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Europe et Union européenne - Page 519

  • EUROPÉENNES - ANALYSE RÉSULTATS ... ET APRÈS ?

  • Alain de Benoist : « le monde des vieux partis est en train de disparaître ! »

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    Pour la première fois depuis longtemps, voire pour la première fois tout court, deux intellectuels, Raphaël Glucksmann et François-Xavier Bellamy, figuraient parmi les têtes de liste aux élections européennes. Qu’est-ce que cela vous inspire ?

    Cela n’a apparemment pas porté bonheur aux partis qui s’étaient adressés à eux ! L’un et l’autre se trouvent en effet associés à un échec retentissant. L’essayiste bobo Raphaël Glucksmann, libéral de gauche, avait déjà coulé le Magazine littéraire, il n’obtient que 6,1 % des voix avec sa liste « Envie d’Europe », qui n’a visiblement pas fait envie à grand monde. Alors qu’il voulait « reconstruire la gauche », pieux souhait s’il en est, il s’est retrouvé comme un petit ours polaire sur une banquise en train de fondre, godillant comme il le pouvait entre les écologistes, les insoumis, l’« Europe des gens » de Ian Brossat et la « liste citoyenne » de Benoît Hamon, pour ne rien dire des « animalistes » qui, contrairement à ce que l’on aurait pu croire, ne soutenaient pas la dame Loiseau. La « gauche » se retrouve éclatée comme jamais. C’est pathétique.

    Le cas des Républicains est encore pire. François-Xavier Bellamy, jeune philosophe de talent, n’a certes pas démérité, mais les résultats qu’il a obtenus (8,4 % des voix) sont une catastrophe comme on en a rarement vu. La droite bourgeoise, qui aurait pu être sensible à son côté bien élevé, a préféré rallier Macron, au point que le petit prince-philosophe a même été battu dans son fief versaillais. Quant aux classes populaires, qu’il n’avait évidemment rien pour séduire, elles lui ont visiblement préféré un candidat encore plus jeune que lui, Jordan Bardella, qui a grandi dans les cités « difficiles » de Drancy, et non dans les beaux quartiers.

    Bruno Retailleau a tenté d’expliquer l’échec en disant que Bellamy avait été une victime collatérale du duel Macron-Le Pen. Après quoi les dirigeants de LR ont répété leurs mantras habituels : on va « convoquer des états-généraux pour refonder la droite », on va « retrouver nos valeurs », on va « rassembler » Nadine Morano et Valérie Pécresse, et autres calembredaines. Bref, on va maintenir l’équivoque et continuer à tourner en rond. Ces gens-là sont incorrigibles : ils n’ont pas compris qu’ils vont connaître le sort du PS parce que le monde des vieux partis est en train de disparaître. Ils n’ont pas compris que, dans le monde actuel, on ne peut atteler au même cheval la droite et le centre, les conservateurs et les libéraux. C’est tout aussi pathétique.

    De façon plus générale, est-ce le rôle des intellectuels de chercher à faire une carrière politique ? Vous avez naguère écrit que les intellectuels et les politiques vivaient sur deux planètes différentes, les premiers ayant tendance à complexifier les choses, les seconds à les simplifier pour d’évidentes raisons électorales. Ces deux mondes ne sont pourtant pas totalement étanches…

    Il y a une différence bien connue entre l’éthique de conviction et l’éthique de responsabilité. “Cela ne signifie pas”, disait Max Weber, “que l’éthique de conviction est identique à l’absence de responsabilité et l’éthique de la responsabilité à l’absence de conviction”. Il faut au contraire souhaiter que les hommes politiques aient des convictions fortes, et tenir compte aussi de ce qu’il est parfois nécessaire de théoriser la praxis. Mais il reste que la politique est l’art du possible (ou de rendre possible ce qui est nécessaire), tandis que la théorie cherche à dire le vrai sans toujours se soucier des conséquences.

    Les intellectuels peuvent parfaitement s’engager en politique, mais s’ils en font une carrière, ils ne pourront plus assumer leur rôle d’intellectuels. Ils devront participer à toutes sortes de magouilles auxquelles ils répugnent (ou devraient répugner). Ils devront s’abstenir d’exprimer trop fortement leurs opinions personnelles, et s’ils n’y consentent pas, on leur fera très vite comprendre, comme cela a été maintes fois le cas, que leur place est ailleurs.

    N’oublions pas en outre que nous ne sommes plus à l’époque où les intellectuels jouaient encore le rôle de grandes consciences morales ou de porte-parole des sans-voix. Aujourd’hui, il n’y a plus d’Émile Zola, de Jean-Paul Sartre, de Raymond Aron ni même de Michel Foucault. Il y a une multitude d’auteurs de talent, mais qui n’influencent pas vraiment le cours du temps. La figure de l’intellectuel a largement été détrônée au profit de l’« expert », quand ce n’est pas au profit de l’amuseur public ou de l’imposteur. Il faut donc revenir à l’essentiel. Le rôle d’un théoricien, c’est d’abord de produire une œuvre qui expose sa conception du monde, sa conception de l’homme et de la société. Le rôle d’un intellectuel, c’est d’analyser le monde actuel pour aider à comprendre le moment historique que l’on vit. Cela ne l’empêche évidemment pas de donner un avis ou de signer des pétitions !

    J’en conclus, avec un sourire, que vous n’accepteriez pas de figurer sur une liste électorale ?

    En effet, et pour au moins trois raisons. La première est que je ne suis pas un homme de puissance, mais un homme de connaissance. La seconde est que je ne suis pas un acteur, mais un observateur de la vie politique. La troisième, pour être franc, est que je trouve la politique au jour le jour extrêmement ennuyeuse et qu’elle ne vient pas, et de loin, au premier rang de mes centres d’intérêt.

    Entretien réalisé par Nicolas Gauthier

    https://www.bvoltaire.fr/alain-de-benoist-le-monde-des-vieux-partis-est-en-train-de-disparaitre/

  • L’Allemagne dépense 23 milliards d’euros pour les réfugiés

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    BERLIN (Reuters) – L’année dernière, l’Allemagne a consacré un montant record de 23 milliards d’euros à l’intégration de plus d’un million de réfugiés, a rapporté lundi un document gouvernemental présenté par Reuters.

    Cela représente une augmentation de près de 11% sur les 20,8 milliards d’euros que l’Allemagne a dépensé l’année précédente, rapporte le document du ministère des Finances.

    Angela Merkel et ses ministres discuteront du rapport annuel du gouvernement sur les coûts liés aux réfugiés et à l’intégration lors de la réunion ordinaire du gouvernement mercredi.

    Merkel a défendu à plusieurs reprises sa décision de 2015 de laisser les frontières allemandes ouvertes à des centaines de milliers de migrants, principalement originaires de pays musulmans, en tant que nécessité humanitaire, mais s’est depuis engagée à empêcher la répétition de cette migration de masse en s’attaquant à ses causes.

    Alice Weidel, leader parlementaire de l’alternative d’extrême droite Alternative for Germany (AfD), a reproché au gouvernement de Merkel d’avoir dépensé des milliards d’euros pour les réfugiés, affirmant: « C’est un cadeau de bienvenue coûteux aux dépens des citoyens ».

    […]

    Traduction Fabrice Drapel pour alter INFO

    Source Reuters

    Vu sur LesObservateurs.ch

    https://www.alterinfo.ch/2019/05/29/lallemagne-depense-23-milliards-deuros-pour-les-refugies/

  • Altercation Gilbert Collard/Daniel Cohn-Bendit : sous les insultes, un réel problème de fond…

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    Le 26 mai, sur TF1, à l’occasion de la soirée des élections européennes, Gilbert Collard et Daniel Cohn-Bendit se sont invectivés et traités de tous les noms. Ce que j’ai vu et entendu de pire dans l’audiovisuel.

    Une honte.

    Les deux journalistes animateurs, Gilles Bouleau et Anne-Claire Coudray, dépassés, impuissants, le premier, étrangement, n’invitant toutefois que Gilbert Collard à se calmer.

    Une faillite.

    Cette altercation unique, d’une infinie grossièreté, Collard renvoyant Cohn-Bendit à son passé et ce dernier n’étant pas en reste dans l’insulte, a fait beaucoup jaser et on s’en est repu sur les réseaux sociaux.

    Un voyeurisme.

    Daniel Cohn-Bendit a pu s’expliquer sur ces échanges délirants et il a évidemment, évoquant l’interpellation de Collard (« Vous êtes un homme de trop ») sur le plateau de « C à vous », fait référence à l’Histoire, à l’antisémitisme et, implicitement, à l’Holocauste. Une généralisation tragique. (Morandini)

    Un détournement.

    Gilbert Collard, lui, a été convié à s’exprimer à « L’Heure des pros » sur ce vaudeville lamentable. Selon lui, Cohn-Bendit doit être « en ce moment dans un EHPAD que lui a réservé Macron ».(Morandini)

    Une outrance.

    Le pire est qu’ont été totalement occultés le fond du problème et la responsabilité de TF1 dans l’organisation de ce débat. Dans quels esprits saugrenus avait pu germer l’idée que Daniel Cohn-Bendit était plausible en « grand témoin » alors qu’il avait appuyé tout au long, ne mégotant pas son soutien, la liste de LREM et la cause européenne du président de la République ? Comme il y avait déjà un représentant de LREM sur le plateau, c’était un déséquilibre qui était instauré. Anomalie d’autant plus préjudiciable qu’on pouvait pressentir le traitement que lui réserverait Gilbert Collard, dont l’indifférence n’est pas le fort.

    Une aberration.

    Épisode dérisoire, dira-t-on. Mais riche de leçons.

    Extrait de : Justice au Singulier

    https://www.bvoltaire.fr/altercation-gilbert-collard-daniel-cohn-bendit-sous-les-insultes-un-reel-probleme-de-fond/

  • La droite décidément la plus bête du monde...

    Les réactions qui s’enchaînent à droite depuis sa déconvenue de dimanche ne font que confirmer qu’elle est décidément bien la plus bête du monde.
    En déconsidérant son candidat et ses choix idéologiques, qu’il a pourtant portés avec talent et conviction, en brûlant aujourd’hui ce qu’elle semblait adorer hier à l’image du veule Geoffroy Didier critiquant subitement son candidat de la veille, elle fait une nouvelle fois la preuve de sa pusillanimité et de son absence profonde de convictions.
    «La droite doit abandonner son conservatisme sociétal», déclare-t-il ainsi dans un grand élan stupide et de courte vue. 
    Croire que son salut consisterait à se gauchiser sur le plan sociétal est d’une bêtise sans nom : cela existe déjà, ça s’appelle le macronisme (économiquement plutôt de droite, idéologiquement gauchiste car caffi d’anciens socialistes). 
    Je ne vois pas de raisons pour quoi ceux des Français qui se reconnaissent dans ce bloc élitaire-là et dans ce projet so cool qui est tout de même au pouvoir bien que profondément contesté par le peuple, se détourneraient soudain de Macron pour aller voter subitement pour des tocards opportunistes qui changent de convictions comme de chemise.
    Si nous n’avions certes pas anticipé l’ampleur du resserrement frileux du bloc élitaire dimanche autour de son actuel leader qui a toutefois perdu et plafonné malgré le déploiement des moyens de l’État pour mener propagande, il serait tout à fait inexact de prétendre que Bellamy a raté sa campagne au motif qu’il a perdu dans les urnes : celle-ci était riche et réussie quand bien même les résultats ont été infructueux et que l’on partage ou non ses opinions.
    La droite est en vérité placée devant les mêmes questions fondamentales que la gauche qui a implosé faute de n’avoir su y répondre intelligemment : faire enfin des choix idéologiques clairs, assumés, et surtout se déterminer clairement par rapport à la question des frontières.
    Cette droite a trahi depuis longtemps le gaullisme dont elle était issue. 
    Elle a notamment abdiqué la question de la souveraineté. 
    Elle s’est par ailleurs vidé de toute forme d’intelligence et de projet culturel conservateur au lieu d’en assumer le réarmement théorique, prête plutôt à toutes les compromissions pour tenter d’exister en tant que système partisan et préserver quelques prébendes.
    Elle le paie aujourd’hui, tout comme la gauche paie le fait d’avoir trahi le peuple en se boboïsant stupidement.
    Plus que jamais, le défi à venir pour cette partie de l’échiquier nous apparaît comme de nature profondément culturelle et identitaire et l’on imagine mal quelques yoyos opportunistes en capacité de le conduire, d’autant que le macronisme fait déjà le job sans s’embarrasser d’intellect.

  • L’alternance passe par l’union des droites, par Ivan Rioufol

    Il y avait de la dérouillée dans l’air. Mais, contre toute attente, elle s’est abattue dimanche soir sur Les Républicains, bien davantage que sur La République en Marche. Certes, Emmanuel Macron perd son pari face à Marine Le Pen : son mouvement (LREM) ne récolte que 22,41% des voix aux Européennes, contre 23,31% au RN. L’échec était prévisible. Reste que l’écart des voix (moins de 1%) limite la déroute envisagée. “Ce n’est pas une défaite”, a même cru pourvoir assurer, ce matin sur Europe 1, Nathalie Loiseau, la tête de liste LREM. Il est vrai que la macronie peut se réjouir d’avoir poursuivi avec succès le dynamitage des vieux partis. Le parti socialiste, associé à Place Publique, ne récolte que 6,3% des suffrages. Quant à la liste LR, conduite par le prometteur François-Xavier Bellamy, elle s’effondre à 8,44%. Là est le séisme. J’avoue ne l’avoir pas envisagé.

    Les sondeurs non plus n’ont rien vu venir. La Bérézina oblige la droite de Laurent Wauquiez à admettre qu’elle n’est plus crédible aux yeux des Français, même si près de 50% des électeurs n’ont pas participé au scrutin. Le bureau politique des LR doit se réunir ce lundi soir. Il n’est pas sûr que les caciques du parti soient disposés à entendre ce que suggèrent les électeurs en invitant la vieille droite à choisir son nouveau camp, bien dessiné par Macron : soit celui des “progressistes”, dominés par LREM, soit celui des souverainistes, dominés par le RN. Le spectre de “l’extrême droite” est devenu un cliché qui ne rend plus compte de la diversité du vote civilisationnel.

    Dès hier soir, la gauche en déroute n’avait que le mot “union” à la bouche. Mais ce que s’autorisent les socialistes depuis 1971 et le congrès d’Epinay, qui allait sceller l’alliance avec le très stalinien PCF, est refusé à la droite par les faiseurs de morale. Cet interdit unilatéral a été tellement intégré par la droite de gouvernement qu’elle est la première désormais a rejeter l’hypothèse d’un rapprochement avec le RN, alors que celui-ci n’a plus rien de commun avec l’infréquentable FN de Jean-Marie Le Pen. Dès hier soir, les barons de LR semblaient être d’accord pour relancer, sans autre imagination, l’union avec le Centre, en passant par le silencieux Xavier Bertrand. “Tout est à reconstruire du sol au plafond“, a expliqué Valérie Pécresse, ce matin sur RTL. Reste que la fin de l’histoire est déjà écrite, si Les Républicains persistent à regarder de haut un RN qui capte le vote souverainiste : lors de la prochaine présidentielle, en cas de probable nouveau duel Macron-Le Pen, cette dernière aura de grande chance d’être à nouveau battue, à cause de son isolement.

    C’est cette absurdité qui est à résoudre, alors que partout en Europe les populistes se consolident sur des alliances et des personnalités compétentes. Sur les questions sociétales, les différences entre François-Xavier Bellamy et Jordan Bardella étaient mineures. Des électeurs LR ont d’ailleurs apporté des voix à la liste RN, dans la recherche d’un vote utile. Macron, comme la gauche, redoute une union des droites. Or son opposition aux souverainistes est l’occasion de consolider cette force politique, seule capable d’assurer l’alternance.

    Ivan Rioufol

    Texte repris du blog d’Ivan Rioufol

    https://fr.novopress.info/

  • Tommy Robinson : « Le viol de la Grande Bretagne »

    Voici la bande-annonce du documentaire qui va bientôt sortir. Regardez-la, elle dure 3 minutes, et, en seulement 3 minutes, elle dit parfaitement l’horreur vécue par des milliers de gamines et elle dit aussi le fabuleux travail de Tommy Robinson, qui, bien que harcelé, lourdement menacé, notamment de prison interdit d’oublier, interdit de mettre la poussière sous le tapis.

    Tommy Robinson prépare un documentaire-choc sur les gangs de violeurs en masse (en anglais: "grooming gangs"), issus pour la plupart de la communauté pakistanaise, de jeunes Anglaises, à une échelle industrielle, et sur les complicités parmi les autorités qui ont permis le plus grand scandale du pays de ce siècle : une véritable trahison.

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    http://synthesenationale.hautetfort.com/archive/2019/05/29/tommy-robinson-le-viol-de-la-grande-bretagne-6154774.html

     
  • Élections en Flandre : un conservateur averti en vaut deux – François Vandenberghe (Les Identitaires)

    « Ils ne le dompteront pas (le fier Lion de Flandre), tant qu’un Flamand vivra ». Ces paroles de l’hymne national flamand trouvent un écho tout particulier en ces lendemains d’élections à la fois régionales, fédérales et européennes dans le plat pays. Le Vlaams Belang, donné politiquement pour mort depuis ses échecs électoraux de ces 15 dernières années, a repris sa place de deuxième force politique de Flandre belge derrière la NVA, la droite nationaliste et conservatrice flamande.

    Cette renaissance est à la fois le fruit d’une campagne offensive et moderne menée par son jeune président Tom Van Grieken (32 ans) et de l’influenceur militant Dries Van Langehove (26 ans), et d’un désaveu des électeurs flamands pour les partis traditionnels, et tout particulièrement pour la NVA qui paye aujourd’hui ses compromissions quand elle était au pouvoir.

    « Bescherm onze mensen – Défendre nos gens » tel est le slogan d’une campagne habilement menée par une maîtrise des réseaux sociaux et par une présence militante efficace, parfois espiègle, dont le concept de « Schild en Pint » est assez représentatif : un meeting politique dans un bar ambiance sous forme d’happy hours parmi des dizaines de jeunes. La première leçon est qu’une victoire identitaire ne peut qu’être le fruit d’un discours assumé et d’une action novatrice.

    « 2019 sera l’année de la révolte du Flamand moyen contre l’élite politique ». Telle fut la promesse de Tom Van Grieken lors des vœux de début d’année et l’on peut dire qu’elle fut prospective. Car la Flandre laborieuse et dynamique a en effet sanctionné le parti conservateur au pouvoir qui a échoué à tous les points de vue flamand : aucune avancée dans les négociations communautaires, une fragilisation de la classe moyenne et une passivité presque coupable face au défi de l’immigration et de l’islamisation du pays. Quand le sud de la Belgique, qui paye encore aujourd’hui sa désindustrialisation, accentue son virage à gauche, le Nord, quant à lui, exige le sursaut d’une droite sociale et identitaire que le VB a su parfaitement incarner lors de ces élections et avec qui la NVA aurait tout intérêt à se rapprocher.

    Car le VB est en position favorable pour participer aux affaires. La NVA, bien qu’en tête aux élections, est obligée de composer avec un parti tiers pour gouverner. Si elle rompt le cordon sanitaire en intégrant les Vlaams belanger aux affaires, alors elle enverra un signal positif à ses électeurs mécontents dont le premier avertissement fut cinglant. Si elle se soumet au politiquement correct en s’alliant avec les progressistes, faisant fi des aspirations de son corps électoral, alors elle vivra la même agonie que son équivalent français, siphonné à la fois par sa gauche et sa droite, et disparaîtra de la scène politique. Un conservateur averti en vaut deux.

    François Vandenberghe

    Texte repris du site de : Les Identitaires

    https://fr.novopress.info/

  • Les droites au plus bas !

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    Non seulement il n’y a pas eu de miracle Bellamy, mais on peut désormais parler d’une catastrophe Bellamy (8,48 %, soit moins d’un quart des voix recueillies par les droites). De toute évidence, le discours libéral-conservateur ne plaît guère aux Français, ce qui ne nous surprend pas. Laurent Wauquiez s’est totalement trompé ; il a cru qu’il pourrait siphonner l’électorat « national-populiste » en mettant, à la tête de sa liste, un représentant du courant libéral-conservateur ; on ne peut que constater l’inanité de ce choix. C’est la ligne « nationale-populiste » qui a permis au RN d’arriver en tête lors de ce scrutin, comme en 2014, et c’est le choix du libéral-conservatisme qui a coulé LR.

    Les mots « conservateur » et « conservatisme » sont perçus négativement par une écrasante majorité de Français, ce qui les rend inutilisables dans le champ électoral, et même au-delà. De plus, ce sont des mots qui peuvent signifier des choses très différentes parce que nous ne voulons pas tous, à droite, conserver les mêmes choses. Les nationaux-populistes sont, sans le dire, des conservateurs puisqu’ils militent pour la pérennité des nations, de leur indépendance, de leurs institutions, de leurs cultures et de leurs modes de vie, mais ils ne veulent pas que perdurent les inégalités économiques grandissantes liées au système économique libéral, contrairement aux libéraux-conservateurs. On pourrait multiplier les exemples de ce type.

    Cet échec est une leçon dont les gens de droite devraient se souvenir, parce qu’à notre avis – et ce résultat l’illustre -, en France, le libéral-conservatisme est une impasse. Le fait que la base sociologique très étroite du courant libéral-conservateur se résume à la bourgeoisie traditionnelle des villes grandes et moyennes lui interdit tout espoir de montée en puissance. Pour Les Républicains, le renouveau ne pourrait venir que d’un retour aux inspirations fondamentales du gaullisme (pérennité, indépendance et grandeur de la nation, d’une part, solidarité sociale et économique, d’autre part) mais ses cadres sont tellement imprégnés de libéral-libertarisme qu’on peut se demander si l’existence même de ce parti n’est pas définitivement compromise.

    Nous écrivions, il y a quelques jours, ici que les droites sont à la peine ; aujourd’hui, nous pouvons constater que leur situation est encore plus mauvaise que ce que nous pensions alors : elles n’ont recueilli que 37 % des suffrages. Autant dire que nous sommes très éloignés de l’hégémonie fantasmée par certains qui s’appuient sur des sondages, tel celui de l’IFOP réalisé pour le journal L’Humanité en septembre 2018, lequel indiquait un total de 56 % d’électeurs se définissant comme étant de droite, dont 11 % d’extrême droite, 24 % de droite et 21 % de centre droit. Le problème, c’est que ces électeurs de centre droit sont des libéraux très proches des libéraux macronistes ; les résultats des élections de ce dimanche ont confirmé un sondage EuroTrack du 3 mai 2019 qui a révélé que LR ne parvient pas à récupérer ses anciens électeurs centristes.

    Le paysage politique traduit la stratégie de domination intellectuelle menée par les gauches socialiste, communiste ou écologiste mais aussi libérale. D’une part, les partis de droite ont complètement négligé l’indispensable travail de réflexion et de diffusion des idées et, d’autre part, les actions métapolitiques menées par des groupes indépendants des partis n’ont, à ce jour, qu’une influence dérisoire du fait de l’étroitesse de leurs cibles (traditionalisme catholique ou, au contraire, néo-paganisme ; promotion de l’idée d’un État fédéral des régions d’Europe passant par la destruction des nations historiques ; anticapitalisme radical ou, au contraire, ultralibéralisme ; néo-royalisme et antirépublicanisme compulsif…). De toute évidence, les droites n’ont pas encore élaboré un corpus qui pourrait séduire une majorité de nos compatriotes. L’essentiel reste à faire.

    Bruno Guillard

    https://www.bvoltaire.fr/les-droites-au-plus-bas/