. Passée aussitôt au Kenya puis en Ethiopie en 2003, au Yémen et en Egypte au début de 2008, elle est signalée en Iran, en Afghanistan, au Pakistan. On estime que 80 % des récoltes de blé d'Afrique et d'Asie pourraient être touchées dans les prochaines années. Dix-sept centres de recherche à travers le monde ont été mobilisés. L'Institut Cornell, financé par la Fondation Bill Gates, et une demi-douzaine d'universités américaines tentent, pour l'heure en vain soit de créer des variétés résistantes, soit d'introduire un gène résistant dans celles dont on dispose. La station de recherche suisse de Changins-Wadenswil travaille également sur des variétés d'orge dans le même but. Ces techniques agissent au détriment d'autres qualités de ces plantes, à leur tour susceptibles de développer de futures résistances.
    Pour l'Américain Jim Peterson, président du Comité National pour l'Amélioration du Blé, la rouille, diffusée par les transports aériens, implique des méthodes de lutte trop lourdes et onéreuses pour le petit paysan archaïque. « La crainte est que survienne une année qui offre un environnement parfait à la pandémie et qu'elle ne devienne incontrôlable. Je ne vois pas comment il pourrait s'y opposer même si on lui donne les fongicides ».
    En réalité, n'en déplaise aux Ziegler et autres zélateurs du village planétaire solidaire, là grande famine malthusienne est à nos portes. Et elle a deux causes systémiques. La nocivité cumulée de la science et de la technique. Et l'insupportable surpopulation mondiale.
    ✍ Petrus AGRICOLA. Rivarol du 31 octobre 2008

  • États-Unis : Une agence de notation au banc des accusés

    Il pourrait s’agir de la première procédure d’un État à l’encontre d’une agence de notation. Les autorités américaines s’apprêtent à porter plainte contre Standard & Poor’s (S & P) pour sa mauvaise évaluation du risque associé aux obligations américaines adossées à de la dette (collateralized debt obligations, CDO).

    S & P est accusé par le Ministère de la Justice américain d’avoir manipulé, en 2007, la note de ces produits financiers basés sur des montages liés à des emprunts immobiliers à risques, plus connus sous le nom de “subprimes”. Jusqu’à l’éclatement, un an plus tard, de la bulle desdits “subprimes”, ces actifs ont bénéficié de très bonnes notes, tout comme les établissements financiers qui les émettaient.

    Washington réclamera plus de cinq milliards de dollars de dommages et intérêts, a précisé mardi 5 février le ministre de la justice, Eric Holder.

    http://fortune.fdesouche.com/

  • Diane 35 : le député PS Gérard Bapt accuse le planning familial

    PARIS (NOVOpress avec le Bulletin de réinformation) - Le député socialiste Gérard Bapt a dénoncé l’attitude du planning familial dans les affaires de scandales relatifs aux pilules de troisième génération. Il critique l’association qui accuse l’État français d’« aggraver l’angoisse des femmes » avec la suspension prochainement de Diane 35.

    Pour le député, « Le gouvernement et l’agence du médicament ont eu raison de prendre leurs responsabilités ». « Le Planning familial, qui donne des leçons aujourd’hui, a distribué aux jeunes filles les pilules de 3ème et 4ème génération comme des bonbons. Certaines étaient même fournies gratuitement par les labos, sous la forme d’échantillons ! ».

    http://fr.novopress.info

  • « Pays émergents », une notion remise en question, par Hervé Juvin

    La notion « d’émergence » avait rallié tous les suffrages depuis une vingtaine d’années, donnant naissance à ces acronymes, le plus connu étant celui des BRICS, qui traduisait une certitude : le développement ne fonctionne que dans une seule direction, notre avenir sera le leur, et les pays en émergence sont promis à être – à échéance plus ou moins rapide – des pays développés comme nous. Voilà que le tableau se brouille et que des voix éminentes (grands économistes de banques, dirigeants politiques aussi) nous invitent à reconsidérer sur le fond la notion d’émergence.

    À propos de l’auteur
    Hervé Juvin est écrivain et conférencier. Auteur d’essais sur l’économie, la société et la mondialisation, il est spécialiste de la banque et des marchés financiers. Grand arpenteur du monde, il a publié plusieurs centaines d’articles, notamment dans Le Débat ( Gallimard), L’Expansion, Agir, et préside par ailleurs une société de conseil aux gouvernements, aux institutions et aux entreprises.

    Source : Realpolitik.tv.


    « Pays émergents », une notion remise en question par realpolitiktv

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